Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLe Média (sur YouTube)· 21 avril 2025 26 min

L’ANALYSE SANS CONCESSION DE THOMAS PORCHER : CE QUE BAYROU VA SACRIFIER POUR LE BUDGET 2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

il nous dit que les les prises doivent se réindustrialiser. Mais alors lesquels quel secteur ? Pourquoi l'indice de production industrielle il a perdu 4 % ? 4 % c'estàdire qu'il y a pas eu de réindustrialisation.

C'est pas le fait que les Français doivent plus travailler en terme d'horaire qu'il faut leur supprimer un jour de congé ou qu'il faut le leur enlever une semaine de vacances. La vraie question c'est qu'il y a pas assez de gens qui travaillent en force. Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'instant Porscher.

Avec tous les discours qu'on entend autour de nous, notre meilleure arme c'est de les connaître et de les comprendre. Le média a tout changé ou presque. On a débarqué avec quatre nouveaux rendez-vous quotidiens dont trois directs contre matinal, journal des luttes à 13h et nos rendez-vous du soir.

Vous le savez, le média ne vit que par votre soutien. C'est le prix d'information libre et indépendante. Pour soutenir votre média de manière pérenne, vous pouvez vous abonner à partir de 5 € par mois ou même devenir sociétaire de notre coopérative.

Rejoignez-nous dès maintenant sur soutenez.lemleemediatv.fr FR et abonnez-vous à nos deux chaînes YouTube, Leemia TV et le Média 247.

Bonjour Thomas. Salut Lisa. Alors avec toi aujourd'hui au programme, François Bairou veut faire des économies et avance qu'on travaille pas assez.

Puis le président de la Cour des comptes veut s'attaquer à la fraude sociale. C'est [Musique] parti. 40 milliards d'euros d'économie.

Non, ce n'est pas un ancien épisode de l'instant Porsché, mais bien le cap fixé par François Baou semaine dernière pour le budget 2026. Après avoir évoqué Trump qui joue avec les droits de douanes mondiaux, le premier ministre a répété cette même rangaine. La France ne produit et ne travaille pas assez.

Sarkozian rêvit la macronie vous le sert sur un plateau. Seule une prise de conscience de nos concitoyens peut soutenir une action déterminée, a dit François Baou. Le patron du modè ose même citer Trosky et Lenine.

Seule la vérité est révolutionnaire. Pour avancer ces arguments, le Premier ministre a notamment évoqué notre balance commerciale en déficit de 100 milliards d'euros ou le taux d'emploi des jeunes et des senior plus faible en France que l'Allemagne par exemple. Évidemment, pas de hausse d'impôts de prévu pour personne.

On en saura plus avant le 14 juillet, a promis donc François Baou. Thomas, une nouvelle fois, comment tu réagis à cette volonté de couper dans la dépense publique ? Est-ce que c'est nécessaire, urgent comme on l'entend maintenant depuis des années ?

Non, c'est pas c'est pas nécessaire et c'est pas urgent. Je veux dire, je je l'ai toujours dit à ce micro, il faut pas que que le remède soit pire que le mal. Or euh là, si vous coupez euh de 40 milliards sur la dépense publique, il va y avoir un effet euh récessif majeur.

Et qu'est-ce qui nous oblige à faire ça ? En réalité, rien. Rien du tout.

Notre dette reste encore soutenable. Elle reste encore soutenable. Les taux d'intérêt sont relativement bas. euh on pourrait réduire les déficits sur des temps plus longs.

Pourquoi on s'impose d'ici 2029 d'être à 3 % et d'ailleurs encore pourquoi le 3 % est valable euh puisque nous le respectons pas et que tout se passe plutôt bien. Donc moi, je pense qu'il faudrait plutôt parier sur une impulsion de de production supplémentaire qui réduirait de fait à terme des déficits plutôt que des coupes comme ça qui vont faire qui vont avoir un effet récessif. Faut bien avoir en tête que grosso modo un point de de dépense publique en moins, c'est un point de PIB en moins et c'est un gain beaucoup plus faible en terme de réduction des déficits.

Donc là nous choisissons très clairement de faire ce que nous avons fait dans les années 2010 et qui a été un échec. C'est ce qu'on appelle de l'austérité expansive. Penser qu'on peut limiter la dépense publique et que ça aura un effet positif sur la croissance économique, ce qui n'est pas le cas.

