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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 28 novembre 2024 22 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesRetraitesEurope & international

Présidentielle anticipée : Mélenchon "ne serait pas au deuxième tour, il le sait", affirme Hollande

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:38OuverteRéponse partielle

    Le gouvernement Barnier va-t-il tomber avant Noël ?

  • 1:35OuverteRéponse directe

    Le PS a-t-il un rôle à jouer pour éviter la chute du gouvernement ?

  • 1:55RelanceRéponse partielle

    Le gouvernement peut-il tenir si le PS ne vote pas la censure ?

  • 2:20OuverteRéponse partielle

    Le PS demande-t-il de faire payer davantage les entreprises et les hauts revenus ?

  • 3:03FerméeRéponse directe

    Le PS votera-t-il la censure quoi qu'il en soit ?

  • 3:38OuverteRéponse partielle

    Votre main ne tremblera-t-elle pas pour voter le budget ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46Invité politiqueFait
    « Je ne sais pas, ça dépend du Rassemblement National »
  • 0:53Invité politiqueFait
    « le gouvernement Barnier, Michel Barnier lui-même, n'ont été nommé et constitué que parce que le Rassemblement National avait donné son aval »
  • 1:13Invité politiqueFait
    « J'avais moi-même à votre micro dit que cette solution entraînait nécessairement un lien entre Michel Barnier, qui n'est pas lui-même soupçonnable de quoi que ce soit, mais un lien entre Michel Barnier et le Rassemblement National »
  • 1:57Invité politiqueFait
    « Que c'est arithmétiquement vrai et politiquement faux »
  • 2:11Invité politiqueFait
    « Aucun amendement n'a été repris venant des socialistes, qui étaient des amendements sérieux »
  • 2:33Invité politiqueFait
    « Quand il n'y a ni le rétablissement de l'impôt sur la fortune, ni la remise en cause de la flat tax, ni un prélèvement sur les revenus les plus élevés »
  • 3:48PrésentateurChiffre
    « 170 000 emplois seraient menacés »
  • 6:23Invité politiqueChiffre
    « le déficit de l'ensemble des administrations publiques a été supérieur à 6% »
  • 6:57Invité politiqueFait
    « l'État français ait à payer des taux d'intérêt équivalents à ceux de la Grèce »
  • 9:55Invité politiqueFait
    « Je ne suis pas favorable à une procédure de destitution du Président de la République »
  • 12:27Invité politiqueFait
    « la réforme Borne et le relèvement de l'âge de la retraite à 64 ans passé avec un 49-3 n'était ni la bonne méthode ni la bonne solution »
  • 18:22Invité politiqueChiffre
    « j'ai fait 52% au deuxième tour de l'élection, que j'ai fait 28% au premier tour »
  • 19:13Invité politiqueFait
    « la position et même la personne de Jean-Luc Mélenchon sont les plus rejetées dans l'opinion publique »
  • 20:32Invité politiqueFait
    « Le droit international doit s'appliquer. La France reconnaît la Cour pénale internationale »

Temps de parole

  • François Hollande74 %
  • Présentateur15 %
  • Présentateur 28 %
  • Auditeur3 %

6,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10 Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin un ancien président de la République, aujourd'hui député PS de Corrèze, vos questions 01 45 24 7000 et via l'application de Radio France. François Hollande, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter en cette semaine politique, budgétaire, dense et heurtée. Le gouvernement Barnier affronte sa première véritable heure de vérité avec le vote du budget et le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Il devrait déclencher son premier 49-3 dans quelques jours. Est-ce à dire, vous qui connaissez bien la vie politique, François Hollande, que le gouvernement va tomber avant Noël ?

