DOCUMENT - Poutine et les présidents français|LCI
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« Rien n'empêchera Vladimir Poutine d'envahir l'Ukraine 2 ans et 3 mois plus tard. »
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« Les États-Unis envahissent l'Irak en mars 2003. »
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« Poutine s'est parfaitement alterné les moments de courtoisie presque de douceur et des moments de pression de tension ou de colère. »
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« Les accords de Minsk permettent de geler le conflit en Ukraine. »
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Ce document tout à fait exceptionnel sur les rapports entre Vladimir Poutine, non seulement l'Occident en général, mais en particulier avec les présidents français. Il est signé Bertrand Coque et Elodie Dubosque. Regardez, décembre 2019, Emmanuel Macron reçoit à l'Élysée les présidents ukrainiens et russes en compagnie de la chancelière allemande Angela Merkel.
Volodimir Zelenski, élu quelques mois plus tôt est un novice en politique. [musique] Vladimir Poutine, lui dirige la Russie d'une main de fer depuis 20 ans. La Russie va faire tout le nécessaire pour apporter son obol à ce travail.
De cette rencontre, la première entre les deux hommes, le président français attend beaucoup. Je crois que la tenue de ce sommet des heures de discussion que nous venons d'avoir est en soi un acquis. Rien moins que le règlement d'un conflit vieux de 5 ans au cœur de l'Europe.
Depuis que les Russes ont annexé la Crimée et que des séparatistes aidés par le Krémelin se sont emparés d'une partie du Donbas. Aujourd'hui, j'ai insisté sur la nécessité pour l'Ukraine de restaurer le contrôle entier sur ses frontières. L'avenir montrera que les espoirs du président français [musique] étaient 20.
Merci à vous. Rien n'empêchera Vladimir Poutine d'envahir l'Ukraine 2 ans et 3 mois plus tard. [musique] [musique] Depuis Jacques Chirac, tous les présidents français ont cherché à nouer une relation de confiance avec le maître du Kremelin.
L'intérêt de Poutine pour Chirak, c'est qu'il a affaire à un vieux renard de la politique à travers des [musique] documents d'archives assemblés pour la première fois ces 23 ans d'histoire récente que nous allons revisiter. Nous étions naïfs mais on veut pas le reconnaître. On a parfois le sentiment qu'on a envie d'écarter la Russie.
Et si toute l'histoire des relations entre Poutine et les présidents français était celle d'une illusion. Les présidents français, ils ont fait ce qu'ils ont pu. [musique] J'ai pu apprécier la fermeté de vos convictions.
C'est un homme extrêmement froid. Vous ne passeriez [musique] pas vos vacances avec lui. Le mensonge pour Poutine, il doit être si dérang.
La seule chose qui compte pour lui, c'est le rapport de force. Il est toujours simple de commencer un conflit, beaucoup moins de savoir le terminer de bâtir une paix durable. Alternance, séduction. menace et manipulation, l'ancien espion du KGB finit toujours par l'emporter. [musique] Chirak est un enfant de la guerre froide.
Il a connu la Russie soviétique et le [musique] démantellement de l'URSS. Russophile, russophone, il parle un peu la langue de Pushkin. Il s'inscrit dans la tradition gauliste d'une relation franco-russe garante de l'indépendance de la France.
La première erreur capitale qui pourrait être faite serait de sous-estimer la Russie, bref de l'humilier. Shirak s'entendait bien avec Yelsine, la même faconde, la même chaleur dans les rapports d'homme à homme. C'est toi qui commence.
Ils s'entendent très bien, ils se rencontrent, ils boivent de la vodka ensemble, ils vont au Sona ensemble et somme toute Chirak accompagne la Russie dans je dirais son intégration je dirais progressive dans le monde occidental. À la veille de l'an 2000, l'homme qui succède à Yelsine est encore un inconnu même pour les Russes. Il était un petit homme gris. effacé.
Tout ce qu'on savait de lui, c'est qu'il avait été un agent du KGB. [musique] L'ancien espion au physique de Passe-muraille se révèle vite comme l'homme de fer dont la Russie a besoin pour sortir des années de chaos posts soviétique. [musique] S'appuyant sur les services de sécurité dont il est issu, il réduit les oppositions au silence et métapa les oligarques. [musique] Dans sa guerre en Tchenie, il ne fait pas de détails. [musique] Grossi, la capitale est rasée.
Il avait promis de buter jusque je le cite dans les chiottes les combattants tchéchien. Donc on a vu cette brutalité tout de suite. Nous considérons que la Tchéchie est une affaire très grave en matière de non respect des droits de l'homme, que la brutalité de l'armée russe est très sérieuse.
En même temps, Chirak considère aussi que la Chechenie a toujours été un problème pour la Russie, a toujours été un problème difficile, qu'il faudra bien le régler. À Paris, pour avoir émis quelques réserves dans cette affaire pourtant considérée comme interne à la Russie, on essuie la première boudie poutinienne. [musique] Chirak charge son nouvel ambassadeur à Moscou, Claude Blanche Maison, de le rapprocher du dirigeant russe.
Et bien, il me dit "Je ne connais pas Poutine, je l'ai invité à Paris, il fait la tête, il me répond même pas. C'est pas très poli mais enfin j'ignore parce que moi je veux évidemment avoir des discussions avec lui, voir un peu ce qu'il a dans le ventre. En septembre 2000, Poutine consente enfin à venir à Paris où il est reçu comme un Poutine un peu timide hein, le président bon enfant comme on connaît comme on connaî ses Chirac et jou politiciens très expérimenté.
L'autre est un animal froid quand même. Donc c'est pas la même chose. Il se prête moins aux embrassades et aux effusions.