Et la dernière chose que j'aimerais dire c'est que d'où sort ce chiffre de 40 milliards ? Quand on regarde le séquençage médiatique, on a eu les problèmes du budget, hein, avec la crise politique, il fallait absolument un budget, sinon il y avait plus les cartes vitale qui fonctionne. On a eu ensuite après ça, après cette séquence où le budget c'était important, la dette c'était important, les déficites c importants, on a eu la séquence, il faut mettre 40 milliards sur la défense.

Alors là, on en parlait plus. Et puis maintenant, on a la séquence, il faut économiser 40 milliards. Alors, il faut les économiser probablement pour la dépense.

Les chiffres sont assez assez similaires. Et donc, comme il faut économiser 40 milliards, il faut faire des dépenses principalement. on en revient toujours sur les mêmes, les retraités et maintenant l'assurance maladie, la question euh euh des médicaments.

Donc on veut en réalité faire payer, moi j'ai l'impression euh des choix qui ont été très mauvais et qui ont euh amené à augmenter les déficits, c'est ces choix de baisse d'impôts dont on a beaucoup parlé et on veut en même temps faire payer une partie des futures dépenses de défense à des Français finalement qui n'ont rien demandé, les retraités et une partie des gens qui ont besoin de se soigner. Oui, parce que dans tout ça, François Verou a quand même dit que il y aurait une augmentation de la dépense pour la défense, donc des économies mais pas partout, tu l'as dit. Et puis surtout, il y a cette obsession à ne pas toucher aux impôts surtout pour les plus fortunés ou les grandes entreprises.

C'est c'est assez impressionnant sur surtout que les les effets escomptés n'ont pas été là. Rappelons-le, entre 2017, l'arrivée d'Emmanuel Macron pouvoir et aujourd'hui, on a 70 milliards de baisses d'impôts, dont 40 milliards ciblés sur les entreprises. On nous a dit que ça allait réindustrialiser le pays, que ça allait créer des emplois et cetera.

Aujourd'hui, quand on fait le le constat entre 2017 et et 2024, l'indice de production industrielle qui qui est vraiment un indice largement utilisé, il a perdu 4 %. 4 % c'est-à-dire qu'il y a pas eu de réindustrialisation. Entre 2017- 2024, l'indice de production industrielle a fait - 4 % alors qu'on a fait pratiquement 40 milliards de baisses d'impôts sur les entreprises.

Donc ça n'a pas fonctionné, vous voyez ? Et là, on en entend jamais parler. Une grosse partie aujourd'hui du déficit, c'est dû à ces baisses d'impôts et on entend jamais parler ou très peu ou beaucoup trop peu en tous les cas.

Et donc, on se dit bah maintenant, comment compenser ces 70 milliards ? Et ben on doit faire des coupes ailleurs. Donc c'est toujours la la même range qu'on nous sort. on baisse les impôts en nous promettant des résultats mais complètement euh des résultats magnifiques.

Les résultats ne sont pas là et ben on coupe dans la dépense publique, on ne veut pas augmenter les impôts. Donc à un moment, il faut qu'il y ait un débat qui soit qui soit qui soit mené parce qu'il y avait quand même des comités qui surveillaient l'efficacité de des des baisses d'impôts. Il faut maintenant qu'il y a un débat qui soit mené sur si ces baisses d'impôts n'ont pas été efficaces, ben on en remet en plus ou moins en partie tout en tenant compte bien sûr de de l'aspect international pour pas que ce soit trop trop dur pour une partie des entreprises.

Mais il y a quand même des choses qu'il faut remettre en cause à un moment. Je te contredis un peu parce qu'il y a eu des résultats pour les dividendes des actionnaires. Là par contre ça a été très très bénéfique.

De toute façon, on l'a déjà dit plusieurs fois justement tuen parle mais ça n'a pas été vendu comme ça au début. C'est ça que je veux dire. Si on nous a au début ça a été vendu pour réindustrialiser pour pour favoriser l'investissement et donc l'emploi avec cette cette fameuse le théorème de Schmid qui disait la baisse des profits, la baisse des des des impôts, c'est les investissements de demain et les investissements d'après-demain et en réalité c'est pas le cas.

