L’identité française est-elle un mirage ? - Daniel Cohn-Bendit - C à Vous - 12/01/2023
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:10OuverteRéponse partielle
Donc ils ne donnent pas l'exemple, c'est ça la responsabilité politique ?
- 0:34OuverteRéponse directe
Ou dit autrement, on a les politiques qu'on mérite, c'est ça ?
- 1:17OuverteRéponse directe
Mais alors c'est quoi la solution, Daniel Gunn-Bendit ? C'est l'école aussi ?
- 1:29ComplaisanteRéponse directe
Parce qu'il y a la régulation des plateformes, des réseaux sociaux, on en parle régulièrement.
- 1:49OuverteRéponse directe
Vous aussi, en quelque sorte, vous rétablissez quelques vérités et vous luttez contre des fake news.
- 1:59OuverteRéponse directe
La fake news contre laquelle vous vous dressez, c'est que les Français sont un peuple de Gaulois.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23Invité politiqueFait
« ceux qui niaient que Covid existait ou pas »
- 1:11Invité politiqueChiffre
« Le créationnisme aux Etats-Unis, c'est majoritaire. »
- 1:22Invité politiqueFait
« Il est l'enfant de cette pensée. »
- 3:14Invité politiqueFait
« Il ne faut plus, je dis, elle ne veut rien dire. »
- 3:38Invité politiqueFait
« Il n'y a pas une identité française. »
- 3:47Invité politiqueFait
« Et que l'identité française de 1930, ce n'est pas la même qu'aujourd'hui. »
- 4:18Invité politiqueFait
« Et qui fait des dégâts, parce que vous excluez ou vous dites... »
- 5:40Invité politiqueFait
« Petites histoires qu'on raconte de ces gens qui ont construit la France. »
- 6:46Invité politiqueFait
« La dégradation climatique, les crises, la guerre et tout ça font qu'on est avec raison anxieux. »
- 7:00Invité politiqueFait
« Mais le massacre des Italiens à Aigues-Mortes, c'était des Italiens, c'était des bons catholiques. »
- 7:23Invité politiqueFait
« Il y a autant de cons chez les émigrés que chez les bio-français ou les bio-allemands. »
Temps de parole
- Daniel Cohn-Bendit68 %
- Invité23 %
- Invité 25 %
- Présentateur3 %
≈ 14,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Je pensais que vu toutes les bêtises que disent les politiques, je comprends que les jeunes peuvent dire aussi des bêtises. Je veux dire, vous voyez, l'occultisme en politique est majoritaire en ce moment.
Donc ils ne donnent pas l'exemple, c'est ça la responsabilité politique ?
Non, je veux dire, quand on voit la qualité des débats politiques sur les grands sujets, et Patrick a parlé tout à l'heure des débats qu'il y avait eu, Covid et tout ça, et ceux qui niaient que Covid existait ou pas, je dis, voilà, il y a une logique. On a une descente en enfer de la pensée dans nos sociétés.
Ou dit autrement, on a les politiques qu'on mérite, c'est ça ?
Ou les politiques ont le peuple qu'ils méritent.
Mais résultat, ça veut dire qu'aussi, c'est une société qui se profile, qui va être de plus en plus difficile à gouverner, et par la faute des politiques, et par la faute aussi de l'avènement de cette contestation, de la parole scientifique, et des vérités établies.
Ah mais absolument !
Oui, on a vu l'exemple là, au Brésil.
On voit l'exemple, on l'a vu aux Etats-Unis. Ben bien sûr ! On a vu Trump, je veux dire, tout ce que dit Patrick, vous faites la même enquête aux Etats-Unis, c'est déjà un peu plus. Ah oui ! Le créationnisme aux Etats-Unis, c'est majoritaire. C'est majoritaire, voilà, exactement.
Oui, et vous pensez que Donald Trump n'a fait qu'accélérer cette pensée-là et la diffusion de cette pensée-là ?
Il est l'enfant de cette pensée.