À ce moment-là, c'était un Poutine jeune qui n'avait pas encore toute l'expérience, tout le blindage qu'il a acquis par la suite et Poutine écoutait Shirac et dialoguit avec Shirac. Il avait l'impression d'apprendre des choses. Et ce qui est intéressant, il l'a appelé le professeur pendant longtemps parce que Chirac lui disait un certain nombre de choses qui étaient des conseils.
Comment aborder un tel, comment aborder tel autre. [musique] Le 11 septembre 2001, Al-Qaïda change la face du monde en faisant tomber les tours jumelles à New York. Je veux dire au peuple américain la solidarité de tous les Français dans cette [musique] dramatique épreuve.
Nos procès vont en particulier à toutes les victimes, à leur famille, à leurs proches. [musique] Poutine est le premier chef d'état à appeler George Bush pour lui exprimer [musique] sa solidarité. Les Russes offrent leur aide aux Américains.
C'est un moment où se crée un début de confiance russo-américaine qui n'ira pas très loin. Les Américains, aveuglés par leur désir de vengeance, ne se contentent pas d'envahir l'Afghanistan [musique] pour en chasser les talibans. En 2002, il désigne l'Irak de Saddam Husin comme soutien du terrorisme et détenteur d'armes de destruction massive.
L'Irak doit se désarmer. Un dossier est monté des fausses preuves présentées à l'ONU par les plus hauts responsables américains. Saddam Husen possède déjà deux trois composants clés nécessaires à la fabrication de la bombe atomique.
Jusqu'au bout, la France va tenter de s'opposer à cette guerre. Il n'y a pas là de justification à une décision unilatérale de recours à la guerre. [musique] Jacques Chirac alerte George Bush sur les conséquences d'un changement de régime à Bagdad. [musique] La France se cherche des alliés. [musique] Le 10 février 2003, Poutine vient à Paris.
Nous avions un texte qui était préparé avec les Allemands pour dire que la guerre ne pourra intervenir qu'en dernier ressort. Et nous nous disons, nous allons essayer d'associer les Russes à ce texte. Le président Poutine vient, le président Chirak va le chercher à l'aéroport, ce qui est assez rare, mais la gravité de la situation l'exigeit.
Il lui parle de ce texte que nous préparons et Poutine est en accord avec le texte. Nos deux pays cherchent à régler de façon politique et diplomatique cette crise. Nous croyons que l'utilisation de la force peut être lourde de conséquences.
Merci beaucoup. Le diagnostic était le même. Ça n'était pas notre guerre et les motifs qui avaient été donnés pour l'affaire n'étaient d'ailleurs pas vérifiés sont avérés inexistants.
Le 14 février, devant l'Assemblée générale des Nations Unies, Dominique de Villepin fait encore entendre la voix de la France. Et c'est un vieux pays, la France d'un vieux continent comme le mien. L'Europe qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'occupation, la barbarie.
L'usage de la force ne se justifie pas aujourd'hui. Il y a une alternative à la guerre. En dépit des efforts de la France, les États-Unis envahissent l'Irak en mars 2003.
Sadam Husin est chassé du pouvoir. Une intervention qui provoque une déstabilisation de toute la région dont les conséquences se font encore sentir aujourd'hui. Et je pense que de ce jour-là, le début de confiance qu' aurait pu naître chez les Américains vis-à-vis de Poutine s'est effacé.
Ils se sont dit Poutine n'est pas du bon côté. L'affaire de l'Irak a rapproché un peu plus Jacques Chirac et Vladimir [musique] Poutine. Vive la Russie, vive la France et vive l'amitié entre nos deux pays. [musique] Depuis 3 ans, les deux hommes se voient régulièrement [musique] comme à Sochi, la cité balnéaire sur la mer noire.
On savait que Poutine aimait c'était une marque de confiance de sa part de nos invités et Chirac dans son comme il était toujours assez assez sympathique dit à dit à Poutine viens donc prendre prendre une bière avec moi au bar tout à l'heure. Ils ont discuté naturellement Poutine ne buvait pas ne buvait pas la bière de l'hôtel. Il avait son propre porteur de thé.
On sait jamais ce qui peut arriver avec des breuvages étrangers. La France caresse même le projet d'un espace économique commun avec la Russie et l'Allemagne. La France est favorable à l'objectif à terme d'un continent sans lignes de partage.
Toujours cette obsession [musique] française d'arrimer la Russie à l'Europe. Chirac était dans la dans la tradition française, c'est-à-dire [musique] il y a cette espèce de de romantisme de bienveillance à l'égard de la Russie. Il faut dire qu'à l'époque, Poutine regardait encore vers l'ouest. [musique] Poutine est très demandeur d'investissements étrangers, occidentaux, de coopération.
Il a même dit dans une des réunions auquelles j'ai participé, j'ai besoin de la France pour m'aider à développer l'état de droit en Russie. C'est parréaliste en 2023. Les fing tanks les plus en cours au Kremelin réfléchissaient à la façon pour la Russie d'avoir des liens organiques avec l'OTAN.
Ça allait très loin. Il y a eu des réflexions à ce sujet. Il y avait une ouverture de la Russie au monde extérieur et et bien somme toutes.
On dira aujourd'hui c'était naïf. Je crois pas que c'était naïf. C'était la réalité du monde telle qu'il était.
La Russie jouait le jeu. En 2004, Poutine est invité aux célébrations du 60e anniversaire du débarquement. [musique] Le président russe n'a déjà plus rien du petit homme timide des débuts. 3 mois plus tôt, il a été réélu triomphalement.
