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DébatC dans l'air (sur YouTube)· 20 juillet 2024 66 minContradictoireMixteSécuritéNumériqueJusticeÉconomie & entreprises

Sécurité : pas de trêve olympique ! #cdanslair 20.07.2024

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 41 %Attaque 29 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:38OuverteRéponse directe

    Nicolas Arpagian, peut-être d'abord un peu de pédagogie. Qu'est-ce qui s'est passé hier concrètement ?

  • 5:06FerméeRéponse directe

    On est sûr que ce n'est pas une cyberattaque. C'est vraiment une panne informatique.

  • 7:13OuverteRéponse directe

    Driss Aït Youssef, Nicolas Arpagian le disait, l'entreprise a quand même réagi assez vite. Ça veut dire que ça aurait pu être bien pire alors qu'on est face à la plus grande panne informatique de l'histoire.

  • 8:37ComplaisanteÉludée

    Audrey Goutard.

  • 9:57OuverteRéponse directe

    Nicolas Barret, le secteur qui est le plus touché, on l'a dit, c'est l'aérien. C'est un secteur qui avait déjà été mis à mal pendant le Covid, qui sortait la tête de l'eau, qui était sorti complètement de cette crise ?

  • 11:20OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui se passerait-il si une panne ou une attaque bloquait tous les réseaux bancaires, les cartes de crédit, les disfrutants, etc. ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:50InvitéFait
    « Des aéroports à l'arrêt partout dans le monde, des chaînes de télévision perturbées et plus grave, des hôpitaux qui repoussent des opérations et même des numéros d'urgence qui sonnent dans le vide. »
  • 2:04InvitéFait
    « Là, en l'occurrence, c'est la mise à jour d'un éditeur de sécurité qui a comporté des éléments qui, effectivement, ont suscité des blocages. »
  • 2:10InvitéFait
    « Alors, évidemment, les mises à jour, c'est quelque chose de bienvenu. »
  • 2:32InvitéFait
    « C'est un antivirus, en tout cas. »
  • 2:37InvitéFait
    « En fait, c'est ce qu'on appelle un EDR, Endpoint Detection Response. »
  • 3:08InvitéFait
    « Et donc là, on a ces fameux écrans bleus qui sont connus, quelquefois, des utilisateurs de Microsoft lorsque la machine est bloquée. »
  • 3:24InvitéFait
    « Là, les particuliers ne sont pas concernés par cette panne. »
  • 3:47InvitéFait
    « Pourquoi ? Parce que ça a commencé en Australie. »
  • 4:27InvitéFait
    « Et de pouvoir le corriger. »
  • 4:34InvitéFait
    « Manuelle, bien sûr, pourquoi ? Sur chaque ordinateur, il fallait qu'un informaticien puisse faire un correctif. »
  • 4:48InvitéFait
    « C'est-à-dire qu'autant votre ordinateur à la maison, vous pouvez rajouter des programmes, en supprimer, en tout cas, le faire à votre guise. La plupart des salariés n'ont pas la main sur les composantes. »
  • 5:14InvitéFait
    « Personne n'en sait rien. »
  • 5:21InvitéFait
    « La première, c'est pour vous voler. C'est pour vous rançonner. La deuxième, c'est pour vous espionner. La troisième, c'est pour faire de la publicité, le défaçage. Et la quatrième, c'est pour vous détruire. »
  • 5:49InvitéFait
    « Vous avez un précédent, en 2019, qui s'appelle SolarWinds, qui a mis un certain nombre de semaines à être identifié comme une attaque et pas seulement comme un bug. »
  • 7:24InvitéFait
    « C'est sa spécialité. Et c'est vrai que l'entreprise a immédiatement compris qu'effectivement, c'était ce patch, ou en tout cas cette mise à jour qui a été téléchargée, qui pouvait effectivement générer ce conflit dans les serveurs. »
  • 36:17PrésentateurChiffre
    « 35 000 policiers et gendarmes sont mobilisés dans l'Hexagone pour la sécurité des Jeux Olympiques. »
  • 36:24PrésentateurChiffre
    « S'ajoutent 1 800 policiers et militaires étrangers, des Espagnols, Britanniques ou encore des Qataris. »
  • 38:11PrésentateurChiffre
    « Selon un récent sondage, 7 Français sur 10 se disent préoccupés par les risques de sécurité autour des Jeux Olympiques. »
  • 43:05PrésentateurChiffre
    « On vient de battre quand même le record de vente de billets, le record international de tous les temps avec 8,6 millions de tickets vendus. »
  • 43:27PrésentateurPromesse
    « La DGSI, donc le service de renseignement français intérieur, bosse d'arrache-pied pour essayer d'éviter qu'il y ait la moindre attaque sur le... »
  • 48:24PrésentateurChiffre
    « 250 000 policiers et gendarmes en France. »
  • 51:01PrésentateurChiffre
    « Des milliers d'entre eux étaient mobilisés en l'occurrence dans l'Ouest, la Vienne hier et la Rochelle aujourd'hui où les opposants aux méga-bassines se sont mobilisés. »
  • 52:27PrésentateurChiffre
    « C'est un dispositif extrêmement important. Cinq hélicoptères, une dizaine de drones et puis bien sûr sous l'autorité des préfets l'utilisation des moyens de sécurité civile. »
  • 54:06PrésentateurChiffre
    « 47 gendarmes blessés et 200 manifestants dont de grièvement. »
  • 1:02:48InvitéChiffre
    « il y a eu 4000 vols annulés quand même donc effectivement ça a eu cet impact colossal par les compagnies aériennes »
  • 1:03:53PrésentateurFait
    « c'est à la main du Premier ministre »
  • 1:04:04PrésentateurFait
    « Gabriel Attal sera dans une pièce isolée avec le ministre de l'Intérieur et il sera prêt à donner un top si effectivement il y avait un incident »
  • 1:05:01PrésentateurFait
    « on en a parlé vous avez à la fois la police et la gendarmerie au-delà d'une certaine non la police et l'armée de l'air au-delà d'une certaine altitude c'est l'armée de l'air qui prend le relais »
  • 1:05:15PrésentateurFait
    « je précise qu'il y a des équipements spécifiques anti-drone qui vont être à la disposition de la police et des systèmes de détection des lasers des armées des filets pour capturer des drones dans les serres »

Temps de parole

  • Présentateur87 %
  • Invité7 %

0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:09
Présentateur

Bonsoir et bienvenue dans C'est dans l'air. Le bug de l'an 2024 titre le journal Libération aujourd'hui. Des aéroports à l'arrêt partout dans le monde, des chaînes de télévision perturbées et plus grave, des hôpitaux qui repoussent des opérations et même des numéros d'urgence qui sonnent dans le vide. Les conséquences de la panne informatique d'hier sont nombreuses et vont durer sans doute encore quelques jours. Nous sommes dépendants et vulnérables face au cloud, ce monde d'Internet et des réseaux. C'est une illustration et presque une mise en garde à quelques jours des Jeux Olympiques à Paris. Le contexte sécuritaire est d'ailleurs tendu.

Trois attaques en une semaine et à chaque fois des profils psychiatriques plutôt que terroristes. Mais sommes-nous prêts à accueillir le monde entier la semaine prochaine alors que Paris est transformée en forteresse aux grands dames des habitants, des touristes et de certains commerçants ? On en parle dans ce C'est dans l'air intitulé ce soir « Sécurité, pas de trêve olympique ». Avec nous, Driss Haït Youssef. Vous êtes docteur en droit public et spécialiste des questions de sécurité globale. Nicolas Répagian, vous êtes vice-président de Edmine Partners et spécialiste de cybersécurité et cybermenaces, auteur notamment de Frontières au pluriel.com.

Audrey Goutard, grand reporter à France Télévisions, spécialiste des faits de société. Bonsoir. Et Nicolas Barret, directeur éditorial des Echos. En ligne avec nous, et j'espère qu'on sera préservé de la panne, Alain Boer, qui est professeur au CNAM Les Arts et Métiers et responsable du pôle sécurité, défense et renseignement. Je rappelle votre ouvrage au bout de l'enquête aux éditions First. Nicolas Arpagian, peut-être d'abord un peu de pédagogie. Qu'est-ce qui s'est passé hier concrètement ? D'où vient cette panne gigantesque et sans doute la plus grande panne informatique de l'histoire ? Alors, en tout cas, c'est normal. Pourquoi ?

Parce qu'on est dans des sociétés hautement numérisées et jamais jusqu'à présent, on a eu un aussi important niveau de numérisation dans les organisations, grandes entreprises, puisque, et également, tout le tissu économique. Donc, effectivement, c'est déjà un terrain de jeu sans précédent. Là, en l'occurrence, c'est la mise à jour d'un éditeur de sécurité qui a comporté des éléments qui, effectivement, ont suscité des blocages. Alors, évidemment, les mises à jour, c'est quelque chose de bienvenu. C'est vertueux qu'on fasse des mises à jour. Pourquoi ?

Parce que nos systèmes d'information, qui sont donc irrigués par des logiciels, ont besoin d'être régulièrement modifiés de manière à intégrer, déjà, des corrections par rapport à des problèmes natifs, mais également, et c'est le cas des outils de détection, puisque c'est précisément ce type de logiciel qui est en cause. C'est un antivirus, en tout cas. Alors, en fait, c'est ce qu'on appelle un EDR, Endpoint Detection Response. Non, EDR, vous avez trois lettres simples. En fait, l'idée, c'est de comprendre entrée-sortie dans des systèmes et donc de s'assurer en continu et de manière à optimiser la supervision. C'est le vigile qui dit qu'on voit entre ou pas. Exactement.

Et donc là, on a cette entreprise qui, par ailleurs, est plutôt prospère, par ailleurs et a bonne réputation. Simplement là, une mise à jour, évidemment, donc une modification de son logiciel qui a suscité, avec cette rencontre avec l'environnement Microsoft, qui a effectivement suscité ces blocages. Alors, en clair, effectivement, elle se mettait à redémarrer. Et donc là, on a ces fameux écrans bleus qui sont connus, quelquefois, des utilisateurs de Microsoft lorsque la machine est bloquée. Et donc, évidemment, ça paralyse. Et dès lors que ces équipements sont présents, vous l'avez compris, uniquement dans des entreprises. Là, les particuliers ne sont pas concernés par cette panne.

