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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 10 octobre 2020 62 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Reconquérir le temps long : planification et démocratie !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:30Locuteur 1Fait
    « Le temps est produit par l'activité humaine. Il n'y a pas d'autre temps que celui que notre cerveau est capable de fixer. »
  • 0:15Locuteur 1Chiffre
    « Nous avons besoin de milliers de milliers de dizaines de milliers de personnes qui aillent au travail pour faire tout ce travail. »
  • 5:30Locuteur 1Promesse
    « Si nous gouvernons, le capital sera mis au service des objectifs du plan. »
  • 7:00Locuteur 1Fait
    « Nous sommes tous dans la crise de l'eau, tout le monde le sait. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Je vous demande d'applaudir très fort Jean-Luc Mélenchon, président du groupe parlementaire de la France insoumise. Merci. Merci pour cet accueil.

Alors, je suis je vous rassure, ça ne durera pas 5h comme prévu, seulement beaucoup moins parce que je dois sauter sur une moto et aller à la gare car on m'attend dans les deux chèvres. D'abord, je commence par signaler à ceux qui sont mes amis ici, c'est-à-dire les plus nombreux. Ça existe les endroits où j'ai plus d'amis que d'ennemis. le la naissance de cette ce nouvel organe.

La Gora est un organe d'un partie d'un ensemble qui lui-même a une vie qui est le mouvement, la France insoumise. Le mouvement est une forme d'organisation politique nouvelle dans notre pays. En tout cas, tel que nous essayons de le faire vivre avec la complexité qu'appelle sans cesse le besoin de discuter sans se disputer, le besoin de ne pas être d'accord tout en étant capable de tomber d'accord ensuite et cetera et cetera.

C'est un réglage très fin. L'agora est donc l'organe qui doit permettre d'accomplir un certain nombre de tâches intellectuelles qui sont ciblées dans le temps. Je vais dire lesquels.

Nous autres insoumis, notre organisation générale est formée et constituée à partir d'une réflexion que nous avons sur le temps. Nous sommes sans doute les seuls à avoir une réflexion sur le temps en tant qu'objet social, en tant qu'objet collectif. Le temps ultra court quand il faut prendre la décision, ce sont les responsables des principaux organes de vie du mouvement à la France insoumis.

Le temps, heureusement c'est une temporalité rare. Le temps court ordinaire, c'est ce sont les deux groupes parlementaire qui l'assument à l'Assemblée nationale et au Parlement européen. Plus souvent l'Assemblée nationale comme dernière élément s'exprimant puisque nous sommes conduits toutes les semaines à décider quelles seront les questions d'actualité et à chaque texte de loi, nous devons trancher qu'est-ce qu'on propose, qu'est-ce qu'on dit à ce moment-là.

Il y a donc un système d'actualisation permanente de la doctrine qui se fait à travers le filtre des groupes aux deux assemblées. Le temps long est pris en charge par le mouvement et ses conventions qui tranchent sur les grandes questions transversales. Et entre ce interviennent les livrets qui sont eux aussi dans le temps long où des amis, femmes et hommes travaillent à l'établissement de la doctrine, à sa manière de d'être nécessairement complété et repensé à mesure que la durée nous fait prendre conscience de nouveauté ou bien appelle de notre part une précision plus grande.

Nous sommes avant tout une organisation politique, c'est-à-dire qui a pour objet le gouvernement de la société et donc la nécessité pour elle d'avoir sans cesse non pas seulement des pensées sur la société mais aussi des propositions. Naturellement tout commence par la pensée et c'est pourquoi une réunion comme celle d'aujourd'hui est très précieuse. J'estime pour ma part que l'une des causes de l'effondrement de la gauche traditionnelle a été la coupure qui s'est opérée entre ell et les secteur de la pensée dans le pays.

Par conséquent, je demande que l'on respecte absolument ceux qui nous font l'amitié de venir au-devant de nous pour parler avec nous, pour nous donner leur point de vue, y compris lorsque ce point de vue est extrêmement critique. ce qui finalement est assez rare parce que ça ne signifie pas que ce soit des gens, des personnes, des hommes, des femmes qui sont insoumis, qui portent la bannière insoumis. Pas du tout.

Pour certains, oui, c'est vrai, mais pas pour tous. et il faut admettre leur singularité, leur autonomie de pensée. Et j'ai envie de dire que pour le futur, pour ma part, je proposerai que l'on invite aussi dans nos agoras des gens qui sont d'un point de vue diamétralement opposé au nôtre de manière à ce que nous entendions comment se construit la pensée des uns et des autres.

L'exphilosophe que je suis vous le dira et le répétera sans cesse. Il n'y a pas de vérité, même en science. On ne fait qu'avancer toujours sur une relation plus intime et plus efficace à l'univers qui nous entoure.

Et par conséquent, si nous sommes si attachés à la démocratie, ce n'est pas comme une concession que nous ferions l'ordre bourgeois comme ça se disait dans les années 70, mais parce que c'est une nécessité, il ne peut pas y avoir de point de vue politique ou quel qu'il soit d'ailleurs qu'il ne soit d'abord confronté à la contradiction. On ne peut avoir raison, c'est-à-dire décider que dans la contradiction. Tantez si bien que c'est le dissensus qui est le cœur de la démocratie et non pas le consensus.

C'est la raison pour laquelle le plus souvent nous nous sommes situés dans un rapport de conflictualité à l'ordre établi parce que c'était ce rapport qui permettait d'apercevoir quelles étaient les failles par lesquelles le renouveau et la pensée différente pourrait se faufiler. Naturellement même ceci aujourd'hui, une fois que je l'ai bien posé nous conduit à une autre conclusion compte tenue du contexte. Mais d'abord, j'en reste sur l'idée de la progression des idées.

La première fois que le thème de la planification écologique a été réintroduit dans le débat politique en France, ce fut à l'occasion d'un document qui n'a été remarqué par personne et dont j'étais signataire avec quelques autres. C'était un congrès du Parti socialiste et à l'époque, nous continuons à avoir l'illusion qu'on pouvait dans un congrès du Parti socialiste avoir une discussion sur le fond. Naturellement, nous étions bien naïfs, c'est impossible.

Et ce texte ayant avancé lorsque le parti de gauche fut fondé en 2008, l'un des tout premiers textes de proposition de loi qui fut déposé à l'Assemblée nationale le fut par Martine Billard qui est ici présente qui a déposé une proposition de loi sur la planification écologique. [applaudissements] En relisant ce document, elle et moi, nous nous sommes rendus compte de la distance considérable qu'il nous séparait de ces premiers balbussements. combien nous sommes plus efficaces aujourd'hui et plus avancés dans notre compréhension de ce que doivent être les mécanismes de la planification.

Et les questions qui ont été posées tout à l'heure à l'issue des ateliers sont précieuses car c'est un défi. Nous devrons répondre non pas seulement intellectuellement, cela a été fait avec beaucoup de briot tout à l'heure, mais de manière concrète et précise à chacune des question qui a été posée parce que c'est à ce prix que nous pourrons gouverner à la fois d'une manière démocratique et en tenant compte des objectifs de la révolution citoyenne que nous prenons, c'est-à-dire d'une idée d'un développement harmonieux de l'humanité dans son rapport à la nature, en sachant que cette nature de manière irréversible va changer sous nos yeux et que dans la décennie qui vient, dans les deux décennies qui viennent, nous n'aurons plus le monde que nous avions avant. Ceci est une affirmation dont je demande qu'on apprécie toute la gravité.

Je ne le fais pas pour affoler, pour faire peur, mais pour dire c'est comme ça. Et donc on va devoir s'adapter à un changement dont nous ne savons pas dans quelle direction il va. Il y a quelques jours de cela, je me trouvais au bord du Dou, rivière asséchée, en voie d'asséchement, heureusement dans un secteur limité, mais d'une manière tout à fait répétitive.

Maintenant, c'est tous les ans et c'est pour des périodes de plus en plus longues. Je discutais avec les amis qui me faisaient la gentillesse de m'accompagner dans cette circonstance. L'un est un professeur de géologie, l'autre est fait partie d'une association de pêcheurs.

