Examen du projet de loi finance 2026 : «On peut être aussi heureux en dépensant plus intelligemment» assure Philippe Juvin
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:04OuverteRéponse directe
Pouvez-vous expliquer votre mission dans les prochains jours ?
- 1:54RelanceRéponse partielle
Est-ce que ce n'est pas un peu le concours l'épine de l'impôt ?
- 3:04RelanceRéponse directe
17 milliards d'efforts sur les dépenses, vous l'avez dit, ce n'est pas assez.
- 4:00RelanceÉludée
Sur les impôts, vous ne m'avez pas répondu.
- 6:05OuverteRéponse partielle
Est-ce que ce budget est pris en otage par la gauche ?
- 7:29OuverteRéponse directe
Comment on va s'en sortir avec la suspension de la réforme des retraites ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:11Locuteur non identifiéFait
« les députés déposent ce qu'on appelle des amendements, c'est-à-dire des modifications du texte qui est présenté par le gouvernement »
- 1:40Locuteur non identifiéFait
« Je crois que la situation est tellement grave que nous devons globalement, collectivement, dépenser moins et dépenser mieux et produire plus de richesses pour pouvoir les redistribuer. »
- 3:04PrésentateurChiffre
« Le gouvernement prévoit 17 milliards d'efforts sur les dépenses et 14 milliards sur les recettes. »
- 3:29Locuteur non identifiéChiffre
« Il y a des ronds-points partout. Tous les 300 mètres, vous trouvez un rond-point. Ça coûte entre 500 000 euros et 2 millions un rond-point. »
- 5:37Locuteur non identifiéFait
« Si vous aviez le taux d'emploi en France égal au taux d'emploi rapporté à la population en âge de travailler de la Hollande, par exemple, nous n'aurions pas de problème de déficit. »
- 8:27Locuteur non identifiéChiffre
« le poids des retraites que l'État doit compenser, puisque les caisses de retraite ne sont pas à l'équilibre, compte pour probablement la moitié de la dette accumulée depuis une dizaine d'années. »
- 10:27Locuteur non identifiéPromesse
« Je souhaite que les retraités qui continuent à travailler ne soient pas taxés à l'impôt sur le revenu. »
Temps de parole
- Locuteur non identifié69 %
- Présentateur26 %
- Locuteur non identifié 24 %
≈ 5,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Certaines choses gagnent à rester simples, comme Simply Lemonade. Préparez avec de vrais citrons et du sucre de canne pour un goût frais et entièrement naturel. C'est la boisson idéale pour illuminer les petits moments du quotidien. Elle est vive, rafraîchissante et conçue pour ceux qui apprécient les bonnes choses. Dites oui à la simplicité et retrouvez Simply Lemonade au rayon frais de votre supermarché. Appuyez sur la bannière pour l'acheter dès maintenant.
Sur Europe 1, Alexis, vous recevez maintenant Philippe Juvin, professeur de médecine, ancien chef de clinique et aujourd'hui député LRD Hauts-de-Seine, rapporteur général du budget. Bonjour Philippe Juvin. Bonjour. Sébastien Lecornu a donc proposé un budget pour 2026. L'examen du projet de loi de finances pour 2026 va député demain, lundi, en commission des finances de l'Assemblée nationale. Depuis le 2 octobre, on le disait, Philippe Juvin, vous êtes rapporteur général de ce budget. C'est un rôle clé. Vous avez la main sur tout le travail budgétaire au Parlement. Vous êtes un peu le monsieur budget au Parlement.
En quelques mots, peut-être, pour débuter, est-ce que vous pouvez nous expliquer votre mission dans les prochains jours qui a déjà débuté ?
Comme vous le savez, les députés déposent ce qu'on appelle des amendements, c'est-à-dire des modifications du texte qui est présenté par le gouvernement, des modifications du budget. Et mon rôle consiste à étudier la totalité de ces amendements, les uns derrière les autres, et de donner des avis favorables et défavorables pour aider les députés à déterminer leur vote. En fait, mon rôle est de guider la discussion budgétaire. Et moi, ma philosophie, elle est simple. Je crois que la situation est tellement grave que nous devons globalement, collectivement, dépenser moins et dépenser mieux et produire plus de richesses pour pouvoir les redistribuer.