Alors, ils le sont en tant que victimes et consommateurs, consommatrices de ces services numérisés. Mais le fameux écrans bleus, c'est au sein des entreprises. Au sein des entreprises concernées. Et on voit, dès lors qu'on a des acteurs qui sont mondiaux, en fait, on a vu la géographie confronter à cette réalité. Pourquoi ? Parce que ça a commencé en Australie. Et puis, au fur et à mesure que les salariés ont commencé à se réveiller, à venir à leur travail, allumant leurs ordinateurs, vous l'allumez, ça suscite le déploiement des mises à jour. Et donc, effectivement, c'est comme ça qu'on a vu cette progression.

Même si, il faut quand même reconnaître que cet éditeur a réagi plutôt rapidement parce qu'il a fallu comprendre quel était le tenant aboutissant, sachant qu'un ordinateur est l'objet de mise à jour de plein de logiciels. Il y a le logiciel sur la vidéo, le logiciel sur la messagerie. Il y a plein de logiciels qui sont régulièrement et à différents instants mis à jour. Il a réagi en quelques heures, le temps de comprendre, de caractériser et surtout d'identifier le problème. Et donc, les consignes... Et de pouvoir le corriger. Voilà. Alors, en tout cas, voilà. En tout cas, donner un correctif, une manipulation à faire, mais qui était une manipulation à faire à la main.

Manuelle, bien sûr, pourquoi ? Sur chaque ordinateur, il fallait qu'un informaticien puisse faire un correctif. Bien sûr, les machines sont bloquées dans la plupart des cas. Et donc, effectivement, il faut une intervention manuelle. Et surtout que la plupart des salariés dans les entreprises ne sont pas administrateurs de leur compte. C'est-à-dire qu'autant votre ordinateur à la maison, vous pouvez rajouter des programmes, en supprimer, en tout cas, le faire à votre guise. La plupart des salariés n'ont pas la main sur les composantes. Et donc, effectivement, de sécurité, bien sûr. Donc, c'est aussi un vecteur de complexité dans la restauration des systèmes.

Alain Boer qui est aussi avec nous. On est sûr que ce n'est pas une cyberattaque. C'est vraiment une panne informatique. À ce moment, personne n'en sait rien. Personne n'en sait rien. En fait, quand, très justement, au-delà de ce qu'indique Nicolas Arpagian, en fait, vous avez quatre types d'attaques. La première, c'est pour vous voler. C'est pour vous rançonner. La deuxième, c'est pour vous espionner. La troisième, c'est pour faire de la publicité, le défaçage. Et la quatrième, c'est pour vous détruire. Et vous pouvez le faire de manière externe, en attaquant le système. Et c'est là où les logiciels de type CallStrike vous aident à empêcher les attaques.

La deuxième, c'est de manière interne, soit en manipulant quelqu'un, soit en le payant, soit en le chargeant de truquer une mise à jour. Vous avez un précédent, en 2019, qui s'appelle SolarWinds, qui a mis un certain nombre de semaines à être identifié comme une attaque et pas seulement comme un bug.

Et d'ailleurs, pendant quelques jours, après des bugs extrêmement importants qui sont liés à ce qui a été indiqué par Nicolas Arpagian, le développement très important des systèmes informatiques, mais aussi la centralisation d'entreprises qui créent des environnements fermés pour à la fois limiter la concurrence et accélérer les processus d'intégration et d'interconnexion, ce qui permet à plusieurs systèmes différents de se parler. C'est une sorte d'interprète de Babel.

Eh bien, vous avez un doute pendant quelques jours qui permet de savoir si, effectivement, c'est un gros bug dû à, je ne sais pas, le stagiaire de l'été qui a mal écrit une ligne ou quelqu'un qui s'est trompé en ne comprenant pas ce qu'est une mise à jour d'un autre opérateur de Microsoft lui-même qui a hésité pendant quelques moments à savoir si c'était lui ou son fournisseur de sécurité. Et puis, vous pouvez avoir aussi une vraie manipulation qui va mettre plusieurs jours ou plusieurs semaines à être découverte. Donc, à ce moment, on sait que ça a été réparé. Il y a encore des conséquences.

Quand vous supprimez plusieurs milliers de vols, 3 000 aux États-Unis, ça ne serait que pas le lendemain matin. Mais on ne sait pas encore. On va le savoir d'ici probablement quelques jours ou quelques semaines. Le doute existe encore sur cette question. Driss Aït Youssef, Nicolas Arpagian le disait, l'entreprise a quand même réagi assez vite. Ça veut dire que ça aurait pu être bien pire alors qu'on est face à la plus grande panne informatique de l'histoire. Oui, parce que d'abord, c'est sa spécialité.

Et c'est vrai que l'entreprise a immédiatement compris qu'effectivement, c'était ce patch, ou en tout cas cette mise à jour qui a été téléchargée, qui pouvait effectivement générer ce conflit dans les serveurs. Ce qu'il faut aussi avoir à l'esprit, c'est que l'enjeu, comme le disait Nicolas il y a quelques instants, c'est la numérisation, c'est la data. L'enjeu, c'est la data. Quand on parle de l'intelligence artificielle, l'intelligence artificielle, c'est quoi ? C'est ce qui va permettre demain à des entreprises de gagner du développement avec effectivement de la donnée qui va être moulinée par des algorithmes.

Et au fait, cette data avant, elle était localisée dans ce qu'on appelait des salles serveurs, dans des sous-sols. Sauf que ça coûte cher et de la data, les entreprises en consomment de plus en plus. Ou en tout cas, elles s'en génèrent de plus en plus. Donc maintenant, elles externalisent avec le cloud. Elles externalisent effectivement le cloud qui est sécurisé, qui permet d'avoir des backups, etc. Et c'est précisément cette entreprise qui a fait de sa priorité à la fois et a vendu en termes de solutions de sécurité le fait de pouvoir les héberger au cloud avec une dimension internationale parce qu'ils sont mondiaux et ils ne sont plus locaux, on voit bien.

Et bien, ça a posé une vraie difficulté. Donc l'enjeu qu'il y a aujourd'hui pour les entreprises, c'est de dire la donnée où est-ce qu'elle est logée. On sait qu'il y a des directives européennes qui imposent d'une certaine manière d'avoir des données sur le sol européen, etc. Et l'enjeu, ça va être de dire ces données où elles sont, qui c'est qui les gère, qui c'est qui les protège. Audrey Goutard.

Quand j'entends tout ce que j'entends, et quand j'entends par exemple Nicolas Arpagian, qui est un grand spécialiste dans le domaine, nous dire qu'effectivement, il s'agit d'une entreprise extrêmement fiable sur laquelle on s'appuyait, et il n'y en a pas beaucoup dans le monde, c'est très inquiétant. Et je pense que ce ressenti qui est de se dire qu'on ne sait pas très bien où vont les données, que seules quelques entreprises détiennent les clés de quelque chose que finalement, nous, population, nous, citoyens, ne comprenons pas. Finalement, moi, je ne comprends pas. On est totalement dépendants. On a une dépendance vis-à-vis de quelques acteurs seulement.

75% des Français ont des smartphones aujourd'hui. Donc effectivement, on est complètement dépendants de quelque chose qu'on ne maîtrise pas. Alors vous me direz, la bombe atomique, on ne le maîtrise pas non plus, et on en est dépendants, et c'est un danger. Sauf que la différence, si vous voulez, c'est que le smartphone, c'est notre quotidien. Tout ce dont on parle là, c'est notre quotidien. Les implications sont notre quotidien.

Et quand on parle aujourd'hui de ce sentiment de dépossession des Français, de cette angoisse par rapport à l'Europe, au monde, à l'impression qu'effectivement, des entreprises très très loin gèrent nos problématiques, une panne comme celle-là, et le fait qu'une grosse entreprise, aussi fiable qu'elle soit à l'origine, effectivement, c'est très inquiétant. Et ça participe, je pense, à notre sentiment de dépossession et d'inquiétude. Nicolas Barret, le secteur qui est le plus touché, on l'a dit, c'est l'aérien. C'est un secteur qui avait déjà été mis à mal pendant le Covid, qui sortait la tête de l'eau, qui était sorti complètement de cette crise ?

10:04
Invité

Oui, qui était complètement sorti la tête de l'eau, oui, tout à fait. Mais il va y avoir des répercussions. Quelqu'un va devoir payer. Oui, ça c'est sûr, mais ce qui est assez fascinant dans cette histoire, c'est qu'on est passé à deux doigts de quelque chose d'encore plus grave. Et d'ailleurs, l'histoire n'est pas finie, parce qu'il y a quelque chose de fascinant, c'est que CrowdStrike a certes identifié le problème, et a priori, donc, ce n'est pas une cyberattaque.

Seulement, ils ont dit juste quelques heures après, attention, il y a tout un tas de pirates qui vont s'engouffrer dans la brèche, et quand vous allez devoir, quand les milliers d'entreprises vont devoir réparer leur logiciel, ils vont faire appel à des aides extérieures, et là-dedans, il y a des tas de malfrats, des tas de pirates qui vont en profiter pour...

10:43
Présentateur

Donc il faut faire attention, je vais dire, au sur-accident.

10:45
Invité

Ce n'est peut-être pas une cyberattaque cette fois-ci, mais il peut y en avoir, ça peut démultiplier les risques. La ministre australienne, d'ailleurs, de l'Intérieur, a également lancé une grande mise en garde à ce sujet. Donc c'est vraiment un des sujets importants. Puis par ailleurs, ce qui est assez fascinant, c'est que, je disais, on est passé à deux doigts de quelque chose de beaucoup plus grave. On aurait pu avoir un krach financier mondial, on aurait pu avoir surtout les systèmes de paiement dans le monde qui tombent en rideau. Donc vous imaginez, vous ne pouvez plus retirer d'argent, vous ne pouvez plus rien payer. Enfin, il y a des endroits où c'est arrivé.

11:18
Présentateur

Qu'est-ce qui se passerait-il si une panne ou une attaque bloquait tous les réseaux bancaires, les cartes de crédit, les disfrutants, etc. ? On ne parle pas d'une page blanche. Alors peut-être pour serrer les suggestions, les réponses. Évidemment, il serait tout à fait bienvenu dès lors qu'on a un smartphone, dès lors qu'on a un ordinateur, et surtout qu'on y passe manifestement un temps conséquent de nos vies quotidiennes, à titre de loisirs ou même professionnels. Évidemment, plus on pourra hausser le niveau de connaissance des sujets à la fois. En fait, ils sont triples.

