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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 20 septembre 2024 6 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesImmigration & asileTravail & emploi

Gilles Finchelstein : "Ce qui est clair, c'est que c'est un gouvernement de droite"

Au micro : Marion LourdesSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 40 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Bonjour Gilles Finkelstein. Merci d'être avec nous ce matin.

  • 2:09OuverteRéponse directe

    Vous le décririez comment ce nouveau gouvernement ? C'est un gouvernement du centre ? C'est un gouvernement de droite ?

  • 3:59OuverteRéponse directe

    Ces électeurs-là, ils sont représentés, ils seraient représentés dans cet exécutif ou est-ce qu'ils peuvent s'y retrouver en quelque sorte ?

  • 5:15OuverteRéponse directe

    quelle politique en un mot ce gouvernement va-t-il pouvoir mener ? Est-ce qu'il va pouvoir en mener une, une politique cohérente ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Invité politiqueFait
    « Nous avons eu cette fois-ci le record de durée pour la constitution du gouvernement. »
  • 2:53Invité politiqueFait
    « c'est le premier groupe à l'Assemblée nationale et c'est surprenant après deux défaites successives. »
  • 3:05Invité politiqueFait
    « Par rapport à ce mythe de la stabilité de la Ve République, on voit que sur des postes très importants, c'est une nouvelle fois la valse des ministres. »
  • 3:29Invité politiqueFait
    « les poids lourds sont hors du gouvernement pour l'essentiel. Chez LR, il n'y a ni Laurent Wauquiez, ni Xavier Bertrand, ni David Lissnard. »
  • 3:49Invité politiqueFait
    « le principal marqueur, en réalité, est l'entrée de Bruno Retailleau comme ministre de l'Intérieur. »
  • 4:44Invité politiqueFait
    « c'est lui qui avait porté la loi réformant le droit de l'immigration en le durcissant de manière considérable, qui avait été censuré par le Conseil constitutionnel. »

Temps de parole

  • Invité politique71 %
  • Présentateur24 %
  • Présentateur 24 %

4,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, le 6-9. 6h22, il y a votre micro Marion, votre invité et secrétaire général de la Fondation Jean Jaurès. Bonjour Gilles Finkelstein. Bonjour Marion Lourdes. Merci d'être avec nous ce matin, d'autant que la soirée a été plutôt longue avec cette réunion. Le Premier ministre reçut à l'Elysée pour présenter son gouvernement et les premières informations qui ont filtré. Alors, des noms notamment, mais rien d'officiel. En revanche, on a quand même les grands équilibres. 38 ministres, dont 16 de plein exercice.

Plus de deux semaines, il a fallu du temps pour ce nouveau Premier ministre, pour arriver à trouver des compromis entre les demandes, les lignes rouges de certains, les refus d'autres, et puis les contraintes aussi mises par le Président de la République.

0:49
Invité politique

Oui, long suspense, vous avez raison, c'est un processus qui a été très chaotique. Long, on avait eu déjà le record de durée pour la nomination du Premier ministre. Nous avons eu cette fois-ci le record de durée pour la constitution du gouvernement. Ça a été long et ça a été surtout laborieux parce que manifestement, Michel Barnier a tenté d'élargir le périmètre politique de son gouvernement et a essuyé beaucoup de refus. Et il a dû gérer son propre parti, c'est-à-dire d'abord le convaincre d'entrer au gouvernement, puis le convaincre que tous les Républicains ne pourraient pas y entrer. Tout ça se terminant par une sorte de psychodrame de montée en tension dans les derniers jours.

Donc, on a vraiment un processus qui est inédit. Et avec une petite rémanence historique, ça ressemble à la fin à un gouvernement de la 4ème République ou à un congrès du Parti Socialiste, c'est-à-dire que manifestement, c'est la règle de la proportionnelle, du poids proportionnel des différents groupes qui composent cette majorité relative qui a contribué à constituer le gouvernement.

1:58
Présentateur

Oui, parce que d'après nos informations, les informations du service politique d'Inter, 9 postes reviendraient au parti LR, une vingtaine de postes sur 38 à l'ancienne majorité. Vous le décririez comment ce nouveau gouvernement ? C'est un gouvernement du centre ? C'est un gouvernement de droite ?

