Jacques Cardoze : "On m'a empêché d'enquêter sur Mélenchon"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Comment expliquez-vous la suspension puis la réouverture du compte Instagram de L'Incorrect ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez la certitude que la suspension de votre compte Instagram relève d'une erreur ou d'une décision éditoriale ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on est arrivé dans un monde où les médias de droite enquêtent sur les associations de gauche et inversement ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Comment on en est arrivé à cette époque où vous publiez un livre sur les inquisiteurs du service public ?
- 12:00OuverteRéponse directe
À quel moment avez-vous perdu vos illusions sur le journalisme à France Télévision ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Quels sont les thèmes qui posent problème à France Télévision pour l'investigation ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:00Arthur de VatriganChiffre
« En 2025, le montant des dons défiscalisés en France représenterait 3,7 milliards d'euros. »
- 18:00Jacques CardozFait
« Je suis insatiable. Je suis quelqu'un de très curieux et je me rends compte que tout le monde dans une rédaction n'a pas forcément envie de faire du reportage. »
- 28:00Jacques CardozFait
« Il y a une asymétrie de traitement sur l'enquête Jordan Bardella. »
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Sud Radio, le choc des idées. Jean-Marie Bordri. Bienvenue à tous sur Sud Radio dans le choc des idées.
Comme chaque dimanche de 11h à midi avec nos invités qui n'ont pas peur de déranger [musique] par les idées qu'il portent, les informations qu'il révèlent ou les souvenirs qu'il nous racontent. Nous sommes toujours en compagnie de Tur de Vatrigan, directeur de [musique] la rédaction du magazine l'incorrect. Bonjour à vous mon cher vous allez nous parler de votre compte Instagram, celui de votre média d'ailleurs dans un instant parce que finalement il a été rouvert que de péripéti mais avant ça je présente notre invité du jour alors c'est une voix que vous connaissez sur Sud Radio qu'on est très heureux de recevoir.
Il s'agit de Jack Cardos. Bonjour Jacquon. Comment ça va ?
Bonouron ça va très bien merci. Ça fait du bien de vous entendre à cette heure un dimanche. C'est peut-être la le seul horaire que vous n'aviez pas encore fait cette saison sur radio.
C'est vrai. C'est vrai. C'est vrai.
Alors ici j'insiste sur ce terme on est dimanche vous êtes un invité. On vous reçoit pour parler de votre ouvrage Les inquisiteurs. C'est publié chez Fillard.
Vous revenez euh sur Cach Investigation, complément d'enquête. Envoyé spécial le témoignage de l'ancien rédacteur en chef que vous êtes dans les services d'investigation sur le service public. Est-ce que l'investigation du service public est biaisée ?
Est-ce qu'on tape toujours sur les mêmes ? Est-ce qu'on peut enquêter sur tout ? Est-ce que certains ont trop de pouvoir ?
Vous nous raconterez tout ça dans quelques instants jusqu'à midi sur Sud Radio. Mais avant ça, je le disais, bon Arthur de Vatrigan, directeur de la rédaction du magazine L'Incorrect. On a beaucoup parlé dans cette émission de la suppression arbitraire et sans vraie raison du compte Instagram de votre média.
Bonne nouvelle à tous ceux qui nous écoutent et qui tenaient à ce compte. Il a été rouvert. Exactement, il a été rouvert 36 he après une grande mobilisation médiatique.
Et sur les réseaux sociaux, on a reçu un message à 1h37 du matin nous expliquant que finalement le compte n'enfraignait aucune règle et qu'il s'excusait pour les dommages occasionnés. Voilà, donc tact et c'est une bonne nouvelle, ce qui permettra en plus à vos abonnés sur Instagram euh de euh retrouver un certain nombre de vos enquêtes comme celle-ci par exemple sur une association très célèbre SOS Racisme dont vous allez nous parler dans votre carte blanc en Charture. Exactement parce que lundi dernier avec quelques autres médias comme Boulevard Voltaire, Radio Courtoisie, Logim et donc le magazine l'incorrect que je l'honneur de diriger, nous avons lancé une grande enquête sur l'écosystème associatif de gauche.
Alors, c'est nous avons enquêté de longs mois sur plus de 300 associations dites d'intérêt général et qui pour certaines touchent de grosses subventions et tout en tout cas perçoivent des dons défiscalisés. Je rappelle le principe qui est simple, si vous donnez 100 € vous enlevez 66 € de votre déclaration d'impôt. Donc c'est une perte de recette pour l'État.
Il faut savoir qu'en 2025, le montant des dons défiscalisés en France représenterait 3,7 milliards d'euros. Donc je vous laisse imaginer le manque de recette également. [grognement] Mais je précise tout de suite que je suis pour ce principe car je crois bien plus à l'efficacité d'une association de terrain qu'un celle d'un fonctionnaire planqué dans sa tour d'ivoire.
Mais parmi les 300 associations étudiées, une grosse cinquantaine ont retenu notre attention par le système juridique plus que suspect et des gros manquements également. Alors vous n'ignorez pas de savoir queune passoire se révèle bien moins percée que les caisses de l'État en ce moment et que plus que les mois avancent plus ils nous font les poches et à ce rythme on finira en caleçon. Alors en période de canicule, c'est pas très grave mais d'ici quelques mois, on risque de se geler un peu les miquettes et disons que si on peut éviter de brûler des billets par million, ça serait pas mal.
Et donc chaque jour, nous sortons une enquête sur une association suspecte. Il est des associations dont le bilan à lui seul raconte une histoire, celui d' SOS racisme enylon quand parvient à le consulter. Car c'est là le premier paradoxe d'une organisation qui se réclame de la vertu civique et de la transparence.
Ces comptes ont disparu d'espace public depuis 2010. Les derniers chiffres réellement accessibles donc de l'exercice 2009 publié aux journels officiels dessinent un modèle économique singulier sur 900000 € environ de dons d'adhésion et de subvention. Les subventions publiques pèsent 579000 € soit 64 % du total.
Face à ce torent d'argent public, les adhésions ell plafonnent à 18000 € donc 2 % des recettes. En clair, pour 2 € versés par l'État, l'association n'en récolte que quelques centimes auprès de ses militants. Une association dont la base ne finance presque rien.
La formule interroge la nature même de la structure. Autre question, que devient cet argent ? Pour l'essentiel, il paye les salaires.
Les charges d'exploitation de SOS racisme sont constituées à 53 % de salaire et de charge sociale. Et l'association dépense, je cite tout ce qu'elle reçoit, même au-delà puisqu'elle présente des capitaux propres négatifs. Autrement dit, une structure qui consomme intégralement la générosité publique pour faire vivre son appareil sans réserve ni matelas de sécurité, c'est tout de même un peu étrange.
Le décret numéro 2009 540 est pourtant clair. Toute association percevant plus de 14 153000 pardon euros de dons de subvention ou de dons doit déposer ses compte au journal officiel. SOS raciste franchise ce seuil chaque année et rien que pour 2011, elle a touché plus de 350000 € des seuls ministères l'éducation de la ville et la culture et pourtant donc depuis 2010 rien. 15 ans d'opacité en infraction ouverte avec l'article 612-4 du code de commerce.