0:46
François Hollande

Je ne sais pas, ça dépend du Rassemblement National puisque le gouvernement Barnier, Michel Barnier lui-même, n'ont été nommé et constitué que parce que le Rassemblement National avait donné son aval. Lorsque Emmanuel Macron cherchait pendant des semaines un Premier ministre, il avait fini par donner le nom de Michel Barnier parce que c'était Marine Le Pen qui ne le récusait pas. J'avais moi-même à votre micro dit que cette solution entraînait nécessairement un lien entre Michel Barnier, qui n'est pas lui-même soupçonnable de quoi que ce soit, mais un lien entre Michel Barnier et le Rassemblement National. Donc vous avez la réponse.

Le Rassemblement National quittera ou ne quittera pas cette majorité implicite et il y aura le gouvernement Barnier qui tombera ou qui ne tombera pas.

1:35
Présentateur

Oui, vous dites que ça dépend du Rassemblement National, ça dépend aussi du Parti Socialiste. Hier, nous avions à ce micro le ministre du Budget, Laurent Saint-Martin, je ne sais pas si vous l'avez écouté, qui disait que la solution c'était vous qui l'aviez au PS, que si le PS prenait ses responsabilités de parti de gouvernement, je le cite, et ne votez pas la censure avec les autres, c'est-à-dire avec les insoumis et le Rassemblement National, eh bien le gouvernement pouvait tenir. Vous lui répondez quoi ?

1:57
François Hollande

Que c'est arithmétiquement vrai et politiquement faux, puisqu'il n'y a eu aucun effort pour associer les groupes socialistes, aussi bien de l'Assemblée et du Sénat, à une solution budgétaire. Aucun amendement n'a été repris venant des socialistes, qui étaient des amendements sérieux, et je peux les confirmer, aussi bien pour les recettes que pour les dépenses.

2:20
Présentateur

Il y a une ligne politique où ce que vous demandez sur un budget depuis des années, c'est-à-dire faire davantage payer les entreprises qui font des profits, faire davantage payer les plus hauts revenus, c'est écrit, ça a été écrit.

2:32
François Hollande

Non, ce n'est pas écrit comme il conviendrait. Quand il n'y a ni le rétablissement de l'impôt sur la fortune, ni la remise en cause de la flat tax, ni un prélèvement sur les revenus les plus élevés qui pourraient être cohérents, qu'il y a une réduction du budget de l'éducation nationale, enfin des postes, pardon, dans l'éducation nationale, et qu'il y a des déremboursements de médicaments, qu'il y a une remise en cause des moyens pour l'hôpital, pour les EHPAD. Comment voulez-vous que des socialistes, quelle que soit leur sensibilité, puissent laisser passer un budget comme celui-là ?

3:03
Présentateur

Donc vous voterez la censure, quoi qu'il en soit ?

3:06
François Hollande

Mais j'ai déjà voté une motion de censure au lendemain de la nomination de Michel Barnier. Non pas parce que c'était Michel Barnier, mais parce que les conditions de sa nomination, c'était d'avoir un accord implicite avec le Rassemblement National. Et j'ai dit moi-même qu'il y avait là une construction qui était à la fois fragile et dangereuse. Et bien nous y sommes.

3:29
Présentateur

Mais François Hollande, vous qui avez été président de la République pendant 5 ans,

3:33
François Hollande

Je vous le confirme, oui.

3:33
Présentateur

qui avez géré le pays, qui savait mieux que personne la situation dans laquelle se trouve le pays, la situation financière, les taux d'emprunt, notre dette à rembourser, les plans sociaux qui se multiplient, 170 000 emplois seraient menacés. Votre main ne va pas trembler au moment de voter ou pas le budget ?

3:55
François Hollande

Vous allez censurer sans problème ? Vous vous rappelez que j'ai été président de la République ? Oui, ça on ne l'a pas oublié. Mais si j'avais été président de la République encore, je n'aurais pas nommé Michel Barnier au lendemain de la dissolution. Je n'aurais pas non plus dissous l'Assemblée Nationale, il faut bien le dire. Et je n'aurais pas attendu deux mois, deux mois et demi même, pour nommer un Premier ministre. Et je n'aurais pas nommé 42 ministres qui en plus n'arrivent pas à s'accorder sur quoi que ce soit. Donc c'est pour sanctionner Emmanuel Macron que vous l'aventerez ? Non, oui, mais il y a...