Vous êtes un homme de droite, Philippe Juin, vous êtes du parti Les Républicains. J'imagine qu'il y a de nombreuses propositions qui doivent vous faire bondir dans ce budget pour 2026. J'ai noté quelques taxes, et il y en a beaucoup. Prolongation d'un an sur la taxe sur le bénéfice des grandes entreprises, taxe sur les mutuelles, taxe sur les holdings patrimoniales, gel du barème de l'impôt sur le revenu, hausse des franchises médicales. La gauche dit qu'elle veut réintroduire la taxe Zuckmann, taxe donc sur les hauts patrimoines. Est-ce que ce n'est pas un peu le concours l'épine de l'impôt ? Ça commence à faire beaucoup quand même.
Vous avez un budget, c'est assez simple. Quand vous voulez trouver de l'argent, vous avez deux solutions. Soit vous baissez les dépenses, soit vous augmentez les impôts. Donc moi je crois qu'il faut plutôt baisser les dépenses. Alors comment on baisse les dépenses ? Par exemple, dans le projet de budget de M. Lecornu, qui n'est pas celui de M. Lecornu, il a expliqué qu'il avait trouvé le budget, il nous le donne comme ça. Il y a une augmentation du nombre de fonctionnaires à l'éducation nationale. Une augmentation. Alors qu'il y a moins d'enfants et qu'on ferme des écoles.
Donc moi je ne suis pas pour baisser le nombre de fonctionnaires tout de suite, de toute façon on n'y arrivera pas, mais au moins qu'on ne l'augmente pas. C'est un exemple de dépenses en moins que je propose de faire.
Le gouvernement prévoit 17 milliards d'efforts sur les dépenses et 14 milliards sur les recettes. 17 milliards sur les dépenses, vous l'avez dit, ce n'est pas assez.
Non, ce n'est pas assez parce qu'encore une fois, nos marges de manœuvre, il faut bien le comprendre, aujourd'hui elles sont plutôt sur les dépenses. Nous, dépensons trop. D'ailleurs, tous les Français le savent. Promenez-vous un peu partout en France, vous n'êtes pas surpris. Je prends cet exemple qui est un peu anecdotique, mais je trouve révélateur. Il y a des ronds-points partout. Tous les 300 mètres, vous trouvez un rond-point. Ça coûte entre 500 000 euros et 2 millions un rond-point. Est-ce qu'ils sont tous utiles ? Vous voyez, en fait, nous devons apprendre la frugalité. La frugalité. On peut être aussi heureux collectivement, probablement en dépensant plus intelligemment.
Nous jetons l'argent par les fenêtres.
On dépense n'importe comment.
Je veux qu'on arrête de jeter l'argent des Français par les fenêtres parce que l'argent public, ça n'existe pas. L'argent public, c'est toujours de l'argent qui est pris dans la poche de quelqu'un. Sur les impôts, Philippe Juvin, vous ne m'avez pas répondu. J'ai cité beaucoup.
La liste est longue.
Oui, il y en a des pages et des pages. Il y a une inventivité fiscale très grande. Alors, on est déjà un pays qui paye beaucoup d'impôts. Absolument. C'est pour ça que je vous dis que les marges de manœuvre, elles sont plutôt sur baisser les dépenses plutôt qu'augmenter les impôts. Mais c'est vrai qu'on a beaucoup de députés, mais c'est leur droit d'ailleurs, qui proposent des augmentations de taxes. Déjà, le gouvernement lui-même augmente de 14 milliards la charge fiscale. Je trouve que c'est beaucoup trop important et qu'il faut revoir probablement à la baisse un certain nombre de ces taxes. Sur la taxe Zuckman, par exemple,
la gauche a dit qu'elle allait vouloir, qu'elle veut la réintroduire par amendement.