Et cette opacité n'est pas anodine parce qu'une association qui é ressources fiscaux via la plateforme assauto, laquelle perçoit les dons pour SOS racisme et les lieux reverse à 100 % ouvrant donc au donateur une réduction d'impôts de 66 % engage l'argent du contribuable une seconde fois. Et la loi du 24 août 2021 impose désormais déclarer chaque année le ces reçus. Alors, comment vérifier le respect de cette obligation pour une organisation qui n'oublie aucun compte et comment justifier l'intérêt général condition sinéquanon du Mcenna d'une structure au positionnement militant à sens unique quand la jurisprudence amien 19 octobre 2023 rappelle qu'une activité de plédoyer prépondérante n'est pas d'intérêt général car en 15 ans alors pardon la vraie question c'est pas que SOS racisme c'est le rôle de l'État parce qu'en 15 ans aucun contrôle public connu n'est venu sanctionner ce nom dépôt manifeste ni vérifier l'égibilité de l'association au régime du Messédain.
Comment expliquer cette mensuitude quand d'autres n'ont pas ce privilège et je peux vous en citer pas mal. Donc a une association qui a fait la dénonciation des passes droits l'un de ses fonds de commerce. On aimerait poser la plus simple des questions où sont vos comptes ?
Bon et c'est la question que vous posez. En tout cas, ce que vous trouvez suspect, c'est le manque de transparence en quelque sorte, si j'ai bien compris, mon cher Arthur, ne pas déposer ses comptes et cette infrastr vous relev. Est-ce qu'on est arrivé dans un monde où les médias de droite du coup en l'occurrence la correcte commence à aller chercher et enquêter sur les associations de gauche et des journalistes de gauche vont enquêter toujours sur les associations de droite ?
Ça vous rappelle quelque chose ou pas forcément ? Ça me rappelle quelque chose et je pense que c'est pas c'est tout ça n'est pas très bon pour la démocratie. Euh il fut un temps où euh on parlait pas de médias de gauche, de médias de droite.
Il y avait des médias, il y avait des sensibilités dont on qu'on pouvait euh [grognement] qu'on pouvait deviner. Mais euh tout cela n'était pas un problème. Ça venait pas télescoper la carte de presse.
Et ça fait partie des choses que je raconte dans dans le livre, c'est que je pense que justement on a basculé, on est dans un autre monde aujourd'hui et c'est un c'est un problème. Moi, il y a une question qui m'intéresse concernant ce qui vous est arrivé, c'est est-ce que vous avez la certitude que la suspension de votre compte Instagramel de l'incorrect celui de l'incorrect est une erreur ou bien est-ce que relève d'une autre décision et peut-être d'une d'une décision éditoriale ? Ça relève d'une autre décision parce qu'on a une première suspension.
On pensait que ça venait de notre fête, qu'on aurait pu se tromper, qu' manquait des informations. On a redonné tout ce qu'il fallait, notre carte d'identité, voilà tout ça. Rien.
On a recréé un compte cette fois avec un abonnement payant avec vous savez la petite cartouche qui vous dit que vous êtes un compte officiel et donc derrière vous avez donné le cabis, le numéro de sécurité sociale, bon bref, tout ce qui vous demande la total 24 heures après supprimé. Ça fait bizarre. Ça faisait bizarre.
Et vous avez euh pas possibilité d'avoir des échanges sur on a eu des échanges et nous expliquer. Maintenant, c'est une décision, c'est comme ça. Il est plus possible de créer un compte et vous ne pouvez pas en recréer un si vous voulez contester.
C'est devant les tribunaux maintenant. D'accord. Et c'est grâce à la mobilisation finalement que voilà.
Exactement. Probablement. En tout cas, c'est c'est ça qui me que je trouve enfin c'est c'est une affaire qui est inquiétante.
Ouais. Mais c'est l'arbitraire notamment des G femmes effectivement et c'est très difficile parfois de pouvoir discuter avec eux. Bon, l'avantage c'est qu'ici tout est bien, qui se finit bien en ce qui concerne le magazine l'incorrect mais tous n'auront pas forcément la même chance.
Maintenant, en parlant de chance, on va parler de souvenirs, on va parler d'enquête et on va parler du livre de notre invité, je le disais, les inquisiteurs et inquisitrices. On aurait pu dire d'ailleurs, il y en a une ou deux dont vous parlez notamment une certaine église lucé dans cet ouvrage, Jacquardose, c'est publié chez Far. Sachez que votre ouvrage a été dévoré aussi par Arthur de Vatrix.
Oui, c'est très intéressant parce que il y a il y a plein de choses que dont on soupçonnait ou qu'on pensait ou qu'on reniflait et puis depuis quelques mois, il y a tout qui qui arrive sur la table avec des preuves, avec des choses très précises, avec des faits et donc bah forcément quand on renife quelque chose et que les faits arrivent, on est encore plus content. Mais moi jeis revenir au tout début, c'est quand vous arrivez à France Télévision sera en 94 si je ne me trompe pas, vous y restez 27 ans. Quel jeune journaliste étiez-vous en arrivant et qu'est-ce que cette maison représentait pour vous ?
énorme. C'était euh quelque chose de magique pouvoir être à France Télévision. Euh j'arrive dans le dans le dans le service de Benoît Ducken qui est le créateur de compléments d'enquête euh 10 ans plus tard, enfin 15 ans plus tard, non 6 ans plus tard, pardon.
Et euh et surtout euh bah c'est c'est ce que ce que ça représente, c'est la possibilité de pouvoir raconter, de pouvoir partir sur le terrain. Moi, je suis insatiable. Je suis quelqu'un de très curieux et je me rends compte que tout le monde dans une rédaction n'a pas forcément envie de faire du reportage.
Et là, je me dis euh mais c'est incroyable en fait, on me laisse cette chance- là d'aller sur le terrain, d'aller sur le terrain, de pouvoir raconter des choses. À l'époque France 2 vraiment a beaucoup de moyens. Voilà, on couvre, on a un journal de de Alors, c'est l'époque où c'est l'époque où Bilal Lian et Mazur présentent le 20h.
Daniel Bilalian qui nous a quitté récemment d'ailleurs. Voilà. C'est une époque où d'ailleurs je le raconte ce choix-là, le choix Masure Bilalian qui pour moi est un choix très malicieux, très intelligent de la part de Jean-Luc Manot qui était le directeur de l'info de l'époque.
C'était une façon d'équilibrer, de donner le sentiment en tous les cas d'un certain équilibre. Et moi je suis insatiable. Voilà, je suis je dore et et un peu plus tard, ça fait partie des des choses que je vais raconter dans le livre.
Un peu plus tard, je commence à me poser des questions effectivement sur le rapport de la présidence à la présidence, c'est-à-dire le rapport qu'on peut avoir avec le pouvoir, jusqu'où on peut aller ? Est-ce que ce qu'on nous dit est vrai ? Tu es libre, tu fais ce que tu veux, il y a pas de problème et l'intox, où est l'intox, il y a bien un quelque part.
Je vais je vais et tout ça je vais je vais le comprendre au fil des années. Euh c'est très subtil. Euh mais dans un premier temps, je suis un un jeune Dukens Boys comme on dit dans les dans les couloirs.
On est à une époque où on oppose ce que l'on appelle les odimatologues aux déontologues parce que on est dans le contexte où il y a beaucoup de journalistes ex TF1 qui ont qui ont qui ont migré vers France Télévision, vers France 2 à l'époque. Euh Jean-Michel Carpentier, euh Thierry Tulier, euh Guilène Chenu euh qui vient de TF1 et qui va prendre plus tard la direction d'envoyé spécial. Euh euh voilà, une multitude de journalistes Benoît Duquen évidemment, multitude de journalistes de qualité euh qui ont envie de secouer un peu France 2 qui est perçu comme euh une maison où on prend son temps, où on réfléchit, un peu la belle endormie et euh l'idée de El Cabach, Mano, Harley Chabo, c'est eux trois qui sont aux manettes.
