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InterviewCNEWS (sur YouTube)· 13 avril 2026 21 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

La grande interview : Franz-Olivier Giesbert

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:38OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est vraiment une victoire pour Emmanuel Macron qui se félicite aujourd'hui de cette victoire et appelle à faire avancer une Europe plus souveraine, Franz ?

  • 1:11RelanceRéponse directe

    Mais est-ce que ça envoie un signal à l'Europe ou pas du tout pour vous ?

  • 1:57OuverteRéponse directe

    Donald Trump menace à nouveau l'Iran de destruction après l'échec des pourparlers au Pakistan. Est-ce que la guerre n'a servi à rien ?

  • 2:58OuverteRéponse directe

    Mais il a le temps pour lui, Poutine.

  • 3:50OuverteRéponse directe

    Ça veut dire qu'il a intérêt à ressortir très vite de cette situation compliquée sur le plan militaire ou pas ?

  • 4:07ComplaisanteRéponse directe

    Pendant ce temps-là, le peuple iranien continue de souffrir. C'est atroce.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:10InvitéChiffre
    « 1639 personnes exécutées en 2025, c'est un record historique. »
  • 6:41InvitéChiffre
    « C'est plus de 3 500 milliards, dont plus d'un tiers imputable à Emmanuel Macron, »
  • 8:28InvitéChiffre
    « 40% des Français ne payent pas d'impôts, »
  • 9:04InvitéChiffre
    « 57% des Français sont bénéficiaires nets des prestations sociales, »
  • 9:39InvitéChiffre
    « 90% des bénéfices de ces grosses boîtes, notamment dans le luxe, c'est à l'étranger. »
  • 18:50InvitéChiffre
    « 60% des emplois industriels des groupes industriels français se sont délocalisés à l'étranger au cours des dernières décennies. »
  • 19:18InvitéChiffre
    « En Allemagne, vous franchissez là, 20% seulement. »
  • 0:34InvitéFait
    « Viktor Orban n'était pas une bonne politique. La preuve, ça n'a pas marché, il y a tenu longtemps. »
  • 0:55InvitéFait
    « On est en démocratie quand même, c'était genre président sa vie, ça ne pouvait pas durer. »
  • 2:16InvitéFait
    « Elle n'est pas finie déjà. »
  • 4:17InvitéFait
    « l'un des régimes les plus abjects qu'on a eu depuis longtemps, qui a tué 30 à 40 000 personnes. »
  • 5:23InvitéFait
    « on n'a jamais parlé de l'Hezbollah. »
  • 6:57InvitéFait
    « il y a évidemment le problème migratoire, parce qu'il laisse tout filer. »
  • 10:14InvitéFait
    « la France est le seul pays où le communisme a réussi. »

Temps de parole

  • Invité81 %
  • Présentateur19 %

5,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:12
Présentateur

Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Franz Olivier Zisbert. Bonjour à vous, journaliste et auteur de ce livre « La France était le communiste ». On va en parler dans un instant, il est absolument génial. D'abord un mot de la défaite du nationaliste Viktor Orban, France en Hongrie, défaite par le conservateur pro-européen Peter Magyar. C'est un camouflet pour Trump, pour Marine Le Pen qui s'était déplacée à Budapest.

0:34
Invité

Pour Vladimir Poutine, il ne faut pas l'oublier aussi, parce que c'est vraiment l'agent de Poutine en Europe.

0:38
Présentateur

Mais est-ce que c'est vraiment une victoire pour Emmanuel Macron qui se félicite aujourd'hui de cette victoire et appelle à faire avancer une Europe plus souveraine, Franz ?

0:44
Invité

Non, c'est idiot. Pourquoi ? Parce que l'Europe, il faut que chacun existe. Et l'Europe, elle est très forte de ses différences. Et je pense que la politique a consisté à toujours désigner du doigt. Viktor Orban n'était pas une bonne politique. La preuve, ça n'a pas marché, il y a tenu longtemps. C'est normal, après 16 ans de pouvoir, qu'il soit sorti. On est en démocratie quand même, c'était genre président sa vie, ça ne pouvait pas durer. Et puis bon, c'est un jeune qui arrive, un peu d'air frais, ça va faire du bien.

