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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 12 juin 2024 12 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSécurité

Éric Ciotti exclu à l’unanimité des Républicains - C à Vous - 12/06/2024

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 10 %Défensif 90 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 0 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:08OuverteÉludée

    Mais il est où là, Éric Ciotti ?

  • 1:46OuverteÉludée

    Mais est-ce qu'il peut vraiment contester cette décision devant la justice, comme il a dit ?

  • 3:49OuverteÉludée

    Est-ce que c'est vraiment le cas ? Est-ce qu'ils approuvent vraiment l'idée d'un pacte avec le Rassemblement national ?

  • 8:40OuverteÉludée

    Cette implosion des LR, c'est aussi la conséquence d'un échec de la formation d'une coalition des partis républicains après les législatives de 2022 ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20InvitéFait
    « après l'annonce du ralliement d'Éric Ciotti au Rassemblement National »
  • 2:00InvitéFait
    « Le bureau politique exceptionnel qui a été convoqué aujourd'hui par tous les ténors du parti hors Ciotti, clairement, il n'est pas légal, pas de base juridique »
  • 2:30InvitéChiffre
    « On apprend ce soir, par exemple, que sur 61 députés LR, il y en a 59 qui vont aller avec les ténors et pas avec Éric Ciotti »
  • 6:17InvitéFait
    « les Républicains ont défendu pendant des années la réforme des retraites, la retraite à 65 ans »
  • 8:47AuditeurChiffre
    « ils sont 68% à penser que la situation politique le nécessite qu'il fallait que le président de la République entraîne cette dissolution »

Temps de parole

  • Invité54 %
  • Invité 222 %
  • Présentateur10 %
  • Invité 35 %
  • Auditeur3 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonsoir Nathalie Chuc, grand reporter au Point. Depuis hier vous avez suivi, minute par minute, le feuilleton des Républicains. On est chez les dingues ?

0:08
Invité

On est sur une série Netflix, mais en améliorer Netflix, c'est fade à côté. C'est assez spectaculaire, on assiste à des choses qu'on ne pensait même pas voir en politique, des choses assez folles, comme des leaders qui nous disaient, par exemple, après l'annonce du ralliement d'Éric Ciotti au Rassemblement National, qui nous disaient, si c'est comme ça, on va y aller à 4 ou 5 costauds, et puis on va le déloger du bureau. Ils disaient, mais à 15h aujourd'hui, il n'a plus de chauffeur, c'est fini, il ira prendre son avion à Orly pour Nice en taxi, ça va le changer.

Donc vraiment, c'était assez dingue, jusqu'au point de voir des permanents du parti, on a une cinquantaine, faire ses sessions, et lui piquer même les codes des réseaux sociaux. Il faut qu'aujourd'hui, il ne peut plus utiliser le compte Twitter des Républicains. Et ils ont même hésité à faire un truc aujourd'hui assez marrant, ils ne l'ont pas fait à la dernière minute, ils ont failli prendre un message, un mail d'Éric Ciotti, le retweeter depuis le compte des Républicains avec le mot « traître ». Voilà, ils n'ont pas eu faire ça.

0:59
Présentateur

Pirater le compte du président, de l'ex-président des Républicains, qui a finalement été exclu, c'était la seule décision possible. Mais il est où là, Éric Ciotti ?

1:09
Invité

Mais on ne sait pas. On pense qu'il est à la question de l'Assemblée nationale. Alors, j'avoue, tel un enfant, je suis allée sonner à l'interphone des Républicains pour voir ce qui se passait, pour voir s'il était là. C'est un monsieur gardien qui m'a répondu en disant « Ben non, on ne l'a pas vu de la journée, on ne sait pas où il est, tous les gens importants sont partis ». Je lui ai dit « Ben, monsieur, vous en faites aussi partie, des gens importants, l'air de rien, parce que c'est les permanents qui font tenir la boutique quand même ». Donc on ne sait pas où il est. Il a pris les commandes du compte Facebook. Alors on attend de voir s'il va réussir à récupérer d'autres réseaux sociaux.

Tout est lunaire, on a deux parties. Ce n'est pas Kramer contre Kramer, c'est LR contre LR.

1:46
Présentateur

Tout est fou. Mais est-ce qu'il peut vraiment contester cette décision devant la justice, comme il a dit ?

