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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 3 septembre 2024 10 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsBudget & impôtsRetraites

Matignon : à quoi joue Macron ? - C dans l'air l'invité - 02.09.2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Comment qualifier le moment politique, le moment institutionnel dans lequel nous sommes?

  • 2:00OuverteRéponse partielle

    Il y a l'urgence du calendrier et de mettre sur pied un gouvernement, notamment un ministre de l'Economie qui puisse boucler un budget, et de l'autre côté, le programme économique qui serait appliqué.

  • 4:00FerméeRéponse directe

    Il se passerait quoi?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Comment fait-on quand on est à la place qui est la sienne pour tenir compte des injonctions des marchés financiers et des votes des Français?

  • 8:00FerméeRéponse directe

    On est encore dans les délais?

  • 10:00FerméeRéponse directe

    C'est celle que vous préférez?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00A.MincPromesse
    « La France se financerait à un taux beaucoup plus élevé. »
  • 3:00A.MincFait
    « La politique macroéconomique que Macron a menée était une bonne politique. »
  • 5:00A.MincFait
    « On augmente les impôts, oui ou non? »
  • 7:00A.MincFait
    « Macron est le doyen du G7. »
  • 9:00A.MincFait
    « La dissolution est l'acte le plus absurde qui soit. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue dans "C dans l'air". Mon invité est A.Minc.

Merci d'avoir accepté cette invitation. Vous êtes économiste et essayiste. Le pouvoir, il semblerait que depuis la dissolution, il soit toujours à l'Elysée.

Les consultations se poursuivent à l'Elysée. N.Sarkozy, F.Hollande, B.Cazeneuve et X.Bertrand pour la journée d'aujourd'hui.

Comment qualifier le moment politique, le moment institutionnel dans lequel nous sommes? - A.Minc: Vous avez parlé du pouvoir.

On pourrait dire l'illusion du pouvoir. C'est tout le fond du débat. E.Macron pense qu'il a encore le pouvoir, alors que depuis le résultat de cette dissolution absurde, il l'a perdu. - C.Roux: Ca se passe encore à l'Elysée? - A.Minc: Parce qu'il y a un respect des formes.

Il n'a pas encore appris le métier tel que V.Auriol le pratiquait sous la IVe République. Vous devriez tous lire l'excellent "Journal du septennat" de V.Auriol.

Ca décrit le monde dans lequel nous sommes de nouveau entrés, un monde de compromis parlementaires. Tout ça dans le petit bocal où nous vivons tous. On oublie une chose: le monde entier et les marchés nous regardent.

Bruxelles nous jauge avec un regard qui n'est pas empreint d'aménité. La France a toujours été très arrogante. On est à la merci d'une vraie crise, au niveau de dette qui est le nôtre.

Au niveau du déficit du commerce extérieur, ce n'est pas un hasard si la France aujourd'hui se finance à un taux plus élevé que le Portugal. Le Portugal était en faillite il y a quelques années, mais il a fait un effort. A un moment donné, le barrage peut se fissurer.

On change de monde. Il n'y a qu'à se souvenir de ce qui est arrivé en Angleterre à madame L.Truss. - C.Roux: Il y a l'urgence du calendrier et de mettre sur pied un gouvernement, notamment un ministre de l'Economie qui puisse boucler un budget, et de l'autre côté, le programme économique qui serait appliqué.

On va parler dans un instant des éventuels candidats pour Matignon. Il y a une seule condition pour certains: abroger la réforme des retraites. - A.Minc: L'abrogation de la réforme des retraites serait un casus belli évident vis-à-vis de Bruxelles et des marchés.

C'est d'ailleurs à cet égard l'illustration de la fiction dans laquelle on vit. On revient à 62 ans...

Ce n'est pas comprendre le monde tel qu'il est. - C.Roux: Il se passerait quoi? - A.Minc: La France se financerait à un taux beaucoup plus élevé.

Elle aurait du mal à placer ses bons du Trésor. Les contraintes seraient telles qu'il faudrait arriver à un plan drastique, un plan qui serait non pas de la rigueur, mais bien pire que de la rigueur. C'est ce que d'autres pays ont subi et accepté.

Il y a 2 univers en ce moment dissociés. Il y a l'espèce d'agitation politique qui va déboucher sur on ne sait trop quoi. Il y a aussi une réalité économique qui n'a jamais été aussi mauvaise budgétairement parlant.