Bah, c'est de secouer un peu ce cette rédaction là et de s'appuyer sur des jeunes reporters. Donc je fais partie de ces jeunes reporters avec d'autres euh pour aller concurrencer complètement TF1 à une époque où il y avait moins de chaîne. Beaucoup il y avait moins de chaîne.
Et puis l'idée c'était on va bousculer, on va faire du fédive, on va aussi faire des choses que on fait moins France 2 historiquement et donc on va se servir de jeunes qui vont qui vont nous servir un petit peu de de de de poil à gratter dans cette RedAC et on va essayer de bousculer tout ça. Ça c'était votre enthousiasme des débuts Jacques Cardos. Comment on en est arrivé à cette époque où vous publiez un livre sur les inquisiteurs du service public ?
À quel moment vous avez perdu vos illusions ? À quel moment au pluriel, il y en a un certain nombre. On va en parler avec vous dans un instant.
Je rappelle votre ouvrage les inquisiteurs, c'est publié chez Fillard et tout de suite dans le choc des idées sur Sud Radio en compagnie d'Arthur de Vatrigan. Sud Radio, [musique] le choc des idées. Jean-Marie Bordri.
Comme chaque dimanche jusqu'à midi en compagnie de nos invités qui n'ont pas peur de déranger les idées reçues, nous sommes en compagnie d'Arthur de Vatrigan, toujours directeur du magazine l'incorrect et de notre invité et en même temps collègue et en même temps confrère Jacques Cardos que vous conna Sud Radio qui vient ici en tant qu'invité puisqu'il publie les Inquisiteurs, un livre d'enquête sur les enquêteurs du service public de la télévision de France télé, c'est publié chez Far. On parle maintenant de Jack Cardos, mon cher Arthur, de Vatrigan. Comment on est passé en quelques années de l'enthousiasme du jeune loup qui débarque, qui veut dévorer le terrain, faire du reportage de l'enquête.
Est-ce qui en est parti un certain mais en quelque sorte désabusé ? C'est un bon résumé, non ? Oui.
Oui. C'est vrai que lorsque je rentre dans le bureau du patron de l'info et que je lui annonce que je m'en vais en juin 2021, mai 2021, euh je à ce moment-là, il sent il sent effectivement on a une discussion d'une heure et il sent que le métier a beaucoup perdu. euh que je suis désabusé, que je comprends pas certains réflexes, que je sens une équipe qui se cabre, je sens une équipe qui traîne la pats et que grosso modo on est moins euh irrévérencieux euh que 10 ou 15 ans avant.
Et ça, pour le coup, j'ai vraiment du mal à l'accepter quoi. Après, ce qu'il faut comprendre dans ma trajectoire et ce qui a peut-être accentué les choses, c'est que j'ai pas toujours vécu en France. J'ai vécu 9 ans à l'étranger et j'ai vécu dans des pays anglo-saxons.
D'ailleurs, je le dis en passant parce que Élise Lu disait "ça c'est ton côté libéral de droite parce que j'avais vécu" Mais c'était c'était sympathique. On avait de bonnes relations d'ailleurs. Euh c'est j'ai vécu 4 ans à Londres et 5 ans aux États-Unis. [grognement] Et cette expérience là forcément elle induit un certain nombre de choses quoi.
Le rapport au pouvoir des journalistes est pas le même. Absolument. Il y a ça et puis il y a le regard aussi sur les mondes libéraux, sur des sur des sociétés où euh certaines certitudes bien ancré à gauche euh en réalité peuvent voler en éclat lorsqu'on l'on connaît bien ces ces ces ces pays-là.
Euh pour reprendre une expression bien connue, la gauche n'a pas le monopole du cœur. Bah c'est quelque chose que je vais retrouver quelque part en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Il y a d'autres travers bien entendu.
En gros, vous en aviez un peu marre du bashing systématique de tout ce qui était libéral et anglo perçu comme libéral et anglo-saxon. Et surtout le pire, je trouve c'est le manque de remise en question, le manque de curiosité, l'incapacité à à à penser contre soi-même qui est une fameuse phrase qu'on répète souvent à complément d'enquête. Mais pour le pour pour le coup, on la répète mais on la fait pas sienne d'une certaine façon.
Et euh moi donc j'ai passé 27 ans, j'ai été reporter, j'ai été reporter étranger, j'ai été j'ai été reporter à envoyé spécial donc à l'époque de Guilen Chenu François Joli au début des années 2000. Euh et tout ce que je tout ce que je vois là à ce moment-là, c'est beaucoup de plaisir, beaucoup de plaisir. Je je dévore le terrain, je pars à l'étranger, on me fait énormément confiance et donc je monte en grade petit à petit.
J'ai été chef du service étranger, puis ensuite reporteur à Londres, envoyé spécial à Londres et puis envoyé spécial à à à Washington. Et lorsque je reviens que je suis nommé à complément d'enquête, c'est là que commence en fait le le livre. Je raconte tout ça.
Euh c'est le début des de la désillusion. Voilà, pas à pas chapitre après chapitre, je raconte que bah tout ce que je croyais va finir par se casser la figure. Arthur de Vatrigan.
Alors justement votre thèse centrale c'est que l'investigation à France Télévision n'est pas sélectionnée quand les sujets d'investigation ne sont pas sélectionnés selon le scandale, selon le la volonté de chercher la vérité ou de révéler une vérité mais selon un camp. Mais alors concrètement ça se passe comment ? Qui prend la décision ?
Comment sont choisis ces ces ces sujets sont-ils choisis ou comment d'autres sujets au contraire sont-ils rejetés carrément ? Comment ça c'est quoi la mécanique ? à complément d'enquête, vous avez une tradition qui est que le lundi matin, conférence de rédaction, comme dans beaucoup de rédactions, toutes les rédactions normalement à à complément d'enquête, la tradition c'est que il faut qu'il y ait une majorité qui se dégage et qui soit favorable pour un sujet.
À partir de là, ça veut dire que si vous mettez en avant un certain nombre d'opinions ou bien que vos opinions dépassent votre curiosité journalistique, j'ai envie de dire, bah à ce moment-là, ça vous il y a vous mettez des freins automatiquement. Et moi ce qui va se passer m'apercevoir pas à pas après un certain nombre de propositions que là où je vais avoir des difficultés, là où l'équipe va se cabrer, là où l'équipe va me contredire, là où l'équipe va sortir tout un tas d'arguments, ça va être systématiquement sur des thèmes pour faire simple qui sont des thèmes ou des questionnements qui sont plus proches des idées de ceux qui votent à droite que ceux qui votent à gauche. En gros, on veut pas faire le jeu du Front National.
C'était la formule éculée à l'époque qu'on entendait tous les jours. Oui, absolument. Et d'ailleurs, ça fait partie des arguments qui me sont opposés.