Le bref, un petit peu tous les points de vue sous lesquels une rivière peut être examinée, soit par ceux qui en ont l'usage, soit par ceux qui ont à la connaître. Et le géologue me disait, appuyé par le professeur, ça ne sert à rien de se dire qu'on va reconstruire la rivière. On n'y arrivera jamais.

Il faut donc maintenant réfléchir à le socle minimum qu'on peut faire pour empêcher ce qui a conduit à l'asséchement de la rivière. Un certain nombre de facteurs sont maîtrisables. Attention, moi je me suis toujours méfié de ceux qui nous font des grands discours sur la complexité qui devient un argument de l'inaction.

Alors, c'est compliqué, c'est puler factoriel, donc on fait rien parce qu'on a trop peur de se tromper, bien sûr. Et comme on a trop peur de se tromper, on ne fait rien. Et comme on ne fait rien, c'est l'ordre établi qui continue.

Ça va quoi. C'est assez habile pour nous faire avaler l'ordre établi, mais ça ne suffira pas ici. Donc cette rivière, on ne la reconstruira pas, mais on peut annuler les principaux effets qui ont été repérés comme conduisante à un facteur aggravant le changement climatique et la sécheresse.

Là, je parle du moment dans lequel nous sommes. Et il me mettait en garde en me disant par exemple, "Oui, il faut interroger les usages que nous faisons des prairies. Est-ce que ces prairies doivent être dédiées à l'élevage de de ces vaches qui consomment chacune 170 l d'eau ?

Parce que pourquoi fait-on cela ? Et bien parce qu'on a dit aux paysans qui se trouvent là, puisque vous produisez du comté qui est en effet un excellent fromage et sans doute le meilleur, puisque vous faites bah quoi ? Je suis de là-bas moi.

Bon aussi et bien puisque vous faites alors il faut en vendre davantage mais comme c'est une appellation contrôlé, ça sera toujours sur les mêmes surfaces. Et donc le débat qui avait lieu devant moi c'était est-ce qu'on étend les surfaces ou est-ce qu'on réduit la production ? Ça c'est très concret.

C'est un conflit d'usage. Tout le monde a raison. Tout le monde a raison.

Mais à un moment donné, il faut prendre la décision. Et quel va être le sens de la décision ? pas ceux qui préfèrent le pâturage ou ceux qui aiment mieux les vaches ou ceux qui préfèrent qu'il n'y ait pas de vache.

La question est qu'est-ce qui est conforme à l'intérêt général humain ? C'est pourquoi l'intérêt général humain intervient doréen avant comme un facteur de délimitation de la décision. Là où autrefois pour ceux qui sont de ma génération, on entendait parler que d'intérêt de classe, c'est-à-dire où tout était positionné par rapport à la question de la répartition de la richesse qui bien sûr reste un paradigme central de notre pensée, mais qui n'est pas le seul et qui sera lui-même soumis à l'objectif d'intérêt général humain.

Dans ces conditions, on voit comment s'articulerait deux formes du temps. La première qui consiste à dire compte tenu de ce qu'on a appris, il faut arrêter d'imperméabiliser les sols. Compte tenu de ce qu'on a appris, il faut arrêter de des pesticides partout notamment parce que cela tue toute vie dans le sol que la fertilité du sol décroit 50 % en un siècle.

Mais en plus ça enlève la sponge du sol qui est la meilleure réserve d'eau qu'on puisse avoir et certainement pas en faisant des bassines où d'abord on draine pour remplir de flottes et ensuite ça se rapporte tellement vite que c'est une catastrophe pure et simple et un gâchi inouï. Ça, voilà les décisions qu'on pourrait prendre mais ensuite il y en a d'autres. On ne sait pas dans quel sens elles vont.

Si j'allais aussi loin que vont certains et que je vous parle de l'évolution probable du climat. Vous savez que nous sommes dans une phase de réchauffement. Naturellement ce réchauffement ne sera pas linéaire, il se fera par palier.

Et ces paliers en effet sont franchis les uns après les autres dans le sens d'un réchauffement. Mais le réchauffement n'est pas l'horizon ultime du climat. Le scénario statistiquement le plus probable dans une durée évidemment de temps qui ne concerne aucun d'entre nous dans cette salle sans doute.

Mais le scénario le plus probable est le renouveau d'un âge glaciaire du fait même des conséquences de ce qui se sera produit pendant la période de grande évaporation. Tant est si bien que la leçon à retenir, c'est que nous pouvons connaître certains facteurs et les maîtriser pour faire face aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Il y en a d'autres que nous ne connaissons pas et par conséquent nous devons avoir l'organisation qui nous permet de faire face à l'un puis à l'autre et de vérifier en route qu'on s'est pas trompé de chemin.

C'est là que vient à nouveau la question du temps comme production sociale. Je sais que ça paraît étrange comme mot. Pour beaucoup le temps c'est le calendrier.

On place des dates et puis les événements ont lieu dans le temps. C'est une illusion. Le temps est produit par l'activité humaine.

Il n'y a pas d'autre temps que celui que notre cerveau est capable de fixer et il ne peut le fixer qu'à partir des événements qui eux-mêmes sont des événements humains. Naturellement, la société profonde nous a habitué à un temps qui a l'air objectif, le temps des saisons, c'est-à-dire le temps que prend la planète pour faire le tour du soleil. Et il y a donc des événements qui le rythment.

Mais ce temps a définitivement été effacé de l'économie contemporaine. En attendant et avant même d'aller un mtre plus loin, je veux dire pour ma part ma gratitude à ceux qui m'ont aidé à penser le temps, c'est-à-dire Étienne Klin qui fait un gros travail de scientifique de vulgarisation et quelqu'un d'un peu plus improbable dans ma culture qui s'appelle Rogessu et qui a fait un très beau livre qui s'appelle le temps et l'ordre social, document dont nous avions besoin lorsque nous réfléchissions sur le fait que des êtres humains décident de la normalisation du temps quand on décide de faire par exemple une semaine de 35 he ou quand on décide sur l'injonction du créateur qui, comme vous le savez ne vivait pas en société capitaliste quand il a créé le monde puisqu'on lui a permis de s'arrêter un jour le dimanche. Bon, maintenant tout ça c'est du passé hein parce que même le dimanche on travaille mais sur cette sur ce cycle de du temps, puisque nous intervenions, des questions surgissaient.

Pourquoi tu veux que tout le monde ait le même temps me disait une collègue. Pourquoi tu voudrais que tout le monde organise sa semaine de la même manière ? Est-ce que c'est pas mieux la liberté d'en disposer ? comme on veut.

Et à ce moment-là, évidemment, comme la discussion était intéressante, que les camarades étaient bienveillants, on avait la réflexion. De quoi parlons-nous ? Nous ne parlons pas du temps.

Nous parlons de la synchronie des temps. Ça signifie que si dans une famille, pour revenir dans les choses concrètes, celui-ci a des horaires de travail où il travaille la nuit. Celle-ci travaille le samedi et le dimanche.

Alors, qu'est-ce que la famille ? Qu'est-ce que le foyer ? Rien.

Une sorte de lieu de passage, un restaurant, un hôtel. Mais n'appelez pas ça une famille, n'appelez pas ça une maison. Par conséquent, ce dont nous traitons en permanence en politique, c'est de la synchronisation des temps, des temps sociaux qui permettent de vivre et de vivre de bien des manières plus efficaces quand on synchronise, quand on se rend compte du contenu social du temps que quand on ne s'en rend pas compte.

Par exemple, j'ai donné 100 fois cet exemple, je le redonne ici. Quelle est la distance de la ville de Massie à Notre-Dame ? Et bien je vais vous le dire, c'est 20 km à vol d'oiseau, mais il y a pas d'oiseaux parmi nous.

Par conséquent, nous sommes tous obligés de passer par la route et sur la route se trouve mêmes horaires tous les véhicules. Par conséquent, la distance entre la ville de Massi et Notre-Dame de Paris point0 pour les kilomètres s'étale entre environ 25 minutes la nuit profonde et 2h30 au cours de la journée si vous tombez sur les 18h. La notion de distance kilométrique n'a pas de sens.