4:22
Présentateur

C'est pour ça, c'est le message à Emmanuel Macron ?

4:24
François Hollande

Non, non, je crois que la sanction d'Emmanuel Macron, elle est déjà tombée. Ce n'est pas du tout par rapport à Emmanuel Macron en tant que personne, mais en tant que fonction, puisque vous m'interrogez, par rapport à la fonction. Il ne fallait pas nommer Michel Barnier dans les conditions qui ont été celles du mois de septembre. Il ne fallait pas appeler Mme Le Pen, comme ça a été le cas, pour savoir s'il a accepté Michel Barnier. Moi, je n'ai pas été appelé pour savoir si j'acceptais Michel Barnier. Le groupe socialiste n'a pas été appelé.

4:51
Présentateur

Il vous a reçu, il me semble.

4:53
François Hollande

Non, mais il m'a reçu, mais il ne m'a pas dit « Tiens, qu'est-ce que vous pensez de la nomination de Michel Barnier ? Est-ce que vous pourriez vous associer à une action du Front Républicain dans le cadre d'un gouvernement d'Union ? » Rien n'a été fait de ce niveau-là. Et même par rapport à ce qu'était la première proposition du nouveau Front Populaire, rien n'a été fait pour donner au moins une chance, parce qu'il n'avait d'ailleurs pas forcément de raison, mais d'une chance à cette coalition.

5:21
Présentateur

C'est ça que vous auriez fait ? C'est ça qu'il aurait fallu faire ?

5:23
François Hollande

J'avais déjà dit, mais on ne va pas y revenir, que dès lors que c'était le groupe qui était arrivé en tête, il convenait de nommer au départ Mme Casté ou tout autre, sans doute pour constater qu'elle ne pouvait pas, qu'elle n'avait pas de majorité. Et qu'ensuite, il y avait sûrement une solution à proposer. Nous y sommes aujourd'hui. Je ne sais pas si Mme Le Pen va effectivement censurer M. Barnier, mais il se trouve que si elle le fait, nous aurons une situation politique qui ouvrira une nouvelle consultation. Et si elle ne le fait pas, nous aurons la confirmation que le gouvernement tient avec la béquille qu'est Mme Le Pen.

5:57
Présentateur

Mais vous l'avez entendu, Michel Barnier, au 20h, dire « ce n'est pas moi le problème, moi je peux tomber, mais c'est le pays qui affrontera à ce moment-là une tempête financière, c'est le pays qui verra s'envoler les taux pour rembourser la dette ». Qu'est-ce que vous dites à ça, François Hollande ? Est-ce que ce n'est pas grave d'emprunter à ces taux-là ?

6:17
François Hollande

On peut s'offrir à une crise politique en plus ? Je dis que, compte tenu de la situation financière, elle est grave, puisque nous avons découvert que le déficit de l'ensemble des administrations publiques a été supérieur à 6%. C'est ce qui a été la gestion de ces dernières années. Et c'est ce qui justifie d'ailleurs des taux d'intérêt plus élevés. Ce qui est grave, c'est que le budget qui est présenté par le gouvernement de Michel Barnier ne corrige que très peu cette dérive. Et les concessions qui ont été faites font que ce budget est un gruyère fait de trous et qu'il y a effectivement une suspicion sur la capacité de la France. Ça c'est grave.

Et le fait que l'État français ait à payer des taux d'intérêt équivalents à ceux de la Grèce, vous vous rendez compte, pour ce qui me concerne, vous vous rappelez ce qu'a été ma présidence, où j'ai moi-même sauvé, avec d'autres, heureusement, la Grèce, permis qu'on garde la zone euro, permis de rétablir les finances publiques, diminuer le déficit...