Il fait beau, tous les grands de ce monde sont là. En apparence, la Concorde règne. Mais déjà, les nuages s'amoncellent car 2004, c'est aussi l'année qui voit changer le visage de l'Europe.
Effectivement, en 2004, l'Union européenne a un petit peu changé avec un déplacement de son centre de gravité vers l'est. Des pays, autrefois dans l'orbite soviétique [musique] rejoignent l'Union européenne, mais ils adhèrent également à l'OTAN.OK, les Russes se sentent encerclés. [musique] La même année, les révolutions de couleur en Ukraine et en Geéorgie éloignent un peu plus Poutine du bloc occidental. [musique] Crois que c'est une des grandes erreurs que nous avons faites, c'est d'avoir sous-estimé le poids de 70 ans de soviétisme dans la tête des dirigeants russes.
En 2007, l'orage éclate à la conférence sur la sécurité à Munich. Poutine provoque la stupéfaction. Le format de la conférence me permet d'éviter les excès de politesse.
Au mépris de toutes les conventions diplomatiques, il s'en prend violemment aux Américains. Les États-Unis ont dépassé leur frontière nationale et s'imposent aux autres États dans tous les domaines économiqu, politique et humanitaire. Qui va a cela ?
Qui va a cela ? Poutine a fait un discours en disant "Bon, j'ai été bon garçon jusqu'à présent. J'ai joué le jeu avec les occidentaux, je n'ai pas été payé de retour.
Par conséquent, à partir de de maintenant, je défendrai strictement les intérêts que je considère être les intérêts de la Russie." les occantaux avaient fait "Oh euh, il est très dur mais c'est pas pour autant qu'ils ont réagi." Je pense qu'on a on a sous-estimé ce discours de Poutine qui finalement exprimait un ressentiment, une frustration de ne pas être prise au sérieux, un discours qui porte en germe tous les événements des années à venir. [musique] Jacques Chirac lui s'apprête à quitter l'Élysée.
Rien n'aura pu altérer son amitié pour Vladimir Poutine. L'année précédente, en 2006, il lui a remis la Légion d'honneur lors d'une discrète cérémonie en tout petit comité. Même les images ont l'air d'avoir été prises à la dérobée.
Diffusé le soir même par la télévision russe, on y voit Chirac décrocher de sa veste un ruban rouge avant de l'épingler au revers de Poutine. On n'était pas naïf, on savait très bien à qui on avait affaire. Je pense que Chirak fait partie des gens qui de bonne fois et malgré son expérience politique ont cru que tendre la main aux Russes était un moyen de les attirer dans le camp de l'Occident.
Après avoir quitté ses fonctions, Jacques Chirac reverra Vladimir Poutine à Paris comme en Russie. [musique] Et le 30 septembre 2019, le dirigeant russe assistera aux obsèques de l'ancien président en l'église Saint-Sulpis à Paris. Seul chef d'état d'envergure présent ce jour-là. [musique] Avec Nicolas Sarkozi, l'ambiance va changer.
Vous devenez ainsi le 6e président de la 5e République. Vladimir Poutine et lui sont de la même génération mais celui qu'on surnomme parfois sarco l'américain entend se démarquer de son prédécesseur accusé d'être trop complaisant [musique] avec le maître du Kremelin. Avec lui, plus question de serrer les pognes comme il dit. [musique] Il fallait vraiment être ferme vis-à-vis de Vladimir Poutine.
Poutine lui a redressé l'économie. concentrer les pouvoirs entre ses mains et verrouiller les oppositions. C'est donc un homme sûr de sa force que Nicolas Sarkozy affronte de temps après son élection.
Le Conseil diplomatique russe était venu me voir en me disant "Il a des grandes chances que monsieur Sarkozy soit élu mais s'il continue à adopter ce ton avec nous les choses pourront pas bien se passer." Donc nous avions quelques avertissements. La rencontre a lieu au G8 en Allemagne sur la mer Baltique.
Face à Poutine, Nicolas Sarkozi parle droit de l'homme. Journaliste assassiné, homosexuel persécuté, répression en Tetchen Leusse l'écoute. Puis Poutine le coupe tout de suite et lui dit "Attends, tu vois, mon pays il est comme ça et ton pays il est comme ça.
Donc tu t'écrases. Poutine a cassé Sarkozy parce que Poutine c'est non seulement un homme du KGB mais au sein du KGB c'était un recruteur et donc il s'est parfaitement manié les hommes. Poutine s'est-il vraiment permis d'humilier à ce point le président français ? [musique] Moi, j'ai posé directement la question à Nicolas Sarkozy qui m'a assuré que jamais Poutine ne lui avait parlé de façon aussi grossière que ce qui a été dit.
Je lui fais crédit mais il s'est passé quand même quelque chose. Assis. Assis.
Lors de la conférence de presse qui suit, Nicolas Sarkozy apparaît et grogi. Mesdames et messieurs, chao. Debout, je vous demande de bien vouloir excuser mon retard. qui est dû à la longueur du dialogue que je viens d'avoir avec monsieur Poutine.
Qu'est-ce que vous préférez que je réponde aux questions ? Alors, y a-t-il des questions ? Ici, plusieurs personnes ont cru quand il est ressorti qu'il titubait.
Il était tout pâle et ils sont dit il a bu alors que il buvait, il ne buvait jamais. D'ailleurs, Poutine non plus. Je crois que c'est à partir de cette première rencontre que Sarkozy a complètement changé d'attitude. [musique] 4 mois plus tard, Nicolas Sarkozi est à Moscou en visite officielle. [musique] Avec Vladimir Poutine, l'heure est à la détente.
