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AutreFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 27 mars 2026 37 minContradictoireMixteCulture, médias & sport

Céline Dion, Rosalia… Méga concerts : on prend nos billets ou pas ?

Source d'origine 3 locuteurs

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Propositif 13 %

Temps de parole

  • Invité32 %
  • Invité 225 %
  • Présentateur22 %
  • Auditeur5 %
  • Auditeur 25 %
  • Auditeur 34 %
  • Auditeur 43 %
  • Auditeur 53 %

5,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

France Inter, France Inter, le 18-20, Amélie Perrier. Ça va être la guerre la semaine prochaine. Les fans sont prêts aux aguets, ils ne seront pas joignables pour qui que ce soit pendant quelques heures. Le temps de décrocher le Graal, leur place pour Céline. Céline Dion, la superstar, a créé l'événement cette semaine en annonçant son retour sur scène après 6 ans d'absence. Une résidence de plusieurs dates, a priori, fin septembre, début octobre, à la Défense Arena, à l'ouest de Paris. La billetterie devrait ouvrir la semaine prochaine, rien n'est confirmé encore. L'occasion dans le Tévolve Fonson quand même de nous pencher sur ces méga-concerts.

Rosalia, la semaine dernière à Lyon et à Paris, Beyoncé au Stade de France, les BTS, Ayana Kamoura, Djoul. Vous cassez votre tirelire ou vous refusez d'alimenter cette machine à cash ? On prend nos billets ou pas ? Je vous attends aussi nombreux qu'aux concerts de Céline au Standard de France Inter. Le téléphone seul. 01 45 24 7000. Et le premier à prendre son billet avec nous ce soir s'appelle Cédric. Bonsoir Cédric.

1:08
Auditeur

Oui, bonsoir. Vous nous appelez de Bretagne. Racontez-nous. Exactement. Du coup, par contre, pas dans les artistes que vous avez cités, mais par contre, gros fans de musique et addicts de musique et addicts de concerts, parce que j'adore ça, que ce soit des festivals ou des concerts. Et évidemment, je suis plus radio-aide, des groupes indépendants, des choses plus précises, donc avec moins de place. Mais par contre, il faut être réactif. Et du coup, en effet, ça devient aussi cher. Mais par contre, oui, je le fais. Parce que du coup, j'adore ça.

1:43
Présentateur

Qu'est-ce que vous aimez dans ces gros concerts ?

1:45
Auditeur

Ma gros concert, en fait, c'était de vivre ensemble, de faire une communion avec des gens. En fait, du coup, de vivre des choses. Moi, j'ai fait le compteur de justice qui était à la Corée Rennes, le renseignement Bercy, qui était un truc de dingue, en fait, de ouf. En fait, du coup, je l'ai fait avec une partie de ma famille, parce qu'on adore ce genre de musique aussi. et de vivre un moment qui est chouette, en fait. Du coup, de vivre quelque chose d'unique.

2:16
Présentateur

Et vous avez un budget pour vos places ?

2:19
Auditeur

Un budget ? Oui, ben, du coup, oui. Non, en fait, du coup, je n'en ai pas vraiment. C'est quand j'ai envie de voir quelque chose, ben, du coup, j'ai envie de mettre le prix, quoi.

2:31
Présentateur

Votre place la plus chère, c'était quoi ? C'était qui ?

2:34
Auditeur

Ah, ma base la plus chère ? On va dire, on a monté dans les 70-80, je pense, ouais. Moi, en fait, je ne suis pas un méga gros concert avec les passes qui montent à 100-120. Là, c'est bien n'importe quoi. Du coup, en effet, en ayant un autre style musical, moi, j'ai fait U2 aussi. Je l'ai fait deux fois à une époque. Mais ça ne montait pas autant non plus, quoi. Mais par contre, oui, après, j'ai pas forcément de limites. Mais par contre, oui, du ce que je vois, ça n'a pas dépassé non plus des sommes non plus.

3:15
Présentateur

Oui, vous restez quand même raisonnable. Merci beaucoup, Cédric. Merci. Pour en parler ce soir, nous avons la chance d'avoir avec nous celui qui produit justement les concerts de Célignon et d'autres grands artistes. Arnaud Merseman, bonsoir.

3:27
Invité

Bonsoir.

3:28
Présentateur

Vous êtes le président d'AEG Presents France. C'est un des géants de la production de concerts. Avec nous également en studio, on est ravis d'accueillir la directrice générale d'Ecosène, Malika Séguineau. Bonsoir. Bonsoir. Ecosène, c'est le premier syndicat national du spectacle vivant privé, c'est ça ? Tout à fait. Ce qu'on entend dans ce que nous dit Cédric, c'est qu'il aime appartenir à une communauté.

3:47
Invité

Tout à fait. J'ai entendu des mots très forts. Il a parlé effectivement d'être heureux. C'était une expérience de ouf. C'est quelque chose d'unique. C'est quelque chose de fort. C'est ça aussi, de pouvoir proposer ces moments assez exceptionnels au public qui en sortent complètement heureux, transformés, qui vivent leur expérience avant, pendant et après et qui le font en communauté. Donc effectivement, ce ne sont que des mots positifs, j'ai entendu ce soir. Et c'était de très bonnes nouvelles. Oui, je seconde bien entendu Malika sur ce point-là. Je veux dire, c'est une expérience de vivre ensemble qui font peut-être même partie des dernières expériences de vivre ensemble avec le sport.

Parce que maintenant, c'est vrai qu'on est dans l'individualité, les écrans, le paramétrage à outrance avec l'IA et les algorithmes. Et là, pour le coup, c'est l'occasion de vivre en communauté une passion commune. Et comme Malika le dit, ce n'est pas juste le concert. Il y a un avant, on se retrouve avant pour boire un verre. On vit des choses ensemble avec des gens qu'on ne connaît pas en ressentant la même chose. Et on va au restaurant après derrière et on en reparle. Et ça fait des mémoires communes. Et ça, c'est sans prix aujourd'hui.