1:11
Présentateur

Mais est-ce que ça envoie un signal à l'Europe ou pas du tout pour vous ? Pas du tout. Pas du tout. C'est pas à l'apprenti des populismes ?

1:15
Invité

A mon avis, c'est une histoire locale et c'est une très bonne chose pour la Hongrie. Moi, je suis très heureux pour la Hongrie, qu'il y ait quelqu'un de jeune et dynamique qui arrive, après un système qui était là quand même depuis très longtemps. Et si vous voulez, la politique européenne qui consiste à vouloir que tout le monde pense pareil, c'est idiot. Je veux dire, il faut toujours revenir à l'idée, l'Europe, elle sera très forte quand elle acceptera d'être l'Europe des nations. On est des vieilles nations et ensemble, on fait l'Europe. Moi, je suis européen, mais je suis européen comme ça. Alors qu'on est l'Europe de Bruxelles actuellement et ça, ça ne peut pas marcher.

Oui, l'idée que tout le monde doit parler à la limite la même langue. D'ailleurs, c'est vrai, il parle anglais, etc. Enfin, tout ça, il faut revenir à la conception un peu originelle de l'Europe.

1:57
Présentateur

François-Olivier Gisbert, il y a aussi évidemment Donald Trump qui menace à nouveau l'Iran de destruction après l'échec des pourparlers au Pakistan. Je pourrais les détruire en une journée, en une heure. Le régime iranien, malheureusement, est toujours là. Il n'a jamais autant exécuté. 1639 personnes exécutées en 2025, c'est un record historique. Est-ce que la guerre n'a servi à rien ?

2:16
Invité

Elle n'est pas finie déjà. Mais le problème de Trump, si vous voulez, c'est qu'il n'a pas lu Sun Tzu, l'art de la guerre, 6e siècle avant Jésus-Christ, un général chinois qui a écrit des choses absolument géniales. D'ailleurs, Ronald Reagan, son prédécesseur, le 40e président des États-Unis, s'en était inspiré beaucoup. Et il y avait, par exemple, parmi ses préceptes, l'art de la guerre, c'est soumettre l'ennemi sans combattre. Ça, c'est important. Et ça, si vous voulez, ce n'est pas du tout... Il est parti sur l'idée qu'il pouvait gagner cette guerre en quelques temps. Non, ça ne le fait pas. Et puis lui, si vous voulez, il n'est pas comme Poutine.

Poutine, là, il se fait tenir la dragée haute par un petit pays, quatre fois moins peuplé que lui, l'Ukraine.

2:58
Présentateur

Mais il a le temps pour lui, Poutine.

2:59
Invité

Mais il a le temps pour lui, c'est une dictature, ça va très bien. L'autre, évidemment, Trump, il a ses midterms, ses élections de mi-mandat, avec quand même un renouvellement important du Sénat. La moitié du Sénat... Non, oui, un tiers de la Chambre des représentants... Non, c'est à le contraire. C'est la moitié de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat en novembre. Et apparemment, il est parti pour les perdre. Donc, il y a le temps contre lui, qui joue contre lui, contre Trump.

Et puis surtout, il a eu le sentiment, parce que ça, c'est l'hubris, évidemment, le narcissisme, enfin, on connaît ça aussi en France avec Macron, mais qui fait qu'il a cru qu'avec la politique étrangère, il pourrait se rebecter. Et ce n'est pas comme ça. Aux États-Unis, vous savez bien, ils jugent sur la croissance, s'il n'y a pas de croissance. Sur l'économie, sur le prix de Marine Lebrun. Oui, bien sûr, c'est ça qui compte. D'ailleurs, c'est vrai qu'il regarde les sondages, Trump, mais il regarde aussi toujours les cours de bourse.

