"Le président Macron nous a mis dans un chaos politique et économique sans nom" selon Aurélie Trouvé
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:34OuverteRéponse directe
Ça vous fait quoi de devoir votre poste à Laurent Wauquiez, le chef de la droite, Aurélie Trouvé ?
- 1:25OuverteRéponse directe
Et c'est la droite qui remet une insoumise à la tête de cette commission.
- 1:55RelanceRéponse directe
Le socialiste Jérôme Gage a perdu la Commission des Affaires Sociales à la tête de laquelle il se présentait, les insoumis ayant refusé de le soutenir. Résultat, c'est la droite qui l'emporte. Vous appelez ça obtenir des majorités ?
- 2:55OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est pas important pour vos électeurs que les affaires sociales restent à la gauche ?
- 4:15FerméeRéponse directe
Est-ce que vous partagez, puisqu'on parle du budget, Aurélie Trouvé, est-ce que vous partagez d'abord le constat du nouveau Premier ministre ? C'est-à-dire, y a-t-il, oui ou non, urgence budgétaire ?
- 5:26RelanceRéponse directe
On peut faire autrement, c'est toute la question. Parce que là, cet effondrement des dépenses, il s'agit de retrouver de l'argent.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:47Invité politiqueFait
« ce qu'il y a devant nous, c'est quand même une grande crise agricole, vous le savez. »
- 0:55Invité politiqueFait
« Il y a des millions de gens qui ne vivent pas, qui ne mangent pas à leur faim. »
- 1:00Invité politiqueFait
« Il y a des millions de gens qui sont peu ou mal logés ou pas logés du tout »
- 1:18Invité politiqueFait
« Donc il y a vraiment une économie qui marche sur la tête, et je crois qu'on a besoin de remettre l'économie au service des besoins des gens. »
- 1:37Invité politiquePromesse
« le nouveau Front Populaire est capable d'obtenir des majorités qui lui permettent »
- 3:26Invité politiqueFait
« quand je vois le budget qui s'annonce, je me dis qu'il est urgent, effectivement, de proposer un autre budget et une autre économie. »
- 3:59Invité politiquePromesse
« le nouveau Front populaire a présenté ensemble, et je crois qu'on va y arriver, 10 propositions pour faire rentrer 50 milliards dans les caisses de l'État par une fiscalité qui soit juste. »
- 4:27Invité politiqueFait
« Le président Macron nous a mis dans un chaos politique et économique sans nom. »
- 4:32Invité politiqueFait
« Il y a urgence parce qu'effectivement, le déficit est extrêmement élevé. »
- 4:37Invité politiqueFait
« Le président Macron et ses gouvernements ont caché ça pendant des mois et des mois. »
- 4:46Invité politiqueChiffre
« la solution proposée par Michel Barnier est un désastre, c'est-à-dire un effondrement des dépenses publiques de 40 milliards d'euros. »
- 5:04Invité politiqueFait
« une très forte hausse des prix des mutuelles. D'accord ? Une baisse des pensions de retraite, un effondrement aussi des budgets des collectivités locales. »
- 6:08Invité politiqueChiffre
« La part des dépenses publiques dans la richesse, dans le PIB, c'est 56% à peu près depuis 15 ans. »
- 6:20Invité politiqueFait
« Le problème, c'est le fait qu'il y ait eu de moins en moins de recettes d'argent qui rentrent dans les caisses de l'État. »
- 6:27Invité politiqueChiffre
« Plus de 60 milliards d'euros supplémentaires qui manquent depuis les 7 ans de présidence Macron. »
Temps de parole
- Aurélie Trouvé69 %
- Locuteur non identifié29 %
- Présentateur2 %
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Il est 7h49, Sonia de Villers, votre invitée ce matin et députée de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis, élue hier présidente de la Commission des Affaires Économiques à l'Assemblée Nationale.
Psychodrame à l'Assemblée Nationale hier, Patrick vient de vous le faire revivre et je vous voyais hilar pendant sa chronique et pendant son édito. Un nouveau candidat macroniste s'est présenté à la tête de la Commission des Affaires Économiques. Or, les députés Les Républicains l'ont lâché. Résultat à deux voix près, c'est une Insoumise, vous, qui rafle la mise. Ça vous fait quoi de devoir votre poste à Laurent Wauquiez, le chef de la droite, Aurélie Trouvé ?
Non, je ne suis pas zillard, je suis surtout très honorée d'avoir été élue présidente de la Commission des Affaires Économiques. Puis j'ai surtout conscience des immenses enjeux parce que ce qu'il y a devant nous, c'est quand même une grande crise agricole, vous le savez. Alors qu'il y a des millions de gens qui ne vivent pas, qui ne mangent pas à leur faim. Il y a des millions de gens qui sont peu ou mal logés ou pas logés du tout, alors qu'on a un secteur de la construction qui est complètement en crise. On a un secteur des énergies renouvelables, parce que c'est de tout ça dont il est question dans cette commission.