4:51
Présentateur

Un souvenir immense. C'est aussi le cas de Fabienne qui nous appelle au Standard. Bonsoir Fabienne.

4:56
Auditeur

Oui, bonsoir. Alors, mon témoignage est peut-être différent. Je vais remonter dans le temps. C'est en 1997. Oui. En 1997, je venais d'arriver à Munich dans une ville que je ne connaissais pas où nous allions habiter en famille. Et Michael Jackson a donné un concert. Donc, mon compagnon le savait. C'était mon cadeau d'anniversaire. Et je peux vous dire que quand je me suis trouvée, j'étais très, très juste à l'horaire. Et je me suis trouvée tout en haut des gradins à l'extérieur, devant le stade de foot de Munich. Immense, je ne sais pas combien de personnes, peut-être 70 000, 75 000. Et ma place était tout en bas, sur le terrain de foot. Donc, vite, vite, je suis descendue.

Et là, comme j'étais seule, j'ai pu me profiler. Donc, j'étais vraiment seule, entourée de plein de gens inconnus pour assister à ce concert de Michael Jackson. Et donc, en me faufilant, je suis arrivée à être devant. Je n'avais même pas besoin des écrans pour voir Michael Jackson qui était face à moi. Et c'est vrai que ce soir-là, il était très, très en forme. Il a chanté, oui.

5:59
Présentateur

Et vous vous en souvenez 30 ans après, quoi ?

6:03
Auditeur

Ah oui, oui. Ah oui, ça reste vraiment inscrit. Après, je ne parlerai pas du personnage. Mais vraiment, ce soir-là, c'était un spectacle d'une qualité extraordinaire. Les danseurs, les choristes, les musiciens. Et puis, lui, qui était extraordinaire sur scène, ce soir-là, en tout cas.

6:20
Présentateur

Arnaud Mersemane, c'est un souvenir dingue qu'elle a. Fabienne, elle s'en souvient encore 30 ans après, évidemment, Michael Jackson. C'est peut-être parmi les premiers qui ont fait, en tout cas, ça vient des stars américaines. C'est des immenses shows, en fait, où il n'y a pas qu'un chanteur. Il y a tout un spectacle, en fait, qu'on vient voir.

6:34
Invité

Oui, il y a eu une vraie évolution. C'est lié à plusieurs choses, notamment la baisse des revenus du disque, qui ont transformé, en fait, le live en la source majeure de revenus pour les artistes.

6:44
Présentateur

C'est ça, les artistes ne gagnent plus trop d'argent en vendant des albums. Donc, il faut gagner de l'argent avec le live.

6:49
Invité

Vous avez les méga-stars qui vont réussir à s'en sortir sur les plateformes de streaming. Mais ça touche une toute petite partie des artistes. À aujourd'hui, la majorité...

6:57
Présentateur

Le live, c'est le moteur.

6:58
Invité

Exactement. Le live, en fait, c'est presque l'unique revenu. Bon, un peu avec la synchronisation et le merchandising. Mais c'est presque l'unique revenu de la majorité de ces artistes. Et à aujourd'hui, il y a une vraie concurrence pour attirer le public. Parce que, comme on le disait au début, il y a ce phénomène de vivre ensemble et de communauté. Et il faut arriver à sortir du lot en présentant un spectacle toujours plus... On n'est plus uniquement dans la musique. Alors, bien entendu, il y en a où la musique reste centrale. Mais il faut aussi donner les à-côtés. Et aujourd'hui, vous en parliez au début avec l'inflation des prix de billets.

Ce qu'il faut savoir, c'est qu'un prix de billet, ça ne va pas uniquement dans la poche de l'artiste. C'est 200-300 personnes sur la route pour des gros concerts. C'est 200-300 personnes qui travaillent entre la salle, le producteur que je peux être, etc. Donc, il y a beaucoup de gens qui doivent être rémunérés tout le long.

7:48
Présentateur

Et ces spectacles, ces concerts, ils sont de plus en plus énormes. Il y a de plus en plus de personnes, de professionnels qui travaillent dessus. Là, on a vu Rosalie, elle avait un orchestre carrément avec elle, avec une chef d'orchestre. Elle avait une compagnie de danse, La Horde, qui était avec elle. C'est vraiment un spectacle total. Et de plus en plus de grands artistes font ça.

8:06
Invité

Exactement. Aujourd'hui, il faut présenter quelque chose qui est hors du commun. Je veux dire, moi, je travaille avec Taylor Swift. Quand on a vu les concerts de Taylor Swift, par exemple, lorsqu'elle a fait son arrêt à Paris. C'est tellement gigantesque qu'on en fait voyager les gens qui viennent même voir, qui font du tourisme musical, etc. Donc, c'est un vrai produit d'appel, en fait. Et il y a une nécessité de présenter une scénographie vraiment développée. Et aujourd'hui, on n'est plus uniquement, bien entendu, que la semaine musicale reste centrale. Mais on décline l'univers de l'artiste, en fait, sur scène. Il y a tout un travail qui est fait par ça.

8:38
Présentateur

Parlons quand même du coup, parce que ces concerts, ok, ils sont de plus en plus grandioses, mais ils sont de plus en plus chers aussi. On voit que le prix du billet a augmenté. En 10 ans, il a augmenté de 40% à peu près, le prix moyen du billet.

8:50
Invité

Oui, en fait, effectivement, en 10 ans, il a augmenté. En 10 ans, il s'est aussi passé l'avant et l'après-Covid. Et quand nous, on a repris après le Covid, le côté très positif, c'est que ça a été une grande envie de live, à la fois pour les artistes, à la fois pour les professionnels et pour le public, qui est revenu présent et très vite dans nos lieux.

9:11
Présentateur

Il y a eu un besoin de se retrouver ensemble.