1:51
Invité

Il y a une bataille juridique. Clairement, je discutais ce midi avec un juriste qui me disait, il connaît très bien les statuts des Républicains, il me disait « Le bureau politique exceptionnel qui a été convoqué aujourd'hui par tous les ténors du parti hors Ciotti, clairement, il n'est pas légal, pas de base juridique ». Donc eux se sont organisés, tous les ténors, pour le faire, comment dire, valider à posteriori, pour qu'il soit tamponné dans les jours prochains, de préférence avant le premier tour des législatives. Évidemment, Ciotti, il compte à ce qu'il y a une course à l'échalote juridique qui est engagée. Quand vous avez l'intégralité de votre parti contre vous, c'est compliqué.

On apprend ce soir, par exemple, que sur 61 députés LR, il y en a 59 qui vont aller avec les ténors et pas avec Éric Ciotti. Donc il est tout seul, complètement isolé. Enfin non, il n'est plus tout seul, il est avec Marine Le Pen et Jordan Bardella.

2:43
Présentateur

Les Républicains ont deux présidents à leur tête ce soir encore, en tout cas, Éric Ciotti qui refuse de partir, et ceux qui ont désormais la gouvernance de ce mouvement, c'est-à-dire François-Xavier Bellamy et Annie Gevnar. Pardon ? Gennevar. Gennevar, oui pardon, je suis dyslexique. Voilà ce qu'a déclaré François-Xavier Bellamy à la sortie de ce bureau politique extraordinaire.

3:07
Invité

Et nos candidats, comme je l'ai fait pendant toute la campagne européenne, porteront le combat nécessaire pour sortir la France de l'impasse. Nos candidats partout en France sont les meilleurs remparts contre l'extrême gauche, les meilleures alternatives pour sortir la France de la Macronie et de l'échec de ce gouvernement qui pèse aujourd'hui si lourd sur la France et sur les Français. C'est ça le défi pour nous, ne pas se diluer, ne pas se renier, ne pas abandonner nos convictions, rester fidèle à nos combats comme celui que j'ai mené avec tous mes colistiers pendant la campagne pour l'élection européenne.

C'est ce combat que nos candidats poursuivront pendant l'élection législative qui vient.

3:45
Présentateur

Le problème c'est qu'Éric Ciotti dit qu'il a les militants avec lui. Est-ce que c'est vraiment le cas ? Est-ce qu'ils approuvent vraiment l'idée d'un pacte avec le Rassemblement national ?

3:54
Invité

Il a lancé une pétition aujourd'hui qui n'est pas une consultation militante en bonne uniforme parce que juridiquement il n'en a pas le droit. Il est censé recourir aux instances, il veut vraiment faire une consultation militante. Il a lancé une pétition, bon, vous l'avez extrêmement bien dit, tout le monde peut la signer. Il y a même eu un bug, alors on ne sait pas si le bug est dû à des problèmes informatiques ou à un afflux de signatures. Le fait est qu'il veut lui s'appuyer sur la base, c'est un petit peu, il rejoue les élites contre le peuple. Après ça va être quand même très très compliqué de se maintenir sur le long terme.

Puis au final on peut presque se demander si ce n'est presque pas une bonne nouvelle pour les Républicains qui est un parti complètement atomisé et divisé. Aujourd'hui ils sont pour l'instant rassemblés. D'ailleurs Jean-François Copé a fait rire tout le monde pendant la réunion à huis clos en disant on peut dire merci à Éric Ciotti, il nous a tous réunis. Et réveillés. Vous avez commencé un peu à l'évoquer, mais ça peut avoir quelles conséquences ça sur les législatifs pour tous ceux qui vont se présenter sous l'étiquette Les Républicains si là ce qui a été fait n'était pas légal, valide ?

Alors il y a un risque énorme qu'on se retrouve, en tout cas pour la droite, qu'on se retrouve avec des députés LR, RN, qu'est-ce tant pis Éric Ciotti, encore faut-il qu'il réussisse à trouver des candidats parce que depuis hier on a appris qu'il proposait des candidatures à absolument tout le monde. Comme il est soutenu seulement quasiment par le président des jeunes LR Guilhem Carillon, dont on se souvient quand même qu'il avait posé à la une d'un magazine d'extrême droite avec ses collègues du Rassemblement National Jeunesse et de Reconquête Jeunesse, tout de même, donc il y avait déjà une petite pente, il leur propose à tous des candidatures.

