"LFI veut la guerre civile, les banlieues vont s’embraser" :un auditeur sur l’interview de S. Delogu
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Trois sur Europe 1, Eliott Deval et vous, la suite et vos réactions, n'hésitez pas, 0, 1, 80, 20, 30, 9, 21, Eliott Deval, vous êtes avec Paul Melin, Eric Tegner. Et on parlait de Boilem sans salle, bien sûr, mais pas que, parce qu'on parle aussi de ce journaliste sportif, Christophe Gleize. La France a découvert son visage et découvert sa situation.
Sept ans de prison ferme, donc, contre Christophe Gleize. On a deux Français qui sont détenus arbitrairement par le régime algérien. Et on en vient à espérer une grâce présidentielle pour Boilem sans salle et pour Christophe Gleize.
On parle de gestes humanitaires pour Boilem sans salle. Voilà où on en est réduit. Alors, je veux bien que la diplomatie française fonctionne parfaitement, que c'est aujourd'hui la bonne réaction que peut avoir le Quai d'Orsay.
C'est forcé de constater que depuis neuf mois, c'est un échec absolu. Et qu'aujourd'hui, on est incapable de contraindre le régime algérien, Paul Melun, de revenir sur une situation qui est scandaleuse. Mais évidemment que la situation est scandaleuse.
Le langage de la force, il arrivera après le 5 juillet, si Boilem sans salle n'est pas libéré. Et il faut aussi observer les conditions de sa libération. Sera-t-il complètement libéré ?
Où sera-t-il libéré ? Avec des conditions, notamment le fait qu'il reste sur le territoire algérien. Ce qui ne serait pas une libération.
Ce qui serait en fait une prison assez ouverte. Évidemment, nous ce qu'il faut c'est une libération et ensuite qu'il puisse prendre le premier avion pour rentrer à Paris, chez lui, puisqu'il est franco-algérien. Rappelons-le qu'il a la nationalité française et qu'il est un de nos plus grands écrivains.
Toute sa place à Boilem, c'est en France. Donc, il faut aussi se méfier et être vigilant de cela, si d'aventure il y avait une grâce qui était prononcée le 5 juillet. Et après, sur les autres intérêts que nous avons vis-à-vis de l'Algérie, notamment sur notre politique migratoire, il va falloir en passer par un langage beaucoup plus puissant, avec des mesures de rétorsion concrètes, sachant que nous avons aussi, nous, des intérêts avec l'Algérie et que nous pouvons nous servir de cela pour mettre la pression au régime algérien.
Écoutez, ça fait neuf mois que ça dure, donc il va peut-être falloir enfanter ces mesures qui n'arrivent toujours pas. Vous êtes très nombreux, je le disais, à vouloir réagir. On est ensemble jusqu'à 13h sur Europe 1.
Dans un instant, on sera avec Audrey, puisqu'on va revenir sur l'affaire Delogou, le député Sébastien Delogou. Delogou, Delogou. Delogou, Delogou, Delogou, non, Sébastien Delogou, Delogou, Delogou.
C'est de la France Insoumise. Mais avant cela, je voudrais qu'on ait Gilles en direct. Bonjour Gilles, parce que vous êtes très en colère, Gilles.
Vous considérez qu'Emmanuel Macron a la trouille, c'est ce que disait Sébastien Chenu, le vice-président de l'Assemblée nationale hier. C'est évident. Emmanuel Macron, il n'a plus le choix maintenant.
Il lui reste deux ans à faire. Et la seule chose qui pourrait contrecarrer son ambition principale depuis 13 ans, c'est de prendre la direction de l'Europe. parce qu'il a des ambitions bien plus grandes que celles d'être président français.
Et pour prendre l'Europe et la mener à la baguette, il a fallu qu'il la détruise complètement pour qu'elle n'ait plus une voie importante. On ne peut pas diriger une Europe à la baguette si un des pays est plus fort que le reste. Et là, la seule chose qui pourrait, et les Algériens le savent très bien, le gouvernement algérien le sait très bien, la seule chose qui pourrait l'en empêcher, c'est une catastrophe au niveau des banlieues et un embrasement de la France.
C'est une semi-guerre civile. Que veut absolument un défi ? L'extrême-gauche montre absolument dans tous ses gestes qu'elle ne fait que ça.
Elle veut absolument prendre le pouvoir de cette manière parce qu'elle ne le prendra pas autrement. En deux ans, ce n'est pas assez pour, même si on pense que M. Mélenchon essaye d'adoucir un peu les propos des gens comme de Legu qui vont en Algérie en disant...