Sourire poigné de main. Je comprends bien que ces 15 dernières années pour la Russie ont représenté beaucoup d'épreuves et croyez bien que la France comprend la volonté de la Russie de revenir sur le plan international à la place qui est celle de la Russie. Le maître du Kremelin est au petit soin pour le président français qu'il embarque dans son 44 pour une virée entre copains.
Lors de la conférence de presse commune, le ton est conciliant. Les sujets qui fâchent, on en parle mais on n'est pas obligé d'être d'accord sur tout. des investiss que la France ne souhaite donner de leçons à personne, que je reconnais et que je comprends la spécificité russe et que j'ai fait valoir sur un certain nombre de questions mes convictions avec franchise.
Monsieur Poutine m'a répondu avec la même franchise. Nous considérons tous les deux que l'amitié, ça consiste à se dire les choses. À croire que Nicolas Sarkozy a trouvé son mal alpha. [musique] Il n'est pas Poutine, ce serait exagéré mais il a reconnu en Poutine mieux qu'un ancien policier quand même.
Donc un dirigeant dur avec beaucoup de trompe, il doit se dire que pour diriger la Russie de toute façon, on peut pas être un gentil chrétien démocrate européen de l'Ouest. Entre-temps, le président russe a terminé son second mandat. Interdit [musique] de se représenter par la Constitution, il a troqué son fauteuil avec celui de son premier ministre Medvedf.
Un tour de pass-pass qui lui permet de conserver le pouvoir. Bientôt, un petit pays lui fournit le prétexte à montrer ses muscles. Août 2008, la Russie envahit la Geéorgie au soutien de deux provinces séparatistes, l'oséti du Sud et l'Apazi.
La France assure alors la présidence de l'Union européenne. Nicolas Sarkozi propose sa médiation. Ce que j'ai vu, c'est que à partir de la guerre en Geéorgie, Sarkozi avait su trouver le ton juste en envoyant Kouchenner, son ministre d'affaires étrangères, à la fois chez les Geéorgiens et à la fois chez les Russes.
Qui aurait pu penser il y a 2 mois que l'Union européenne, regardez avec ces véhicules, serait là les seuls au monde à avoir fait quelque chose ? pas de l'autosatisfaction ni un coco rien n'est terminé bien sûr. Puis Nicolas Sarkozi se rend lui-même dans les deux capitales. [musique] La paix progresse, c'est déjà pas si mal.
À Moscou, il est reçu par Medvedev, toujours flanqué de Poutine. Bon, il y était devant Medved et moi qui étais devant Poutine. Je constate que le vocabulaire de Poutine est un vocabulaire hordurier. [musique] La médiation française obtient un cessel feu.
Un accord de paix est signé entre Michael Sakavili et Dimitri Medvedev. Sarkozi s'est mis dans la position de monsieur Périchon. Il a l'impression d'avoir sauvé la Geéorgie, sauvé la paix en Europe.
Bah, il y avait un papier, il y avait un papier que nous avions signé. Ils avaient d'ailleurs tenté de le falsifier. Il ne prétend pas résoudre, je l'ai dit au président Chacashvelli, tous les problèmes de la région, tous les problèmes de la géorgie dont je comprends parfaitement le souci de garantir son intégrité territoriale qui me semble d'ailleurs garanti par l'esprit de ce texte.
Dans l'accord que nous avions signé, les Russes s'engagai à ne pas reconnaître l'indépendance de la Prasie et de l'occ. Mais les oces du sud et l'Abkasi se sont déclarées unilatéralement indépendantes et la Russie les a reconnu. La Géorgie ne récupérera jamais ces deux provinces.
La grande victoire diplomatique proclamée un peu vite par Nicolas Sarkozy s'est révélé n'être qu'un marché de dupe. [musique] Nous étions naïfs. Nous étions naïfs mais on veut pas le reconnaître parce que c'était trop gros.
On aurait dû comprendre que on avait affaire à des gens sans sans foil lois. Le grand menteur cétait Poutine. Il manque comme il respire.
C'est même pas une pathologie, c'est son. En 2009, Nicolas Sarkozi ramène la France dans [musique] le commandement intégré de l'OTAN. Ce choix atlantiste va-t-il l'éloigner de la Russie de Vladimir Poutine ?
La suite prouve que le russe peut toujours compter sur son ami français. [musique] C'est d'abord la construction d'une cathédrale orthodoxe à Paris, Québranli. à deux pas de l'Élysée et du quedé.
C'est surtout en 2011 la vente de deux frégates mistrales à la Russie, l'un des fleurons de notre industrie de défense [musique] contre la vie de l'État-major. La Russie est un pays amis de la France. J'ai eu l'occasion à de nombreuses reprises de travailler avec le président Medvedev.
Je veux dire que je lui fais confiance. Nicolas Sargozi y tenait vraiment, c'est-à-dire que il a choisi de vendre des ministrales alors qu'au sein de des forces armées, beaucoup de personnes s'y étaient opposées fermement. C'était une idée de tendre la main car il estimait que nous avions des intérêts communs avec les Russes.
Nous avions des intérêts communs notamment dans lutte contre le terrorisme pour la stabilité du monde. Nous faisions ça dans un esprit qui est toujours ce qui préside dans la diplomatie française. C'est contribuer à la stabilité du monde. 2011, c'est aussi l'année des printemps arabes et de la révolution libyenne.
La fuite puis la mort lychée par la foule du dictateur Kaddafi à la suite de l'intervention franco-américaine impressionne beaucoup Poutine. Vive Bengazi ! Vive la Libye !
Vive l'amitié entre la France et la Libye ! Les Russes ont toujours estimé que nous avions été au-delà du mandat qui avait été donné par les Nations- Unies. La méfiance de Vladimir Poutine envers l'Occident s'en trouve [musique] renforcé.