7:16
Présentateur

Mais là vous prenez le risque d'ajouter de la crise à la crise.

7:19
François Hollande

Mais ce n'est pas... Changeons peut-être l'ordre des responsabilités. Ce n'est pas le Parti Socialiste, ce n'est pas moi-même qui met le pays dans cette situation. Il y a eu un choix que j'ai contesté d'un gouvernement Barnier avec l'assentiment du Rassemblement National. Cette majorité implicite ne tient même pas. Il y a des surenchères tous les jours. Et on voudrait se retourner, parce qu'aujourd'hui il y a effectivement un risque de censure, vers le Parti Socialiste en disant « Mais alors pourquoi vous ne le soutenez pas M. Barnier ? »

7:50
Présentateur

Donc vous nous dites ce matin, pour ce qui est de la motion de censure, si le 49.3 est utilisé, vous la voterez sans scier et sans trembler.

7:57
François Hollande

Il y a encore eu hier une rencontre entre Michel Barnier et les présidents des groupes socialistes. Ils ont fait leur proposition. Aucune n'a été retenue. Donc la conséquence, s'il y a du 49.3, c'est qu'il y aura une motion de censure. Et cette motion de censure, comme elle a été, je la voterez.

8:11
Présentateur

Vous la voterez. Et ensuite, il se passe quoi ? Si le gouvernement tombe la semaine prochaine, comme il semble que nous y allons ?

8:19
François Hollande

Eh bien nous aurons perdu trois mois de plus.

8:21
Présentateur

Et donc nous allons perdre encore un ou deux mois.

8:24
François Hollande

Et donc nous allons revenir à la situation antérieure, c'est-à-dire où le président de la République, parce que c'est à lui que reviendra la responsabilité de nommer un nouveau Premier ministre, ou de garder l'ancien, il verra quelle est la meilleure solution. Et donc c'est à ce moment-là le président de la République qui aura à nommer un Premier ministre.

8:40
Présentateur

Oui, alors qu'est-ce que vous dites ce matin ? Parce que les Insoumis sont clairs. Un Lucie Castet, si pas Lucie Castet, présidentielle anticipée. Vous vous dites quoi ? Un Lucie Castet, si pas Castet, présidentielle anticipée ? Bernard Castet, vous dites quoi ?

8:54
François Hollande

Alors je vais vous dire ce que je ne veux pas. Premièrement, il n'est pas possible de revenir à la situation qui était celle de Lucie Castet, qui n'avait pas de conditions pour être nommée Premier ministre. Vous l'aviez soutenue ? Je l'ai soutenue, mais il n'y avait pas la majorité pour la soutenir à l'Assemblée nationale. J'en prends acte. J'en prends acte.

9:15
Présentateur

D'accord, mais vous l'aviez soutenue il y a deux mois, maintenant vous ne la soutenez plus.

9:17
François Hollande

Vous m'avez entendu, il y a eu une proposition qui a été faite. Il y a eu un choix de l'Assemblée nationale de valider Michel Barnier. Donc ça veut dire implicitement que la solution du nouveau Front populaire avec Lucie Castet, ce n'est pas la personne qui est en cause. Il n'y a pas de majorité autour du nouveau Front populaire pour qu'un Premier ministre puisse être désigné, issu de ses rangs. Je le constate. Deuxièmement, je ne suis pas favorable à une procédure de destitution du Président de la République. Je ne suis pas favorable à ce qu'il y ait une élection présidentielle anticipée dans le contexte que l'on vient de décrire d'instabilité et de péril sur les marchés.