Un secteur des énergies renouvelables qui est quand même très poussif, alors qu'on a besoin de davantage d'énergie renouvelable. Donc il y a vraiment une économie qui marche sur la tête, et je crois qu'on a besoin de remettre l'économie au service des besoins des gens.
Et c'est la droite qui remet une insoumise à la tête de cette commission.
Eh bien écoutez, en tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'on l'avait dit, le nouveau Front Populaire est capable d'obtenir des majorités qui lui permettent, des majorités dans l'Assemblée Nationale et dans la Commission des Affaires Économiques. Et je le dis aussi, moi je suis consciente du travail que je vais avoir.
Des majorités, des majorités, c'est-à-dire que, oui et non, c'est-à-dire que dans le même temps, il y avait d'autres élections à la tête d'autres commissions. Le socialiste Jérôme Gage a perdu la Commission des Affaires Sociales à la tête de laquelle il se présentait, les insoumis ayant refusé de le soutenir. Résultat, c'est la droite qui l'emporte. Vous appelez ça obtenir des majorités ?
Eh bien dans certains cas, nous l'obtenons, et dans d'autres cas, non. En l'occurrence ici, j'ai été élue par une majorité de députés de cette commission. Et moi je veux revenir quand même, excusez-moi, mais au contexte, parce que cette commission, je le dis, ça a été dit, elle est stratégique, d'accord ? C'est une commission qui traite par exemple de toute l'agriculture et de l'alimentation. Vous savez que c'est quelque chose sur lequel je travaille depuis 25 ans, parce que mon métier avant était d'être enseignante chercheuse en économie agronome. Et que... Non mais quand même, je reviens sur la question que je viens de vous poser. Oui mais c'est ça qui...
c'est ça de ça dont je vais devoir...
C'est-à-dire que vous obtenez cette commission parce que la droite et les macronistes se sont divisés, pendant que votre propre camp se divise sur la commission des affaires sociales. Est-ce que c'est pas important pour vos électeurs que les affaires sociales restent à la gauche ?
Alors d'abord, sur ma commission des affaires économiques, ça prouve aussi une chose, c'est qu'il n'y a pas de socle commun, de programme commun du tout, en fait, entre les républicains et les macronistes. En fait, c'est une alliance de circonstances pour faire en sorte que le nouveau Front populaire qui est arrivé en tête des élections législatives ne puisse pas gouverner. Et évidemment, nous espérons gouverner au plus vite au vu de l'immensité des besoins. Et quand je vois le budget qui s'annonce, je me dis qu'il est urgent, effectivement, de proposer un autre budget et une autre économie.
Après, on peut estimer que c'est désolant de voir comment ce nouveau Front populaire qui veut gouverner ensemble n'est pas capable de se mettre d'accord pour la commission des affaires sociales. Je suis désolée de cette situation, effectivement. Nous, nous l'avons toujours dit, dans la France insoumise, nous soutiendrons tous les candidats du nouveau Front populaire. En l'occurrence, c'était pas le cas de Jérôme Gage, qui n'est pas candidat du nouveau Front populaire, mais qui est socialiste. Donc, je le dis, je suis désolée de cette situation, mais ce qui est important, c'est aussi ce qui s'est passé hier.
C'est que le nouveau Front populaire a présenté ensemble, et je crois qu'on va y arriver, 10 propositions pour faire rentrer 50 milliards dans les caisses de l'État par une fiscalité qui soit juste. Voilà, et nous avons ce programme en commun qui est celui qui nous réunit. Et vous voyez, on l'a encore prouvé hier.
Donc, est-ce que vous partagez, puisqu'on parle du budget, Aurélie Trouvé, est-ce que vous partagez d'abord le constat du nouveau Premier ministre ? C'est-à-dire, y a-t-il, oui ou non, urgence budgétaire ?
Oui, il y a urgence budgétaire. Le président Macron nous a mis dans un chaos politique et économique sans nom. Il y a urgence parce qu'effectivement, le déficit est extrêmement élevé. D'ailleurs, le président Macron et ses gouvernements ont caché ça pendant des mois et des mois. Donc, on se rend compte que, oui, on est dans une situation d'urgence. Maintenant, je le dis, la solution proposée par Michel Barnier est un désastre, c'est-à-dire un effondrement des dépenses publiques de 40 milliards d'euros. Non seulement, ça va toucher la vie de tous les jours des gens, par exemple, des remboursements des arrêts maladie, c'est une très forte hausse des prix des mutuelles. D'accord ?
Une baisse des pensions de retraite, un effondrement aussi des budgets des collectivités locales. C'est la vie de tous les jours, c'est les gens qui viennent ramasser vos déchets, c'est les dames à la cantine, c'est les bâtiments des écoles primaires. C'est tout ça qui va être touché par cet effondrement des dépenses. Et on peut faire autrement.