Comprendre la technologie, comprendre le droit, qu'est-ce que j'ai le droit de faire, qu'est-ce qu'on a le droit de me faire, qu'est-ce qu'il ne faut pas faire. Et troisième chose, de comprendre l'économie du système. On évoquait les données, comprendre que quand j'offre mes données, ça fait partie d'un modèle de financement. Est-ce que je l'accepte ? Est-ce que ça en vaut la peine ? Et donc, plus on pourra renforcer l'expertise de monsieur et madame tout le monde, et des dirigeants en termes juridiques, techniques et économiques, on aura ces trois dimensions. Ce sera bienvenu. Donc, c'est tout à fait heureux de diffuser cette expertise.

Par contre, concernant la réglementation, il s'avère qu'on a quand même un corpus juridique qui est présent depuis une dizaine d'années. Sur les grands acteurs, les marchés financiers, ce qu'on appelle les opérateurs d'importance vitale ou opérateurs de services essentiels, ont des contraintes de sécurité concernant des cloisonnements, des identifications. Donc, on ne part pas d'un terrain vierge. La seule chose, c'est que là, en l'occurrence, c'est un déploiement paisible qui est intervenu, en tout cas l'occasion d'une mise à jour. Donc, il y a eu des erreurs. Et c'est pour ça que les investigations, maintenant, vont être très importantes pour comprendre l'enchaînement des faits.

Et ça vère effectivement par quoi il y aura et de toute façon une mise en cause des responsabilités pour les sociétés qui ont des pertes d'activité et qui ont dû indemniser leurs clients. – Oui, on imagine que le site de la FNAC qui était bloqué hier toute la journée, Transavia, etc., qui n'ont pas pu faire décoller, vont se retourner vers un crowdstrike. – En tout cas, la question de la responsabilité, qu'est-ce qui a été fait et qu'est-ce qu'il y a fait comme mesure pour suppléer ?

– L'idée est de dire, aujourd'hui, la démarche qu'on qualifie souvent de résilience, ce terme qui a été popularisé, alors évidemment qui au début était plutôt pour des traumas humains, c'est quand même le fait d'admettre qu'il y a des problématiques qu'on ne pourra pas empêcher. L'idée, c'est que, faute de pouvoir l'empêcher, on doit les détecter le plus rapidement, les neutraliser pour revenir à une situation normale.

Donc l'idée, maintenant, c'est de s'interroger sur quels sont les audits préalables qui ont été faits, quels sont les scénarios de remise en activité, de reprise qui ont été élaborés, et troisième point, quels ont été les entraînements, les exercices, parce que, rien de tel, on le connaît dans la sécurité incendie ou dans la sécurité physique conventionnelle, il faut s'être entraîné pour savoir si on est prêt le jour J, même si la crise ne ressemblera jamais au scénario de l'exercice. – Et moi, je suis complètement ce que dit Nicolas, mais quand vous êtes un passager à Orly et que votre vol Transavia a sauté parce qu'il y a eu la grande panne, vers qui vous vous retournez ?

En fait, c'est ça, on est toujours dans cette problématique-là. Il y a tellement d'échelons aujourd'hui, et ça va tellement loin que l'enquête va peut-être durer des mois, des années, mais lorsque vous êtes le passager qui s'est fait avoir ou lorsque, c'était la question de Régis, si votre distributeur se bloque, etc., que faire ? Et c'est là qu'on se rend compte qu'il y a deux générations, c'est-à-dire qu'il y a la génération, qui est la mienne, où, effectivement, on a connu l'avant smartphone, l'avant informatisation à de tout. Moi, en tant que journaliste, je faisais mes recherches avec SVP1111 et un Minitel au début.

Aujourd'hui, c'est vrai qu'il est impensable de payer sans avoir une carte bancaire, impensable de payer sans aller au distributeur, impensable de vivre, même, toute notre vie est là-dessus. Et si, effectivement, on se retrouvait avec ce bug dont vous parlez, mais que se passerait-il ? C'est-à-dire que le monde s'arrêterait parce qu'il y a une génération entière qui n'a pas connu l'avant. Alors, là, c'est vrai que c'est particulier parce que CrossStrike, ce n'est pas le seul éditeur de logiciels. Vous en avez plusieurs.

La particularité, c'est que par rapport à des concurrents qui, eux, ont des centres d'analyse de recherche qui identifient des malwares, etc., vont effectivement les déclarer, etc. Les malwares, c'est un logiciel malveillant. C'est un logiciel malveillant, etc. Là, la particularité de ce logiciel, c'est qu'il permet, effectivement, comme l'a rappelé très justement Nicolas, de contrôler ou d'analyser l'activité du réseau. C'est-à-dire que pour des grandes entreprises qui génèrent de la data, de la donnée, comme Darty, comme Transavia, où il y a beaucoup d'effectivement données qui font le patrimoine immatériel de l'entreprise, ce qui fait le patrimoine immatériel, c'est la data.

Les données de carte bleue, etc., les références, etc. Pour pouvoir la protéger, effectivement, il faut contrôler les flux. Je vous prends un exemple. Je vous envoie une invitation en PDF à un anniversaire. Et ce logiciel sait que l'invitation en PDF ne génère pas des flux importants. C'est-à-dire qu'un PDF, normalement, c'est juste du texte ? C'est-à-dire que vous l'ouvrez, vous lisez l'invitation. Il est inerte en question. Il est inerte. Et là, ce logiciel, s'il voit que ce PDF génère effectivement des manipulations extérieures pour prendre contrôle d'un exécutable et pour changer vos paramètres de réseau, là, c'est un problème. Et le logiciel, il bluffe. Un PDF n'est pas censé faire ça.

Donc, il y a quelque chose de bizarre qui se passe. Exactement. Il y a un comportement qui est anormal et donc ça bloque. Donc, voilà ce que fait ce logiciel. Et encore une fois, ça vise aussi des entreprises qui ont à un moment donné généré ce qu'on appelle des économies sur leur organisation. C'est-à-dire que vous avez des entreprises qui n'ont pas ce logiciel. Prenez Airbus, prenez le ministère des Armées et qui ont des services qui sont très, très élaborés, qui sont très étoffés en Haïti et qui ont leur propre logiciel.

C'est pour ça qu'à un moment donné, ça repose la question d'une gravité qui est vraiment très grave parce que ça a bloqué beaucoup d'entreprises, mais d'une certaine manière un peu limitée aussi. Justement, sur la gravité, vous allez voir les conséquences. Je les évoquais un peu pèles-mêmes en introduction, mais elles sont quand même très importantes. C'est même la plus grande panne informatique de l'histoire. On fait le point avec Mathieu Lignot et Axel Bertrand. On le surnomme l'écran bleu de la mort. Ce message d'erreur s'affiche hier sur des ordinateurs du monde entier. signe d'une panne critique d'un système informatique. Ça ne marche pas. Vous pouvez nous excuser.

Hier, des centaines de milliers d'appareils sous système d'exploitation Windows de Microsoft bugent. Et c'est l'économie mondiale qui tombe malade. Des compagnies aériennes suspendent leur vol. Ici, en Australie, c'est la pagaille.

17:29
Invité

C'est le chaos. Quand tout le monde arrive ici, personne ne sait ce qu'il se passe. Je vous le dis, c'est la première fois que je vis quelque chose comme ça. Notre vol a été annulé. Alors maintenant, nous essayons de trouver un logement à Sydney, ce qui n'est pas facile. Nos filles essayent de faire ça en ligne.

17:48
Présentateur

Les autorités australiennes sont les premières à alerter sur cette panne mondiale. Le problème informatique se propage. Aux Etats-Unis, particulièrement touchés, le trafic aérien s'arrête en quelques heures. Même chose à Hong Kong et en Europe. En France, à Orly, des dizaines de vols sont retardés ou annulés.

18:08
Invité

Ça se passe partout dans le monde. Aux Etats-Unis, j'ai vu des aéroports de Berlin, Amsterdam étaient fermés. La bourse de Londres ne fonctionnait plus.

18:15
Présentateur

Enfin, c'est un truc de fou, quoi. Le problème informatique vient d'une mise à jour défectueuse d'un logiciel de l'entreprise CrowdStrike. On voit ici une de ses publicités, une protection maximale contre tous les virus, une promesse de cybersécurité et de tranquillité. Enfin, quand tout se passe comme prévu, son PDG doit présenter ses excuses et tente de rassurer. Nous sommes profondément désolés pour les problèmes que nous avons causés aux consommateurs, aux voyageurs, aux entreprises qui ont été touchées. Ce n'était pas une cyberattaque. C'est à cause d'une mise à jour du contenu.

Et comme vous l'imaginez, nous sommes en lien depuis cette nuit avec nos clients et nous travaillons avec eux pour tout réinitialiser. Et les opérations normales vont reprendre car on a corrigé ça. Le bug touche les bourses de Londres, Milan et également des médias. Interruption d'antenne en Angleterre sur Sky News.

19:18
Invité

Une panne technologique majeure touche de nombreuses entreprises parmi les plus importantes dans le monde et nous concerne également ici.

19:25
Présentateur

Des caisses de supermarchés et boutiques fermées. On ne peut pas payer par carte bancaire. Ils n'acceptent plus les cartes de crédit. Mais aussi et surtout des systèmes de santé très perturbés. Notamment en Grande-Bretagne.

19:40
Invité

À cause de la panne informatique, on va devoir annuler votre rendez-vous.

19:45
Présentateur

Le cabinet de ce médecin se retrouve bloqué. Ses fichiers médicaux informatiques sont inaccessibles. La plupart de notre travail consiste à voir les résultats sanguins et les dossiers des patients.

19:57
Invité

On ne peut pas faire grand-chose et donc on ne peut prendre en charge que les blessures et maladies minores.

20:01
Présentateur

À Paris, on a limité les dégâts. À six jours de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques, quelques perturbations pour les accréditations ou la remise d'équipements et un grand soulagement.

20:13
Invité

On n'avait pas anticipé forcément cette panne mondiale à quelques jours du début des Jeux. Ça a ralenti nos opérations. Donc voilà, on est en train de s'adapter actuellement avec les experts de Paris 2024.

20:25
Présentateur

Pour beaucoup d'experts informatiques, cette panne mondiale est la plus grave jamais enregistrée. Assez peu de conséquences donc en France. Est-ce qu'on peut l'expliquer Alain Boer ? D'ailleurs, je vous soumets la question des téléspectateurs. La France est-elle performante dans le domaine de la cybersécurité ? Alors, elle développe des brillants cerveaux depuis très longtemps d'ailleurs qui souvent s'exportent aux Etats-Unis. Et donc, il y a la Silicon Valley, un endroit, dans la plupart des endroits, où vous pouvez parler français, boire un expresso et manger des croissants.