Le temps est relatif et il est une relation sociale particulière. Tantez si bien qu'on peut transférer dans la réflexion sociologique, philosophique et politique ce que la science dure connaît depuis plus longtemps qui est la relativité du temps du point de vue de l'observateur. Le temps est relatif du point de vue de ceux qui le consomment, l'utilisent, le produisent parce qu'ils montent dans leur voiture, parce qu'ils en descendent, parce que le capitalisme en inventant la structure du flux tendu, c'est-à-dire zéro stock tout dans l'instantané produit une domination du temps et le temps est donc une matière tantôt dominante, tantôt dominée.

Qui domine le temps ? Le temps dominant, le système dominant. Et en en l'occurrence pour ce qui nous concerne le capitalisme, c'est lui qui a pris la maîtrise le capitalisme financier du temps en soumettant tout les autres temps à son temps central à lui.

Je vais prendre un exemple plus simple. Dans l'Égypte ancienne, les temps correspondaient, le temps économique, la production. Alors, comment on savait ?

Et ben, c'était très simple. Pharaon allait dans un temple à l'île d'éléphantine. Il se mettait en face de la fenêtre et il faisait se lever l'étoile de Sirius.

Et quand il avait réussi à faire se lever l'étoile de Sirius, avait lieu la crue. La crue provoquait les alluvions, les alluvions, la culture. Et suivant la dimension changeante des surfaces, et bien les agents du fisque, parce que la civilisation commence à être le fisque, et bien les agents du fisque évaluaient combien vous deviez de plus ou de moins que l'année d'avant.

Voilà comment les choses se passaient. Voilà comment vous aviez dans un tout le temps économique, le temps stellaire et le temps politique. Cette âge d'or est remplacé par l'âge d'or actuel du capitalisme.

Quel est le temps dominant du capitalisme financier ? C'est le temps zéro, celui qui se règle instantanément dans les transactions. Le temps du capitalisme, c'est celui de sa propre accumulation et il tend vers le temps zéro. flux tendu.

Mais dans les titres de la propriété sur lesquels se réalise aujourd'hui l'essentiel de l'accumulation capitaliste, c'est-à-dire les titres boursiers, nous sommes passés d'une durée de possession moyenne d'une action de 6 ans à 2 ans et dorénavant. avec le trading à haute fréquence, nous en sommes à 2 secondes. Tout le système dans tous ces aspects, y compris artistique, y compris d'expression culturell, tout tend vers le temps zéro. et le temps zéro n'est pas un temps dans laquelle il y a de la place pour les êtres humains.

La question qui se pose à nous à propos de la planification est donc la réappropriation collective du temps. La propriété collective du temps pour tâcher à travers cette propriété d'atteindre les objectifs que la société peut se donner. Ce qui va nous conduire à nous dire immédiatement ceci.

Nous n'échapperons jamais à la question du sens de la vie en commun. On a pu croire autrefois que le déroulement spontané mécanique de la société produisant ce qu'on appelait un progrès et qu'il l'était dans bien des domaine allait se déroulant et nous permettrait de passer d'une étape à l'autre de la civilisation humaine. Nous savons dorénavant que le progrès technique n'est pas forcément le progrès humain et que ce qui nous a mis en route pour faire du progrès technique, c'est la recherche du progrès humain.

Que ce que nous avions pour objectif au départ, c'était le bonheur, ce n'était pas la production. que si nous participions à la vie de l'économie, c'était pour participer à la production des biens dont on avait besoin pour vivre. Et dans les biens, j'entends aussi bien produire ce qui se mange, ce qui sert à construire une maison, mais aussi des choses comme la culture, la science et cetera et cetera.

Dès lors, la question du sens reviendra au cœur de la question de la planification. Je viens à l'État pour un instant. C'est un événement que dans une réunion dans laquelle s'expriment des gens qui pour beaucoup viennent de la gauche traditionnelle et c'est mon cas, on reparle de l'État car l'État a été beaucoup critiqué par les libéraux.

C'est certains qui cherchent à le détruire, c'est tout à fait évident pour que soi définitivement établie la dictature du temps court qui est celle du capital avec pour seul arbitre les tribunaux internationaux euh d'arbitrage. Tout ça se tient. C'est un même un même système en vue de la dictature du temps court.

Mais à gauche, attention, l'État a fait l'objet de nombreuses critiques et même d'une volonté de destruction. À vrai dire, les idées n'étaient pas très claires. On oscilla entre ceux qui en étaient des partisans acharnés comme moyen de l'expression de la volonté générale, ceux qui pensaient qu'il était une usurpation et chacun à leur façon avait une part de vérité.

Les libertaires et les anarchistes nous ont appris à réfléchir à l'idée que la société était aussi capable de se priver de mentor pour avancer. Et leur contribution, de ce point de vue est fondamentale parce que c'est elle qui a maintenu tout au long du temps de la vie de la gauche et en particulier lorsque certaines visions mécanistes du développement de la société s'imposaient. l'idée que la liberté était quand même le facteur d'auto-organisation le plus puissant dont la société pouvait jouir.

Depuis, on a appris à la lecture par exemple dans un livre comme Homo Domesticus de monsieur Scott que la mise en place de l'État autour de la religion le plus souvent est un processus qui a pris plus de 160 générations entre le moment où l'on constate les premières traces d'agriculture et d'élevage, c'est-à-dire de ceux qui étaient censés n avoir été rendu possible que par l'existence de l'État et de la société et que ça existait l'agriculture et l'élevage alors qu'il n'y avait pas d'état et alors que les gens restaient nomades. C'est donc qu'une certaine force de contrainte s'est imposée pour obliger les êtres humains à se rassembler autour d'un état. La vérité la plus probable en étudiant l'histoire, c'est qu'ils y furent contraint et que ils le furent d'autant plus facilement que les autres mouraient. car nous connaissons depuis le poids des épidémies dans la réorganisation des groupes humains.

Nous l'avons vu en Amérique lorsque la conquête euh espagnole a généré environ 30 40 ou 50 millions de morts et qui ont rayé de la carte la présence humaine par exemple dans toute l'Amazonnie comme vous le savez qui n'est pas une forêt primaire mais qui a été très longtemps occupée par les Indiens qui l'exploitaient. En attendant, l'État donc a été souvent présenté dans nos rangs comme l'ennemi parce que ce qu'il avait le plus fortement critiqué du point de vue des marxistes n'en avait qu'une vision peut-être un peu réduite parce qu'elle n'intégrait pas ce que pouvait être l'État républicain. L'État républicain, il est comme la République, même s'il n'est pas parfait.

Du moins prend-il en compte l'intérêt général au sens de la chose commune, en particulier dans une structure aussi particulière que la France parce que la France intègre dans sa culture politique collective la République non pas comme un simple système institutionnel neutre mais comme le moyen de porter des objectifs de sens dans l'histoire. Liberté, égalité, fraternité. Ceci n'existe pas dans tous les pays du monde, loin de là.

Mais comme les objectifs du système républicain sont proclamés en tant qu'objectif politique, il est évident que au moins par contraste, il s'impose comme une nécessité, il s'impose comme un horizon que l'on peut suivre. Mais si vous avez comme devise commune honneur et patrie, vous faites rien avec ça. Même si l'honneur est tout à fait nécessaire et la patrie tout autant.

Mais ce n'est pas liberté, égalité, fraternité. L'État républicain a donc à toutes les étapes été obligé de prendre en compte à sa façon déformée par les intérêts de classe dominant, nous en sommes d'accord, mais a été obligé de prendre en compte la chose commune. Voilà pourquoi aujourd'hui, c'est un événement qu'on reparle de l'État.

Et ici, si les gens soumis, l'État n'est pas un ennemi. Le contraire, l'État est considéré comme le moyen de l'expression et de l'application de la souveraineté et de la volonté générale. Naturellement, cette formule est assez générale elle-même pour qu'elle ne nous engage pas trop loin et j'en ferai pas plus aujourd'hui.

