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DébatC dans l'air (sur YouTube)· 18 juin 2024 64 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleImmigration & asile

Début de campagne : les clés pour comprendre #cdanslair 17.06.2024

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 34 %Attaque 36 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:13OuverteRéponse directe

    Est-ce une bonne nouvelle pour le nouveau Front populaire ?

  • 5:03OuverteRéponse partielle

    Est-ce que ça va entraîner les électeurs de gauche vers ce Front populaire ?

  • 5:51FerméeRéponse directe

    Il gêne le Parti Socialiste, à votre avis ?

  • 6:29OuverteRéponse partielle

    Est-ce que cette opération Nouveau Front Populaire est réussie ?

  • 7:57FerméeRéponse directe

    Est-ce que c'est lui le patron de ce nouvel attelage ?

  • 8:48FerméeRéponse directe

    Sur « Est-ce que ça a marché ? » au regard des enquêtes d'opinion qui sont réalisées actuellement, on peut répondre positivement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:43IntervenantChiffre
    « Raphaël Glucksmann a recueilli 14% des suffrages. »
  • 10:09PrésentateurChiffre
    « 229 pour la France insoumise. »
  • 10:17PrésentateurChiffre
    « Europe Écologie, les Verts, 92 et le PC, 50. »
  • 17:33IntervenantChiffre
    « Le nombre de procurations déjà déposées est six fois plus élevé qu'en 2022. »
  • 18:18PrésentateurChiffre
    « Les dernières législatives, c'est aux alentours de 50. »
  • 21:04PrésentateurChiffre
    « À 60% de participation, le seuil de qualification, c'est autour de 20%. »
  • 24:24IntervenantChiffre
    « L'ERN avait gagné 34 duels sur 61. »
  • 24:39IntervenantChiffre
    « C'était 55 victoires pour Ensemble, 55 pour l'ERN. »
  • 25:21PrésentateurChiffre
    « Un Français sur deux. »
  • 33:54PrésentateurChiffre
    « Plus de 4,5 millions d'abonnés sur Instagram. »
  • 34:11PrésentateurChiffre
    « Likée par plus d'un million de personnes sur Instagram. »
  • 35:04PrésentateurChiffre
    « Près de 250 000 en trois jours. »
  • 36:57PrésentateurChiffre
    « 118 millions d'abonnés. »
  • 37:00PrésentateurChiffre
    « 3,7 millions sur X, anciennement Twitter. »
  • 37:03PrésentateurChiffre
    « 115 millions d'abonnés pour Kylian Mbappé, 9 millions pour Emmanuel Macron. »
  • 41:45PrésentateurFait
    « la force qui peut le plus s'opposer, c'est le Front Populaire, c'est pas la Macronie, quand on regarde les enquêtes. »
  • 42:04PrésentateurPromesse
    « le nouveau Front Populaire, c'est aussi le pouvoir d'achat, et c'est notamment un SMIC qui serait à 1 600 euros net. »
  • 42:17PrésentateurFait
    « ce qui est passé, c'est la baisse du prix de l'énergie auprès des Français. »
  • 42:47PrésentateurChiffre
    « c'était une baisse de 20 à 5,5. »
  • 43:08PrésentateurPromesse
    « ils ne reviendront pas sur les réformes passées. »
  • 43:21PrésentateurPromesse
    « qu'il y aurait une réforme des retraites à l'automne. »
  • 43:33Locuteur non identifiéFait
    « Ce n'est pas il y en a. »
  • 43:39PrésentateurFait
    « Jean-Philippe Tanguy, c'est celui qu'il faut le préciser aussi, il est fortement pressenti pour succéder à Bruno Le Maire à Bercy. »
  • 46:26PrésentateurChiffre
    « Bardella fait ici 55% des voix aux Européennes, »
  • 49:27IntervenantChiffre
    « 54% des ouvriers ont voté pour le Rassemblement National aux Européennes. C'est 14 points de plus qu'en 2019. »
  • 55:56PrésentateurChiffre
    « pour 82% des personnes interrogées, la France est en déclin. »
  • 58:28PrésentateurChiffre
    « Le RN est arrivé à 34,5%. Et Raphaël Glucksmann est à 14,5%. »
  • 1:01:21PrésentateurChiffre
    « Paris 8% »
  • 1:01:28PrésentateurFait
    « il n'y aura pas de candidat Front National au Rassemblement National au deuxième tour. »
  • 1:02:11PrésentateurFait
    « on voit bien que peut potentiellement se recomposer aussi un arc central »

Temps de parole

  • Présentateur81 %
  • Intervenant7 %
  • Intervenant 23 %
  • Intervenant 33 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:10
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Confusion, inquiétude, trouble, une semaine après l'annonce de la dissolution, c'est dans ce climat que débute la campagne des législatives. 15 jours pour faire un choix avec un paysage politique qui a dû se recomposer en moins d'une semaine. Purge et psychodrame à gauche, rancœur et division à droite, sidération au sein de la majorité. Depuis hier soir, 18h, la liste des candidats est donc arrêtée et les grands blocs et les accords au coup par coup se dessinent. On va en parler ce soir, alors qu'une victoire du RN inquiète toujours un Français sur deux.

Les sportifs et les influenceurs sont entrés en campagne avec un message adressé avant tout à la jeunesse pour l'inviter à aller voter et faire barrage aussi aux extrêmes, comme l'a dit Kylian Mbappé. Nous en parlerons ce soir, nous serons aussi en terre ouvrière sur ces terres qui ont profité de la réindustrialisation mais qui, vous verrez, ont choisi massivement le Rassemblement national. Début de campagne, les clés pour comprendre, c'est le titre de cette émission. Avec nous, pour en parler ce soir, Raphaël Baquet, vous êtes grand reporter au journal Le Monde. Je cite votre dernier article, comment Éric Ciotti a orchestré avec Vincent Bolloré l'annonce de son ralliement au RN.

Guillaume Darrette avec nous ce soir, vous êtes chef adjoint du service politique de France Télévisions. Olivier Beaumont, vous êtes grand reporter au service politique du Parisien aujourd'hui en France. Je signale votre article paru hier, Attal Macron, l'histoire secrète d'une quasi-rupture. Nous en parlerons aussi ce soir. Jérôme Fourquet, enfin, vous êtes directeur du département d'opinion à l'Institut de sondage IFOP. Je cite votre livre, La France d'après, aux éditions du Seuil. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. J'ai envie de participer à ce C'est dans l'air en direct pour débuter cette émission spéciale.

Je vous le rappelle, on va suivre ces élections au jour, jour après jour, grâce aux reporters de C'est dans l'air. Et vous allez voir ce journal de campagne réalisé par Magali Lacroze et Christophe Roquet qui revient sur les derniers événements de cette campagne un peu folle, il faut bien le dire.

2:10
Intervenant

Ces dernières 48 heures, un défilé joyeux. Nous avons réussi à mettre nos rancœurs de côté. Et des trahisons de dernière minute. Ce qui est fait là en créant de la confusion et donc sans doute de l'amertume, c'est vraiment criminel.

2:25
Présentateur

C'est Jean-Luc Mélenchon qui a réglé en compte avec moi, avec mes amis.

2:28
Intervenant

Si les gens qui ont un désaccord avec le grand chef, comme je viens de le lire, n'étaient plus investis par la France Insoumise, on n'aurait pas non plus investi François Ruffin. À droite, un stand douceur, loin de Paris, pour celui qui veut rester président des Républicains.

2:45
Présentateur

La justice a parlé, elle a dit le droit, on ne peut pas faire n'importe quoi.

2:50
Intervenant

Des bleus qui se mettent à la politique.

2:52
Présentateur

Kylian Mbappé est contre les extrêmes, contre les idées qui divisent. Quand on a la chance, l'honneur de porter le maillot de l'équipe de France, on a un peu de retenue.

3:03
Intervenant

À gauche, on a eu aussi un sourire d'ex-président. Je ne pouvais pas rester de côté. Pas mécontent de son coup. Beaucoup de ceux qui vont me soutenir n'ont pas forcément approuvé tout ce que j'ai fait durant mon quinquennat. Se présenter aux élections, agir plutôt que réagir, après tout, il ne faut pas s'en moquer. Un Premier ministre qui aime bien Matignon.

3:25
Présentateur

Cette élection législative, c'est clair, c'est quel Premier ministre ? Je suis clair, je suis prêt et je suis libre.

3:32
Intervenant

Des souvenirs et un rêve d'ancien Premier ministre. On peut revenir à une certaine authenticité de la gauche. C'est tout, en attendant demain.

3:42
Présentateur

Et nous allons revenir sur ces épisodes. Je précise juste qu'il y a une nouveauté de C'est dans l'air. Si vous voulez poser vos questions, vous pouvez scanner le QR code qui s'affiche sur l'écran et interroger les experts de C'est dans l'air tout au long de cette émission. Revenons sur le journal de campagne avec vous, Raphaël Baquet. C'est le retour des ex, c'est le retour des anciens. Ancien Premier ministre, on a entendu Lionel Jospin qui vient porter un message à la gauche. On a aussi vu le retour de François Hollande. Est-ce une bonne nouvelle pour le nouveau Front populaire ?

4:13
Intervenant

A vrai dire, si la situation n'était pas aussi dramatique, on croirait une espèce de comédie. C'est très étonnant avec des personnages comme ça qui vont et qui viennent, une espèce de quantité de soubresaut. Il y a tellement un mélange de figures et une absence d'ailleurs de figures dominantes sauf Marine Le Pen et Jordan Bardella d'une part, Emmanuel Macron le président et puis après Jean-Luc Mélenchon que toute nouvelle figure émerge très facilement. Et François Hollande évidemment est un ancien président. Est-ce que ça changera des choses ? D'abord, lui-même dans sa circonscription, c'est compliqué.

4:49
Présentateur

En Corrèze, sur ses terres ?

4:51
Intervenant

Il n'a pas une circonscription si facile que cela.

