Ciotti rallie Le Pen... la déflagration - C dans l'air - 11.06.2024
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 2:01OuverteRéponse directe
L'onde de choc, je le disais, se poursuit après la dissolution. Je vous propose de débuter cette émission avec un retour sur ces dernières images, ces dernières déclarations, ces derniers événements.
- 2:48FerméeRéponse directe
Et à gauche, elles donnent quoi, ces discussions ?
- 3:44OuverteRéponse directe
À votre avis, que se passera-t-il demain ?
- 4:20OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est l'initiative d'un homme seul ou est-ce que c'est le début d'une hémorragie fatale pour les LR ?
- 5:19OuverteRéponse directe
Pourquoi est-ce que, pour les gens qui nous regardent ce soir, pourquoi est-ce qu'on parle de déflagration ?
- 7:33OuverteRéponse directe
Vous voulez que vous racontent un petit peu comment ça s'est dit ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Toute la journée, les ténors de la droite ont dénoncé les mensonges, la compromission, la honte d'un accord qui fait sauter une digue et menace de faire imploser ce qu'il reste que du parti. »
- 0:52PrésentateurFait
« Même tension à gauche où le PS accepte de nouveau, après des mois de guerre ouverte, de signer avec la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon pour un accord au nom d'un front populaire. »
- 4:47PrésentateurFait
« Mais sur l'économie, l'endressement des comptes publics, la retraite à 65 ans, une gestion rigoureuse, sur l'Europe, il n'y a pas de point commun, il n'y a pas de programme commun. »
- 5:43PrésentateurFait
« Marine Le Pen représente, elle héritière, qu'on le veuille ou non, d'une famille qui a été la famille qui a été la plus hostile au général de Gaulle, qui a même failli tuer le général de Gaulle à l'époque, l'extrême droite, parce que depuis toujours, que ce soit Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, même Éric Ciotti lui-même, il y a quelques années, ont toujours refusé une alliance électorale avec ce qui s'appelle le Front National, puis le Rassemblement National. »
- 6:55PrésentateurFait
« De Gaulle, Pompidou, Chirac, nos aînés, mes maîtres, mes mentors doivent se retourner dans leur tombe. »
- 7:11PrésentateurFait
« Ciotti signe les accords de Munich et enfonce dans le déshonneur ce qu'il reste de la famille gaulliste. »
- 8:41InvitéFait
« Et d'ailleurs, il a même pris la décision, me dit-on, de ne prendre au téléphone ni Nicolas Sarkozy, ni François Baroin, ni François Fillon, toutes les personnes qui pouvaient l'empêcher de changer d'avis. »
- 9:14InvitéFait
« Le pari d'Éric Ciotti, finalement, c'est le pari de la base contre les cadres. »
- 9:25InvitéFait
« Les électeurs LR sont de plus en plus proches, notamment sur les sujets sécuritaires et d'immigration, de plus en plus proches des positions du RN, et encore plus d'un RN incarné par Jordan Bardella. »
- 9:36InvitéFait
« Marine Le Pen, elle a une image, notamment sur son programme économique, qui n'est pas assez à droite du point de vue de LR, alors que Jordan Bardella a réussi à donner des gages de sérieux économiques, on va dire. »
- 10:08InvitéFait
« Les députés LR actuels, ils ont été élus avec une Valérie Pécresse à 4,5%. Donc, on peut tout à fait imaginer, et les sondages prédisaient, à peine 20 députés LR, quelques jours avant les dernières législatives. Ils en ont eu beaucoup plus. »
- 11:02PrésentateurFait
« Il dit que les LR étaient trop faibles, au vu de ce qui s'est passé aux dernières élections, et présidentielles, et européennes. Les LR étaient trop faibles, d'une part, et d'autre part, et je rebondis sur ce que vous êtes en train de nous expliquer à l'instant, d'autre part, la base, les militants, me le demandent sur les marchés, me le demandent très régulièrement, pourquoi est-ce que vous ne nous faites pas cette alliance, qu'est-ce qui nous divise ? »
- 11:31PrésentateurFait
« Sur le deuxième argument, est-il trompé par son entourage électoral proche, c'est-à-dire les Alpes-Maritimes, PACA, on sait que la culture de droite est une droite assez radicale, ou bien est-il en train de tomber dans le mirage qui a aussi occupé beaucoup d'autres leaders de droite ? »
- 13:18PrésentateurFait
« Sur l'ensemble du programme du RN, il peut y avoir des états d'âme, quand même, Éric Ciotti ? »
- 43:14PrésentateurChiffre
« 34% pour le RN, liste unie de gauche à 22%, la majorité à 19%, les LR à 9%, c'était avant le collapse des LR. »
- 43:42PrésentateurChiffre
« les fourchettes vont d'une majorité relative autour de 245 députés jusqu'à 305, là on dépasserait largement la majorité absolue. »
- 48:55InvitéPromesse
« un soutien indéfectible à la construction européenne, ensuite un soutien indéfectible à la résistance ukrainienne, une abrogation de la réforme des retraites, de la réforme de l'assurance chômage et de la loi immigration, une accélération de la transition écologique et enfin un rejet de la brutalisation de la vie politique. »
- 55:31InvitéChiffre
« il a quand même réussi à rapatrier sur son étiquette 15% des électeurs de Macron du premier tour de 2022. »
- 59:37InvitéFait
« quand on demande aux gens qui est le pire, qui est le plus dangereux entre LFI et le RN, ça fait un moment qu'ils sont à touche-touche, voir que LFI est jugé pire. »
Temps de parole
- Présentateur58 %
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- Invité 212 %
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- Invité 43 %
- Invité 53 %
- Invité 62 %
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Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. C'est l'effet de souffle après l'annonce de la dissolution. Aujourd'hui à 13h, le patron des LR, Éric Ciotti, a annoncé sa volonté de faire alliance avec le Rassemblement National. Une rupture brutale après des années de lutte pour maintenir un cordon sanitaire entre la droite qui croyait être à la République et celle qui n'y croyait pas. Mais des temps ont changé, a dit le député des Alpes-Maritimes, qui estime que son parti est trop faible pour s'opposer à la gauche et à la Macronie.
Toute la journée, les ténors de la droite ont dénoncé les mensonges, la compromission, la honte d'un accord qui fait sauter une digue et menace de faire imploser ce qu'il reste que du parti. Même tension à gauche où le PS accepte de nouveau, après des mois de guerre ouverte, de signer avec la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon pour un accord au nom d'un front populaire. Pendant toute cette campagne, C'est dans l'air, passe en émission spéciale pour vous aider à comprendre les conséquences de la portée de ces journées qui vont changer sans doute le visage de la vie politique française. Ciotti rallie le peine, la déflagration, c'est le titre de cette émission.
Avec nous pour en parler ce soir, Christophe Barbier. Vous êtes éditorialiste politique, conseiller de la rédaction de Franc-Tireur. À la une cette semaine, RN, le hold-up européen. Et je rappelle votre dernier livre, Moi, Jean-Luc M, publié chez Studio Fact, édition et grâce. C'est avec nous ce soir, Nathalie Chuc. Vous êtes grand reporter pour le magazine Le Point à lire en ligne. Votre article dans la tête d'Éric Ciotti, Les secrets d'un coup de tonnerre. Nous allons longuement en parler avec vous ce soir. Et puis votre livre, Les naufrageurs, qui vient de paraître, chez Robert Laffont. Avec nous ce soir, Chloé Morin. Vous êtes politologue et experte à la fondation Jean Jaurès.
Jean Garrig, vous êtes historien, président du comité d'histoire parlementaire et politique. Je rappelle votre livre, Jours heureux, quand les Français rêvaient ensemble. J'adore dire ce titre à chaque fois. Publié chez Payot. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. L'onde de choc, je le disais, se poursuit après la dissolution. Je vous propose de débuter cette émission avec un retour sur ces dernières images, ces dernières déclarations, ces derniers événements. C'est le journal de campagne de Magali Lacroze et Christophe Roquet. Ces dernières 24 heures, Marion Maréchal rend visite à son ancienne famille politique. Et la gauche s'est donné rendez-vous.
Vous avez vu Olivier Faure ? Bon, mais on attend encore des gens. Ça va prendre un petit peu de temps, mais on avance. Au même moment, à la télévision. On va pas refaire la nupe est, toi. Je suis en tête à gauche, donc voilà les conditions.
L'heure est aux grandes manœuvres.
Rien n'a été acté. Pour l'instant, ce sont des discussions.
J'ai eu également un certain nombre de discussions avec des cadres des Républicains.
Et à gauche, elles donnent quoi, ces discussions ? Nous l'avons fait, nous avons réussi à nous mettre d'accord sur le principe. Nous sommes disposés à travailler ensemble.
Tout ça, c'est de la tambouille électorale. Il faut être ouvert.
Du PS aux Républicains ?
Mais, bien sûr.
Tendre la main ou refuser l'alliance, ça dépend qui propose.
Si certains ont envie d'aller avec le Front National, qu'ils le disent et qu'ils y aillent maintenant.
C'est dit. Une alliance avec le Rassemblement National. En tout cas, je souhaite que ma famille politique aille dans ce sens. Beaucoup me suivent.
Ce qu'il a donc dit aujourd'hui, qu'il l'a dit seul. Il a donc menti. Il nous a menti. C'est de la déloyauté.
Et le président annule sa conférence de presse du jour.
Il choisira son tempo. Vous avez vu qu'il était capable, je crois, à un moment donné, de surprise.
A votre avis, que se passera-t-il demain ?
Alors, on verra ce qui se passera demain. Magali Lacroze et Christophe Roquet pour ce journal de campagne. Effectivement, la conférence de presse a été décalée. Elle est prévue pour demain, 11h, grande conférence de presse du chef de l'État. Enfin, 13h, cette annonce, Christophe Barbier, Éric Ciotti annonce une alliance avec le Rassemblement National. Je le disais en début de cette émission, c'est une des dernières digues qui saute. Oui, c'est important. Il est président, ce parti. Ce n'est pas un obscur élu. Quand Thierry Mariani a quitté cette famille pour aller au RN, ça a fait du bruit, mais moins que cela. Maintenant, il faut regarder.
