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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 1 janvier 2026 7 minContradictoirePortrait personnelSolidarités & famille

Hockey sur glace : "On a une joueuse qui a fini le tournoi samedi soir, et qui passait sa thèse de médecine mardi"

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  • Invité63 %
  • Présentateur37 %

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0:00
Présentateur

Et on souhaite une merveilleuse année aux athlètes qui vont participer dans quelques semaines dans les Alpes italiennes aux Jeux Olympiques et Paralympiques d'hiver. On en reçoit quelques-uns ici à 6h21 depuis le début de cette semaine. Et pour la première fois, l'équipe de France féminine de hockey sur glace va participer à ces Jeux d'hiver. Ce matin, c'est sa capitaine qui est avec nous. Bonjour Laure Baudry.

0:28
Invité

Bonjour à tous.

0:29
Présentateur

C'est le rêve de toute une vie dans les patinoires qui va se réaliser ?

0:33
Invité

C'est ça, c'est le rêve de toute une vie et de beaucoup de joueuses actuelles ou anciennes. C'est le rêve de toutes les générations et on l'a fait, donc c'est exceptionnel.

0:46
Présentateur

Pour vous, personnellement, ça a été une très longue quête, ce rêve olympique, puisque votre première sélection en équipe de France remonte à 2008. Vous aviez 16 ans, vous en avez 34 aujourd'hui, près de 250 sélections. Ça aurait été un manque, presque une blessure de ne jamais goûter à ce parfum olympique.

1:04
Invité

Oui, oui, c'est sûr. C'est sûr que c'était la dernière quête, on va dire, la dernière chose qui me manquait à ma carrière pour me dire « Ok, là, je suis arrivé au bout de l'histoire et j'ai fait tout ce que je pouvais ». Bien sûr qu'on peut parler de résultats aussi, avoir une médaille, se maintenir en élite aussi, c'est des choses qui, pour moi, sont aussi importantes. Mais en tout cas, les Jeux, c'est la plus grande compétition du monde. Pour un athlète, c'est le plus grand qu'on peut faire, donc c'est sûr que c'était la dernière quête, on va dire.

1:34
Présentateur

Ça n'a pas été un long fleuve tranquille, cette quête pour vous, puisque, comme dans beaucoup de sports, en fait, pour les femmes, il faut vraiment être passionné, il faut s'accrocher pour pouvoir jouer au haut niveau. C'est le cas pour vous au Caix-sur-Glace ?

1:48
Invité

Oui, oui, c'est le cas. Il faut savoir que nous, même à l'heure actuelle, dans l'équipe, on a trois joueuses qui sont professionnelles et encore, c'est des contrats d'un an, deux ans, où tu n'es jamais sûr de rien. Et puis après, tout le reste, c'est soit des étudiantes, soit des salariés d'une entreprise. Là, on a une joueuse, on a fini le tournoi samedi soir et on a une joueuse qui a passé sa thèse de médecine mardi, donc qui est officiellement docteur.

2:13
Présentateur

Vous la féliciterez de notre part.

2:15
Invité

Oui, je pense que c'est des histoires comme ça, nous, plus que des joueuses pros.

2:19
Présentateur

Vous-même, vous avez dû, lors de votre dernière saison en Allemagne, par exemple, travailler chez un constructeur automobile pour pouvoir vivre et toucher un salaire en dehors de votre activité de hockeyeuse.

2:33
Invité

Exactement, exactement. La saison dernière, ça a été, je pense, une des saisons les plus compliquées pour moi à gérer entre tout, parce que je travaillais 40 heures par semaine à côté. Les entraînements, j'ai aussi eu la naissance de mon fils, donc ça, par contre, c'était exceptionnel. Mais ça reste que c'est aussi quelque chose qui se rajoute. Et il y a eu beaucoup de choses à gérer sur une saison. Et c'est pour ça, l'effet des JO, ça ouvre aussi des portes. Donc là, on a pu bénéficier d'une aide de l'ANS. J'ai lancé une cagnotte avec un peu le soutien de...

3:04
Présentateur

L'ANS, c'est l'Agence Nationale du Sport, c'est ça ?

3:07
Invité

Voilà, oui, pardon.

3:08
Présentateur

Qui vous aide financièrement. Et vous le dites, vous avez lancé une cagnotte participative en ligne pour vous aider à financer votre préparation, c'est ça ?