Donc, elle continue à fournir en matière de mathématiques, de tout ce qui relève de la cybernétique, des cerveaux extrêmement brillants. Et donc, elle dispose effectivement d'une infrastructure relativement puissante, mais elle n'est pas totalement à l'abri. D'abord, il y a eu des conséquences en France, plus limitées qu'ailleurs, mais il y a quelques semaines, un gros opérateur français, Worldline de paiement, a été lui-même en défaut pendant quasiment une journée, ce qui est un élément, certes pas très grave, mais extrêmement perturbant.

Et tout le problème est de bien prendre en considération la différence qui existe entre la volonté de siphonner de la data et la volonté de détruire des systèmes et de les empêcher de fonctionner. Il y a une grande confusion sur ce qu'est le hacking, c'est-à-dire la volonté d'intervenir. Le renseignement, c'est on ne se fait pas voir et on siphonne. Le défaçage, c'est on se fait voir, mais on s'amuse en détournant les réseaux et les sites Internet. Le vol, c'est on crypte et on demande une rançon. La destruction, c'est on détruit.

Et le bug se situe un peu au milieu de tout cela, surtout quand on ne sait pas exactement qui est à l'origine du bug, car l'entreprise en question est une entreprise extrêmement performante. Et donc l'idée qu'une mise à jour puisse provoquer autant de dégâts reste un mystère, même si on est au mois de juillet. Il n'y a aucune explication valable pour l'instant chez Cross-Trile comme ailleurs sur la raison de le patch a été fait rapidement, les effets secondaires vont durer plusieurs jours, notamment dans le transport aérien, mais la connaissance du pourquoi et du comment cette affaire a pu se réaliser reste aujourd'hui mystérieuse.

Et donc à part de la surcom sur tout va bien et on contrôle tout, la vraie raison, c'est oui, d'accord, mais pourquoi est-ce pas arrivé ? Et on a vu dans les épisodes précédents, ceci dit est une alarme majeure de ce qui pourrait arriver d'un vrai bug, c'est-à-dire une crise majeure qui durerait plusieurs jours et qui toucherait l'intégralité de ce qui concerne les feux rouges, la distribution d'eau, la distribution d'électricité, tout ce qui est fortement intégré. Le problème de Cross-Trile, c'est que c'est une entreprise intégrée qui s'est beaucoup développée et qui dispose d'une quasi-monopole sur le secteur Microsoft.

Mac n'a pas été touchée et les logiciels libres ne l'ont pas encore été. Mais il y a un vrai enjeu dans ce qui nous est arrivé aujourd'hui, il faut prendre en compte cette alarme. Alors la France a été moins touchée que d'autres, mais elle a eu le temps aussi de se préparer et les effets ont été un peu plus secondaires. Mais il ne faut pas sous-estimer l'alarme. C'est ce que disait Nicolas Arpagian, le fait que cette alarme, les effets ont commencé à 15h, heure d'Australie, 7h, heure de la France et petit à petit, avec le fuseau horaire qui a bougé, on voyait comme une vague arriver les pannes. Alors on ne part pas de zéro à la question effectivement quel est l'état de préparation.

Il s'avère que, en fait, on a, alors la France a eu, et d'ailleurs à l'initiative en Europe, de partir par la réglementation. C'est-à-dire, comme on l'a vu dans la conduite des affaires, les entreprises peuvent être attirées par la compétitivité et pas forcément par l'investissement en cybersécurité qui coûte et ne permet pas d'améliorer ses marges ou de vendre plus cher ses produits. Et en plus, avec des problématiques de recrutement sur des têtes bien faites qui sont en nombre limité. Donc c'est un vrai travail à part entière. Et donc pour arriver à contraindre le tissu économique, en fait, il y a un cadre juridique. On a fait d'abord une loi de programmation militaire.

Ensuite, elle a été complétée ou en tout cas élargie à l'échelle européenne par une directive. On l'appelle la directive NIS. Et il y a désormais une directive NIS 2 qui va commencer à entrer en vigueur à partir d'octobre prochain et qui en fait va désigner à peu près 10 000 entreprises en France qui vont être obligées de répondre de cahiers des charges techniques quant à la nature de leurs équipements, la sécurisation de leurs infrastructures. Jusqu'à présent, ces opérateurs d'importance vitale étaient quelques centaines.

Avec le passage, justement, l'entrée en vigueur de ce texte européen qui a été largement co-écrit par la France, par l'Allemagne, a été dire maintenant il faut irriguer le système de manière à ce que les entreprises, les grands groupes, certes, mais leurs sous-traitants soient également concernés et le seul moyen, c'est la mise en œuvre de cahiers des charges techniques et surtout d'audits, audits, audits, pour s'assurer du caractère concret de cette mise à niveau en termes de cybersécurité. Sauf qu'on le voit bien, les cyberattaques n'ont pas de frontières, en fait.

C'est-à-dire que nous, nous, en Europe, on a effectivement, comme vous le disiez, très justement, des réglementations qui ont été mises en place en France aussi, mais on se retrouve avec des attaques finalement et on est impacté par des attaques qui viennent de pays où les réglementations sont moindres, évidemment. Alors, c'est l'interconnexion des systèmes, simplement dès lors qu'ils atteindraient des infrastructures qui, en fait, comme je l'évoquais, on l'évoquait tout à l'heure, c'est pas l'idée de dire on va vivre dans un monde immunisé contre les cyberattaques, c'est pas le but, enfin, en tout cas, personne ne peut le croire.

Par contre, l'idée, c'est la détection, le fait de pouvoir circonscrire, on fait l'analogie du cambriolage dans la maison, je ne peux pas empêcher quelqu'un de rentrer dans la maison, faire en sorte de savoir quand il est rentré et le cantonner à la pièce par laquelle il a pénétré le bâtiment et de manière à faire en sorte qu'au pire, il n'y aura que cet élément-là à sacrifier et si on a prévu des dispositifs de sauvegarde, des dispositifs de duplication, on pourra reconstituer l'actif de données qu'on mentionnait dans cet environnement-là. Par contre, ça demande des investissements techniques, humains et donc financiers. Sommes-nous trop dépendants ?

Question d'Henri, des géants de l'informatique américain, Nicolas Barré.

26:27
Invité

Oui, en fait, cette affaire pose effectivement cette question, elle pose deux grandes questions, elle pose d'abord la question de l'extraordinaire dépendance dans laquelle nous sommes à l'égard de quelques grands fournisseurs de logiciels. Cette société là dont on parle, elle a à peu près 20% du marché mondial sur lequel ils sont, 20%, donc c'est quand même colossal. Donc dépendance énorme et puis ça pose une autre question qu'on a un petit peu évoquée, c'est que c'est des risques qui sont très peu assurés et très peu assurables. En fait, les compagnies d'assurances, on se pose la question de savoir qui va payer à la fin quand on a un vol annulé, etc. Mais les assureurs...

27:00
Présentateur

Je ne suis pas d'accord avec vous sur cette question.

27:02
Invité

Les assureurs sont très prudents là-dessus sur le risque cyber, sur qu'est-ce qui est assurable ou pas et jusqu'où on va l'assurer parce que vous imaginez bien que si l'économie mondiale tombe en rideau, là c'est un risque systémique et c'est absolument impossible pour une compagnie d'assurance de faire face. Donc c'est très compliqué d'arriver à compenser les pertes que peut générer une affaire pareille.

27:26
Présentateur

Oui, c'est ça. Juste effectivement, sur les assurances, vous avez aujourd'hui des assurances qui prennent en charge mais les lignes, elles sont capées. C'est-à-dire qu'au-delà d'un certain risque, c'est tout pour vous. Et puis ça veut dire que les primes sont à la hauteur du risque. Donc ça devient dissuasif pour les entreprises. Là où ça va être plus compliqué pour cette entreprise, si évidemment les assureurs considèrent qu'il y a eu effectivement soit un défaut interne, soit une incompétence, etc.

et qu'ils mettent en responsabilité effectivement cette entreprise, ça va être beaucoup plus compliqué parce que je suppose qu'elle est assurée, cette entreprise est assurée mais effectivement, on peut prendre plusieurs lignes d'assurance, plusieurs polices d'assurance sur la cybersécurité mais à un moment donné, ça ne sera pas de nature à compenser. Et les usagers, pardon, les personnes qui avaient un vol... Les ceux qui ont fait le 911... Alors ça, c'est à mon avis l'autre grand sujet.

C'est-à-dire qu'autant en termes de gravité, je pense que ça va être plus grave parce qu'avec un logiciel qui efface la totalité des données dans les serveurs parce que vous pouvez avoir un accident, là on aura une catastrophe planétaire mais une vraie économique. Là, effectivement, je pense que les entreprises vont perdre quelques clients, vont perdre quelques marchés mais elles ne perdront pas la donnée. Mais le véritable enjeu pour les entreprises, le véritable enjeu à venir pour moi, c'est est-ce qu'elles pourront faire marche arrière ? Aujourd'hui, les données...

Enfin, je le disais tout à l'heure, les entreprises génèrent énormément de données et ces données, c'est du business pour les entreprises. Et donc, elles vont loger ça dans des clouds, ce qu'elles vont mettre en place ce qu'on appelle un data-like. Et le data-like, c'est ce qui va permettre aux entreprises avec de l'intelligence artificielle de créer des nouveaux produits, de développer, de mieux comprendre le fonctionnement, comment les consommateurs fonctionnent, comment ils consomment pour mieux vendre, pour... Voilà.

Et donc, ça, pour l'entreprise, c'est beaucoup de données, c'est beaucoup d'interfaces, c'est beaucoup de croisements et il n'y a pas assez de personnes pour assurer la sécurité informatique. Et c'est pour ça que cette entreprise, elle prospère bien parce qu'elle a bien compris ce qu'attendaient les entreprises. Et pour des entreprises revenir en arrière, notamment pour Transavia et d'autres qui ont effectivement de la donnée à traiter, de la donnée à protéger et de la donnée qui coûte, qui vaut quelque chose, qui est encore une fois le patrimoine immatériel de l'entreprise, c'est extrêmement compliqué, voire impossible.