4:53
Présentateur

Et puis, est-ce que ça va entraîner les électeurs de gauche vers ce Front populaire dont on voit qu'il a quand même des tiraillements ? Rien n'est moins sûr. On ne sait plus aujourd'hui, à vrai dire, si ce genre de figure a encore une influence sur les électeurs. Il y a cette question de Laurent à Haute-Garonne. Comment un ancien président peut-il être dans la même équipe que Poutou ? C'est toute la question, effectivement, parce que Philippe Poutou a pris des positions quand même très radicales, notamment par rapport au conflit israélo-palestinien. La question du retour de François Hollande, est-ce qu'il peut potentiellement drainer comme électeur de gauche ?

Elle se pose vraiment parce que si on fait un parallèle avec le prédécesseur de François Hollande, c'est-à-dire Nicolas Sarkozy, quand il revient en 2015-2016, ce n'est pas du tout la même histoire. C'est-à-dire qu'à l'époque, Nicolas Sarkozy, il revient parce qu'il y a un appel des militants et des sympathisants à l'air pour un retour de Nicolas Sarkozy à la tête de la droite. Là, François Hollande, ce n'est pas du tout la même chose. On voit bien d'ailleurs, les réactions ont plutôt été froides, globalement, au sein du Parti Socialiste. Il gêne le Parti Socialiste, à votre avis ? Oui, il gêne parce que c'est l'ancien qui essaye de revenir.

Et on voit bien derrière quelles sont vraiment les motivations de François Hollande. Là, on voit qu'il utilise un trou de souris, finalement, pour revenir. On sait tous qu'il a des ambitions pour 2027. Mais aussi, François Hollande, vous vous rappelez, qu'il n'a pas été en capacité de se représenter en 2017. Donc, ce n'est pas du tout la même histoire. Et puis, François Hollande, effectivement, c'est une autre époque. C'est un ancien PS. Et on voit bien aujourd'hui que, pour ceux qui ont des ambitions à gauche, il vient déjouer ces plans-là. Est-ce que cette opération Nouveau Front Populaire est réussie ? On en parlait un instant avec une de vos consoeurs du journal Le Monde.

Quand on voit l'épurgé par Jean-Luc Mélenchon, on l'a vu dans le journal de campagne. Quand on voit ce que dit François Ruffin, qui est extrêmement sévère. Quand on voit le faux retour de Mélenchon. Et les divergences de fond, Guillaume Daré, est-ce que cet attelage n'a pas à être solide pour faire un bon score ? Vous voyez où je veux en venir ? Bien sûr. Elle est réussie en fonction de si on se place à gauche du Nouveau Front Populaire. Ou, j'allais dire, à droite du Nouveau Front Populaire.

C'est-à-dire que l'un des paris, notamment de François Hollande, c'est d'essayer de tirer cette alliance de la gauche un peu plus vers le centre-gauche que ne l'était la version NUP avec la France Insoumise. Donc, tout leur pari, l'entourage de François Hollande et d'autres, c'est de se dire, au soir des élections européennes, Raphaël Glucksmann a recueilli 14% des suffrages. Ça veut dire, et il préparait ça depuis longtemps, l'ancien président de la République, qu'il y a une nouvelle voie pour reconstruire quelque chose dans une alliance à gauche, mais tirer davantage vers le centre.

Donc, eux sont convaincus que ces derniers jours, qui leur ont permis, en quelque sorte, de mettre à distance Jean-Luc Mélenchon, ça leur permet de construire une alternance crédible à gauche, qui serait une alternance crédible aux yeux des Français, parce que davantage une alternance de gouvernement. Là où beaucoup de Français voyaient dans Jean-Luc Mélenchon quelqu'un qui était un repoursoir pour aller à Matignon et qui donc rendait, finalement, la NUP, puis le nouveau Front Populaire, comme difficilement acceptable par une partie des électeurs de gauche pour gouverner. C'est lui le patron ? François Hollande ? Non ? Jean-Luc Mélenchon ?

Est-ce que c'est lui le patron de ce nouvel attelage ? Il n'y a pas de visage, on l'a bien compris tout à l'heure. Mais est-ce que, avec vous, Jérôme Fourquet, dans l'opinion, est-ce que c'est lui le patron ? Alors, les premiers sondages qui sont sortis montrent que personne à gauche ne sort vraiment du lot et qu'en fonction de votre sensibilité à gauche, certains vont dire « Moi, je verrais plutôt François Ruffin, moi, je verrais plutôt une écologiste, etc. » D'accord. Le juge de paix, ce sera le nombre de sièges que chacune des sensibilités du nouveau Front Populaire obtiendra le soir du deuxième tour.

Et c'est là-dessus que quelque chose pourra émerger, si tant est que ce bloc de gauche soit majoritaire ou proche de la majorité absolue. Sur « Est-ce que ça a marché ? » au regard des enquêtes d'opinion qui sont réalisées actuellement, on peut répondre positivement parce qu'il y a quand même une dynamique en faveur de la gauche. Et rappelons-nous d'où nous partions, avec des tensions très fortes, des invectives, des procès en antisémitisme d'un côté, des procès en individus qui auraient été sous l'emprise de certains lobbies. C'était de ça dont on parlait il y a 8 ou 9 jours encore. Donc il y a eu une accélération du temps politique.

Le fait que François Hollande, que Lionel Jospin reviennent, que de Philippe Poutou à François Hollande, tout le monde se fasse front commun, quelque part ça recrée une dynamique et ça fait appel à des racines très très profondes à gauche. En disant, c'est sûr, on ne va pas se raconter d'histoire, qu'au lendemain il y aura des règlements de compte, on aura des dissensions sur le programme. Le lien c'est le combat contre le Rassemblement national. C'est le combat contre le Rassemblement national, comme au temps du... Qui écrase tout. Qui écrase tout. Et donc il y a 5 candidats insoumis qui ont été purgés.

On en parle dans la presse, mais face à la perspective d'une victoire du Rassemblement national, pour un électeur de gauche, qui dans tous les sondages depuis des années, disent il faut vous unir, aujourd'hui ils ont un objet, un outil pour réaliser... Peut-être que pour les gens qui nous regardent, puisque maintenant on connaît la répartition des circonscriptions, il y en aura donc 229 pour la France insoumise. Pour le PS, il y en a 175, donc en termes de nombre, il y a quand même une domination de la France insoumise sur... Europe Écologie, ils en avaient moins avant. Europe Écologie, les Verts... Pardon, si vous êtes élu, parce qu'on peut vous avoir donné...

Oui, bien sûr, bien sûr, bien sûr. Europe Écologie, les Verts, 92 et le PC, 50. Combien sont gagnables ? Ça, il faut rentrer dans le détail.

10:27
Intervenant

C'est-à-dire qu'arithmétiquement, s'ils n'avaient pas fait l'union, ça serait une hécatombe. Oui, bien sûr. Donc là, de ce point de vue-là, sinon, je ne suis pas du tout sûre qu'ils aient la majorité. Mais en revanche, ils sauvent les meubles, ça c'est clair. Ils m'ont pris dans les déclarations.

10:41
Présentateur

Maintenant, quels seront les rapports de force internes à la gauche ? Ça, ça sera... Juste avec vous, Raphaël Baquet, la question que je posais tout à l'heure, quel rôle pour Jean-Luc Mélenchon ? Vous pensez qu'on lui a demandé de se mettre en retrait et qu'il va le faire ?

10:52
Intervenant

C'est un repoussoir absolu, Jean-Luc Mélenchon, pour une partie des électeurs de gauche. Donc, il vaut mieux qu'il soit en retrait. Et quand il a commencé tout de suite à dire « je me sens prêt pour Matignon », ça a été une catastrophe. Et là, il a été obligé de rétropédaler, bien sûr. C'est le personnage le plus clivant de cette Assemblée.

11:06
Présentateur

Dans la série « Le retour des ex », je demande Nicolas Sarkozy, qui a participé au débat public, il n'avait pas pris la parole, alors même que sa famille politique se déchirait la semaine dernière, se déchire sans doute toujours, en tout cas maintenant dans les tribunaux. Donc, lui, il estime que cette dissolution peut plonger le pays dans le chaos. Quel message est-il venu porter Nicolas Sarkozy ? Il y a déjà un message, toujours sur l'incarnation de l'autorité. Il l'avait déjà fait il y a deux ans, quand il y avait eu des violences déjà à caractère antisémite, il y avait eu des manifestations, rappelez-vous, places de la République.

Il avait ciblé Emmanuel Macron en disant « l'autorité, ça ne se décrète pas, ça s'incarne ». Donc là, il le redit. Ça, c'est adressé évidemment à Emmanuel Macron. Ensuite, on voit aussi que sur l'analyse qu'il fait de l'alliance de sa famille politique ou de ses anciens amis des Républicains, ceux qui le souhaitent, en tout cas d'Éric Ciotti avec le Rassemblement National, il se démarque, mais il se démarque essentiellement pas tellement sur le plan des valeurs, sur le plan stratégique. C'est-à-dire qu'il dit « si vous vous alliez au Rassemblement National, vous allez en devenir des supplétifs ». Il dit « Éric Ciotti aurait dû consulter les instances ».

Il ne dit pas « c'est absolument inacceptable sur le plan des idées de faire cette alliance avec le Rassemblement National ». Et on voit que dans cette interview, tout au long de l'interview de Nicolas Sarkozy, il y a une volonté de rappeler que la stature du président de la République, Emmanuel Macron ne l'a pas forcément. Évidemment, qui est-ce qu'on regarde en crueux ? C'est lui. Il dit aussi, à propos de Jordan Bardella, qu'il a des qualités, qu'il prend bien la parole, mais qu'il est trop jeune pour exercer les fonctions de Premier ministre. Là aussi, ce n'est pas forcément une critique sur les valeurs, ce qui est assez notable finalement. Mais il dit « pour qui il faut voter ?

» Oui, il dit, alors ça concrétise finalement ce qu'il souhaite faire depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron. Il dit « moi Nicolas Sarkozy, je voterai pour des candidats des Républicains s'ils se présentent, mais qui sont d'accord pour faire une coalition et une alliance avec le président de la République, parce que c'est ce qu'il souhaite depuis le début. Il souhaite pousser une alliance de son ancien parti, les Républicains, avec Emmanuel Macron, parce qu'il est persuadé que c'est de l'intérieur que la droite peut se reconstruire et reprendre le pouvoir en vue de la prochaine élection présidentielle.