H tu en parles, he François Baou parle de réindustrialisation, qu'on ne produit pas assez et surtout qu'on ne travaille pas assez. Alors sur la production, toi tu as toujours partagé ce constat et c'est d'ailleurs du fait de la politique libérale. Donc on est un peu surpris que eux soient surpris et sur le on travaille pas assez.

C'est quoi ton ton analyse là sur ces sur ces deux arguments ? En fait c'est le problème de la France quand on dit on travaille pas assez déjà c'est un c'est un problème qui qui a souvent été mis euh à la une de l'agenda, le travailler plus pour gagner plus de Nicolas SarkoZi et cetera. Et et et la la question en fait, c'est pas le fait que les Français doivent plus travailler en terme d'horaire, qu'il faut leur supprimer un jour de congé ou qu'il faut le leur enlever une semaine de vacances parce que à la fin on va on va arriver à ça ou qu'il faut qu'il travaille 2 heures de plus le soir, ce qui signifie en fait qui est complètement idiot parce que 2h de plus le soir c'est probablement les heures vous êtes le moins productif.

La vraie question c'est qu'il y a pas assez de gens qui travaillent en France, c'est tout. Il y a pas assez de gens, il faut qu'il y ait plus de gens qui travaillent, notamment des gens qui sont en emploi précaire. Parce que c'est ça aussi qu'il faut dire, c'est que Macron, il s'est souvent inventé d'avoir fait baisser son taux de chômage, mais il l'a fait baisser en créant des emplois précaires.

C'est des emplois où vous bossez un certain nombre d'heures et et la plupart de ces gens qui bossent un certain nombre d'heures aimeraient bosser plus dans des contrats dans des bons contrats, pas en étant trop entrepreneur ou pas en étant avec des contrats précaires. Et c'est là en fait qu'il faut attaquer les qu'il faut voir les choses. Comme il y a il y a autre chose, le taux d'emploi des seniors, c'est pas parce que les seniors décident à 58 ans, 55 ans d'arrêter de travailler.

C'est faux ça. C'est parce que les entreprises estiment qu'ils sont trop chers et qu' peuvent employer un jeune qui va être plus productif un un salaire beaucoup plus faible. Et donc là, c'est pas des c'est des choses qui sont subies par les salariés plutôt.

Donc on met toujours la faute sur les Français en disant avec cette idée qu'ils ne veulent pas travailler beaucoup, que les Français ne veulent pas travailler. Alors, il y a eu des après le Covid comme dans tous les pays, la grande démission, la volonté d'avoir un meilleur équilibre et c'est une bonne chose entre vie professionnelle et vie personnelle. Mais la réalité c'est que il y a beaucoup de gens qui ne travaillent pas plus parce que les entreprises préfèrent avoir des gens en contrat précaire parce que les entreprises préfèrent licencier une partie des des seniors.

Et là il y a une vraie question de responsabilité aussi des de choix politiques qu'on visé àériser l'économie. C'estàdire je te prends quand j'ai besoin de toi 1 heure puis si de le lendemain j'ai pas besoin de toi ben je ne te prends pas. et des choix aussi des des entreprises qui veulent se séparer des seigneurs parce qu'ils coûtent trop cher.

H il y a aussi Bernard Arnaud, c'est toujours dans ce les droits de douan américain, c'est un danger. Comment on fait pour industrialiser ? Parce que François Barou a beaucoup parlé de dépendance, d'indépendance et cetera.

À chaque fois, on dirait qu'il découvre les théories que les hétérodoxes parlent depuis maintenant 30 40 ans. Par exemple, il y a Bernard Arnaud qui veut davantage produire aux États-Unis pour éviter les droits de douan. et il dit il remet ça, il dit "C'est la faute de Bruxelles.

Qu'est-ce que Qu'est-ce que tu en dis ?" C'est toujours très simple de constater euh et de ne pas euh euh voir qu'est-ce qui a amené ça. C'estàd qu'on constate les entreprises françaises partent.

Alors on va dire "Ah mais c'est de la faute de la compétitivité. Donc il faut encore baisser les coûts." Plein de choses ont été mises en place pour la compétitivité des entreprises.

