Déclaration du Président Emmanuel Macron et de la Présidente de Moldavie, Maia Sandu.
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« La France s'est pleinement mobilisée aux côtés de l'Ukraine, ainsi que de nos alliés européens, en faveur de l'obtention d'une paix solide et durable, adossée à des garanties de sécurité robustes pour l'Ukraine »
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« La Moldavie, dont l'espace aérien est régulièrement violé par des drones et missiles russes, doit aussi faire face à des tentatives russes de plus en plus désinhibées de déstabilisation »
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« L'Union européenne s'est immédiatement mobilisée à vos côtés, en apportant une aide financière d'urgence de 250 millions d'euros pour 2025 »
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« Après l'ouverture des négociations d'adhésion à l'Union européenne en décembre 2023, les Moldaves ont conforté dans les urnes leur choix en faveur de l'Europe »
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« Un plan de croissance ambitieux, doté de 1,9 milliard d'euros, qui permettra de dynamiser votre économie et de moderniser vos infrastructures »
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« La Moldavie n'est pas spectatrice de cet effort, nous y contribuons, nous sommes un partenaire »
- 9:30Maia SanduFait
« La Russie ne respectait aucune promesse. Elle s'était engagée à retirer ses troupes d'occupation illégales de notre territoire avant 2002, elle ne l'a jamais fait »
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« La Moldavie ne dépend plus de la Russie pour le gaz »
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« Nous signons un accord de 30 millions d'euros, afin d'améliorer l'efficacité énergétique en Moldavie »
- 12:30Maia SanduChiffre
« La Moldavie recevra au total 1,9 milliard d'euros d'investissement européen dans le cadre du plan de croissance »
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Mesdames les Ambassadrices, Mesdames et Messieurs, e n vos grades et qualités. Je suis particulièrement heureux de vous accueillir aujourd'hui à Paris, Madame la Présidente, un an après votre dernière visite ici-même, en mars 2024, le 7 mars exactement, qui avait marqué une nouvelle étape dans le développement de la relation bilatérale entre la Moldavie et la France. Votre venue à Paris intervient dans un contexte de défis majeurs pour l'Europe, dans un monde qui ne cesse d'être plus brutal et plus incertain.
Et face à toutes ces incertitudes, il nous appartient, comme je le disais la semaine dernière à l'issue des travaux du Conseil européen, de créer nos propres certitudes, pour l'Ukraine, pour l'Europe, pour notre sécurité, et donc pour la Moldavie aussi. La France s'est pleinement mobilisée aux côtés de l'Ukraine, ainsi que de nos alliés européens, en faveur de l'obtention d'une paix solide et durable, adossée à des garanties de sécurité robustes pour l'Ukraine, et c'est tout le sens des travaux que nous avons menés, en Européens et avec les États-Unis, ces derniers jours et ces dernières semaines. Sur ce chemin difficile mais nécessaire, il est évident que le soutien de court terme et tout le soutien pour que l'Ukraine soit en bonne position est indispensable, et nous le conserverons.
Mais dans ce cadre, plusieurs pays sont aux avant-postes de la menace, et tout particulièrement le vôtre. Et dans ce contexte, votre courage, Madame la Présidente, force le respect de tous. Depuis trois ans, votre pays subit de plein fouet les conséquences humaines et économiques de la guerre d'agression russe contre l'Ukraine.
La Moldavie, dont l'espace aérien est régulièrement violé par des drones et missiles russes, doit aussi faire face à des tentatives russes de plus en plus désinhibées de déstabilisation, ciblant en particulier les institutions démocratiques de votre pays. Nous avons décidé de renforcer encore notre coopération pour accroître la résilience de la Moldavie vis-à-vis des ingérences étrangères. Ces dernières années, nous avons renforcé nos coopérations en la matière en période électorale, compte-tenu du caractère sensible, et au-delà, et aujourd'hui, je me félicite de la lettre d'intention signée avec VIGINUM.
C'est une étape importante de cette coopération et de la lutte contre la désinformation dans nos pays. C'est aussi un sujet qui est à l'agenda de la Communauté politique européenne, qui se tiendra en Albanie dans quelques mois. Plus récemment, la Russie a de nouveau eu recours au chantage énergétique pour tenter d'affaiblir l'économie moldave, en provoquant au surplus une crise en Transnistrie.