Mais il est évident qu'il faut d'abord dire quel est le périmètre de l'État. Il faut dire ensuite quelles sont ces finalités et il faut aussi imaginer comment notamment dans la question de la planification qui elle est obligée de se poser la question du sens puisqu'elle travaille sur le le temps long, elle est obligée de se poser la question des moyens puisqu'il lui faut bien avoir des moyens pour mettre en œuvre le plan. Et bien le plan est conduit à poser la question suivante : non, il n'est pas l'extension du pouvoir de certains secteurs grâce au plan.

Le plan, c'est l'extension du champ de la démocratie. C'est-à-dire qu'avec le plan se pose la question de savoir ce qu'on décide et qui le décide. Le plan n'est donc pas une finalité.

Le plan est un cadre et c'est la démocratie qui est la finalité. Pardon ? La finalité qui est pardon c'est la démocratie qui est le moyen et la finalité c'est le sens.

Et à chaque étape, on peut vérifier si ce qu'on a mis en œuvre correspond à l'objectif du sens. Si la manière de le faire correspond à l'objectif du sens. On retrouvera certainement l'idée essentielle que les moyens contiennent la fin et que il n'est pas vrai que la fin justifie les moyens car ça nous l'avons appris dans l'histoire politique récente.

Voilà le cadre dans lequel la question du plan et de l'État peut être posée. Alors évidemment lui le néolibéralisme le capitalisme financiarisé son objectif c'est la destruction de l'État ou plus exactement la réduction de l'État à l'intérêt de classe des dominants. C'est-à-dire exactement la critique que faisait Carl Marc sur ce sujet et que font aussi les anarchistes pour la part qui les concerne.

Le néolibéralisme veut que l'État ne soit que l'outil de la classe dominante, pas de l'intérêt général, l'humain de la classe dominante. Que fait-il donc dans son esprit ? Il maintient l'ordre.

Et vous autres, bales hein, vous répétez aussi les forces de l'ordre. Bon, évidemment, si vous y allez comme ça, de quel ordre on parle, hein. Bon, donc ils le veulent comme mainteneur de l'ordre, le leur.

Ils le veulent comme la loi, les leurs. Et quand ces lois sont trop contraignantes, alors les tribunaux d'arbitrage, c'est-à-dire le contraire de la loi parce que la loi est décidée par tous, s'applique par tous et elle a des objectifs de sens. Le tribunal d'arbitrage, il en a aucun.

Il essaie de trouver un arrangement entre deux forces, deux multinationales ou catastrophe catastrophe entre une multinationale et quoi ? un état, c'est-à-dire toute une population confrontée à l'intérêt d'une poignée de gens qui possèdent la dite multinationale. Et c'est comme ça qu'on peut voir des multinationales faire des procès à des États parce que des États ont établi des lois antitatques et que il considèrent que l'État doit payer la quantité de cigarette qui n'aura pas été vendue à cause de ces lois.

C'est comme ça que on peut perdre un procès comme ça a été le cas au Canada parce que on a interdit de mettre dans l'essence tel ou tel produit qui améliorait la carburation mais qui mettait en danger la santé des habitants. Et donc la multinationale peut obtenir que l'État lui paye la quantité de ce produit qu'elle n'a pas pu vendre. Donc les tribunaux d'arbitrage comme c'est de l'arbitrage présuppose des intérêts à égalité de légitimité.

Or, nous, nous considérons que la légitimité de la souveraineté du peuple et de la décision collective est supérieure à toutes les autres. C'est la raison pour laquelle nous sommes partisans des États d'abord d'un état laïque, c'est-à-dire qu'il n'admet que s'impose à lui aucune norme autre que la souveraineté populaire. L'État laïque, c'est à la fois un état qui ne subit pas les ordres des religions, mais c'est aussi un état qui est séparé des puissances de l'argent.

Nous sommes donc d'ardents partisans de la séparation de l'État et de l'argent comme nous sommes des partisans de la séparation des églises et de l'État. C'est le même mécanique. Si vous admettez qu'il y a quelque chose au-dessus de la souveraineté du peuple, queles que soient les erreurs que commet le peuple, alors vous introduisez un arbitre qui lui ne dépend plus de personne.

Le seul cas que nous ayons mis au-dessus de toutes les lois, c'est la déclaration des droits de l'être humain et du citoyen. Je répète, de l'être humain, vous connaissez, mais du citoyen, la plupart du temps, on l'oublie. Mais dans les fondateurs et les fondatrices de nos droits, il était clair qu'on ne distinguait pas les droits des moyens de les appliquer.

De la même manière que qu'est-ce qu'un état qui reçoit une politique mais ne dispose d'aucun moyen de la mettre en œuvre, c'est-à-dire aucun service public, aucune planification, aucune direction du temps [raclement de gorge] politique qu'il va dominer. La fonction publique dénigrée, l'État a baissé, appauvri volontairement pour ensuite montrer qu'il ne marche pas. Ah ben regardez, avec tout l'argent qu'on met, ça fonctionne pas.

Vous voyez bien qu'il faut faire autre chose. C'est la société abandonnée à un dieu qui est censé organiser ses connexions, ses régulations, le marché. Puissance invisible, métaphysique.

Personne ne peut dire en quoi ça consiste puisque même quand on le décrit, on ne le retrouve nulle part. Le marché, c'est censé être des gens qui sont parfaitement informés de la différence des prix et de la différence des qualités pour prendre leur décision. aussi bien que vous êtes dans une épicerie, vous achetez votre boîte de sardine, puis vous courez à la au supermarché pour acheter votre pain et puis ensuite vous courez euh au gars qui passent dans la rue pour acheter vos fruits.

Ce n'est pas vrai. Et puis de toute façon, cette information complète n'existe nulle part. Personne ne peut jamais être au courant.

Même les machines n'y arrivent pas et quandbien même elle nous arriverait, qu' elle y arriverait, qu'elle nous mettrait au défi d'une série de déplacements. Vous connaissez tout ça ? L'interconnexion et l'internet n'a pas réglé cette question.

Je le dis parce que l'illusion technocratique domine souvent les prises de décision politiques. Et on voit des Nigo qui pensent avoir réinventé la vie de A jusqu'à Z penser que tout ce qui est possible est souhaitable. Même si ça fait environ 20 ou 30 siècles que la question est posée et que personne n'arrive à lui trouver une réponse satisfaisante.

Non, tout ce qui est possible n'est pas souhaitable. Et à un moment donné, on ne peut trancher que parce qu'on connaît le sens et parce qu'on est équipé de vertus morale, parce qu'on est équipé de savoir, de science. Et quand je dis science, ça va aussi bien pour les sciences dures que pour la connaissance du cœur humain des autres à travers les autres formes d'expression et de connaissance de la réalité que sont les arts, la musique, la sculpture, la poésie et cetera et cetera.

Alors, si le marché ne peut pas être le synchronisateur suprême, il faut que ce soit un autre qui le fasse. La délibération collective peut-elle le faire ? Oui.

Commettre-t-elle moins d'erreurs que le marché ? On peut le penser. On nen est pas sûr ?

Non. Mais du moins, peut-on rectifier ? Parce que ceux qui ont décidé par exemple de déverser des bourroues dans la Méditerranée, ils peuvent reconnaître maintenant qu'ils se sont trompés mais personne ne propose d'aller reprendre la boue qu'ils y ont mis.

Ceux qui ont détraqué le climat ne sont plus en état d'aller le réparer et cetera et cetera. Tandis que si le plan suit la méthode politique démocratique, alors nous serons en état de faire des rectifications de trajectoire à mesure que s'appliqueront les décisions qu'on a pris. Ce qui n'est pas possible avec le marché, notamment parce que le marché régule le temps court et ne connaît que lui.

Le marché ne régule pas le temps long, sauf pour une chose, prévoir si la valeur de ce que vous possédez augmenter ou si elle va diminuer. Tant et si bien que le point d'excellence du marché aujourd'hui, c'est plutôt les désastres qu'il est capable de provoquer. Et c'est ce qu'il conduit par exemple à avoir imaginé qu'il y aurait dorénavant des titres sur l'eau et des spéculations sur l'eau qui se feront au moment même où le manque d'eau qui est une catastrophe résultant de la sécheresse qui elle-même résulte du changement climatique qui lui-même résulte de l'économie dominante rend cette matière première rare alors que elle ne représente que 2 % du total de l'eau disponible sur la planète et que vous en avez un besoin vital car vous-même même si ça vous ne plaît pas de le savoir vous êtes surtout de l'eau en très grande quantité.

