POLICE, LAÏCITÉ : MACRON, CE POMPIER PYROMANE
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« Ce projet de loi n’est pas un texte contre les religions. »
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« Il y a des violences policières si ça vous fait plaisir que je le dise. »
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« On a un Emmanuel Macron qui est caméléon. »
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« Ce texte comporte une cinquantaine d’articles. »
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« Je n’ai rien vu sur les universités, rien vu dans le domaine de la santé, rien vu dans les prisons qui sont des foyers de radicalisation de séparatisme. »
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« Il faut abroger le concordat d'Alsace Moselle, et le statut Charles X en Guyane. »
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« Le président de la République le premier ne doit plus accepter de porter un titre religieux comme chanoine c’est à dire curé d’honneur du diocèse du pape. »
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« Nous n'acceptons ni la stigmatisation des musulmans, ni la logique concordataire du texte, ni les mesures liberticides qu'il contient. »
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« Un article de loi spécifique pour les policiers devenait indispensable. »
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« La première fois ça a donné la démission, enfin la démission, en tout cas le départ de monsieur Castaner. »
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« Le pouvoir est dans la main de la police. »
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« On a une opération de dépeçage, de démantèlement, d’émiettement de l’opérateur historique. »
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Ce projet de loi n’est pas un texte contre les religions. On ne laissera pas passer cette loi comme ça. Le mot République il a côté sacré sur notre territoire.
Je n’ai rien vu sur les universités, rien vu dans le domaine de la santé. Je peux vous dire il y a des violences policières si ça vous fait plaisir que je le dise. On a un Emmanuel Macron qui est caméléon.
La situation est électrique. On a eu le Grand débat, on a eu le Ségur. C’est le grand palabre.
Comme ils ont largement laissé les clés de Beauvau à des syndicats de factieux, ils se retrouvent manifestement avec une montée de ces syndicats contre ces mesures. La loi qui prétend conforter les principes républicains, le Beauvau de la police et le démantèlement d'EDF, on en parle tout de suite dans le numéro 98 du P’tit coup de bourbon. C’est le projet de loi qui doit éradiquer l’islamisme.
Annoncé le 18 février par le président Macron à Mulhouse, maintes fois remanié dans sa forme et son titre, il s’appelle désormais projet de loi “confortant le respect des principes républicains”, ce texte comporte une cinquantaine d’articles. Pêle-mêle, on y trouve l’instauration de deux nouveaux délits, la pression séparatiste et l’incitation à la haine en ligne, une charte, encore, qui sera imposée aux associations si elles veulent bénéficier de subventions, l’obligation pour les agents des transports ou de la Sécurité sociale de se soumettre au principe de neutralité des fonctionnaires, l’interdiction des certificats de virginité sans oublier la lutte contre les mariages forcés. Voici comment Jean Castex résume l’esprit du projet.
Ce projet de loi n’est pas un texte contre les religions ni contre la religion musulmane en particulier. C’est à l’inverse une loi de liberté, c’est une loi de protection, c’est une loi d’émancipation face au fondamentalisme religieux, et plus généralement face à toute idéologie ou dérive qui poursuivrait les mêmes finalités. Une loi d’émancipation… On peut rêver.
En réalité, il s’agit moins de lutter contre l’islamisme que d’installer une nouvelle ligne de partage au sein de la classe politique. D’un côté les authentiques républicains autour de Macron, de l’autre les vilains islamo gauchistes. Écoutez le député Bruno Bonnell dévoiler le pot aux roses.
Je crois que c’est important de le rappeler que ce texte dépasse largement les combats de couloirs de l’Assemblée nationale. A un moment donné il va falloir effectivement savoir si on veut tisser ensemble, faire France par rapport à toute cette agression qu’on a en permanence sur le modèle Français. A un moment donné qu’on soit de droite, de gauche, d’en haut ou d’en bas, le mot République il a un côté sacré sur notre territoire et ce texte là a volonté de le réaffirmer.
Mais voilà, à ce petit jeu, on trouve toujours plus régalien que soi. Le député des Bouches-du-Rhône, Éric Diard, est rapporteur de la mission d’information sur les services publics face à la radicalisation. Il estime que le projet de loi ne va pas assez loin.
Je n’ai rien vu sur les universités, rien vu dans le domaine de la santé, rien vu dans les prisons qui sont des foyers de radicalisation de séparatisme. On lutte contre, en partie contre les séparatismes, mais on ne lutte pas contre le séparatisme et la radicalisation dans l’ensemble des services publics. Du côté de la France insoumise, on est bien décidé à ne pas se laisser enfermer dans la caricature de l’islamogauchisme.
Pour ce faire, Jean-Luc Mélenchon a décidé de porter le combat sur le terrain de la laïcité revendiquée par le gouvernement. Puisque ce gouvernement prétend étendre les principes républicains, nous le confronterons à son hypocrisie. Par exemple, s’il veut étendre les principes de la laïcité de l’État, eh ben c’est partout donc ça veut dire qu’il faut abroger le concordat d’Alsace Moselle, et le statut Charles X en Guyane.