Euh par exemple, l'un des l'un des l'un des chapitres, c'est la réaction à ce Je vais je vais très vite demander une émission sur ce que j'appelle les violences gratuite, c'estàd que des violences qui ne sont pas classifiées dans une catégorie par le ministère de l'intérieur. Euh parce que l'une de mes impressions, l'un de mes sentiments lorsque je viens de mes reviens de mes 10 ans à l'étranger, c'est que le pays a beaucoup changé, qu'il y a des phénomènes de bande dont on parle beaucoup à ce moment-là. Il y a il y a une violence routière, il y a il y a plusieurs signaux et on va me m'opposer un certain nombre de données valable ou pas valable sur le thème c'est toi qui dit ça, il y a rien qui le prouve.
Euh on va faire un on va faire un enquête exclusive. Euh c'est c'est pas notre histoire. Alors que c'est quoi le sous-entendu de on va faire un enquête exclusive C'est c'est clairement que Bernard de la Billardière est considéré et enquête exclusive est considérée par complément d'enquête comme une émission plutôt favorable aux émissions au testes de droite quoi.
Ouou. En tous les cas c'est même pas ça, c'est même pas favorable aux thèses, faut pas que je dise comme ça. FAV enfin qui traite de sujets dont les électeurs de droite qui intéressent les électeurs de droite.
Voilà, c'est c'est même c'est même juste ça. Quel année, on est en quelle année ça ? Ah ben là, on est en 2018.
Ouais. 2018. Ce qui est drôle, c'est que c'est quelque chose qui est ancré depuis longtemps.
Rappelez-vous, par exemple le 21 avril 2002 quand Jean-Marie Le Pen arrive un peu par surprise au second tour. On a fait longtemps le procès pendant une semaine de TF1 en disant "Ils ont parlé tellement de l'insécurité dans le 20h et dans le 13h que effectivement les Français se sont mis à dire à y croire et à voter Le Pen." C'est intéressant que vous disiez ça parce que euh il faut expliquer pour être tout à fait honnête et ça c'est vrai que c'est un aspect enfin j'en parle un petit peu mais euh le contexte à France Télévision c'est que France Télé a toujours été considérée comme une rédact plutôt favorable on va dire gauche morale quoi.
Voilà plutôt favorable à la gauche. Bon c'est moi je trouve que par certains présentateurs et parfois ça n'a pas toujours été vrai. Parfois, le travail journalistique [grognement] a été tellement bien fait et je pense à la période David Pujadas qui pour moi reste l'exemple par-dessus tout, euh est une période durant laquelle vous ne vous posiez pas la question.
Et à partir du moment où vous ne vous posez pas la question, c'est qu'il a cette capacité à faire en sorte que et bien les problématiques qui traverse l'opinion soit traité de façon égale, qu'elles soient des problématiques entre guillemets favorables plutôt à la gauche plutôt à la droite. C'estàd qu'il avait pas de frein sur le fait d'hiver comme il avait pas de frein sur des questions sociales. Voilà.
Donc à partir du moment où vous avez cette lecture là, il y a en fait personne ne viendra vous chercher des pou. Voilà chose qui va être compliquée pour moi à partir de 2017. Je peux vous donner plein d'autres exemples, hein, évidemment.
Ah ben allez-y, on veut des exemples juste après la la juste après l'émission sur les violences gratuites. Les violences gratuite finalement est une émission que la RedAC accepte de faire un peu à reculon. On va me reprocher d'avoir invité un père éple pleuré qui a perdu son fils poignardé au sortir d'une boîte de nuit sans qu'elle sans que son sans que le crime soit médiatisé parce que le crime était pas classifié si vous voulez comme étant répondant à une logique ou à une problématique.
Et [grognement] moi, j'ai ce côté un peu à rebrousse-poil un peu contradicteur. Et donc je dis mais au contraire c'est précisément ça qu'on va essayer de faire. traitons des violences entre guillemets gratuites.
Qu'est-ce que ça veut dire une violence gratuite ? Et bon, l'émission on l'a fait quelques je je j'essaie d'avancer quelques semaines plus tard, il y a il y a l'affaire entre guillemets l'affaire Mélenchon. Mélenchon, la République, c'est moi.
Ça passe en boucle sur les chaînes de télé. [grognement] Euh pour moi, ça s'impose et j'ai envie qu'on s'intéresse à ce personnage. Et là, à ce moment-là, on m'oppose une fameuse phrase "C'est compliqué, Jacques tu comprends ?
Là, elle est fine au fil des dossiers, on peut pas aller là-dessus. Je connais un peu les opinions des uns et des autres. Alors, sans que ce soit dit, je comprends que il y a des réticences.
Je passe sur Mélenchon, je vais pas passer sur une émission suivante qui est le communautarisme. Et là vraiment ça va vraiment monter, ça va vraiment m'agacer. Et je m'appuie en plus sur un élément objectif qui est que il y a une un projet de loi.
Édouard Philippe à l'époque est au gouvernement. Il y a un projet de loi, il y a la question des imams, je me souviens, il y a la question des mosquées, d'où viennent voilà, il faut légiférer là-dessus et cetera. Je pense que c'est l'essentiel qui est dans ce projet de loi à ce moment-là.
Et nous on propose une émission composée de de trois sujets dont un où je vais un peu prendre ma revanche puisque l'un des trois concerne justement la France insoumise euh et parce que on veut raconter le moment où il y a eu la fracture à la LI où ils vont commencer à considérer avec le mouvement des indigénistes que ils doivent au contraire euh et bien aller dans ce sens favoriser cet électorat là draguer cet électorat flirter cet la purger les autres les laïcar et cetera. Pourtant, Mélenchon a été laïcar. Mais bon, c'est c'est bref, tout ça en tous les cas journalistiquement est absolument passionnant.
Et à ce moment-là, c'est c'est une émission de fachot. Euh un rédacteur en chef adjoint se désolidarise. Une journaliste qui se trouve être une journaliste musulmane me dit et je le comprends très bien mais en même temps je vois pas pourquoi je le raconterai pas me dit c'est c'est un sujet qui est trop sensible pour moi, qui est trop délicat.
Je me déporte quelque part de ce de ce de ce sujet de ce voilà. Et donc je me retrouve un peu minoritaire et pour moi ça veut dire quelque chose si vous voulez, c'est aussi euh voilà les l'évolution des redacles, l'évolution de la société. Et ce sujet-là euh s'ajoute aux autres.
C'est-à-dire que je vais je vais traîner une idée sur la cancelle culture. Alors je viens des États-Unis où la cancel culture a déjà débuté et quelque part on me voit comme étant un peu trop en avance, un peu trop précurseur. Et pourtant il y a des exemples à ce moment-là.
Il y a des exemples dans le milieu de la culture, il y a des exemples sur des sur des festivals. Voilà, il y a des exemples. Enfin, je veux dire, je peux pas inventer cette émission en me reposant uniquement sur les États-Unis et je finirai par faire cette émission qui sera et c'est un pied de nez, ma dernière émission.
