Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRMC — Apolline Matin (sur Podcast)· 12 mars 2026 8 minComplaisantFond programmatiqueInstitutions & électionsEurope & international

L'invité d'Apolline Matin : Benjamin Morel - 12/03

Au micro : Apolline de MalherbeSource d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:40OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui change pour les communes de moins de 1000 habitants ?

  • 1:33OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui change pour Paris, Lyon, Marseille ?

  • 2:05OuverteRéponse directe

    Peut-on avoir des maires d'arrondissement et un maire de Paris de couleurs politiques différentes ?

  • 2:50OuverteRéponse directe

    Peut-on se retrouver avec des quadrangulaires ou quinquaculaires au second tour ?

  • 3:47OuverteRéponse partielle

    Le maire reste-t-il l'élu favori des Français ?

  • 4:41OuverteRéponse directe

    Le PS et LFI vont-ils s'allier ou pas sur le terrain ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:52Invité politiqueFait
    « il a fallu déposer des listes qui obéissent aux chabadi-chabada, un homme, une femme, un homme, une femme, etc. »
  • 2:37Invité politiqueChiffre
    « si on a un candidat au second tour qui fait environ 30% dans l'une de ces villes, il aura une majorité. »
  • 3:07Invité politiqueFait
    « si vous faites plus de 10% au premier tour, vous pouvez vous maintenir et vous pouvez fusionner. »
  • 5:49Invité politiqueFait
    « pour le RN, il peut y avoir, en effet, quelques belles prises. On pense évidemment à Toulon, indirectement, même s'il n'est pas au RN, à Éric Ciotti. »
  • 5:59Invité politiqueFait
    « il y a d'autres villes de moindre importance qui pourraient éventuellement tomber. »
  • 6:15Invité politiqueFait
    « le RN a une vraie stratégie d'implantation. »

Temps de parole

  • Invité politique57 %
  • Présentateur36 %
  • Auditeur7 %

3,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. On l'aurait presque oublié, mais les Français sont appelés aux urnes dimanche. C'est le premier tour des municipales. RMC, élection municipale. Ah ouais, élection municipale, premier tour sur RMC à vivre dimanche. Donc la guerre en Iran se poursuit, les Français ont-ils la tête à aller voter ? Bonjour Benjamin Morel. Bonjour. Merci d'être dans ce studio. Vous êtes maître de conférences en droit public à l'université Paris-Panthéon-Assas, auteur de « Nos communes, un avenir civique à réinventer ». Ça commence dimanche. Oui. Il y a d'abord quelques changements, des changements de règles. Est-ce que vous pouvez vraiment nous dire ce qu'il en est ?

On va commencer par les communes de moins de 1000 habitants. Qu'est-ce qui change ?

0:46
Invité politique

Alors les communes de moins de 1000 habitants, avant, elles avaient un régime assez particulier d'un point de vue électoral parce que d'abord, les règles de la parité ne s'y appliquaient pas. Là maintenant, il a fallu déposer des listes qui obéissent aux chabadi-chabada, un homme, une femme, un homme, une femme, etc. Et ça, ça impliquait de supprimer ce qu'on appelait avant le panachage naguère, quand vous ayez voté dans une commune de moins de 1000 habitants.

1:05
Présentateur

On pouvait rayer, rajouter un nom.

1:07
Invité politique

Exactement. Vous pouviez rayer des noms, etc. Vous pouviez faire un peu votre shopping dans les noms en question. La parité n'avait plus aucun sens si on maintenait ça. Et donc, ce faisant, on l'a supprimé. Ce qui, pour beaucoup d'électeurs qui aimaient bien rayer, les gens qui n'aimaient pas dans les listes, risque évidemment d'être un peu plus proche. Là, si on raye sur les listes, le bulletin est nul ? Le bulletin est nul, il ne comptera pas.

1:25
Présentateur

Donc, attention, on ne raye plus sur les listes. Exactement. Ça, c'est clair et net. Ensuite, il y a d'autres règles qui changent. Là, c'est pour Paris, Lyon, Marseille. Il y aura plusieurs votes ce dimanche.

1:37
Invité politique

Oui, c'est-à-dire qu'avant, vous élisiez les conseillers de Paris, les conseillers de Lyon, les conseillers de Marseille au suffrage indirect. C'est-à-dire que vous votiez pour vos conseillers d'avondissement. Et ensuite, il en émanait notamment au conseil de Paris, de Lyon et de Marseille. Aujourd'hui, après la nouvelle loi Paris-Lyon-Marseille, vous allez voter pour vos conseillers d'avondissement, qui éliront le maire d'avondissement, et pour vos conseillers de Paris, qui éliront le maire de Paris, le maire de Lyon, le maire de Marseille.