Donc je suis responsable. Si Michel Barnier, parce qu'il n'a pas le soutien du Rassemblement national, tombe, il faudra chercher un Premier ministre qui puisse avoir l'assentiment d'une majorité à l'Assemblée nationale. Qui ? Bernard Cazeneuve ? J'avais déjà donné ce nom-là. Vous connaissez mes liens d'amitié avec Bernard Cazeneuve. Il y avait eu donc une proposition qui avait été faite. Le Président de la République ne l'avait pas retenue. Maintenant, il va être dans une situation où il va être, si le gouvernement Barnier tombe, dans l'obligation d'aller chercher une solution. Et cette solution, ce n'est pas lui qui peut la trouver.

La méthode, la seule méthode que je connaisse dans une démocratie qui est parlementaire, c'est de nommer une personne et que cette personne cherche sa majorité à l'Assemblée nationale.

10:38
Présentateur

Et Boris Vallaud évoquait dimanche la possibilité d'un gouvernement qui travaillerait avec les partis de l'arc républicain. Ça vous semble une bonne idée, ça ? Mais ça veut dire quoi, en fait, pour le Parti socialiste ? Jean-Luc Mélenchon a réagi. Alerte, le PS est en train d'organiser un nouveau socle commun avec d'autres à la place du nouveau Front populaire.

10:57
François Hollande

Il a raison de s'inquiéter ? Il est sur une ligne qui est effectivement cohérente. Il veut une élection présidentielle anticipée. Il veut être candidat à l'élection présidentielle. Il ne sera pas président, il le sait aussi. Il ne sera même pas au deuxième taux, il le sait aussi. Mais il est dans une situation où il veut une élection présidentielle, pas moi. Je pense que l'élection présidentielle doit avoir lieu à la date voulue, c'est-à-dire en 2027. Et que la gauche doit se préparer de se reconstituer et de faire qu'il y ait une candidature qui puisse valablement gagner la présidentielle. Voilà le schéma dans lequel je m'inscris.

Boris Vallaud, il a raison de dire, si le gouvernement Barnier tombe, il y aura forcément à rechercher autour d'une personne qui sera nommée par le président de la République, mais on va lui donner quelques indications, pour qu'il puisse trouver les moyens de gouverner jusqu'en 2027.

11:48
Présentateur

Mais les insoumis disent, c'est une trahison du NFP.

11:50
François Hollande

Vous l'assumez ? Mais à ce moment-là, il faut admettre de rester dans l'opposition jusqu'en 2027, de ne rien faire qui puisse permettre à un gouvernement de travailler et d'attendre une élection préhentielle anticipée. Ce n'est pas ma position. Et je veux dire que dans le nouveau Front populaire, nous n'avons pas dit, il faut que le président de la République démissionne et que nous allons préparer une élection avant 2027.

12:15
Présentateur

Les insoumis aujourd'hui dans leur niche parlementaire proposent d'abroger deux réformes des retraites, celle d'Elisabeth Borne et la vôtre. La réforme touraine, estimant que c'est une mauvaise réforme, vous en pensez quoi ?

12:27
François Hollande

Je pense que la réforme Borne et le relèvement de l'âge de la retraite à 64 ans passé avec un 49-3 n'était ni la bonne méthode ni la bonne solution. Donc j'ai toujours dit que ça devait être effectivement abrogé. En revanche, comme président de la République, j'ai fait passer la réforme touraine. Et pour ce qui nous concerne, c'est-à-dire pour ce qui me concerne, il n'est pas question d'abroger la réforme touraine au même temps que la réforme Borne. J'ai aussi l'esprit à la fois de cohérence et de responsabilité.

13:01
Présentateur

Mais alors qu'est-ce que vous voterez cet après-midi ?

13:02
François Hollande

Je voterai un amendement qui permette de garder la réforme touraine. Mais la proposition de loi insoumise, vous la voterez ? Non, et si là, je vous demande ce que j'allais faire, s'il y a l'abrogation de la réforme touraine, j'ai l'esprit de cohérence et de responsabilité, je ne voterai pas la proposition de loi qui abroge la réforme touraine. Je ne voterai qu'une proposition de loi qui abroge la réforme Borne.