Donc, elles vont se poser, pour terminer la question, savoir où est l'équilibre entre le business, la rentabilité et la sécurisation par nos propres moyens de cette donnée parce que si on nous pique cette donnée, si cette donnée est complètement écrasée, on fait faillite. On parlait de dépendance et de souveraineté, ce sont aussi des questions de souveraineté. Je vous livre le message de Jean-Luc Mélenchon, le leader insoumis qu'il a posté hier soir sur les réseaux sociaux. Microsoft équipe des armes françaises et le ministère de la Défense. Tout va bien, interroge-t-il. Vous comprenez enfin ce que veut dire indépendance nationale et souveraineté.

Sur cette question, il a raison, Jean-Luc Mélenchon. Il y a la réponse du ministre des armes et Sébastien Lecornu. Il a dit qu'il n'y avait aucun problème parce que l'armée française a son propre système de... En fait, ce sont deux réseaux. En fait, quand vous allez à l'état-major ou quand vous allez, ils ont deux ordinateurs, ce qui est très contraignant pour un militaire puisqu'en fait, il doit naviguer de l'un à l'autre un réseau Intradef qui est un réseau fermé propre au ministère des armées et puis après, un autre ordinateur qui a effectivement... qui lui est ouvert sur l'Internet. Donc, le réseau des armées a été complètement protégé. En fait, scinder.

En tout cas, l'idée, c'est même de le scinder physiquement, c'est que ce soit des infrastructures distinctes. Et donc, c'est un des moyens physiques qui permet... Là encore, on a parlé de monde numérique, mais là, on est effectivement sur des éléments physiques qui exigent d'une part d'un doublement d'investissement ce que des entreprises ne seraient pas forcément enclins à faire et deuxièmement, qui oblige également une discipline des utilisateurs de bien s'astreindre à séparer les usages selon que l'on est sur le réseau en l'espèce Intradef ou sur le réseau Internet conventionnel. Question intéressante d'Anissé dans le Gard.

La Russie et la Chine ont-elles été touchées par cette pan-informatique ? Non, parce que... La loi... Non, non, du tout, c'est que la loi interdisant d'intervenir aux entreprises américaines de commercer avec les opposants, les ennemis, fait qu'effectivement il n'y a pas de commercialisation de ces produits en Russie et en Chine. Et donc voilà, c'est l'embargo. Voilà, exactement. Donc là, en l'espèce, c'est un vecteur de... En tout cas, sinon de protection, en tout cas, de mise à l'écart de fait. Audrey Goutard. Alors, je n'ai pas d'avis personnel, mais on voit bien à vous, Driss, parler très justement de business.

Donc à partir du moment où on considère que c'est un business, il peut y avoir les failles du business par rapport de fait de la rentabilité. Moi, je ne sais pas ce qui s'est passé dans cette boîte. Est-ce qu'à un moment donné, on a mis, comme disait Alain, le stagiaire de l'été ou est-ce qu'il y a des problèmes de process ? Peut-être qu'il y a eu des dégraissages de personnel ? Alors, de mise à jour, il y en a régulièrement. Mais elles ne sont pas testées avant d'être mises sur... Alors, en temps normal, il y a... Voilà. Parce que soit c'est une erreur humaine, problème de process, donc il y a certainement une raison de cette erreur humaine.

On voit bien chez Boeing, tout ce qui se passe en ce moment, etc. On voit bien que lorsque le business prend le pas sur la déontologie, sur les process, etc., ça se passe mal souvent. Ou alors, c'est une erreur de la machine. Donc, ça veut dire que la machine a bugué toute seule. Mais dans les deux cas, c'est extrêmement inquiétant.

32:14
Invité

En fait, il y a une course de vitesse. Il y a une course de vitesse entre la nécessité pour l'entreprise en question de proposer des systèmes de protection efficaces et puis d'autre part, tout ce process qu'on appelle de due diligence qui fait qu'on vérifie si le nouveau produit proposé est conforme. Et ça, ça prend du temps. Bien sûr. Donc, c'est une entreprise qui veut répondre à ses clients et qui veut répondre vite. Les mises à jour

32:36
Présentateur

ne sont jamais conçues de manière inconsidérée. Pourquoi ? Parce qu'en fait, elles vont trouver leur place. Elles sont donc injectées par les éditeurs sur des équipements, des infrastructures qui sont disparates. Et c'est vrai que d'ailleurs, notamment, le secteur industriel est connu historiquement pour être un peu réticent à procéder à ces mises à jour puisqu'il y a toujours cette interrogation, ce doute quant à l'impact possible sur des architectures historiques, c'est-à-dire qui ont des développements empilés avec le temps. Et donc, c'est vrai que d'habitude, on essaye de les circonscrire territorialement dans le temps de manière à on redoute les effets de bord.

Ce n'est pas quelque chose d'anodin, ces mises à jour-là. D'autant plus que les outils de sécurité ont ce qu'on appelle des privilèges puisque précisément, ils doivent pouvoir s'insérer dans des infrastructures, à des endroits, dans l'ensemble de l'équipement. Donc, c'est pour ça que là, les investigations et d'ailleurs les informations que devra fournir l'entreprise permettront d'éclairer les circonstances et elle ne pourra pas s'exonérer des explications précises sur le cheminement et l'élaboration de cette mise à jour. Alors, ce qui inquiète, c'est aussi l'arrivée des Jeux Olympiques, évidemment, avec cette crainte d'une cyberattaque, cette fois-ci, ou d'une panne du même genre.

Surtout que Paris s'est mise aux couleurs des Jeux. À Paris, on sent maintenant que les Jeux arrivent avec un dispositif de grillage pas toujours compris par les Parisiens et par les touristes. Vous allez voir. Et puis, la capitale vient de vivre trois attaques en une semaine dont la dernière avant-hier, un homme qui a blessé un policier sur les Champs-Elysées avant d'être abattu. On fait le point avec Lucas Campisi et David Lemarchand. Des policiers décorés pour leur bravoure par le ministre de l'Intérieur en personne. Tout un symbole à six jours des Jeux Olympiques après une semaine sous tension.

Lundi soir, Gare de l'Est, un militaire de l'opération Sentinelle est grièvement poignardé dans le dos, l'assaillant maîtrisé, puis rapidement placé en hôpital psychiatrique. L'homme jugé pénalement irresponsable d'un meurtre en 2018 présente toujours un profil instable. Le ministre des Armées adresse ses pensées aux militaires blessés et aux agents sur le terrain. Soutien et reconnaissance à nos forces armées qui participent plus que jamais à assurer la sécurité des Français. Mercredi, une voiture bélier fonce sur une terrasse. Bilan, un mort, six blessés dont trois graves. Sur place, beaucoup de questions.

34:53
Invité

On pense que c'est un accident, mais la police vérifie qu'il n'y ait pas d'explosifs à l'intérieur du véhicule, on ne sait jamais, et vérifie que l'accident soit bien confirmé. Pour l'instant, on ne peut pas en dire plus, si ce n'est penser évidemment aux victimes et à leur famille.

35:12
Présentateur

En garde à vue, le suspect explique avoir été poussé à l'acte par des voies intérieures. Quelques heures plus tôt, c'est bien le motif terroriste qui est retenu contre un membre de la mouvance néo-nazie arrêté dans le Barin. Il projetait un attentat en amont de la cérémonie d'ouverture. Déjoué donc, comme des centaines d'autres, affirme le ministre de l'Intérieur.

35:35
Invité

Nous allons accueillir le monde entier, l'équipe israélienne, l'équipe iranienne, l'équipe américaine, des dizaines de chefs d'État et de gouvernement, dans un endroit qui, évidemment, Paris est le symbole à la fois de la joie et de la liberté, mais aussi une vie de martyr du terrorisme. Et donc, c'est normal de prendre ces dispositions que nous avons annoncées plusieurs années et plusieurs mois à l'avance.

35:56
Présentateur

Dès le lendemain, Paris touchait en plein cœur. Un agent de police est grièvement blessé à la gorge par un homme en situation irrégulière sur les Champs-Élysées. Nous sommes requis pour des faits, on va dire, de droits communs. Les effectifs de police viennent pour interpeller un homme du lieu, sont menacés par cet aval individu. Au total, 35 000 policiers et gendarmes sont mobilisés dans l'Hexagone pour la sécurité des Jeux Olympiques. S'ajoutent 1 800 policiers et militaires étrangers, des Espagnols, Britanniques ou encore des Qataris. Arrivés la semaine dernière en France, n'ont sans susciter la polémique.

36:37
Invité

Malgré sa proximité avec les frères musulmans et le Hamas, le Qatar, défilant dans Paris, épaule nos forces de l'ordre pour les JO. Bientôt la Chine ou encore la Russie.

36:48
Présentateur

Paris sous surveillance barricadée. Autour du parcours de la cérémonie d'ouverture depuis jeudi, des zones de restriction d'accès sur la carte en gris, matérialisées dans les rues par ces barrières. Pour rentrer dans le périmètre, QR code obligatoire.

37:06
Invité

Il faut montrer pas de blanche à tous les carrefours. Pour revenir en voiture de mon boulot, j'ai dû passer deux contrôles. Forcément, ça prend du temps. J'ai envoyé à mes amis allemands. On est en plein confinement. Franchement, je ne m'imaginais pas être emprisonnée devant chez moi alors que l'ouverture est là. Ça dénature Paris, ça dénature les rues.

37:29
Présentateur

Et cela ne fait pas les affaires de ce restaurateur situé à quelques encablures de la Seine dans le 5e arrondissement. La sécurité impacte directement son nombre de couverts.

37:40
Invité

le mercredi, chou blanc, zéro le déjeuner, zéro le soir. Aucune entrée d'argent. Forcément, ça ne donne pas envie vraiment de venir. Pour nous, le passage, c'est faut oublier. On a l'impression d'être un peu en prison. Pendant 15 jours, c'est un peu la prison. C'est malheureux, mais la fête des JO,

38:07
Présentateur

je ne la vois pas trop. Selon un récent sondage, 7 Français sur 10 se disent préoccupés par les risques de sécurité autour des Jeux Olympiques. Elles sont assez dingues quand même ces images de ces restaurants vides devant des grillages. On a l'impression qu'on pourrait s'attabler, sauf qu'on est bloqué. Il vous semble adapté ce dispositif, Driss Haït Youssef ? Je pense qu'effectivement, compte tenu d'un centre de menaces que nous avons depuis maintenant des mois, des années, encore tout récemment, on a vu quelques attaques.

