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interviewC à vous (sur YouTube)· 22 avril 2025 4 min

Les trésors de Doisneau - L’Œil de Pierre Lescure

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

J'ai oublié le nom du plat...

C'est grec. Tout de suite, L'OEil de Pierre. - P.Lescure: Je ne vais pas présenter R.Doisneau.

Mais je vais vous dire qu'il faut foncer voir l'exposition, la plus grande depuis 20 ans, qui lui est consacrée. On pourrait dire qu'il a photographié tous les hommes, toutes les femmes et tous les enfants de France. 400 photos sur les 450 000 qu'il a prises.

Il a au moins appuyé 450 000 fois sur l'obturateur, un peu comme C.Lelouch qui a filmé toute sa vie comme il respire. - R.Doisneau: Je n'aime pas beaucoup voyager.

Ce qui me plaît beaucoup, c'est montrer le merveilleux dans la vie quotidienne de façon à ce qu'un homme pressé qui passe dans la rue avec des oeillères devant se dise: "Je suis passé là, je n'ai rien vu, la prochaine fois, je serai éveillé." Malgré les perfectionnements techniques, il faudrait qu'avant tout, on sente la présence d'un homme derrière l'appareil, mais surtout, l'amour de cet homme. - P.Lescure: Il disait ça en 1964.

Son regard de photographe et son beau regard d'homme ressemblaient à énormément de ses sujets masculins. Il respirait une humanité et son sourire était craquant. - Aviez-vous remarqué que sur ces photos, les personnes sourient gentiment à R.Doisneau? - Evidemment, c'est normal puisqu'il y a des gens qu'on photographie qui sont heureux de voir celui qui les photographiait.

Ils sont mis en confiance. Ca dépend beaucoup de la gueule du photographe. - P.Lescure: Vous êtes d'accord, les filles? - C.Gainsbourg: Il ne faisait pas de mise en scène.

Tout était spontané? Même le petit garçon? - P.Lescure: Non, il y a quelques mises en scène, mais il aimait le naturel.

L'expo, vous avez le temps, elle vient de démarrer, jusqu'à la mi-octobre au musée Maillol. Ses 2 filles ont assisté la commissaire de l'exposition. Elles veillent sur les travaux de leur père. - Là, ce sont tous les négatifs numérotés, classés, répertoriés par mon père.

Sur le négatif, il y a la date, le lieu. Là, ce sont des 24/36, ce sont les bandes. - P.Lescure: Vous en avez 400 dans l'expo.

R.Doisneau et son sens du bon titre. En 1953, "Les bouchers mélomanes".

En 1960, il voit un char et une poussette. Il écrit "Véhicule militaire". Et cette photo, les premiers congés payés et ce gamin qui va sauter.

Il évoquait 3 traits de caractère qui évoquaient peut-être son talent et sa passion. - R.Doisneau: Pour essayer de justifier cette activité qui n'arrête pas, même malgré mon âge, je crois qu'il y a 3 éléments qui jouent.

Il y a la curiosité, la désobéissance et puis, de temps en temps, l'émerveillement. - P.Lescure: Une dernière photo.

On connaît le baiser iconique de l'hôtel de ville. Regardez celui-ci qu'il a intitulé "Le baiser valsé". Le valseur ne voit pas que sa cavalière adresse un baiser à un autre.

C'est la vie!