Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRFI (sur YouTube)· 5 mai 2015 9 minContradictoireMixteJusticeInstitutions & élections

Christian Paul: «Ménard peut-il encore être maire de Béziers ?»

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:15OuverteRéponse directe

    Alors Christian Piolle, aujourd'hui, l'actualité c'était aussi le vote de la fameuse loi sur le renseignement.

  • 4:55ComplaisanteRéponse directe

    On a l'impression que vous ne faites que de la politique aérienne.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:47Invité politiqueFait
    « C'est totalement scandaleux. »
  • 2:31Invité politiquePromesse
    « Il fallait une loi sur le renseignement parce que la menace existe sur les réseaux numériques, la menace terroriste en particulier. »

Temps de parole

  • Christian Paul80 %
  • Présentateur11 %
  • Locuteur 29 %

3,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Alors, est-ce que comme Manuel Valls, vous dites honte au maire de Béziers ?

0:04
Christian Paul

Oui d'ailleurs, et en découvrant ces faits tout au long de la journée, je me suis demandé si Robert Ménard pouvait encore être maire de Béziers. Parce que c'est pas seulement une polémique, c'est une pratique qui est illégale. Le Premier ministre a eu raison de le rappeler, c'est totalement scandaleux. Et on a l'impression d'ailleurs que le Front National dans cette ville a en quelque sorte une activité de laboratoire qui préfigure ce qu'il souhaiterait peut-être faire d'ailleurs au plan national, s'il, par malheur, il avait la possibilité d'accéder au pouvoir. Donc je crois que c'est extrêmement inquiétant.

Ça appelle d'abord une réponse de la justice bien sûr, car c'est totalement illégal, il faut le redire. Et on se demande même d'ailleurs à quoi peuvent servir ces statistiques. Ça n'a pas été dit, et peut-être que le pire est à découvrir.

0:55
Présentateur

La gauche doit se rassembler, l'UMP est en train de préparer son changement, notamment son changement de nom. Les Républicains, on en a beaucoup parlé. Pour vous, cette idée, c'est une mauvaise idée, ça a été beaucoup critiqué à gauche, c'est peut-être le rapte de la République ?

1:10
Christian Paul

Oui, je l'ai dénoncé moi aussi depuis maintenant plusieurs jours, parce que c'est à la fois le rapte d'un bien commun qu'est la République. La République a été construite, défendue par des femmes et des hommes de droite et de gauche. Donc ça n'est pas l'apanage de telle ou telle formation politique. Jean-Noël Jemmé a évoqué la captation d'un héritage en quelque sorte.

1:37
Présentateur

Ce n'est pas la première fois qu'il y a un République ou Républicain dans un monde parti politique malgré tout.

1:41
Christian Paul

Oui, mais celui-là, quand c'est Nicolas Sarkozy qui le baptise, il y a quand même une intention derrière. Et quelle est cette intention ? Il l'a lui-même verbalisée dans plusieurs discours au cours des derniers mois. Ça consiste à dire, nous, parti de droite, nous sommes les Républicains, les socialistes ne sont pas Républicains.

2:00
Présentateur

Alors Christian Piolle, aujourd'hui, l'actualité c'était aussi le vote de la fameuse loi sur le renseignement. Elle a fait couler beaucoup d'encre, on voulait quand même un certain nombre de débats. Mais finalement le vote est assez massif, 438 voix pour, 86 comptes, 42 abstentions. Alors vous, vous vous êtes abstenu. Pourquoi ce choix ?

2:18
Christian Paul

Je n'ai pas voté ce texte.

2:19
Présentateur

Vous n'avez pas voté.

2:20
Christian Paul

Je ne l'ai pas voté parce qu'il comporte encore aujourd'hui des incertitudes et ces sources de fortes inquiétudes dans l'opinion publique, évidemment, et aussi au sein du Parlement. Il fallait une loi sur le renseignement parce que la menace existe sur les réseaux numériques, la menace terroriste en particulier, mais aussi parce que les technologies de surveillance sont de plus en plus sophistiquées, de plus en plus intrusives. Et donc il fallait les encadrer. Et j'étais de ceux qui souhaitaient qu'il y ait une loi pour encadrer les activités de renseignement parce qu'au XXIe siècle, il faut le faire et le faire de façon hardie.