13:24
Présentateur

Cette proposition des insoumis, elle vous vise en fait, François Hollande, très clairement.

13:30
François Hollande

Oui, sans doute, oui. Parce que les insoumis ne sont obsédés que par l'élection présidentielle et que par Jean-Luc Mélenchon. C'est ça qu'il faut bien comprendre. Les insoumis ne sont pas dans une position où ils recherchent l'Union. Ils sont dans l'obsession de faire tomber, non pas le gouvernement Barnier, de faire tomber Emmanuel Macron et d'avoir une élection présidentielle et de présenter Jean-Luc Mélenchon comme candidat. Mais écoutez, je suis désolé, je ne suis pas sur cette position-là. Je pense que la gauche doit travailler, préparer, s'organiser, avoir un grand parti socialiste.

Lequel grand parti socialiste aura son candidat ou sa candidate et se présentera à l'élection présidentielle de 2020 ? Il faut qu'il change de patron, le parti socialiste ? Ça, c'est une autre question. Il y a un congrès, il y aura, en ce moment, cette question peut paraître assez secondaire par rapport à la question principale. Oui, je pense qu'il faut qu'il y ait une nouvelle orientation permettant un élargissement aux amis de Place Publique et aux amis de Bernard Cazœuf. Je pense qu'il y a là la nécessité d'un grand rassemblement. Est-ce qu'il faut une candidature unique de la gauche, comme disent beaucoup ?

14:35
Présentateur

Et beaucoup de militants espèrent qu'il y ait une candidature unique de la gauche en 2027 pour pouvoir gagner. Qu'est-ce que vous leur dites aux jeunes, notamment ? C'est les jeunes qui sont le plus sur cette ligne-là.

14:48
François Hollande

Mais il n'y a pas que des jeunes, il peut y avoir des vieux aussi. Ne soyez pas sélectifs. Bien sûr, sur le plan des principes, nous sommes tous favorables à ce qu'il y ait une candidature unique. Mais laquelle ?

14:58
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, il dit « moi je suis prêt, j'en ai fait trois, je suis prêt ».

15:02
François Hollande

Si c'est le nombre de candidatures, si c'est celui qui a le plus d'ancienneté, de ce point de vue-là, je ne crois pas que ce soit l'argument politique. Il y a deux gauches dans d'autres pays, on le connaît. Elles ne sont pas forcément irréconciliables, mais il y a deux gauches. Jean-Luc Mélenchon, lui, il veut être candidat, donc il n'y aura pas de candidature unique. C'est aussi simple que ça. Et donc, il y aura deux ou trois candidatures, moi je pense qu'il n'y aura que deux, et qu'il y a une candidature qui peut gagner et une candidature qui peut perdre. Choisissez, vous voulez la candidature qui peut gagner ou vous voulez la candidature qui peut perdre ?

Vous avez à ce moment-là la possibilité, à travers le Parti Socialiste, ou ce qui reviendra au Parti Socialiste de faire, s'il s'élargit, de trouver une candidature.

15:37
Présentateur

Et la candidature qui peut gagner à vos yeux, c'est vous ?

15:40
François Hollande

Mais non, justement, j'essaie de ne pas me personnaliser, j'essaie de ne pas faire une espèce d'obsession. À ce stade ? À ce stade, je pense qu'il faut construire, il faut se préparer. C'est pour ça que je ne suis pas pressé qu'il y ait le départ d'Emmanuel Macron.

15:52
Présentateur

Ça vous embêterait en fait, une présidentielle anticipée ?

15:54
François Hollande

Mais d'abord, j'ai le respect des échéances. Ensuite, je ne suis pas pour le chaos, je ne suis pas pour la crise. Pour la crise, en ce moment, faire une élection présidentielle, dans l'état où est le monde, dans la situation où est le pays, avec les marchés qui nous surveillent, vous pensez que c'est la bonne solution ? Non, je ne le crois pas. J'ai dit ce que j'avais à dire sur Emmanuel Macron. Je pourrais essayer de dire qu'il faut qu'il parte, comme d'autres, parce que j'ai vu que même chez les LR, qui sont supposés être des soutiens du gouvernement Barnier, il y en a qui veulent faire démissionner Emmanuel Macron. Jean-François Copé.