3:50
Présentateur

Ça veut dire qu'il a intérêt à ressortir très vite de cette situation compliquée sur le plan militaire ou pas ?

3:55
Invité

Ah oui, je pense. Avant les élections militaires, c'est vrai que c'est... Et ça, les Iraniens le savent. C'est le petit problème des négociations. C'est-à-dire qu'ils savent que plus c'est long, plus ça va être compliqué pour Trump.

4:07
Présentateur

Pendant ce temps-là, le peuple iranien continue de souffrir. C'est atroce.

4:09
Invité

C'est atroce, c'est atroce. Ils sont les grands oubliés de cette guerre. Avec une gauche française quand même, enfin une partie de la gauche française, qui soutient ce régime abject, l'un des régimes les plus abjects qu'on a eu depuis longtemps, qui a tué 30 à 40 000 personnes.

4:22
Présentateur

Par quoi ? Par anti-trumpisme primaire ? Par anti-sémitisme aussi ?

4:26
Invité

Par haine de soi, anti-sémitisme, haine de soi aussi. C'est très important. Parce que la haine de soi, on le sent très bien dans ce pays, dans ce pays comme dans l'Occident en général. Et elle nous fait faire beaucoup de bêtises. Et peut-être qu'elle va précipiter la chute.

4:39
Présentateur

Quand vous dites la gauche, François-Lévis, j'espère que vous parlez de qui ? De quels hommes politiques ? Les femmes politiques.

4:43
Invité

La gauche, l'extrême gauche. Mais aussi la gauche. Parce que vous voyez très bien que l'autre gauche, la gauche Olivier Faure, disons, ce sont les bourgeois de Calais. Ils sont complices, ils suivent. Enfin, c'est pas du tout. Et puis derrière, c'est Mélenchon qui mène la danse, bien sûr. Et qui contrôlent le cerveau d'un certain nombre de ces gens.

4:58
Présentateur

Il y a aussi les pourparlers qui vont débuter demain entre Israël et le gouvernement libanais à Washington, sous l'égide des États-Unis. Israël veut un accord de paix avec le Liban, un accord qui tiendrait pour des générations, dit Benjamin Netanyahou. Ce serait historique. Mais la France a été laissée en dehors par Benjamin Netanyahou de cet accord. Que pèse encore notre pays dans cette région ?

5:16
Invité

Pas grand-chose, pas grand-chose. Mais on a aussi quand même... Enfin, on a commis, c'est le président, c'est pas les Français, mais des erreurs terribles. C'est-à-dire qu'on n'a jamais parlé de l'Hezbollah. On découvre la présence du Hezbollah depuis quelque temps. Mais souvenez-vous des premières déclarations sur le Liban. Le président de la République s'attaquait à la classe politique libanaise qui était corrompue. C'était à cause d'elle qu'il y avait tous ses problèmes. Il avait oublié l'éléphant dans la pièce. Enfin, il n'avait pas vu que... Déjà, on en parlait il y a 20 ans. Le Hezbollah, c'est vrai, c'est un pouvoir qui tient...

C'est le pouvoir bis et c'est le pouvoir, en fait, qui a tenu longtemps le Liban et là, qui était en train de revenir après la guerre à Gaza.

5:55
Présentateur

Mais on sait que le Liban est très cher à son cœur, qu'Emmanuel Macron s'est rendu à nos mules très...

5:59
Invité

Mais attends, il est cher à nos cœurs. Attendez, on est tous un peu Libanais. Moi, je suis Libanais aussi. C'est un pays merveilleux. Et puis les Libanais sont tous merveilleux.

6:07
Présentateur

La France, en tout cas, subit...

6:08
Invité

Comme les derniers, attention, parce que c'est exactement la même chose.

6:11
Présentateur

Et c'est les peuples qui, évidemment, sont importants. Qui sont quoi ? La France est frappée de plein fouet par cette crise énergétique. Les prix de l'essence, on en a beaucoup parlé. Le prix du gaz qui va augmenter. Est-ce qu'on est au bord de l'explosion sociale pour vous ou pas du tout, François-Lévi-Gisbert ?