Le plan doit donc nous permettre de faire face à l'instabilité et à la difficulté de prévoir. Le mot anglais cumule prospective et organisation planifiée. Planning.

En français, nous avons deux mots, le plan et la prospective. On les opposerait en 20. Que veut dire un plan qui n'aurait pas de de prospective possible ?

Et à l'inverse, qu'est-ce qu'une prospective qui ne se donnerait aucun moyen de se mettre en œuvre ? Mais nous voyons bien quelle sera pour nous la difficulté. Néanmoins, nous savons quels sont les champs dans lesquels des décisions doivent être prises et doivent être prises dans les meilleurs délais.

Allons-nous dire. Le niveau de la mer monte. Les premières fois qu'on écrivait ça, on se faisait rir au nez.

Je me rappelle même d'une émission de télévision où régnait déjà une très grande intelligence supérieure à la mienne et euh on m'a dit "Ah bah vous avec votre livre l'aire du peuple, on a au moins appris un nouveau mot, c'est anthropocène" et tout le monde de rire ça faisait ça faisait je sais pas pourquoi ça les faisait rire mais bon ça les faisait rire je vois que depuis ils ont fait quelques progrès je crois je crois pas qu'ils aient compris le mot nous oui c'est devenu un mot commun pour nous tous hein parce qu'on a tous les mêmes lectures les mais notamment quand on disait l'eau monte Bon d'accord, il est marrant. Bon le monde d'accord. Bah oui et comme nous sommes arrivés non pas progressivement mais par palier à la crise à laquelle nous sommes, nous savons maintenant que c'est pas 3 ou 4 mm par décennie ou par siècle.

Déjà ça fait beaucoup 3 ou 4 mm hein. C'est carrément en mètre qu'il faut compter et on envisage jusqu'à des 2 m40 de monter de l'eau et d'autres ont des scénarios encore plus. Alors mesdames et messieurs, vous avez entendu ?

C'est vrai ou c'est pas vrai ? De40 ? Je ne sais pas, je ne suis pas scientifique mais j'ai lu, on m'a passé les notes, j'ai rencontré les gens qui m'ont expliqué monsieur Mélenchon, c'est 2 m0.

Si je me propose de gouverner mon pays dans le cadre d'un gouvernement qui changerait tout, je dois me préoccuper de savoir ce qui va se passer. On m'a dit qu'à Cuba, pardon, j'aurais pas dû citer Cuba, c'est affreux, mais il paraît qu'ils ont fait reculer les constructions d'environ, je crois, une dizaine de mètres du rivage. Parce que comme l'eau va monter, bah ils essayent, je sais c'est hein, ils sont dit si l'eau monte, hop, qui c'est qui est dessous ?

C'est nous. Bon, donc on va un peu plus loin. Et bien nous avons des kilomètres de cette nature.

Le territoire de l'hexagone a 1000 km de côte. C'est pas un sujet qu'on peut prendre désinvoltement disant "Bon, on verra bien." Non, ça veut dire qu'il y a des dizaines d'installations qui doivent changer d'endroit, des dizaines d'habitations qui doivent être transférées et cetera et cetera.

Le cycle de l'eau, ce sera mon exemple dominant pour la fin de ce que j'ai à dire. Le cycle de l'eau est intégralement perturbé. Le cycle de l'eau, ça commence, il faut bien le prendre par en bout, c'est en cycle, on va le prendre dans l'eau.

L'eau de mer, elle s'évapore. L'eau de mer s'évapore d'autant plus vite que ça réchauffe. L'eau de mer s'évapore d'autant plus vite que cette mer est plus ou moins fermée.

L'océan mondial ne se réchauffe pas à la même vitesse que la mer méditerranée ou la mer noire. La mer méditerranée met un siècle à renouveler toute l'eau qu'elle contient, mais elle met beaucoup moins de temps à s'évaporer. L'eau de la Méditerranée s'évapore plus vite qu'elle ne s'est jamais évaporée.

Par conséquent, les nuages sont plus denses et par conséquent, la flotte tombe plus de rue qu'avant. et elle tombe sur une terre plus imperméabilisée qu'avant à cause des constructions et moins absorbes à cause des pesticides. Et en toute hypothèse, personne ne peut dire quelle était la quantité que ces terrains étaient en état de supporter vu que jamais il n'a plus comme ça.

Et donc c'est vrai qu'on sait qu'il y a des zones inondables, mais c'est pas vrai qu'on sache exactement quelle quantité de flotte peut-être absorbé par cette terre. Donc à ce moment-là du cycle de l'eau avant que l'eau retourne dans les nappes fréatiques ou dans les rivières dans cette partie-là du cycle déjà bien des interrogations pour nous parce que nous ne pourrons pas le changer. Donc il va pleuvoir beaucoup beaucoup.

La question qui nous est posée c'est qu'est-ce qu'on fait quand il pleut beaucoup ? Et quand il pleut beaucoup, c'est pas seulement acheter des parapluies, c'est que les trombes d'eau arrachent les ponts, détruisent toutes les canalisations, emporte les relations, les les réseaux électriques. Et donc en toute hypothèse, nous devons nous organiser partout pour que ces installations soient en état de résister et si elles ne peuvent pas résister, que partout nous soyons en état d'intervenir pour les reconstituer.

C'est la caractéristique de l'air du peuple à l'époque du très grand nombre des êtres humains. Les êtres humains ne peuvent pas produire et reproduire leur existence matérielle s'ils n'accèdent pas au réseau du collectif. Vous ne pouvez pas vous abreuver tout seul.

Vous ne pouvez pas vous nourrir tout seul. Vous ne pouvez pas créer de l'énergie tout seul, sauf dans des quantités qui ne correspondent pas à ce à quoi vous êtes habitués et avec quoi vous fonctionnez. Par conséquent, la reconstruction des réseaux collectifs fusent autant de fois qu'ils sont détruits est une nécessité qui appelle la mise en œuvre de moyens pour ça.

Pour ma part, je suis partisan d'une conscription civique et solidaire qui oblige tout le monde à participer, garçons et filles, quand ils ont l'âge d'en avoir la force à la reconstruction autant de fois qu'il le faut. car jusqu'à présent on compte sur les retraités de DF, sur la bonne volonté des voisins pour reconstruire les réseaux. Et si vous ne les reconstruisez pas, que se passe-t-il ?

Et bien ce qu'on avait dit, la première fois on répare et on nettoie, la deuxième fois, on nettoie et on répare ce qu'on peut. Et la troisième fois, on nettoie parce qu'on peut pas faire autrement. Et pour ce qui est des réparations, débrouillez-vous.

Et vous avez comme on entend des gens maintenant témoigner dire "Ah bah on a compris c'est la troisième fois qu'on est inondé donc nous on va s'installer un groupe électrogène et on va se construire notre propre moyen de capter l'eau de pluie." Ça veut dire que chacun pourra répondre à ses besoins élémentaires en fonction de sa fortune, de ses moyens et cetera et cetera et des moyens techniques. Et vous allez expliquer à quelqu'un qui utilise un groupe électrogène qu'il faut pas qu'il utilise des énergies carbonées pour voir comment il vous répond au moment où on est en train de nettoyer sa baraque complètement rempli de bout.

Alors, c'est ça qui me conduit à vous dire que dans chaque élément qui se trouve en face de nous, j'ai pas fini le cycle de l'eau. J'ai dit donc voilà ce que là il faut faire mais de toute façon faut s'y mettre. Ils ne font rien.

Ils ne font rien ceux qui décident. Si on continue aujourd'hui à rénover la tuyauterie au rythme auquel on le fait, il y en a pour 150 ans à faire le tour. C'est trop pourquoi on dit "Ben l'eau perdure retourne dans la nat fréatique peut-être bien mais vous pompez d'autant plus si elle est perdue." Par conséquent, vous devez faire ce qu'il faut pour que l'eau ne soit pas perdue.