9:13
Invité

Un besoin énorme. Ils avaient tous besoin de se retrouver. Les artistes avaient besoin de renouer avec le public, et le public avait besoin de retrouver ce contact. Mais les coûts avaient augmenté aussi. Mais en fait, on n'a pas repris dans n'importe quel contexte. On a repris dans un contexte inflationniste très important. Donc, effectivement, on a eu des hausses de coûts très importantes. Plus 30, plus 40%. Alors, effectivement, on a pu constater une hausse des prix, mais très modérée. La France reste le pays où le prix du billet de concert est le moins cher en Europe et dans le monde. Je ne vais pas, évidemment, comparer avec les Etats-Unis, parce que c'est presque très facile.

Vous parliez de tourisme musical.

9:47
Présentateur

Par exemple, il y a des fans de Taylor Swift qui sont venus en France plutôt que d'acheter un billet aux Etats-Unis.

9:53
Invité

Mais comme Malika le dit, on reste un des pays où les concerts restent les plus abordables. Moi, je le vois. Étant donné qu'on est un groupe mondial, je peux avoir une visibilité un petit peu sur la gamme des prix qui peut se pratiquer.

10:05
Présentateur

On peut donner les prix, par exemple, Taylor Swift à Paris, là, c'était 90 à 250 euros, c'est ça ?

10:10
Invité

Oui, à peu près. Alors qu'aux Etats-Unis, on pouvait atteindre des sommes des 1 500, des 2 000 dollars à peu près pour les prix de place. Donc, comme Malika le dit, ça reste quand même très abordable en France par rapport à d'autres pays. Et puis, en dehors du contexte inflationniste, c'est qu'il y a aussi une demande, comme je le disais un peu plus tôt, de plus en plus de méga chauds. Et encore une fois, quand on paye 80 euros une place, ce n'est pas 80 euros dans la poche de l'artiste.

10:33
Présentateur

C'est quoi le pourcentage qui va à l'artiste ?

10:36
Invité

Alors, ça dépend vraiment des productions qu'il peut avoir, mais premièrement, on finance un écosystème. Ce qu'il faut savoir, c'est que quand même, il y a une partie de cet argent-là qui est réintroduit, qui est réinvesti dans la création. Et Malika, je pense, pourra en parler via le Centre National de la Musique. Il y a tous les gens qui travaillent sur l'organisation locale. Il y a tous les gens qui travaillent sur l'organisation, la production du spectacle en lui-même. Sur un show Stade de France, on parle facilement de 500, 600 personnes.

11:00
Présentateur

Parce qu'on dit aussi que les méga-stars, on demande des cachets de plus en plus faramineux.

11:05
Invité

Parce qu'elles ont des spectacles de plus en plus faramineux. Enfin, tout est lié, en fait. Mais pour elles aussi. C'est aussi lié à ce dont on parlait il y a quelques instants, avec une reconfiguration de l'économie de la musique. Il y a eu, jusqu'au début des années 2000, l'artiste vivait majoritairement des ventes de CD. La crise du disque est arrivée, l'économie s'est totalement rééquilibrée sur le live, avec effectivement l'apparition de tournées qui ont commencé à devenir importantes. Des artistes internationaux qui sont venus très régulièrement en France, alors qu'avant, vous aviez quelques tournées internationales, mais pas tant que ça. Aujourd'hui, c'est plein tout le temps.

On ne cesse effectivement d'avoir une croissance très importante du secteur. parce que les artistes vivent du live. Et c'est aussi pour cela que l'ensemble des coûts a augmenté, parce que sur les producteurs de spectacles, pèsent des coûts qui n'existaient pas antérieurement, parce qu'il y avait un équilibre entre la vente des CD et la tournée. Aujourd'hui, il y a un déséquilibre. L'artiste vit en majorité, et toutes les études mondiales le montrent, vit en majorité du live. Donc forcément, ça crée des tensions.

12:12
Présentateur

On va retourner tout de suite au Standard, où nous attend Sophie. Bonsoir Sophie. Bonsoir Fabienne. Non, moi c'est Amélie, mais on salue Fabienne aussi. Non, elle est en week-end. Alors dites-nous, vous, vous faites un autre choix. Vous, les méga-concerts, ce n'est pas trop votre truc, je crois.

12:29
Auditeur

Non, ce n'est pas mon truc. Pourtant, j'en ai fait quelques-uns. J'ai eu la chance d'emmener mes filles voir Beyoncé récemment. Quand même. C'était un super show, mais l'ambiance n'est pas la même. L'artiste, on la voit très loin sur un tout petit écran. La qualité sonore, ce n'est pas au rendez-vous non plus. Vous l'avez vu au Stade de France, Beyoncé, c'est ça ? Au Stade de France, oui. Non, mais c'était un super show. C'est vrai, quand même. Oui, non, c'était génial. Mais par exemple, récemment, je voulais aller voir Fleuch à Tertum. Ils passent à Paris. Moi, j'ai la chance d'être à Paris. C'est très pratique pour moi. Je sais que je suis privilégiée.

Et puis, finalement, ils étaient à Bercy, alors qu'en province, ils passent dans des Zénithes. Et donc, j'ai fait le choix avec une copine d'aller les voir à Amiens. On en a profité pour faire un super week-end. On est partis à Amiens. On est allés au concert le soir. Et voilà, la salle à un Zénith, c'est quand même beaucoup plus petit. C'est 7-8 000 personnes maximum. On est en fosse. Les artistes sont tout prêts. Le son est quand même souvent meilleur. Voilà. Et puis, ça fait, finalement, pour un prix raisonnable. On a le concert plus un petit peu de tourisme, une visite. Autrement, c'est super chouette. Donc, ça, c'est vraiment quelque chose que je vais continuer à faire.

Par exemple, j'ai des cousines à Marseille. Je vais regarder la programmation au Dôme pour aller faire un concert ailleurs. Et je recommande l'expérience.