6:25
Invité

Je ne crois pas, non. Je ne crois pas. Parce qu'on est résigné ?

6:28
Présentateur

La France est résignée ?

6:28
Invité

Oui, en ce moment, on est dans un... Vous savez, d'abord, il y a des problèmes monumentaux. Je crois que les Français ont commencé à comprendre qu'il y a le problème de l'endettement. qui est quand même sismique. C'est plus de 3 500 milliards, dont plus d'un tiers imputable à Emmanuel Macron, qui a quand même beaucoup, beaucoup porté de ce pays. C'est une dette sociale. C'est pour payer le social. Mais enfin, il n'a pas essayé de régler tous ces problèmes-là. Il y a évidemment le problème migratoire, parce qu'il laisse tout filer. C'est ça, en fait, ce qui se passe. C'est que le slogan de ce pouvoir, ça pourrait être, vous savez, « silence on coule » ou « rien ne va plus ».

Mais surtout, on ne change rien. Voilà, c'est un peu comme ça. Et ça continue avec un président de la République, un Premier ministre, qui sont comme des acteurs. Ils font semblant, mais en fait, ils ne prennent aucune décision. Alors que... Et ça, je pense que les Français le ressentent. Vous savez, il ne faut pas mépriser les Français. Et je pense qu'ils comprennent beaucoup plus de choses qu'on croit.

7:26
Présentateur

Vous comparez ça au Titanic. Vous dites, en bas, dans les soutes, tout le monde coule. Au milieu, on fait comme si on ne comprenait rien. Et en haut, l'élite, là, tout va très bien. La musique et le champagne, tout la tour.

7:37
Invité

On voyage, on voit le pape, on circule, on fait des émissions à la télé. Mais enfin, bon, rien n'avance.

7:42
Présentateur

Alors, et notre pays est quand même extraordinaire, parce qu'aujourd'hui, le grand débat, c'est le 1er mai. Faut-il ou non travailler le 1er mai ? Vous décrivez ça dans ce livre. La France est-elle un pays communiste ? En disant, mais en fait, à quel moment est-ce qu'on va comprendre qu'il faut créer des richesses dans ce pays et pas juste en prendre ?

7:56
Invité

Là, vous avez dit le mot. C'est-à-dire que, au moins, ce livre, il est venu d'une colère. La colère que j'ai ressentie après le numéro de Cirque qui a été fait par les deux, Laurel et Hardy, de l'économie marxiste, c'est-à-dire Thomas Piketty et Gabriel Zuckman, qui ont expliqué qu'en France, les Français ne payaient des impôts et que les riches n'en payaient pas. Les riches, en fait, c'était... Et ce discours a pris. Je m'en suis rendu compte, parce qu'en parlant, je parle beaucoup avec les gens, ce discours a pris, c'est-à-dire que les riches ne payent pas d'impôts.

Quand on pense quand même que 40% des Français ne payent pas d'impôts, même si ça, personne ne l'a dit, ils ont eu une espèce de tapis rouge partout, dans les médias, jamais de contradicteurs, alors qu'on a quand même des grands économistes en France. Philippe Aguillon, d'ailleurs, qui est de gauche, prix Nobel remarquable, Jean Tirole, prix Nobel également, Jean-Marc Daniel, enfin, je ne sais pas, il y a plein d'économistes, Nicolas Bavray, enfin, on aurait pu avoir des économistes en face. Non, pas du tout. Ils étaient là tous seuls, ils ont déroulé leur truc.

Et leur truc, c'est une honte, c'est-à-dire que 40% des Français ne payent pas d'impôts, c'est bon, 57% des Français sont bénéficiaires nets des prestations sociales, c'est-à-dire qu'ils reçoivent plus d'argent qu'on ne leur prélève, 57%. Donc, comment on peut expliquer ça ? Toute l'idée, c'est ça, on voit très bien, c'est d'appauvrir, appauvrir, parce qu'ils ne sont pas incultes, ils ne sont pas idiots. Qu'est-ce qu'ils font ? Ils essayent presque à la limite, c'est une politique de, comment dire, je dirais presque de terre brûlée, de faire fuir les grandes entreprises. Vous voyez ces grandes entreprises qu'on taxe comme ça ?