Je pense qu'il y a un juste équilibre qui doit être tenu par le politique entre assurer la sécurité des festivités et puis permettre effectivement à la fois aux commerçants, aux riverains la possibilité de travailler, d'aller et venir. Donc effectivement, il y en a qui s'y retrouvent, il y en a qui ne s'y retrouvent pas. Bon, après, c'est un choix politique que de renforcer ce dispositif et d'avoir autant de policiers et de militaires sur la voie publique pour assurer la sécurité. On voit que ce n'est pas trop. On voit bien qu'il y a des individus qui commettent des attaques ici et là.

Justement, Alain Boer, 35 000 policiers et gendarmes qui sont déployés, ça fait aussi 35 000 cibles potentielles. Comme ils sont visibles, il peut y avoir des passages à l'acte. Oui, alors c'est une des particularités de la mise en place de Sentinelle, le dispositif particulier de vigie pirate pour la lutte anti-terroriste depuis 2015, c'est que ça attire magnétiquement les djihadistes qui veulent commettre des attentats. Au lieu de les repousser et de leur faire peur, ça les attire et ils trouvent plus intéressant d'attaquer les policiers et les gendarmes que les autres. Et d'ailleurs, la quasi-totalité des attaques se font contre des forces de l'ordre.

Maintenant, le nombre est cohérent et il est lié à l'insouciance ou l'inconséquence du comité d'organisation qui avait largement sous-estimé la question de sécurité. C'est d'ailleurs grâce à ces dans l'air que cette question a réapparu brutalement à un moment où tous les opérateurs de sécurité publique et privée considéraient que cette question n'était pas traitée, maltraitée ou sous-traitée, ce qui n'était pas bien. Alors, on est passé d'un extrême à l'autre avec un enjeu qui n'est pas la sécurité des Jeux olympiques mais particulièrement la sécurité de la cérémonie d'ouverture et du spectacle de la cérémonie d'ouverture.

C'est un choix politique comme l'a dit Idriss Haïti Oussef mais c'est un choix politique qui n'est pas l'équilibre. C'est un choix politique qui est une volonté affirmée d'aller jusqu'au bout de cette cérémonie malgré des risques et de nouveaux risques qui se sont rajoutés. C'est un choix, il faut assumer ce choix, il est celui du chef de l'État et de la maire de Paris et du comité d'organisation et il a des conséquences qui sont celles qui sont indiquées.

Alors, les conséquences, elles sont traitées assez bien par la préfecture de police de Paris, le ministère de l'Intérieur, le ministère des Armées avec un coût considérable pour les effectifs alors que viennent se rajouter à ça la guerre en Ukraine, le djihadisme renouveau, la situation de la Nouvelle-Calédonie, celle de Mayotte dont on ne parle plus beaucoup et celle de la Nouvelle-Calédonie dont on repart, bref, des prélèvements majeurs, Sainte-Solines, La Rochelle, bref, tous ces éléments cumulés sont ceux qui pèsent le plus aujourd'hui sur les forces de l'ordre et qui expliquent cette sur-sécurisation qui a aussi des conséquences sur la vie quotidienne des gens, des commerçants comme des visiteurs et des touristes et d'ailleurs, on le voit bien, il y a un petit effet de perte de visibilité de Paris, ville touristique et ville de fête ou ville des Jeux eu égard à cette sur-sécurisation mais c'est un choix.

Justement, je voudrais qu'on voit, on va peut-être voir les images de ces touristes qui essayent de se rendre place du Trocadéro pour aller voir la tour Eiffel. Il faut dire qu'en ce moment, voilà, c'est ça, les touristes qui se mettent à huer en fait le dispositif de sécurité parce qu'ils n'ont même plus accès, même plus voir la tour Eiffel en elle-même à cause de ces panneaux et évidemment, c'est une incompréhension. Nicolas Barré, il y a quelque chose qui va rester ? L'image de la France est en train d'être écornée comme le disait Alain Boer, l'image touristique

41:56
Invité

de la France ? Ça, l'image de la France, on pourra le dire après la cérémonie d'ouverture et après les JO, je pense, parce que là, effectivement, on a tous les tracas, tous les inconvénients, etc. Je ne suis pas certain si tout se passe bien, si la cérémonie est magnifique, ce qui semble être le cas, on aura une très belle image. Moi, je ne pense pas que le dispositif de sécurité soit absolument démesuré. On attend 146 chefs d'État et de gouvernement. 146. C'est sans précédent dans l'histoire moderne d'avoir autant de dignitaires étrangers en même temps dans la capitale. plus que pour les cérémonies d'une idée, etc. On n'a jamais vu ça.

en tout cas, à ma connaissance, c'est quand même assez colossal. Et par ailleurs, la France, évidemment, est une cible. Elle est une cible notamment lors de manifestations festives. On l'a vu, on a eu droit à des attentats en France, on en a eu à Nice, on en a eu ailleurs. Donc, évidemment, à cette occasion-là, forcément, le niveau de menace nécessite un dispositif de sécurité extrême. Sylvie Goutard. Eux. Audrey Goutard, pardon. Ça va.

43:00
Présentateur

On vient de battre quand même le record de vente de billets, le record international de tous les temps avec 8,6 millions de tickets vendus. On fait mieux qu'Atlanta qui en était à 8,8 millions. Donc, c'est quand même un énorme succès en amont. Après que la France soit une cible, c'est sûr, elle l'est depuis longtemps. C'est vrai que ces dernières années, nous avons connu des enjeux internationaux qui, évidemment, impactent les Jeux Olympiques. C'est vrai que la DGSI, donc le service de renseignement français intérieur, bosse d'arrache-pied pour essayer d'éviter qu'il y ait la moindre attaque sur le...

Et pour l'instant, ils y parviennent plutôt bien parce que je vous rappelle que les attaques qui ont eu lieu ces derniers jours qui sont évidemment dramatiques ne sont pas des attaques terroristes. Ce sont du fait de déséquilibrés qui, peut-être, sont attirés, effectivement, comme le disait Alain Boer, sont attirés par l'uniforme. Ça crée un stress. Il y a certainement quelque chose qui se joue là. Mais pour le moment, on n'est ni dans des attaques endogènes, c'est-à-dire de terroristes en France, français, ni d'attaques exogènes, c'est-à-dire une projection de terroristes venus d'ailleurs comme on a connu pour le Bataclan, par exemple.

Le fait que le ministre de l'Intérieur soit démissionnaire, est-ce que ça change quelque chose à la manière de gérer le maintien de l'ordre ? Non. À mon sens, ça ne change pas grand-chose parce que vous avez une administration aujourd'hui qui est pilotée par Laurent Nunez qui est le préfet de police de Paris et qui a autorité à la fois sur la capitale en matière de sécurité depuis un décret récent sur le périmètre un peu île de France et qui organise la réponse, en tout cas, qui organise la sécurité. À mon sens, il y a deux choses qu'il faut prendre en compte. Le premier, c'est la configuration urbaine de la capitale. Paris est une petite ville.

Donc, le fait de concentrer, comme l'a dit très justement à la Boer, des manifestations dont la cérémonie d'ouverture sur un périmètre relativement restreint, on peut demander tout ce qu'on veut aux forces de l'ordre. L'initiative est compliquée. Elle est compliquée. C'est-à-dire que ça, vraiment... Et puis après, vous avez, conjugué à cela, vous avez une autre menace qui est la menace terroriste. Donc, on voit bien, depuis 2015, on a des services qui sont montés en puissance. On a effectivement un parquet national antiterroriste qui a musclé ses effectifs. On a des législations votées et qui ont permis, depuis le printemps dernier, effectivement, d'organiser 600 visites domiciliaires.

Ce sont ce qu'on appelait auparavant des perquisitions administratives. On a ce qu'on appelle des espèces de surveillance administrative, des MICAS, des mesures individuelles de contrôle et de surveillance administrative qui permet, d'une certaine manière, de prévenir dans une logique de police administrative la commission d'un attentat. Malgré ça, vous avez quand même des risques, voire des attentats. Et puis après, vous avez le risque sanitaire. Et puis après, vous avez le risque cyber. Donc, vous avez tout un tas de risques qu'il faut prendre en considération dans le cadre de ces festivités olympiques. Mais les policiers ne feront pas de miracle.

Nicolas Arpagian, il peut être de quelle nature le risque cyber ? Dans les deux dimensions du risque cyber, c'est-à-dire à la fois la dimension technique, bon là, on a une illustration avec cette panne, c'est-à-dire des dysfonctionnements sur la disponibilité des équipements. C'est-à-dire faire en sorte que les systèmes électriques des stades, des piscines, que les systèmes d'éclairage, que les systèmes de billetterie, les systèmes d'enregistrement des scores fonctionnent.

Et donc ça, la question de la disponibilité, c'est la préoccupation de l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information, qui coordonne avec le comité d'organisation, puisqu'il y a une équipe cyber au sein du comité d'organisation. Et évidemment, c'est la question de cette disponibilité.

Ensuite, il va y avoir la question de l'intégrité qui va se poser, c'est-à-dire s'assurer, par exemple, on a eu des cas, notamment dans la lutte anti-dopage, de voir qu'il y avait des tentatives dans des compétitions sportives internationales antérieures, des tentatives d'intrusion pour essayer de modifier ou d'accéder à des résultats d'analyse de dopage, on imagine pour les modifier ou éventuellement pour les exfiltrer. Bref, la question de l'intégrité des systèmes de chronométrage, qu'il n'y ait pas de doute sur la compétition. Donc ça, c'est le volet technique. Et puis, on a le volet informationnel.

On en a eu quelques petits exemples ces dernières semaines avec le fait de déposer des cercueils au pied de la tour Eiffel, espérant pour les... C'était des manipulations russes. En tout cas, des gens qui veulent essayer de polluer le débat informationnel, c'est-à-dire faire en sorte, espéraient-ils, que des gens allaient prendre en photo ces cercueils, incitant le fait, lorsque Emmanuel Macron avait envisagé, le fait de dire nous pourrions mettre des personnels au sol. Avec beaucoup de scie, oui. Voilà, énormément de scie.