Comme souvent, Moscou crée des crises pour prétendre ensuite vouloir contribuer à les régler selon ses propres termes et pour faire avancer ses seuls intérêts. Face à cette situation, l'Union européenne s'est immédiatement mobilisée à vos côtés, en apportant une aide financière d'urgence de 250 millions d'euros pour 2025, dont une partie a permis de financer des achats de gaz pour la Transnistrie, suite à l'interruption par Gazprom de ses livraisons, en violation de ses propres obligations. Je salue également le soutien apporté par nos amis roumains, notamment pour développer les interconnexions.
L'aide d'urgence de l'Union européenne s'inscrit dans le cadre d'une stratégie d'ensemble, visant à renforcer l'indépendance énergétique de la Moldavie, à la découpler des insécurités résultant du chantage au gaz pratiqué par la Russie. L'accord signé aujourd'hui avec l'Agence française de développement, en soutien à la résilience énergétique de votre pays, et cela en coopération avec la KfW allemande, y contribuera également. Et je veux vous dire que sur ce sujet aussi, la France et l'Europe resteront mobilisées pour vous soutenir, dans la durée, sur les questions énergétiques.
Dans ce contexte difficile, votre détermination sans faille a permis à la Moldavie d'avancer. Après l'ouverture des négociations d'adhésion à l'Union européenne en décembre 2023, les Moldaves ont conforté dans les urnes leur choix en faveur de l'Europe. Votre pays a réalisé des progrès importants, que je tiens à saluer, dans la mise en œuvre de réformes ayant conduit à l'adoption par l'Union européenne d'un plan de croissance ambitieux, doté de 1,9 milliard d'euros, qui permettra de dynamiser votre économie et de moderniser vos infrastructures.
Ceci est le fruit, une fois encore, de votre courage, de votre détermination à faire avancer la Moldavie vers ce chemin européen, qui est aussi celui de la prospérité et la sécurité. Parallèlement, nous poursuivons l'approfondissement de notre relation bilatérale, engagée depuis votre élection en décembre 2020, selon la voie que nous avons tracée ensemble depuis le début, et renforcée il y a un an. Le Forum d'affaires France-Moldavie, avec le concours de Business France, permet de mieux faire connaître votre pays auprès des 200 entreprises et investisseurs potentiels français qui y participent.
Un accord important en matière de protection sociale sera signé aujourd'hui, qui simplifiera grandement le quotidien concret de vos compatriotes établis de longue date en France, et c'est, je crois, pour nos deux ministres, une fierté de le signer devant nous. Nous souhaitons aussi une entrée en vigueur rapide de l'accord sur la reconnaissance des permis de conduire, pour lequel vous vous êtes beaucoup battue. Nous souhaitons aussi renforcer notre action en faveur de la jeunesse moldave, à travers nos programmes de coopération en matière d'éducation, de protection du patrimoine culturel et de promotion de la francophonie.
Les travaux ont aussi permis de finaliser la diffusion, maintenant prochaine par Arte, de ses contenus, en roumain et en russe, en Moldavie, sur sa plateforme et les réseaux sociaux, ce qui permettra à une grande chaîne européenne de pouvoir faire partager ses contenus dans votre pays. Je veux ici, en conclusion, Madame la Présidente, réaffirmer notre soutien indéfectible à l'indépendance, à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la République de Moldavie, dans ses frontières internationalement reconnues. La France est et restera aux côtés de la Moldavie et à vos côtés, Madame la Présidente, pour aider le peuple moldave à accomplir ses aspirations européennes et pour construire ensemble une Europe plus sûre et plus forte, libre de choisir son destin.
C'est cela que vous portez depuis 2020 et c'est ce chemin sur lequel nous vous accompagnons et vous accompagnerons sans faille. Je vous remercie. Monsieur le Président, cher Emmanuel, merci pour cet accueil chaleureux à l'Élysée.
C'est un honneur d'être ici présente, afin de parler du renforcement du partenariat entre la Moldavie et la France. La Moldavie est reconnaissante envers la France pour son amitié et sa solidarité. Mesdames et Messieurs, la paix en Europe s'est construite et a été maintenue grâce à des alliances fortes.
La Moldavie a pu bénéficier de cet effort collectif, mais nous avons vu aussi que lorsque l'on tenait la paix pour acquise, elle était fragile. Aujourd'hui, notre continent est confronté à la plus grave crise sécuritaire depuis 80 ans, à un moment tragique dans l'histoire de l'Europe. La seule voie possible est d'avancer ensemble en faveur d'une paix durable.
