Macron : nouveau monde ou "vieille école" ? - Les questions SMS 16.12.2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 68 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:18OuverteRéponse partielle
Des ministres millionnaires peuvent-ils vraiment comprendre les préoccupations des citoyens modestes ou pauvres ?
- 1:18OuverteRéponse partielle
Comment comprendre le monde du travail actuel ?
- 4:56OuverteRéponse partielle
Comment un ministre de l'écologie peut-il posséder six voitures ?
- 5:36OuverteÉludée
Doit-on s'attendre à une crise de la quarantaine de la part d'Emmanuel Macron ?
- 6:12OuverteRéponse directe
Ne serait-il pas un symbole de renaissance ?
- 6:29OuverteRéponse directe
S'il fête son anniversaire avec ses proches et avec son argent, pourquoi médiatise-t-on cet événement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26InvitéFait
« En 1936, le patron du Front populaire s'appelait Léon Blum, et Léon Blum était issu d'une famille d'une grande richesse. »
- 0:43InvitéFait
« On l'accusait à l'époque de manger dans de l'argenterie, ce qui était faux, d'ailleurs. »
- 0:54InvitéFait
« Le premier ministre socialiste, le deuxième premier ministre socialiste de François Mitterrand s'appelait Laurent Fabius. Laurent Fabius était d'une très grande famille, extrêmement riche. »
- 2:52InvitéFait
« Ce n'est pas le fait que les ministres soient riches, mais le fait qu'il n'y ait jamais de SMICart pour discuter de l'avenir du SMIC, ça pose quand même une question. »
- 3:37InvitéFait
« Emmanuel Macron sur le bordel, vous vous souvenez, quand il disait au fond à des syndicalistes « Faites 200 kilomètres pour aller trouver du boulot » »
- 3:51InvitéFait
« quand on est dans une telle précarité, eh bien la mobilité qui paraît si facile à quelqu'un qui a de l'argent et qui voyage tout le temps, c'est quelque chose de compliqué. »
- 5:22InvitéFait
« si on me suivait complètement à la trace, peut-être qu'on trouverait quelques incohérences, mais personne ne peut remettre en cause les convictions écologiques de Nicolas Hulot. »
- 7:11InvitéFait
« On n'a jamais quitté l'Ancien Régime. »
- 7:55InvitéFait
« Nicolas Sarkozy qui voulait, lui, se rapprocher du peuple, il s'est tellement rapproché du peuple que le peuple ne veut pas que son président soit comme lui, précisément. »
Temps de parole
- Invité27 %
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Alors, on va revenir à l'actualité de ce samedi, avec à la fois l'anniversaire du président, bien sûr, à Chambord, et les déclarations de patrimoine qui ont été rendues publiques des ministres. Ça suscite beaucoup, beaucoup de questions de votre part. En voici une. Des ministres millionnaires peuvent-ils vraiment comprendre les préoccupations des citoyens modestes ou pauvres ?
Écoutez, ça, c'est vraiment l'éternelle question. Non. On va répondre, enfin, je vais répondre, en 1936, le patron du Front populaire s'appelait Léon Blum, et Léon Blum était issu d'une famille d'une grande richesse. On l'accusait, alors que c'est lui qui avait fait toutes les grandes réformes dont on parle encore aujourd'hui, les congés payés, enfin, j'en passe, c'est des meilleurs, le sport à l'école. Eh bien, on l'accusait à l'époque de manger dans de l'argenterie, ce qui était faux, d'ailleurs. Le premier ministre socialiste, le deuxième premier ministre socialiste de François Mitterrand s'appelait Laurent Fabius. Laurent Fabius était d'une très grande famille, extrêmement riche.
La richesse ne fait pas toujours la qualité, mais elle peut très bien être synonyme de talent. Et donc, moi, je trouve que ça, c'est vraiment, si vous voulez, un état d'esprit qui est particulier.