Ces grandes entreprises, vous savez où elles font leurs bénéfices ? Elles le font à l'étranger. 90% des bénéfices de ces grosses boîtes, notamment dans le luxe, c'est à l'étranger. Qu'est-ce qu'on veut ? On veut qu'elles partent. On veut qu'elles partent, parce que les impôts, elles ne les payent ici. Enfin, tout ça est absurde. Et le vrai sujet aujourd'hui, vous savez très bien, et c'est ça, la colère du livre, moi, ça parle vraiment d'une colère. C'est très vieux, c'est un vieux problème français. La phrase de Georges Clemenceau, elle date quand même du début du siècle dernier, c'est la France est un pays très fertile, on plante des fonctionnaires, ils poussent des impôts.

Bon, c'est vrai qu'on a 45% de prélèves obligatoires, et puis quand je dis, on est un pays communiste, vous savez que c'est Mikhaïl Gorbatchev, c'est lui qui a trouvé cette formule géniale, que la France est le seul pays où le communisme a réussi. C'est une blague qu'il a faite, mais c'est... Pour vous, c'est la réalité ?

10:26
Présentateur

La France est un pays communiste ?

10:28
Invité

C'est un problème de mentalité. C'est un problème de mentalité. On n'a pas compris dans ce pays, regardez, vous avez des amis de l'étranger, quand ils viennent ici, ils ne comprennent pas, mais parce que ça commence dès l'école, c'est-à-dire qu'on apprend que le capitalisme, c'est le mal, le libéralisme, et je veux dire, c'est le pitch un peu du bouquin, c'est ne dites surtout pas à la France qu'elle est un pays communiste, elle croit qu'elle vit dans l'enfer du néolibéralisme ou de l'ultralibéralisme. C'est dément, c'est dément, comment on peut être un pays libéral, ultra-libéral ou néolibéral, quand on a 57% de dépenses publiques, c'est-à-dire qu'ils passent par l'État ?

Alors, je ne dis pas qu'on est un pays communiste dans la mesure où il n'y a pas de goulag en France, il n'y a pas de police politique, il n'y a pas de guépéou, il n'y a pas, voilà, il n'y a pas tous ces morts qu'il y a eu, enfin, les 100 millions de morts du communisme, on est très loin de tout ça. C'est un système, c'est un communisme mou, mais on vit là-dedans. Et je veux dire, c'est frappant de voir à quel point c'est ancré dans nos mentalités et ça explique d'ailleurs cette espèce de polémique idiote sur le 1er mai, parce qu'il ne s'agit pas de supprimer... On se prend la tête pour savoir si les fleuristes et les boulangers pourront travailler une journée.

Les boulangers et les fleuristes, c'est normal, parce que de toute façon, sinon il y en a dans la rue, il y a des gens qui vendent des croissants ou des... Enfin, voilà, c'est absurde, on peut... Enfin, quand vous voyez les amendes de 80 000 euros pour des boulangers, parce qu'ils sont restés ouverts, le matin du 1er mai, enfin tout ça... Ça résume le paradoxe français. Mais oui, c'est-à-dire que c'est la bureaucratie.

11:55
Présentateur

Il y en a qui a compris qu'on était au fond un pays communiste, vous dites, c'est Jean-Luc Mélenchon. Vous dites, il ne faut surtout pas le sous-estimer, vous dites qu'il peut arriver au second tour de la présidentielle de 2027 et qu'il est le politicien le plus doué sur le marché. Expliquez-nous, François-Olivier Gisbert.