La paix n'est pas la capitulation. La paix n'est pas un cessez-le-feu qui suspend une agression. La paix requiert des garanties crédibles et robustes.
L'Ukraine a besoin de garanties, l'Europe a besoin de garanties, nous avons tous besoin de garanties, afin de faire en sorte que le prochain cessez-le-feu ne soit pas le prélude d'une nouvelle guerre. La Moldavie a appris elle-même que la Russie ne respectait aucune promesse. Elle s'était engagée à retirer ses troupes d'occupation illégales de notre territoire avant 2002, elle ne l'a jamais fait.
Elle a rompu ses approvisionnements en gaz, violant ainsi notre propre contrat. Elle a imposé des embargos sur les produits moldaves, faisant fi de nos accords commerciaux. Elle a interféré avec nos élections, défiant ainsi les principes bilatéraux élémentaires.
Ce ne sont pas des actes isolés, ce sont les outils d'un impérialisme moderne, destiné à garder des nations sous son joug. Je ne puis, Monsieur le Président, qu'être totalement d'accord avec vous. L'innocence des 30 dernières années est terminée, mais ensemble, l'Europe peut construire une paix juste et durable, une paix qui nous rend tous plus sûrs.
La Moldavie n'est pas spectatrice de cet effort, nous y contribuons, nous sommes un partenaire. Nous aidons l'Ukraine en maintenant la stabilité du côté de notre frontière de quelque 1 200 km, en offrant également un refuge et en tenant bon face aux efforts de déstabilisation de la Russie, car l'objectif de la Russie n'est pas uniquement d'affaiblir la Moldavie, c'est de contrôler la Moldavie et de l'utiliser comme un outil contre l'Ukraine. La stratégie de Moscou est claire, il s'agit d'exploiter les vulnérabilités de la Moldavie, de renverser notre démocratie et de faire de notre territoire une rampe de lancement pour d'autres agressions.
C'est pourquoi la sécurité de l'Ukraine est la sécurité de la Moldavie, et la paix en Moldavie est la paix en Europe. Mais la paix n'est pas simplement une question de résilience individuelle. Il s'agit d'une force collective.
La résistance de l'Ukraine a protégé non pas uniquement la Moldavie, mais toute l'Europe d'une menace plus grande encore. Mais la lutte a un coût, et tandis que l'Ukraine tient bon sur le front, l'Europe doit, elle aussi, tenir bon. La guerre en Ukraine ne mettra pas un terme à la menace en Europe.
Cette menace va perdurer une menace pour chacun des Européens, une menace pour nos démocraties, notre bien-être, notre liberté et la solidarité qui nous unit. Par conséquent, soutenir l'Ukraine n'est pas seulement dans l'intérêt de l'Ukraine. Il s'agit de la sécurité de l'Europe entière.
Aucun pays de l'Union européenne, ni de de l'OTAN ne peut se sentir en sécurité si l'Ukraine est abandonnée, battue ou contrainte d'accepter une paix injuste. La France le comprend. Sous le leadership du président Macron, la France œuvre afin que l'Europe soit forte.
Imaginez que l'Europe soit restée une union de six pays. L'Europe serait-elle forte aujourd'hui ? Chaque élargissement a rendu l'Europe plus forte, plus prospère et plus résiliente.
Une Europe résiliente, plus intégrée est synonyme d'une économie plus forte, de meilleures infrastructures et d'un avenir plus stable pour nous tous. Chaque élargissement de l'UE est un élargissement de la paix. La Moldavie est devenue un pays candidat durant la présidence française de l'Union européenne, et la France s'est tenue à nos côtés à chaque étape.
Nous faisons ce qu'il faut. Nous adoptons des réformes ambitieuses, nous renforçons l'État de droit, nous luttons contre la corruption, nous changeons la Moldavie, en mieux, car l'accession à l'Union européenne n'est pas seulement une destination, c'est un chemin vers un pays plus fort. Mais aucun pays ne construit seul sa résilience.