Et donc vous devez changer les canalisations parce que sinon pour avoir plus d'eau, vous draînez encore plus pour créer des réserves. Quant à l'eau du ciel, si vous comptez qu'elle va être celle que vous attendez, vous fourez le doigt dans l'œil jusqu'au coude. Elle est remplie de plastique.

Le plastique, on en retrouve partout dans les neiges qui sont dans les montagnes et jusque là-bas au Groenland où on a interdit aux femmes de manger des poissons parce qu'il y a plus de plastique dans le poisson que d'autres choses. En tout cas en dose trop forte pour elle. Dans la mer méditerranée, au rythme auquel on va, dans 50 ans, il y aura plus de plastique que de poisson.

Vous voyez bien que c'est en tout et que donc vous êtes en état de dire et en droit de dire ça ça ça c'est terminé les sacs plastiques fini partout on peut remplacer le plastique par le plastique sorti de qui a une origine intégralement biodégradable partout où on peut le faire doit le faire et l'intérêt général commande que cela s'impose à tous de la même manière qu'un certain nombre de lois s'imposent à tous et bien celles-là devront s'imposer à tous pour qu'on ait la garantie pour terminer le cycle de l'eau. Donc voilà l'eau partie dans les nappes fréatiques. Je tombe sur la terref, c'est drainé, ça va dans la rivière et la rivière elle va dans la mer.

Plus vous raccourcissez le cycle, plus vous aggravez les conditions de la destruction générale. Plus vous drainez, plus l'eau va vite dans dans la rivière et plus la rivière est grosse, importante, déjà c'est un problème. Et deuxièmement, va dans la mer et vous manquerez de l'eau qui jusque-là était retenue par la terre, par les plantations qui s'y trouvaient dans leur bigarure, leur variété.

Alors ici, il y avait un étan là-bas, il y avait un machin un peu plus humide. euh là euh bon des maraiss, des choses comme ça. Tout ça du point de vue de l'agriculture industrielle a été perçu comme des ennemis.

Partout où il y avait un marais, fallait la sécher. Et puis on a des réalisations extraordinaires dans ce domaine. L'élandes, c'était un marais hein avant d'être asséché par Napoléon I collé des photos télégraphiques qui sont plantées avec beaucoup d'élégance.

Quand j'ai dit ça une fois au président Mitéran, j'ai cru qu'il allait me tuer avec ses yeux et alors il m'a emmené dans un coin pour me montrer des pains. Il m'a dit "Alors, monsieur le contempteur des arbres, qu'en dites-vous ?" Je retire pour les Landais qui aiment leurs arbres.

Mais vous m'avez compris. À chaque fois, on a pensé que c'était ça la rationalité. Et je voudrais en profiter pour dire que ce le projet dont nous nous réclamons n'est pas un projet antirationnel ou un projet de contre le progrès technique.

C'est le contraire, c'est que c'est un projet rationnel. C'est un projet qui appelle la technique pour régler les problèmes du progrès humain et pas pour les rendre encore plus aigues ou les aggraver. L'interrogation des usages comme je viens de le faire est une question essentielle.

Demain, je m'en vais participer à une manifestation contre les bassines dans les deux sèves. Les bassines, c'est des retenus d'eau. Les gens ont imaginé ça dans le coin, hein.

Enfin, certains. Et c'est retenu d'eau. Et ben, regardez, regardez, hein.

La retenue d'eau, c'est pour quand c'est sec. D'accord ? Donc, quand c'est sec, touchouf, on met l'eau.

Pourquoi faire s'il vous plaît du maïs ? Bien. 1 pour faire la bassine, on draîne partout et on accélère le cycle de l'eau.

De l'eau s'évapore dans des qui dans des conditions telles que c'est un gâchi pur et simple. Et puis trois, interrogeons maintenant l'usage. On ne doit pas faire de la politique en caressant dans le sens du poil et en disant oui à tout le monde et à n'importe quoi.

Est-ce que nous avons besoin de maïs au point de détruire la deuxième réserve d'eau de cette nature qu'il y a dans ce pays qui est le marais ? Est-ce qu'on en a besoin à ce point-là ? Et ben non, la réponse est non.

Pourquoi ? Parce que nous sommes ultra excédentaires en production de maïs et que cette production de maïs n'est pas destinée à la souveraineté alimentaire de notre pays. N'est pas destinée à la souveraineté alimentaire à partir de des élevages qu'on fait à supposer que ce soit une bonne idée d'en faire de telles.

Par conséquent, il faut dire franchement et honnêtement, ce maïs là ne nous sert à rien à part dégrader la situation. Et il faut le dire. Alors si on me pose la question, je le dirai.

On m'a demandé dans le journal, je l'ai dit. Je suppose qu'elle doit faire environ 100 personnes qui plus jamais de leur vie auront l'idée de mettre un bulletin de vote avec le nom d'un insoumis dessus. Mais c'est pas ça le sujet.

Je le redis à beaucoup là. Tiens, j'en profite, c'est une petite parenthèse purement politique. Bien sûr, c'est important de gagner des élections, mais c'est surtout de faire gagner des idées.

D'accord ? Sinon ça sert à rien. Et après vous êtes prisonnier de vos mensonges, de vos compromis pourris, de vos arrangements avec la réalité.

Plus nous serons précis, plus nous serons exigeants, plus nous serons compris et au moment de mettre en œuvre, alors on sera compris et accompagné. Ça ne sera pas le seul rôle du peuple. Bref, je viens de donner l'exemple du cycle de l'eau et ceci nous permet de comprendre comment on peut gérer la planification.

Ça ne peut pas être une planification d'en haut, nous le savons tous. Pourquoi bientôt sans arrêt de nous demander des garanties ? Est-ce qu'on pense qu'on est stupide et que nous regrettons le bon temps où l'on pouvait avec euh sa plume sergent major écrire sur un livre les quantités prévisibles de patates, de coton et autres qui rentraient dans un dans la planification à la soviétique.

La planification à la soviétique, il faisait ce qu'il pouvait à la période qui était la leure. Nous sommes dans toute autre condition. Et puis nous avons appris le marché quand il ne fonctionne pas, il passe des heures, ils donnent des prix Nobels à toutes sortes de gens euh qui font des réflex très savante sur le marché qui montrent d'ailleurs que ça marche beaucoup mieux maintenant le marché que ça marchait avant depuis qu'ils ont donné tous ces prix Nobels à des gens qui expliquaient pourquoi il fallait que le marché.

Nous nous devons réfléchir maintenant sérieusement aux conditions de la planification en tenant compte de l'expérience du passé. toutes les expériences, pas seulement l'Union soviétique, les expériences de planification qui ont lieu tous les jours dans chaque grande multinationale parce qu'ils passent leur temps à organiser la production dans tel pays de ceci, dans tel pays tel autre, de rassembler ces choses-là. Ce qui est nouveau, c'est pas l'idée de planification, elle est banale.

Ce qui est nouveau, c'est l'idée que la planification coordonne dans le sens de l'intérêt général humain. Donc, c'est l'introduction de la politique dans la planification. qui change sa signification, c'est tout.

Et ben ça, on peut le faire sur l'eau. Par exemple, vous voyez bien que si on ne coordonne pas, ça ne sert à rien de planifier. Qu'est-ce qu'on ferait ?

Et qui va planifier ? Évidemment, d'abord et pour commencer les syndicats de bassin versant qui existent dans tout le pays. Notre pays a aussi la traduction d'une culture de la planification de 198 de 1946 à 1992.

Nous planifions. Alors, c'était de moins en moins directif, mais il y avait des outils, des organes. Tout a été dispersé avant-nous et on ne pourra pas le faire en un claquement de doigts.

Les chercheurs, les chercheuses, les hommes, les femmes qui savent réorganiser tout ça au niveau central et au niveau local parce qu'il faudra donner aussi des méthodes de travail à ceux qui au niveau local vont exprimer les besoins et les objectifs de la planification. C'est pourquoi dans notre esprit, il y a plusieurs instances qui participent directement au process de planification. La représentation nationale porteuse de l'intérêt général de la nation dans son ensemble, s'exprimant à travers tel ou tel organe qui peut être le comité de planification sous le contrôle parlementaire.