Voilà. Donc euh alors il y a plein d'autres exemples dans le livre et je relève également des des exemples dans d'autres émissions, des réflexes dans d'autres émissions que soient pour pour cash ou pour envoyer spécial parce que plus tard à partir de 2023 là j'ai quitté France Télé en 21 euh en 2023 je commence à évoquer ces idéesl les les les les le récit que je fais là de façon plus moins précise et on est dans une période où il y a pas encore eu la commission d'enquête qui va considérablement à mon avis changer les choses sur l'audiovisuel sur l'audiovisuel public qui a été tenu cette année et dont le rapporteur était Charles à l'oncle et puis et puis j'ai je je je vois à un moment donné l'une des réponses de France Télé et l'une des réponses de France Télé écrite au rapporteur là il y a quelques mois c'est bah les exemples qui sont donnés par Jacques Cardose ne sont pas significatifs c'est quelques exemples. Voilà, je note qu' vont pas sur le fond euh mais qui considèrent que et à ce moment-là, mon sang ne fait qu'un tour parce que moi quand on me pique forcément, bah voilà, c'est pas que je veux avoir le dernier mot, c'est que je veux faire en sorte que cette démonstration, elle soit utile au débat et donc j'essaie de fouiller dans ma mémoire et de me dire "Bon bah, il va falloir reprendre le récit, va falloir prendre d'autres exemples et je vais pas seulement prendre les exemples de compléments, je vais aussi prendre les exemples des autres émissions de cash investigation d'envoyé spécial." Là, on a parlé avec vous Jacques Cardos, des cibles qui étaient un peu difficiles pour le service public.
C'est plus compliqué de taper sur la France, c'est plus compliqué manifestement de taper sur l'islamisme. On va parler maintenant des cibles plus faciles puisque manifestement, on aime bien aussi taper souvent sur les mêmes. Vous nous direz lesquels dans un instant avec Arthur de Vatrigan.
Je le rappelle, vous publiez chez Fillard les Inquisiteurs. À tout de suite sur Sud Radio. Sud Radio, le choc des idées.
Jean-Marie Bordri. Bienvenue à tous dans le choc des idées. Si vous nous rejoignez, nous sommes ensemble jusqu'à midi comme chaque dimanche en compagnie d'Arthur de Vatrigan, directeur du magazine L'incorrect et cette fois-ci de notre invité, notre bah collègue, notre confrère tout simplement Jacques Cardos qui publie les Inquisiteurs chez Fillar.
On parle de l'investigation souvent biaisée, c'est ce que vous nous expliquerez sur les médias du service public, en particulier à France Télévision, Cache Investigation, envoyé spécial complément d'enquête. C'est ce que vous décrivez notamment par le fait que souvent sont les mêmes cibles sur lesquelles on aime bien enquêter. Si je résume, c'est ça.
C'està-dire que je je je j'utilise une formule qui est euh j'essaie d'opposer pour essayer de faire en sorte que les le grand public comprenne bien. Il y a on va dire les thèmes de confort et puis il y a les thèmes à propos desquels systématiquement l'équipe va se cabrer, l'équipe va reculer, l'équipe va prendre des faux prétextes et cetera. Alors, on a beaucoup parlé de des sujets sur lesquels il y avait des freins.
Les sujets de confort, c'est quoi ? Ben, lorsque ça nourrit culturellement ses pensées, ça devient un sujet de confort. Par exemple, je prends l'exemple de l'affaire Adama Traoré qui pour moi est un exemple assez significatif.
Pourquoi ? [grognement] Parce que quand on fait de l'investigation, je pense qu'on doit vraiment mettre de côté la question du de de du ressenti, de l'émotion. Et évidemment que après la mort de ce garçon, le pays est ému.
On se demande si effectivement c'est pas un acte raciste de la part de la police. Il y a des questions qui se posent. Il y a une partie de la presse notamment Libération qui va en faire sa une à peu près tous les jours et je peux le comprendre.
Je veux dire Libération a son positionnement, c'est un journal privé, il a il a un positionnement qui est clair avec un patron qui annonce clairement la couleur et cetera. Bon, pas de problème. Médiia du service public.
On se doit d'être neutre et on se doit d'essayer de faire en sorte que au moins il y a une forme d'honnêteté intellectuelle et surtout que je parte dans une direction qui va pas être la bonne. Et donc je pense que je je freine des cas de fer de semaine en semaine. Alors je racontais tout à l'heure que de lundi en lundi, on se dit euh bah parce qu'il faut lancer des investigations pour plusieurs mois.
Donc on se dit qu'est-ce qui tiendra dans l'histoire dans 6 mois, dans 1 an, qui parlera suffisamment aux téléspectateurs et qui en même temps alors à à c'est vrai que l'affaire Adama Traoré devient une affaire nationale et que de ce point de vue-là, on m'oppose que ça va être une une information majeure et que donc il faut la traiter. Sauf que la traiter à ce moment-là, ça veut dire poser la question de savoir si la la police n'est pas raciste. Parce que comment j'aurais pu le traiter différemment ?
J'allais pas dire Matraoré une affaire comme une autre, j'en sais rien, une bavure et cetera. Enfin c'est pas à la hauteur d'une émission d'investigation. Mission d'investigation, on a 60 minutes, il y a des pistes, il faut il faut creuser, il faut aller poser beaucoup de questions, mettre en cause et si possible monter d'un étage à l'autre de de de 10 minutes en 10 minutes.
Ça veut dire que quelque part on va monter jusqu commissaire de l'intérieur et que je vais me retrouver dans les fauteuils rouges face au ministre de l'intérieur et que je vais lui dire "Bon bah c'est pas une bavure en fait. C'est il y a un moment donné où est-ce que c'est pas un acte délibéré de vos policiers actes racist la preuve d'un racisme systémique tel que c'est plaidé par une bonne partie de la gauche. Voilà.
Et donc et donc je vais freiner des cas de fer et l'histoire montre que heureusement que je n'ai pas cédé à ça. Heureusement que je n'ai pas cédé à ça. Pourquoi ?
C'est parce que il y a eu trois jugements qui sont très clairs et qui expliquent que non, il y a pas d'acte raciste de la part des policiers et que voilà, c'est une affaire absolument dramatique mais heureusement que je n'ai que je me suis pas installé dans cette information de confort qui aurait conforté des idées, une opinion, un soupçon et mais ça c'est de l'opinion politique, c'est pas un travail journalistique. Voilà, justement sur les sujets que de vos vos anciens collègues aimaient bien sélectionner en tout cas préférer s'engager avec beaucoup de volonté, beaucoup d'enthousiasme au-delà des sujets de société, on va dire, c'est des sujets politiques et justement comme vous parliez de la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, vous avez affirmé dans cette commission, vous êtes interrogé que euh il y avait une une demande d'enquête sur Jordan Bardella, la veille des européennes de 2024. avec la consigne de mémoire et je cite c'est un verbeatible de ne pas le rater.
Euh qui donne ce genre ce genre d'ordre euh parce que ça veut dire s'il y a une consigne c'est que ça vient forcément de quelqu'un et comment réagissent les journalistes à ce moment-là parce que c'est quand même étonnant. Alors oui oui. Alors je je j'explique de façon circonstanciée à chaque fois comment ça s'est passé et quelles phrases ont été dites et à quel moment et par qui.
Euh parce que justement et c'est pas c'est très important de le dire, il y a pas de règlement de compte à l'égard de qui que ce soit. Euh, j'en profite pour faire une petite parenthèse qui est importante. Moi, je j'ai pas été viré de France 2.
Je je j'ai j'ai j'ai demandé à partir. Je suis passé par un un plan de départ volontaire qui présentait l'avantage de ne pas mettre dans la confidence directement mes responsables mais de passer par une société privée qui le gérait. J'ai pas été mis en difficulté au sens où on m'a pas retiré des émissions, retiré des journalistes et cetera.
On pas cherché à vous faire partir. On va pas cherché à me faire partir. Et d'ailleurs au moment où j'annonce mon départ, on me dit "Tu es sûr ? tu veux pas une autre émission, pense à ça.