Il n'y a pas que la taxe Zuckman. Ça, c'est ce que la gauche propose. Mais le gouvernement lui-même propose une taxe. C'est très technique, mais ça revient quasiment à ça. On appelle ça une taxe sur les holdings. Alors, le mot holding, ça fait toujours sourire parce qu'on a l'impression de voir un patron avec un gros cigare dans une holz. Mais une holding, ça n'existe pas d'ailleurs en droit commercial français. C'est un abus de langage. C'est une société qui... Il y a 20 000 PME ou 30 000 PME qui ont des holdings qui vont être taxés avec cette affaire-là. Et ce sont des PME qui mettent de l'argent de côté en vue de leur transmission ou de futurs investissements.
Ça, le gouvernement veut les taxer. C'est une sorte de taxe Zuckman. C'est absurde. Pourquoi ? Parce qu'il faut bien comprendre que si on veut s'en sortir un jour, ça sera comment ? Évidemment, en ayant dépensé moins, mais en produisant plus. C'est-à-dire qu'il faut produire plus de richesses. Vous savez ? Et donc, si vous taxez Zuckman ou la taxe sur les holdings, vous affaiblissez les sociétés françaises qui, elles, ont besoin d'être aidées. Si vous aviez le taux d'emploi en France égal au taux d'emploi rapporté à la population en âge de travailler de la Hollande, par exemple, nous n'aurions pas de problème de déficit. Nous ne produisons pas assez en France.
Et de grâce, je dis à tous mes camarades et collègues députés et sénateurs de main, n'affectez pas l'outil de production. L'avenir de la France, c'est que nous avons encore une industrie, un commerce, un artisanat. Donc moi, je veux le protéger.
Est-ce que ce budget, il est pris en otage par la gauche et par le Parti Socialiste qui, on le sait, l'EPS a la main sur la censure et aurait pu faire tomber le gouvernement il y a quelques jours ?
Le mot otage, ce n'est pas très glorieux donc je ne vais pas l'utiliser parce que j'ai beaucoup de respect pour tous les députés et à commencer par les députés socialistes qui sont aussi légitimes d'avancer leur pion. Je dis seulement qu'à partir du moment où il n'y a pas de majorité, le risque, c'est qu'on ait un budget qui soit épars et qui n'ait plus de colonne vertébrale et qu'on donne un peu à chacun pour essayer de tricoter une majorité.
Je comprends qu'il faille donner un peu à chaque parti politique mais ça ne peut pas être au détriment d'une colonne vertébrale qui, je le rappelle, est la suivante nous sommes un pays qui dépensons trop nous devons dépenser moins qui ne produit pas assez nous devons produire plus si nous voulons nous en sortir. Vous savez, c'est un état d'esprit. J'attends un état d'esprit. L'état d'esprit, c'est... Du compromis. Comprendre, comprendre qu'il faut faire...
Ça ne va pas être simple.
Qu'il faut faire d'une manière effectivement d'une situation compliquée et qu'il faut avoir les réalités en tête. Un budget, c'est probablement ma mission principale, c'est d'abord un objet économique, ça paraît une évidence de dire ça, ce n'est pas un objet moral. On ne fait pas de la morale avec un budget. C'est de l'économie réelle.
Vous êtes député Les Républicains, rapporteur Philippe Juvin du général de ce budget 2026. Je voulais quand même vous faire parler de cette réforme, cette suspension de la réforme des retraites. Comment on va s'en sortir ?
Je suis très opposé à la suspension ou pire encore à l'annulation. Pourquoi ? Parce qu'on n'annule pas la réalité.
Bien sûr.
On ne suspend pas la réalité.
J'ai longuement écouté Pierre Moscovici qui dit qu'il y a un déficit de 6,6 milliards d'euros sur le financement des retraites sur le régime général en 2025. Il dit que si ça continue comme ça, il y aura 15 milliards en 2035, 30 milliards en 2045. Pierre Moscovici, président de la Cour des Comptes. Donc, on ne peut pas ne rien faire.