Tout le monde a en mémoire l'affaire Snowden aux États-Unis et beaucoup d'autres à travers le monde. Ce qui, en revanche, aujourd'hui pose question et mérite vraiment que le travail parlementaire continue avec peut-être davantage encore de précision et de courage, c'est qu'il y a dans ce texte en quelque sorte la légalisation technologique qu'on a appelée dans les médias les boîtes noires algorithmiques qui permettent de recueillir et de traiter la totalité des données de connexion de l'ensemble des Français, des usagers des réseaux numériques, quels que soient leurs opérateurs, leurs fournisseurs d'accès ou l'usage qu'ils font des grandes plateformes comme Google.

Ces informations sont traitées par des algorithmes, certes sur un mode anonyme, sont conservées ensuite selon des procédures contrôlées. Celles des données qui peuvent amener à considérer qu'il y a des comportements suspects, ceci est fait dans un cadre qui est celui de la lutte contre le terrorisme.

Je considère aujourd'hui que les garanties ne sont pas suffisantes et qu'on est en train de vivre un changement de modèle complet dans les activités de renseignement, que c'est en procédure accélérée au Parlement, qu'il y a dans le monde du numérique, parmi les défenseurs des libertés, parmi tous ceux qui s'intéressent à ces questions, ont beaucoup de réprobations, d'inquiétudes, de débats qui sont lancés et je considère que nous n'avons pas suffisamment affronté ces questions. Et donc voilà pourquoi je n'ai pas voté ce texte. Voilà pourquoi j'ai écrit au Premier ministre qui m'a répondu ce matin.

Et je souhaite qu'à partir de sa réponse, il puisse y avoir au Sénat, dans quelques semaines, un débat de meilleure qualité, enfin susceptible de bâtir un encadrement beaucoup plus ferme des activités de renseignement et notamment de ces boîtes noires algorithmiques.

4:46
Locuteur 2

Alors on a l'impression, les frondeurs, que le congrès de Poitiers, c'est l'alpha et l'oméga de la politique. On imagine bien qu'être à gauche, c'est aussi s'occuper de ceux qui souffrent, de ceux qui... Je pense là à l'immigration. Rappelez-vous, Sartre et Aron a été allé voir Valéry Giscard d'Estaing sur les Boat People. Aujourd'hui, est-ce qu'on voit les frondeurs, est-ce qu'on voit la gauche de la gauche mobilisée sur des sujets humanitaires, des sujets sur la vie des gens ? On a l'impression que vous ne faites que de la politique aérienne.

5:23
Christian Paul

Non, pas du tout. J'ai entendu cette formule et je la récuse totalement. Je vous renvoie par exemple sur la question des migrants, à des prises de position. Ce n'est peut-être pas celle d'ailleurs que prennent habituellement les militants socialistes, mais nous l'avons pris, je crois, à la lumière aussi des événements récents. Tribune sur Mediapart, il y a une semaine à peu près, où nous avons dit clairement, on ne peut pas, quand l'Union européenne dispose des ressources dont elle dispose, on ne peut pas se contenter d'être spectateur de ce qui se joue en Méditerranée.

5:55
Locuteur 2

Vous parlez d'une épreuve, mais vous venez de partout dans les médias, vous les frondeurs, pour nous parler.

6:01
Christian Paul

Sur la loi renseignement, est-ce que c'est de la petite politique ? Vous savez, le Parti Socialiste est à l'épreuve du pouvoir. C'est toujours une épreuve pour la gauche, le pouvoir. Il n'y a pas de malédiction de l'échec.