De son côté, Nicolas Sarkozi ne reviendra jamais sur la confiance qu'il avait accordée au maître [musique] du Kremelin, même après avoir quitté l'Élysée. [musique] Pour l'ancien président, la Russie n'a jamais été une menace et l'isoler n'a aucun sens. [musique] Il le redit devant un parter d'étudiants moscovites en 2015, c'est-à-dire après la sécession d'une partie du Donbas et l'annexion de la Crimée.
Entre nous, il faut choisir le rapprochement et le dialogue parce que l'éloignement est une erreur. Les pays ne changent pas d'adresse et la France et la Russie ont besoin de travailler ensemble. Aujourd'hui, il fait partie de de la minorité de l'élite française qui continue à trouver des excuses à Vladimir Poutine.
Donc il est resté en fait accroché à cette russophilie française qu'il n'avait pas du tout au début. [musique] 2012, François Hollande entre à l'Élysée. Monsieur le président de la République à Moscou, Poutine lui vient de retrouver son siège après la parenthèse Medvedf. [musique] En 5 ans, les deux hommes vont se voir plus d'une dizaine de fois.
Hollande l'a vu beaucoup parce que la situation était sérieuse, la situation était grave et donc on a toujours continué à parler aux russes. François Hollande n'est pas un passionné des affaires internationales, [musique] mais le nouveau président français est rapidement confronté à la brutalisation du monde. C'est lui qui décide du retrait des forces françaises d'Afghanistan. [musique] Plus de 2000 d'entre vous seront rentrés en France. avant la fin de l'année.
C'est à lui que revient également d'expédier l'armée française au Mali pour bloquer l'avancée des djihadistes vers Bamako. La première rencontre avec Vladimir Poutine a lieu à l'Élysée moins d'un mois après l'élection de François Hollande. Je ne connaissais pas jusqu'à présent autrement que par les images Vladimir Poutine.
Donc je voulais savoir quel était le personnage dont j'aurais à à gérer ou les excès ou les comportements. Je dois dire que sur beaucoup de questions, nous avons une certaine compréhension. En tout cas, nous sommes capables de nous entendre.
Ce qu'il voulait, ce qu'il veut toujours d'ailleurs dans les entretiens, c'est impressionner son interlocuteur, créer une forme de tension pour bien faire comprendre qu'il n'est pas un personnage comme les autres. Plusieurs décisions, me semble-t-il, ont été prises sans tenir compte de la position russe et sans tenir compte de nos intérêts dans le domaine de la sécurité. François Hollande ne cè jamais à la séduction de Vladimir Poutine.
Convaincu dès le départ que la seule façon de traiter avec lui est d'établir un rapport de force. Nous avons eu une discussion animée parfois jusqu'au désaccord et j'ai l'impression que ce n'est pas seulement une bouteille de vin mais de la vodka qu'il faudrait pour avancer. Le président Poutine dit toujours les choses franchement.
Et je le fais chaleureusement parce que approchez vous allez sentir la chaleur. J'ai assisté plusieurs fois à plusieurs rencontres entre François Hollande et Vladimir Poutino Crébelin. C'est toujours assez classant et c'est toujours assez tendu en fait.
Vladimir Poutine s'est parfaitement alterné les moments de courtoisie presque de douceur et des moments de pression de tension ou de colère. Et la première impression étant toujours la bonne, selon l'expression même de François Hollande, le français se gardera toujours de faire confiance aux Russes. Il a sans doute eu moins d'attente vis-à-vis de Vladimir Poutine.
Sarkozi a gonflé les muscles. François Hollande, je pense qu'il s'est moins fait avoir en fait. Je confirme qu'il ne s'est jamais fait d'illusion euh sur la nature du personnage, mais euh ça veut pas dire pour autant qu'on peut pas avoir de relation d'état à état et de chef d'état à chef d'état. [musique] En cette année 2013, la guerre fait rage en Syrie.
Avec la pluie des Russes, Bachar Al-Assad fait la chasse aux djihadistes, n'hésitant pas. a bombardé les populations civiles. Les occidentaux soupçonnent le régime d'utiliser des armes chimique.
Un an plus tôt, Barack Obama avait [musique] prévenu. La ligne rouge pour nous serait de voir des armes chimiques être déplacées ou utilisées. En fait, dès 2012, les premières alertes arrivent sur en Syrie sur l'utilisation [musique] de de chlore notamment.
Poutine, de son côté ni ou minimise. Août 2013, les États-Unis, la France et l'Angleterre décident de frapper ensemble. [musique] Mais au dernier moment, les Anglais et les Américains se dégonflent.
La France [musique] se retrouve seule. Para Obama m'appelle au dernier moment, au lieu de convenir de de lancement de l'opération, me demande de un délai pour avoir un temps de discussion avec la Russie et surtout avec son congrès. Les avions français euh avaient les les moteurs euh allumés et d'un seul coup euh on est trahi par notre allié.
François Hollande est euh Furax. Oui, je le suis parce que je comprends que c'est pas simplement euh un sujet syrien. Cette reculade achève de convaincre Vladimir Poutine de la faiblesse des occidentaux.
C'est un tournant absolument central, pas seulement dans l'affaire syrienne et du proche et du Moyen-Orient, mais mondial. Et c'est à ce moment-là que Vladimir Poutine a pensé que le déclin de l'Occident, que la faiblesse des démographiques lui permettait d'avancer beaucoup plus loin. [musique] 3 mois plus tard, une crise au cœur de l'Europe va accentuer cet antagonisme.