14:06
Présentateur

C'est indiscret, pardon, d'avance, Sophie. Mais vous avez quel âge ? J'ai 52 ans. D'accord. Je vous pose cette question parce que je voudrais savoir qui sont les spectateurs qui vont au méga-concert. Est-ce que c'est les plus jeunes ? Est-ce que c'est ceux qui gagnent mieux leur vie ?

14:22
Invité

Tu dois avoir peut-être des études sur ça. Mais en tout cas, moi, ce que je remarque, c'est que c'est assez généraliste. C'est vraiment très vaste, en fait.

14:29
Présentateur

Ce n'est pas les plus jeunes qui ont besoin des grosses jauges ?

14:32
Invité

Non, pas que. Non, vous savez, moi, je fais aussi deux festivals parisiens, Will of Green et Rock en Seine, qui sont aussi des grosses jauges. On retrouve un public très mélangé aussi sur ces événements-là. Je pense que, encore une fois, c'est du vivre ensemble et c'est du commun. Et ça, ça s'applique à n'importe quel âge.

14:48
Présentateur

Elle pose une très bonne question aussi, pardon, Sophie. Elle dit, moi, je n'aime pas trop ces méga-concerts, même si ça avait l'air bien quand même un Beyoncé. Mais on voit l'artiste de très, très loin. On est très loin quand même de l'artiste. On voit surtout l'artiste sur les écrans géants qu'il y a derrière.

15:04
Invité

Oui, je ne sais pas quoi vous dire. Après, on produit aussi des artistes qui jouent dans des salles de 150 personnes, qui seront peut-être ses futurs stars de demain. Et les revenus de ces stars-là nous permettent de financer aussi ces petits concerts qui sont des fois, voire souvent, à perte. Donc, enfin, c'est tout un écosystème qui se tient, en fait. Tout est nécessaire. Et bien entendu, après, l'artiste, sa volonté, c'est de toucher le maximum de gens possible. Moi, si je dis à un artiste, je te signe et ton plan de carrière, c'est finir dans une salle de 500 personnes, ça ne va pas lui vendre du rêve non plus. L'artiste, il veut diffuser sa musique à un plus vaste public.

Donc, enfin, je pense qu'il y a de tout, en fait. On trouve de tout. Et c'est ça aussi, le secteur, c'est la grande diversité. Ce que j'ai aussi entendu dans ce témoignage, c'est le fait d'y être allé avec sa fille, je crois, si j'ai bien compris, et qu'elle a passé un super moment avec sa fille. Vraiment, avant toute chose, je crois que peu importe la jauge, en fait. C'est vraiment l'idée que ses fans, ils se retrouvent à un moment où ils passent un moment très fort en émotion. Et surtout, c'est un engagement vis-à-vis de l'artiste. Et ça, je le sens même quand la personne dit « Je n'aime pas trop les grands concerts, mais j'ai quand même passé un super moment. »

16:05
Présentateur

Le 18-20, 01-45-24-7000. Et Sandrine nous attend au Standard 01-45-24-7000. Je vous redonne le numéro au cas où. Bonsoir, Sandrine. Bonsoir. Alors, racontez-nous. Vous, vous avez vu une méga star.

16:22
Auditeur

J'ai vu Michael Jackson, j'ai vu Tina Turner, j'ai vu Madonna. Et en fait, c'est à l'époque où c'était encore en franc. Et je me souviens qu'en fait, le concert, c'était aussi une façon de découvrir un nouvel album. Et je n'avais pas le sentiment. Moi, à l'époque, j'étais étudiante. Je n'avais pas l'impression de casser mon matière lire pour aller voir un concert. C'était raisonnable. C'était accessible. Et ce que je trouve dommage, c'est que, comme maintenant, la musique se diffuse beaucoup par les réseaux sociaux, le concert, en fait, crée la rareté et crée aussi le prix. C'est des prix exorbitants. Et ça accentue la fracture sociale. Il faut avoir du temps, déjà, pour réserver le billet.

Et puis, il faut avoir des sommes astronomiques pour pouvoir réserver ses places. Et je trouve dommage parce qu'en fait, ça crée de la fracture sociale en plus de celle où il y a ailleurs d'autres fractures sociales.

17:18
Présentateur

Merci beaucoup, Sandrine. Vous dites beaucoup de choses très intéressantes dans votre témoignage. D'abord, sur ces prix exorbitants. Vous l'entendez. Est-ce que ces concerts, ce n'est pas en train de devenir des produits d'hyperlux ? Arnaud Mersemane ?

17:33
Invité

On est quand même dans une loi d'offres et de demandes. Donc, à partir du moment où vous avez une salle de 15 000 personnes et qu'il y a 500 000 personnes qui veulent des places, forcément, il y a une rareté. Et il y a une rareté, ça crée de la valeur. Ça, on ne peut pas l'enlever et on n'y changera rien. Malheureusement, c'est comme ça. Après, encore une fois, j'ai l'impression de me répéter, mais on est sur des méga-shows sur lesquels il y a des vrais investissements qui sont faits de la part des artistes. Et en même temps, il y a aussi le fait que les revenus, en fait, cette dame-là dit oui, mais à l'époque, c'était peu cher. Mais combien elle dépensait en disques à côté ?

Enfin, je pense qu'on s'y retrouve au bout d'un moment, on retombe sur ses pattes.

18:14
Présentateur

Il y a un éléphant dans la pièce, c'est la tarification dynamique. Vous l'avez dit, sur des concerts comme ça, il peut y avoir des centaines de milliers de personnes qui se connectent en même temps pour essayer d'avoir leur sésame, leur place. Aujourd'hui, en France, on n'applique pas trop encore la tarification dynamique. Ça veut dire que la tarification dynamique, c'est plus il y a de demandes, plus le prix du billet augmente. S'il y a moins de demandes, le prix baisse. Pourquoi ce n'est pas encore trop appliqué en France ?

18:40
Invité

Oui, c'est le même principe que dans les trains ou dans les avions ou dans les hôtels ou dans plein d'autres domaines.