On en parlera dans un instant. L'FI vous répondrait, nous on ne veut pas de révolution par le sang et les larmes, mais une révolution citoyenne. Oui, oui.
Non, mais ça c'est ce qu'ils disent. Mais en réalité, ils savent très bien que l'Algérie n'est pas une démocratie. L'Algérie est une dictature qui se cache derrière le mot démocratie.
Mais je ne vois pas le rapport avec l'Algérie là, Gilles, pardonnez-moi. Ce que vous dites, j'ai compris le contexte selon vous, d'ailleurs. Évidemment, c'est toujours intéressant d'avoir des avis différents.
Je suis juste en train d'essayer de vous montrer que la France insoumise et l'Algérie ont des ambitions communes. L'Algérie voit la France comme un animal blessé. Sa police est complètement détruite, sa justice est complètement détruite.
Les banlieues peuvent à tout moment brûler, mais je veux dire à une vitesse qu'on n'imagine pas. Surtout qu'ils ont à l'intérieur un parti politique qui va savoir attiser ces banlieues. Alors si vous parlez de la France insoumise, pour que tous les auditeurs comprennent, dans un communiqué, la France insoumise s'est désolidarisé de Sébastien Delogu, député LFI, après son interview à charge contre la France sur une chaîne d'État algérienne.
C'était ce week-end. J'invite tous les auditeurs à revoir cet entretien. Il dure 27 minutes.
C'est lunaire. Il n'y a pas d'autres mots. Lunaire.
Alors écoutons M. Delogu qui critique Bruno Retailleau. Le ministre de l'Intérieur, M.
Retailleau, qui aujourd'hui invective, menace l'Algérie comme faisant partie du peuple, en étant maintenant représentant du peuple. Oui. J'ai pour ma part embrassé le drapeau de l'Algérie parce que nous avons, avec ma famille, nos racines ici.
Alors, il y a dû avoir une coupe, évidemment, dans la déclaration, je le dis aux auditeurs. C'est un entretien de 27 minutes où on se demande si M. Delogu est véritablement un député de la République française.
C'est-à-dire qu'il n'est pas venu avec son écharpe tricolore. A tel point que la France insoumise a tweeté. Voilà ce que dit la France insoumise.
Le député Delogu s'est exprimé de façon personnelle en Algérie. Il n'engage ni le groupe parlementaire de la France insoumise, ni le mouvement. Nous protestons contre l'arrestation du journaliste Christophe Glez.
Nous demandons sa libération immédiate et nous renouvelons notre exigence de voir libérer Boilem sans salle. C'est pour ça que vous parliez, il y a un instant, de la France insoumise. Eric Tegner, il ne faut pas être dupe à ce tweet de la France insoumise.
Parce que c'est une stratégie, moi j'en suis certain, pour essayer de se normaliser. Il y a du boulot. Ils vont devoir faire des tweets, mais il y a du boulot en vue de 2027.
C'est sûr que c'est le service minimum, ce tweet LFI. Je ne pense pas du tout qu'on se retrouve avec un interview de Jean-Luc Mélenchon qui condamnera son ancien chauffeur qui est Sébastien Delogu. Ça, je n'y crois pas.
Ensuite, ils sont contraints aujourd'hui de faire ce tweet, pas pour défendre Boilem sans salle, il ne faut pas se tromper. D'un coup, ils ne sont pas inventés soutien de Boilem sans salle. Mais non, parce que l'un des leurs, c'est-à-dire un journaliste qui est notamment proche du Média TV, Média TV, qui a été cofondé par Sofia Chikirou, donc très proche de la France Insoumise, est en effet dans les geôles algériennes.
Et donc, ça va complètement contre le récit de la France Insoumise depuis 7 mois. Mais M. Delogu, il ne savait pas tout ça ?
Il ne pouvait pas prendre des nouvelles du journaliste Christophe Glez ? Je crois que ça arrivait après, en début de semaine. Il ne le savait pas, mais il n'a pas pris des nouvelles de Boilem sans salle.