Les Ukrainiens se soulèvent contre le refus de leur président de signer un accord d'association avec l'Union européenne. [musique] Moscou y voit la main de l'Occident. [musique] Ça a été compris par Vladimir Poutine comme une tentative de non pas d'agression mais en tout cas de dissociation.
Et donc de ce point de vue, tout ce qui était en train de se passer entre l'Union européenne et l'Ukraine dans une négociation très intense était annonciateur de cette épée de Damocles qui allait leur tomber sur la tête qui était l'intégration dans le temps. Il disait c'est pas possible, vous faites une erreur, c'est très grave pour nous parce que ça va créer une frontière insupportable entre l'Ukraine et la Russie. 3 mois d'affrontement sur la fameuse place Maidane et quelques dizaines de morts plus tard, le président Prorusse est chassé. [musique] La vengeance de Poutine est immédiate.
Russia, c'est l'invasion et l'annexion de la Crimée. Dans la foulée, le Donbas s'embrase. Des séparatistes russophones soutenus en sous main par l'armée du Kremelin s'emparent de régions entières déclenchant la première guerre d'Ukraine. [musique] François Hollande ne va pas ménager ses efforts pour tenter d'arracher un cesser le feu.
Les 5 et 6 juin il invite à participer aux cérémonies de commémoration [musique] du débarquement. Vladimir Poutine et Petro Porochenko, le nouveau président [musique] ukrainien. Quelques jours plus tôt, Poutine avait accordé une interview à TF1 et europen.
Bonsoir, monsieur le président. Les États-Unis affirment détenir la preuve que vous, la Russie, intervenez en Ukraine en laissant des combattants franchir la frontière et même en fournissant des armes à ce que les États-Unis appellent les sécessionnistes. Ils disent avoir des preuves, il mentent.
Il n'y a pas de personnel militaire, même pas de formateur de l'armée russe dans les régions de l'est et du sud de l'Ukraine. Il n'y en a jamais eu. Persuadé du contraire, François Hollande et Angela Merkel réussissent à convaincre Poutine de rencontrer Porochenko. [musique] Donc nous convenons avec madame Merkel de nous retrouver dans un salon en Normandie et de ne pas accepter de photographe.
Sauf qu'il y a eu une photographie quand même, j'avais veillé à ce qu'il y ait quand même une photographie pour que on puisse précisément pour l'ensemble de l'opinion internationale immortaliser ce moment. Ça a duré peu de temps mais suffisamment pour que les messages soient passés. De cette initiative né le format Normandie, une tentative de négocier la paix entre les deux ennemis à laquelle se joint l'Allemagne d'Angela Merkel.
Dans les mois qui suivent, les quatre chefs d'État vont se revoir et se parler souvent comme lors du sommet de Minsk en Biélorussie en février 2015. Des discussions interminables durant lesquelles les deux médiateurs se heurent souvent à la mauvaise foi du dirigeant russe. Bon, nous discutons, c'est la nuit, c'est très pénible, la discussion n'avance pas.
Tout d'un coup, dans mon souvenir, Angela Merkel qui en a assez, c'est 2h du matin, 3h du matin, sort une photo où on voyait un colonel russe dans une des zones d'Ukraine mais occupé par les Russes. Bon et dans mon souvenir, c'est Merkel qui dit à à Poutine alors qu'est-ce qu'il fait ce colonel ? Et la réponse a été, je crois, il a dû perdre son chemin.
Le mensonge pour Poutine, il doit être sidérant. C'est pas un petit mensonge pour créer le change. Il faut que l'interlocuteur soit presque tétanisé par l'ampleur du mensonge.
Les accords de Minsk permettent de geler le conflit en Ukraine. Ça permet de faire terre les armes. Donc ça économise des vies et ça permet d'avoir l'illusion.
C'est bien l'illusion que la guerre est terminée. Et pendant ce temps-là, Poutine lui, il a continué d'avancer. Mais François Hollande n'oublie pas l'annexion de la Crimée.
Il prend alors une décision difficile, celle d'annuler la vente des deux frégates mistrales à la Russie. Chacun devant comprendre qu'un certain contexte empêchait la livraison de ces bateaux. Ce qui est intéressant, c'est que Poutine, quand je lui dis que je ne vais pas lui livrer, il encaisse, il comprend que le rapport de force.
Bon et après il discute argent. Imaginez ce qui serait passé si les Russes avaient utilisé Mistral contre l'Ukraine dans la guerre russo-rainienne. Un an plus tard, les Russes sont plus que jamais engagés en Syrie au soutien de Bachar Al-Assad.
Hollande et Poutine affichent publiquement leur désaccord sur le sort à réserver au président syrien. Et pour ce qui concerne la France, il est clair que Bachar n'a pas sa place dans l'avenir de la Syrie. Le destin du président de la Syrie doit se trouver à 100 % dans les mains du peuple syrien.
Le motif, c'est le mot euh des Russes est toujours le même. Euh oui, Bachar évidemment. Bon, c'est contestable.
Mais c'est un patriote. Et d'autre part euh si ce n'est pas lui, ça va être le chaos. À quoi répond ?
Non, mais le chaos, il y a déjà à l'époque 300000 morts. Sous prétexte d'éradiquer les djihadistes, les Russes bombardent. La cité est en grande partie détruite façon gross nit en Tcheni. [musique] Alors quand Poutine manifeste le désir de venir inaugurer sa cathédrale du Québranli, Hollande refuse de l'accompagner.
Poutine annule son voyage. [musique] De toutes ces années et de ses rencontres avec Poutine, Hollande retient l'image d'un homme à la fois habile et brutal, obsédé [musique] par sa volonté de revanche et de restauration de l'Empire russe. C'est toujours une tentation, l'illusion de se dire "Je vais convaincre Poutine, je vais séduire Poutine." Poutine ne pouvait pas être séduit.