Et on va y revenir sur ces grandes manœuvres, parce que c'est ça qui est en train de se jouer, qui sait jouer ce week-end et qui va se jouer dans cette campagne, avec les endroits qu'il va falloir surveiller, où les LR n'ont pas mis de candidats, où la majorité n'a pas mis de candidats, pour construire justement cet attelage qui pourrait ressembler à une fédération, dit le président de la République, ou une coalition. En tout cas, depuis hier, 18h, on sait qui se présente dans les 577 circonscriptions de France. Ce week-end a été marqué par, on l'a vu, le retour des ex, mais aussi par des règlements de compte au sein de la nouvelle alliance de la gauche.

État des forces en présence avec Théo Manval et Erwann Illion. Un ancien président, des prétendants pour 2027, un Premier ministre en sursis, où le dynamiteur de la droite, tous sont entrés en campagne. Avec plus ou moins de ferveur. Premier déplacement pour Éric Ciotti dans les rues de Nice ce week-end. Pour continuer de justifier son choix contesté d'alliance avec l'ERN. J'ai voulu ouvrir une voie nouvelle. Le vrai LR, celui qui vient du RPR, celui auquel j'ai adhéré à 16 ans, ne disparaîtra pas. Voilà. Et ses valeurs, nous les porterons.

Sous l'intitulé « À droite, les amis d'Éric Ciotti », le toujours président des LR a investi 62 candidats, dont seulement deux députés sortants, lui compris. Les autres figures, le président des jeunes LR investi dans le Tarn,

14:39
Intervenant

ou encore Jacques Millard, soutien notoire de Vladimir Poutine, candidat dans les Yvelines. Des débauchages sans doute plus maigres qu'espérés. ORN, on veut croire que la base LR suivra.

14:51
Présentateur

J'ai vu dans un sondage élabre que 63% des sympathisants LR approuvaient cette union avec le Rassemblement national. Cette alliance en tout cas, parce qu'il ne s'agit pas de perdre chacun notre identité respective. Côté LR Canal historique, 400 candidats sont investis par le parti, dont le revenant Laurent Wauquiez, fâché contre son ancien ami.

15:10
Intervenant

Je ne pense pas que le saut dans l'inconnu avec le RN soit la solution.

15:14
Présentateur

Je veux me battre pour reconstruire la parole d'une droite républicaine,

15:18
Intervenant

qui soit claire, solide sur ses valeurs. Par endroits, LR a tout de même passé des accords avec le parti présidentiel pour s'éviter des face-à-face. Mais la droite défiera bien Gabriel Attal dans les Hauts-de-Seine. Le Premier ministre qui écume les plateaux, dénonçant pour la majorité...

15:35
Présentateur

Les extrêmes, qui serait une catastrophe d'abord en termes de climat social dans le pays, parce que c'est la division à tous les étages, le conflit à tous les étages, mais une catastrophe aussi pour l'économie et pour l'emploi. Mais à bien y regarder, le camp présidentiel ne présente aucun candidat dans plus de 60 circonscriptions. Personne contre l'élu LR Philippe Juvain par exemple, ou bien à gauche, dans les circonscriptions de François Hollande ou Olivier Faure. Un choix présenté comme celui de la lucidité. Ce n'est pas du tout renoncer à gagner, c'est au contraire se donner les chances,

16:08
Intervenant

dans une circonscription, de ne pas laisser aux Françaises et aux Français le choix entre Rassemblement national et LFI. À gauche, pas d'impasse ou presque.

16:16
Présentateur

L'Alliance Nouveau Front Populaire a investi des candidats dans 546 circonscriptions. 229 pour la France Insoumise, 175 pour le Parti Socialiste, 92 pour les écologistes et 50 pour le Parti Communiste.

16:30
Intervenant

Mais déjà, LFI agace ses alliés en écartant certains frondeurs ou en investissant des candidats comme le militant Raphaël Arnaud qui avait justifié les attaques du 7 octobre par le Hamas. Vous savez, dans une coalition électorale, chaque composante politique choisit librement ses candidats. Et il peut y avoir, par exemple, des candidats qui sont choisis par le Parti Socialiste et qui n'ont pas, comme ça, ma préférence. Néanmoins, je ne vais pas commencer à les contester puisque c'est le principe de cette coalition électorale. Et donc, j'attends de mes partenaires qui fassent la même chose que moi.

17:05
Présentateur

Parmi les surprises du week-end, la candidature sous la bannière Front Populaire de François Hollande en Corrèze. Retour de l'ancien président, durement jugé par son prédécesseur. Quand le pouvoir est à portée de main, la gauche se rassemble. Sans même avoir un mot pour dénoncer le retournement de veste de François Hollande, un homme qui, décidément, a bien peu de convictions. Les Français ne sont pas dupes et ils sanctionneront ses comportements. L'engouement des électeurs semble en tout cas à la hausse.

17:33
Intervenant

Le nombre de procurations déjà déposées est six fois plus élevé qu'en 2022.

17:40
Présentateur

Arrêtons-nous sur ce chiffre avec vous, Jérôme Fourquet. Le nombre de procurations qui explose. Donc, vous pariez sur une participation qui sera supérieure aux dernières législatives ? Alors, soyons prudents. Les procurations, c'est un indicateur parmi d'autres. Il y a quand même la question du calendrier. Le deuxième tour, c'est un 7 juillet. Il y a des gens qui ont déjà réservé des vacances, etc. On a un deuxième indicateur que celui des procurations, c'est les sondages. Et les sondages nous indiquent aujourd'hui une participation autour de 60 à 62 ou 63%. C'est beaucoup ou pas ? Les dernières législatives, c'est aux alentours de 50.

Les européennes, on s'est félicité qu'on franchisse la barre des 50%. Donc, on revient sur ce qu'on disait notamment tout à l'heure sur ce front populaire. Il n'y a pas que pour ça qu'il y a un engouement pour ce scrutin. C'est qu'il y a une claire conscience dans la société de l'enjeu très important de ces élections législatives. Habituellement, les législatives, depuis l'inversion du calendrier électoral, ce sont des élections de ratification. Et on voit que beaucoup de Français ont dit « on a fait le job, on a élit le président ». Donc, maintenant, on ne se mêle plus des législatives. Là, on sait que tout peut se jouer.

Alors, cette question de la participation, elle a son importance pour mesurer l'enjeu et le degré de civisme de nos concitoyens. Mais elle a des implications mécaniques. Puisqu'on rappelle que pour se maintenir au deuxième tour aux élections législatives, il faut soit être dans les deux premiers, soit avoir fait 12,5% des inscrits. C'est essentiel, ça. C'est essentiel. Donc, plus la participation est importante, plus le seuil de qualification va être abaissé. À 60% de participation, un candidat qui fait autour de 20% peut se qualifier. Si la participation est aux alentours de 50%, c'est plutôt 25%.

Et donc là, soit on a beaucoup de duels de nature différente entre la gauche et l'ERN, entre la gauche et les macronistes, soit on a la réapparition de ce qui avait quasiment disparu, les triangulaires. Et donc ça, ça change énormément de choses dans la physionomie des seconds tours et du coup dans l'attribution des sièges et des victoires. Je reste avec vous. Je vous pose la question que tout le monde se pose autour de la table, mais peut-être vous qui nous regardez ce soir, au début de cette campagne, quel est le rapport de force ? On est d'accord qu'on est sur ces trois blocs, qu'on a souvent théorisé autour de cette table également. Quel est le rapport de force ?

Est-ce qu'il faut croire les sondages qu'on voit passer, qui sont des sondages qui mettent, je vous laisse le dire, mais le Rassemblement national en tête aux alentours de 32% ? C'est ce que nous, nous mesurons. Alors attention, il s'agit de sondages d'intention de vote qui sont faits au niveau national. C'est toute la différence avec les élections que nous venons de vivre qui étaient des européennes, où il y avait une circonscription unique. Et donc là, la répartition des sièges se faisait à la proportionnelle. Là, ce 32% par exemple pour le Rassemblement national, en Corrèze chez François Hollande, en PACA ou dans le cœur de l'île de France, ce ne sera pas du tout la même chose. D'accord.

Et de cela va dépendre les configurations de second tour. Donc ces sondages sont précieux pour nous donner une indication du coefficient de marée, si on veut exprimer ainsi. Donc c'est aux alentours de 32% pour le Rassemblement national, 28% à 29% pour le bloc de gauche, ce qui est dans notre histoire récente pas si mal. Et puis on a par contre un bloc présidentiel qui est largement décroché, qui est aux alentours de 18%. Et donc on a dit tout à l'heure, à 60% de participation, le seuil de qualification, c'est autour de 20%. Et donc ça peut être du coup l'indice, un indice d'une élimination importante des candidats macronistes s'ils ne recollent pas au score. Oui, allez-y au-delà.

C'est tout l'enjeu de la campagne de Gabriel Attal et de tous les candidats qui ont été investis par Renaissance et ses partis alliés. C'est-à-dire qu'ils savent très bien que dans une configuration où ils seront en situation de duel, ils sont morts puisqu'ils ne seront pas qualifiés. Donc là, la stratégie qui est en train d'être élaborée, c'est vraiment de dire on fait une campagne de vote utile au premier tour. D'habitude, le vote utile, c'est au second tour. Là, dans les éléments de langage de la Macronie, c'est de dire aux électeurs, si vous voulez voter utile, votez tout de suite dès le premier tour pour les candidats de l'actuelle majorité présidentielle.

Et d'ailleurs, au siège du parti, ils ont aussi créé un outil, un système qui permet justement de pouvoir gérer les procurations. Donc on propose aux électeurs de gérer eux-mêmes leur procuration pour qu'ils puissent aller voter. Donc effectivement, l'enjeu de la mobilisation, il est majeur pour la survie de l'actuel parti présidentiel. Avec la stratégie du parti présidentiel de ne pas forcément mettre de candidats face aux Républicains. Il y a 26 députés LR sortant, 100 candidats de la majorité face à eux. Qu'est-ce que cela veut dire de la stratégie présidentielle ?