18:45
Présentateur

Mais ce n'est pas encore trop appliqué en France. Ça arrive ?

18:47
Invité

Ce n'est pas très appliqué parce qu'aujourd'hui, je pense qu'il y a, en termes de marché, en fait, ce n'est pas quelque chose qui s'est très développé jusqu'à maintenant parce qu'aujourd'hui, je ne suis pas sûr qu'on soit dans les délires américains où on peut monter jusqu'à 5 000 dollars la place.

19:08
Présentateur

C'est pour ça que Taylor Swift, ça monte jusqu'à 5 000 dollars. C'est parce qu'il y a énormément de demandes.

19:12
Invité

Mais je pense qu'il y a... Après, il y a du pour et du contre, en sachant que, comme on le disait, il y a une demande...

19:16
Présentateur

C'est quoi le pour de la tarification dynamique ?

19:18
Invité

En fait, quand vous mettez en vente un billet à 100 euros, d'accord, et que quelqu'un l'achète et va le revendre sur le marché noir 500 ou 600 euros, il capte une valeur qui ne revient ni au producteur ni à l'artiste. Et ces gens-là, en fait, se font de l'argent qui ne réintègre pas l'écosystème et ne revient pas à l'artiste. Donc, à partir de ce moment-là, cette valeur-là, est-ce qu'il faut la laisser sur la table pour que ça soit vendu au marché noir et qu'il y ait des professionnels de la revente qui se fassent de l'argent sur le dos des producteurs et des artistes ? Ou est-ce qu'il faut essayer de capter cette valeur-là et qu'elle revienne dans l'écosystème ? Il y a du pour et du contre.

19:50
Présentateur

Malika Séguineau, on y arrive à la tarification dynamique en France ou pas ?

19:54
Invité

Non, je ne vous ai pas dit qu'on y arrivait. J'ai dit en tout cas qu'elle est tout à fait autorisée puisqu'elle est pratiquée dans d'autres secteurs d'activité. Ce qui fait la grande limite en France, c'est qu'il y a un droit de la consommation qui sera très protecteur et qui, si jamais demain, sur une offre, elle doit être mise en place, le parcours spectateur sera parfaitement en phase avec cette loi.

Mais là où je trouve que c'est beaucoup plus grave, c'est effectivement que ce que vous avez dit là, c'est la grande frustration de certains publics qui ne peuvent pas accéder à ces places parce qu'effectivement, il y a une capacité limitée et que je trouve aussi que ça fait partie de l'aura du live que d'avoir ce côté un peu rare d'aller voir ces artistes et d'y être et que tout le monde ne puisse pas y aller, et bien effectivement, ça fait partie du phénomène. En revanche, ça crée aussi l'appétit de ces escrocs qui ne sont même pas installés d'ailleurs pour la grande majorité en France et qui décident, eux, de proposer des places alors qu'ils n'ont absolument rien à vendre.

Ça, c'est de l'escroquerie pure. Et nous, en France, on se bat, mais on se bat depuis 15 ans. En justice contre certaines plateformes. On a obtenu un texte de loi, on se bat pour que ce texte de loi soit appliqué par la justice. Malheureusement, je ne peux que déplorer le fait que la justice en France soit beaucoup plus lente que l'activité des escrocs qui continue à se développer. Nous, on a un procès pénal qui a été engagé en 2015. En 2015, on est toujours en cours. Pendant ce temps-là, l'activité de la société a continué.

Et c'est des mises en demeure permanentes pour faire en sorte que ce public qui lui veut à tout prix y aller, c'est quelque chose d'irrationnel, nous, on lui dit sur nos sites officiels, sur les sites de distribution, sur les lieux, sur les salles de spectacle, non, il n'y a plus de place parce qu'il n'y a plus de place. Quand on dit qu'il n'y a plus de place, ce n'est pas pour frustrer les gens, c'est qu'il n'y a plus de place dans ce lieu.

21:27
Présentateur

Pour les concerts de Céline Dion,

21:29
Invité

qui ne sont même pas encore annoncés officiellement à l'envers semaine, il y a déjà des escrocs sur les réseaux sociaux qui vous disent, inscrivez-vous et vous serez en place prioritaire. Ce sont des menteurs. Il faut que le public soit très prudent, aller effectivement sur le site des salles de spectacle où sont annoncés les artistes, aller sur le site Fan Pagogo, c'est une plateforme que nous, on alimente régulièrement avec les bons conseils, et vous ne vous ferez pas avoir parce que ces gens sont juste des escrocs. Mais c'est industrialisé.

Je travaille avec l'artiste Théodora, la semaine dernière, on a vu un site aux couleurs de Théodora qui ressemblait, mot pour mot presque, et image pour image, au site de l'artiste avec des faux liens billetteries qui renvoyaient sur une fausse plateforme qui vendait des billets qui n'existaient pas. Et c'est vrai qu'on travaille de concert avec Ecoscène à chaque fois pour envoyer des mises en demeure auprès des hébergeurs pour retirer ces sites-là. Mais c'est du travail de grande échelle. Là, Théodora, c'était incroyable. On avait l'impression d'être sur le site de l'article.

22:22
Présentateur

Il y a le problème des bots aussi, les robots qui achètent des billets en masse. Là, ils les achètent vraiment pour les revendre plus cher.

22:28
Invité

Oui, ils les achètent pour les revendre plus cher, voire ils revendent le même billet plusieurs fois. Donc effectivement, parallèlement, nous, on travaille avec des sociétés qui développent des technologies avancées pour faire en sorte justement que ça ne soit absolument pas possible de pouvoir dupliquer plusieurs fois le billet. Mais en fait, ils sont extrêmement ingénieux puisque c'est leur business model. Donc eux, ils ont du temps à consacrer à ça alors que nos professionnels, eux, travaillent pour que justement ces spectacles existent. Donc il faut en permanence être en alerte.