Il y aura peut-être ça comme option. On a ton nom a circulé pour un poste de direction récemment, ça va revenir et cetera. Je je et je raconte que j'ai 55 ans au moment où je pars, j'aurais pu rester jusqu'à 70 ans.
Il y avait absolument mais aucun doute là-dessus sur le fait que très bien payé, je pouvais rester. Donc je reviens à l'histoire Bardella. Donc mon mon départ enfin quand je décide de partir et donc il y a pas de rencœur contre il y a pas de rencœur dans ce que j'écrit mais ce que j'écrit j'essaie de faire en sorte que le lecteur se dise qu'est-ce qui fait qu'il y a une asymétrie de traitement pourquoi quels sont les éléments qui me permettent de dire ça la l'affaire Bardella, elle est symptomatique pour plusieurs raisons.
On décide de faire une une enquête sur Jordan Bardella 1 an avant les européennes. une une enquête, il lui il lui faut un an pour être fabriqué et il faut qu'elle soit diffusée suffisamment de temps avant l'élection pour pas être comptabilisé comme un temps de parole problématique et cetera. Donc elle peut pas rentrer dans les 3 4 mois qui précède l'élection européenne à le début juin.
Il la programme fin janvier. Il se trouve qu'au printemps qui précède, je travaille pour une société de production, c'est une aventure qui va durer 6 mois, pas longtemps, mais je travaille pour une société de production euh qui est une société de production qui travaille pour différentes chaînes et je vais avoir à connaître par différentes entretiens, je vais avoir à connaître la le début de la fabrication de ce Jordan de Bardella de cette enquête là. Et à un moment donné, un rédacteur en chef de complément d'enquête, donc France 2, qui est donc un ancien de mes collègues, me dit "Celle-là, je n'ai pas le droit de la rater." Donc oui, cette phrase là me choque et j'apprendrai plus tard que ça me choque qu'on qu'on la programme peu de temps avant une élection euh parce que rien ne l'y oblige.
Euh ça me choque qu'on le fasse et qu'on ne le fasse pas pour d'autres candidats. On va et ça me choque enfin quand j'apprends que on prépare une enquête sur Gabriel Atal qu'on abandonne et même ça je suis pas le seul à être choqué puisque même l'équipe de complément d'enquête va protester officiellement auprès du directeur de l'info de l'époque et Delphine Ernot devra s'expliquer devant la commission des affaires culturell la présidente de France Télé et expliquer que le le l'enquête sur Gabriel Atal ils auraient pas eu le temps de la faire Ce qui à mon sens n'est pas le bon argument parce que parce que il nous est arrivé de faire des enquêtes en très peu de temps en un mois et demi ou en de mois. Lorsque vous voulez vraiment la faire, vous mettez beaucoup plus de moyens.
Vous multipliez les équipes. Vous confiez par exemple à l'une faire 10 minutes et se concentrer sur l'enfance. L'autre ça va être voyez, vous choisissez angle par angle.
Mais alors, allons au boule. Bon, parlons vrai, on est sur Sud Radio. Si c'est pas pour une raison de temps et de timing de délai qu'elle a été abandonnée, pourquoi elle a été abandonnée ? et que c'est clairement l'idée clairement d'essayer de trouver du sale sur Jordan Bardella pour le déstabiliser en pleine période de campagne électorale et à l'inverse celle de Gabriel Atal.
Je laisse le silence, on est à la radio. Oui, c'est c'est silence et petit sourire et petit rictus qui va avec. Gabriel Atal à ce moment-là est aux affaires.
Voilà, c'est et c'est là où je ça alimente ma thèse qui est que on est moins irrévérencieux à l'égard du pouvoir en général et encore plus aujourd'hui à l'égard du pouvoir qui est aux manettes. Voilà. Donc alors il faut là-dessus, il faut être honnête.
France Télé n'a jamais été très irrévérencieux à l'égard des pouvoirs soit de droite ou de gauche. Voilà, c'est vrai à l'époque Sarkozy, c'est vrai à l'époque Chirac, c'est vrai ça pour le coup c'est le problème des télévisions publiques. Vous dépendez de l'argent public, vous dépendez du pouvoir aussi.
J'avais un collègue récemment qui me disait au téléphone "Regarde notre couverture de la Russie, est-ce que tu as déjà vu dans la bouche d'un des journalistes à France info un discours qui soit contraire à celui du Kedoret ?" Ça n'arrive jamais. Voilà, même sous forme de questionnement.
Et je et je trouve que pour le débat ça n'est pas sain, ce n'est pas bien. Donc il y a une asymétrie de traitement sur l'enquête Jordan Bardella et honnêtement ça aurait pu être sur n'importe qui. Il se trouve que j'ai les éléments qui me permettent de le dire sur l'enquête Jordan Bardella.
Je le dis, c'est significatif. Peut-être qu'il y a plus de ressenti à l'égard de celui qui peut être porteur de la candidature présidentielle pour le RN que pour n'importe quel autre candidat de droite. Peut-être qu'il y a ça aussi.
C'estàd que le voyez c'estàdire que la perception entre guillemets antiN est peut-être plus forte encore à l'égard de France Télé mais on est dans un contexte où on fait pas trop de mal au pouvoir qui est en place et puis bah si on continue la symétrie de traitement pardon mais moi j'ai jamais vu d'enquête vraiment ébourifante sur Jean-Luc Mélenchon ébourfante sur François Hollande et puis et puis je peux continuer la litanie enfin je veux dire sur tous les autres. Donc si vous voulez, c'est pas seulement une question comptable parce que je sais ce qu'on va me dire. Euh quand j'ai quand j'ai révélé l'affaire Mélenchon, euh une des euh une des députés socialistes m'a dit "Monsieur Cardose, je comprends pas bien euh il y a il y a quand même eu quelques mois plus tard une enquête sur Jean-Luc Mélenchon." Alors je lui j'essaie de lui expliquer que en réalité si on regarde de 2017 à aujourd'hui, il y en a eu quatre.
La première, c'est le communautarisme. C'est sous ma responsabilité, c'est entre guillemets moi qui l'ai faite. Euh la deuxème, elle est déclenché peu de temps après mes déclarations de façon opportune h sur des éléments qui en réalité datent de 10 ans en arrière puisqu'il s'agit des comptes de campagne de la LFI.
Donc c'est franchement très vieux et c'est pas du tout significatif et en plus c'est pas vraiment sur Mélenchon, c'est plus sur Chikirou et Lacom et cetera et cetera. Finalement, ils vont réussir à faire quand même une enquête sur Jean-Luc Méenchon, mais elle va sortir en 2024 ou 2025. Combien par opposition, je balance ça comme ça, combien d'enquêtes sur SarkoZi ?
Combien d'enquêtes sur le monde boloré ? qu'on met une enquête sur j'en sais rien Philippe Deviler sur le puit du fou sur voilà faisons l'addition de tout ce qui a été fait sur une certaine droite qu'on va opposer à une certaine gauche enfin je veux dire faut pas être grand clair pour comprendre que ben voilà il y a un parti prix il y a il y a des biais alors c'est peut-être qu'ils en sont aussi et et pour répondre précisément à votre question un il y a pas de directive de la présidence de il y a pas de directive de la direction général 3 lorsque vous êtes aux manettes d'une émission comme celle-là. Il y a deux biais dans votre tête.