22:27
Intervenant

L'idée, c'était de jouer justement cette alliance que Renaissance a espérée avec la droite. Mais on voit que LR ne lui rend pas forcément l'appareil. Par exemple, Gérald Darmanin qui espérait ne pas avoir de candidats face à lui, un candidat LR face à lui.

22:40
Présentateur

Oui, mais on lui rend la monnaie de sa pièce à Gérald Darmanin, ce qui n'a pas épargné les Républicains. D'accord.

22:44
Intervenant

Bien sûr, mais donc c'est assez compliqué. À vrai dire, l'interrogation qui subit, c'est non seulement évidemment quel est le parti ou le moment qui peut arriver en tête, mais est-ce que le Front Républicain marche encore ? Est-ce qu'un électeur de droite est capable de voter pour un candidat de gauche pour faire barrage au Rassemblement national ?

23:02
Présentateur

Et réciproquement, est-ce qu'un électeur de gauche... Qu'en pensez-vous, Raphaël Baquet ? Qu'en pensez-vous ? Vous avez des doutes, en fait, en posant la question. Oui.

23:08
Intervenant

Oui, on le voit bien. Et en reportage, on le voit. Il y a encore des gens qui ont très, très peur. C'est vraiment tout sauf l'extrême droite. Ces gens-là existent encore. Mais on voit bien que le seuil de la peur, c'est... Franchement, il y a beaucoup de gens qui, au fond, ne pensent pas que ça soit une catastrophe. Oui, et puis... Et ça, c'est très frappant, à vrai dire.

23:28
Présentateur

Ça joue aussi la portée, aujourd'hui, du politique dans l'opinion française. C'est-à-dire que, déjà, les Français, aujourd'hui, se considèrent beaucoup plus informés qu'il y a quelques années, parce qu'on a les chaînes d'information, on a les réseaux sociaux, on a les téléphones portables. Donc, les Français, aujourd'hui, s'ils veulent s'informer, ils ont tous les outils. Donc, ils n'aiment pas forcément qu'on vienne leur dire pour qui il faut voter, qu'on aille leur faire la leçon. Et donc, ils ne se sentent pas comme des bénis-oui-oui, effectivement.

Et je pense, effectivement, que le Front populaire, pardon, le Front républicain, le lapsus, est quelque chose qui est, aujourd'hui, même plutôt contre-productif, en fait, pour ceux qui veulent... Jean-Me Fourquet, on va parler, dans un instant, de la mobilisation des sportifs. Vous me direz ce que vous en pensez. Allez-y. Alors, en 2022, aux précédentes législatives, il est clair que le Front républicain n'a plus fonctionné.

Si vous prenez les 61 duels qui avaient opposé l'ERN à la NUPES, donc les électeurs qui devaient pratiquer ce Front républicain, c'était les électeurs de droite ou macronistes, eh bien, historiquement, l'ERN aurait été battu dans un très grand nombre de circonscriptions. L'ERN avait gagné 34 duels sur 61. C'est un score, un taux de transformation qui est totalement inédit. Et, inversement, dans les duels entre l'ERN et Ensemble, il y avait 100 circonscriptions en jeu. C'était 55 victoires pour Ensemble, 55 pour l'ERN. C'est-à-dire que, là aussi, toute une partie de la gauche avait dit, mais on est traité d'extrême-gauche, etc., etc. Là, on ne va pas aller sauver les candidats de la Macronie.

Et donc, ce qui avait empêché véritablement l'ERN et le FN de percer historiquement, c'était ce Front républicain au deuxième tour, qui faisait qu'ils n'avaient quasiment aucune chance de l'emporter, puisqu'ils avaient tous les autres partis autour d'eux. Et donc, la question, c'est de savoir, vu l'enjeu et la dramatisation autour de ce scrutin, est-ce que ce vieux réflexe ressurgit ? Ou est-ce que les antagonismes sont trop importants ? Et on est de nouveau dans ce qui s'est passé. Jérôme Fourquet, j'ai vu passer un sondage de vos confrères qui dit qu'une victoire du RN inquiète un Français sur deux. Encore ? Oui.

Et donc, on peut dire qu'il y a un Français sur deux qui n'est pas à l'inquiété. Donc, on voit bien que cette dramatisation fonctionne. C'est pas beaucoup un Français sur deux, c'est ça que vous voulez dire ? C'est pas beaucoup. D'accord. Non. Un mot sur Gabriel Attal. On a vu se déployer le Premier ministre sur tous les plateaux de télé, en radio, sur le terrain. Il mouille le maillot, comme on dit, pour faire campagne. Sur quel thème ? Quelle est la stratégie de campagne de la Macronie ? On va peut-être y revenir dans un instant avec vous, qui reste complètement soufflé, estomaqué par la décision du chef de l'État.

Premier argument qu'on voit depuis une semaine, c'est les plus responsables sur le plan économique, c'est nous, c'est la majorité, c'est ce qu'avance Gabriel Attal. Ce sont les propositions qu'il a avancées, effectivement, samedi soir aux 20h de France 2. C'est de dire, en gros, nous, on ne rasera pas gratis parce qu'on sait comment ça se passe, on est au pouvoir et on ne fera pas ce que font à la fois le Rassemblement national ou ce que propose le nouveau Front populaire. On voit qu'il y a effectivement cette stratégie de dramatisation à l'égard d'un Rassemblement national qui est aux portes du pouvoir.

Et puis le troisième élément, c'est surtout, avant même d'envisager le second tour, il faut se qualifier pour celui-là. Et c'est donc de mobiliser son propre électorat aux européennes. Je crois que c'est à peine un électeur sur deux d'Emmanuel Macron en 2022 qui s'est déplacé pour voter, simplement pour aller voter. Et on voit que ce que nous dit Gabriel Attal, ce que nous dit son entourage, c'est que sur le terrain, quand il s'est déplacé ses premiers jours de campagne, leurs propres électeurs viennent voir le Premier ministre pour lui redire une chose, ce que nous a dit son entourage. Est-ce que vous avez compris pourquoi Emmanuel Macron a dissous l'Assemblée nationale ?

Oui, ils en sont encore là. Et bien sûr. Donc là, l'entourage du Premier ministre, évidemment, a un grand sourire. Façon de dire qu'eux-mêmes n'ont toujours pas compris pourquoi il y a eu cette dissolution. Et la question qui se pose, c'est est-ce que leurs propres électeurs, une fois la sidération passée, se déplaceront ou non au premier tour des élections législatives ? Et derrière cela, on voit qu'à la fois, Gabriel Attal, ce n'est pas évident, parce qu'à la fois, évidemment, c'est lui le chef de campagne, il est Premier ministre, et en même temps, il ne doit pas non plus hypothéquer son avenir politique à moyen et à long terme.

Parce que ce qu'on voit aussi en coulisses, c'est qu'il fait tout, absolument tout, pour bien mettre à distance cette décision du Président de la République, qu'en permanence, il cherche effectivement à ne pas trop donner le sentiment de défendre cette dissolution. Et d'ailleurs, son entourage nous l'a redit, vous avez vu couper le téléphone, on ne l'a pas entendu pendant quasiment deux jours après la décision du chef de l'État, ses plus proches du conseiller, nous a dit, je pense que les Français, nous espérons que les Français ont bien compris qu'ils n'étaient pas d'accord avec le Président.

On peut aussi parler des 24 ministres sur 35 qui sont candidats et qui se lancent peut-être avec des États d'Homme, mais qui se lancent dans cette campagne. Absolument, parmi les plus connus, effectivement, il y a Gérald Darmanin, il y en a d'autres qui ne sont pas allés, parce qu'on avait parlé à un moment d'Éric Dupond-Moretti, la question a été posée aussi à Bruno Le Maire en Normandie, il n'y est pas allé. Il y a Elisabeth Borne, ça va être très compliqué dans la circonscription du Calvados. Et puis le premier d'entre eux, Gabriel Attal, qui est lui-même candidat à sa réélection, effectivement, dans l'État. Il a bien verrouillé les choses dans son département des Hauts-de-Seine.

Olivier Beaumont, sur la relation entre Gabriel Attal et Emmanuel Macron ? Le problème de Gabriel Attal, c'est qu'il considère qu'Emmanuel Macron lui a cassé son jouet. Matignon, il considérait ça comme un tremplin pour d'éventuelles autres ambitions, qu'on devine tous autour de cette table, celle de 2027. Il n'a toujours pas compris cette dissolution, parce que, ça a déjà été dit plein de fois, mais Emmanuel Macron, effectivement, ne l'a jamais avisé. Gabriel Attal, vous avez tous vu cette photo de la photographe officielle de l'Élysée, qui saisit cet instant où le président l'annonce. Il vexait parce qu'il la prend seulement 25 minutes avant Laurent Hénard, qui est du parti radical.

Donc, il dit, voilà, j'ai été quasiment mis au même niveau qu'un des partis alliés. Donc, il n'a pas compris, il était contre. Il l'avait verbalisé auprès du chef de l'État. Et puis, voilà, c'est une humiliation. Et puis, quel sera l'état de la majorité, quand même, le sentiment, je trouve, au bout d'une semaine, cet enseignement, c'est-à-dire que cette Macronie, qui a tout balayé en 2017, qui a été réélu en 2022, aujourd'hui, c'est un colosse au pied d'argile, en fait. Et qui pourrait être balayé ?

Que tout se délite, et y compris Olivier Dussopt, qui va jusqu'à ne pas se représenter, qui arrête sa carrière politique, alors qu'il y a quelques mois, lui encore défendait la principale réforme. Et qui en police disait, je suis prêt à redevenir ministre. Et voilà, exactement. Donc, c'est quand même ce délitement-là, qui, en une semaine, au sein de la majorité présidentielle... À l'heure où on se parle, ils n'ont toujours pas digéré. C'est ça que vous êtes en train de nous expliquer. Mais non, et d'ailleurs... C'est au moment de repartir en campagne... C'est ça qui est terrible pour eux, et c'est ce que disait Guillaume à l'instant.

C'est qu'aujourd'hui, l'état de sidération des Français, il est exactement le même que celui d'il y a une semaine. Les Français n'ont toujours pas compris pourquoi le chef de l'État a fait ça. Et l'Église, pas plus. Le sujet, c'est effectivement, est-ce que l'amertume des représentants, des élus de la Macronie, sera la même que celle de... Enfin, est-ce que les électeurs auront la même ?