Que le rapporteur général du budget veut faire partir le président de la République ? Bon, écoutez, moi j'essaie d'être dans une position responsable.

16:32
Présentateur

Pour vous, ils sont irresponsables ?

16:34
François Hollande

Mais ils font ce qu'ils pensent devoir faire, c'est qu'ils pensent qu'ils peuvent avoir un candidat, j'imagine. Je ne sais pas quel est le sens de leur proposition. Et moi j'essaie d'être cohérent. Il y a eu une dissolution, il y a eu une assemblée, elle est fragmentée. Il faut qu'au sein de cette assemblée, des prises de responsabilité puissent avoir lieu. Visiblement, la solution qui était celle du président de la République avec Michel Barnier n'a pas fonctionné.

16:55
Présentateur

On passe au standard. Bonjour Alexis.

16:58
Auditeur

Bonjour, alors une question pour M. François Hollande. Est-ce que la responsabilité que vous avez, la paternité que vous avez vis-à-vis des deux quinquennats de M. Emmanuel Macron ne vous procure pas quelques sentiments de honte ou de regret ? Et j'ajoute ceci, vous venez de dire qu'il y avait deux gauches dans ce pays. Je préciserai vos paroles en disant qu'il y en a en réalité une qui est de gauche et pas l'autre. Vous vous attentez à celle qui n'est pas de gauche depuis bien longtemps. Et je serai même assez éthique. Les gens de gauche à qui vous avez fait tant de mal attendent pour la plupart de vous qu'enfin vous vous désiez nous laisser croire. Merci beaucoup.

17:39
Présentateur

Merci à vous Alexis. La question a le mérite d'être franche. François Hollande...

17:43
François Hollande

C'est sûr qu'il y ait une question. Mais il y a donc la démonstration qu'il y a effectivement une gauche qui en exclut une autre. Une gauche qui pense qu'elle est la seule gauche possible. Mais cette gauche-là, elle peut gouverner ? Elle va gouverner ? Sur ce registre-là ? Elle peut avoir une majorité dans le pays ? Elle peut rassembler ? Elle peut assurer une cohésion ? Elle peut avoir ce sentiment de tolérance à l'égard des idées des autres ? Elle peut être dans une capacité de pouvoir offrir une espérance ? Elle peut être à la marge, elle peut être dans la contestation, elle peut être dans la contation, elle peut être dans l'exclusion, mais elle n'est pas dans cette capacité de gouverner.

Moi je veux que toute la gauche puisse gouverner.

18:23
Présentateur

On peut vous dire que Jean-Luc Mélenchon, il a fait quand même, sur les deux dernières présidentielles, il a fait 21 et 22%, qu'il était à 600 000 voix, comme il l'a souvent répété, du second tour. Ce que je veux dire, c'est qu'il a fait des scores qui peuvent quand même dire... dire que ce n'est pas des scores ridicules.

18:40
François Hollande

Est-ce que j'ai dit que c'est des scores ridicules ? Oui. Et surtout que moi j'ai fait 52% au deuxième tour de l'élection, que j'ai fait 28% au premier tour. Pour gagner une élection présidentielle, il faut faire ce niveau-là. Par ailleurs, il a fait ces résultats-là parce qu'il n'y avait pas une offre politique qui permettait à la gauche d'être représentée.

18:58
Présentateur

Et pourtant il y avait le parti socialiste qui était là.