Et là, effectivement, je trouve que ce sujet est beaucoup plus important que ce débat autour de la tarification dynamique qui jusqu'à preuve du contraire n'a pas encore été mis en place en France dans ce cadre-là et qui de toute façon sera parfaitement en phase avec le droit de la consommation et existe dans d'autres secteurs d'activité. Je pense que ce n'est pas le bon débat. Le bon débat, c'est d'être au soutien de la profession quand elle se bat contre ses escrocs.

23:17
Présentateur

Ce que j'ai entendu également dans le témoignage de notre auditrice Sandrine, c'est qu'il faut y être en fait. C'est l'événementialisation de ces concerts. C'est devenu très à la mode d'aller voir le concert de la star qui est suivi par tout le monde sur les réseaux sociaux notamment.

23:33
Invité

Je pense que justement les réseaux sociaux jouent un rôle fantastique dans ça. En fait, il y a ce phénomène de faux mot qu'on appelle Fear of Missing Out qui est le phénomène de j'y étais pas en fait. La peur de manquer.

23:43
Présentateur

Manquer un événement.

23:43
Invité

Et la possibilité pour le public de communiquer en direct ce qui est en train de se passer dans la salle alors qu'eux font partie des 15 000 élus et qu'il y avait 500 000 personnes qui veulent venir, ça crée une demande encore plus poussée. D'autant plus avec des artistes qui créent des spectacles absolument incroyables. Moi, j'étais à Rosalia mercredi dernier, c'était juste magique et sublime. Et de voir ça par la petite lorniette des vidéos et des réseaux sociaux, la demande est encore plus exacerbée.

Et avec ce phénomène qui peut exister d'autant plus de surprises qu'il peut y avoir, c'est un peu comme une machine à roulettes en fait, où en gros, ça se trouve, je viens et puis il va y avoir un featuring avec un acteur qui monte sur scène ou une collab avec un autre musicien, un dévoilement d'un morceau inédit, etc. Donc, le truc, l'exclusivité en fait. C'est ça qui fait une chose. Ce sont vraiment en fait ces fans, ces nouveaux fans qui sont les anciens groupis en fait. Ces super fans, on les donne comme vous voulez, presque des fandoms comme on en parle en Corée. Ce sont des amplificateurs et des prescripteurs et je dirais les meilleurs ambassadeurs des artistes.

Ça, c'est devenu quelque chose assez exceptionnel.

24:46
Présentateur

Il y a un petit changement sociologique, j'ai l'impression, là-dedans. Parce qu'avant, c'était à la mode d'aller voir le groupe que personne ne connaissait, d'être en avance sur les autres. Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'il faut aller voir le groupe que tout le monde a envie de voir.

24:59
Invité

Les choses cohabitent en fait. Oui, oui, les choses cohabitent. Il y a des groupes, je ne sais pas, un groupe de rock indé qui s'appelle Gis par exemple qui est absolument exceptionnel qui fait des petites salles mais tout le monde se gargarisait d'être les premiers à aller les voir en concert parce que c'était le groupe cool du moment qu'il faut aller voir. Les trucs cohabitent, ce n'est pas les gros stars au détriment des autres. Surtout pas. D'ailleurs, c'est la croissance globale du secteur qui permet de pouvoir développer et accompagner ces artistes. En fait, c'est qu'une question de communauté donc elle est juste à dimension variable et les réseaux sociaux jouent le même rôle.

25:27
Présentateur

Est-ce que les prix des billets n'ont pas également gonflé parce que ce sont des carrières plus éphémères qu'à une époque ? Johnny Hallyday, il faisait une carrière sur plusieurs décennies. Aujourd'hui, Théodora, on lui souhaite le meilleur mais on ne sait pas combien de mois, combien d'années ça va durer son phénomène.

25:45
Invité

Et donc,

25:45
Présentateur

il faut prendre le maximum très vite.

25:47
Invité

Ce n'est pas forcément prendre le maximum s'il faut faire un impact très vite en fait. Encore une fois, il faut arriver avec un show et présenter quelque chose de, bien entendu qu'il y a certains artistes, oui, l'idée c'est de prendre tout de suite tout ce qu'ils peuvent prendre. Après, nous, notre métier en tant que producteur c'est d'arriver à faire comprendre aux artistes que ça peut être éphémère et qu'il y a forcément, peut-être on peut prendre 100 tout de suite mais ça va être au détriment d'une carrière un peu plus longue et que peut-être prendre 50 maintenant en créant le show qu'il faut, en investissant pour construire quelque chose à long terme, c'est quand même plus intéressant.

Et nous, en tant que producteur, on aime parier sur des carrières longues en fait. Après, je vois où vous voulez en venir avec la rapidité avec lesquelles aujourd'hui les choses circulent. On fait avec ce marché-là mais nous, notre intérêt c'est de construire des carrières longues parce que c'est là où on s'y retrouve.

26:28
Présentateur

La caisse de résonance aussi des réseaux sociaux, c'est qu'il y a des jeunes artistes qu'on ne connaissait pas il y a trois semaines et qui remplissent des stades aujourd'hui. C'est des phénomènes assez...

26:38
Invité

C'est des phénomènes nouveaux. Et qui ne rempliront

26:41
Présentateur

peut-être rien du tout dans six mois.

26:42
Invité

C'est effectivement la question qu'on peut se poser c'est construire des carrières aujourd'hui c'est différent de ce qui se passait il y a 20 ans. Je pense que le secteur a changé parce que la société a changé. Mais je crois qu'effectivement l'ambition des producteurs quand ils développent un projet avec un artiste c'est de l'amener le plus loin possible et le plus longtemps possible. Il est certain que je pense que ce n'était pas la même manière de procéder quand on accompagnait les carrières des artistes des années 80 ou des années 90. Vous parliez de Johnny Hallyday ou d'Eddie Mitchell oui bien sûr ce n'est plus du tout la même société et ce n'est plus la même communauté de fans.