Euh en tout cas, pas par moi. C'est pourtant cet homme qu'Emmanuel Macron va s'efforcer de séduire en lui déroulant le tapis rouge. C'est même le premier chef d'état qu'il reçoit peu après son élection.
Le président Macron a eu comme ses prédécesseurs le sens de l'intérêt d'une relation avec le grand voisin russe. Emmanuel Macron croit à la possibilité d'un reset, c'est-à-dire une relance des relations entre la Russie et l'Occident. Il faut avoir ce dialogue avec la Russie. poursuivre ces discussions, travailler ensemble, renforcer notre partenariat, construire les solutions pragmatiques et exigeantes. [musique] Le décor de cette première rencontre est à la hauteur des ambitions du jeune président français, [musique] la magnificence du château de Versailles. [musique] Cette réception à Versailles est destinée dans l'esprit d'Emmanuel Macron, pardonnez-moi l'expression, d'en mettre plein la vue à à Vladimir Poutine.
Ce sont les palais de la République avec une histoire et c'est vrai que Poutine aussi a le sens de l'histoire même si son interprétation est parfois très personnelle. Entre un hommage à Pierre Le Grand et un passage par la galerie des batailles, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine pose les bases d'une relation personnelle. Mais cette première rencontre va débuter par des reproches.
Alors le Poutine qu'il reçoit à ce moment-là est quand même celui qui est responsable d'ingérence dans sa campagne. Bon par le biais des trolls russes. Dans la conférence de presse commune, Emmanuel Macron va dire des choses très dures en face à côté de de Vladimir Poutine et va lui dire que ces agences RT et Spoutnik sont des agences de propagande, que ce sont pas des médias.
Quand des organes de presse répandent des contrevérités infamantes, ce ne sont plus des journalistes, ce sont des organes d'influence. Ruchoué et Spoutnik ont été des organes d'influence durant cette campagne qui ont à plusieurs reprises produit des contrevérités sur ma personne et ma campagne. Et là, on voit Poutine courber les Chines, se laisser faire la leçon.
J'étais en Russie à ce moment-là. Les opposants étaient russes étaient plutôt très contents en disant "Enfin, il y a un dirigeant occidental qui lui dit la vérité qui lui dit le cas de vérité en face." [musique] Par en cunier, Vladimir Poutine invite Emmanuel Macron à Saint-Pétersbourg.
Au fast de Versailles, Poutine répond par celui de la capitale d'Etsar. à la grandeur succès de la grandeur. Poutine l'a très bien reçu.
Ils ont eu un contact personnel et ils se sont rencontrés très longtemps en tête à tête. Le déjeuner a dû se dérouler, je me souviens plus exactement, mais à 18h parce que ils se sont parlés pendant très longtemps et à l'époque avec le sentiment de pouvoir tracer des perspectives. Et je souhaite pour ma part que la Russie comprenne que la France est son partenaire européen crédible, ouvert et fiable pour préparer l'avenir. [musique] Et quelle plus belle marque de confiance que d'inviter son partenaire dans sa maison [musique] de vacances, le Fort de Brégançon.
Ce jour-là, Emmanuel Macron découvre un Poutine ouvert et sympathique. Presque un président normal. Poutine est très très content.
Il a offert des fleurs à Brigitte. Il faisait beau, ils ont bien mangé. Merci beaucoup à toi.
Ils sont restés beaucoup plus de temps que prévu ensemble. Ils ont veillé tard le soir ce que Pustine fait rarement. Là là où on peut faire des critiques, c'est sur la tactique.
C'est parler à Poutine, certes, le recevoir certes. Fallait-il recevoir dans la présidence dans la résidence d'été du président, c'està dire dans le domaine privé, c'est quand même plus discutable. d'avoir des gestes d'amitié débordants euh à l'égard de dictateur.
Enfin, mon jugement c'est non, j'allais dire niet. Et je suis très heureux de pouvoir l'accueillir dans ce lieu au combien symbolique et sur les rives de cette Méditerranée qui ont toujours beaucoup compté pour la relation entre nos deux pays et pour l'imaginaire russe. [musique] Estce la magie de la grande bleue ?
Toujours est-il que la rencontre [musique] de Brégançon débouche sur une concession. Ce que Poutine a accepté à Bregançon, c'est de rencontrer pour la première fois Volodimir Zelenski qu'il n'avait jamais voulu voir. Il prononçait même pas son nom d'ailleurs.
Vladimir Poutine tient parole. Le sommet a lieu à l'Élysée créant l'espoir d'une détente. [musique] La réunion s'est tenue au mois de décembre 2019 avec promesse d'une nouvelle réunion à Berlin en mars ou avril.
Mais évidemment là le il y a eu la crise sanitaire donc ce n'était plus possible. [musique] Qui aurait pu se douter que quelques mois plus tard, le monde [musique] allait entrer en hibernation, saisi d'effroid par une pandémie telle que les hommes en avaient perdu [musique] le souvenir. Pendant les de années que dure la crise sanitaire, Poutine ne quitte quasiment plus le Kremelin.
On le dit terrorisé par le virus. [musique] Poutine s'est complètement enfermé à la fois physiquement et psychiquement. Il a paraît-il ressasser lu des livres d'histoire à non plus finir ressasser la grandeur de la Russie le risque que tout soit abîmé par l'OTAN en Ukraine et cetera.
Il n'a pas de visiteurs du soir. Il n'a pas de gens qui lui donnent, il y a pas de fou du roi qui lui raconte une autre histoire alors qu'à l'époque il y en avait. [musique] Ce confinement a-t-il renforcé sa paranoïa ? [musique] En tout cas, c'est un homme plus dur, plus en colère contre l'Occident, plus inflexible encore qu'Emmanuel Macron retrouve en 2021.