Lorsque la guerre a éclaté, la France, l'Allemagne et la Roumanie ont créé la plateforme de soutien à la Moldavie, nous aidant à traverser la crise, protégeant notre paix, protégeant notre population et nous aidant à maintenir le cap en vue de l'intégration européenne. La solidarité européenne a été à l'œuvre et la Moldavie en est reconnaissante. Monsieur le Président, la Moldavie et la France construisent un partenariat qui produit de réels résultats pour nos citoyens.
Nous travaillons ensemble à la sécurité énergétique de la Moldavie, à diversifier les sources, à améliorer l'efficacité, à investir dans les renouvelables. La Moldavie ne dépend plus de la Russie pour le gaz, et aujourd'hui, nous avons franchi une nouvelle étape. Ensemble, avec l'Agence française de développement, nous signons un accord de 30 millions d'euros, afin d'améliorer l'efficacité énergétique en Moldavie.
Cet investissement nous permettra de réduire le gaspillage énergétique, de réduire les coûts et, ce faisant, de renforcer notre indépendance énergétique, en apportant des capitaux, en créant des emplois et en transférant des savoirs. Et ce n'est que le début. Dans les années à venir, la Moldavie recevra au total 1,9 milliard d'euros d'investissement européen dans le cadre du plan de croissance, une opportunité pour les entreprises dans nos deux pays.
Ces fonds permettront de moderniser les infrastructures, d'améliorer le climat des affaires et de créer de nouveaux moyens d'investissement, offrant ainsi des gains économiques à la Moldavie et à l'Union européenne. Pour le Forum des affaires entre la France et la Moldavie de demain, j'ai un seul message : la Moldavie est ouverte aux affaires. L'objectif de rejoindre l'UE est fixé pour la fin de la décennie.
Ceux qui investissent tôt en Moldavie seront dans une bonne position, non seulement en Moldavie, mais aussi dans un futur État membre de l'Union européenne. Cette relation forte entre la Moldavie et la France est bâtie et renforcée par nos peuples. En France, une communauté moldave dynamique et travailleuse contribue à nos deux économies et au maintien d'une démocratie forte chez nous.
Nous sommes fiers d'eux, et la signature d'un accord en matière de protection sociale est une étape réelle en leur faveur. La France, également, est présente en Moldavie, où se tient une communauté grandissante d'entrepreneurs, d'investisseurs et d'experts qui aident au développement de la Moldavie. Voilà à quoi ressemble notre partenariat : de vraies personnes, de vrais projets et un véritable impact.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, la Moldavie et la France ne sont pas seulement des partenaires, nous sommes amis. Nous partageons la même vision : une Europe plus forte, plus unie et en paix. La Moldavie joue déjà son rôle, en tant que futur membre de l'État de l'Union européenne, en tant que pays qui défend la démocratie et la paix, en tant que partenaire fiable pour la France et pour l'Europe.
Ensemble, grâce au leadership du Président Macron et d'autres dirigeants européens, nous continuerons à construire une Europe libre, prospère et sûre pour les générations à venir. Merci, Monsieur le Président. Merci la France.
Monsieur le Président, nous allons procéder à la cérémonie des signatures d'accords. Nous avons trois accords. Le premier accord, accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République de Moldavie dans le domaine de la Sécurité sociale.
Signataire pour la partie française, Madame Astrid Panosyan-Bouvet, ministre auprès de la ministre du Travail, de la Santé, de la Solidarité et des Familles, chargée du travail et de l'emploi. Pour la partie moldave, Monsieur Alexeï Buzu, ministre du Travail et de la Protection sociale. Deuxième accord : Convention de crédit de l'Agence française de développement.
Signataire pour la partie française, Monsieur Rémy Rioux, directeur-général de l'AFD, cosigné par Madame Dominique Waag, ambassadrice de France en Moldavie. Pour la partie moldave, Monsieur Dorin Junghietu, ministre de l'Énergie. Troisième accord : Lettre d'intention entre le directeur général du Service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères, VIGINUM, de la République française, et la directrice du Centre de communication stratégique et de lutte contre la désinformation de la République de Moldavie, relative au renforcement de la coopération bilatérale.
Pour la partie française, Monsieur Marc-Antoine Brillant, chef du Service de vigilance et protection contre les ingérences numériques étrangères. Pour la partie moldave, Madame Ana Revenco, directrice du Centre de communication stratégique et de lutte contre la désinformation. La cérémonie de signatures est terminée.
Merci beaucoup, Messieurs et Mesdames.
Emmanuel Macron