Oui, qu'il a lui-même nourrie. Mais alors c'est quoi la solution, Daniel Gunn-Bendit ? C'est l'école aussi ? Parce qu'il y a la régulation des plateformes, des réseaux sociaux, on en parle régulièrement.
Là, là, là, vous savez, alors il faut être optimiste. La vie, c'est des hauts et des bas. Là, on est au bas. On est au bas, donc le haut va venir. Le haut va venir parce que ça ne peut pas continuer comme ça.
Mais bientôt, rassurez-nous, Dany.
Demain.
Vous aussi, en quelque sorte, vous rétablissez quelques vérités et vous luttez contre des fake news. La fake news contre laquelle vous vous dressez, c'est que les Français sont un peuple de Gaulois. C'est un peu le principe de ce... Enfin, c'est le point de départ, le postulat de départ de ce livre coécrit avec le journaliste Patrick Lemoyne, qui est grand reporter, je crois, à l'équipe.
Qui était.
Qui était grand reporter à l'équipe.
Et rédacteur en chef.
Et rédacteur en chef. Et pourtant, on continue à entendre, dans la bouche des politiques, que nous sommes un peuple de Gaulois. À le moment où vous devenez français, vos ancêtres, ce sont les Gaulois. Et c'est Vercingétérix. Mon père est hongrois. On ne m'a pas appris l'histoire de la Hongrie. Mon grand-père maternel est grec. On ne m'a pas appris l'histoire de la Grèce. Au moment où je suis français, j'aime la France. J'apprends l'histoire de France. Je parle le français. Et mes ancêtres sont les ancêtres de la France. C'est ça l'assimilation.
Le peuple luthérien qui a vécu les transformations des dernières décennies n'est pas exactement le Gaulois réfractaire au changement, mais encore que. Nous avons tous quelque chose en commun, cette part d'Européens qui nous unit.
Ah oui, voilà. Il y a Européens. Ça commence avec le Gaulois réfractaire, ça se termine sur l'Européens. Mais cette référence aux Gaulois, il ne faut plus l'utiliser ?
Il ne faut plus, je dis, elle ne veut rien dire. Enfin, Sarkozy, c'est ridicule. Alors, tous les matins, il dit à Carla, Carla, tes ancêtres, ils sont des Gaulois. Elle dit, ah non, non, niente, niente. Mes ancêtres, pas Gaulois du tout. Moi, j'aime les spaghettis. Je n'ai pas mangé de la viande rouge comme les Gaulois.
Donc, l'identité française est un mirage total ?
Non, c'est une évolution. On commence à la citation de Renan, la fameuse citation. C'est une évolution. Il n'y a pas une identité française. Il y a une histoire en France qui a transformé les identités de ceux qui vivent en France. Et que l'identité française de 1930, ce n'est pas la même qu'aujourd'hui. Et que cette référence au passé à Versailles et Torix, à Laurier de Villiers, disait, ah non, non, moi, mon identité, c'est les Francs. Ah oui, oui. Ce n'est pas Versailles et Torix, parce qu'une certaine partie de la France ne s'identifiait pas du tout aux Gaulois. Mais tout ça, c'est une construction inutile.
Inutile et qui peut faire des dégâts.
Et qui fait des dégâts, parce que vous excluez ou vous dites... Vous savez, quand... Écoutez, moi, je vais vous dire une chose très simple. Bon, il y a les mêmes histoires en Allemagne. Moi, on a deux fils. L'un a épousé une Allemande d'origine marocaine. L'autre a épousé une Allemande d'origine érythréenne. Bon, vous voyez les enfants et vous leur dites, mais leur origine, évidemment, ce n'est pas la même origine que les bio-allemands ou les bio-français. Ce n'est pas la même, ils ont une autre origine. Mais ils font partie de cette société qu'on appelle l'Allemagne aujourd'hui, où les enfants, les mélanges, font partie de la société française.