Et donc, on voyait que des opérations d'agite propre, alors très physiques, puisque de la même manière qu'il y a eu des tags sur les murs de l'Assemblée nationale, il y a eu ces tags des mains rouges, en tout cas, qui avaient été taguées. On avait eu, à l'automne dernier, des étoiles de David avec des pochoirs. Donc ça, c'était assez rustique. Mais il s'avère que ce n'étaient pas tellement les séquences physiques qui étaient envisagées. Là, c'était surtout l'idée de miser sur une émotion collective relayée par des réseaux sociaux et des comptes de botnets. Les botnets, ce sont ces ordinateurs, ces comptes sociaux créés de toutes pièces. C'est les fermatrolles ? Exactement.

Reliées les unes avec les autres de manière à créer une illusion de mobilisation de l'opinion publique pour essayer de façonner, de colorer le débat médiatique. La délinquance et la criminalité vont-elles augmenter en province avec tous ces policiers et gendarmes déplacés à Paris ? C'est vrai qu'il y a une interrogation parce qu'à partir du moment où vous avez 45 000 policiers rien que pour la cérémonie, policiers et gendarmes, 30 000 globalement sur l'ensemble des jeux, effectivement, c'est des policiers et des gendarmes qu'on a pris quelque part. Alors après, je... Je précise, il y a 250 000 policiers et gendarmes en France. En France, tout à fait. Policiers. En tout.

250 000 en France des policiers. Les gendarmes, c'est un autre chiffre. En comptant les personnels administratifs. Voilà, c'est ça. Donc, c'est pas tant que ça, en fait. Mais bon, néanmoins, évidemment, bien sûr que ça, comme on dit, ça dépoile les villes de régions, de provinces, etc. Après, le gouvernement a considéré qu'il n'était pas la peine, contrairement à ce qu'ils avaient dit au départ, de rajouter l'armée pour la sécurisation de Paris. Donc, ils considèrent qu'ils ont leur répartition suffisante à la fois en France et à Paris. Ils considèrent qu'en supprimant certains congés, en répartissant d'autres congés, ils ont réussi globalement à sécuriser l'ensemble du territoire.

Et juste peut-être d'un mot, Nicolas Barré, sur l'envoi par des pays étrangers d'une aide. On a parlé

49:32
Invité

notamment du Qatar. Mais c'est pas seulement le Qatar. C'est-à-dire que beaucoup de pays envoient des dizaines de pays. Exactement. La délégation athlétique israélienne, par exemple, est protégée par des forces de sécurité israéliennes. Ça, ça existe depuis les attentats de Munich. Et voilà. Et beaucoup de pays font ça. C'est tout à fait courant. À Londres, pour les Jeux Olympiques, c'était exactement la même chose. Donc là, il n'y a pas de... 1800 policiers venus de 43 pays.

49:59
Présentateur

Brice et tu le savent rapidement, ouais. Juste peut-être une précision. Ils ne vont pas faire du maintien de l'ordre. Ils ne vont pas être des attroupements. Il y a quelquefois des spécialisations, notamment sur la lutte anti-drone, qui vont apporter une expertise, là où on a une très bonne expertise, mais pas suffisamment de personnel pour encadrer la capitale. Vous pouvez avoir, comme ça a déjà été le cas, notamment dans des grandes manifestations sportives, des policiers espagnols qui vont parler effectivement espagnol avec effectivement des touristes espagnols, etc. Donc on a une espèce d'interprète d'une certaine manière. Donc on ne sait pas...

Ce n'est pas des policiers qui vont participer à des opérations de sécurité publique ou des violences urbaines, enfin de la répression des atteintes au bien et au passé. De la même manière que le monde football, la France a envoyé des policiers et des gendarmes en Allemagne. Et c'était pareil. Au Qatar, on a envoyé des éléments effectivement de la gendarmerie, que ce soit à la fois le GIGN ou pour de la lutte anti-drone également. Alors on le disait, il n'y a pas qu'à Paris où les policiers et gendarmes sont mobilisés avec ces 35 000 membres des forces de l'ordre à Paris, 45 000 même, ça va culminer vendredi pour la cérémonie d'ouverture des Jeux.

Aujourd'hui, des milliers d'entre eux étaient mobilisés en l'occurrence dans l'Ouest, la Vienne hier et la Rochelle aujourd'hui où les opposants aux méga-bassines se sont mobilisés. Écoutez le récit de Juliette Vallon et Michel Bouilly. Des explosions dans le centre-ville de la Rochelle et un supermarché saccagé.

51:23
Invité

La manifestation de milliers de militants anti-méga-bassines aura mis peu de temps à dégénérer. Quelques blessés, dont trois parmi les gendarmes et au moins cinq interpellations.

51:35
Présentateur

Vers 7h du matin, un premier groupe de militants avait commencé par bloquer le port de la Rochelle avec l'aide de vieux tracteurs pour certains.

51:44
Invité

La France appartient à ceux qui se lèvent tôt. C'est nous qui sommes levés le plus tôt ce matin et on était là avant les forces de l'ordre mais on a joué la bonne humeur. Objectif, bloquer le terminal

51:54
Présentateur

agro-industriel de la ville, symbole selon eux du système de l'accaparement de l'eau par certains céréaliers, des manifestants soutenus par des élus locaux. Sur une région touristique comme la nôtre, la question de l'eau elle se pose chaque été puisqu'on ne peut pas à la fois irriguer un maïs intensivement et fournir de l'eau aux habitants et aux touristes. Donc on le sait qu'il va falloir faire des choix.

52:17
Invité

Rapidement, les forces de l'ordre ont évacué les lieux. Comme hier, en Haute-Vienne où tout a commencé. Malgré l'interdiction par la préfecture de manifester, près de 7000 personnes ont tenté de converger

52:29
Présentateur

vers le futur site d'une méga-bassine. Elles exigent un moratoire sur ces retenues d'eau géante qui visent à stocker de l'eau l'hiver pour irriguer les cultures l'été.

52:38
Invité

Nous, on est contre l'accaparement de l'eau par quelques-uns et on est pour une planète durable. Pour une planète durable, il serait temps de bouger ses fesses.

52:45
Présentateur

Mais très vite, ils sont stoppés par les forces de l'ordre. Un jeu du chat et de la souris s'engagent pendant quelques minutes. Les manifestants sont repoussés à coups de gaz lacrymogènes mettant le feu à ce champ. Dans le cortège, de nombreux individus masqués que les gendarmes tentent d'identifier. Nous avons contrôlé

53:05
Invité

123 individus

53:06
Présentateur

fichés S sur ces contrôles.

53:08
Invité

Des individus fichés S et répertoriés pour l'appartenance à l'ultra-gauche violente ou à des mouvements écologistes radicaux qui là aussi se sont défavorablement fait remarquer sur des manifestations précédentes. Des centaines d'objets dangereux ont été saisis lors de fouilles comme des barres de fer et des haches.

53:26
Présentateur

Dès lundi, le ministre de l'Intérieur démissionnaire Gérald Darmanin avait annoncé la mobilisation de plus de 3000 gendarmes. C'est un dispositif extrêmement important. Cinq hélicoptères, une dizaine de drones et puis bien sûr sous l'autorité des préfets l'utilisation des moyens de sécurité civile. Je remercie de ça pour mon pied qui seront mobilisés.

53:47
Invité

Gérald Darmanin encore traumatisé par les événements de Sainte-Soligne il y a 16 mois.

53:53
Présentateur

Le marais Poitvin s'était embrasé lors d'une manifestation interdite pour protester contre la construction d'une réserve d'eau artificielle. Ambiance de guérilla rurale entre forces de l'ordre et militants écologistes, 47 gendarmes blessés et 200 manifestants dont de grièvement. Sous le feu des critiques, le ministre de l'Intérieur doit s'expliquer devant les parlementaires. Moi je veux dire en tant que chef de mon administration que la préfète a bien agi, que cette opération a été bien préparée, que les gendarmes ont fait ce qu'ils ont pu dans des conditions d'extrême violence et qu'il ne faut pas retourner les valeurs.

Si les gendarmes ont été agressés c'est parce qu'il y avait des agresseurs. Dans le viseur de Gérald Darmanin, le collectif écologiste laisse soulèvement de la terre. Un groupe rassemblant plusieurs associations de gauche aux actions radicales. Le ministre de l'Intérieur annonce sa dissolution les qualifiant d'éco-terroristes.

54:48
Invité

Il n'y a pas de volonté de tuer aveuglément, il n'y a pas de volonté de massacre, il y a une volonté de défendre la terre pacifiquement. C'est ça les soulèvements de la terre. Où est-ce qu'on est quand on qualifie ça d'éco-terrorisme ?

55:00
Présentateur

Le Conseil d'Etat avait finalement annulé la dissolution des soulèvements de la terre aux premières loges aujourd'hui dans la manifestation. Il souhaite attirer les regards du monde entier sur leur combat à quelques jours des Jeux Olympiques. Tout à l'heure à La Rochelle, 2000 personnes ont 400 black blocs d'après les autorités ont tenté de bloquer le port de commerce de La Rochelle. Alain Boer, est-ce qu'on sait qui sont ces manifestants ? Et d'ailleurs, j'ajoute cette question des téléspectateurs, pourquoi est-ce qu'il y a autant de black blocs dans les rassemblements des opposants aux méga-bassines ?

Alors d'abord, il y a un phénomène d'agrégation de plusieurs types de colère et de mouvements. Et en fonction des événements, les black blocs s'intègrent dans une manifestation sociale relativement dure, réforme des retraites, dans un processus de remise en cause de ce qui est considéré comme le mépris de l'État, gilet jaune, ou les soulèvements de la terre sur des questions écologistes ou environnementales. Et en fonction des événements, il y a un mécanisme non pas d'unification des luttes autour d'un objectif commun, mais d'un ennemi commun qui est l'État, le capitalisme et évidemment ceux qui le défendent, c'est-à-dire les forces de l'ordre. Et donc, c'est très aléatoire.

Vous pouvez avoir au moment des manifestations contre l'OMC, l'Organisation mondiale du commerce, etc., que des black blocs. Vous pouvez avoir pour des manifestations écologistes que des soulèvements de la terre. Vous pouvez avoir que des syndicats dans les manifestations sociales. Et de temps en temps, par un mécanisme d'agrégation et d'unification parce que c'est plus dur, parce que c'est plus tendu, parce qu'ils y voient une opportunité, le rassemblement de toutes ces colères, ce que j'appelle la rajosphère, ces colères s'expriment aussi dans le secteur des réseaux sociaux et pas seulement dans le secteur physique. Et donc, ce qui explique cela.