S’il s’agit d’étendre la laïcité dans tous les domaines alors le président de la République le premier ne doit plus accepter de porter un titre religieux comme chanoine c’est à dire curé d’honneur du diocèse du pape, ni accepter être co prince d’Andorre avec l'évêque d’Urgell. Je vous fais grâce de toute la liste, on ne laissera pas passer cette loi comme ça, ce n’est pas une petite bataille pour nous. Nous n’acceptons ni la stigmatisation des musulmans, ni la logique concordataire du texte, ni les mesures liberticides qu’il contient.
Le projet de loi devrait être examiné en commission des lois dès le mois de janvier prochain et arriver dans l’hémicycle en février. En un mois, le pouvoir aura réussi le tour de force de s’attaquer à deux des grands piliers de la République : la loi de 1881 sur la liberté de la presse avec le texte sur la sécurité globale, la loi de séparation des Églises et de l’État avec ce projet de loi. Si l’on doutait encore que le macronisme affaiblisse la République, nous voilà fixés.
C’est le propre du Macronisme : dire à chacun ce qu’il veut entendre au moment où il veut l’entendre. Jeudi dernier, le président de la République était dans les locaux du site en ligne Brut pour un entretien fleuve. Et les 7 millions de spectateurs n’en ont certainement pas cru leurs oreilles en entendant Emmanuel Macron s’exprimer sur le comportement de la police.
Est ce que c’est un tabou de dire le terme ? Non je peux vous dire, il y a des violences policières si ça vous fait plaisir que je le dise. On ne va pas jouer à ni oui ni non.
Moi j’ai aucun problème si on est dans une discussion comme ça pour dire qu’il y a des violences policières. Mais je n’aime pas donner crédit à un concept. Et sur les contrôles d’identité, le chef de l’État en a remis une couche.
C’est vrai que aujourd’hui, quand on a une couleur de peau qui n’est pas blanche, on est beaucoup plus contrôlé. On l’imagine, le sang des syndicats policiers n’a fait qu’un tour. S’estimant trahis, les représentants des gardiens de la paix ont appelé à cesser les contrôles d’identité.
D’autres ont bloqué la circulation en contrôlant systématiquement tous les véhicules afin de démontrer qu’ils ne se livraient à aucune discrimination. Pour contrer la bronca, Emmanuel Macron a écrit lundi au secrétaire général du syndicat Unité SGP police - FO pour lui annoncer qu’il réunira en janvier, autour d’une même table, les forces de l’ordre, des élus et des citoyens. Le chef de l’État indique qu’il prendra la parole lors de ce Beauvau de la police.
Beauvau, parce que c’est le nom de la place où est installé le ministère de l’Intérieur. Mais cette volte-face ne convainc pas l’opposition de droite. Je pense qu’on a un Emmanuel Macron qui est caméléon, qui répond en fonction de ce qu’attend son auditoire.
Il a eu un certain discours auprès de Brut et il va avoir un autre discours qui sera plus ferme, plus sur la sécurité pour les policiers. On a eu le Grand débat, on a eu le Ségur, c’est le grand palabre. C’est la géographie de l’impuissance.
Ségur, Beauvau, bientôt toutes les rues des ministères vont y passer. Mais au final qu’est ce qui change ? Pas grand chose.
Rarement d’actes concrets suivent ces débats. Jamais nous avons eu de grands bouleversements, de grandes modifications. Or aujourd’hui l’état de délabrement de notre sécurité, l’indigence des moyens dont disposent les forces de l’ordre nécessitent des actes et de l’argent.
Du côté de l’opposition de gauche, on se montre moins hostile. Mais le pouvoir devra montrer patte blanche. Nous avons demandé, dès la semaine dernière, et moi-même au ministre de l’Intérieur lorsqu’il a été auditionné des états généraux de la sécurité.
D’une certaine manière nous pouvons considérer que le président de la République a répondu à cette demande. Mais vous l’avez bien compris aussi il y a un certain nombre de préalables, parce que la situation est électrique. Nous avons vu encore ce week-end dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre des policiers et des gendarmes pris à partie de façon absolument inqualifiables et scandaleuses.
Nous avons besoin d’apaiser, et l’apaisement je crois qu’il passe par deux voies. D’abord le retrait de la loi sécurité globale, qui n’est pas une loi comprise. Le retrait de la loi de sécurité globale n’est pas à l’ordre du jour.
Et le fameux article 24 qui, de fait, interdit la captation des images de la police restera dans le texte. La semaine dernière, il était pourtant question de le transférer dans la loi confortant les principes républicains. Mais Gérald Darmanin est revenu à la charge après l’entretien présidentiel avec Brut, expliquant qu’un article de loi spécifique pour les policiers, devenait indispensable.
Du côté des communistes, on veut saisir l’occasion de ce sommet pour repenser la place de la police dans la société. On nous fait un Beauvau, apportons des réponses concrètes. Doctrine du maintien de l’ordre, police de proximité, moyens de formation de la police, indépendance de l’IGPN, possibilité pour les journalistes de faire leur boulot.