L'État qui met en œuvre ses agents pour appliquer les objectifs du plan. Ça c'est pour le niveau central. Et puis après, il y a le niveau du comptegoutte, du goutte à goutte.

C'est la commune, structure de base de la démocratie dans notre histoire. La structure de base dans la de la démocratie dans notre histoire, ça n'a jamais été la métropole, la Glo et je ne sais quel autre fadè qui ont été inventé pour concentrer toujours plus les moyens à mettre en œuvre, concentrer toujours plus les populations et les réseaux dominants. C'est la commune, les 36000 communes de ce pays qui sont parfaitement capables de se coordonner.

Je ne vous dis pas qu'elle le fassent spontanément, volontairement. C'est pas vrai, mais c'est la commune. Et puis il y a une autre instance qui s'appelle les parties prenantes aux forces productives, c'est-à-dire les syndicats de travailleurs, parce que c'est eux qui sont la première force productive, les gens qui bossent et aussi les syndicats patronaux parce que dans la circonstance dans laquelle nous sommes, la propriété est ainsi organisée.

Et c'est donc ces mécanismes de rencontre, de dialogue, d'olade entre ces différents niveaux de la prise de décision qui font la planification. Je l'ai dit, la planification, ça n'est pas la domination de l'État sur la production. Ça n'est pas l'extension du rôle de l'État sur les relations sociales qui font vivre le pays.

C'est l'extension du champ de la démocratie. Parce que quand vous vous étendez à décider ce qu'on va faire pour demain, vous étendez la démocratie et vous redevenez maître du temps, là où les autres vous l'avez confisqué au profit du temps court. Le capitalisme financiarisé ne peut pas fonctionner tel qu'il est aujourd'hui.

Tel qu'ont été ces accumulations de capitaux fictifs ne peut pas fonctionner dans le temps long. Et c'est la raison pour laquelle tout à l'heure j'étais d'accord avec Aurélie Trouvé quand elle disait "Notre critique porte évidemment sur la forme actuelle du capitalisme." Cela va de soi.

Nous savons tous qu'il faudra faire un compromis évidemment mais ce que nous savons, c'est que c'est la structure même du capitalisme qui est interrogée par notre époque. D'abord parce que le contenu du capitalisme c'est l'accumulation. Quelle que soit sa forme, qu'il soit financiarisé, qu'il ne le soit pas, c'est l'accumulation.

Et l'accumulation par définition, c'est le premier moteur du productivisme. Deuxièmement, parce que le capitalisme a besoin de taux de rendement qui sont à deux chiffres et que pour obtenir ces taux, il ne peut pas les investir dans du capital mort, c'est-à-dire des machines, des structures renouvelées. Et il n'investi jamais là-dedans.

Il investira dans ce qui peut se placer à court terme pour ramasser le plus vite possible. C'est sa logique. C'était sa force.

On avait dit à un moment donné, c'est une grande force qui sait pas où elle va. Bon bah c'est précisément c'est le problème, c'est que c'est pas où elle va. C'est pas que ce soit une force, sinon et bien nous serions peut-être tous rallés si c'était une force créative.

Ettant et si bien que les instruments principaux du capitalisme de notre époque et du capitalisme financiarisé que sont le machinisme et l'argent, le machinisme, les investissements, l'argent, le capital qui permet de tourner de forces productives qui se trouvaient être au début du capitalisme pour le propulser en avant se transforme en force destructrices, c'est-à-dire détruisent et les individus et la nature. Cette mutation, nous l'avons sous les yeux de bien des manières et elle ne concerne pas seulement le capitalisme. Elle elle concerne aussi un certain nombre d'idées que nous-mêmes nous avons pu avoir sur ce qui était le sens du progrès, que nous avons trop longtemps confondu avec le progrès technique ou dont nous avons pensé qu'il surgirait le bonheur humain mécaniquement d'une accumulation de moyens qu'il rendrait possible.

Mais au fond, c'est ce que j'ai lu dans un des textes, c'est le mécanisme central de l'économie qui a été faussé au début. L'économie, c'est le résultat de la coopération des êtres humains pour produire ce dont ils ont besoin. Mais ce système-là, le système capitaliste, a besoin sans cesse que le marché s'étende.

Et c'est la raison pour laquelle il crée des besoins nouveaux. C'est donc une course sans fin. Alors évidemment, c'est le prof de la nature humaine qu'une fois qu'un besoin est satisfait, on s'en invente un autre.

Mais c'est une chose de contenir les besoins dans les passions humaines que de l'inscrire dans les objets qui sont censés les réaliser ou l'incarner. À partir du moment où vous achetez un yaourt, non pas parce que vous aimez le yaourt, mais parce qu'il est écrit dessus qu'il va vous procurer de la minceur, il y a un transfert qui se fait qui va rendre d'une manière générale toute l'existence et tous les moyens dans lesquels vous évoluez comme des fins en soi. C'est l'idée que l'économie et la production soit une fin en soi qui est la critique la plus essentielle que va porter l'humanisme sur le capitalisme de notre époque.

Cependant et pour conclure, quand je parle comme je suis en train de le faire, je ne me détache pas de ce qui est le contenu même de l'humanisme politique. En ce moment, j'entends souvent citer l'humanisme. Ça m'énerve un peu parce que d'abord il y en a qui confondent l'humanisme humanitaire, ce qui est quand même un peu désolant, hein.

Non, ça n'est pas la même chose. Le l'humanisme est un courant politique qui est né dans une lutte à mort contre les dogmes de leur époque, hein, au 15e siècle en Italie, nous un peu quelques années après chez nous en France, qui démarre par la lumière, c'est-à-dire l'idée que les êtres humains sont créateurs d'eux-mêmes. Et j'en profite pour dire que il ne faut jamais perdre de vue que par exemple en France la Renaissance elle a lieu bien après qu'on ait eu un premier texte qui le premier va dire il n'y a pas d'ordre naturel il n'y a pas d'ordre divin qui soit naturel ce premier texte de quoi parle-t-il de l'égalité des hommes et des femmes.

C'est de Christine de Pisan c'est 14 et des choses. C'est-à-dire que elle nous a mis au pied du mur que devant une différence qui quand même éclate aux yeux entre les hommes et les femmes. Néanmoins, nous sommes des êtres humains et nous sommes des êtres semblables et c'est la raison pour laquelle nous sommes appelés à avoir les mêmes droits.

L'égalité est le point de départ de la liberté. C'est la revendication d'égalité qui va allumer en nous le feu sacré de l'aspiration à la liberté. Et la première des libertés, celle que personne ne peut jamais vaincre, quoi qu'il fasse fus en vous réduisant au bouilli, c'est la liberté de conscience, c'est-à-dire l'aptitude personnelle à décider pour soi-même.

Et c'est pourquoi sans cesse, ces terrains vont aller s tendant qui vont nous rendre maître de nous-même à nos risques et périls. Car il est dur d'être responsable de soi-même. Il est souvent plus facile de se référer à des lois qui viennent de l'extérieur qu'à celle qui vient de votre conscience.

Et disons-le, nous avons besoin de ces voix qui viennent de l'extérieur toutes confondu. Les voix qui nous viennent de la pensée athée comme de celles qui nous viennent de la pensée religieuse. Tout ce qui va en nous allumer et permettre la continuité spirituelle de l'être humain qui instinctivement sent qu'il est attaché par un lien qu'il n'arrive pas à décrire à la plus petite et infime poussière qui se trouve présente dans l'univers.

C'est pourquoi pour ma part je ne parle pas de révolution écologique ou seulement par confort de parole. Mes amis, la nature n'en a rien à fiche de vous. Vous pouvez tous mourir, vous et toute la biodiversité.

Ça n'empêchera pas la nature de continuer. Et les planètes rouleront dans l'univers infini comme elles roulent déjà, contenant peut-être d'autres vies. Tiens, c'est dans Engle ça.

La dialectique de la nature. Il dit "Ah bah si la vie est détruite un endroit sera sans doute recréé ailleurs." Faut le faire quand même.

Ça c'est hein c'est c'est magique. Et bien oui, elle serait sans doute recréée car elle doit correspondre à une nécessité. ne sait pas laquelle, mais sans doute a une nécessité comme tout phénomène naturel.