Mais aussi surprenant que ça peut vous paraître on freine des fois parce qu'on freine on a la demande pour on pourrait faire et on dit stop il faut arrêter il faut justement créer cette rareté il faut penser au long terme si on fait ça maintenant on ne pourra pas le faire sur le prochain album etc. On freine aussi en disant nous on essaye de construire des carrières à long terme après on ne peut pas l'imposer à l'artiste si l'artiste veut tout tout de suite voilà mais la majorité des artistes ont les conseils en ce sens là.

27:44
Présentateur

On retourne au standard bonsoir Christelle vous nous appelez de Quimper on a beaucoup de bretons ce soir tant mieux Oui bonsoir Exactement on écoute beaucoup de musique en Bretagne il y a beaucoup de festivals racontez-nous Christelle

27:57
Auditeur

Alors je voulais juste avoir un avis ou en tout cas je m'interrogeais avec plusieurs amis on va assez régulièrement voir le concert de Damien Saez sur Brest et la dernière fois déjà on s'est fait une belle remarque sur le montant de ce concert qui finalement va devenir nous on ne va plus pouvoir suivre malheureusement parce que c'est des concerts qui sont vraiment très très très chouettes il y a une belle émotion il se passe des belles choses mais par rapport aux propos que lui peut tenir aussi dans ses disques et ses chansons on ne comprend pas l'écart de prix C'est-à-dire

28:41
Présentateur

c'est combien une place ?

28:43
Auditeur

Alors l'année dernière on a payé 55 ou 52 euros il me semble dans la France à Brest là je sais qu'il fait un concert c'est sur Paris et c'est toute la nuit je crois à 22h jusqu'à 6h du matin donc là c'est 380 et quelques bon on n'ira pas évidemment mais voilà on trouve que c'est un peu l'accès à la culture ça devient compliqué et pourtant c'est important parce que bon je parle de cet artiste-là parce que c'est lui qui nous choque un petit peu dans ses tarifs par ailleurs on peut faire d'autres concerts et notamment les festivals etc bon c'est intéressant et voilà et je trouve que l'accès devrait être quand même facilité pour tout le monde ou alors avec des tarifs aussi pour les personnes qui sont au chômage ou enfin voilà des choses comme ça parce que c'est franchement dommage que des gens restent sur le bord de la route voilà merci Christelle

29:38
Présentateur

on va poser la question à Malika Séguineau est-ce qu'il pourrait y avoir des tarifs réduits des tarifs en fonction des profils

29:46
Invité

alors il y a déjà des tarifs qui sont en fonction de la catégorie de place donc ça ça existe depuis toujours il faut juste juste rappeler quelque chose c'est qu'en France il y a deux catégories de spectacles vivants il y a un spectacle vivant dit subventionné qui effectivement lui peut avoir des tarifs inférieurs à ce qui peut arriver dans le secteur privé parce qu'il touche des subventions chaque année pour cela et donc pour pouvoir avoir une grille de tarifs adaptée dans le secteur privé dont on parle aujourd'hui et Arnaud Mirseman pourra en parler mieux que moi c'est une économie du risque c'est une économie du privé c'est-à-dire que 80-90% du chiffre d'affaires de ces entreprises dépend des recettes de billetterie donc nous nous ne sommes absolument pas soutenus c'est pas notre ADN c'est pas notre modèle le seul soutien qu'on a c'est au travers du Centre National de la Musique mais généré par une taxe prise sur la billetterie de spectacle donc c'est effectivement ça s'auto-alimente donc il y a quand même un vrai travail sur le prix sur les catégories de prix ce travail se fait avec l'artiste pour justement permettre à son public mais c'est eux qui fixent le prix les billets en fait ils les valident mais oui ça c'est important de leur rappeler je voudrais qu'on le sache c'est pas nous qui arbitrairement décidons des prix en fait c'est en accord avec l'artiste voire à la demande de l'artiste sur certains prix et pour revenir sur ce que Malika dit moi à aujourd'hui j'ai des taux de remplissage nécessaires qui frôlent les 90-95% pour pouvoir commencer à dégager de la marque

31:09
Présentateur

en dessous de 95% de remplissage ça sera pas rentable

31:13
Invité

c'est très très compliqué et comme Malika le dit en fait moi j'ai la chance d'être adossé à un grand groupe international mais il y a des plus petites structures aussi on est en risque constamment et je parle même pas encore une fois j'en reviens ça c'est les concerts mais je fais aussi des festivals qui sont à côté où là pour le coup les ordres d'ampleur sont encore plus grandes parce qu'on construit des villes au milieu de champ en fait que ce soit à Saint-Cloud ou à Vincennes et pour le coup là c'est pareil on est à 97-98% de remplissage c'est ça avec tous les aléas qui vont avec le climat la sécurité les artistes qui peuvent défaillir etc le coût des assurances

31:47
Présentateur

a augmenté aussi

31:48
Invité

énormément

31:48
Présentateur

ça fait partie des explications ça vient avec le risque climatique

31:52
Invité

et le réchauffement climatique ce que j'ai entendu

31:55
Présentateur

dans ce que nous a dit Christelle à Quimper c'est que par exemple Damien Saez il avait un simple concert ça coûtait une cinquantaine d'euros là ce qu'il propose à Paris c'est une expérience aussi et il y a de plus en plus d'artistes je pense à Shakira aussi à Madrid qui va carrément construire son stade et ça va être 12 heures de spectacle je crois ça devient des expériences c'est ce qu'on disait un peu plus tôt et donc c'est beaucoup plus cher

32:16
Invité

on est dans l'exceptionnalité on est dans des spectacles totaux en fait c'est pas juste de la musique c'est de la vidéo encore une fois je reprends l'exemple de Rosalia de la semaine dernière parce que ça m'a vraiment beaucoup marqué parce que j'ai trouvé ça vraiment sublime on est à la fois à la croisée du spectacle de danse de l'opéra de la vidéo de la musique contemporaine de la pop enfin il y a absolument tout et l'argent qu'il faut pour monter un spectacle pareil il ne faut pas oublier qu'à chaque fois on démonte on remonte on le transporte un peu partout dans le monde c'est des frais astronomiques c'est pour ça que c'est l'Indion