Il y a une question un peu plus précise encore. Regardez, comment comprendre le monde du travail actuel ? C'est vrai qu'il n'y a jamais eu autant de précarité, jamais eu autant de chômeurs, jamais eu autant de difficultés pour retrouver un boulot quand on est aussi riche. Là, je pense que c'est aussi une allusion, bien sûr, à Mme Pénicaud qui est la championne, je pense que ce serait bien passé de ce titre, de ce classement du patrimoine des ministres.
Alors d'abord, il faut voir le parcours, il faut voir la personne, l'humanité de la personne. Et puis, il n'y a pas forcément de déterminisme, comme disait Yves, ça serait horrible que quelqu'un de riche soit incapable de comprendre la souffrance, que quelqu'un de pauvre soit incapable de comprendre la richesse. Il y a un moment donné où c'est tout l'espoir des humains, c'est qu'ils soient capables. Alors après, il faut qu'ils fassent attention, c'est-à-dire que c'est noblesse oblige, ou noblesse ou pas noblesse, ou argent oblige.
C'est-à-dire que je pense que quand on a un certain nombre de facilités, c'est-à-dire qu'on a pu faire garder ses enfants facilement, qu'on peut partir, se reposer quand on veut, se reposer où on veut, parce qu'on a les moyens, qu'on a une maison de campagne, du personnel, je ne sais pas quoi, ça demande une espèce de, comment dire, il faut avoir un caractère extrêmement attentif pour ne jamais être une violence pour les autres, et se faire un peu oublier ça, et surtout être très à l'écoute. Mais ça, on va voir. Mais par pitié, si on était incapable de comprendre simplement parce qu'on est aisé, c'est effectivement le cas de Bloom serait...
Ce que je veux dire, c'est que Mme Pénicot, la prochaine interview, où elle va se rendre, elle va être interrogée, ça sera peut-être même la première question sur son patrimoine, et voilà, ça risque de la mettre en difficulté, je ne sais pas.
– Ça pose un problème quand même politique sur tout un nombre de sujets. Je prends un exemple tout simple, le SMIC. Ce n'est pas le fait que les ministres soient riches, mais le fait qu'il n'y ait jamais de SMICart pour discuter de l'avenir du SMIC, ça pose quand même une question. Il y a toujours des économistes de renom, il y a toujours des gens. Il ne s'agit pas de faire du basisme ou de la démagogie, mais vivre avec le SMIC, c'est une réalité. Et si on ne connaît pas cette réalité-là, si on ne rencontre pas des gens qui vivent cette réalité, c'est très facile de dire, on bloque, il n'y a pas besoin de coups de pouce, ces choses-là.
Donc il faut faire attention à ne pas se couper du monde. Après, c'est un gouvernement qui n'est pas forcément coupé du monde, parce qu'il y a des gens qui viennent du monde du travail, qui viennent de la fonction publique, qui viennent d'horizons un peu plus divers et différents, qui ne sont pas seulement des anciens élus ou collaborateurs d'élus, comme dans tous les gouvernements précédents, ou la plupart, comme on en avait. Donc c'est moins un niveau de richesse qu'un niveau de lien avec le terrain et avec les préoccupations des Français qui me semblent vraiment importantes.
Si je puis compléter, c'est pour ça que ça avait choqué les paroles d'Emmanuel Macron sur le bordel, vous vous souvenez, quand il disait au fond à des syndicalistes « Faites 200 kilomètres pour aller trouver du boulot », c'est quand même pas très compliqué que ça… Et ça avait paru comme quelqu'un qui ne peut pas comprendre que quand on est dans une telle précarité, eh bien la mobilité qui paraît si facile à quelqu'un qui a de l'argent et qui voyage tout le temps, c'est quelque chose de compliqué. De faire deux heures par jour, aller, deux heures retour, eh bien c'est compliqué.