Est-ce que c'est l'initiative d'un homme seul ou est-ce que c'est le début d'une hémorragie fatale pour les LR ? Pour l'instant, la plupart des cadres importants, des ténors du parti, des institutionnels, on a entendu Retailleau, Barnier, on pouvait ajouter Larcher, ou Annie Gennevar, la secrétaire générale, ne le suivent pas. Le désavouent complètement. Est-ce que les électeurs, eux, vont lui donner raison ? Est-ce que les électeurs, comme Éric Ciotti, vont dire qu'on en a assez, c'est pour l'opposition, ça fait 12 ans, on veut y revenir, il se trouve que le RN nous permet d'y revenir, on va trouver un accord avec eux. Alors, un accord est-il possible ?
Bon, la tambouille pour la cuisine, pour reprendre les mots de Xavier Bertrand, peut-être. Mais sur le fond, entre Éric Ciotti et le RN, il y a des points d'accord. C'est l'homme qui avait dit, entre Zemmour et Macron, au second tour, je voterai Zemmour, quand Zemmour était qualifiable pour un second tour. Mais sur l'économie, l'endressement des comptes publics, la retraite à 65 ans, une gestion rigoureuse, sur l'Europe, il n'y a pas de point commun, il n'y a pas de programme commun. On va y revenir dans le détail de ce qui peut les rapprocher, jusqu'où peut aller l'Alliance, est-ce que le LR va imploser ? Juste un mot, peut-être je me tourne vers l'historien.
Pourquoi est-ce que, pour les gens qui nous regardent ce soir, pourquoi est-ce qu'on parle de déflagration ? Pourquoi est-ce que ça paraît si énorme que le patron des LR aujourd'hui aille sur le trésor du journal de TF1 pour dire, pour moi, ce sera Marine Le Pen, historiquement ?
Parce que, d'abord, Marine Le Pen représente, elle héritière, qu'on le veuille ou non, d'une famille qui a été la famille qui a été la plus hostile au général de Gaulle, qui a même failli tuer le général de Gaulle à l'époque, l'extrême droite, parce que depuis toujours, que ce soit Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, même Éric Ciotti lui-même, il y a quelques années, ont toujours refusé une alliance électorale avec ce qui s'appelle le Front National, puis le Rassemblement National, parce qu'il y a eu, alors c'est vrai, en 1998, au moment des élections régionales, quelques hommes de droite, Jacques Blanc, André Bord, Jean-Pierre Soisson, Charles Millon, qui avait contracté quelques alliances, mais c'était au Conseil régional, là, vous avez quelque chose qui est une rupture historique avec ce qu'a été la tradition, l'éthique de la droite gaulliste, qui était de ne pas pactiser avec cette autre droite dont l'origine, l'ADN, qu'on le veuille ou non, même si elle a beaucoup évolué, est en contradiction avec les valeurs de cette famille des Républicains.
Et ce que fait là Éric Ciotti, c'est quand même, dans l'histoire de cette droite, c'est quelque chose de tout à fait étonnant. Et les réactions montrent cet effet de souffle. Je cite Renaud Muselier, un ancien du RPR, qui dit « De Gaulle, Pompidou, Chirac, nos aînés, mes maîtres, mes mentors doivent se retourner dans leur tombe. » Gérald Darmanin, qui était évidemment passé, lui, en Macronie, dit « Ciotti signe les accords de Munich et enfonce dans le déshonneur ce qu'il reste de la famille gaulliste. » Qu'un petit accord d'appareil. Il y aura des conséquences inévitables, même s'il est seul avec quelques élus à franchir le Rubicon.
Aujourd'hui, à 13h, la droite républicaine a explosé. C'est terminé, c'est fini. Ce parti est mort et enterré. Éric Ciotti, il est seul, il est complètement isolé. Il faut raconter un peu, vous voulez que vous racontent un petit peu comment ça s'est dit ? Oui, parce que vous êtes rentré dans la tête d'Éric Ciotti. En tout cas, je me suis fait raconter ce qui s'est passé, pour comprendre. Déjà, il faut voir que c'est un homme qui est très seul depuis des mois, enfermé dans une quasi-paranoïa, dans son QG de la place du Palais Bourbon, où il dit tout le temps « Je suis seul, il n'y a personne pour m'aider. » Toutes les décisions remontent à lui.
Il doute de ses propres collaborateurs en se demandant s'il n'y a pas des taupes des espions. Et donc, dimanche soir, il est tiraillé. Il se dit « Qu'est-ce qu'il faut faire ? Ça fait deux ans qu'on essaye de tendre la main à Macron. Ça ne marche pas. » Parce qu'il sent, il paraît, mais je n'ai pas réussi à vérifier que c'était vrai ou non, qu'il aurait vu le directeur de campagne de Jordan Bardella. C'est une rumeur qui court avec insistance au sein des Républicains. Et à ce moment-là, il prend quelques conseils auprès des rares personnes en qui il a encore confiance.
Et une personne lui dit « Tu dois proposer une large alliance à droite qui va d'Edouard Philippe, on connaît déjà la réponse, jusqu'à Marine Le Pen. » Et l'argument est de dire « Ça fait deux ans que ça dure. Là, maintenant, il faut trancher. L'heure est aux audacieux. Ce n'est plus le moment de tergiverser. Et puis, qu'est-ce qu'il vaut mieux demain ? Est-ce qu'il vaut mieux avoir 250 députés RN tout-puissants ou 200 députés RN avec 50 députés LR qui empêcheront The City, Bardella, de faire des conneries ? » Et ça, ça l'a emporté dans l'esprit d'Éric Ciotti qui n'a prévenu absolument personne.
Et d'ailleurs, il a même pris la décision, me dit-on, de ne prendre au téléphone ni Nicolas Sarkozy, ni François Baroin, ni François Fillon, toutes les personnes qui pouvaient l'empêcher de changer d'avis. C'est pour ça qu'aujourd'hui, vous avez Bruno Retailleau, le patron des sénateurs LR, qui dit « Il a menti. » Pourquoi ? Parce qu'hier, au Sénat, à 17h30, vous aviez une réunion avec Gérard Larcher, président du Sénat, Bruno Retailleau. Éric Ciotti, il ne les a pas informés de ses intentions. C'est fou.
Chloé Morin, sur les conséquences politiques que peut avoir cette décision annoncée aujourd'hui par Éric Ciotti.
Le pari d'Éric Ciotti, finalement, c'est le pari de la base contre les cadres. Alors, ça fait un moment qu'on voit bien dans les enquêtes que, sur les sujets de fond, les électeurs LR sont de plus en plus proches, notamment sur les sujets sécuritaires et d'immigration, de plus en plus proches des positions du RN, et encore plus d'un RN incarné par Jordan Bardella. Parce que, quelque part, Marine Le Pen, elle a une image, notamment sur son programme économique, qui n'est pas assez à droite du point de vue de LR, alors que Jordan Bardella a réussi à donner des gages de sérieux économiques, on va dire.
On ne sait pas si ça va résister à la campagne, mais en tout cas, il apparaît plus compatible avec la droite classique que ne l'était Marine Le Pen. Et donc, aujourd'hui, le pari d'Éric Ciotti, c'est de se dire, finalement, les gens qui vont être élus, les députés LR qui vont être élus dans le cadre de cette coalition, ce sera des gens qui seront favorables à Éric Ciotti, et donc, les autres, quelque part, on s'en fout. Mais, on a, dans le reportage, les situations du PS et de LR étaient comparées. Je pense qu'elles ne le sont pas tout à fait. Vous en parlez tout à l'heure, du PS, mais je vous en prie, Alise.
Parce qu'au fond, les députés LR actuels, ils ont été élus avec une Valérie Pécresse à 4,5%. Donc, on peut tout à fait imaginer, et les sondages prédisaient, à peine 20 députés LR, quelques jours avant les dernières législatives. Ils en ont eu beaucoup plus. Donc, on aurait très bien pu imaginer, dans la configuration actuelle, que les sortants allaient être reconduits sans avoir besoin d'un accord. Donc, je pense que, quand même, dans le calcul d'Éric Ciotti, il n'y a pas seulement la nécessité de sauver les députés actuels, mais il y a aussi la perspective, potentiellement, d'un poste ministériel, etc.
Oui, on se doute qu'il rêve du ministère de l'Intérieur depuis longtemps, et il s'en défend, disons que ce n'est pas le sujet. On en reparlera peut-être dans quelques mois. Il y a deux arguments qu'il donne, et qui peuvent peut-être être discutés. Il dit que les LR étaient trop faibles, au vu de ce qui s'est passé aux dernières élections, et présidentielles, et européennes.
Les LR étaient trop faibles, d'une part, et d'autre part, et je rebondis sur ce que vous êtes en train de nous expliquer à l'instant, d'autre part, la base, les militants, me le demandent sur les marchés, me le demandent très régulièrement, pourquoi est-ce que vous ne nous faites pas cette alliance, qu'est-ce qui nous divise ? Sur ces deux arguments. Le premier, c'est vrai que la droite était très faible depuis un certain passé récent, mais elle était surtout très faible pour l'avenir. Je pense qu'Éric Ciotti n'aurait pas fait ce qu'il a fait s'il y avait un présidentiable puissant, populaire, dont les Français se disent vivement qu'il arrive.
En clair, si Laurent Wauquiez avait pu surgir, comme Éric Ciotti était assez proche de lui, il se serait sans doute dit, je préfère prendre le pouvoir en 2027 avec Wauquiez qu'en 2024 avec Le Pen et Bardella. Mais il n'y a pas de perspective, il n'y a pas de champion. Sur le deuxième argument, est-il trompé par son entourage électoral proche, c'est-à-dire les Alpes-Maritimes, PACA, on sait que la culture de droite est une droite assez radicale, ou bien est-il en train de tomber dans le mirage qui a aussi occupé beaucoup d'autres leaders de droite ? C'est la fameuse union des droites.