32:49
Présentateur

elle va s'installer à Paris et ne pas bouger elle ne choisit pas la tournée

32:52
Invité

non mais nous on a quand même interrogé il y a quelques mois un groupe de jeunes entre 18 et 35 ans et tous disent aller dans un concert c'est une expérience unique on peut même prendre trois soirs le même artiste ça ne sera jamais la même soirée et c'est ça ce qu'on accepte de payer parce que ça reste quelque chose d'exceptionnel d'éphémère et de singulier et c'est le plus fort pour eux

33:15
Présentateur

il y a d'autres solutions qui émergent les concerts retransmis au cinéma alors c'est pas du tout la même expérience c'est pas du live c'est pas du live mais il y a un public quand même c'est moins cher on peut voir des concerts et il y a un public vous expliquez comment ça ?

33:29
Invité

l'attirance pour le concert oui je pense c'est la possibilité mais c'est une solution ou non ? on va dire que c'est un ersatz un petit peu quand même parce que moi typiquement il n'y a rien qui ne m'a jamais plus déprimé que pendant le Covid de voir des concerts live streamer c'était terrible il manque toute cette ferveur et cette communion qu'on peut retrouver au concert encore une fois c'est vibrer avec 10, 15 000 1500, 2000 personnes que vous ne connaissez pas mais vous ressentez tous la même chose et vous partagez quelque chose tous en même temps je ne sais pas si une ville

33:59
Présentateur

aura du live de la même manière quand même Arnaud Merseman je vais vous embêter un petit peu pour terminer il n'y a pas de moi

34:05
Auditeur

il n'y a pas de moi

34:13
Présentateur

chez mes prières bah oui parce que c'est l'Indion dans son catalogue alors je sais que vous ne voulez rien révéler mais quand même Paris vous ne parlerez pas ? alors vous allez nous donner des conseils comment on peut avoir comment on peut décrocher une place pour un concert pareil ? comment ça se passe ? comment on se prépare ?

34:32
Invité

alors pour un gros concert de manière générale de manière générale

34:35
Présentateur

sans parler de Céline Dion évidemment qui sera à Paris en septembre en octobre

34:39
Invité

on ne sait pas c'est quoi vos conseils ? le conseil c'est déjà de suivre le parcours autorisé on va dire les revendeurs les revendeurs officiels enfin les vendeurs officiels

34:51
Présentateur

c'est l'artiste qui annonce c'est les revendeurs c'est la salle de concert

34:54
Invité

c'est l'artiste qui annonce il y a 3-4 réseaux de billetterie qui peuvent être mandatés par le producteur déjà c'est se rendre sur ces réseaux là c'est il faut suivre tout le parcours client désormais maintenant sur les grosses billetteries on demande une inscription en avance qui va générer un code unique et après malheureusement alors ce qu'on a pu faire par exemple sur Taylor Swift bien qu'on ait quand même une énorme plante d'un des réseaux de billetterie mais c'est ça

35:16
Présentateur

parce que ces sites là ils plantent quasi à chaque fois

35:19
Invité

quasi à chaque fois mais on essaye de faire face à la demande il y a un phénomène de loterie en fait ce qu'on fait c'est que vous tirez au sort ? ouais enfin les réseaux de billetterie tirent au sort dans les inscrits parce que c'est la meilleure manière de servir de manière objective le plus possible les gens en fait donc c'est juste suivre le parcours client s'inscrire sur le site de l'artiste récupérer son code et après c'est de la chance il n'y a malheureusement pas grand chose d'autre à faire

35:44
Présentateur

Malika Céguineau on fait quoi pour avoir une place pour Céline John ?

35:49
Invité

et comme je l'ai dit surtout on ne va pas croire certaines personnes qui vous disent préinscrivez-vous sur tel site pour pouvoir bénéficier non on suit le parcours officiel généralement quand on entend l'artiste parler enfin en tout cas quand on entend une annonce sur un concert on a aussi le lieu où il passera il faut vraiment vous rendre sur ces lieux si vous ne savez absolument pas quel site de distribution de billetterie vous pouvez trouver en passant par ces lieux vous serez sur le circuit officiel il n'y aura absolument aucun problème surtout surtout si on vous dit que c'est complet n'allez pas croire ceux qui vous qui vous qui vous vendent du rêve en vous en vous disant mandatez-moi je vais vous trouver des places moi j'ai encore des places non ce ne sont que des escrocs surtout prudence prudence

36:30
Présentateur

il y a des bourses quand même officielles c'est très différent

36:33
Invité

c'est très différent la bourse de revente c'est que généralement vous repassez par le même canal par lequel vous étiez passé pour acheter votre billet que deux ans après ou un an après vous vous dites finalement je ne peux pas y aller là vous repassez par ce canal là donc on annule le billet et on le remet en vente tout cela est très organisé et très sécurisé

36:50
Présentateur

d'accord

36:50
Invité

Arnaud Mersemane

36:51
Présentateur

une dernière information

36:52
Invité

rien de plus rien de plus continuez à aller au concert

36:56
Présentateur

c'est l'anniversaire de Céline Dion lundi c'est ça ?

36:58
Invité

j'ai cru comprendre

36:59
Présentateur

on pourra lui fêter un joyeux anniversaire elle va nous offrir un beau cadeau

37:02
Invité

n'hésitez pas

37:02
Présentateur

très bien on va suivre ça merci beaucoup merci Arnaud Mersemane d'avoir été en studio avec nous ce soir je rappelle que vous êtes le président d'AEG Présence France merci également à vous Malika Séguino directrice générale d'Ecoscen c'est le premier syndicat national du spectacle vivant privé merci aussi à tous les auditeurs qui ont témoigné raconté leurs concerts et posé leurs questions merci à tous les gens

37:24
Locuteur

merci à tous les gens