12:10
Invité

Parce qu'il a une stratégie, et une stratégie à long terme, on voit très bien, il engrange, il avance, et puis il se fiche pas mal des petites polémiques, à la limite, il les crée d'ailleurs, un peu à la façon de Trump, parce que Puy est attaqué par les médias qui n'ont pas une grosse cote en France, il suffit de regarder les sondages. Meilleur c'est pour lui, c'est une vieille technique. Et en fait, sa stratégie, c'est très simple, c'est-à-dire qu'il a un noyau dur sur lequel il travaille. Moi j'ai entendu ça, les grands...

12:37
Présentateur

15% à peu près, de l'électeur ?

12:39
Invité

Oui, Mitterrand, Chirac, ils disaient toujours, il faut 15%, il va prendre un glomère, il faut 15%. Les 15%, il les a. Et c'est les islamo-gauchistes, ce sont les enfants gâtés, vous savez tous ces gens... Les bogos, vous les appelez les bogos ? Oui, souvent qui sont... Bourgeois de gauche. Bourgeois de gauche, qui ont du fric et qui en veulent à la terre entière parce que finalement, ils ont fait des études à la con et qui n'ont pas de travail vraiment intéressant. Il y a une essence d'aigreur et de ressentiment.

Ils jouent là-dessus, ils jouent sur les ressentiments, ils jouent sur l'islamisme et puis il agglomère tout ça et puis le jour venu, vous verrez, il va tendre la main à la droite, aux patriotes, aux souverainistes, il va faire peut-être un petit numéro avec Dominique de Villepin et puis on va emballer tout ça.

13:22
Présentateur

Donc c'est un véritable danger, vous dites,

13:24
Invité

pour la France ? Ah ben bien sûr, oui, bien sûr, je pense que... Non, non, mais l'idée, vous savez, c'est étrange, les médias n'apprennent jamais, c'est-à-dire, ils expliquent toujours Mélenchon, c'est fini, vous avez des grands papiers, des livres, d'ailleurs, qui expliquent que c'est fini régulièrement, mais non, ça tient toujours. Ça marche parce qu'il sait où il va, c'est-à-dire qu'il construit, il a son bloc et après, vous verrez, il va essayer de développer et ça peut marcher. Alors je ne dis pas qu'il peut gagner la présidentielle. Non, non, mais il peut être au second tour. Mais il peut être au second tour et là, peut-être construire quelque chose pour après.

Vous voyez, parce qu'après le second tour, vous savez bien, quand on a un peu d'expérience, il y a un troisième et un quatrième tour. Il peut être dans la rue. Oui, ça peut aller dans la rue, on ne sait pas, enfin bref, voilà. Donc l'histoire n'est pas finie. D'accord.

14:07
Présentateur

Et qu'est-ce qu'il y a en face ?

14:09
Invité

Qui peut s'opposer à lui ? On évoque beaucoup Édouard Philippe. Non, mais ça c'est une blague, Édouard Philippe. Ah, c'est une blague, carrément. Mais non, mais c'est-à-dire, moi, j'ai traité un jour d'ectoplasme, mais parce que c'est quelqu'un, il faut bien voir la politique et la faire. Un jour, quand il sera confronté, par exemple, dans les débats, mais pourquoi il a arrêté le nucléaire ? Je ne comprends pas. Il était avec Macron ? Non, non, mais attendez, il essaie de faire oublier tout ça, mais il fait partie des gens qui ont fait, qui ont commis, comment dire, un acte terrible contre la France en décidant, en 2017, d'arrêter le nucléaire pour qu'on perd aux écologistes.

Donc, si vous voulez, tout ça, il faudra qu'il réponde à tout ça. Alors, bon, moi, je dirais, je n'ai rien contre lui a priori comme ça, mais si vous voulez, ce n'est pas très sérieux. C'est-à-dire, il faudrait qu'il fasse une sorte d'examen de conscience, quoi. Un droit d'inventaire. Ce qu'il n'a pas fait, parce qu'il peut dire, oui, il n'aime plus Macron, parce qu'évidemment, il ne va pas mettre l'étiquette Macron, le petit chapeau, les petits oreilles flamment Macron pour se faire dire président de la République. Ça, il y a compris, ça ne le fera pas. Mais il pourrait aussi faire son examen de conscience. Il y a aussi la droite

15:10
Présentateur

qui est divisée comme jamais. François-Olivier Gisberg, la machine à perdre, est enclenchée pour vous, à droite ?