30:16
Intervenant

Parce que cette amertume, ce n'est pas très mobilisateur. Donc, à l'heure où vous devez vous mobiliser pour sauver votre camp...

30:24
Présentateur

Ce soir, on essaie d'avoir les clés pour comprendre cette campagne qui débute. Sur quoi elle va se faire, cette campagne ? Sur quel sujet ? On dit toujours pouvoir d'achat, immigration, etc. Est-ce qu'en 15 jours, on peut installer autre chose que ce dont on a parlé aux Européennes ? On voit bien, et... La peur. La peur, dit Raphaël Baquet. Bien sûr, quel ressort va jouer l'exécutif ? On a un catalogue de mesures très diverses, pour répondre un peu à tout le monde, mais vous n'avez pas le temps d'installer ça.

Et le caractère historique de ce scrutin, il se fait sur la perspective, pour les uns, que la gauche revienne au pouvoir, sous influence de la France insoumise, pour les autres, que pour la première fois, le Rassemblement national y accède. Et puis, il y en a d'autres qui disent que c'est la fin du macronisme. Le fameux dégagisme, le disruptif, on va maintenant l'appliquer. C'est ça, simplement, plus que des thèmes. Alors, peut-être que c'est la peur qui les a motivés. En tout cas, ils sont sortis de leur neutralité, étant donné les circonstances, alors que l'Euro débute avec le match France-Autriche. Ce soir, les stars du foot français ont choisi de s'engager, avec plus ou moins de clarté.

Kylian Mbappé, lui, met en garde contre les extrêmes et appelle la jeunesse surtout à aller voter. Juliette Ballon et Rémi Switek. Quand la politique française vole la vedette à l'Euro de football. Mbappé entre en campagne, titre aujourd'hui l'un des quotidiens les plus lus d'Espagne, le journal sportif Marca. Interrogé hier sur la situation politique française avant le premier match des Bleus, le capitaine Mbappé donne son cap.

31:55
Intervenant

On est une génération qui peut faire la différence. Aujourd'hui, on voit très bien que les extrêmes sont aux portes du pouvoir. On a besoin de s'identifier à nos valeurs, qui sont des valeurs de mixité, de tolérance, de respect. Et ça, c'est indéniable. Et je fais confiance à tous les Français. Je sais qu'il y a pas mal de jeunes qui se disent, oui, mais une voix va rien changer. Au contraire, chaque voix compte. Et il ne sait pas négliger. J'espère vraiment qu'on va faire le bon choix. Et j'espère qu'on sera encore fiers de porter ce maillot le 7.

32:24
Présentateur

Les extrêmes, au pluriel.

32:26
Intervenant

Est-ce que vous vous sentez visé ? Non, pas du tout. Mais justement, précisément, la conflictualité du débat, ce n'est pas la division du peuple. Et écoutez le programme que porte, là, vous m'interrogez sur la France insoumise, mais de manière plus générale, le nouveau Front populaire. C'est un programme qui vise au contraire à unir le pays, à unir le peuple.

32:43
Présentateur

Côté RN, Mbappé agace. Les Français sont des gens adultes. Ils l'ont montré. Ils font des choix politiques, éclairés. Ils choisissent. Ils n'ont pas besoin que certaines personnes qui sont, tout à l'heure je parlais du système, ou très éloignées en tous les cas de leurs soucis du quotidien, viennent leur dire comment voter. Quelques heures avant, c'est bien le Rassemblement National qui était visé par un autre membre de l'équipe de France de foot, l'attaquant Marcus Thuram.

33:09
Intervenant

En tant que citoyen, que ce soit vous, que ce soit moi, il faut se battre au quotidien pour que ça ne se reproduise pas et pour que le RN ne passe pas.

33:18
Présentateur

Des footballeurs, mais aussi des stars de l'athlétisme ou du tennis comme Marie-Josée Pérec et Yannick Noah, qui hier ont signé cette tribune dans l'équipe pour appeler à faire barrage au parti de Marine Le Pen. Malgré nos différences, couleurs de peau, religion, accent, culture, orientation sexuelle, handicap, genre, nous faisons partie de la même équipe. L'extrême droite exploite ces différences et manipule nos peurs pour nous diviser. Lorsqu'il s'agit de politique, eux s'expriment encore plus rarement. Les influenceurs, stars des réseaux sociaux, prennent aussi la parole pour alerter sur la possible arrivée du RN au pouvoir.

C'est le cas de l'ENA Situation, plus de 4,5 millions d'abonnés sur Instagram, et de Squeezie, deuxième YouTuber le plus suivi de France. Garder en tête que voter pour un parti qui prône la haine, la discrimination et la peur de l'autre n'a jamais été une solution et ne le sera jamais. La position très claire de Squeezie a été likée par plus d'un million de personnes sur Instagram. Alors le Rassemblement National mise sur le même angle d'attaque que pour les sportifs, la déconnexion. Squeezie a parfaitement le droit de se positionner, mais il faut respecter les Français.

Il faut surtout respecter les Français qui ont beaucoup de problèmes de pouvoir d'achat et qui, eux, n'ont pas la chance de pouvoir bénéficier de revenus très importants. Il faut respecter chacun et il faut respecter la souffrance qui s'exprime aussi dans le pays. Des stars que le camp d'en face rêvent de voir défiler à ses côtés.

34:39
Intervenant

Le Front Populaire, ça n'est pas nous. Le Front Populaire, aujourd'hui, c'est presque plus l'ENA Situation, Marcus Turam et Squeezie.

34:47
Présentateur

La voix des influenceurs et des sportifs pèsera-t-elle au moment du vote le 29 juin ? En 2018, aux Etats-Unis, un message publié par la chanteuse Taylor Swift engagée contre Donald Trump avait fait bondir le nombre d'inscriptions sur les listes électorales, près de 250 000 en trois jours. J'ai hâte d'avoir votre réaction sur ce reportage. Cette question de Michel en vendée. Joueurs de foot, influenceurs, etc. Ils veulent nous imposer leurs choix, mais connaissent-ils notre quotidien ? Raphaël Baquet, votre réaction à ces déclarations, c'est assez rare qu'ils prennent, c'est même très rare qu'ils prennent partie dans le débat public. Oui, c'est vrai.

35:21
Intervenant

Alors, je dirais que ça ne peut pas faire de mal, mais je crois que ça ne déplace pas tellement de voix. D'abord parce qu'effectivement, ces personnalités vivent dans un monde différent. Beaucoup d'argent, de succès, de facilité, tant mieux pour eux. Mais du coup, ils ont une légitimité difficile. Alors en même temps, les footballeurs, ils ont longtemps, depuis des années, des années, des décennies, ils sont la cible de l'extrême droite, qui a souvent dit cette France, cette équipe de France trop black. C'est quand même beaucoup ça. Donc, d'une certaine façon, ce n'est pas délirant qu'ils prennent position contre l'extrême droite lorsqu'elle est aux portes du pouvoir.

Mais je ne crois pas que ça déplace beaucoup de voix. Ça peut mobiliser les jeunes, mais est-ce que ça leur indique quoi voter ?

36:12
Présentateur

En tout cas, ça intéresse quand même l'entourage du chef de l'État et les cadres de la majorité. Parce que c'est ce qu'on a vu, d'ailleurs, dans notre reportage, c'est qu'ils sont quand même un peu à la recherche, si j'ose la comparaison, de leur Taylor Swift française.

36:23
Locuteur non identifié

Bien sûr, bien sûr.

36:24
Présentateur

Taylor Swift, effectivement, on l'a vu, c'est cette star américaine, qui est peut-être la plus grande star du monde, qui avait posté effectivement un message. Il y avait eu une mobilisation d'inscriptions. Aujourd'hui, Joe Biden, son entourage, tuerais père et mère pour qu'elle se prononce pour lui face à Donald Trump lors des prochaines élections présidentielles. Leur pari, c'est quand même que ces footballeurs-là parlent à des gens et peut-être à des jeunes auxquels les politiques ne parlent pas ou ne parlent plus. Je regardais juste, effectivement, sur les réseaux sociaux, Kylian Mbappé et Instagram, c'est 118 millions d'abonnés. Emmanuel Macron, 3,7 millions sur X, anciennement Twitter.

115 millions d'abonnés pour Kylian Mbappé, 9 millions pour Emmanuel Macron. Donc, effectivement, il parle quand même à des jeunes et à des personnes auxquelles les politiques ne parlent plus. Après, est-ce que le simple fait d'entendre ce message les mobilisera et puis après, ce n'est pas parce qu'ils vont se mobiliser ? Mais le président l'a tenté plusieurs fois. Oui, absolument. Il l'a tenté plusieurs fois en vain. Et puis, on voit bien que même parmi les jeunes, et surtout parmi les jeunes, il y a beaucoup de jeunes aussi qui votent soit pour la France insoumise, soit pour le Rassemblement national. Donc, la mobilisation, ce n'est pas une garantie pour la majorité.

Que ce soit un vote pour Macron. Que ce soit un vote pour Macron. Parce que, assez diplomatiquement, Kylian Mbappé a dit « les extrêmes ». Les extrêmes. Mais on voit bien que, traditionnellement, tous ces people ciblent l'extrême droite et le Rassemblement national. Et donc, appeler à faire barrage contre cette force politique, ça ne veut pas forcément dire « voter pour la majorité présidentielle ». Ça peut vouloir dire « voter pour le Front populaire ». Oui, mais on connaît aussi les relations qu'entretiennent Kylian Mbappé et Emmanuel Macron. Emmanuel Macron avait pesé, notamment quand il avait été questionné. Oui, mais les gens... Ce n'est pas clair dans son discours.

Donc, déjà, quand il dit « les extrêmes », si on considère aujourd'hui que le match se joue entre trois blocs... C'est précisément ce qu'avait dit Emmanuel Macron lors de sa prise de parole de la France de presse. Quand il dit « la France, c'est la mixité », on comprend très bien à quel extrême il y a des régions. Ce qui est intéressant, c'est dans les réactions qu'il y a eu ce matin sur les ténors de la majorité qui étaient invitées dans les différentes matinales radio et télévisées. Tous ont salué le devoir d'exemplarité de Kylian Mbappé. On se souvient de l'influence qu'il avait eue sur Petit-Ange parti trop vite.