Vous savez, Patrick Buisson en rêvait, il a essayé de convaincre Nicolas Sarkozy de la faire en 2012, il a essayé de la bâtir avec Éric Zemmour, avec Philippe Devilliers, et ça ne marche jamais. Parce qu'il y a toujours à un moment donné dans cette union des droites, quelqu'un qui veut tuer les autres, qui veut digérer, diviser, fracasser les autres. Et c'est ce qu'est en train de faire le Rassemblement National. C'est à la fois tendre la main, venez avec nous, mais surtout pour fracturer. Ils viennent de le faire avec Reconquête, lundi c'est avec nous, mardi c'est restez chez vous.
Après avoir fâché, évidemment, ou contribué à fâcher encore plus Zemmour et Maréchal, et puis c'est en train de le faire avec les LR. Il n'y a pas, quand on a un parti extrême, et c'est vrai aussi pour LFI du côté de la NUPES, il n'y a pas de volonté d'alliance, il n'y a qu'une volonté de digestion. La droite classique le sait bien, puisqu'avec l'UMP, elle avait tenté un peu de faire cela. Venez avec nous, on va travailler ensemble, et finalement non, vous êtes en dessous et on est au-dessus. Je pense qu'il se leurre là-dessus.
Sur le fond, si on met de côté les sujets sur lesquels vous avez exprimé, au fond, une proximité entre Éric Ciotti et Marine Le Pen, immigration, islam, etc., sur l'ensemble du programme du RN, il peut y avoir des états d'âme, quand même, Éric Ciotti ? Bien sûr, le budget 2025 rédigé à quatre mains par Bardella et Ciotti, ça n'a pas de sens. Ce sont des directions contraires. La retraite à 60-62 ans d'un côté, 65 de l'autre, ça n'a donc pas de sens. Donc c'est quelque chose qui n'est absolument pas fondé sur un programme commun possible, mais uniquement sur un intérêt commun à court terme. Et on va poursuivre cette discussion.
Il fallait voir, en tout cas, vous en parliez à l'instant, le visage de Bruno Retailleau, sénateur LR, tout à l'heure, pour comprendre la sidération des cadres des Républicains lorsqu'ils ont découvert à la mi-journée l'accord conclu entre Éric Ciotti et le RN. Marine Le Pen salue de son côté la décision courageuse du député des Alpes-Maritimes. Barbara Stagg, Juliette Ballon et Arnaud Fora. Bonjour Éric Ciotti.
Bonjour. 13h05 sur le plateau du journal de TF1, le parti Les Républicains explose en direct. Il faut une alliance, c'est le sens de la Ve République. Une alliance avec qui, Éric Ciotti ? Une alliance avec Marine Le Pen, clairement, c'est ce que vous nous annoncez ? Une alliance avec le Rassemblement National, avec ses candidats. Je souhaite que ma famille politique aille dans ce sens. Beaucoup me suivent, le président des Jeunes Républicains, Guylaine Carayon, des dizaines de parlementaires, notamment ceux qui ont été élus dimanche, je pense au général Gomart, à Céline Imard. Il y a aujourd'hui une force qui va se lever. Un accord LR-RN, depuis ce matin, la rumeur courait.
Acte 1, hier soir, le Rassemblement National tend la main au cadre des Républicains. Il faut être capable de rassembler, de s'ouvrir à tous les hommes et les femmes de bonne volonté,
qui sont des patriotes, qui clairement sont en désaccord avec la politique d'Emmanuel Macron et qui souhaitent venir avec nous pour construire une majorité stable.
Acte 2, ce matin à la radio, les ténors de droite exigent une clarification. L'ADN de la droite républicaine, c'est jamais les extrêmes, jamais les extrêmes, jamais le Front National, jamais Marine Le Pen. Et encore une fois, si certains ont envie d'aller avec le Front National, qu'ils le disent et qu'ils y aillent maintenant. Je vois que M. Ciotti nous dit que jamais, au grand jamais, il ne fera d'accord avec la majorité présidentielle. Moi, je demande gravement, solennellement, ce matin, M.
Ciotti, est-ce que vous pouvez dire avec la même clarté que vous ne ferez vous et que votre parti ne fera jamais d'accord avec le Rassemblement National, comme l'ont toujours défendu Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ? Dans la matinée sur les réseaux sociaux, les poids lourds chez LR mettent la pression et tentent peut-être encore de dissuader Éric Ciotti. Nous serons candidats sous nos couleurs, sans arrangement, aucun.
Acte 3, la déflagration, Éric Ciotti franchit le Rubicon.
Dans les rangs LR, choc et indignation, les cadres du parti dénoncent une trahison et réclament sa démission.
Pensez-vous qu'à un seul instant, à un seul moment, le président de notre parti vous ait confié quelque confidence que ce soit ?
Rien du tout.
Rien du tout. Jusqu'à ce matin, c'est à travers les dépêches, à travers les alertes, que j'ai appris, je ne voulais pas y croire dans un premier temps, pendant ma réunion de groupe, que j'ai appris la décision que le chef du parti allait prendre, seul. Et il a menti. Il a donc menti. Il nous a menti.
Vendre son âme pour un plat de lentilles et draper cela dans l'intérêt du pays, c'est ce que j'ai toujours refusé. Il n'y a aucune issue politique, il y a une quelconque alliance, un quelconque accord avec un parti politique pro-russe, populiste et anti-européen. Mais de retour au siège des Républicains, Éric Ciotti s'accroche et annonce ne pas vouloir céder sa place à la tête du parti. Je suis président des Républicains et je reste président des Républicains. Mon mandat, je le tiens des militants et seuls les militants pourraient me l'enlever. À ce stade, aucun des 61 députés LR n'a exprimé son soutien à Éric Ciotti. En revanche, Marine Le Pen a salué un choix courageux selon ses mots.
On peut préciser que Sandrine Rousseau s'est invitée devant le siège des Républicains pour dire à quel point à ses yeux, c'était une honte. On l'entend dire, je suis président des Républicains.
Il va le rester, Nathalie Chouk ? Il peut le rester parce qu'il est très critiqué, on l'a entendu aussi. Toute la question en interne, vous voyez bien, vous avez montré des tweets de dirigeants des Républicains qui lui demandent aujourd'hui de rendre les clés. Est-ce qu'il est possible aujourd'hui de putcher Éric Ciotti ? C'est la question. Eh bien, c'est très compliqué parce qu'en fait, pour convoquer un bureau politique des Républicains, il faut au moins 8 jours. Donc, ça interviendrait après les investitures pour les législatives. Donc là, pour ce coup-là, le coup est parti, c'est trop tard. Et puis, Éric Ciotti, il a une arme entre les mains.
Et là, depuis dimanche soir, parce qu'il y a pensé, c'est la consultation électronique des militants. S'il appuie sur le bouton pour dire, je demande aux adhérents de me dire ce qu'ils veulent pour la dissolution, est-ce qu'on va faire un accord avec le RN ou pas ? Eh bien, il gagne et il bat à plate couture tous les autres dirigeants. Donc, du coup, ça va être très compliqué de s'en débarrasser.
On parlait de l'aspect humain, on regardait les uns et les autres la tête de Bruno Retailleau qui sonnait, qui n'en revient pas lui-même de ne pas avoir été informé à ce niveau-là pour des décisions aussi importantes. C'est aussi une histoire d'hommes et de trahison. La politique, surtout dans ces moments de crise comme ça, elle fait rejaillir justement les personnalités, les réactions. Et même sur leur visage, on voit tout se dessiner, ce qu'ils font, ce qu'ils sont. Mais il ne faut pas oublier non plus que tout ça se fait sous le regard de l'opinion.
Et de plus en plus, une opinion qui est vigilante, qui fait très attention à ce qui se passe et qui voit quand même ce spectacle un petit peu pitoyable, j'allais dire un peu partout dans le paysage, mais notamment à droite, et qui voit Éric Ciotti d'abord se détacher de la tradition de la droite classique, de la droite républicaine, pour aller vers un parti dont, et c'est ce que soulignait tout à l'heure Christophe, qui, sur beaucoup de points, a des idées, un programme totalement différent.
Comment voulez-vous expliquer à des citoyens responsables que les hommes politiques tiennent compte de leur volonté, de leur désir, de leur souhait, s'ils voient que, en fait, les motivations sont purement politiciennes, parce qu'en l'un moment, il s'agit de sauver des sièges de députés ex-républicains, ou peut-être encore républicains. Vous vouliez dire un mot ? Oui, il y a beaucoup de macronistes qui faisaient la même tête que Bruno Retailleau, dimanche soir, on apprend la dissolution, par le même phénomène d'être mis devant le fait accompli sans avoir été consulté, même en ayant été dupé.
Je pense que Retailleau est profondément et sincèrement triste, parce qu'il a compris aussi que derrière la trahison de Ciotti, il y avait la fin probable des LR. Les LR sont poignardés dans le dos par leur président, on verra le 30 juin, s'ils arrivent à sauver leur peau, ou si vraiment ce parti arrive au bout d'un autre. On sait combien d'élus suivent Éric Ciotti ? Pour l'instant, très peu.
On a une poignée de députés, deux ou trois, qui ont dit, c'est le bon choix, c'est pas beaucoup, mais s'il y a une consultation des militants, si ces députés commencent à faire campagne, ils se font engueuler en disant, mais oui, il faut y aller, évidemment, il faut travailler avec eux, vous allez voir que ça va changer. C'est le pari d'Éric Ciotti, c'est de dire, les cadres sont contre moi, mais la base... Mais la base, on en parlait tout à l'heure. C'est vrai qu'on écoute, pardonnez-moi, non, parce que vous les avez cités tout à l'heure, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, sur le même sujet, il y a quelques années, on les écoute.