Quand Vladimir Poutine sous prétexte de manœuvre masse ses troupes aux frontières de l'Ukraine, il aurait dû être évident que rien ni personne ne l'arrêterait dans son projet. Il y a eu une montée en puissance des préparatifs militaires dans la période de plusieurs mois avant l'attaque quand les États-Unis savaient mais eux-mêmes n'y croyaient pas. [musique] Emmanuel Macron ne renonce pas à le ramener à la raison, misant sur ce qu'il croit être une relation personnelle [musique] forte.
Emmanuel Macron regarde Vladimir Poutine avec son esprit cartésien, l'esprit français et il se dit "Ce n'est pas possible parce que cette décision ne serait pas rationnelle." Il y a ce voyage à Moscou [musique] qui commence par une humiliation. Même pour discuter avec le diable, Macron n'aurait pas prévu une cuillère aussi longue.
Donc merci beaucoup de ton temps et de l'accueil aujourd'hui. C'est une humiliation évidemment et madame Macron a refusé de se me soumettre au test Covid. Donc c'est le prétexte.
Imens stable dit tout le mépris du du maître du Kremelin pour les leaders occidentaux Don Macron. Et la mise en scène si vous voulez, ça fait partie de la vie internationale. Il y a toujours une mise en scène.
La diplomatie, c'est aussi de la mise en scène. Monsieur le président est venu en Russie en premier lieu pour aborder les sujets épineurs relatifs à la sécurité européenne et globale. Vous avez une vision forte euh qui parfois n'est pas la même que celle des Européens ou des occidentaux.
Quand Emmanuel Macron est revenu de Moscou, il a clairement dit "Le Poutine que j'ai rencontré l'Inde n'est pas celui que j'ai connu et que j'ai rencontré à plusieurs reprises. [musique] Et puis il y a cet appel de la dernière chance. Merci pour cette disponibilité ce matin.
Si on veut donner une chance au dialogue, il faut calmer dans la région le jeu. Lors de cet entretien téléphonique, Emmanuel Macron, entouré de ses conseillers, tente de convaincre Poutine d'accepter le principe d'un sommet avec Joe Biden. [musique] Mais est-ce que tu es prêt à avancer et à dire aujourd'hui je souhaite une réunion à deux avec les Américains plus élargés aux Européens ou pas ?
On voit en fait le le dilantisme et la légèreté avec laquelle Poutine parle à Macron. Merci en tout cas. En raccrochant, il est persuadé qu'il a convaincu Vladimir Poutine.
Le lendemain, il s'est aperçu qu'en fait Vladimir Poutine n'avait absolument aucune intention de donner suite à à cette proposition. C'est légitime d'avoir tenté quelque chose même si c'était destiné à échouer. À ce moment-là, Poutine avait déjà décidé de d'envahir l'Ukraine. 4 jours après ce coup de téléphone, c'est la sidération.
J'ai décidé de mener une opération militaire spéciale. [musique] En reniant sa parole, le président Poutine n'a pas seulement attaqué l'Ukraine, il a décidé de porter l'atteinte la plus grave à la paix, à la stabilité dans notre Europe depuis des décennies. Quand l'invasion d'Ukraine commence, il est euh extrêmement choqué et il a un coup de téléphone avec Vladimir Poutine qui est assez vif. qui dit à Vladimir Poutine euh "Tu as fait une connerie, euh je sais pas quand est-ce qu'on pourra se reparler." Et il lui dit aussi "Mais je serai ferme, je ferai ce que ce que j'ai à faire." Passer le choc et la déception, Emmanuel Macron tentera [musique] encore de reparler à Vladimir Poutine. [musique] Mais le président français affichera tout de suite un soutien sans faille à l'Ukraine.
Il faut que l'Ukraine puisse résister, défendre son territoire, retrouver [musique] la liberté. C'est une agression d'impérialiste. L'Ukraine ne sera pas conquise. [musique] C'est vrai.
Fin 2022, Emmanuel Macron revient sur sa relation avec Poutine dans une émission réalisée par des journalistes autistes. Je dois vous avouer, j'aimerais pas le rencontrer. Il me fait assez peur.
D'abord, quand on le rencontre comme ça, il est pas désagréable. C'est le paradoxe, tu vois. Ensuite euh je pense que il y a rien qui justifie de déclencher la guerre.
Il a essayé d'expliquer que c'était l'Ukraine qui le menaçait parce que à travers l'Ukraine, c'était les Européens et les Américains qui voulaient menacer la sécurité de la Russie. Je crois que c'est faux. Et au fond, il a décidé de lancer cette guerre pour récupérer des territoires et pour réétendre la Russie et retrouver en quelque sorte le périmètre de l'empire qui avait pu exister.
Donc il a pris une très lourde responsabilité pour lui, pour son peuple, évidemment pour le peuple ukrainien et pour nous tous. [musique] Voilà comment je vo les choses. Leur dernière conversation remonte au 11 septembre 2022. [musique] Peut-on imaginer qu'un jour un président français reparle avec Vladimir Poutine ?
On peut pas savoir quand et comment cette guerre se terminera, mais très probablement quand même autour d'une table de négociation et il faudra bien à un moment donné parler avec celui qui est à la tête de la Russie. [musique] Il faudra voir comment les Russes eux-mêmes s'occupent de Poutine. Nous ne choisirons jamais nos interlocuteurs quel qu'ils soit.
Donc on verra ce que ça donne. Mais la Russie ne va pas disparaître. [musique] [musique] [musique]