Le CICE, les baisses de de charge sociale sur les pas salaires, les baisses d'impôts, la loi travail pour flexibiliser le marché du travail. vraiment tout a été fait ces dernières années pour les entreprises. Elles sont continué à partir.

Comme j'ai dit, l'indice de production industrielle a diminué. Donc elles ont continué à partir. Jamais on ne remet en cause par exemple euh le le marché unique qui a permis aux entreprises de se délocaliser dans des pays où le salaire moyen était deux fois moins élevé que qu'en France et de profiter de baisse des coupes.

Personne ne remet en c en cause le rôle des paradis fiscaux dans l'Europe qui permettent de siphoner une partie des recettes publiques françaises parce que les entreprises mettent leur siège social. Non mais ça c'est important de de rappeler ça. Donc ça c'est c'est une des causes et puis personne ne remet personne ne dit aussi que depuis une trentaine d'années, il n'y a pas eu de politique industrielle.

Je veux dire, il nous dit que les les les entreprises doivent se réindustrialiser. Mais alors lesquels ? Quel secteur ?

Pourquoi ? Pour servir quel quel besoin ? C'est ça la politique industrielle.

Et monsieur Ber a été au commissaire au commissariat au plan. Quand on lit les rapports, il ne fait que constater, il ne propose rien. Il faut proposer à un moment.

Si on veut que tel secteur que l'on juge stratégique se rélocalise en France, bah il va falloir jouer de subvention, de protection, parfois de droit de douane, parfois de quotas, enfin de choses qui sont par ailleurs plutôt interdites en Europe. Mais bon, il va falloir à un moment qu'on en discute soit à l'échelle européenne, soit à l'échelle nationale. On ne peut pas que faire le constat que ça ne fonctionne pas.

Or, jusqu'à aujourd'hui, c'est ce qu'on fait. Et évidemment pour avancer ses arguments sur les économies et cetera, François Baou a évoqué la dette. Et c'est une situation d'endettement telle que c'est comme si chaque français de celui qui vient de naître à celui qui est très avancé en âge, quel que soit son âge, devait à sa banque près de 50000 € 200000 € pour une famille de 4 personnes.

C'est ça l'endettement que nous avons laissé s'accumuler au travers du temps. J'ai l'impression de revivre des combats anciens. Or, plus notre dette s'accroit dans un contexte où les taux d'intérêt progressent, plus le remboursement de cette dette pèse dans notre budget annuel.

Thomas, est-ce qu'on doit avoir peur de la dette ? Est-ce que il y a un danger ? Et surtout, qu'est-ce que tu réponds à François qui dit "On est avec une dette ?" Alors, ça c'est parfaitement faux et tout le monde le sait.

La dette c'est la dette publique, c'est la dette de l'État. Effectivement, indirectement, c'est la nôtre. Mais en face de la dette qui est impassif, vous avez un actif qui est un patrimoine public, on l'a dit. un million de fois ici les patrimoines publics c'est quoi ?

C'est les bâtiments publics, les bâtiments des administrations publiques, les entreprises publiques, ce que ce que détient l'État en en valeur financière. Donc tout ça, il faut l'additionner et quand vous l'additionnez et ben en fait les les Français héritent d'un patrimoine parce que vous avez cette dette mais vous avez tout ce patrimoine public. Je parle même pas du patrimoine privé, je parle que de ce qui appartient à l'État.

Et et donc les gens héritent si du du d'un patrimoine d'un patrimoine qui appartient certes à l'État, mais ils d'un patrimoine et pas d'une dette. Et c'est d'ailleurs pour ça que notre dette à long terme est soutenable. Parce qu'un certain nombre soutenable, je dis bien, un certain nombre d'études montrent que plus vous avez un patrimoine public élevé, plus votre dette est soutenable sur le long terme et moins vous avez besoin de pratiquer des politiques d'austérité. ce qui est pas le cas d'un certain nombre de pays africains qui avec des petites dettes sont tout de suite en en font tout de suite défaut et le FMI doit intervenir parce qu'ils n'ont pas un patrimoine public très élevé si ce n'est des réserves pétrolières ou des réserves gazières ou des réserves en en matière première.