Alors, contrairement à ce qui est dit, de temps en temps, une partie de ces manifestants sont parfaitement pacifiques et même s'ils font ce qu'on appelle de la résistance civile, ils ne commettent pas d'agression et n'essayent pas de tuer ou d'agresser physiquement les forces de l'ordre. Dans d'autres cas, et c'était le cas à Sainte-Soligne, il y avait trois catégories qui avaient d'ailleurs été directement identifiées au moment où on arrivait sur le théâtre de la manifestation en disant vous êtes très pacifique, vous êtes les colombes bleues, vous êtes un peu énervé, vous êtes les souris vertes et vous êtes très très très énervé, vous êtes les taureaux jaunes.

Et on s'inscrivait en fonction de ce qu'on voulait faire. La manif pacifique des bienveillantes familiales, la manif, on s'exprime un peu pour faire de l'effort physique et la manif très agressive. Donc les organisateurs souvent savent très exactement ce qu'ils veulent faire et qu'ils veulent avoir dans la manifestation. Les black blocs, eux, fonctionnent selon une logique très politique, les autres fonctionnent selon une logique très revendicative. De temps en temps, on les a tous ensemble. Audrey Goutard.

Il y a vraiment une interrogation à avoir et que ce soit à Sainte-Solene ou que ce soit sur cette manifestation d'aujourd'hui, c'est de pourquoi les pouvoirs publics ne parviennent pas à neutraliser les black blocs, ils sont 400, ce n'est pas énorme. Et qui sont identifiés. Et qui sont identifiés, connus, une partie d'ailleurs sont retenues avant les manifestations, mais qui entravent finalement le droit à manifester de ces gens. Parce que vous disiez très justement que cette manifestation elle avait lieu devant le port de la Rochelle, là où il y a les silos à grains. Parce que, en fait, cette manifestation elle n'est pas juste pour les bassines.

C'est une vraie remise en question d'un système, et c'est ce qui était dit par les manifestants, d'un système productiviste qui, selon les manifestants, va envoyer la planète dans le mur. Et donc, ils devraient avoir la possibilité de manifester leur inquiétude, leur peur et finalement leur désaccord avec une politique mondiale. Et à chaque fois, le ministre de l'Intérieur leur interdit finalement ce droit en d'abord donnant des conférences de presse où il explique et je connais bien moi les affaires de police et où il explique qu'effectivement il s'agit de black blocs et où il met en avant finalement la violence avant même de mettre en avant le droit à manifester.

Et c'est une problématique qui se pose effectivement dans ce type, spécifiquement dans ce type de manifestation où il s'agit d'écologistes, de défenseurs des droits et que vous l'aviez très bien dit dans votre sujet tout à l'heure. Rappelons quand même que l'association des soulèvements de la terre a reçu finalement un blanc-seing du Conseil d'État qui a considéré qu'ils n'étaient que dans la valorisation de leurs idées.

59:31
Invité

Nicolas Barret. C'est vrai, le problème avec les black blocs c'est que du coup on perd de vue complètement le fond du débat et effectivement il y a des questions à se poser sur l'agriculture, sur le productivisme, il ne faut pas non plus oublier par exemple que la France est le premier exportateur européen de céréales et on exporte vers qui ? Vers le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, le Nigeria, les pays du Golfe Persique, des pays qui ont énormément besoin aussi de céréales. et s'il n'y avait pas ces exportations françaises, on peut critiquer le productivisme, enfin s'il n'y avait pas ces exportations françaises, les prix pour ces pays en développement seraient beaucoup plus élevés.

Donc il y a un vrai sujet beaucoup plus large mondial. Juste d'un mot

1:00:13
Présentateur

avant qu'on passe à vos questions. Sur ce que disait Audrey Goutard, le fait que ces black blocs sont identifiés, on a les moyens juridiques de les mettre de côté, de les extraire, de les maintenir à l'écart de ces manifestations ? Alors il y a un moyen répressif et un moyen préventif. Le moyen préventif c'est effectivement ce qui existe déjà, c'est-à-dire effectivement un arrêté du préfet justement sur des assignations résidences, on va les appeler comme ça et puis judiciaire lorsqu'effectivement en peine complémentaire le juge peut effectivement interdire à un individu. Mais ce qu'il faut savoir c'est que le principe...

Mais là, beaucoup ont venu l'Italie par exemple, on aurait pu les bloquer à la frontière. Le principe en droit c'est la liberté et la restriction ça doit être une exception. Et donc un individu qui est fiché S et on a le même sujet en matière de terrorisme, un individu qui est fiché S c'est pas parce qu'il a été fiché S au motif qu'il aurait commis des exactions passées qu'il va en commettre demain. Donc il faut pouvoir le documenter, il faut pouvoir le prouver. Donc si S ne veut pas dire assigné à résidence c'est absolument pas automatique. Non, non, absolument. On va juste passer parce que l'heure file à vos questions. Et 180 n'est pas.

Si un tel bug avait touché, on parle évidemment de la grande panne informatique, tous les ordinateurs personnels, que se serait-il passé ? Nicolas Arpagian.

Alors techniquement la même chose puisque simplement la seule chose c'est que le contexte n'est pas le même dans le sens où effectivement en principe vous êtes vous-même administrateur de votre ordinateur personnel ou familial mais par contre évidemment la question de la durabilité des environnements numérisés se pose de la même manière que quelquefois quand vous aviez par exemple des photos sur un téléphone, le téléphone est cassé, vous perdez l'actif qui est là et c'est la raison pour laquelle faute de pouvoir empêcher des cyberattaques il faut inculquer l'idée de cette résilience c'est-à-dire d'avoir des copies des copies dans les environnements distincts de manière à ce que la perte soit restreinte à la dernière période avant enfin jusqu'à l'ultime sauvegarde.

ça c'est le petit conseil mais c'est vrai qu'il faut quand même effectivement préparer sachant que de plus en plus les données sont sauvegardées on évoquait la notion de cloud d'information en nuage en fait cette information elle est localisée à plusieurs endroits et en général mais le cloud c'est physique il y a en fait des espèces d'énormes mais par contre à plusieurs endroits enfin en tout cas dans les abonnements principaux et donc ça veut dire que si d'aventure physiquement il était bloqué il resterait disponible ailleurs mais évidemment techniquement une information il n'y a pas de protection immanente pour les personnels et il faut rassurer les détenteurs de iPhone qui eux ne sont pas impactés ou n'auraient pas été impactés si d'aventure c'était toujours les logiciels d'aviation ben tiens sont-ils aussi gérés par Windows on a bien vu

1:02:48
Invité

il y a eu 4000 vols annulés quand même donc effectivement ça a eu cet impact colossal par les compagnies aériennes faire attention

1:02:54
Présentateur

à la fois les compagnies aériennes et puis les gestionnaires c'est bien sûr l'aviation c'est-à-dire le pilotage l'avion quand il était en vol lui n'a pas été touché c'est le pilotage en tout cas au sens générique du terme de gouvernance de la compagnie aérienne mais c'est vrai qu'il y a beaucoup de logiciels qui sont en finale il n'y a pas tellement de distinguos enfin en tout cas ce sont des solutions des environnements qui sont assez proches dans l'univers personnel et dans l'univers professionnel question de Manao de New York parce qu'on nous regarde de partout dans le monde est-on vraiment prêt à contrer une attaque terroriste par drone pendant la cérémonie Audrey Goutard ?

et bien figurez-vous nous avons fait d'ailleurs sur France 2 un reportage on a envoyé un de nos reporters sur place et donc il y a une salle qui est spécifiquement dédiée à cela où effectivement il s'entraîne le ciel va être bloqué jusqu'à Beauvais jusqu'à Beauvais donc ça va être comme une cloche voilà pendant des cérémonies comme une cloche et c'est à la main du Premier ministre c'est intéressant d'ailleurs dans l'ambiance actuelle c'est-à-dire que s'il y a un incident et s'il faut envoyer un avion pour neutraliser l'incident et bien c'est au Premier ministre que l'on pose la question d'ailleurs Gabriel Attal sera dans une pièce isolée avec le ministre de l'Intérieur et il sera prêt à donner un top si effectivement il y avait un incident si un bug survenait durant les JO reviendrait-on au bon vieux chronomètre en l'occurrence Driss et Youssef c'est ce qui s'est passé dans certains aéroports hier on est revenu au bon vieux papier au crayon un monde rustique et dégradé il est évident que pour mesurer au micro secondes en tout cas tel que ça peut être pour certaines épreuves ce ne sera pas satisfaisant mais j'évoquais quand même la question qu'il ne doit pas y avoir de doute sur l'intégrité et la disponibilité des systèmes et donc là c'est toute la raison alors en général une des protections c'est de les isoler de manière un peu comme on parle de air gap c'est-à-dire d'espace d'air en quelque sorte c'est-à-dire faire en sorte qu'il n'y ait pas de connexion physique et de manière à ce que ce soit un environnement si vous demandez à mes enfants ce qu'il y ait un chronomètre si vous demandez à mes enfants ce qu'il y ait un chronomètre mécanique et pas sur leur iPhone je ne suis pas sûr qu'ils sachent s'en servir ça sera le mot de la fin et puis vous avez toujours ce qu'on appelle des backups comme par exemple sur la lutte anti-drone on en a parlé vous avez à la fois la police et la gendarmerie au-delà d'une certaine non la police et l'armée de l'air au-delà d'une certaine altitude c'est l'armée de l'air qui prend le relais donc vous avez toujours des backups pour une cérémonie comme ça internationale on va dire planétaire bon je pense que les mesures ont été prises pour que ça se passe bien et je précise qu'il y a des équipements spécifiques anti-drone qui vont être à la disposition de la police et des systèmes de détection des lasers des armées des filets pour capturer des drones dans les serres normalement tout est prévu absolument espérons que tout se passe bien merci beaucoup Driss Aït Youssef docteur en droit public spécialiste des questions de sécurité globale Nicolas Arpagion merci beaucoup spécialiste en cybersécurité cybermenace Audrey Goutard merci grand reporter à France Télévisions spécialiste des faits de société et Nicolas Barré merci directeur éditorial des Echos je salue Alain Boer évidemment qui était à distance avec nous professeur au CNAM responsable du pôle sécurité défense et renseignement merci d'être fidèle à CETAVOU et à France 5 c'est dans l'air qui revient lundi avec Axel Detarlé je vous souhaite d'ici là un bon dimanche merci d'avoir regardé cette vidéo !

1:06:03
Locuteur

Je vous souhaite d'ici pour la vidéo ! 1 1 2 3 4 4 5 5 5 5