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interviewC à vous (sur YouTube)· 25 mars 2026 9 min

Carburants : « pas de risque de pénurie » selon S. Lecornu - L’édito de Patrick Cohen

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Q.Fillon Maillet et L.Jeanmonnot seront avec nous. - P.Lescure: Pour les 3 générations de fans de Queen et de F.Mercury, une ressortie magnifique d'album. - A.-E.Lemoine: On commence avec L'Edito de Patrick.

Avec la guerre en Iran, le spectre d'une nouvelle crise énergétique. - P.Cohen: R.Lescure parle de choc pétrolier.

Des propos qu'il a regrettés. Il voulait parler de la situation internationale et française. Même tonalité à la tribune de l'Assemblée nationale chez S.Lecornu.

Il n'y a pas de crise de production, en ce qui concerne la France... - S.Lecornu: Il n'y a pas de risque de pénurie pour notre pays.

Nos approvisionnements sont sécurisés. Nos stocks pétroliers sont mobilisables. Notre système tient.

Nous ne sommes pas dans la même situation qu'en 2022-2023, où nous avions une dépendance vis-à-vis de la Russie. - P.Cohen: Pas de pénurie en vue.

Nous sommes face à un problème de coût de l'énergie. Ce n'est pas un problème d'accès à l'énergie. C'est ce qu'a expliqué le Premier ministre. - A.-E.Lemoine: Plusieurs pays d'Asie sont victimes de leur grande dépendance aux hydrocarbures du Golfe. - P.Cohen: Le Sri Lanka a pris des mesures radicales.

Plus d'éclairage public ni d'enseignes publicitaires lumineuses après 21h. Climatisation réduite. Semaine de 4 jours.

C'est ainsi que le pays a vécu aujourd'hui une 1re journée au ralenti avec des bus sans passager, des salles de classe sans élèves et des services publics déserts. Des images de Colombo, la capitale, quasiment ville morte, avec pour objectif de réduire d'un quart la consommation d'énergie du pays. - P.Cohen: Prochaine fête...

Il parle du Nouvel An qui est fêté au Sri Lanka à la mi-avril. Le pays en est réduit à quémander des barils de brut supplémentaires à la Russie et à l'Iran. Aux côtés du Sri Lanka, l'Inde subit une pénurie de gaz. 90 % de ses importations de GPL transitent par le détroit d'Ormuz.

La pénurie touche les restaurants. Les plaques de cuisson électriques s'arrachent dans tout le pays. New Delhi négocie directement avec Téhéran pour que ses navires puissent traverser sans danger le détroit d'Ormuz.

Il y a quelques jours, 2 méthaniers indiens ont reçu leur bon de sortie. Les mollahs, ceux qui contrôlent le pays, ont le pouvoir de décider qui a du pétrole. Les économies de la région sont déjà impactées par la hausse des coûts de l'énergie.

Au Bangladesh, le kérosène dépasse les 100 % d'augmentation. Il y a aussi des mesures de sobriété, comme au Sri Lanka. La Thaïlande incite les fonctionnaires à privilégier le télétravail.

Télétravail encouragé aussi au Vietnam. Les Philippines, 115 millions d'habitants, ont décrété un état d'urgence énergétique national. Le choc a été adouci par le discours du président philippin. - P.Cohen: Les Philippines ont instauré, comme au Sri Lanka, la semaine de 4 jours pour les fonctionnaires.

Ils font face à une flambée inédite des prix de l'essence. Le litre de diesel était affiché hier à Manille à l'équivalent de 1,90 euro, presque aussi cher qu'en France. Mais c'est dans un pays où le salaire mensuel moyen tourne autour de 200 euros. - A.-E.Lemoine: C'est clairement les pays asiatiques qui craignent pour leur approvisionnement énergétique.

Ce n'est pas non plus une bonne nouvelle pour la France. - N.Goldberg: Non.