Donc c'est très important d'avoir ça en tête. Ça ne veut pas dire qu'on doit vendre la tour Effel comme certains vont le dire sur les réseaux sociaux, mais il faut enfin là je fais une petite parenthèse mais de manière générale, il faut vraiment pas faire attention à ce qu'on voit dans les réseaux sociaux parce que le but est toujours de transformer un un argument pour le ridiculiser. Le dans le patrimoine public, il n'y a pas la tour Effel.

La tour Effel, c'est d'autres choses inestimables. Il n'y a pas la Joconde, il n'y a pas ça, c'est inestimable mais malgré tout, même si c'est inestimable, ça fait partie du patrimoine public aussi, il faut le dire. Mais c'est inestimable.

Donc le but n'est pas de revendre le patrimoine public pour rembourser la dette. Ce serait parfaitement idiot. Et c'est ce que fait d'ailleurs les c'est ce que font les différents gouvernements depuis un certain nombre d'années.

C'est ce que fait aussi même le gouvernement d'Emmanuel Macron qui voulait revendre ADP un moment pour rembourser une partie de la dette. Ce qui était parfaitement idiot et et rappelons-le, on le rappelle tout le temps ici, mais depuis 2016, il y a eu 2500 bâtiments publics qui ont été qui ont été vendus et depuis à peu près une cinquantaine d'années, vous avez 70 grandes entreprises qui ont été privatisées totalement ou en partie. Donc depuis un certain nombre d'années, on baisse ce patrimoine public, on le baisse pour notamment rembourser la dette, ce qui est inutile et ce qui nous met en danger parce que le jour où le patrimoine public sera inférieur à cette dette publique, la soutenabilité à long terme sera remise en cause.

Donc il faut avoir vraiment un patrimoine public pour assurer cette soutenabilité. Donc il y a deux choses pour résumer parce que c'est un peu technique. Nous n'héritons pas d'une dette mais d'un patrimoine.

Et ce patrimoine est nécessaire pour la soutenabilité à long terme de notre dette publique. Justement la François Baou parle de 50000 € de dette. Enfin, on est avec 50000 € de dette, mais on estime à 300000 € de patrimoine par tête.

Donc, comme quoi les différences sont assez grandes et même Mathieu Pigas qui a un chef d'entreprise et cetera a dit que la dette n'était pas un problème. Comme quoi, BFM a avant d'ailleurs assez intéressant qui qui qu'il disent ça parce que c'est un ancien banquier, c'est un ancien banquier qui était spécialiste de la restructuration des dettes et donc qui sait quand est-ce quand une dette finalement doit être restructurée ou pas. Euh c'est aussi un un businessman et et voyez là quand il dit qu'en fait oui il y a pas de problème de dette, il sait quand même de quoi il parle.

On peut pas le qualifier de dire c'est un idéologue, c'est quelqu'un qui est dans la théorie et cetera. Là on est quelqu'un qui est vraiment dans la pratique et qui le dit. BFM a avancé ce sondage, je le cite dette. 84 % des Français estiment qu'il y a trop de dépenses publiques.

Encore une fois, on parle de dette dépenses publiques. Alors bon, c'est un peu différent. et le diagnostic convince, c'est ce qu'avance le présent de l'Institut de sondage ?

Qu'est-ce que tu en penses là ? Vous savez, moi je je fais la différence entre deux choses. Il y a euh des pensées dominantes et il y a des consensus dans les médias.

Par exemple, sur les retraites, il y avait un consensus sur le fait que le régime n'est pas tenable à long terme. Ce qui est absolument pas le consensus dans le débat économique, mais c'était le consensus dans les médias. Vous avez des consensus sur la dette qui serait un problème et sur la dépense publique qui serait trop élevée.

Ça c'est des consensus, tout le monde le dit, tout le monde vous le rabâche. Quelle que soit la chaîne, qu'elle soit publique, privée ou qu'elle soit une chaîne comme C News ou une chaîne comme BFM qui ont des des divergences, on va dire, de fond sur sur le l'avenir politique qu'ils envisagent. Tout le monde va vous le dire.

Donc, il y a une forme de matraquage, matraquage médiatique. Et ce matraquage médiatique, il pénètre les gens. Il faut dire la vérité.