19:00
François Hollande

J'ai parlé d'une offre politique qui était suffisamment attractive, suffisamment convaincante pour l'emporter. Il y a eu un vote utile aussi sur Jean-Luc Mélenchon parce que la gauche, quand elle se trouve dans une situation où elle doit faire un choix, elle fait un vote utile. Mais aujourd'hui, la position et même la personne de Jean-Luc Mélenchon sont les plus rejetées dans l'opinion publique. Je ne me trompe pas. Donc quand on a autant de niveaux de détestation, quand on a autant de niveaux de refus, de réprobation, ça pose quand même une question.

Donc on peut s'acharner sur une candidature, ce n'est pas ma position, on peut s'acharner sur une candidature, c'est celle de l'auditeur, ça ne changera rien à la réalité politique.

19:38
Présentateur

Une petite question d'Augustin sur l'application de Radio France. Bonjour M. Hollande, êtes-vous prêt à aller à Matignon en cas de chute de Michel Barnier ?

19:46
François Hollande

Non, moi je n'essaye d'avoir aucune prétention personnelle à ce stade. J'essaye de penser à notre pays. Je me mets à la place qu'aurait pu être la mienne, le président de la République, puisque j'ai été dans cette fonction-là. Je chercherais, si j'étais Emmanuel Macron, et si Michel Barnier devait ne plus être premier, une solution qui puisse rassembler.

20:09
Présentateur

Pour finir, la Cour pénale internationale a lancé un mandat d'arrêt contre Benjamin Netanyahou pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Vous avez entendu tout à l'heure Pierre Aski, la France n'arrêtera pas Benjamin Netanyahou s'il est notre seul. Ça a été la position exprimée par le Quai d'Orsay, car elle estime qu'il jouit d'une immunité en tant que chef d'un gouvernement d'un pays non signataire de la CPI. La chef des écologistes, Marine Tondelier, qualifie cette immunité de honte. Et vous ?

20:32
François Hollande

Le droit international doit s'appliquer. La France reconnaît la Cour pénale internationale. Il n'y a pas d'autre commentaire à faire. La France reconnaît les décisions de la Cour pénale internationale.

20:42
Présentateur

Donc s'il venait en France, il faudrait l'arrêter ?

20:44
François Hollande

Je crois qu'aujourd'hui, il n'est pas prévu qu'il vienne en France. Nous ne sommes pas encore dans un processus, hélas, de cesser le feu et de paix. Lorsque nous serons dans ce processus-là, nous verrons bien ce qu'il y a lieu de faire.

20:55
Présentateur

Mais l'Italie de Mélanie ou le Royaume-Uni disent « s'il vient, on arrête ». En France, on ne dit pas.

21:01
François Hollande

Je vous ai dit, nous devons, la France, respecter les compétences de la Cour pénale internationale. Nous en sommes signataires. Nous avons des obligations de droit international. Vous l'avez dit aussi, des pays européens. Pas tous ont fait ce choix. Écoutez, Netanyahou ne va pas venir en France.

21:18
Présentateur

Une trêve a été conclue hier entre Israël et le Hezbollah. Saluez-vous l'engagement diplomatique de la France et d'Emmanuel Macron dans ce dossier ?

21:26
François Hollande

Oui, tout ce qui contribue. La France a un rôle à jouer au Liban. Tout ce qui contribue à faire d'abord un cessez-le-feu et avancer un processus de paix. Pour le Liban, c'est encore autre chose, c'est de respecter l'intégrité territoriale du Liban et de permettre qu'il y ait une solution politique et qu'il puisse y avoir une cessation durable des hostilités entre le Hezbollah et Israël. Oui, je pense que ça va dans la bonne direction. Et ça doit même être un précédent pour aller vers un cessez-le-feu à Gaza le plus vite possible. Je crois qu'il y a en ce moment des discussions qui sont en cours. Et si la France peut y être invitée et peut s'y inviter surtout, je ne verrai que des avantages.

Présidentielle anticipée : Mélenchon "ne serait pas au deuxième tour, il le sait", affirme Hollande — François Hollande · Pourquijevote