Il y a votre histoire culturelle et puis il y a euh imperceptiblement qui est au pouvoir, qui est au-dessus de moi, est-ce que j'y vais ? Est-ce que j'y vais pas ? Par exemple, je prends l'exemple et je fais exprès de le prendre comme exemple dans les inquisiteurs.
Je parle, je je je Il y a eu l'affaire Jean-Vincent Placé dont on a très très peu parlé dans les médias. Bon, je sais que mon directeur général a été au bureau d'Europe écologie les vert et qu'il a occupé une fonction très importante puisque l'histoire de monsieur Sid Gomez, c'est que il a été engagé [grognement] politiquement très tôt à la gage à l'âge de 14 ou 15 ans très brillant et cetera. Bref, on rappelle que Jean-Vincent Placé a été coprésident du groupe Europe écologie des ver à l'Assemblée nationale.
Voilà. Et donc et donc mon directeur général est proche, je le sais, idéologiquement de de des gens comme Duflo et de Jean-Vincent placé. Forcément, il a il a travaillé avec lui.
C'est son histoire. C'est son histoire. Bon, quand vous êtes à la fois présentateur, rédacteur en chef, est-ce qu'il n'est pas sain de se poser la question de savoir si vous vous dites pas "Bah, j'en va s'en placer Jacques tu sais tu tu tu vois le problème avec ceci de B Gomez." Je dis attention hein, il m'a jamais rien dit.
On s'est croisé quelque fois, on a eu des discussions et cetera. Il a jamais rien dit, il a jamais demandé quoi que ce soit. Mais à l'inverse, vous vous posez la question et vous vous dites "Est-ce que je le fais ?
Est-ce que je le fais pas ? Est-ce qu'on va Est-ce que finalement on va pas rien me dire mais en même temps prendre d'autres prétextes pour l'année d'après m'enlever une émission, me faire des remarques ? C'est une forme de contrôle social imperceptible en quelque sorte.
Vo résumé Jean-Marie. C'est c'est ça c'est ça l'histoire et c'est ça qui fait que vous avez des c'est beaucoup plus beaucoup plus fin voilà que ça que une directive très claire. Il y a pas besoin.
C'est une ambiance en quelque sorte. Allez, maintenant qu'on a parlé de l'ambiance, on va parler aussi des têtes d'affiches. Il y a une personne dont vous parlez beaucoup qui est une journaliste très célèbre que Sud Radio connaît bien parce qu'on l'a beaucoup reçu d'ailleurs notamment dans l'émission média de Valérie Expert et Gill Gman.
Élise Lucé, est-ce qu'elle a trop de pouvoir au sein de France T [musique] de France Télévision ? On va en parler avec vous Jacques Cardose. Dans un instant à tout de suite sur Sud Radio.
Sud Radio, le choc des idées. Jean-Marie Borderri avec notre invité Jacques Cardos qui publie les Inquisiteurs chez Fillard. un livre justement d'enquête sur les enquêteurs du service public de la télévision, c'est-à-dire de France Télévision.
On parle de CACH investigation, complément d'enquête envoyé spécial et de tous les billets éditoriaux qui peuvent soutendre leur production. Nous sommes toujours en compagnie d'Arthur de Vatrigan, directeur du magazine L'incorrect. Jacques Cardose.
Vous publiez les inquisiteurs mais on pense beaucoup à une inquisitrice dans ce livre. C'est Éise Lucet. C'est peut-être la journaliste du service public, l'une des journalistes du service public les plus connues, peut-être les plus puissantes aussi.
La plus puissante. Et puis euh c'est la c'est la journaliste préférée des Français euh en matière d'investigation, il faut le dire. Enfin, je sais pas si euh c'est encore le cas sur les derniers classements, mais pendant très longtemps, tous les cas, elle a été considérée comme tel.
Et euh je l'explique dans le dans le livre, ce qu'elle a réussi et est très fort. Je veux dire, elle a réussi effectivement à imposer une émission comme Cach qui à mon avis et c'est aussi la thèse de mon livre, c'est que je considère pas que ces émissions ne sont pas utiles, je considère qu'elles sont totalement utiles. Je ce que je veux, c'est essayer de poser un débat sur l'honnêteté intellectuelle, l'équité, les asymétries de traitement.
Voilà. Donc et Élise, elle a réussi quelque chose de très fort pour Cach. Je pense qu'il y a eu un certain nombre d'erreurs qui ont été commises, notamment le fait de lui avoir confié aussi Envoyé Spécial parce que Envoyé Spécial est passé d'une émission qui était reportag des reportages très grand public.
On avait l'habitude de dire que c'était une émission, ça devait être le paris match de la télé. Je précise aux auditeurs, moi j'ai travaillé 4 ans là-bas. J'ai eu la chance de travailler avec Paul Naon et Bernardin Benjamin qui ont créé cette émission puis 4 ans avec Guyan et Françoise.
J'ai j'ai voilà, j'ai fait pas mal de de mags avec eux. Honnêtement, toutes ces questions là, enfin, je veux dire, c'était une émission dans laquelle il y avait de la consommation, des faits de société, de l'étranger, de la découverte et jamais il y avait des questions jamais l'idée d'enquête en fait venait vraiment quelque part perturber le discours et Élise comme elle a une personnalité très forte et que elle est à la tête d'une émission d'investigation très forte qui est cache avec une ligne très particulière, elle reviendra peut-être, je trouve que le fait de lui avoir confié aussi envoyé spécial à mon avis qui perturbe et brouille l'image d'une part du téléspectateur les gardes envoyé et par ailleurs, elle a ça lui a ça lui a donné encore plus envie de faire ce qu'elle a en elle qui est de l'enquête pour envoyer et au final on finit par tout confondre et par ailleurs, c'est l'une de mes phrases favorites, il y a pas de quoi faire 50 scandales dans l'année. Donc il faut arrêter aussi de penser que en plus des caches qui sont nécessaires, ils ont encore fait un travail super là récemment, euh il y a pas on peut pas partir du présupposer qu'on va faire 30 envoyés et 30 compléments où il va y avoir dedans plein de choses à déterrer et à aller chercher parce que à partir du moment où c'est le cahier des charges de départ qui n'est pas le cahier des charges d'origine.
Ouais. À partir du moment où c'est le cahier des charges de départ, vous dites en fait à vos journalistes, bah allez gratter quoi. Trouve, trouve, va gratter.
Si je te dis faisons une enquête sur le glyphosate, va falloir trouver des choses sales sur le glyphosate. Bon, je raconte dans le livre que pour moi c'est une catastrophe cette émission. D'ailleurs, elle a été dépubliée très très vite.
Bon, une enquête à charge sur le glyphosate sur lequel il y avait des choses à dire de façon tout à fait objective, vraie question et cetera. Ils invent un test qui s'appelle le glyphotest. Et là, bon, je raconte dans le dans dans le détail euh ce qui ce qui va faire que à mon avis, on arrive à une cata et comment il se plante et comment il se plantente.
Bon voilà. Bon bref, ça peut arriver aussi hein de se tromper. Bon, c'est c'est c'était une grosse erreur.
Bon, mais c'est aussi parce que à un moment donné, vous en rajoutez sur le nombre de d'enquête possibles de parce que on sait que c'est ce qui marche, quoi. Grosso modo, on sait ce qui ah on va on va déterrer un truc, on va raconter un truc nouveau et cetera. Et les émissions de reportage un peu classiques, elles marchent moins.