Mais bien sûr. Et encore, Moscovici est sympa de ne pas tout vous dire. Ce qu'il ne vous dit pas, c'est que ça, c'est le déficit immédiat. Mais tous les ans, l'État, c'est-à-dire vous, avec vos impôts, vous mettez plusieurs dizaines de milliards, dizaines de milliards, pour équilibrer le budget des retraites. Il faut bien comprendre pourquoi on parle tous des retraites. C'est que, dans le déficit de l'État, le poids des retraites que l'État doit compenser, puisque les caisses de retraite ne sont pas à l'équilibre, compte pour probablement la moitié de la dette accumulée depuis une dizaine d'années.
Donc, si vous ne remettez pas le système des retraites à l'équilibre, vous ne pouvez pas rétablir les finances publiques. En fait, ce n'est pas possible. Et pourtant, on ne va pas y échapper.
La suspension, a priori, sauf rebondissement incroyable, elle va être actée avant Noël. En fait, oui, et moi, je vous ai dit
que vous le regrettez. C'est mon grand regret. Mais en fait, un certain nombre de gens vous disent oui, mais ça ne va pas coûter aussi cher la première année. C'est vrai que la première année, ça ne coûte pas aussi cher. Mais ce n'est pas la question. En fait, le coût, il est bien plus que budgétaire. C'est un coût de paralysie mentale. C'est-à-dire qu'à partir du moment où vous avez dit on a suspendu, les gens ne comprendront pas demain qu'en réalité, il faut travailler plus longtemps.
Philippe Juvin, je voulais aussi vous poser une question sur la guerre ouverte. On peut dire ça chez les Républicains. Bruno Rotaillot appelle à une opposition frontale au gouvernement. Laurent Wauquiez prend la responsabilité. Trois députés LR, je le rappelle quand même aux éditeurs d'Europe 1, ont voté la censure du RN. Quelle est votre position ? Parce qu'on a l'impression qu'il n'y a plus vraiment de ligne claire chez les Républicains. Quelle est la ligne ? C'est la question.
La ligne, je crois que c'est celle que je viens de vous dire. J'ai vu les amendements de mes collègues à un député. Moi, je juge les gens sur le travail qu'ils produisent en réalité et pas sur ce qu'ils disent sur les plateaux de télévision. Parfois, il faudrait d'ailleurs mieux se taire et faire attention à ce qu'on dit.
Il ne fallait pas censurer le budget ?
Non, il ne fallait pas censurer. Pourquoi ? Parce que si vous censurez, vous donnez en fait les clés à la gauche et là, le budget que vous avez devient incontrôlable. Mieux vaut un mauvais budget qu'une censure ? Non, il vaut mieux un budget où on contrôle les choses et on fait en sorte qu'il n'y ait pas trop d'énormité. Et encore une fois, moi, par exemple, je vais proposer que les opérateurs de l'État, vous savez, qui, chaque année, ont des taxes qui leur sont affectées, ces taxes vont produire, produisent tous les ans de l'argent. Moi, je souhaite que l'argent qu'ils ont récupéré en 2025, eh bien, on leur redonne en 2026, pas plus.
Je souhaite que les retraités qui continuent à travailler ne soient pas taxés à l'impôt sur le revenu. Pas d'impôt sur le revenu pour les retraités qui travaillent. Je souhaite que les petits colis chinois qui tuent le commerce, très important, tuent le commerce de centre-ville, on voit tous nos commerces finir, eh bien, qu'on taxe les plateformes chinoises qui tuent notre petit commerce. Je suis pour la concurrence parce que c'est un fruit, un élément de croissance, une concurrence loyale.
Donc, tous ces éléments-là que je mets sur la table dans le débat qui vont permettre de faire des économies et en même temps de sauver l'économie, je pense qu'il n'aurait pas été possible si on avait laissé les clés du camion totalement à un seul parti qui est le Parti Socialiste.
Bon, on espère en tout cas que votre mission qui n'est pas simple va bien se passer. Ça ne va pas être simple, il n'y a pas de 49.3 donc il va falloir concerter tout le monde, prendre les bonnes idées. Bon courage à vous, Philippe Juvin et merci d'avoir été avec nous. Je rappelle que vous êtes rapporteur général du budget, député Les Républicains des Hauts-de-Seine.