Mais Emmanuel Macron a-t-il les mains libres pour changer quoi que ce soit ? Il se retrouve face à un monstre qu’il a créé. Comme ils ont largement laissé les clés de Beauvau à des syndicats de factieux, ils se retrouvent manifestement avec une montée de ces syndicats contre ces mesures.
La première fois ça a donné la démission, enfin la démission, en tout cas le départ de monsieur Castaner. Je vous le rappelle c’était le même genre de scénario, quand monsieur Castaner était monté sur quelques mesures après la mort de Cédric Chouviat. Et là cette fois-ci, sauf que là c’est au niveau de monsieur Macron.
Je sais pas comment il va se dépatouiller de tout ça, je pense que c’est l’origine de cette annonce d’un Beauvau de la sécurité de façon à gagner du temps. Le pouvoir est dans la main de la police. Elle a sauvé celui-ci au moment de l’insurrection des gilets jaunes.
Désormais, elle entend encaisser les dividendes de son action. Il est urgent de la remettre à sa place : celle d’une force qui applique la loi et garantit la paix publique. Regardez bien cette image.
Elle est historique à sa façon. On y retrouve presque toutes les familles de l’opposition parlementaire. Julien Aubert pour Les Républicains, Boris Vallaud pour les socialistes, Adrien Quatennens pour la France insoumise, Sébastien Jumel pour les communistes, François Michel Lambert pour Libertés et territoires.
Faisant fi de leurs différences partisanes, ces députés sont venus dénoncer mardi le projet Hercule. Hercule, c’est le nom que le groupe EDF a donné à son projet de réorganisation. Il y aurait d’un côté un “EDF bleu” public, comprenant notamment le nucléaire, et un “EDF vert”, coté en Bourse, donc ouvert aux capitaux privés à hauteur de 35 %.
Enfin, une filiale EDF dénommée “Azur” serait créée pour regrouper les actifs hydroélectriques. Bref, l’air de rien, c’est l’éclatement de l’électricien qui se prépare pour satisfaire aux exigences de Bruxelles. La Commission européenne entend en effet renforcer la concurrence sur le marché français.
C’est un sujet qui peut paraître technique, technocratique, qui pour l’instant n’est pas dans les radars des médias qui sont préoccupés par le Beauvau de la sécurité mais qui pourtant va bousculer nos territoires et bousculer la nation. En gros, on a une opération de dépeçage, de démantèlement, d’émiettement de l’opérateur historique. Pour le député républicain Julien Aubert, le gouvernement privilégie la logique financière sur les intérêts industriels de la France.
C’est assez désastreux de constater à quel point un acteur industriel aussi important qu’EDF puisse faire l’objet d’une négociation relativement opaque, d’où découle une organisation qui n’est en rien le reflet d’une pensée industrielle mais qui est plutôt le produit d’arrières pensées financières. Adrien Quatennens, lui, insiste sur les ravages de l’idéologie de la concurrence. Avant que la commission européenne y mette ses doigts, la France disposait d’un monopole qui maîtrisait toute la chaîne de l’énergie d’un bout à l’autre, de la production jusqu’au point de consommation.
Cet outil nous en avions besoin. Ils sont arrivés là avec leur vue idéologique de libre concurrence et donc on a tout désorganisé. On a d’abord déconstruit, saucissonné l’opérateur historique en autant de bouts, avec beaucoup d’imagination.
Mon collègue Gobert parlait de l’exemple des tomates, mais moi pour expliquer ce mécanisme qui est que comme la concurrence ne fonctionnait pas d’elle même, il ne suffit pas simplement de dire “le marché est ouvert” pour que tout le monde puisse se positionner dessus. En l'occurrence quand on veut concurrencer EDF il vaut mieux avoir quelques moyens de production. Sauf que les concurrents n’ayant pas de moyens de production, c’est pas vous qui pouvez vous improviser demain concurrent d’EDF sans moyens de production.
Donc la commission européenne a fini par voir que la concurrence peinait à s’installer. Alors ils ont inventé cette véritable usine à gaz qui s’appelle “l’arène” qui oblige le producteur historique, EDF, à revendre à prix coûtant une partie de sa production à ses propres concurrents. Moi souvent je prenais l’exemple du boulanger.
Imaginez un boulanger qui pendant des années aura investi dans ses équipements et ses fournils. Vous dites “monsieur maintenant c’est ouvert à la concurrence, des gens occupent des locaux commerciaux où ils écrivent “boulangerie” où il n’y a pas de quoi cuire une seule baguette” et vous lui imposez qu’au petit matin avant l’ouverture des commerces, il aille donner son pain aux autres pour qu’avec sa propre production ils viennent lui faire concurrence. Ca montre que la commission européenne a beaucoup d’imagination quand il s’agit d’imposer ses vues idéologiques.
Un projet de loi consacrant cette réforme d’EDF pourrait être présenté en janvier. À moins que le gouvernement, se méfiant des députés, n’ait recours à une ordonnance. Quoi qu’il en soit ce sera la fin de notre souveraineté en matière d’énergie.
Et des factures plus salées pour les consommateurs.
Emmanuel Macron