Ne composez jamais avec l'extrémisme, le racisme, l'antisémitisme, ou le rejet de l'autre. Dans notre histoire, l'extrémisme a déjà failli nous conduire à l'abîme. C'est un poison, il divise, il pervertit, il détruit. Tout, dans l'âme de la France, dit non à l'extrémisme. Il n'y aura jamais un seul accord entre les dirigeants du Front National et nous, jamais ! Ni au plan cantonal, ni au plan régional, ni au plan national, jamais ! Bon ben si en fait, il fallait attendre la dissolution. Vous vous souvenez Nicolas Sarkozy qui disait « j'ai tué le RN », on est loin quand même. Cette question de Jérôme Angéron de Ciotti est-il tombé dans le piège tendu par Macron ?
En partie, parce que Macron divise aussi ses oppositions, il a mis une sorte de pagaille à gauche avec cette union forcée qui crée beaucoup de contestations, et il a mis la division à droite. Ce n'est pas dit que ce soit un piège qui se retourne en faveur de Macron. Donc ce n'est pas forcément autre chose qu'un boomerang. Mais vous avez vu les dates des deux interventions ? 2007, donc un président Chirac qui est en bout de coin, qui a perdu le référendum de 2005 et qui va passer la main à Nicolas Sarkozy, ce n'était pas forcément son choix. Et 2015, un Nicolas Sarkozy qui veut revenir, qui va être candidat à la primaire et qui va la perdre.
Donc vous voyez, déjà là, les bases électorales flageolées.
– On parlait de quoi juste avant ? J'ai perdu le mot. – Le piège de Macron. – Le piège de Macron, oui. En fait, il devait parler de la primaire et il choisit de reporter à deux mains. C'est juste parce que le spectacle offert d'un côté par le PS qui va s'allier avec LFI et de l'autre par les Républicains qui s'allient avec le RN, joue pour Macron dans le sens où les raisonnables de LR, enfin de droite, et les raisonnables entre guillemets de gauche, n'auront plus comme refuge, en tout cas c'est ça le pari, que de rentrer dans l'union que va chercher à faire Emmanuel Macron autour de lui. C'est ça la clarification qu'il appelle de ses voeux.
– Je me sens prise en otage, je ferai barrage au RN et à LFI, mais je ne veux pas voter Renaissance. Quel choix sérieux reste-t-il ? C'est Sandrine dans le Pas-de-Calais. – Alors, juste rappeler quand même que, et on a vu la réaction de Bruno Retailleau, on a vu celle de Gérard Larcher, les LR sont quand même forts au Sénat, ainsi que dans un certain nombre de communes, et ils ont un vrai enracinement local. C'est pour ça que moi quand on parle toujours de disparition des LR, je reste un petit peu circonspect, parce qu'il existe quand même cette force-là, et cette force-là, elle ne peut pas être négligée.
– Alors, c'est une force qui, justement, peut être susceptible d'alliance avec Renaissance, avec le macronisme. – Je le disais tout à l'heure, on est toujours dans l'effet de souffle, on a entendu tout à l'heure une courte intervention ce matin d'Edouard Philippe, qui tendait la main. Alors, quelle est la stratégie ?
– Pour l'instant, les dés n'ont pas fini de rouler, c'est ce que vous dites. À droite, l'histoire n'est pas finie. LR est mort, mais est-ce que quelque chose d'autre peut renaître ? Il n'est pas du tout impossible que vous ayez aujourd'hui tous les gens qui sont hostiles à Éric Ciotti, qui sont extrêmement nombreux. Il est totalement isolé au sein des partis. Il est avec quelques élus, allez, si ça se compte, peut-être une dizaine, guerre plus. Donc, vous pouvez avoir quelque chose qui se recrée. À gauche, l'histoire, elle n'est pas terminée non plus. Les négociations, elles ont lieu en ce moment, et je peux vous dire qu'elles sont très serrées.
Il y a un bras de fer, aujourd'hui, entre Glucksmann et Blanchon, et on n'est pas au bout de l'histoire.
– Et on peut en parler à la fin de cette émission. – Mais sur la stratégie d'Édouard Philippe, il dit « je tends la main », mais à qui ? – C'est l'homme qui disait, dès 2017, « la poutre travaille ». Il disait par là que la droite était en train de se vriller, de se fracturer, de se disloquer. Et il comptait en profiter. Est-ce que son heure est venue ? Est-ce que de Glucksmann à Xavier Bertrand, Édouard Philippe peut être l'homme de ce rassemblement déraisonnable ? Une sorte de macronisme sans Macron, de post-macronisme plus à droite que le macronisme, mais qui recrée la même situation, c'est-à-dire non aux extrêmes. D'abord, il faut qu'il se lance, qu'il se mouille.
Il n'a pour l'instant, lui aussi, que peu de députés. Il a eu 58 investitures la dernière fois, ça sera sans doute la même chose cette fois-ci. Et il a une trentaine de députés. Est-ce que c'est le début de l'ère Édouard Philippe ? Honnêtement, je ne suis pas sûr qu'il soit prêt. Ni dans son appareil de campagne, ni dans sa psychologie personnelle.
– L'heure est à la clarté, il n'est pas très clair pour l'instant.
– Vous en avez parlé rapidement tout à l'heure, sur l'effet de souffle aussi en Macronie. Ils ont été sidérés, on a entendu, donc on a entendu, non, on ne l'a pas entendu. Ce sont des propos rapportés, parce qu'il y avait une réunion de groupe où Gabriel Attal, qui avait un peu disparu, est allé s'exprimer. On a aussi une Macronie qui est sous le choc. – Oui, ça c'est vraiment à noter. Je veux dire que le Premier ministre, qui est là depuis cinq ou six mois, ça va être le plus court Premier ministre de toute la Ve République, et qui a été complètement évacué dans cette affaire, par une dissolution.
– On voit passer la citation, il dit « je sais que c'est brutal pour vous, pour lui aussi, nous ne sommes pas là pour parler de nos états d'âme, les siens aussi, on entend ça dans cette déclaration de Gabriel Attal, mais pour aller de l'avant, car la messe n'est pas dite. » – On sait qu'il désapprouvait, d'après ce que j'ai compris, il avait fait part de son désaveu. Ça a été aussi le cas de Yaël Braun-Pivet, très clairement, qui a dit qu'il y avait une autre solution. Je ne suis pas sûr qu'il y avait vraiment une autre solution viable, mais enfin, en tout cas, elle aurait aimé tenter une autre hypothèse.
Et là, vous avez aussi les députés Renaissance, qui ont été pris de court, et non seulement les Renaissance, mais les Modem et les horizons d'Edouard Philippe. Donc là, c'est quand même un traumatisme qui n'atteint pas que les adversaires, mais aussi le camp du président lui-même, qui doit se réorganiser, qui doit repartir. – Qui va faire campagne ? – Bien, c'est…
– La question, c'est la question. – Est-ce que tous les sortants vont repartir, ça, c'est une vraie question ? Parce qu'il y avait des doutes au sein même de la majorité depuis un moment, et il y avait des rumeurs de groupes qui allaient quitter la majorité depuis un petit moment déjà. Donc la question, c'est, est-ce que ça peut accélérer, finalement, cette fragmentation, ou est-ce qu'au contraire, ça va obliger les troupes à serrer les rangs et à serrer les dents, en se disant, espérons que ça passe.
On voit très bien qu'une grande partie de la majorité ne voit pas, en fait, le chemin de la victoire, c'est aussi simple que ça, parce qu'ils voient bien que le bloc à gauche et le bloc à l'extrême droite et la droite sont quand même plutôt en dynamique, et eux, non. Donc c'est très compliqué. On voit bien la logique qui est celle de l'Élysée, qui est de se dire, finalement, si le budget n'avait pas été voté, on allait de toute façon à la dissolution à un moment donné, on allait à une censure du gouvernement, et on avait un pays qui était ingouvernable. Et donc, mieux vaut anticiper les décisions et les prendre soi-même plutôt que les subir. Moi, c'est comme ça que je comprends les choses.
Après, on voit bien que...
Depuis hier, enfin, depuis dimanche soir, des gens qui s'interrogent sur la stratégie d'Emmanuel Macron, sur le choix qui serait un choix personnel, un choix d'égo, et non pas un choix pour le pays. Il y a beaucoup d'incompréhension. Alors, il va sans doute demain, puisqu'il y a une grande conférence de presse, expliquer sa stratégie, sa logique et ce à quoi il croit. Mais il a laissé le pays dans un état aussi de sidération.
Oui, parce qu'en fait, on se dit, finalement, on avait tous intégré que l'arrivée du RN au pouvoir était possible en 2027. Là, on se dit, c'est maintenant, peut-être. Donc, forcément, c'est un choc. Mais si on reprend les choses dans le temps long, la dernière fois que nos dirigeants ont consulté les Français de manière volontaire, c'est-à-dire en dehors des élections normales, qui sont évidemment imposées, c'était le référendum de 2005 sur lequel Nicolas Sarkozy s'était assis. Et donc, ça, dans l'opinion, ça a créé une défiance vis-à-vis des dirigeants qui est extrêmement puissante et qui est l'un des carburants du RN.
Et donc, cette décision, en fait, d'aller consulter le peuple, c'est aussi, je pense, inscrit dans cette histoire-là qui est, finalement, les dirigeants, depuis longtemps, se méfient du peuple. Et donc, quelque part, c'est le moment de... Ça veut dire qu'ils croient à la victoire ? Possible ? J'espère. Parce que quand Gabriel Attal dit « la messe n'est pas dite », il croit... Il faut raconter ce qui s'est passé dimanche soir à l'Elysée, quand même. C'est-à-dire que les gens qui étaient là pour la réunion politique juste avant l'annonce des résultats, certains ont dit, on a eu, en face à nous, un président qui pensait encore qu'on pouvait faire 20% et qui étaient persuadés même voire 22%.