15:16
Invité

Oui, c'est très compliqué parce qu'il y a déjà la candidature d'Edouard Philippe, il y a Bruno Retailleau, il y a peut-être Gabriel Attal, il y a David Lysnard, je ne sais pas, il y a quelque chose qui cloche là. Il faudra qu'ils se mettent d'accord. Donc, l'idée d'une primaire n'est pas si sotte qui pourrait être emportée par quelqu'un. Ça serait la solution,

15:37
Présentateur

vous pensez ?

15:38
Invité

Oui, je pense que c'est une bonne solution. C'est une bonne solution parce que l'idée, ou alors, mais d'avoir vraiment une règle entre eux, c'est-à-dire qu'il faut que les sondages, comment dire, en octobre, disons, à ce moment-là, décident. Mais vous savez, à ce moment-là, je pense qu'il y aura toujours quelqu'un qui pensera, mais non, je vais le faire quand même, ça va passer quand même. Et en plus, si vous voulez, le problème d'ailleurs, c'est le problème pour Edouard Philippe, c'est que quand on est en tête un an avant, il y a très peu de temps que ça marche. Ce n'est jamais bon signe, effectivement. De regarder Balladur, regarder Jospin, enfin on peut citer Juppé, etc.

16:11
Présentateur

Et il y a le Rassemblement National, évidemment, Jordan de Barnella ou Marine Le Pen, ce sera les juges qui décideront. Est-ce qu'ils sont en capacité, encore Antoine, évidemment d'être au premier tour, mais éventuellement de remporter la présidentielle pour vous, François-Olivier Gilbert ?

16:24
Invité

Oui, je pense, je pense notamment, d'ailleurs si c'est Mélenchon, si la droite avait un candidat type Philippe, je ne suis pas sûr que Philippe passerait, mais peut-être s'il y avait quelqu'un. Ils sont à touche-touche

16:39
Présentateur

dans les sondages.

16:39
Invité

Oui, ils sont à touche-touche, mais je pense que Bruno Rotaillot, David Lissnard, Robert Ménard, voilà, ce sont des personnages qui pourraient jouer un rôle. Oui, je pense qu'ils pourraient l'emporter.

16:50
Présentateur

En tout cas, dans ce livre, La France est-elle un pays communiste ? Vous parlez du travail, le travail se meurt, l'agonie de la valeur travail, vous parlez du modèle social, de la bureaucratie.

16:58
Invité

Oui, par la gauche,

16:59
Présentateur

attention. Oui, mais aidé par la droite, et pas contré par la droite.

17:01
Invité

Aidé par la droite, la droite a laissé faire, bien sûr, sur les 35 heures, la droite a été très lâche. Bien sûr,

17:06
Présentateur

elle ne les a jamais abrogées.

17:07
Invité

C'est un point très important, les 35 heures, c'est quand même quelque chose, c'est à partir de là, après, c'est ajouté le télétravail, et voilà, ce qu'on appelle à Marseille le télépastis, et c'est vraiment ça, c'est le télépastis, ce n'est pas le télétravail, parce que quand c'est les employés municipaux qui sont en télétravail, je ne sais pas très bien

17:22
Présentateur

qu'est-ce que... Bien sûr, vous parlez du droit à la paresse, de l'absentéisme au travail, qui est devenu un sport national, dites-moi, mais on n'est pas un peuple de flémores quand même.