Donc on peut imaginer que les troupes de Ciotti, ça va être, pardon de dire comme ça, des mômes de 18 ans des Républicains jeunes. Il va essayer de les aligner, donc on peut les avoir, eux, et en face, le canal historique des ténors, en tout cas dans la circonscription d'Éric Ciotti, dans les Alpes-Maritimes, il y aura un candidat contre lui des Républicains. Il annonce à l'instant 80 investis avec l'étiquette qu'il dit à l'air, mais qui sera en fait l'étiquette Ciotti, soutenu par le Rassemblement National, 80 sur 500... Et le parti va essayer d'en aligner plus de 500. Donc il y a des endroits où ça va évidemment s'entrechoquer.

Et donc Bruno Le Maire, Marine Le Pen n'a pas encore réussi son vieux pari de faire imploser votre ancienne formation ? Non, parce que c'est un pari qui est fou. Pas seulement parce que les projets sont antinomiques. Je rappelle que les Républicains ont défendu pendant des années la réforme des retraites, la retraite à 65 ans, c'était le projet d'Éric Ciotti pendant la présidentielle. Là où le Rassemblement National veut la retraite à 60 ou 62 ans, les projets sont antinomiques. Mais plus profondément, c'est les histoires qui sont antinomiques. La France oublie son histoire.

Et du coup, parfois, on a un peu du mal à comprendre pourquoi il y a une telle violence politique, mais c'est parce qu'il y a une vraie antinomie au sens propre du terme, une incompatibilité de valeur. Le Rassemblement National, à l'origine, c'est l'opposition générale de Gaulle. C'est l'OAS. C'est ceux qui ont tiré sur le général de Gaulle, qui ensuite ont créé... C'est loin, mais ça résonne encore. Et je pense que la responsabilité d'un homme politique, c'est de rappeler notre histoire pour construire l'avenir.

Qu'on n'oublie pas qu'à l'origine, ce qui explique cette incompatibilité de valeur, c'est que ceux qui ont créé le Rassemblement National venaient des rangs de l'OAS, puis se sont transformés en Front National, puis en Rassemblement National, et ont fait table rase du passé. Mais dans une vieille démocratie, une vieille nation comme la nôtre, on ne peut jamais faire table rase du passé. Ils se rappellent à nous. Et de l'autre côté, vous avez justement la famille gaulliste. Alors quand se mettent ensemble ceux qui ont tiré et ceux qui ont reçu les balles, ça se passe mal. C'est ce qui explique la violence de la réaction.

Et de ce point de vue-là, moi, je veux saluer la dignité de la réaction de la plupart des responsables des Républicains. Je pense aux déclarations très justes de Xavier Bertrand, qui savent, parce qu'ils connaissent cette histoire-là, qu'il y a incompatibilité non seulement de projets, mais de valeurs, d'histoires, de mémoires, de références, de figures entre la droite républicaine et l'extrême droite.

7:53
Présentateur

Une incompatibilité, pourtant, il était élu à la tête des Républicains, Éric Ciotti.

7:58
Invité

Oui, mais parce qu'il avançait un petit peu masqué, même si toutes les graines étaient sur le chemin. On aurait pu le voir. Vous vous souvenez de ces déclarations d'Éric Ciotti, d'Appeleurs Actuelles, au printemps 2021, et ce qui nous différencie principalement du RN, c'est notre capacité à gouverner. Donc, les choses étaient dites, évidemment. Mais c'est vrai qu'on voit, aujourd'hui, la vieille famille gaulliste qui se cabre, qui dit non. Michel Liumarie est intervenu, d'ailleurs, à huis clos. Michel Liumarie, gaulliste historique, quand même, qui a dirigé le RPR à l'époque, Jacques Chahak, a dit, on ne s'allie pas avec des gens qui veulent nous tuer.

8:30
Auditeur

Mohamed. Nathalie Chouk, cette implosion des l'air, c'est aussi la conséquence d'un échec de la formation d'une coalition des partis républicains après les législatives de 2022, ce qui a entraîné la dissolution de dimanche. Une dissolution, n'est-ce pas aussi ce que souhaitent les Français qui considèrent que la France est devenue ingouvernable ? Hier, dans un sondage Toluna-Haris Interactive, ils sont 68% à penser que la situation politique le nécessite qu'il fallait que le président de la République entraîne cette dissolution.