Donc, une espèce de déni. Ils essayaient de me dire « Président, ça va être plus compliqué que ça. » Donc, il y a une forme de nid. Quand je faisais mon enquête pour mon livre, un député, Les Républicains, que je ne citerai pas, m'avait dit cette phrase assez magnifique, m'avait dit « J'ai une amie astrologue, ne le répétez pas, qui m'a dit « Lorsqu'Emmanuel Macron a été élu en 2017, il a le même thème astral que Néron. » J'avais trouvé ça assez facile.
Alors, je fais un tout petit correctif parce qu'il s'est trouvé que dans les quelques jours qui ont précédé la dissolution, j'étais en contact avec des gens proches d'Emmanuel Macron et même en contact avec le président lui-même et je me souviens très bien qu'il disait qu'il envisageait toutes les hypothèses, c'est-à-dire, y compris celle d'une victoire du Rassemblement National. C'est-à-dire qu'il ne l'a, en tout cas dans son discours, il n'avait pas l'air de l'évacuer. Et j'imagine que s'il prend quand même cette décision, c'est quand même en sachant qu'il y a de fortes chances que ce soit cette hypothèse-là qui l'emporte.
Vous parlez de toutes les hypothèses, il y en a une qui est montée cet après-midi, la démission. On a entendu cette hypothèse qu'à l'issue des législatives, sans doute si le score n'est pas celui attendu, en tout cas avec une sanction de la majorité présidentielle, le président mettrait sa démission dans la balance. Qu'en savez-vous les uns les autres ?
Ça a été démenti par l'entourage du chef de l'État, mais on voit bien l'intérêt de cette information, c'est-à-dire qu'en fait, agiter la potentielle démission d'Emmanuel Macron dans cette campagne, c'est transformer la campagne en référendum sur lui, et donc c'est mobiliser tous ceux qui n'en peuvent plus et qui ont une envie, c'est qu'ils s'en aillent. Donc, le camp d'Emmanuel Macron n'a surtout pas intérêt à mettre ça dans la balance. Après, la difficulté qu'il a, Emmanuel Macron, c'est qu'il avait aussi dit qu'il n'y aurait pas de dissolution.
Bardella avait transformé les Européennes en référendum pour ou contre Macron. Macron riposte en disant c'est législatif, français, choisissez, c'est pour ou contre le RN au pouvoir. Et donc là, évidemment, on essaye de renvoyer cela à un nouveau référendum anti-Macron. Il se soumet ou il se démet. Si Macron démissionnait le 7 juillet au soir après le deuxième tour, ça veut dire qu'on va voter quand même vers le 10 août pour une présidentielle. Ça va plaire beaucoup aux Français. D'ailleurs, il ne peut pas se représenter. Ceux qui se disent qu'ils démissionnent pour se représenter, il n'a pas le droit. C'est la fin de son deuxième mandat consécutif. Il ne peut pas se représenter.
Moi, je n'y crois pas une minute. Je pense que le président a tenté un pari sans doute inconséquent mais en pensant qu'il reprendrait la main. Parce que qu'est-ce qui peut se passer ? Cohabitation. Il y a une majorité RNLR, il y a un Premier ministre qui s'appelle Bardella. Cohabitation. On sait que les présidents ont parfois tiré leur épingle du jeu dans des cohabitations et que ça peut montrer l'incompétence de celui qui arrive à Matignon. Deuxième scénario. Il n'y a pas de majorité. Personne n'a d'équation pour faire une majorité. Ce scénario est assez probable arithmétiquement. Alors là, ce n'est pas la cohabitation, c'est la chaos-habitation.
Vous êtes dans un chaos tel qu'il n'y a pas de gouvernement qui peut aller avoir un vote de confiance. Qu'est-ce qui se passe ? On garde le gouvernement Attal, on expédie les affaires courantes, le temps que quelqu'un arrive en disant « Moi, j'ai au moins pas de majorité contre moi, on me laisse une chance et donc je peux essayer de gouverner » ou bien que l'année calendaire 2025 s'ouvre et qu'on puisse dissoudre à nouveau. Pendant ce temps-là, un enfant fantôme qui ne peut rien faire, pas de texte de loi qui expédie les scénarios d'affaires courantes. C'est un scénario un peu à la belge. C'est très mauvais pour un pays. Très mauvais. L'État se disloque, il n'y a plus d'autorité.
Vous ajoutez à cela les jeux et la rentrée budgétaire et vous avez un paysage complet de désolation. Juste quel mot vous mettez sur ce qui est en train de se passer ? On entend parler de... Est-ce qu'on est dans une crise politique ? C'est une crise politique qui peut devenir dans trois semaines une crise de régime. C'est une crise politique majeure. On le voit, les LR, la NUPES, tout le monde est en état de fracture. Et ça devient une crise de régime si on a un blocage avec aucun gouvernement qui n'a de majorité, aucun Premier ministre qui n'a de vote de confiance et un président doublement déjugé par le peuple qui s'accroche au pouvoir. Ça sera une crise de régime.
Et puisque nous évoquons le sort des députés, je voudrais citer quand même cette phrase absolument magnifique d'un député socialiste qui s'appelle Philippe Brun qui dit « Je me sens comme une pastille effervescente dans l'eau ». Ça doit pas être très agréable. Voilà, c'est ça, la dissolution. Pour cette série d'émissions spéciales, les reporters de C'est dans l'air sont allés passer du temps avec vous, avec les Français, pour écouter ce qui a motivé leur vote et voir comment ils vivent ce moment que nous commentons ce soir de confusion, de crise politique. Anne Mackignon est depuis hier à Bréan. C'est en Bretagne.
Alors en Bretagne, tous les départements ont basculé du côté du Rassemblement National.
Dans le centre de la Bretagne, la commune de Bréan, 2 900 habitants. Ici dimanche, le Rassemblement National a obtenu près de 42% des votes.
C'est presque 10 points de plus que dans le reste de la France. Parmi ses électeurs, Bertrand Ars. Pour lui, à 65 ans, c'est une première.
Il y a un ras-le-bol. C'est un ras-le-bol général. C'est une troisième voie aujourd'hui. Ça fait 50 ans, 60 ans qu'on entend les mêmes discours. Ça va pas changer. Ça va en empirant. C'est pas possible, quoi. Son premier vote, Bertrand l'a donné à la gauche de François Mitterrand avant de devenir un électeur de droite pendant 47 ans. Déçu des deux bords, délu qui lui semble de plus en plus déconnecté, son bulletin pour le RN est aussi un vote sanction. On vote, nous, pour des députés. Qu'est-ce qui s'est passé avec Elisabeth Borne ? C'est avec du 49-3 à Thiers-Larigaud. On n'a pas le droit de débattre, même du tout. Alors, qu'est-ce qu'on est, nous, là-dedans ?
C'est ça qui est terrible, quoi. Donc, on a 577 députés et puis, au bout du bout, ils peuvent rien dire, ils peuvent rien faire parce que le 49-3, il est tombé au moins 23 fois. C'est ça ? Donc, c'est quelque chose qui n'est pas normal. Des députés qu'ils jugent souvent déconnectés du quotidien. Les fins de mois sont difficiles pour cet ancien conducteur de travaux. Il touche 1700 euros nets de retraite et aide financièrement ses deux enfants chaque mois. Alors, le budget est serré. Tout le monde regarde. Vous ouvrez un porte-monnaie, tout le monde regarde. Tout à l'heure, on était à la boulangerie. Le prix du pain est augmenté.
Ce n'est pas la faute du boulanger en lui-même, c'est la faute de ce qu'on lui impose au niveau des énergies. Vous avez un prix de l'électricité pour les professionnels mais qui a été doublé par je ne sais pas combien. Donc, comment voulez-vous qu'ils s'en sortent ? Pour lui, l'extrême droite apparaît comme la seule alternative crédible après la nouvelle débâcle des Républicains aux européennes. C'est un parti qui est pour l'instant au fond du gouffre. Il est l'air. J'espère qu'un jour, ils remonteront la pente mais il faudrait un grand monsieur pour... Il n'y a pas de grand monsieur. Le dernier grand monsieur que j'ai connu, c'est en 68.
Jordan Bardella, oui, parce qu'il a un discours Il a un discours qui capte qui capte nous les anciens comme moi. Voilà, 105 ans mais qui capte beaucoup de jeunes aussi. Et on a beau dire que la jeunesse dans les grandes villes elle a voté à gauche mais je peux vous dire que la jeunesse aussi elle vote RN.
Jordan Bardella qui l'imagine se lancer dans la course à l'Elysée à la place de Marine Le Pen en 2027. Votre réaction à ce qui vient d'être dit à ce témoignage ? Déjà la réaction c'est que la Bretagne restait un des bastions qui était complètement hermétique à l'influence du Rassemblement National pour des tas de raisons historiques, sociologiques et là on voit que le Rassemblement National s'est implanté aussi dans le... Il parle du pouvoir d'achat. Il parle du pouvoir d'achat. Il parle du prix de la baguette. Il parle de ce Bardella qui... Des jeunes. Voilà. Et ça on peut tous le constater.
C'est un phénomène que les enquêtes d'ailleurs documentent c'est qu'il y a une percée et il y a une véritable incarnation auprès des jeunes. Ce Jordan Bardella dont on peut dire que parfois dans les interviews télévisées etc. il n'est pas forcément en maîtrise de tous les sujets. Certains de ses conseillers même l'ont dit. n'empêche qu'il percute quand même les jeunes peut-être même beaucoup plus d'ailleurs que Marine Le Pen il a son image et quelque chose qui le porte et à droite dans l'histoire des droites l'image l'incarnation c'est essentiel c'est beaucoup plus important j'allais dire que le programme.