2:03
Présentateur

Et là, il y a une question. Moi, je me suis demandé si ça veut dire qu'on peut se retrouver avec des maires d'avondissement d'une couleur politique, et un maire ou une maire de Paris d'une autre couleur politique ?

2:12
Invité politique

Oui, alors c'est déjà le cas. Vous aviez des mairies d'avondissement qui pouvaient être d'une couleur politique.

2:17
Présentateur

Oui, mais il y avait quand même une majorité, puisqu'elle donnait ensuite le maire ou la maire de Paris.

2:21
Invité politique

Alors, il y avait une majorité. En effet, vous pouvez avoir plus d'avondissement d'une couleur politique, et une mairie qui est d'une autre couleur politique. Il y a, qui plus est, une prime majoritaire de 25%. C'est-à-dire que la liste qui arrivera au second tour en tête à Paris, Lyon et Marseille aura une prime majorité de 25%. Ça veut dire que si on a un candidat au second tour qui fait environ 30% dans l'une de ces villes, il aura une majorité. Sinon, il va devoir négocier.

2:44
Présentateur

La question de qui peut se maintenir ou non, parce qu'on l'a vu, il y a des villes où on pourrait se retrouver avec, au deuxième tour, des quadrangulaires, voire cinq candidats.

2:53
Invité politique

Oui, des quinquaculaires, ce n'est pas impossible.

2:56
Présentateur

Je n'osais pas le dire, quinquaculaires. Je ne savais pas si ça existait ou pas. J'ai dit cinq candidats. Est-ce que je me lance dans l'idée du quinquaculaire ?

3:01
Invité politique

Je dois vous avouer qu'au-delà de cinq, je ne suis pas sûr que ça existe. En tout cas, je ne suis pas sûr qu'il y ait un mot, mais en effet, cinq, ça existe. Et c'est si vous faites plus de 10% au premier tour, vous pouvez vous maintenir et vous pouvez fusionner. C'est-à-dire que vous pouvez négocier avec une autre liste et parvenir à faire une masse critique pour tenter d'emporter le second tour. Parce qu'encore une fois, il y a une prime majoritaire. Celui qui gagne, c'est celui qui arrive en tête au second tour. Paris, Lyon, Marseille, 25%, donc faire 30%. Dans les autres communes, c'est 50%. Donc, quel que soit celui qui arrive en tête au second tour, il a gagné.

3:30
Présentateur

Damien, on nous appelle Denise. Bonjour Damien. Damien, vous vouliez aussi réagir au fait que les municipales, certes là, depuis dix jours, on en parle un peu moins, mais enfin, heureusement, on en avait quand même parlé avant. En tout cas, pour ma part, je suis très, très heureuse d'avoir pu faire un certain nombre de débats, et notamment à Marseille ou à Lyon. Le maire, ça reste quelqu'un qu'on aime, ça reste un politique en qui on a confiance ?

3:52
Auditeur

Exactement. Je crois que j'ai vérifié deux tiers des Français. Pour eux, le maire est l'élu favori. Pourquoi ? Parce que c'est l'élu de proximité, c'est celui qu'on peut aller voir si on a un problème avec la crèche, etc. À mon avis, c'est le seul qui donne encore envie de politique aux Français, que c'est du concret. Après, moi, je ne crois pas à la logique d'étiquette chez les maires et chez les conseillers municipaux, étant donné qu'au niveau local, les politiques de proximité, c'est vraiment des gens qui sont intéressés à leur population, etc.

4:28
Présentateur

Donc, c'est plutôt les priorités des Français que la question de la politique, même si, cette fois-ci, on le voit bien, Benjamin Morel, il va y avoir beaucoup de questions qui vont se poser dès le soir du premier tour, sur les alliances ou pas. Le PS qui dit qu'il ne veut plus entendre parler d'alliance avec LFI, mais sur le terrain, certains, peut-être dans certaines villes, vont se dire « j'ai quand même besoin de m'allier ». Du côté de la droite, est-ce qu'il y aura une union des droites ou pas ? Ça, on va quand même beaucoup le regarder. Il y aura des questions vraiment d'équilibre politique.