Et on a voulu montrer dans ce livre, mais regardez un peu, Lino Ventura, vous lui dites, tes ancêtres, les Gaulois, il dit, non seulement non, il dit, écoutez, moi, Lino Ventura, il est toujours italien. Il dit qu'il était parmesan. Voilà, exactement. Il ne voulait, il ne l'a jamais choisi. Et tout le monde dirait, mais Lino Ventura, il est français. Ben oui, oui. Apollinaire. Ah, c'est un grand français. Tiens, il était polonais. Et je peux vous donner des tas d'hommes.
Ben oui, la liste élanque, vous l'a donnée. Marie Curie, Pablo Picasso, Josephine Becker.
450, non.
Jacques Brel, Romy Schneider, Béade Kersfeld, Henri Krasuki, Karl Lagerfeld. Combien ? 450. 450, non.
Petites histoires qu'on raconte de ces gens qui ont construit la France. Et puis vous avez aussi Gassama Mamadou. Gassama Mamadou. Ce héros. Ce héros français. Qui a sauvé un enfant. Qui a sauvé un enfant.
Qui risquait de tomber d'un balcon.
Ou Lassana Abatilide, celui qui a l'hypercachère. Un Malien, aussi musulman. Bon, donc arrêtons avec ces histoires. Et constatons cette beauté de cette France. Qui a réussi à intégrer. Que ces gens se sentent bien. Et on fait la France.
La France, du coup, qui est un pays à force de se forger. Enfin, à coup de nos ancêtres, les Gaulois. A fini par avoir peur de l'autre. C'est ça le principal risque.
Ah ben, on est dans une société anxieuse. Et la peur suscite le rejet de l'autre. C'est ça tout le problème de la France d'aujourd'hui. De l'Allemagne d'aujourd'hui. Des Etats-Unis d'aujourd'hui. La dégradation climatique, les crises, la guerre et tout ça font qu'on est avec raison anxieux. Et que si on n'arrive pas à civiliser notre peur, eh bien, on devient raciste, antisémiste. On rejette. Et ce n'est pas nouveau. Et qu'on ne me raconte pas que c'est les musulmans. Parce que moi, je vais vous dire, oui, c'est vrai. Il y a des musulmans. Mais le massacre des Italiens à Aigues-Mortes, c'était des Italiens, c'était des bons catholiques. Qui ont été quand même massacrés.
Donc, il faut arrêter avec ces histoires. Et il faut aussi arrêter de croire que les émigrés ou les réfugiés, ce sont des êtres merveilleux. Il y a autant de cons chez les émigrés que chez les bio-français ou les bio-allemands. Ce ne sont pas des êtres. Ce sont des gens qui ont été à un certain moment persécutés. Les juifs ont été persécutés. Ça ne veut pas dire que tous les juifs sont des hommes bons. Ça se saurait. Ce n'est pas le cas.
Dans les 450 célébrités, enfin, personnalités que vous coutez, il y a Zinedine Zidane. Et ça commence en disant, ah, Zizou, Zinedine Zidane, qui a fait les frais du dernier dérapage en date du président de la Fédération Française de Football, Noël Legrette, un bon français, en retraite son poste depuis hier, parce qu'il lui a manqué de respect. Ça a tourné au scandale national. Ça vous rassure un peu, non ?
Oui, mais ça, il y a toujours eu. Évidemment, qui peut dire du mal de Zinedine Zidane, de Zizou, de Mbappé, tout ça ? Ça, c'est leurs ancêtres, les Gaulois. Mbappé, tous les matins, il dit mes ancêtres, les Gaulois. Enfin, Sarko, il est complètement ridicule là-dessus. Si vous prenez l'équipe de France de foot, il y en a combien qui disent, elle est nos ancêtres, les Gaulois ? Quoi ? Loris, un ? Deschamps, deux ? Allez, sur un ?
Griezmann, j'en sais rien.
Non, Griezmann, il n'est pas cachère. Il n'est pas tout à fait cachère. Non, non, non, non, non, non, non, non. Non, non, non, non, non, non, non.
Daniel Cohn-Bendit