Et d'ailleurs on attend un grand monsieur il y avait un grand monsieur qui était le général de Gaulle après Jacques Chirac je ne sais pas si Jordan Bardella est à la mesure de ces personnages-là mais en tout cas chez les jeunes il fait quand même office de c'est une petite star quand même de la politique. Et ça c'est un tournant politique à vos yeux Jean-Garic ce qui est en train de se passer ? C'est quand même un tournant parce que je le répète dans l'histoire d'abord c'est un tournant parce que je le répète l'extrême droite elle n'a jamais été au pouvoir. Vous dites c'est le tournant politique le plus important depuis le régime de Vichy ?
Alors à droite effectivement il faut rester prudent parce qu'on ne sait pas s'ils vont arriver au pouvoir combien de temps ils vont l'exercer etc.
Mais quand même c'est malgré tout même si le rassemblement national d'aujourd'hui n'est pas le front national de Jean-Marie Le Pen c'est quand même dans notre histoire politique c'est quand même quelque chose de totalement inédit beaucoup plus par exemple que l'arrivée de Giorgia Meloni en Italie qui s'appuie déjà sur toute une tradition une histoire fasciste qui n'était pas morte chez nous l'extrême droite alors c'est vrai que ça fait depuis les années 80 qu'elle est en montée mais c'était quelque chose qui était tabou enfin dans la culture politique française et qui aujourd'hui manifestement s'est installée comme un phénomène au fond l'objectif du rassemblement national et après j'arrête ma tirade mais l'objectif du rassemblement national d'aujourd'hui c'est d'être un peu comme le parti gaulliste le RPR du temps de Jacques Chirin.
Et Anne Mackignon qui est en reportage en Bretagne et qui va y rester quelques jours nous racontait qu'elle avait tenté d'avoir des témoignages comme celui qu'elle a eu là et qui restait quand même un tabou en Bretagne de gens de commerçants qui n'osaient pas dire face caméra qui n'assumaient pas totalement encore ce vote rassemblement national
Il y a une chose qu'on n'a pas dit et qui s'est passé aujourd'hui c'est le fait qu'hier on avait pensé qu'il y avait une discussion avec Marion Maréchal en disant peut-être qu'il peut y avoir une alliance du côté de reconquête ou en tout cas aller débaucher quelques personnes de reconquête et aujourd'hui Marion Maréchal a annoncé qu'en gros Jordan Bardella lui avait fermé la porte au nez Pourquoi est-ce
qu'il ferme la porte au nez ?
Je pense que c'est important parce qu'il faut revenir à 2022 Éric Zemmour et donc le départ d'un certain nombre de cadres du RN vers Éric Zemmour avait été un agent dédiabolisateur de Marine Le Pen et elle avait son image en fait c'est beaucoup recentré grâce à lui puisqu'elle avait maintenant à sa droite quelqu'un qui était beaucoup plus radical beaucoup plus dur et donc donner le sentiment même sans parler à Éric Zemmour lui-même mais en parlant en débauchant des gens de chez lui ça peut revenir enfin faire revenir toutes les prises de position les plus radicales parce que finalement quand vous êtes
ça rediabolise
c'est ça en fait il suffirait après d'aller chercher toutes les petites phrases qu'a pu dire Marion Maréchal sur plein de sujets et qui pour le coup heurtent beaucoup plus les électeurs y compris de droite que un Jordan Bardella qui est extrêmement lisse et qui a un discours très bien cadré
Christophe Barbier bien sûr il y a eu cette stratégie le RN depuis au moins deux ans peut dire l'extrême droite ce n'est plus nous c'est Zemmour et le danger pour la République ce n'est plus nous c'est Mélenchon sauf qu'il faut creuser un peu il faut lire la biographie de Bardella par Pierre Stéphane Fort qui s'appelle le grand remplaçant qu'est-ce qu'on découvre ?
On découvre un jeune homme qui est arrivé par la droite de l'extrême droite c'est pas du tout un jeune modéré non c'est quelqu'un qui a fait ses classes dans le 9-3 dans le 93 et au sein du parti avec les plus durs ceux qui ont été ensuite mis un peu de côté parce qu'ils étaient un peu trop infréquentables c'est cela Jordan Bardella il y a le Bardella TikTok et il y a le Bardella tactique et Bardella tactique on le voit en 2018 il réfléchit à une manière d'évincer Marine Le Pen discrédité par son débat d'entre deux tours avec Macron pour essayer d'aller plus vite vers une prise du pouvoir et il est sur une ligne très très dure On va le découvrir c'est ça que vous voulez dire ?
Ah oui s'il arrivait au pouvoir je pense qu'on le découvrirait on se dit tous c'est quelqu'un qui est trop jeune qui n'a pas les compétences c'est ça le risque mais ce n'est pas seulement ça il y a une véritable identité d'extrême droite dure pour Jordan Bardella
Vous êtes d'accord avec ça Nathalie ? Ah oui absolument c'est quelqu'un qui est sur une ligne identitaire beaucoup plus dure que Marine Le Pen mais ce qui est intéressant vous posez la question pourquoi est-ce que des régions comme la Bretagne basculent aujourd'hui ?
C'est un mélange à la fois de normalisation du Rassemblement National de stratégie très fine de Marine Le Pen qui est un animal politique hors normes il faut dire les choses vraiment c'est une bête politique le seul parti qui ne fait pas de fautes stratégiques dans cette campagne pour l'instant c'est le RN et quand elle prend Jordan Bardella elle sait ce qu'elle fait elle étend son arc politique à une partie des personnes âgées qui sont séduites par le personnage de ce Bardella qui quand vous le regardez il ressemble un peu à Jacques Chirac quand il était jeune on a l'impression qu'il en joue presque il parle aux jeunes aussi et à côté de ça aujourd'hui qui parle des préoccupations du quotidien des français du prix de la baguette du prix de l'électricité des problèmes de logement qui parle d'immigration c'est le Rassemblement National et je parlais hier avec un conseiller politique des Républicains qui me disait mais au fond ils tiennent le discours qu'on tenait nous à l'époque du RPR on s'est fait grand remplacer c'est ça qui est en train de se passer les projections
quand on regarde les sondages qui sont publiés il y a eu un sondage à Ressin Interactive hier sur des intentions de vote au premier tour 34% pour le RN liste unie de gauche à 22% la majorité à 19% les LR à 9% c'était avant le collapse des LR comment ça se traduit en termes de majorité est-ce que le Rassemblement National peut avoir une majorité absolue qui lui permettrait d'appliquer totalement son programme aux responsabilités alors d'abord alors les fourchettes vont d'une majorité relative autour de 245 députés jusqu'à 305 là on dépasserait largement la majorité absolue ils ont aussi une possibilité d'alliance peut-être justement avec une partie de la droite LR ou qui sait bon je ne sais pas ce que représenterait Reconquête qui semblera en difficulté pour des élections législatives parce que s'ils n'ont pas d'alliance avec le RN ça ne représentera pas pas grand chose ça ne sera pas une route secours pour le RN mais donc le plus vraisemblable c'est quand même qu'on revienne ce que disait tout à l'heure Christophe à une assemblée comme ça fragmentée émiettée avec majorité relative ingouvernable et encore plus ingouvernable que celle qui existe aujourd'hui d'autant plus dans ce cas de figure pardonnez-moi juste pour être sûr de comprendre dans ce cas de figure là on pourrait maintenir Gabriel Attal dans ses fonctions c'est possible mais quand même l'usage veut qu'on appelle à Matignon le chef ou la figure désignée par le parti majoritaire
c'est ça qui a fait naître les rumeurs de démission elles ne viennent pas de nulle part elles sont dans la tête de tous les responsables politiques aujourd'hui y compris dans la majorité eux-mêmes vous disent on a deux scénarios dans lesquels le président serait non pas il choisirait la démission il serait contraint la démission c'est celui de la chambre ingouvernable on fait quoi on peut rien faire on est vitrifié on ne peut pas bouger avec en plus vous avez vu l'agence de notation Moody's qui nous dit ce matin attention on va dégrader la note de la France on s'inquiète les marchés commencent à être fébrides le deuxième scénario c'est le scénario d'une cohabitation où là pour le coup toutes les cohabitations qu'on a connues dans l'histoire de la 5ème république c'était des cohabitations polissées entre gens polis et bien élevés des gens des partis de gouvernement qui savaient qu'ils pouvaient se retrouver un jour dans la situation inverse donc on ne se faisait pas trop de mauvaise manière là c'est le rassemblement national face à Emmanuel Macron est-ce que Marine Le Pen a intérêt à attendre trois ans avant d'arriver au pouvoir non donc qu'est-ce qu'elle a intérêt à faire c'est de pousser dehors or qui vote aujourd'hui les crédits qui a les clés entre les mains qui a l'argent c'est Matignon c'est Matignon qui vote les crédits y compris l'Elysée résultat des courses ça va être compliqué de tenir
si vous n'avez pas de gouvernement possible pas de majorité possible aucun premier ministre qui a de vote ça ressemble à la 4ème république la 4ème république quand elle a été plongée dans une crise majeure on est allé chercher une personnalité à extérieur qui a réussi à faire un gouvernement d'union nationale qui allait selon ses propres mots il nous manquait que Maurice Thorez et Ferra Tabas c'est-à-dire le communiste et puis le FLN c'était le général de Gaulle il n'y a pas de De Gaulle disponible est-ce qu'aujourd'hui une personnalité venue de l'extérieur qui ne se mêle plus de politique depuis un certain temps mais qui pourrait dire écoutez je vais prendre des gens un peu partout parce qu'il ne faut pas que ce pays aille à volo existe certains disent François Baroin pourrait revenir aller à Matignon et avoir même au RN peut-être une sorte d'attitude non agressive pour ne pas plonger le pays dans le chaos est-ce que quelqu'un venu de la gauche ait un peu rangé des voitures qui reprendrait du service essayer de composer cela selon la majorité possible c'est extrêmement aléatoire aujourd'hui ça fait partie des scénarios envisageables ah oui en tout cas François Baroin c'est un nom qui a circulé à lui maintenant de sortir du bois et de dire je suis disponible pour sortir mon pays de la crise alors nous avons beaucoup parlé de la droite c'est pas beaucoup plus simple à gauche on efface tout on pardonne tout on recommence face à l'urgence à gauche ce qui était encore inenvisageable il y a quelques jours semble prendre forme un nouvel accord à gauche entre les verts le PS le PC et la France insoumise où chacun pose ses conditions Léo Celuica Campisi et Arnaud Faura