Avec une difficulté supplémentaire, c'est comme très peu ont été élus, c'est-à-dire qu'ils sont des élus de terrain. Quand on est élu de terrain qu'on soit riche ou qu'on soit pauvre, on reçoit des gens dans les permanences. C'est-à-dire qu'on voit un certain nombre de personnes qui sont désespérées parce qu'elles ont perdu leur travail, qu'elles ne peuvent pas bouger, comme on le disait, parce qu'elles ont des crédits pour leur maison. Et le fait qu'aucun…
Enfin, une expérience locale, un enracinement qui fait qu'on voit les migrants dans la rue, qu'on voit des gens à bout, ça, c'est quand même un défi pour eux et pour effectivement ne pas donner cette impression d'une espèce de gouvernement et d'un président qui ne connaît que les heureux du monde. Et on n'est jamais contents en même temps. Quand c'était des politiques pur jus, on disait qu'ils ne connaissent pas le monde du travail, ils n'ont pas été dans une entreprise. Elle, elle a été dans une entreprise, elle a même affronté des organisations syndicales en tant que DRH.
Autre symbole, regardez cette question, comment un ministre de l'écologie peut-il posséder six voitures ? Alors il y a peut-être une précision à apporter, c'est que ce n'est pas parce qu'il est propriétaire de six voitures qu'elles sont… Il a des enfants, il a une épouse… On ne sait pas, ce n'est pas précisé.
Il a plusieurs maisons, donc il y a peut-être une voiture dans chaque maison. Non mais, écoutez, ce n'est pas… Je ne sais pas si ça arrange ou pas… Lui-même le dit, nous il nous le disait dans une interview qu'on a faite à l'Obs il y a trois semaines, si on me suivait complètement à la trace, peut-être qu'on trouverait quelques incohérences, mais personne ne peut remettre en cause les convictions écologiques de Nicolas Hulot. On peut être contre, on peut dire qu'il ne va pas assez loin, mais je veux dire, c'est un véritable écologiste.
La question qui suit est, je crois, la meilleure depuis que je présente cette émission. Je vous préviens. Doit-on s'attendre à une crise de la quarantaine de la part d'Emmanuel Macron ? Là, vraiment, bravo. J'adore cette question. Je ne sais pas qui est la personne qui nous regarde. Vraiment, félicitations. Alors maintenant, qui va répondre à cette question ?
On fait un bilan de sa vie. À 40 ans, je n'ai pas assez réussi. Lui, il ne pourra pas se dire ça.
Bravo, Cécile. Bravo, vous avez réussi à répondre à cette question qui nous a bien fait rire. Chambord, voilà une question. Peut-être que ce sera plus facile d'y répondre. Ne serait-il pas un symbole de renaissance ?
C'est joli, ça. Ah oui, évidemment, château de la renaissance. Mais pourquoi pas ? Je ne crois pas qu'il soit allé jusque-là, quand même. Je pense qu'il avait la volonté de montrer...
Il fait ce qu'il veut, en plus. Alors justement, regardez la question suivante. S'il fête son anniversaire avec ses proches et avec son argent, pourquoi médiatise-t-on cet événement ?
Parce que ça nous intrigue, parce que ça nous amuse. C'est le président. C'est le président. Et c'est qu'il n'a pas un geste. Alors on saura qu'il a dîné dans une crêpe hier soir. Demain, on aura le menu. Mais c'est vrai, en plus. Une galette de saucisse. On aura le menu de jambon d'or complète. On saura demain quel a été le menu. C'est comme ça. Mais il ne faut pas que ça prenne une part, je veux dire, dans les journaux, dans les journaux télévisés, on ne va pas faire quatre minutes là-dessus. C'est une curiosité. Tout de suite, il n'y a plus un élément de privé quand on est président de la République.
Et quand on communique dans un sens, quand on a envie de communiquer, eh bien on s'expose aussi à ce que les gens ont envie de savoir, tout ce qu'on fait.
Macron à Chambord, est-ce une manière pour la République de renouer avec l'Ancien Régime ?
On n'a jamais quitté l'Ancien Régime. Je pense qu'il avait une analyse assez juste dans cette interview qu'il avait donnée il y a deux ans pour dire que la France, beaucoup de Français avaient une certaine nostalgie de cette monarchie. Et regardez les commentaires qui ont accompagné Emmanuel Macron quand il est arrivé à l'Élysée en disant qu'il représente bien la France, on a retrouvé du lustre avec des symboles militaires. D'ailleurs, il descend les Champs-Élysées en commande car, les militaires sont à l'honneur. Et vous avez vu que la plupart des Français ont apprécié cette séquence et ils apprécient que le président de la République respecte une certaine pompe.