8:54
Invité

Il y avait évidemment un ras-le-bol de la situation politique, de ce sentiment qu'on était dans une impasse. Donc il peut y avoir une pulsion du pire, une pulsion quasiment suicidaire, pour aller en disant, on appuie sur le bâton de dynamite et on voit ce que ça donne. Sauf qu'une fois que la poudre va retomber, on risque tous d'être un peu comme les lapins dans les foires d'une bagnole, en se disant, waouh, qu'est-ce qui se passe ? Attention à la pulsion de mort, à la pulsion vraiment de toute dynamité.

Pour mon livre Les Naufrageurs, j'avais interrogé Bernard Cazeneuve qui avait dit à Emmanuel Macron en 2016, au moment où il déclarait publiquement qu'il voulait abattre ce que François Bayrou appelait les tours jumelles, la gauche et la droite, Cazeneuve avait dit à Macron, attention Emmanuel, ce que tu fais est totalement nihiliste, tu seras enseveli sous les décombres de ce que tu auras fait sauter.

9:41
Présentateur

C'est ce qui se passe ? En voulant justement faire du en même temps et détruire ces deux tours jumelles ? C'est précisément l'enjeu.

9:51
Invité

Je pense que je peux très bien avoir trois forces politiques, ça existe dans beaucoup d'autres pays, ça existe par exemple en Allemagne, ça ne pose pas de difficultés majeures, mais c'est tout l'enjeu des élections législatives des 30 juin et des 7 juillet prochains. C'est pour ça que ce sera l'élection qui aura les conséquences les plus graves de l'histoire de la Vème République. Soit le 8 juillet, la France est davantage gouvernable, soit elle est moins gouvernable. Encore moins gouvernable. Encore moins gouvernable qu'elle ne l'était avant. Et dans ce cas-là, soyons très clairs, nous allons tout droit à la crise de régime, c'est-à-dire l'impossibilité de gouverner le pays.

Donc je pense qu'il est d'autant plus important... Une nouvelle présidentielle à la suite.

10:31
Présentateur

Exactement.

10:32
Invité

Une crise de régime. Donc il est foudra que le président démissionne. Vous êtes dans une impasse institutionnelle et politique qui fait qu'il faut rebattre toutes les cartes. Comme je pense préférable d'éviter à la France qui économiquement enregistre des succès, qui est attractif, qui est redevenu dynamique, comme je pense qu'il est bon d'éviter à la France une crise de régime, j'appelle tous ceux qui ne sont pas allés voter, tous les abstentionnistes, tous ceux qui ont encore des doutes, des interrogations, à aller se prononcer massivement le 30 juin pour la seule force qui a un projet clair pour le pays, la nôtre.

11:04
Présentateur

Une crise de régime, ça paraît un scénario possible.

11:07
Invité

Mais ce n'est pas un scénario impossible. Enfin, prenons concrètement ce qui peut se passer. Vous avez deux scénarios. Vous avez soit le Rassemblement national qui devient majoritaire, soit majorité absolue ou relative. Peu importe, j'ai envie de vous dire. Ce ne sera pas une cohabitation douce. Ce ne sont pas les cohabitations polies et bien élevées qu'on a connues sous la Ve République, entre deux parties qui savent qu'ils peuvent potentiellement se retrouver un jour, cohabitants, cohabités. Non, là, c'est une cohabitation avec le Rassemblement national. Est-ce que vous pensez que l'intérêt de Marine Le Pen, c'est d'attendre trois ans pour récupérer les clés de l'Elysée ? Non.

Donc, on peut imaginer qu'elle va exercer une pression très forte pour pousser le président vers la sortie. Et vous avez l'autre scénario qui est la Chambre ingouvernable, impossible de constituer une coalition, une majorité. On fait quoi ? Peut-être qu'on est obligé d'aller à la présidentielle, anticiper. Le président a dit aujourd'hui, il a répété que ce n'était pas dans la corbeille de la mariée. On verra bien, mais c'est un risque. La crise de régime n'est pas en est. C'est un risque.