Sage
sans équivoque scandé hier soir devant le siège des écologistes à l'intérieur les responsables
des partis de gauche message reçu nous l'avons fait nous avons réussi à nous mettre d'accord sur le principe
ça veut dire que nous allons travailler ensemble autour de candidatures communes au premier tour
des élections législatives qui défendront un programme de rupture
le fond populaire c'est un engagement qui va bien au delà de nous même
nous voulons prendre devant vous tout juste est-il annoncé
que cet accord est déjà mis à rude épreuve ils n'ont pas voulu l'union avant maintenant ils la veulent maintenant ils ont beau jour la société maintenant c'était avant qu'ils allaient se réveiller ils ont traité la NUPES ils ont contact on va voir ce qu'ils vont faire maintenant on l'espère maintenant c'est pour ça on est là pour soutenir et surveiller un peu quand même
il faut dire que le soir même Raphaël Glucksmann jouait sa propre partition au 20h de France 2 on va pas refaire la NUPES il y a eu une inversion des rapports de force je suis en tête à gauche donc voilà les conditions d'abord un soutien indéfectible à la construction européenne ensuite un soutien indéfectible à la résistance ukrainienne une abrogation de la réforme des retraites de la réforme de l'assurance chômage et de la loi immigration une accélération de la transition écologique et enfin un rejet de la brutalisation de la vie politique
d'abord annoncée partie prenante de l'accord Place Publique semble prendre ses distances ce matin avec le Front Populaire
ce n'est pas un accord juste une ouverture de discussion qui a permis de poser nos conditions
un message adressé aux insoumis la campagne a été brutale le 1er mai Raphaël Glucksmann est visé par des jets de peinture en Géorgie je résistais à Poutine monsieur exfiltré du cortège
il accuse les insoumis il y avait des drapeaux de révolution permanente et de la France insoumise donc voilà c'est leur conception du débat démocratique c'est pas la nôtre
les dissensions entre les deux parties portent notamment sur les sujets internationaux
moi mes baskets elles sont dans les manifestations pour le cesser le feu à Gaza alors vous êtes pour l'embargo sur les armes monsieur Glucksmann tout de suite pas quand la guerre sera finie et que tout le monde sera mort nous ne sommes pas d'accord sur Vladimir Poutine nous ne sommes pas d'accord sur le fait de qualifier ou non le Hamas d'organisations terroristes nous ne sommes pas d'accord sur le rapport à la démocratie dimanche
le soir des élections
après l'annonce de la dissolution
socialistes et insoumis appellent à l'union mais la tension est palpable
la question de l'union se pose sur la question du programme nous avons toutes et tous été élus les 151 députés de la NUPES lorsque nous avons gagné le premier tour de l'élection législative battant ainsi l'extrême droite sur un programme qui a compté notamment la retraite à 60 ans je dis simplement qu'entre 2022 et 2024 il y a une situation qui a quand même largement évolué et pour certains comme Bernard Cazeneuve ce Front Populaire nouvelle version est inconcevable le rassemblement de la gauche de gouvernement ne peut pas se faire avec LFI sauf à tout trahir de l'héritage de Blum
le conseil national du parti socialiste programmé ce soir validera-t-il l'accord pour Olivier Faure la tâche s'annonce
pour le moins délicate
et cette question de Régis après ce reportage comment peut-on s'insulter pendant des mois puis se faire des risettes comme si de rien n'était parce qu'il y a une élection uninominale majoritaire à deux tours et que si vous êtes divisé au premier vous êtes éliminé du second tour et tout le monde y perd des députés avant 2022 le PS avait fait un calcul sans la NUPES ils avaient 6 élus avec la NUPES ils en ont eu plus de 30 voilà c'est la seule règle les détracteurs diront c'est pour un plat de lentilles les concernés vous diront mais non c'est pour défendre les intérêts du peuple oui mais on a vu ces phrases là quand même elles existent c'était pas il y a longtemps c'était pendant les élections européennes et au-delà même des phrases entre eux il y a les prises de position Jean-Luc Mélenchon qui dit il y a en France un antisémitisme résiduel qu'est-ce que ça inspire à Raphaël Glucksmann qui a été ciblé justement par des menaces antisémites oui il y a des ruptures de fond ce qu'on a appelé les lignes rouges les lignes rouges elles sont empointillées aujourd'hui et effacées demain et justement le président du conseil représentatif des institutions juives de France Jonathan Arfi qui dit l'antisémitisme n'est visiblement pas une question suffisamment importante pour renoncer à une alliance électorale et à quelques sièges on est sur les fondamentaux
il faut rappeler quand même ce que c'est que l'accord qui a été signé hier soir c'est un accord à ce stade défensif qui dit on va présenter des candidatures uniques partout pour l'instant c'est tout c'est-à-dire que c'est aujourd'hui notamment que ça se passe dans les discussions de la gauche vont rentrer dans le dur du programmatique et de la répartition des circonscriptions c'est maintenant que ça se passe donc on n'est pas encore tout à fait à la fin de l'histoire et il y a aujourd'hui dans toute une partie de la gauche qui veut se débarrasser de Jean-Luc Mélenchon et de son côté repoussoir de ses déclarations au relais antisémite etc il y a un dilemme de morale aujourd'hui si vous voulez passer la barre des 12-5 des électeurs inscrits pour vous qualifier au second tour législatif donc il faut discuter avec les filles sinon Mélenchon va faire quoi ?
il va aligner des candidats tout est foutu tout honte par terre ça c'est un dilemme moral qui est dans la tête de Raphaël Glucksmann de Fabien Roussel de Marine Tondelier des écologistes seulement tout le challenge des négociations qui sont ouvertes aujourd'hui c'est de mettre le tigre Mélenchon dans une cac il ne va pas cesser faire en lui faisant signer un texte il ne va pas cesser faire Nathalie je suis comme à l'esprit il ne va pas cesser faire
c'est le candidat de la dernière présidentielle il peut considérer vous avez vu ce matin
qu'il y a eu une rumeur qui a couru disant que Glucksmann quittait la table des négociations c'est faux il est toujours dans les négociations mais lui dit j'ai mis des lignes rouges sur l'antisémitisme j'ai mis des lignes rouges sur le soutien à l'Ukraine etc si ces lignes rouges ne sont pas respectées il s'en va et donc du coup on peut penser la question c'est les 3,5 millions de personnes qui ont voté pour la liste de Raphaël Glucksmann est-ce qu'elles ont voté pour ces idées ? certainement elles ont aussi sans doute voté parce qu'il incarnait l'anti-LFI donc si la gauche part sans cette étiquette-là qu'est-ce qui se passe ? est-ce que c'est le naufrage à l'issue ? c'est le sujet
en 2022 ils avaient un chef Jean-Luc Mélenchon élisez-moi à Matignon là ils ne l'ont pas si cette gauche-là devenait majoritaire le 7 juillet qui va à Matignon ? le RN on a compris c'est bardé-là mais pour cette gauche Raphaël Glucksmann ? sans doute non il est député européen il n'a pas de parti il n'aura pas beaucoup député étiqueté place publique Laurent Berger François Ruffin il a proposé Laurent Berger je n'ai pas entendu Laurent Berger monter, ouvrir sa fenêtre pour dire
vous savez qu'il l'avait appelé une demi-heure avant d'intervenir sur le plateau de TF1 pour le sonder et pour lui dire qu'est-ce que vous en pensez ? je ne connais pas la réponse de Laurent Berger toujours est-il que pour l'instant il n'a pas parlé ça veut dire qu'il n'a pas dit non non plus c'est ça
ce qui est troublant c'est que vous avez quelqu'un comme Carole Delga qui est une j'allais dire une dissidente c'est une présidente de région présidente de région et qui est hostile à la ligne d'alliance de la NUPES à la ligne Olivier Faure et qui elle d'après ce que j'ai compris se ralliait à cette idée du front populaire qui est en fait une NUPES bis c'est assez troublant ça nous ramène peut-être aux comment dirais-je aux nécessités électoralistes c'est-à-dire d'avoir suffisamment d'alliance si on prend juste un tout petit peu de distance par rapport à ces affaires d'appareil de personnes etc est-ce qu'il peut y avoir une dynamique de gauche
dans ces trois semaines de campagne ?
mais rassembler c'est faisable les élections législatives c'est ce qu'on appelle la stratégie du râteau plus il y a dedans sur le râteau plus ça passe d'accord la vraie question qui se pose c'est à quel point ils vont avoir des déperditions au centre d'or c'est-à-dire que Raphaël Glucksmann il a quand même réussi à rapatrier sur son étiquette 15% des électeurs de Macron du premier tour de 2022 et donc ces électeurs-là qui ont joué Glucksmann en voyant une alliance avec Mélenchon il est possible qu'ils repartent donc c'est tout d'ailleurs toute la difficulté de l'accord qui à mon avis va être un peu complexe à trouver qui peut être retrouvé avec LFI c'est quelque part le PS dit il y a des gens qui sont tout à fait fréquentables chez LFI mais qu'est-ce qu'on fait avec les Thomas Porte les Guirauds Soudé etc qui sont des gens qui sont en fait il y a une liste noire au PS des gens qui ne sont pas acceptables et ça c'est là où les discussions peuvent se planter tout ce dont nous avons parlé
depuis le début de l'émission doit se conclure quand ?