4:56
Invité politique

Bien sûr, pour deux raisons majeures. D'abord, parce qu'il y a deux types d'électorat. Il y a un électorat qui vote, en effet, pour des enjeux locaux. C'est souvent un électorat tendanciellement plus âgé, qui lit la prise quotidienne régionale. Et puis, il y a un électorat plus intermittent lors de ces élections, qui vote en règle générale, essentiellement pour des questions nationales. Et cet électorat-là, il peut voter pour des listes qui ont un but essentiellement politique national. L'autre élément, vous évoquiez les alliances entre PS et LFI sur le terrain.

On a des partis qui contrôlent de moins en moins le champ local, qui contrôlent de moins en moins leurs élus locaux, qui sont de plus en plus féodalisés. Et donc, dans ce cadre-là, aujourd'hui, les directions nationales, que ce soit à LR ou au PS, n'ont pas vraiment la capacité, quoi qu'elles en disent, d'imposer une ligne générale.

5:36
Présentateur

Vous qui avez regardé les sondages, est-ce que LFI d'un côté et le RN de l'autre, peuvent, ils espèrent chacun, avoir des marqueurs forts, des villes qu'ils arrivent à prendre ? Est-ce que c'est possible ? Est-ce que c'est ce qui se dessine ?

5:49
Invité politique

Pour le RN, il peut y avoir, en effet, quelques belles prises. On pense évidemment à Toulon, indirectement, même s'il n'est pas au RN, à Éric Ciotti. On peut penser, peut-être, éventuellement à Marseille. Il y a d'autres villes de moindre importance qui pourraient éventuellement tomber. Des intercôts qui pourraient également, c'est important...

6:04
Présentateur

Des intercôts, c'est quoi ? C'est les intercommunalités ?

6:06
Invité politique

C'est les intercommunalités. Les intercommunalités, aujourd'hui, il faut bien le voir, concentrent une immense partie du pouvoir, bien plus souvent que la commune. Et donc, si vous avez des intercommunalités qui tombent, ça change la donne. Donc, le RN a une vraie stratégie d'implantation. Du côté de la France insoumise, il n'y a pas de grande ville, aujourd'hui, dont on peut penser qu'elle pourrait tomber dans l'escarcelle de la FI. La stratégie de la FI est beaucoup plus une stratégie de témoignage, mais également de preuve que sans union de la gauche, aucune victoire ne serait possible. Et là, pour les insoumis, c'est plus une rampe de lancement et de démonstration pour 2027.

6:38
Présentateur

Et il y a évidemment l'idée que c'est aussi un peu un tour de chauffe avant les présidentielles. C'est la dernière étape avant les présidentielles.

6:44
Invité politique

Oui. Alors, il ne faut pas non plus tout à fait corréler les deux scrutins. Parce que, comme on l'a dit, les élections municipales, ce sont des élections où souvent, vous avez tendanciellement plus d'abstention ou une abstention différente. En gros, les électeurs qui votent le plus pour des sujets nationaux, surtout quand on a une période de désalignement des champs, en gros, les partis politiques qui tiennent le champ local, LR, le PS, ce n'est pas les partis qui caracolent au sommet, au niveau national. Donc, on risque d'avoir des électeurs qui, là-dessus, soit ne viennent pas, soit votent sans trop de lien avec leur considération nationale.

Regardez la dernière fois, c'est le PS et LR qui ont gagné les élections présidentielles, les élections municipales,

7:21
Présentateur

et qui n'ont vraiment pas du tout

7:22
Invité politique

qui vous fait que la présidentielle est pour 5% de l'année.

7:25
Présentateur

Un dernier mot, vous avez parlé des intercommunalités, il y a aussi la question des métropoles, il y a donc certaines villes, on va voter en réalité trois fois, c'est-à-dire le maire du quartier, le maire de la ville et la présidence de la métropole.

7:37
Invité politique

Alors, pas des métropoles de la métropole de Lyon.

7:39
Présentateur

Ah, il n'y a qu'à Lyon qu'on vote ? Exactement, on rentre

7:42
Invité politique

dans la complexité absolue du droit des collectivités territoriales. À Lyon, vous avez une métropole qui n'est justement pas une intercommunalité, qui est une collectivité à statut particulier, et donc les Lyonnais vont avoir la chance de voter pour les maires d'arrondissement, pour la mairie centrale et pour la métropole qui est donc une collectivité, même si vous avez d'autres territoires qui peuvent contenir des métropoles, ce n'est pas le même statut. Donc, trois votes pour les trois entités.