Il pénètre les gens, surtout les gens qui ne s'y connaissent pas en économie. Donc après un tel matraquage qui a duré plusieurs années euh avec un gouvernement en plus qui appuie vraiment sur ce sur ce problème et c'est le cas de Beou depuis le début, bah effectivement les gens les gens ont estiment que la dépense publique est trop élevée et même les gens ont peur de la dette. Mais ce qui est paradoxal c'est que dans les sondages, ils veulent aussi un service public plutôt efficient et ils disent qu'ils sont attachés à leur service public.

Donc il y a un paradoxe et vous voyez moi pourquoi je vous dis que je fais la part des choses parce que sur les retraites, on a eu la même chose et les Français sont restés massivement opposé à la réforme des retraites. C'est pour ça que moi je cite souvent euh le fait que une grosse partie des Français ne veulent pas de cette réforme des des de la des retraites parce que malgré le matraquage, ils sont restés opposés. Donc sur certains points, vous voyez, ça ne fonctionne pas.

Mais sur d'autres points beaucoup plus abstrait dans la vie des gens parce que la retraite c'est très concret quand on est un salarié. Là la dépense publique c'est beaucoup plus abstrait. Il faut avoir une certaine connaissance.

Donc là, ça peut pénétrer. Donc on va rappeler les choses. C'est important de rappeler les choses.

Qu'est-ce qu'il y a dans la dépense publique ? Vous avez 40 % de la dépense publique qui sont les services publics. Les services publics, tout le monde le constate dans sa vie de tous les jours.

On a besoin d'investissement, ils sont à l'os. On a besoin d'investissement dans l'éducation, on a besoin d'investissement dans les hôpitaux, on a besoin d'investissement dans un tas de services publics. Ça tout le monde s'en rend compte.

Et l'autre partie des services publics qui a beaucoup augmenté, ce sont les prestations sociales, les retraites, l'assurance chômage, l'assurance maladie. D'accord ? Il y a eu un certain nombre de réformes qui ont été faites en 15 ans, trois réformes de retraite sur la retraite avec comme ça but d'économiser sur l'assurance chômage trois réformes me semble-t-il ces dernières années avec comme but d'économiser et là on nous parle beaucoup de la réforme de de l'assurance maladie avec le fait que les plus riches devraient être en partie seulement remboursé des médicaments alors qu'ils cotisent plus que les autres.

Ce qui derrière, je fais une autre petite parenthèse, est en fait une façon de de désengager de plus en plus les riches du service public parce que au bout d'un moment quand vous cotisez plus que les autres mais que vous êtes pas remboursé, bah vous dites ça sert à rien, je veux plutôt un système privé. Donc c'est une volonté derrière d'affamer la bête de créer des divisions, créer des divisions entre français et d'affamer la bête. Les pauvres ne payent pas, ils profitent.

Moi je paye, je ne profite pas. Donc là, il y a une stratégie d'affamer la bête. Donc ça c'est la c'est la dépense publique.

Une fois qu'on voit ça, où est-ce qu'on peut couper ? Il y a eu un certain nombre de choses qui ont été faites et les Français étaient plutôt opposés notamment sur la retraite. Donc il faut vraiment dire une chose très claire.

La dépense publique ce n'est pas un niveau qu'on prélève du PB du PIB. Nous l'avons déjà dit ici, c'est un niveau que nous comparons avec le PIB. C'est pas parce qu'il y a 60 % de de dépenses publiques ou un peu moins qu'il y a 40 % de dépenses privées.

C'est faux. La dépense privée, l'espace privé en tous les cas en France est toujours beaucoup plus élevé que le public. Ça, il faut le dire.

La la deuxième des choses, c'est que la dépense publique, ce n'est qu'une seule question qu'il faut se poser quand on parle du niveau, c'est est-ce que l'on veut que ce soit confié au public ou au privés ? Dans les pays où la dépense publique est faible, les assurances privées sont majeures. Quand vous n'avez pas de carte vitale, vous avez des assurances privées.

Donc à la fin, ça sort toujours de votre poche. Le problème est que ce qui est public en France est guidé par un principe d'égalité. Vous pouvez être très faible, très fragile dans votre santé.

Vous serez remboursé. Quand vous prenez les assurances privées, c'est guidé par la recherche de profit. Ce qui peut être différent, c'est-à-dire que si vous avez ben vous êtes plus fragile, ben on vous faire payer l'assurance plus chère.