Et c'est ce que n'avait pas compris Nicolas Sarkozy qui voulait, lui, se rapprocher du peuple, il s'est tellement rapproché du peuple que le peuple ne veut pas que son président soit comme lui, précisément. Et quant à François Hollande, il avait fait une grosse erreur en disant que le président, il est normal. Non, un président n'est pas normal. Il le reconnaît d'ailleurs aujourd'hui. Il le reconnaît aujourd'hui. Et puis il est fasciné aussi par la monarchie. Il est nourri d'histoire. Je crois qu'il y a une anecdote dans le livre de Besson sur sa campagne qui raconte qu'il a fait un détour par la basilique Saint-Denis. Mais pour regarder, il n'est pas rentré dedans. Non, non, non.
En tout cas, où sont enterrés tous les rois de France.
Saluer les chasseurs, n'est-ce pas un coup porté à Nicolas Hulot ? Est-ce qu'il aurait pu éviter ça ?
Ça, ça pose une vraie question. La semaine, on fait le sommet climat aller parader avec des chasseurs. Alors, c'est une battue de régulation. Ce n'est pas une chasse à cour de nantie. Mais c'est vraiment un symbole absolu de classe. Et puis en plus, c'est un symbole de la chasse qui pose une vraie question. Nicolas Hulot a pris des positions, en tout cas beaucoup plus dures, sur les chasseurs. Et vis-à-vis des jeunes générations, ce n'est pas forcément quelque chose. Je trouve que c'est un lobby électoral énorme. D'accord. Non, non, mais il manie ça. C'est pour ça qu'il y a le mandat de l'autre côté.
Les hommes politiques manient toujours les chasseurs avec énormément de délicatesse, je dirais.
Chambord va-t-il connaître un afflux de touristes étrangers ces prochains mois ? C'est probable. C'est vrai qu'il a une image. On a vu la une de ce magazine allemand. Il a une image à l'étranger qui est intact.
C'est un château un petit peu connu, quand même, déjà. Il faut le rappeler quand même. C'est un peu connu, Chambord. Joyau.
Macron ou pas, ça vaut le coup d'y aller.
Quand il invite Vladimir Poutine à Versailles, quand il invite Trump à la tour Eiffel, il le fait aussi, sachant que ces images-là vont voyager et que c'est un peu un catalogue touristique de la France.
Donc, la question était bonne. Le traditionnalisme revient-il en force avec Emmanuel Macron ? Alors, ça revient au thème de notre émission et à ce titre. Et en même temps…
C'est la réponse, effectivement. Non, si vous voulez, ce qui est extraordinaire avec ce président, enfin, extraordinaire au sens où, pour un observateur, c'est que c'est probablement un des hommes politiques qui est le mieux, qui est le plus apte à vous parler d'économie numérique et de l'économie de demain, ce qu'il fait très, très bien, parce qu'il maîtrise ça parfaitement. Mais c'est aussi un homme du passé, parce qu'il a une culture, il est cultivé. On ne peut pas lui enlever ça. Et pourquoi pas marier les deux, après tout, le passé et l'avenir ? Eh bien, on n'a rien de plus à demander.
La cote de popularité d'Emmanuel Macron est en hausse. On ne l'a pas dit, c'est vrai, depuis le début de l'émission. Oui, ça remonte. Comment ça s'explique ?
C'est sans précédent une remontée comme ça, à ce point d'être redevenu populaire, alors qu'il était impopulaire. Beaucoup sur l'électorat de droite.
Merci beaucoup à tous les quatre. Merci d'avoir participé à cette émission. Merci aussi à l'équipe qui a préparé ce C dans l'air. Dans un instant, Ali Badou pour C'est l'hebdo. Demain, ne manquez pas 18h30. C'est Politique, Karim Rissouli, qui recevra notamment Yann Arthus-Bertrand. Lundi, retour de Caroline Roux. Très bonne soirée sur France 5.
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