2:15
Invité politique

Alors, pour l'instant, il faut être prudent parce que la liste n'est pas officielle, elle n'est pas complète. De ce que l'on a vu, par exemple, moi je n'ai pas vu qui est ministre de l'éducation ou qui est ministre des finances, qui ne sont pas des postes secondaires. Et donc, vraiment, la réalité des équilibres politiques, à la fois en quantité et en qualité, des équilibres territoriaux, des équilibres institutionnels entre l'Assemblée et le Sénat, il va falloir attendre.

2:39
Présentateur

On l'aura d'ici dimanche, c'est la promesse.

2:41
Invité politique

Voilà, ce qui est clair, c'est que c'est un gouvernement de droite dans lequel le poids d'Ensemble pour la République, l'ancien Renaissance, l'ancien République en marche, le parti d'Emmanuel Macron, est dominant. Et c'est à la fois logique parce que c'est le premier groupe à l'Assemblée nationale et c'est surprenant après deux défaites successives. Deuxième chose qui me frappe, c'est l'instabilité ministérielle.

Par rapport à ce mythe de la stabilité de la Ve République, on voit que sur des postes très importants, c'est une nouvelle fois la valse des ministres, le septième ministre de la Santé en sept ans, le cinquième ministre du Travail en sept ans, le quatrième ministre des Affaires étrangères en trois ans. Et puis, le dernier point, c'est la relative faiblesse politique au-delà de la faiblesse parlementaire. C'est-à-dire que les poids lourds sont hors du gouvernement pour l'essentiel. Chez LR, il n'y a ni Laurent Wauquiez, ni Xavier Bertrand, ni David Lissnard. Pour le reste, il n'y a ni François Bayrou, ni Elisabeth Borne, ni sans doute Gérald Darmanin.

Et donc, il y a beaucoup de responsables politiques qui sont assez inconnus. Et le principal marqueur, en réalité, est l'entrée de Bruno Retailleau comme ministre de l'Intérieur. Serait l'entrée de Bruno Retailleau comme ministre de l'Intérieur.

3:58
Présentateur

Toujours resté au conditionnel. Aux élections législatives, Gilles Finkelstein, le nouveau Front populaire avait remporté 193 sièges, le RN 142 avec les ciotistes. Ces électeurs-là, ils sont représentés, ils seraient représentés dans cet exécutif ou est-ce qu'ils peuvent s'y retrouver en quelque sorte ?

4:16
Invité politique

Là, la réponse est assez rapide et assez courte. Non, ils ne se sentent pas représentés par ce gouvernement. La question, et la question va plus se poser pour les électeurs du Rassemblement national que pour ceux du nouveau Front populaire, c'est est-ce qu'ils vont se retrouver dans la politique qui va être conduite ? Une des questions notamment est de savoir ce que pourra faire et ce que voudra faire Bruno Retailleau à l'intérieur puisqu'on se souvient que c'est lui qui avait porté la loi réformant le droit de l'immigration en le durcissant de manière considérable, qui avait été censuré par le Conseil constitutionnel après un accord avec la majorité macronienne de l'époque.

Donc, est-ce que ce texte-là va être repris ? Est-ce que cela éveillera un écho chez les électeurs du Rassemblement national ? C'est une des questions qui va être sur la table dans les prochaines semaines.

5:13
Présentateur

Et très rapidement, puisqu'on arrive à la fin de cet entretien, quelle politique en un mot ce gouvernement va-t-il pouvoir mener ? Est-ce qu'il va pouvoir en mener une, une politique cohérente ?

5:21
Invité politique

Une politique, ce n'est pas sûr, parce qu'il n'y a pas plus de majorité aujourd'hui qu'il y en a eu hier. Une politique cohérente, ça, pour le coup, ce n'est pas impossible paradoxalement, parce qu'il y a évidemment besoin de compromis, mais ça ressemble à une coalition des droites, comme il y en a dans beaucoup d'autres pays. Peut-être que ça peut durer, parce que le Rassemblement national, qui, dans ce gouvernement, dépend, ne peut sans doute pas trouver une meilleure configuration, et donc peut attendre. Est-ce qu'il pourra agir ? Ça, c'est une autre question, une autre interrogation.

5:57
Présentateur

Merci Gilles Finkelstein, secrétaire générale de la Fondation Jean Jaurès, pour ce décryptage au petit matin sur Inter. On vous retrouve aussi demain midi, comme toujours, face à Natacha Polony, dans le grand face-à-face de Thomas Négarov sur France Inter.