Oui, la politique macroéconomique que Macron a menée était une bonne politique. Il dit: "Je ne veux pas qu'on détricote ma politique économique." Comme citoyen, j'aimerais qu'elle ne soit pas détricotée. - C.Roux: Comment fait-on quand on est à la place qui est la sienne pour tenir compte des injonctions des marchés financiers et des votes des Français? - A.Minc: Il y a manière et manière d'aborder le problème de la réforme des retraites.

Ou on dit qu'on abroge et on discute après, et c'est la catastrophe absolue, ou on dit qu'on garde le texte tel qu'il est mais qu'on va faire quelques améliorations sur les carrières longues ou autres. A aucun moment, on ne parle du fond. - C.Roux: On parle d'équilibre politique, d'une personnalité capable de ne pas faire une majorité face à lui? - A.Minc: On va arriver à un moment de vérité qui s'appelle le budget.

On augmente les impôts, oui ou non? Si on les augmente, lesquels? Si on n'augmente pas les impôts, il faut réduire les dépenses.

Ce sont des questions politiques qui appellent des réponses politiques. - C.Roux: On est encore dans les délais? - A.Minc: A la limite.

Le problème, ce n'est pas les délais techniques. Le problème, c'est leur faisabilité. On peut avoir un gouvernement technique.

On peut avoir un préfet de police qui remplace le ministre de l'Intérieur. Ca existe. La directrice du budget ne peut pas faire le budget.

Le budget doit être voté. - C.Roux: On a évoqué les quelques noms qui circulent, dont B.Cazeneuve.

On a entendu parler de X.Bertrand, P.Moscovici, J.-D.Senard...

Aujourd'hui, on entend parler de T.Beaudet. Il est presque inconnu des Français.

C'est le président du Cese. C'est la figure du technicien? - A.Minc: Je voudrais revenir sur l'hypothèse B.Cazeneuve. - C.Roux: C'est celle que vous préférez? - A.Minc: Je pense qu'elle a une vraie cohérence.

B.Cazeneuve saurait gérer l'Etat. Mais pour avoir une bienveillance relative d'une partie des socialistes, il serait obligé d'être un cohabitant dur pour Macron.

S'il va vers quelqu'un comme T.Beaudet, qui n'a aucune assise politique...

D'un côté, vous avez une petite piscine pour enfants qui est le Cese et, de l'autre, vous avez le bassin des piranhas qui est en ce moment l'Assemblée nationale. Il va se trouver en face de qui? Macron est le doyen du G7.

C'est une des figures emblématiques...

Chez les Européens, il y a une Schadenfreude. T.Beaudet est quelqu'un qui va débuter.

Macron est convaincu qu'il aura l'ascendant. Macron ne veut pas renoncer au pouvoir. - C.Roux: C'est ça, l'erreur? - A.Minc: Ca veut dire qu'il n'a rien appris ni rien compris de cette dissolution absurde qu'il a faite. - C.Roux: Il pourrait dire quoi? "Débrouillez-vous et trouvez quelqu'un qui fasse consensus"? - A.Minc: Il avait une équation politique à gauche.

Il pouvait avoir une équation politique telle que N.Sarkozy a essayé de la promouvoir à droite. Les socialistes n'auraient peut-être pas donné leur bienveillance.

Mettre quelqu'un qui n'a aucune assise politique...

X.Bertrand, une provocation à l'égard de L.Wauquiez...

B.Cazeneuve, ça avait un sens. Une personnalité qui n'a pas d'assise politique, c'est pour Macron un moyen de se perpétuer au pouvoir.

Ca veut dire que c'est son mandat qui est en cause. Au lieu d'inventer un système qui lui permet de tenir le moins mal possible jusqu'à 2027, il est en première ligne. Il est courageux, Macron.

Il n'a pas peur de la ligne de front. Il risque de prendre des balles. - C.Roux: La France insoumise a lancé une procédure de destitution.

Vous pensez que le président de la République sera en capacité de finir son mandat? - A.Minc: La question a été posée dans la minute qui a suivi la dissolution.

La dissolution est l'acte le plus absurde qui soit. Comment un type intelligent vient prendre une claque de première grandeur...

Comment croit-il qu'il va se retrouver avec 300 députés 15 jours après? Quand les gens intelligents font des bêtises, ça m'interpelle toujours. - C.Roux: Merci beaucoup.

On a bien entendu votre alerte sur la question des finances publiques, alors que nous en sommes à 48 jours sans Premier ministre, avec un gouvernement provisoire et toujours pas de budget.