Le marché du pétrole est un marché mondial. Quand vous avez une tension sur l'approvisionnement en Asie, ça se répercute sur les prix en Europe. C'est le cas pour le pétrole et le gaz.

Le gaz a aussi augmenté de prix. En Europe, les stockages de gaz nous permettent de passer l'hiver chaque année. Ils sont vides.

Il va falloir les remplir. Là, on a moins besoin du gaz. - P.Cohen: Il y a encore du froid... - N.Goldberg: Surtout, le problème de l'hiver, c'est ce que ça revient chaque année.

La crise gazière, on va la subir l'hiver prochain. - A.-E.Lemoine: Le ministre de l'Economie a raison, de dire qu'on est mieux protégés, moins exposés que les pays asiatiques? - N.Goldberg: Il a raison.

Notre gaz vient moins de cette zone. Notre pétrole vient plus du Maghreb que du Moyen-Orient. Toutefois, on subit l'effet prix sur les bateaux de GNL.

Il y a un risque qu'ils partent plutôt en Asie que chez nous. Une partie de cette crise, on la subit. Il a employé le mot de "choc". - A.-E.Lemoine: Avant de regretter. - N.Goldberg: Je n'ai pas de pudeur à parler de choc.

On a un choc de prix. Ce n'est pas un choc pétrolier comme dans les années 70 où on était beaucoup plus dépendants des énergies fossiles. Le pétrole pesait 3 fois plus dans le PIB qu'aujourd'hui. - P.Cohen: Les hausses du baril étaient plus fortes.

Le choc pétrolier des années 70, c'est fois 4. - N.Goldberg: C'est beaucoup plus fort sur un prix qui était beaucoup plus faible.

La France produisait son électricité à partir du pétrole, à l'époque. Ce n'est plus le cas, aujourd'hui. On a un choc de prix.

Après, on n'a pas un choc de sécurité d'approvisionnement. Ce n'est pas un choc aussi violent que dans les années 70. - A.-E.Lemoine: Si la crise se poursuit, comment amortir ce choc des prix?

Quelles mesures peut-on prendre? - N.Goldberg: On va en revenir au plan sobriété.

Aujourd'hui, il y a certains automobilistes qui ne regardent pas trop la situation, qui la regardent de loin. C'est ceux qui sont passés à l'électrique. Cette transition énergétique, cette électrification de notre économie, c'est important pour le climat et pour notre résilience géopolitique.

Il va falloir remettre en place certaines mesures de sobriété. Ca va être moins violent qu'en 2022 parce qu'on a un parc nucléaire et hydraulique qui produit. On est moins dépendants du gaz pour notre électricité.

Mais on a des plans sobriété qui ont déjà été intégrés par une partie des consommateurs. - A.-E.Lemoine: C'est quoi, le plan sobriété? - N.Goldberg: On pourrait faire un micro-trottoir...

Vous avez déjà des consommateurs qui disent qu'ils font du covoiturage, qu'ils font du télétravail. "Je devais changer mon véhicule. J'hésitais entre électrique et essence, j'ai pris électrique." Il va falloir faire cette transition pour moins dépendre des énergies fossiles. - A.-E.Lemoine: Le blocage des prix à la pompe, c'est une fausse bonne solution? - N.Goldberg: Oui.

J'ai écrit un article...

Il y a des pays qui ont soi-disant mis en place un blocage des prix, la Grèce, par exemple. C'est un faux blocage des prix. La Grèce a baissé les taxes pour aller en dessous du prix plafond et compresser les marges des distributeurs.

Mais le prix n'est pas bloqué. Il varie en fonction des coûts et en fonction des marges des raffineurs. Le seul pays qui a vraiment bloqué les prix de manière autoritaire et qui avait les moyens de le faire, c'est la Hongrie.

Mais avec ce blocage, la Hongrie et V.Orban savent qu'ils risquent la pénurie. Il y a un problème de volume.