Oui, mais c'est pas forcément le rôle du service public. Le rôle du service public, c'est aussi d'envoyer spécial, de continuer avec des belles histoires de français à l'étranger, comme c'était à l'époque de Paul et Bernard. les médecins euh j'en sais rien moi, le chef d'entreprise qui a réussi, bah c'est moins dans le logiciel d'Élise Lu et euh moi qui ai vécu 10 ans à l'étranger, pour moi, voir un patron qui a réussi, j'ai pas tendance d'abord à penser les comptes sont bidon, il a défiscalisé, j'ai plutôt tendance à commencer par dire pourquoi il a réussi, comment il a réussi, est-ce qu'il avait intéressé.
Voilà, autre mentalité. Mais justement avec tous ces biais, avec tous les témoignages que vous nous racontez, les orientations alors qui sont dus en effet euh aux histoires personnel hein, le l'objectivité n'existe pas. Nous sommes que des journalistes objectifs honnêtes, subjectif honnête, pardon, c'est le principe.
Mais France Télévision, c'est quand même un un média qui a beaucoup de salariés, beaucoup d'employés. Je sais plus le chiffre exact, je crois que c'était 9000 avec Radio France. Ouais, c'est ça. 9000, ce qu'on appelle ETP.
Équival ETP équivalent temps plein. Euh, je me dis avec ces 9000 ETP, pourquoi personne ne réagit, pourquoi personne ne se lève, ne se dénonce des méthodes, ne refuse, se met en grève ? Il y a des syndicats journalistes, il y a des directeurs de bah très peu.
Non, mais là, il y a beaucoup de choses qui se passent depuis 2 ans depuis la depuis la commission d'enquête, là, ça libère la parole. Il y a le meou du journalisme public. Mais avant on les entendait pas beaucoup.
Vous avez raison. Pourtant 9000 salariés. Alors alors deux choses par rapport à ça.
C'est très important de revenir à 2017-208. Qu'est-ce qui s'est passé en 2017 au moment où moi je suis nommé à la tête de complément d'enquête ? quelques mois qui quelques mois avant, on apprend que la présidence et la direction de l'info veulent réduire le nombre d'émissions, les envoyés et les compléments.
Élise vient d'être nommée par Michel Field 1 an avant ou 2 ans avant et donc elle est toute puissante. Elle a maintenant les deux tiers. Elle a un cash, elle a un envoyé et elle aura même bientôt complément qui sera intégré.
C'est un autre aspect que je raconte parce que on voulait doper artificiellement l'audience d'envoyer grâce à celle de complément. Donc on dit "On va faire une soirée global." Ça n'a duré qu'un an, 2 ans avant que j'arrive.
Et en fait pourquoi je raconte cet épisode là ? Parce que à ce moment-là, Élise Lu sort son hashtag, "Touche pas à mon info, elle appelle des des artistes, elle appelle des sportifs, grosso modo, elle fout le bazar en plein Paris. La présidence est paniquée, la direction générale est paniquée.
J'en sais quelque chose puisque je suis à ce moment-là dans les petits papiers de la direction puisque c'est la fin de mon mandat en à à Washington que j'échange avec mes patrons, que je sais ce qui se passe et que je suodor qui y aura peut-être une place à prendre, voilà, et cetera. Et au moment où on me confie les reennes de l'émission, ça fait partie des discussions. On parle de ça.
On parle du fait que euh il va falloir aussi peut-être un peu équilibrer parce qu'on peut pas avoir une proposition magazine qui soit aussi forte d'un côté et moins entre guillemets de l'autre euh et que il faut essayer de rendre cette honnêteté journalistique. Donc preuve que c'était bien un souci pour la présidence et la direction générale et c'est normal. Et donc pour répondre à votre question, pourquoi personne ne s'élève ?
Ma thèse n'appartient qu'à moi mais je je peux vous garantir qu'il y en a beaucoup qui le pensent à France Télévision. Elle fiche les jetons à tellement de gens, elle fait peur à tellement de gens, y compris à la présidence que et ben on finit par se ranger à à à son positionnement. Et de quoi on a peur ? sonne à la porte avec une caméra pour vous poser trois questions.
Non non, j'ajoute de deux choses. C'est que Michel Field qui euh euh à ce moment-là vient de se prendre deux motions de défiance de la société des journalistes, ça le contraint à partir. Ça contraint Delphine Ernote à changer donc sa tangue à ce moment-là de changer de patron de l'info.
Elle choisit Yannick leanchant et Pascal Dussbon, des gens que je connais depuis 94 depuis que j'ai commencé et des gens qui voilà journalistiquement veulent quelque chose de clair, de clean à l'antenne et il y a aucun doute là-dessus. Et donc ça fait ils connaissent aussi Élise avec ses ses forces et ses faiblesses, sa force et sa capacité à y aller. Ses faiblesses selon moi, c'est aussi un certain bien idéologique.
Bon euh euh et donc à ce moment-là, il y a il y a l'idée d'essayer de d'équilibrer un petit peu ça et et il y a une réda qui potentiellement peut basculer contre la présidence, contre la direction de l'info, non pas sur la question éditoriale mais sur la question du nombre d'émissions. Et je le raconte dans le détail, si on vous menace sur le nombre d'émission, ça veut dire quoi ? Ça veut dire moins de journalistes, ça veut dire moins d'argent, ça veut dire moins de moyens.
Mais voilà, mais c'est tout simple en fait. C'est c'est totalement prosaïque. C'est en fait j'ai peur de j'ai peur de perdre mon boulot.
Est-ce qu'elle a un côté gourou Éise lucé ? Parce que c'est ce que vous dites. Un côté Zoro gourou.
Gourou. Bah gourou et Zoro les deux. Zoro c'est Ah bah gourou c'est gourou c'est parce que elle exerce une forme de fascination.
Comme je le dis, je le dis comme ça, elle a marqué une génération, elle a marqué une une génération pour cette ambivalence parce qu'à la fois elle y va et puis bah du coup on passe un peu sur les présupposés et cetera. On sait que telle émission, elle est bidon, que telle émission c'était pas terrible mais on se dit au final on a quand même quelqu'un de fort et qui y va. et donc à l'intérieur de France Télé.
Et puis après vous savez il faut quelque chose qu'il faut pas sous-estimer, c'est que vous avez beaucoup de gens qui espèrent monter en grade, passer de l'actu au magazine donc ils vont pas aller s'opposer à Élise Lu pas possible c'est elle qui a les reenes et ce sera le mot de la fin en quelque sorte c'est elle qui a les reennes effectivement merci beaucoup Jacques Cardos d'être intervenu sur Sud Radio. Je le rappelle vous publiez les inquisiteurs chez Fillard. Le journalisme reconnaîtra les siens, on pourra le dire comme ça.
Merci Arthur de Vatrigan, directeur du magazine L'incorrect, toujours disponible dans vos kiosques avec en une Welbec. Welbec qui parle de Dantech. Exactement.
À retrouver dans vos kiosques évidemment. Jacques, on vous retrouve à l'antenne demain matin. Demain matin avec plaisir 6h57 précisément pour le passage aux manettes du grand matin.
Sud radio évidemment à l'heure comme toujours. Et quant à moi, je vous laisse en la compagnie de Laurent Permas juste après-midi. Vous allez vous allez le retrouver pardon pour la vie devant nous.
Je vous souhaite un agréable dimanche et puis allez les bleus, toujours.