Vous voyez ? Si vous êtes en bonne santé et on va vous faire des questionnaires, on va vous faire payer l'assurance moins chère. C'est le principe des assurances par exemple de permis de conduire quand vous êtes un bon conducteur, mauvais conducteur et et donc là il faut vraiment avoir ça en tête.

Donc est-ce qu'on veut un système privé ou public ? Partout où la dépense publique est faible, l'assurance privée est élevée. Chez nous, on fait partie des pays où nous avons les assurances privées les plus faibles parce que nous avons une dépense publique qui est élevée.

C'est la seule question qu'il faut poser au français. Si on l'a posé comme ça, je suis sûr que les résultats du sondage seraient différents. Euh François Baou a évoqué des doublons euh dans l'administration, il songerait à couper dans les effectifs.

Est-ce que c'est vraiment une piste prioritaire à suivre ? Ça fait très longtemps qu'on nous parle de doublon. On nous a on nous a ressorti les agences et les qui serviraient à rien parce que suite à Elon Musk, voilà, il fallait parler de la suppression des agences.

Écoutez, s'il y a des doublons, bah pourquoi pas ? Mais après, moi je je j'aimerais qu'on passe aux travaux pratiques parce que vous verrez qu'on en trouvera pas énormément. On nen trouvera pas énormément. les fonctionnaires dans les collectivités toriales n'ont rien à voir avec la la fonctionnaires d'état.

C'est deux choses complètement différentes. Les fonctionnaires dans les collectivités, c'est plutôt du travail ouvrier, l'entretien des forêts et cetera, enfin le le la voirie, le la propreté de la voirie et cetera. Donc moi, j'attends de voir.

Ça c'est des mots en fait encore pour stigmatiser le fonctionnaire, pour dire qu'il y en a trop, que ça sert à rien et cetera. Mais après, bah quand on va chercher dans dans on trouve pas 40 milliards là-dessus, hein. Vous allez peut-être faire quelques économies peut-être, j'en suis pas sûr, mais moi je demande qu'on passe au travaux pratique pour voir et je pense que tout le monde va être surpris.

Oui, parce que ça montre en fait que tout le projet est politique et idéologique derrière ses besoins d'économie. En fait, le problème c'est que les Français restent quand même attachés à ça. Même s'ils ont peur de la dette de la dépense publique après ce qu'on leur dit.

Ils restent attachés au modèle social et au service public français et et ils se disent que la mondialisation, tout ce qui s'est passe ces dernières années n'a pas n'a pas encore réussi à le mettre à terre. Ça fait 20 ans qu'on y va fort, mais il y a une nette accélération avec euh avec Emmanuel Macron. Euh et là avec Berin, ça va encore plus loin.

Et euh alors même que nous l'avons dit souvent ici hein, rappelons-le, le le service public, c'est le patrimoine du pauvre. C'est le patrimoine du pauvre et et que euh le service public en réalité profite à une majorité de de de de Français. Et je pense que si demain on retire la carte vitale, les Français sont très attachés à la carte vitale, mais si demain on la retire, pour un certain nombre de Français, ce serait ce serait assez dramatique.

Toujours dans le même thème et dans la même semaine pour bien rajouter une couche, il y a Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes qui était agacé. Je cite, je suis très agacé que pour la 19e année consécutive, les comptes de l'État ne soient pas en mesure d'être certifié sans des réserves. L'ancien socialiste a aussi émis son avis pour le prochain budget.

Il avance qu'il faut lutter contre la fraude sociale. La fraude fiscale, pas trop, on regarde. Je suis désolé et pour être honnête, franchement agacé que pour la 19e année consécutive, les comptes de l'État ne soient pas en mesure d'être certifié sans des réserves très significatifes.

Notre rapport intitulé acte de certification mentionne cinq anomalies significatives. C'est des points sur lesquels nous estimons que les comptes sont sous-évalués ou surévalués de plusieurs milliards d'euros. Il mentionne également 11 insuffisances d'éléments probants ou des incertitudes.

C'est des points sur lesquels nous sommes incapables de réconcilier les chiffres qui figurent dans les comptes avec ce que nous savons par ailleurs des finances de l'État. Il y a donc en tout plusieurs dizaines de milliards d'euros de différence. Alors, deux incertitudes ont disparu par rapport à l'opinion de 2023, mais deux nouvelles sont apparues.