Dans ces conditions, la révolution que nous faisons, bien sûr qu'elle parle de notre milieu ambiant, bien sûr qu'elle parle des oiseaux, bien sûr qu'elle considère que les abeilles, c'est important, bien sûr qu'elle considère que les verres de terre sont essentiels. Mais c'est d'abord une révolution citoyenne, c'est-à-dire dont l'objet est la restitution du pouvoir aux citoyens qui par l'exercice de leur libre conscience décident ce qui leur paraît bon en se rendant maître du temps à l'intérieur duquel leurs décisions vont s'appliquer. Voilà, ce sont des formules peut-être un peu abstraites mais à cette étape, nous ouvrons une discussion qui devra aller de plus en plus vite.

Hélas pour nous, mais il faut le faire. Pour ma part, je pense qu'il existe un trou de souris pour nous en 2022 et que par conséquent, nous n'avons aucune excuse à perdre une seule minute à faire autre chose que de prévoir ce qu'on fera. Et c'est la raison pour laquelle nous devons nous avancer extrêmement fortement sur ce que va être la planification.

être capable peut-être d'ors et déjà de repérer quels vont être ces principaux objets les plus urgents, les plus évidents. Si vous voulez changer complètement le mode de construction dans ce pays, il faut que vous soyez prêt à temps à faire du bois, la terre, la paille dans des conditions utilisables pour la construction et notamment du bois. Par conséquent, c'est toute la filière bois qu'il faut construire.

Cesser d'en parler mais la faire. Si vous voulez qu'on dispose de la quantité d'eau potable dont on a besoin, il va falloir se mettre au travail pour imaginer quels sont les segments. Nous avons besoin de milliers de milliers de dizaines de milliers de personnes qui aillent au travail pour faire tout ce travail.

Aujourd'hui, ces besoins ne sont pas solvables. Ça veut pas dire qu'ils existent pas. Donc s'ils existent, nous les rendrons solvables.

On a parlé du crédit tout à l'heure. Qu'est-ce que le crédit ? C'est juste de l'argent qui correspond à un bien qui n'existe pas.

Vous faites crédit, à ce moment-là, on se met à construire ou à faire et puis quand on a fait, il y a une valeur et à ce moment-là, la valeur représente le crédit que vous avez accordé. C'est donc cette magie qui consiste à partir du ça n'existe pas, mais je fais comme si ça existait qu'on appelle le crédit. Pourquoi le crédit resterait-il seulement dans les mains des banques privées ?

Pour quelle raison sont-elles mieux placées pour évaluer les risques concours ? Des fois oui, des fois non. Mais alors, pourquoi la Banque française d'investissement n'en serait-elle pas elle-même capable ?

Pourquoi la Caisse des dépôts et consignations n'aurait pas d'objectif d'intérêt général, mais seulement des objectifs circonscrits à la production de valeur ? Ah je sais, on m'a dit ils ont aussi en charge le logement. Alors ça marche le logement dans ce pays ?

Ça m'ébloui comme ça marche. Il y a quelque chose qui tourne par rond là-dedans. Il y a 400 milliards dans la caisse.

Qu'on viennent pas me dire que ce pays manque d'argent. C'est pas vrai. La preuve, vous avez vu comment on en distribue à ceux qu'il méritent le moins.

Mais combien d'autres ressources sont là ? Je viens d'évoquer 400 milliards. Regardez, peut-être qu'ici il y a des gens qui ont une assurance vie, c'est pas mon cas, mais si vous en avez une, vous avez un avantage fiscal.

Or 1 € qui sort d'une caisse d'assurance vie, pour chaque euro qui sort d'une caisse d'assurance vie pour être investi en France, en euro est investi à l'étranger. Si nous gouvernons, nous supprimerons l'avantage pour l'euro à l'étranger. Qu'est-ce que ça va produire ?

Bah que ceux qui investissent à l'étranger vont investir en France. Combien ça fait ? Il y a 1500 milliards d'euros là-dedans.

Ça veut dire 750 milliards d'euros. Je dis pas en 24 heures, je suis pas fou. Il faut que les contrats se règle, s'épuise, mais la direction sera prise et on vérifiera en cours de route qu'on est bien sur le bon chemin.

Et qui va savoir le faire mieux que personne ? Précisément les travailleurs du secteur financier, précisément ceux qui travaillent dans les banques, précisément les ingénieurs qui s'y trouvent. Eux vont nous aider à faire cet énorme transfert.

C'est la raison pour laquelle je suis content qu'il y ait des banquiers insoumis. Enfin, je veux dire des gens qui travaillent à la banque et qui sont insoumis. Il y en a même d'autres, figurez-vous.

Je finis là-dessus. Qu'est-ce qui est notre force en ce moment ? Qu'est-ce qui va nous aider ? c'est que nous ne sommes plus seulement une force idéologique.

Nous ne sommes pas seulement ceux qui viennent dire avec nous, il y aura moins de crise du capitalisme, avec nous, il y aura moins de misère. Parce que les gens disaient oui, enfin tant qu'ils étaient concernés puis après, il disent "Écoutez, il faut qu'il faut de tout pour faire un monde." Notre force, c'est que la prise de conscience gagne que nous allons à une catastrophe collective et que donc les gens veulent s'organiser pour y faire face, regarder ce qui s'est passé. dans la vallée de la Roya comme c'est parlant qu'on fait les gens.

Se sont-ils jetés sur les maisons vides pour les piller ? Se sont-ils agressés dès qu'il y avait quelqu'un en faiblesse ? L'inverse, tout le monde a été précipité pour aller donner le coup de main, pour aider, pour pter, nettoyer, réorganiser.

L'entraide est des ressorts les plus essentiels de l'anthropologie humaine. Même le capitalisme et l'abominable néolibéralisme n'a pas réussi à pourrir le cœur des êtres humains au point qu'il n'ait plus de sentiment d'entraide pour les gens qui les entourent. C'est une grande victoire de ce qu'on peut considérer comme le résultat de la civilisation humaine, que le sentiment du collectif est plus fort que le sentiment de l'égoïsme.

Alors, il y a des moments bien sûr où cet égoïsme est salvateur, mais les tr/4 du temps 9 fois sur 10, c'est pas vrai, c'est l'entraide. Mais ça tout le monde peut le comprendre mieux aujourd'hui. Et j'espère Je sais qu'il m'écoute donc euh ils font attention parce que s'il me considérait pas comme un danger, s'acharnerait pas comme ça sur moi.

Je leur annonce quelques mauvaises nouvelles. Si nous gouvernons, nous nationaliserons tout ce qui concerne l'eau et nous en redonnerons le pouvoir à toutes les structures de base que sont les communes. [applaudissements] Si nous gouvernons, le capital sera mis au service des objectifs du plan.

Si nous gouvernons, il y a un certain nombre de gens qui se sont appropriés des biens qui devront rendre compte des conditions dans lesquelles ils l'ont fait. Je pense par exemple qu'il ne faudrait pas que d'aucun se figure que l'épisode Alstom ou l'épisode Véolia Suè sera clos du moment que les bonnes affaires auront été faites. Déjà les travailleurs nous ont permis que l'affaire soit close. [applaudissements] Mais nous poserons la question de savoir comment ces biens ont été acquis.

Et regardez ça, ça va être le mot de la fin. Regardez la sanction morale que cette situation inflige à ce soit disant système si performant pour allouer la ressource là où elle est nécessaire grâce à la main invisible du marché. Nous sommes tous dans la crise de l'eau, tout le monde le sait.

Et de quoi on parle en France ? de savoir si Veolia va pouvoir acheter Suèse, c'est-à-dire d'une transaction financière sans aucune préoccupation d'intérêt général, ni aucune préoccupation pour le contenu de ce dont il est en cause. Et bien ça c'est le symptôme de leur déchéance morale, de leur échec civilisationnel.

Voilà le maximum de ce qu'ils sont capables de faire. Voilà le maximum. Nous alors bon évidemment on parle fort, on parle avec les mains, j'ai des gros yeux, mais au moins moi, je sais ce que je veux et vous aussi.

Merci. [applaudissements]