On se souvient que ce tweet sur la mort de Naël lui avait été ensuite beaucoup reproché. Ce n'est pas n'importe qui Kylian Mbappé. Non, non, non, c'est clair. Après, est-ce que ça aura véritablement un effet, éventuellement sur une partie de la jeunesse, éventuellement sur une partie de la jeunesse des quartiers populaires, en disant « l'heure est grave », vous voyez, quand le frère Thuram, le fils Thuram, a dit que ceux de leur génération doivent toujours, au quotidien, se battre contre le racisme, etc. C'est la suite aussi de ce qui s'est passé au moment des émeutes.

Mais pour rebondir sur ce que disait Raphaël Baquet, tous ces gens sont quand même perçus comme faisant partie de l'hyper, hyper élite. Et quand vous regardez les résultats des européennes, Jordan Bardella, il fait 8% à Paris. 8% ! Donc c'est Paris et le reste du monde. Vous pensez que ça ne parle qu'à Paris ? Non, mais ce que je veux dire, c'est qu'on voit bien, ça renforce cette déconnexion. Mbappé fait cette déclaration depuis Madrid. Oui, d'ailleurs, on a vu la une des journaux en Espagne. Mbappé rentre en campagne. Donc il faut faire attention. Et le RN a l'argument tout trouvé en disant « Nous, on défend les petits, on défend les gens ». Est-ce qu'ils ont besoin de figures ?

On a vu tout à l'heure le retour des voix de la vie politique d'avant, Lionel Jospin, etc., qui prennent la parole de manière assez solennelle pour dire comment ils vont voter, etc. Est-ce que le RN a besoin d'avoir des voix fortes dans le moment dans lequel nous sommes ? Ou est-ce qu'il peut s'en passer ? Il s'en est toujours passé, parce que ça s'est toujours produit, ce type de scénario. Il s'en est toujours passé et il a toujours joué l'antisystème en disant « Voilà, si tous les gens se coalisent contre nous… » Et ça a marché ? Eh bien, ça ne les a pas empêchés de… Non, mais ça les a empêchés d'arriver au pouvoir. Oui, oui, tout à fait.

Inversement, ce qui se passe là actuellement, c'est quand même du côté du nouveau Front Populaire, essayer de montrer que c'est un mouvement puissant, et François Ruffin ne s'y est pas trompé, en disant « J'ai des influenceurs, j'ai un ancien président de la République, j'ai un ancien Premier ministre, on a des syndicalistes, on a des gens de tous horizons. Et donc c'est bien cette idée de Front Populaire, de bloc, qui se dessine à quoi… » En vous écoutant depuis le début de l'émission, vous avez l'air d'expliquer que la dynamique, elle est du côté du Front Populaire, à l'heure où on se parle. Alors, elle est forte du côté du RN, mais il s'est passé quelque chose incontestablement.

Et si vous regardez les enquêtes d'opinion, ça fait des années que ce qu'on appelle le peuple de gauche attendait que la gauche se rassemble et se rabiboche. Et donc là, c'est ce qui est en train de se passer, et c'est tout sauf neutre en fait. Le scénario de la victoire pour la gauche est envisageable sérieusement ? Alors, s'il y a un bon premier tour, et si on a le Front Républicain qui se réactive, c'est-à-dire pas beaucoup de triangulaires, et l'électorat de la Macronie éliminé, qui décide de voter pour les candidats de gauche. Et donc du coup, il faut aussi que Jean-Luc Mélenchon, dans cette stratégie-là, ne soit pas trop visible.

Regardez Claude dans la Marne qui nous pose cette question, « Qui fera barrage au RN si les électeurs de gauche ne le font pas ? » Aujourd'hui, en termes de force, la force qui peut le plus s'opposer, c'est le Front Populaire, c'est pas la Macronie, quand on regarde les enquêtes. Si on parle du fond, on a évoqué rapidement les mesures proposées par la majorité. Du côté du nouveau Front Populaire, ils se sont mis d'accord sur quoi ? Est-ce qu'il y a une mesure qui émerge et qui va permettre de faire campagne ? Contrairement à la majorité, le nouveau Front Populaire et le RN ont réussi à porter, je trouve, une mesure sur le devant de la scène.

Le nouveau Front Populaire, c'est aussi le pouvoir d'achat, et c'est notamment un SMIC qui serait à 1 600 euros net. C'est le message qu'ils veulent faire passer, c'est ce qu'ils ont mis sur la table. Et du côté du RN, je trouve que dans cette première semaine de campagne, ce qui est passé, c'est la baisse du prix de l'énergie auprès des Français. Ils ont réussi à passer deux messages, là où effectivement la majorité a sorti des dizaines de propositions, mais il n'y en a pas vraiment une qui est identifiable par les Français. Après, baisse du prix de l'énergie, c'est pareil.

Là aussi, le diable est dans les détails avec le programme du RN, parce que sur les baisses des prix d'énergie, concernant les carburants et les carburants domestiques, c'était dans la promesse de campagne de Marine Le Pen, c'était une baisse de 20 à 5,5. Là, maintenant, on ne nous donne plus de chiffres. Donc on voit que, bon, on ne donne plus de chiffres, donc cette baisse, quelle sera-t-elle vraiment ? En plus, Jordan Bardella a dit que s'il arrivait à Matignon, il va commander un audit des finances. Un grand classique.

Voilà, mais ce grand classique va lui permettre, et on le voit déjà avec ce qu'ils ont dit sur la réforme des retraites, finalement, ils ne reviendront pas sur les réformes passées. On voit déjà qu'il va y avoir un certain nombre de reculades, comme ça, sur les propositions. Sur la réforme des retraites, précisément, parce qu'on a entendu ce matin, dans la voix de Jean-Philippe Tanguy, qu'il y aurait une réforme des retraites à l'automne. Oui, mais franchement, ce n'est pas très clair, parce qu'on s'en tient à ce qui s'est dit la semaine dernière. Jordan Bardella, lui-même, avait acté sur une radio que...

43:33
Locuteur non identifié

Ce n'est pas il y en a.

43:34
Présentateur

Voilà, donc, ils ne sont pas... Jean-Philippe Tanguy, c'est celui qu'il faut le préciser aussi, il est fortement pressenti pour succéder à Bruno Le Maire à Bercy. Donc lui, il va forcément chercher à pousser cette... Ça peut peser, c'est important ce qu'on se dit là, est-ce que ça peut peser, à un moment donné, un parti comme le RN, qui a fait tout le débat politique sur la réforme des retraites ces deux dernières années, qui changerait d'avis, contraint par une situation budgétaire ou contraint par un calendrier, de dire, finalement, non, on ne va pas le faire. Est-ce que ça, ça peut, dans ces 15 jours de campagne, jouer ?

Est-ce que c'est ce qu'on va surveiller, Raphaël Baquet, la réalité, la crédibilité du programme économique du RN, ou est-ce que ça ne compte pas ? En vérité, en reportage, on le voit bien, ça compte la peur de leur programme économique pour ceux qui sont contre le RN.

44:20
Intervenant

Pour les électeurs du RN, ce n'est pas une mesure ou deux mesures ou trois mesures qui comptent, c'est l'idée du changement, c'est on va essayer, on va essayer quelque chose de nouveau. Donc c'est plutôt une espèce d'aventure, de voilà, on va tenter le coup, et ce n'est pas une ou deux mesures qui marchent, vous voyez, ce n'est pas les 110 propositions de François Mitterrand en 81, non, pas du tout. Donc en revanche, pour ceux qui ont peur du RN, oui, au secours, leur programme de folie au niveau économique, ça oui, on le voit, on le voit chez les décideurs, on le voit, oui, ça c'est clair.

44:52
Présentateur

Mais justement, en faisant marche une arrière sur un certain nombre de propositions sur le terrain économique, on voit derrière qu'il y a toute cette logique de montrer comme un parti responsable, si demain il va aux affaires, et cette façon, cette manière de dire que non, on ne reviendra pas sur la réforme des retraites, comme sur un certain nombre d'autres mesures qui avaient été envisagées, c'est une manière de dire, ben voilà, nous on est sérieux, on s'adapte aussi aux urgences du moment, versus les propositions du nouveau Front populaire, qui lui dit que de toute façon, on reviendra sur la réforme des retraites, on reviendra sur son temps, alors que n'importe quelle personne à peu près censée se doute bien que ça ne sera pas possible.

Après, ce qui est marquant aussi bien dans le discours du RN que du Front populaire, et c'est peut-être ce qui explique aussi cette dynamique, c'est que c'est un discours d'espoir, c'est un discours qui est porté, c'est un discours de renouveau, là où les Français entendent davantage du côté de la majorité, un discours certes de responsabilité, mais où ils disent, on va faire des réformes, il faudra couper un petit peu par là, retrouver des finances d'un autre côté, et donc c'est vrai que quand les Français galèrent depuis des années, entendent ce discours-là, et bien ils peuvent avoir envie de croire, que ce soit dans le discours du nouveau Front populaire, ou dans le discours du RN, et je trouve que c'est particulièrement marquant dans le discours de Marine Le Pen au Soir des Européennes.

Et bien justement, on va aller à la rencontre de ces Français, nous sommes rendus aujourd'hui sur une terre ouvrière qui a longtemps été marquée par la désindustrialisation, à Douvrin, dans le Pas-de-Calais, l'installation d'une usine géante de batteries, et le retour de l'activité n'a pas, vous allez le voir, dissuader les électeurs de voter RN. Bardella fait ici 55% des voix aux Européennes, Laura Radeau et Diane Cacciarella avec Léa Demir-Dian.