Je récuse vraiment, pardonnez-moi d'être un peu insistant à le faire, je pense que les différents que nous pouvons avoir, qui ne sont pas des déchirements, mais qui sont des différents sur la politique économique, en particulier, depuis un an, parce qu'elle n'a pas réussi, sur des questions essentielles comme la loi bancaire, parce que c'était un engagement majeur de François Hollande, et la loi qui a été votée est à 25% de ce qu'il aurait fallu faire, sur la réforme fiscale, pour recréer l'adhésion des Français à l'impôt dès lors que la justice fiscale prévaut, c'est de la petite politique. Non, je crois que ce qui est de la...

6:49
Locuteur 2

Vous avez dit, le gouvernement a trop donné aux entreprises, il faut donner aux ménages. Aujourd'hui, la baisse du pétrole fait le boulot. Elle donne... Suffisamment ? Bah, écoutez, la baisse du pétrole...

6:58
Christian Paul

Vous pensez que quand on a une retraite de 800 euros par mois, et que la gauche au pouvoir parle de gel des retraites, vous avez le sentiment que nous faisons notre travail, que nous avons été élus pour cela, et que parce qu'il y a une baisse, c'est vrai, de la facture de fioul, nous remplissons notre... Non, ce qui est de la petite politique, si vous le permettez, je termine sur ce point, ce qui est de la petite politique ou de la vieille politique, c'est de ne pas tenir ses engagements. Eh bien, moi, je souhaite que le congrès du Parti socialiste, qui est pour moi un événement démocratique majeur dans ce quinquennat, c'est le seul moment où les socialistes qui ont défendu la...

qui se sont engagés dans la campagne de François Hollande peuvent donner leur point de vue, c'est le seul moment où ils peuvent dire, nous, nous voulons qu'il n'y ait pas un grand écart entre le discours et les actes. Donc, moi, je souhaite que le congrès de Poitiers ne nous amène pas, comme après le discours du projet, à voir un discours, d'une part, et des actes qui ne suivent pas.

7:52
Présentateur

On va en parler tout de suite, le congrès de Poitiers, mais Christian-Paul, vous l'avez dit tout à l'heure, on veut être utile. Comment être utile pour les deux ans qui restent ? On arrive demain à l'anniversaire des trois ans de François Hollande à l'Elysée. Visiblement, vous l'avez dit, redit, depuis trois ans, et vous l'avez manifesté à l'Assemblée nationale, le bilan ne vous plaît pas. Qu'est-ce que vous pouvez faire pour être utile et pour que ça change d'ici ou d'ici ?

8:12
Christian Paul

D'abord, il y a eu beaucoup de chantiers ouverts depuis trois ans, peut-être plus que jamais. Alors, il est bon, ce bilan de trois ans ? Il y a eu beaucoup de chantiers ouverts, et nous avions travaillé pendant dix ans pour préparer cette alternance. Donc, évidemment, il y a eu des choses positives de fait. Je ne suis pas dans le déni des réalisations que j'ai soutenues, d'ailleurs, pour une part d'entre elles. Simplement, sur le front principal, qui est la question du chômage de masse, et aussi la répartition des richesses, nous n'avons pas été à la hauteur de nos engagements.

Il y avait des vraies difficultés, le pays, nous l'avons trouvé naufragé, c'est vrai, mais pour autant, des choix ont été faits, des virages ont été pris, qui n'étaient pas dans les engagements de 2012, et je pense en particulier au pacte de responsabilité.

8:52
Présentateur

On ne peut pas tout prévoir non plus, le gouverner, c'est s'adapter un petit peu.

8:55
Christian Paul

Oui, mais faut-il prendre des virages illégitimes, en cela qu'ils n'ont pas été délibérés et débattus ? C'est ce que nous avons reproché. Ce n'est pas le soutien aux entreprises. D'ailleurs, nous l'avons dit depuis des mois, nous sommes tout à fait favorables à une politique de l'offre, dès lors qu'elle est soumise à des conditions, qu'il y a des contreparties, et que les 40 milliards d'euros que vous avez financés, que nous avons financés, avec des hausses de TVA par exemple, sont efficacement employés. Ce n'est pas un débat médiocre. Merci.

Christian Paul: «Ménard peut-il encore être maire de Béziers ?» — Christian Paul · Pourquijevote