Mais ce qui est intéressant, c'est de voir tous les tweets sous le tweet de la France Insoumise. Ils se font insulter par une partie de leur électorat, ils se font traiter de cafards, on leur dit on ne votera plus pour la France Insoumise, on se souvient que Jean-Luc Mélenchon ait de ses propos contre le voile il y a quelques années, vous êtes revenu la même chose. C'est-à-dire qu'il y a toute une base qui est totalement radicalisée, qu'on a déjà vu 24 heures avant, quand le Média Blas, c'est un média d'extrême gauche, qui avait apporté simplement son soutien aux journalistes, à ce moment-là, s'était fait également insulter et lyncher, parce que les gens et leurs électeurs, leur soutien, disaient « Mais non, ce journaliste ne prenait pas le discours de l'extrême droite, ce journaliste, le gouvernement algérien a eu raison de l'arrêter, c'est une forme d'espionnage, etc. » C'est complètement fou.
Donc la France Insoumise aujourd'hui se retrouve un petit peu quand même embêtée au cœur d'un électorat, il joue énormément avec l'électorat algérien, mais là ça leur retombe dessus. J'étais en train de regarder, pendant que vous nous expliquiez tout ça, Eric Tegner, la page X de Sébastien Delogu, il ne fait pas un mot pour Christophe Carbatton. Il ne fait pas un mot, il ne fait pas un message de soutien.
La base, c'est vrai que la base de LFI a été ultra radicalisée par Jean-Luc Mélenchon et ses soutiens, c'est une stratégie. Maintenant, la stratégie, elle est différente. On va vers la présidentielle.
La volonté de la France Insoumise, c'est d'être hégémonique à gauche et de ramener l'électorat des écolos, voire même aller chercher jusqu'au PCF ou aux socialistes, pour être les premiers à gauche et affronter Marine Le Pen ou Jordan Bardella au second tour, et là, ils pensent qu'ils peuvent gagner. Ce qui n'est même pas sûr par ailleurs. Mais la stratégie de Jean-Luc Mélenchon, c'est celle-ci.
Donc moi, je vous parie, on en parlait hier soir chez Pascal Praud sur CNews, que ça va être de plus en plus la stratégie de Jean-Luc Mélenchon de donner deux, trois gages pour se normaliser, quitte à perdre quelques personnes de sa base. Personne n'est dupes, mais personne n'est dupes de cette stratégie. Il ne faut pas juger Mélenchon sur ses dernières déclarations, c'est pour ça que je dis ça.
Il faut le juger sur toute son oeuvre, notamment depuis 7 octobre. La stratégie centriste, ça va être compliqué. Il faut plus que deux ans, c'est peut-être ce décennie qu'il faudrait...
Mais méfiez-vous, ça pourrait convaincre quelques électeurs écolos, des soutiens de Mme Rousseau, des soutiens de Mme Tondelier, des gens du PCF, c'est une bonne stratégie. Sébastien Delogu, il n'a pas vu le tweet de la France Insoumise, parce qu'il y a quelques heures, il faisait de la promotion d'entreprises algériennes, il continue...
Il n'y a aucun sujet du côté de Delogu aujourd'hui. Surtout que c'est interdit, ça. Les députés n'ont pas le droit de faire ça.
Il fait de la promotion, parce qu'une entreprise l'a pris en charge, d'un gouvernement algérien, son interview m'a paru lunaire. Mais vous savez, qui m'a rappelé son interview quand il dit « j'ai embrassé le drapeau algérien ? » ?
Il m'a rappelé Daniel Obono. Rappelez-vous, elle venait d'être élue députée de la France Insoumise, et un de vos confrères à la radio lui avait dit « est-ce que vous pourriez dire « vive la France ? » » Et elle avait du mal à dire « vive la France ».
Donc on se retrouve avec un député qui dit « sans problème, sans qu'on lui demande, j'ai embrassé le drapeau algérien », de l'autre, d'autres députés qui ont du mal à donner leur amour de la France. On revient dans un instant. 9h20, 39h21, et vous pouvez faire de même, tiens d'auditeur.
Eh bien, écoutez, ensuite, on est ensemble jusqu'à 13h. On reparlera un peu de la canicule. On sera avec Arnaud Chiche, médecin anesthésiste réanimateur et fondateur du collectif Santé en danger.
Ça, ça va être intéressant parce que je peux vous dire qu'Arnaud, il est toujours en colère. Je ne l'ai jamais vu calme, Arnaud. Mais il est en colère, pourquoi ?
Parce qu'on manque de soignants. Et bravo à tous les soignants qui travaillent, évidemment, sans beaucoup de moyens et sans beaucoup de personnel et qui font le maximum dans des conditions qui sont parfois extrêmement complètes.
Sébastien Delogu