46:28
Intervenant

C'est un symbole de la réindustrialisation, la gigafactory de batteries électriques de Douvrin. La promesse de futurs emplois dans une région où l'industrie a plutôt licencié ces dernières années. Fabrice Jamard y a échappé, toute une carrière dans l'automobile, ouvrier et élu CGT. La majorité présidentielle ne présentera pas de candidats dans une soixantaine de circonscriptions, a dit Gabriel Attal pour les législatives anticipées. Un autre candidat mieux placé sera soutenu pour éviter la victoire des extrêmes, précise le Premier ministre. Électeur de gauche, mais désabusé par la politique, et plombé par des mois d'inflation.

47:14
Présentateur

Maintenant, j'ai de compter chaque pic d'essence qu'on met dans la voiture. Ce que je reproche au gouvernement, c'est de toujours faire des cadeaux aux grands patrons, et à la fin du compte, toujours serrer la ceinture des ouvriers.

47:27
Intervenant

Vous avez le sentiment que le travail ne paie plus ?

47:31
Présentateur

Non, le travail paie, mais pas pour les ouvriers, il paie pour tous les grands patrons et tous les actionnaires.

47:38
Intervenant

Et le RN n'y changera rien, selon lui.

47:40
Présentateur

La situation économique avec le RN, de toute façon, vu comment c'est parti, ils continueront à faire pareil que Macron, ils continueront à faire des cadeaux aux grands patrons, et à la fin du compte, nous, les salariés, on n'aura rien, on n'aura simplement nos oeufs pour pleurer si le RN arrive au pouvoir.

48:02
Intervenant

À Douvrain, le RN a obtenu plus de 55% des voix aux européennes. Salut, Régis. Ça va ? Oui. Qu'importe la Giga Factory, qu'importe les promesses d'emploi, ici, personne n'y croit vraiment.

48:18
Présentateur

Moi, ce que je dis aux gars, de toute façon, c'est que ce ne sont pas les élections qui changent la vie, et à chaque fois qu'il y a eu des changements pour les travailleurs, c'est quand il y a eu des doutes.

48:26
Intervenant

C'est nos politiques, dans le syndicat, c'est ce qu'on dit toujours.

48:29
Présentateur

Déjà, ça ne va jamais récupérer autant d'emplois qu'on en avait dans l'industrie des moteurs thermiques. Et là, on le voit, c'est pas moi qui le dis, c'est eux-mêmes qui le dis, qu'ils sont en train de jouer leurs investissements. Alors, quand ils avaient promis 2 000 ou 2 500 emplois, moi, je me demande si on enverra la moitié au final.

48:45
Intervenant

Après, on parle de réindustrialisation. Ben, écoutez, non, moi, je n'y crois pas. Les gens, ils disent, on va voter RN, tout simplement parce qu'on ne les a pas encore essayés. On a essayé la gauche, on a vu le résultat avec Hollande, on a essayé la droite, on a vu le résultat avec Nicolas Sarkozy et tous ses prédécesseurs. Maintenant, on voit le résultat avec les soi-disant centristes macroniens qui font plus de la politique de droite et qui cassent la classe ouvrière, en fait. Selon une étude d'Ipsos, 54% des ouvriers ont voté pour le Rassemblement National aux Européennes. C'est 14 points de plus qu'en 2019.

49:33
Présentateur

Alors, ce reportage a fait beaucoup réagir. Nous sommes avec vous, Laura Radeau. Vous êtes restée à Douvrin. Et ce qui vous a marqué dans ce reportage, qu'on a un petit peu entendu, c'est qu'ils ne sont pas du tout enthousiastes, même quand ils votent à gauche, de voir revenir, par exemple, François Hollande.

49:47
Intervenant

Chez ces salariés, ces ouvriers du bassin industriel du Pas-de-Calais, ce qui est frappant, c'est la profonde défiance, la désillusion. Ils renvoient dos à dos Emmanuel Macron, le RN, mais aussi la gauche. Et à gauche, il y a une figure qui incarne cette déception, c'est François Hollande. Ils se souviennent très bien de sa campagne de 2012, de ses mots au Bourget, « Mon adversaire, c'est la finance ». C'est des mots qui les avaient séduits, qui les avaient convaincus, à l'image aussi de sa venue à Florange, au chevet des salariés d'ArcelorMittal. François Hollande, pourtant, il n'a pas su préserver ses emplois. Et pire, ce sont ses mots, il a trahi avec la loi travail.

Alors malgré tout, ces ouvriers qu'on a rencontrés, ils ont une très forte conscience politique. Pas question de s'abstenir. Ils vont aller voter, ils veulent faire barrage au Rassemblement national, mais ils en ont bien conscience. Ils sont assez minoritaires ici, puisque à Douvrin, dans le Pas-de-Calais, on a voté massivement pour Jordan Bardella aux Européennes, à plus de 55%.

50:49
Présentateur

Laura Rado, j'ai encore une question pour vous. On a parlé au début de l'émission de cet effet de souffle, de la dissolution, de l'incompréhension des Français. Est-ce que les personnes que vous avez croisées sur le terrain restent un peu sidérées, un peu éteintes, alors même que la campagne doit débuter ?

51:09
Intervenant

Il y a eu un vrai choc auprès de... Cette population qui s'attendait à un raz-de-marée du RN ici dans le Pas-de-Calais, ils ne s'attendaient pas à une dissolution. Et il y a un des ouvriers qui me disait, et c'est le pire moment en fait, il aurait pu dissoudre avant ou bien plus tard à l'automne, mais là, au moment où il y a une dynamique du RN, pour nous, c'est le pire moment. Et ça, c'est un choc. Ils ne comprennent pas et ils sont assez atterrés du choix du président de la République.

51:37
Présentateur

Merci Laura Radeau d'avoir été avec nous. On va poursuivre ces reportages et merci à toute la rédaction de C'est dans l'air qui va au contact de ces Français pour comprendre leur état d'esprit alors que nous sommes entrés dans cette campagne express qui va durer, je le rappelle, 15 jours. Votre réaction à ce reportage, vous n'êtes pas surpris d'entendre ces Français ? On est à quelques kilomètres des Nimbomont. Bien sûr. Donc c'est un bastion historique du RN. Plusieurs remarques sur ce reportage. Le premier, c'est sur l'histoire de ce territoire-là.

On voit qu'il y a une usine Stellantis, une usine Peugeot qui a été montée, créée dans les années 70, justement déjà, avec comme consigne de recruter les anciens mineurs qui étaient laissés sur le carreau par la fermeture des mines. Et là, avec le passage du moteur thermique au moteur électrique, ces emplois vont disparaître une nouvelle fois. Et donc c'est l'histoire qui se répète en leur disant mais on va recréer une nouvelle activité avec cette gigafactory de batteries électriques. Mais on voit l'âge de ces ouvriers, leur engagement syndical. Donc ces territoires ont la mémoire de ce qui s'est passé. On est en train de nous rejouer un énième avatar de ce grand séisme qui s'est produit.

Autre point, quand on fait le chemin avec le syndicaliste dans sa voiture, on voit qu'il nous parle du prix des carburants. Et vous voyez bien que Jordan Bardella a parlé des carburants, a parlé de la voiture électrique. Et donc je reviens sur Paris et le reste de la France. C'est central la voiture dans tous ces territoires. Et dernier point, y compris dans ces territoires-là, on voit qu'aujourd'hui, on serait allé là-bas il y a 10 ans ou 7-8 ans, on nous aurait parlé du chômage. Là, ils n'ont pas du tout parlé de chômage. Ils ont parlé de pouvoir d'achat et du travail qui ne payent pas assez. Et donc, ce n'est pas forcément de créer des jobs, c'est est-ce qu'on peut dignement en vivre ?

Dernier point, ils n'ont manifestement pas l'intention de voter pour le Rassemblement National. Mais tous ces ouvriers sont militants de la CGT. Et le fait d'adhérer à un syndicat prémuni dans le monde ouvrier, pas toujours, mais de ce type de vote, quand vous prenez l'ensemble des ouvriers, c'est aux alentours de 50% au premier tour pour Marine Le Pen. Au niveau national, sans doute beaucoup plus dans ces endroits-là. Raphaël Baquet ? Oui, on a envoyé un reporter, nous aussi, Bastien Bonnefousse, qui est allé dans plusieurs endroits où, effectivement, on a réindustrialisé. D'abord, il y a un effet de temporalité, ça met du temps avant que les gens,

54:16
Intervenant

tout d'un coup, retrouvent d'autres jobs. Et ces nouveaux emplois créés, bon, d'abord, qui sont encore trop neufs, si je puis dire, ne compensent pas le sentiment de pessimisme, de perte de statut, de perte de chance. en fait, dans la vie que la plupart des gens ressentent. Et c'est ça qui fait que

54:37
Présentateur

votre rassemblement national est si élevé. Pourtant, ça faisait partie des solutions évoquées par Emmanuel Marcon lorsqu'il est arrivé aux responsabilités de dire, on fera baisser le rassemblement national en donnant du travail, en créant des emplois et de l'activité. C'est peut-être pas faux, mais il faut du temps. Peut-être que ça sera le cas dans 5 ou 6 ans. Peut-être dans 10 ans. C'est trop tôt. C'était assez injuste pour François Hollande qui avait toujours fait le pari d'inverser la courbe du chômage pendant son quinquennat.

Finalement, s'il s'était représenté et s'il avait été réélu, on voit bien que sur la fin de son quinquennat, quand même, les indicateurs économiques indiquaient qu'il y avait une reprise du taux d'emploi en France. Donc, parfois, effectivement, c'est le temps long qui permet de juger à l'aune de l'histoire l'action d'un président de la République. C'est quand même terrible pour Emmanuel Macron parce qu'effectivement, quel est le récit de ces deux mandats ? C'est assez diffus. Il n'y a qu'à voir, justement, les propositions qui ont été faites par Gabriel Attal pour cette campagne des législatives.

Bon, c'est un patchwork de plein de propositions comme ça, mais il n'y en a pas une que vous retenez. Et finalement, la seule chose, c'était la réindustrialisation. Là-dessus, Emmanuel Macron s'est toujours revendiqué d'un certain sujet. C'est quand même de la création d'emploi. On ne peut pas nier son bilan aussi sur ce volet-là. que là-dessus aussi, pour les électeurs, ça n'imprime pas. Justement, pour revenir sur ce point-là avec un sondage Ipsos, pour 82% des personnes interrogées, la France est en déclin. 82%. C'est là où, effectivement, on voit la déconnexion et je trouve qu'il y a quelque chose qui est assez symbolique qui montre aussi cette...