Ça fait toujours 16 questions. J'aimerais vous faire part, mes madames et messieurs les députés, non pas de mauvaise humeur, mais de ma très mauvaise humeur s'agissant des suites ou plutôt l'absence systématique de suites qui sont données à la certification que nous publions actuellement annuellement. Les réserves formulées par la cour ne seraient être prises à l'algère ou contesté.

Elle devrait au contraire faire l'objet de toute l'attention de l'administration pour les faire disparaître. En quelque sorte là, nous jouons vraiment le rôle de commissaire au compte de l'État de la sécurité sociale. Je ne suis pas quelqu'un qui a eu une longue expérience dans le privé, c'est pas mon ADN, mais j'ai quand même suffisamment fréquenté d'entreprises pour imaginer une grosse entreprise et nous sommes une très très grosse entreprise dans lequel le commissaire au compte refuserait de certifier les comptes. arrive où le frac avec des réserves importantes et où les organes de gouvernance de la boîte diraient ben on s'en fiche c'est bien ce qui se passe là ça n'est pas possible.

Alors cet extrait a beaucoup fait parler surtout quand on connaît les chiffres on estime entre 80 et 100 milliards d'euros en 2023 la fraude fiscale. Donc celle considérée illégale he ne parlons pas des mécanismes légaux. 5 à 7 milliards la fraude aux cotisations sociales.

Donc les auteurs sont des patrons ou des médecins par exemple et entre 2,9 et 3,3 milliards la fraude aux prestations sociales. C'est un peu étonnant de ne pas savoir ces chiffres pour un président de la Cour des comptes Thomas. Ouais, moi je pense qu' il se dit plutôt que c'est plus facile d'aller sur la fraude sociale parce que c'est toujours plus simple d'attraper quelqu'un qui fraude qui qui a la sur de la fraude sociale que sur de la fraude fiscale ou de l'évasion fiscale qu'il y a et sont des mécanismes très complexes, bien organisés en haut lieu qui sont parfois certes légales dans l'optimisation fiscale mais qui sont souvent moi je pense dans des zones grilles, c'est-à-dire à la limite entre la légalité et et l'illégalité.

Et vraiment, il faut voir dans certains cas, moi je pense qu'il doit y avoir de de l'abus de règles de droit. C'est-à-dire qu'il y a des règles parfois mais vous abusez et il faut faut vous justifier pourquoi vous faites ça. Et et c'est plus compliqué.

C'est plus compliqué. Ça demande effectivement plus de ressources techniques mais il y a beaucoup plus d'argent à en tirer. Et je veux dire à un moment il faut en finir parce que c'est cette cette ces grandes entreprises qui ont parfois des taux qui peuvent être des quand on regarde parfois certains taux d'imposition qui peuvent être progressifs ou des taux d' qui qui qui sont fixés pour beaucoup sont des taux théoriques.

C'estàd dans la pratique on peut échapper à ces taux qui restent théoriques. Et on arrive dans une société où les grands échappent à l'impôt et les petits payent l'impôt. Donc vous avez un problème après de consentement à l'impôt et même de justice fiscale.

Donc c'est très important de de de traiter l'eau. Il y a plus d'argent et puis c'est une question de de de de justice fiscale et et de consentement à l'impôt pour le reste de la société. Mais c'est beaucoup plus dur que d'aller chercher quelqu'un qui aurait fait de la la de la la fraude sociale.

Merci à vous chez vous d'avoir suivi cet épisode de l'instant Porsché. J'attire une dernière fois votre attention avant de se quitter. La situation politique est inédite, historique et le média a tout changé ou presque.

On a débarqué avec quatre nouveaux rendez-vous quotidiens dont trois directs contre matinal, journal des luttes à 13h et nos rendez-vous du soir. Vous savez, le média ne vit que par votre soutien. C'est le prix d'une information libre et indépendante.

Pour soutenir votre média de manière pérenne, vous pouvez vous abonner à partir de 5 € par mois ou même devenir sociétaire de notre coopérative. Rejoignez-nous dès maintenant sur soutenez.lemlediatv.fr. faire.

Abonnez-vous à nos deux chaînes YouTube, Le Média TV et le Média 247. spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux, je vous dis à la semaine prochaine. M. [Musique]