17:30
Invité

Ce n'est pas du tout ce que je dis, on a un peuple avec un énorme potentiel, mais bon, vous avez bien vu que ces dernières années, l'absentéisme, on a deux fois plus d'absentéisme, enfin, que la Grande Bretagne ou les États-Unis, ça pose un problème quand même, ça ne vous interroge pas quelque part, alors il paraît que c'est la souffrance au travail, moi je veux bien, j'entends toujours ces trucs, souffrance, tout le monde se plaint, non, non, mais je crois que...

Moi je viens d'un monde, le monde d'avant, le XXe siècle, le monde était ouvert, enfin on avait l'impression que le monde nous appartenait, et qu'on savait, qu'on pensait qu'on gagnerait par le travail, et je crois qu'il faut revenir à cette philosophie-là.

18:08
Présentateur

Mais qui porte ces idées-là aujourd'hui ? Il y en a,

18:12
Invité

parce qu'on a beaucoup de candidats, il y a une très bonne formule de Guillaume Gasparian, je vois qui n'est pas candidat, mais qui crée un parti qui s'appelle le Parti de la Liberté, et qui a dit on a beaucoup de candidats, mais on n'a pas beaucoup d'idées, enfin en tout cas, c'est vrai pour le Bloc central. Et je crois que, oui, ce qu'il faut, c'est bien des gens comme lui, David Lissnard aussi, Ontario, mais il faut travailler là-dessus, c'est-à-dire qu'il faut... Travailler son travail ! Mais non, mais c'est-à-dire qu'il faut penser à créer de la richesse. Et pas seulement la fonctionner. Le gros problème, on les cherche toujours d'accuser des gens ailleurs, ou des...

Regardez, un truc très simple, c'est un chiffre qui parle tellement. C'est dans le bouquin de Jacques Delarosière, « Le déclin français est irréversible ». Donc c'est vraiment hyper sérieux, Jacques Delarosière, ancien patron du FMI, la Banque de France, etc. C'est 60% des emplois industriels, des groupes industriels français se sont délocalisés à l'étranger au cours des dernières décennies. Plus de 60%. Un peu plus de 60%. En Allemagne, vous franchissez là, 20% seulement. Donc comment faire revenir ces entreprises ? Oui, c'est la fiscalité. C'est-à-dire, la fiscalité est telle sur les entreprises en France, notamment les impôts de produits sur la production, etc.

Elles n'ont pas le choix, les entreprises n'ont pas le choix, elles partent. Et en Allemagne, elles ont pu rester. Bon, l'Allemagne aujourd'hui a des problèmes grâce à Merkel, qui a... Enfin, à cause de Merkel, plutôt, qui a notamment arrêté le nucléaire, oui, c'était une mauvaise blague, mais bon, qui a fait la politique, oui, que Macron a essayé de faire après, mais qui a mis vraiment l'Allemagne dans le mur. Mais l'Allemagne a tenu... Et si vous voulez, ça explique une chose très simple, c'est que si on en est là, c'est pas la faute à l'Europe, c'est pas la faute à la mondialisation, c'est la faute à nous-mêmes, à notre lâcheté, en pensant que, voilà, on a un... Comment dire ?

Des dépenses sociales qui augmentent sans arrêt, exponentielles, on emprunte, on emprunte, on emprunte, on ne s'interroge pas sur le... Comment on peut payer tout ça ? Et on continue à avancer et on taxe de plus en plus des entreprises. Évidemment qu'on va dans le mur. Mais ça, et je crois que les Français, elles ont compris, d'où l'espèce de tristesse que vous sentez aujourd'hui dans le pays. Vous voyez bien qu'il y a une espèce de... Il n'y a pas seulement une angoisse. Merci, Franck Olivier.

20:30
Présentateur

Je recommande votre petit livre rouge, évidemment, le petit livre La France. C'est-elle un pays communiste ? Petit livre rouge,

20:36
Invité

oui, c'est ça.

20:37
Présentateur

C'est une question ouverte. Merci à vous d'être venu ce matin dans la matinale de CNews et Europe 1. Bonne journée. Sous-titrage Société Radio-Canada

La grande interview : Franz-Olivier Giesbert · Pourquijevote