C'est le bon terme, déconnexion en tout cas du chef de l'État entre ce temps long et ce temps court. Ces grands projets qu'il a portés, vous le savez comme moi, il l'a appelé France 2030. Ça fait plusieurs années. Son grand projet, c'est France 2030. Tous ses investissements, respectifs de ce qu'il a appelé France 2030. Le problème, c'est que les Français, ils n'attendent pas 2030. Ils veulent des réponses pour demain. Donc, c'est vrai que dire on va remettre des sites industriels, on va faire effectivement des gigafactories, ça va faire des milliers d'emplois. Je fais venir chaque année de nouveaux investissements, des milliards d'euros. Très bien.

Mais déjà, il y a eu une question, on l'a vu les dernières semaines, sur tous ces euros, tous ces milliards d'euros qui arrivent. Est-ce que ça crée vraiment des emplois ? Ça a été le cas lors du dernier sommet Chousse France où il y a un certain nombre de questions qui ont été posées autour de ça. Et puis, vraiment, il y a un problème de timing parce que 2030, c'est beaucoup trop loin dans la vie des Français. Et son optimisme se heurte en permanence au pessimisme des Français. C'est-à-dire que sur le terrain, mais le Macron, il est en permanence interpellé sur les situations de poudre. Et il a répondu, il a dit que c'est un indécretable optimiste. Et voilà.

Et c'est vrai que ça, dans tout, il y avait encore une réunion hier soir à l'Élysée avec plusieurs membres du gouvernement et des cas de la majorité. Et c'est celui qui est le plus allant autour de la table. Et donc ça, c'est une question de tempérament. Mais oui, mais parfois, je pense que...

57:23
Intervenant

Non, mais s'il était un décliniste, ça serait un problème. Oui, mais je pense que du coup,

57:25
Présentateur

le problème, c'est que parfois, les Français aimeraient le voir plus en empathie par rapport à ce qu'eux vivent. C'est-à-dire qu'ils expriment une souffrance et lui renvoie un optimisme que considère parfois comme un optimisme. Le QR code a fonctionné à plein. Il y a énormément de questions ce soir. On passe à vos questions. Cette question de Louis à Paris, Hollande, Jospin Sarkozy, allons-nous assister au réveil des has-beens politiques ? Raphaël Baquet.

57:51
Intervenant

Oui, des has-beens ou de notre époque. Il faut dire que les nouveaux élus ou ceux qui sont arrivés en politique n'ont pas tellement imprimé, il faut bien le dire. Donc, parfois, quand on entend...

58:05
Présentateur

On se dit qu'il faut quand même un peu baisser. C'est ça. Leur voix est audible. Et puis, il n'y en a qu'un qui se présente. Oui, oui. Il participe au débat. Les autres commentaires. Bien sûr. Ils font des commentaires. Allez, Joseph-Alexis dans le Val de Marne. Pensez-vous que François Hollande a des chances de gagner en Corrèze ? Vous nous disiez que c'est difficile. Non, parce que dans la circonscription... Enfin, c'est à l'échelle de la circonscription sur le vote RN. Le RN est arrivé à 34,5%. Et Raphaël Glucksmann est à 14,5%. Donc, c'est un pari compliqué. Et puis, juste un mot sur François Hollande.

Il ne faut pas non plus sous-estimer la dimension psychologique et personnelle dans ce retour. Oui, parce qu'on sait très bien que ses relations avec Emmanuel Macron sont très tendues. Il le considère comme une trahison ce qu'Emmanuel Macron lui a fait en 2017. Et je pense que derrière ça aussi, il y a une petite vengeance qu'il ne faut pas sous-estimer. Quel avenir politique pour Raquel Garrido et les autres purgés de LFI ? Ils se présentent, ces élections. Ils se présentent et d'ailleurs, ils sont soutenus par les autres partenaires du nouveau Front populaire, les socialistes, les écologistes, les communistes, qui l'ont dit dès samedi matin en disant « Nous, on les soutiendra ».

Et ça a d'autant plus fait scandale. C'est pour ça aussi que les partenaires sont montés au front, si j'ose dire. C'est parce que dans le même temps, dans un premier temps, LFI avait investi Adrien Quatennin, ce qui avait été condamné pour violences conjugales. Adrien Quatennin s'est finalement retiré. Mais ils ont quand même, dans leur circonscription, de bonnes chances de l'emporter avec ce soutien des autres partenaires. Quel ministre sont candidats et où ? Je ne sais pas si vous pouvez répondre à cette question. Gérald Darmanin dans le Nord. Oui, donc Elisabeth Bord dans le Calvados. Gabriel Attal dans les Hauts-de-Seine. Agnès Pannier-Runacher dans le Nord.

Circo, compliqué aussi pour elle. Aurore Berger. Aurore Berger dans les Yvelines. Marie Lebec dans les Yvelines également. Ils sont tous... Stéphane Séjourné à Boulogne. À Boulogne, oui. Plutôt dans les Fiefs. Oui, voilà. Quelques-uns qui vont au combat, mais les autres sont plutôt dans les Fiefs. Quelle va être la position d'Edouard Philippe vis-à-vis d'Emmanuel Macron Jean dans le Morbihan ? Merci pour cette question. On est passé rapidement tout à l'heure.

C'est extrêmement intéressant d'entendre ce qu'il a dit ce matin chez nos confins de BFM où il a dit qu'Emmanuel Macron avait dissous la majorité présidentielle et que lui souhaitait travailler la reconstruction d'une majorité parlementaire. Ça veut dire qu'il se voit comme un pivot avec son parti au centre de l'Assemblée en faisant venir peut-être en construisant autour de lui une majorité avec certains députés peut-être du centre-gauche avec bien sûr ses députés à lui des républicains canal historique qui seraient présents. Il faut être premier ministre et candidat lui aussi ?

Peut-être pas premier ministre mais en tout cas pour constituer une force et incarner peut-être dès avant 2027 évidemment le recours pour ce bloc central. C'est très intéressant ce qui se joue là. Ça peut ressembler à des accords d'appareil. D'ailleurs il a dit à ses candidats sur les affiches je vous mettais horizon et vous mettez ma tête celle d'Edouard Philippe surtout pas Emmanuel Macron surtout pas les autres partis. Il faut pouvoir parvenir à constituer un groupe à l'Assemblée nationale parce que si au final ils sont 30 clampins en haut de l'hémicycle combien seront vraiment horizons ? Il faut être 15 pour composer un groupe donc c'est pas non plus gagné.

En tout cas il n'y a pas de solidarité affichée avec Redfield. Pour le moins. File dans le Rhône. L'URN pourrait-il être présent au second tour dans toutes les circonscriptions ? Non, non. Certainement pas. Le score a été très élevé aux européennes. Les sondages réalisés à l'échelle nationale montrent encore une fois un étiage élevé mais avec une très grande disparité géographique notamment une difficulté toujours persistante ça a existé dans les grandes métropoles. Je le disais tout à l'heure Paris 8% donc en région parisienne dans le cœur de Toulouse de Bordeaux de Lyon il n'y aura pas de candidat Front National au Rassemblement National au deuxième tour.

Vu le désaccord chez les LR depuis la proposition d'alliance de Ciotti avec le RN leurs électeurs s'y retrouvent-ils ? Est-ce que ce sera limpide ? Ils sont perdus dans les reportages qu'on a fait ce week-end les électeurs de droite disent mais lequel est LR ? Il y a eu les dépôts des candidatures officielles des LR Canal Historique à côté de ça vous avez vu apparaître certains logos les LR à droite les amis d'Éric Ciotti donc aujourd'hui ils ont du mal à savoir exactement qui gouvernera ou pas avec Emmanuel Macron ou qui va s'allier avec le Rassemblement National Ce sera plus clair dans 15 jours ?

Pas forcément parce qu'on voit bien que le 7 au soir il va déjà y avoir des gros appels du pied on voit dans toutes les circonscriptions où Renaissance n'a pas investi de candidats face à des candidats LR on voit bien que peut potentiellement se recomposer aussi un arc central je ne vois pas comment aujourd'hui les LR peuvent survivre sur le long terme sans envisager cette alliance avec les autres parties ne pas voter pour les extrêmes signifie-t-il actuellement voter au centre ?

Écho à ce que dit sans doute Kylian Mbappé Il y a plusieurs milliers de candidats qui se présentent donc il y aura quand même du choix après si on veut voter utile et pesé il y a quand même aujourd'hui trois blocs qui se dessinent La recomposition du paysage politique français est achevée sur le papier mais est-elle si claire que ça ? Elle n'est pas finie ? Même sur le papier elle n'est pas du tout achetée Elle n'est pas achevée et elle n'est pas claire C'est ça ? La brièveté de cette campagne profitera-t-elle à Renaissance ?

C'était le pari d'Emmanuel Macron provoquant un électrochoc et en voulant provoquer une campagne dans les 20 jours alors qu'il aurait pu aller jusqu'aux 40 jours On ne sent aucun sur le sens Non voilà le piège donne tout le sentiment qu'il se referme contre lui Merci de nous avoir aidé à donner peut-être quelques clés pour cette campagne qui débute aujourd'hui Il est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne et toute l'équipe de CETA Bonsoir Anne-Elisabeth au programme ce soir Bonsoir Caroline Les Français angoissés déprimés depuis l'annonce de la dissolution dans le cabinet du psychiatre Serge Efez on ne parle plus que de politique Il est ce soir notre invité aux côtés de Fanny Guineau chef de la tribune qui a enquêté sur la grande trouille des patrons paralysés par l'enjeu des élections à venir à suivre également la colère de Raquel Garrido victime de la purge au sein de la France insoumise et des explications de Sébastien Chenu sur les promesses du parti le Rassemblement National en matière de pouvoir d'achat Bonne émission à vous Anne-Elisabeth Nous on se retrouve demain en direct dès 17h30 et puis n'oubliez pas maintenant le QR code et puis c'est dans l'air que vous pouvez regarder en replay sur toutes les plateformes Bellswein Bellswein Bellswein

1:03:57
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