On peut faire autrement, c'est toute la question. Parce que là, cet effondrement des dépenses, il s'agit de retrouver de l'argent. Et de l'argent qui ne va qu'à une chose, c'est combler un déficit abyssal. Et justement, en matière de prélèvement, le projet de Michel Barnier se précise à hauteur d'environ 25 milliards d'euros. Michel Barnier, il a quand même la main lourde. Il met à contribution les plus riches, avec un taux d'impôt minimum de 20% pour les gens qui gagnent plus de 250 000 euros par an. Il va faire payer les entreprises qui brassent le plus d'argent à hauteur de 8 milliards. N'est-ce pas exactement ce que la gauche demande ?
Alors, d'abord une chose, il propose moins 40 milliards de dépenses. Je veux le dire ici à tout le monde, le problème, ce n'est pas les dépenses publiques. La part des dépenses publiques dans la richesse, dans le PIB, c'est 56% à peu près depuis 15 ans. Ça n'a pas bougé, c'est stable. Donc le problème, ce n'est pas les dépenses publiques. Et la Cour des comptes le pointe elle-même. Le problème, c'est le fait qu'il y ait eu de moins en moins de recettes d'argent qui rentrent dans les caisses de l'État. Plus de 60 milliards d'euros supplémentaires qui manquent depuis les 7 ans de présidence Macron. Et il faut aller chercher l'argent là où il est.
C'est-à-dire chez les plus riches, les ultra-riches qui se sont de plus en plus enrichis. Les grandes entreprises, c'est-à-dire exactement ce que propose Michel Barnier.
Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose là d'assez peu dogmatique finalement chez Michel Barnier qui propose 25 milliards de prélèvements contre les macronistes et contre une partie des républicains ?
Alors un, ce qu'il propose est transitoire, c'est pour un ou deux ans. C'est insuffisant, d'accord ? Et c'est peu probable parce qu'effectivement, vous avez vu, vous avez toute la macronie, l'avant et l'arrière-garde de la macronie qui dit « non, non, mais ça, ce n'est pas possible ». Voilà. Justement. Mais sachant que Michel Barnier, par ailleurs, propose qu'une toute petite partie de son plan dans la fiscalité sur les plus riches et les profits des multinationales. Nous, nous proposons d'aller chercher la très grande majorité grâce à ça, c'est-à-dire notamment une taxe sur les super-profits.
Mais vous, vous iriez plus loin. Par ailleurs, il enterre la réforme de l'assurance-fondage. En fait, ma question, c'est est-ce que le budget de Michel Barnier mérite d'être censuré ?
Alors, oui. En tout cas, tel qu'il est prévu là, parce que, je l'ai dit, c'est un désastre pour la vie quotidienne des gens, mais aussi pour l'économie parce que ça va avoir un effet récessif. C'est-à-dire qu'on sait qu'à ce niveau-là de baisse de dépense, ça va jouer, ça va baisser la demande, l'emploi, etc. Donc, ça va baisser in fine derrière les recettes publiques et ça va aggraver le déficit public.
Aurélie Trouvé, on va avoir jusqu'au mois de décembre pour parler du budget ligne par ligne. J'ai quand même une question importante à vous poser. Le député de l'ISER, Hugo Prévost, 25 ans, a été exclu hier du groupe La France Insoumise, car accusé, je cite, de faits graves à caractère sexuel pouvant relever de l'infraction pénale. Il a finalement donné sa démission hier soir, tard. Il devait démissionner ?
Vous me permettrez d'abord d'avoir une pensée pour toutes ces jeunes femmes qui ont témoigné et qui sont meurtries. Et il y a beaucoup trop de femmes, évidemment, beaucoup trop de personnes en France qui subissent ces violences sexuelles et sexistes. D'abord, je veux dire que nous avons pris une bonne décision. Je suis honorée de... Nous sommes honorés de la décision que nous avons prise qu'il soit exclu du groupe parlementaire de La France Insoumise.
Il n'y a pas eu de décision de justice à cette heure ?
Non, il n'y a pas eu de décision de justice. Nous avons pris cette décision de manière transitoire, en attendant peut-être une décision de justice. Mais en tout cas, sachez qu'au sein de La France Insoumise, nous avons aussi une instance qui, justement, permet à ces jeunes femmes de témoigner. Et c'est ce qui a permis aussi de détecter cela. Je veux simplement dire que ces violences sexuelles et sexistes sont systémiques et qu'il faut un budget derrière. Nous avons parlé du budget. Il faut 2,6 milliards pour réellement combattre les violences sexuelles et sexistes. Ce sera notre combat, un de nos combats pendant le budget, la discussion du budget 2020. Merci Aurélie Trouvé.
Aurélie Trouvé