3:17
Invité

Oui, c'est ça, via le dispositif de soutien à ton sportif, via la Fondation du Sport français, en fait, qui a lancé ça, je pense, il y a à peu près un an et demi. Et donc, on est plusieurs joueuses à avoir lancé notre cagnotte parce que c'est un peu la solution, entre guillemets, qui pouvait nous permettre d'avoir rapidement une aide. Parce que moi, oui, les JO, c'est extraordinaire. Oui, c'est le rêve d'une vie. Mais je ne pouvais plus faire comme j'ai fait l'année dernière, surtout avec la naissance de mon fils, pour ma famille, etc. Ce n'était pas des conditions, ni pour ma famille, ni pour moi, mes performances et pour ma préparation.

J'avais dit au staff cet été, moi, je ne peux pas refaire une saison comme celle-là. Et donc, il y a eu beaucoup de choses qui se sont mises en place, ce qui me permet de me concentrer vraiment sur le sport.

4:02
Présentateur

Il y a les entraînements, évidemment, tous les jours, les matchs, les tournois à l'étranger, le travail pour vous, qui avait un statut soit d'amateur, soit de semi-professionnel la plupart du temps. Et puis, vous l'avez dit, pour vous, depuis un an et demi, avec votre compagne, il y a la maternité. Vous arrivez à tout gérer de front ?

4:24
Invité

Oui, oui, j'arrive à tout gérer de front. Ça va qu'on est bien organisé et que j'ai les proches qui me soutiennent aussi. Mon fils, il peut venir sur les stages avec nous parce que j'ai des membres de ma famille qui viennent sur les stages pour s'occuper de lui. Donc, c'est plusieurs choses qui se mettent en place. Donc, c'est une organisation, c'est sûr. Il ne faut pas se louper dans les journées parce qu'il y a beaucoup de choses à faire. Mais non, on ne s'ennuie pas.

4:54
Présentateur

Et les mentalités évoluent beaucoup ces derniers mois et ces dernières années sur la maternité des sportives de haut niveau ?

5:02
Invité

Oui, oui. Je bénéficie aussi d'une aide spéciale de l'Agence Nationale du Sport pour les séjours parentalité. Et une autre joueuse aussi de l'équipe, Léa Viau, qui est aussi maman. Voilà, nos fils vont pouvoir venir au JO, vont pouvoir venir au championnat du monde. Et ça, c'est un énorme soutien pour la maternité, en fait. Et pour se dire, OK, on peut aujourd'hui... On n'est pas obligé d'arrêter la carrière complètement si on veut un enfant. Et il y a des choses qui sont mises en place. Donc ça, c'est vraiment bien. Et puis, de le vivre avec son enfant, c'est encore plus fort, ça, c'est sûr.

5:31
Présentateur

Oui, il sera avec vous à Milan et dans les tribunes, peut-être pour les matchs. Alors, peut-être avec un casque anti-bruit, parce que... Oui, on l'a déjà. Oui, j'imagine. Quel sera votre objectif pour ces Jeux Olympiques, ces premiers Jeux Olympiques, donc pour l'équipe de France Féminine de hockey sur glace ?

5:51
Invité

Déjà, nous, on s'est fixé un objectif d'équipe, c'est vraiment les quarts de finale. Donc, on sait, c'est les premiers Jeux. Il y a beaucoup de paramètres autres que même juste les performances qui rentrent en jeu. On a échangé déjà avec des athlètes de différents sports. On sait que les premiers Jeux, c'est compliqué. Il y a beaucoup de distractions, mais on se prépare à ça et on s'est mis comme objectif les quarts de finale au vu de notre groupe. On pense que c'est ambitieux, mais réalisable. On sera outsider, évidemment, mais c'est des équipes qu'on a déjà battues.

6:21
Présentateur

Vous aurez qui dans votre poule ? Rappelez-nous.

6:23
Invité

On va commencer par l'Italie, donc le PAYOT. Le match d'ouverture contre l'Italie, donc ça, ça va être un grand match, je pense. Donc là, c'est des points à prendre tout de suite. Et après, on enchaînera avec le Japon, la Suède et l'Allemagne. Donc, trois nations qui sont devant nous au classement mondial. Voilà, c'est des gros morceaux, on le sait. Mais on sait qu'on est capable de les battre. On les joue régulièrement, à part l'Italie. En tout cas, l'Allemagne-Japon, on se connaît par cœur, on se joue souvent. Donc voilà, après, c'est juste de se dire qu'il faut les battre le jour J.

6:54
Présentateur

Objectif quart de finale, donc. Et pourquoi pas mieux pour les Bleus du hockey sur glace, dont vous êtes la capitaine, Laure Baudry. Merci beaucoup et on vous souhaite de vivre pleinement ce rêve olympique. On vous regardera en tout cas. Merci beaucoup.

7:07
Invité

Merci beaucoup.