à quel moment on connaîtra la stratégie des uns et des autres il y a un calendrier il y a quelque chose parce que ça arrive vite la clôture des dépôts de candidatures c'est dimanche à 18h donc le lendemain matin à l'aube on aura une photographie claire si à corps il y a eu par exemple à gauche et qu'on a des candidatures uniques on verra où sont les dissidents est-ce qu'il y aura des PS en effet dissidents ou des gluxmaniens qui diront lui non elle non je me présente contre pas pour gagner mais pour le faire perdre et nous repassons maintenant à vos questions cette question de Sandrine dans le Haut-Rhin dans la jungle terrible jungle LR est mort ce soir
vous êtes d'accord avec ça je ne le fais pas en chanson je vous épargne ça les républicains sont morts est-ce qu'autre chose va naître on verra mais pour l'instant cette marque est périmée fichue morte et entière
vous êtes tous d'accord avec ça ? non parce que je le répète
les républicains la droite
mais la droite républicaine n'est pas morte elle est encore puissante au Sénat et dans les communes elle ne s'appellera plus LR elle ne s'appellera plus LR Alain dans le Val-de-Marne les électeurs vont-ils suivre les divers ralliements de leur parti ?
non les électeurs sont libres et on a vu des consignes ne pas être suivis les électeurs ont donné vendredi un grand élan au Rassemblement National mais c'est une chose de voter dans des élections européennes dont l'enjeu semble lointain qui permettent de porter une protestation avec surtout un leader jeune et nouveau c'est une autre chose de dire mon député ma députée je vais le remplacer par ARN c'est pas la même chose c'est quelqu'un qui vous a comme chef d'entreprise qui vous a aidé comme particulier qui vous a reçu il y a un autre lien c'est un peu comme votre maire vous pouvez voter à gauche à la présidentielle et à droite pour votre maire et ce serait une erreur Christophe Barbier de transposer la dynamique des européennes à des législatives en fait ce calcul là on l'a rarement fait donc il est très difficile c'est pas homothétique ça ne sera pas les mêmes votes et puis ce n'est pas la même élection un seul tour proportionnel deux tours majoritaires ça change tout si vous n'avez pas d'alliés avec vous pour gagner un second tour vous pouvez faire 45 au premier et rester à 45 et vous êtes battus et ça c'est quand même une fragilité du rassemblement national cette incapacité à trouver des alliances ils sont de plus en plus forts et partout mais difficile pour eux de contracter des alliances
je me demande s'il ne va pas y avoir plutôt un effet amplificateur c'est possible regardez ce qui s'est passé à la dernière présidentielle c'était la première fois qu'on avait un délai aussi court entre la présidentielle et la législative on a eu un effet amplificateur avec la baffe infligée à Emmanuel Macron est-ce qu'on ne va pas avoir le même phénomène ? c'est possible aussi un second tour RN LFI
ou RN Macron où est le rejet le plus fort ? Yves dans les Yvelines qui va décider d'ici dimanche des 577 investitures LR ? la commission nationale d'investiture normalement c'est un organe collectif il y a le poids du président il y a le poids de la secrétaire générale Annie Gennevar ils sont plusieurs donc normalement je crois qu'il y a
beaucoup de députés qui vont décider tout seuls et utiliser notamment des micro-partis qui existent déjà qui sont déjà recensés en préfecture pour pouvoir se présenter sous cette bannière en leur nom
donc ils n'auront pas l'étiquette LR
Oui mais de toute façon une campagne ça ne coûte pas très cher surtout en 20 jours
Allez en quoi le rapprochement LR et RN est-il pire que le rapprochement des gauches avec LFI ? Allez-y
Du point de vue de l'opinion en réalité quand on demande aux gens qui est le pire qui est le plus dangereux entre LFI et le RN ça fait un moment qu'ils sont à touche-touche voir que LFI est jugé pire et d'ailleurs c'est pour ça que la stratégie politique d'LFI a aussi contribué à normaliser Marine Le Pen et donc par contraste il y a beaucoup d'électeurs qui aujourd'hui considèrent que c'est bonnet blanc et blanc bonnet
Oui la conflictualité aujourd'hui elle est incarnée par la France insoumise pas par le Rassemblement national et ça c'est aussi une grande modification par rapport au temps de Jean-Marie Le Pen le temps de Jean-Marie Le Pen c'était lui le troublillon c'était lui les provocations aujourd'hui c'est Jean-Luc Mélenchon et c'est la France insoumise Mais tout de même pour la droite De Gaulle est victime d'un attentat en 62 fomenté par Bastien-Thierry défendu par maître 65 dont le directeur de campagne s'appelle Jean-Marie Le Pen et vous voyez Ciotti passer de celui qui recevait les balles à celui qui a aidé l'avocat de celui qui tirait c'est quand même Et il dit tout a changé depuis quand on l'interroge sur ce sujet là Mais on sait bien que gravite autour du Rassemblement national y compris dans l'expert dirigeant des gens qui viennent de cette famille de l'extrême droite française très clairement Jean dans Loire-Atlantique tous les partis parlent d'union alors qu'ils ne sont d'accord sur rien combien de temps va durer cette mascarade Mais ça c'est très important Moi je trouve que Il y a beaucoup cette question ce soir Exactement Et ces séquences là elles disent tout de la rupture de ce pacte de confiance entre les électeurs les acteurs politiques on ne leur fait plus confiance parce qu'on a ce spectacle qui peut nous amuser en tant qu'observateurs et qui est un spectacle assez pitoyable où on n'a pas l'impression que les intérêts de la France prédominent mais que ce sont des petits jeux politiciens Justement regardez Eric en Loiret avec deux gros fourre-tous un à gauche l'autre à droite
quel choix reste-t-il pour un électeur modéré ? C'est ça mais un divorce civique qui s'est installé depuis des années et on en voit l'aboutissement aujourd'hui les électeurs n'ont plus envie d'aller voter c'est intéressant de regarder le niveau de la participation législative on peut imaginer qu'il va être haut mais il peut aussi y avoir un véritable dégoût ou une abstention volontaire par refus de choix Et regardez Gérard j'ai 77 ans je ne vote plus
depuis longtemps le spectacle actuel me conforte dans mes convictions Certes mais ne pas voter c'est aussi poser sur les événements Donc ce qu'il faut c'est chercher chercher encore la bonne voie politique et si elle n'existe pas la créer Voilà D'autant que l'offre en France est la plus large l'offre politique est la plus large qui existe en Europe Cette question qui nous permet de revenir sur le rendez-vous demain d'Emmanuel Macron qui va faire une conférence de presse on ne sait pas encore précisément à quelle heure Gérard en haut de Vienne Emmanuel Macron doit-il s'impliquer
dans cette campagne électorale ? Est-ce qu'il va le faire ? Alors il a très envie de le faire visiblement le faire beaucoup D'ailleurs les journalistes qui sont convoqués demain à l'Élysée sont convoqués de 9h30 à 16h30 ce qui fait un petit peu froid aux yeux Après au sein des stratèges macronistes certains vous disent on n'ose pas lui dire mais en fait en vérité il faudrait surtout qu'il se taise C'est pas ce qu'il va faire On m'a bien compris C'est pas parti pour ça
Et Edouard Philippe qui vient de s'exprimer à l'instant estime que la dissolution a suscité étonnement et colère chez les Français donc il y a peut-être besoin d'explications de la part du président de la République sur cette décision majeure qu'il a prise Régis en Côte d'Or Faut-il parler de recomposition politique de tambouille électorale ou de décomposition ?
Choisissez votre mot On a les trois On a une décomposition parce que le macronisme était devenu crépusculaire on a parlé de la crise de la droite on voit bien que le comportement des Léfi a fait exploser la gauche On aura une recomposition quoi qu'il arrive au lendemain des législatives parce que c'est comme ça la politique et en ce moment on est dans la tambouille C'est fini le macronisme ? Ah le macronisme est terminé Il peut y avoir la suite d'un parti qui essaye de rassembler les bonnes volontés de droite et de gauche c'est un peu ce que souhaite Édouard Philippe c'est un peu ce que souhaite Bernard Cazeneuve C'est pas lui en même temps ça ?
C'est plus le macronisme parce que le macronisme c'était cette réunion c'était lui en même temps et c'était le réformisme Alors ce qui est certain avec cette dissolution c'est que le réformisme a eu les reins cassés la fin de vie on oublie la réforme de l'audiovisuel on oublie et donc que faire demain ? Comment diriger ce pays ? Le réformisme il est vraiment suspendu Oui mais le macronisme il se réduit aujourd'hui à Emmanuel Macron mais Emmanuel Macron c'est le maître des orlages c'est un bonapartiste et pour lui à ses yeux le macronisme il est loin d'être terminé L'absence de majorité absolue dans l'hémicycle le soir du 7 juillet est-elle probable ?
Mystère
Alors là c'est la loterie pour l'instant Macron nous a-t-il plongé dans la crise la plus grave depuis 1958 Christophe Barber ? Incontestablement oui compte tenu de l'intensité de la période de l'enjeu parce que c'est un parti quand même extrémiste qui est au bord du pouvoir oui c'est la crise la plus grave depuis 1958 la dissolution de 1997 par Jacques Chirac à côté de ça c'était quand même une balade d'enfants de coeur Merci à vous tous il est l'heure de retrouver
Anne-Elisabeth Lemoyne et toute l'équipe de CETA Bonsoir Anne-Elisabeth au programme ce soir Bonsoir Caroline Retour ce soir en image sur cette journée où un rebondissement chassait l'autre des crispations à gauche malgré l'émergence d'un nouveau front populaire on en parle avec Fabien Roussel du parti communiste français puis des fractures à droite avec cette crise ouverte ouverte chez les républicains où les ténors du parti refusent l'alliance avec le rassemblement national proposé par leur président Éric Ciotti François Copé Jean-François Copé demande sa démission il est dans un instant l'invité de CETA
Et on se retrouve dès demain 17h30 pour cette série d'émissions spéciales consacrées à cette crise politique dont nous venons de parler ce soir la crise politique la plus grave disait à l'instant Christophe Barbier depuis 1958 avec nos envoyés spéciaux et puis un journal de campagne je vous dis donc à demain dès 17h30 belle soirée Sous-titrage Société Radio-Canada