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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 2 décembre 2025 45 min

Labelliser les médias : urgence ou dérive ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir. Bonsoir à toutes et à tous. Bienvenue, [musique] c'est Sens Public.

Vous connaissez la promesse de l'émission Donner du sens à l'actualité et aux crises que nous traversons grâce à nos experts et aux journalistes de la rédaction de Public Sénat avec au sommaire de ce 2 décembre la droite et l'extrême droite qui accusent Emmanuel Macron de vouloir contrôler l'information en labellisant les médias. Que veut vraiment le président de la République ? Comment lutter contre les manipulations et les faux sites d'infos ?

Pourquoi cette polémique tourne au bras de fer entre C News et l'Élysé ? On en débat dans une minute et puis dans la seconde partie de ce [musique] sens public, cette question faut-il se préparer à la guerre ? L'Europe se réarme.

La situation mondiale est une situation qui a beaucoup changé. Je suis aujourd'hui dans une situation où je dis les dividendes de la paix sont terminées. Nous devons donc être équipés parce que pour être respecté, il faut équiper, entraîner et craint.

Pour ne pas flancher, la France doit être prête à perdre ses enfants. Le chef d'état-major des armées a-t-il eu raison [musique] de tenir de tels propos l'agressivité russe justifie-t-elle d'augmenter à ce point nos dépenses militaires ? Faut-il rétablir un service national obligatoire pour faire face au nouvel risque ?

Ne ratez pas l'analyse et la confrontation de nos invités sur ce thème, ce sera dans tris qu4 d'heure. Sur ces menaces de guerre, vous pouvez réagir en flashant notre QR code. J'attends aussi vos questions [musique] sur le label que souhaite le chef de l'État pour lutter contre la désinformation.

Gér rabier droite et extrême droite sont vent debout contre ce qu'ils considèrent comme une atteinte à la liberté de la presse. D'après eux, Emmanuel Macron veut créer un label qui différencierait les médias en fonction du sérieux de leur travail. Et l'objectif d'Emmanuel Macron, c'est de maîtriser l'information.

Alors, il dit que ce seraiit les journalistes eux-mêmes qui les journalistes choisis par qui ? Par Emmanuel Macron. Donc ça revient au même.

Il n'a pas à imposer une pureté journalistique. Je suis assez surpris de cette dérive presque totalitaire. Bruno Rotaillot a lancé une pétition sur le CDLR tout comme le parti d'Éric Sioti.

Leur discours est relayé par des médias, en particulier ceux du groupe de Vincent Boloré. Pourtant, quand il a évoqué ce projet, Emmanuel Macron a bien dit que ce n'est pas à l'État de faire ce travail, pas l'État qui doit vérifier. Si c'est l'État qui doit vérifier, c'est pas mieux que le système où on vit aujourd'hui.

Parce que parce que là, ça devient une dictature. Mais il faut que les journalistes garantissent à leur lecteur que eux ont vérifié avec une déontologie dont ils sont les garants entre eux. Il répondait à des initiatives de médias qui se sont fait certifier sur leur rigueur journalistique comme ceux du groupe de presse Ebra qui détient de nombreux journaux régionaux.

Et face aux accusations, la porte-parole du gouvernement a préféré l'ironie aujourd'hui. Je vous confirme, étant porte-parole du gouvernement de Sébastien Lecnu, qu'il n'est pas prévu la création d'un ministère de la vérité dans les jours à venir. Le compte Twitter de l'Élysée s'est même permis à un montage vidéo qui confronte des extraits de la chaîne C News où l'animateur vedette propose un nom pour le futur organe de contrôle.

La Pravda. L'Élysée répond par les propos prononcés par Emmanuel Macron pour montrer que ces insinuations ne reposent sur rien. Labelliser les médias est-ce une urgence ou au contraire une dérive ?

On en débat tout de suite avec Max Brisson. Bonsoir. Bienvenue.

Vous êtes sénateur LR des Pyrénées Atlantiques, vice-président de la commission de la culture, de l'éducation et de la communication. Nathalie Sonac, bonsoir. Bienvenue à vous aussi.

Vous êtes professeur à l'université Panthéon à Assas. Vous avez été membre du CSA, vous êtes président de la commission espace public au laboratoire de la République. C'est le cercle de réflexion fondé par Jean-Michel Blanquer et vous publiez le nouveau monde des médias, une urgence démocratique aux éditions Audil Jacob.

Thbo Brutin, bonsoir, bienvenue. Vous êtes le directeur général de Reporteur sans frontière et Michael d'Armond. Bonsoir Michael, bienvenue éditoralist pour Sens Public.

Max Brisson, votre partie lance une pétition pour refuser cette labellisation. Pourquoi ? Mais d'abord, on se demande quand est-ce que le président de la République va chercher une annonce par semaine pour faire parler de lui.

On a eu droit récemment au rythme scolaire, on a eu droit aux écrans. Le président République est en panique, il a perdu le pouvoir, il a perdu les élections lors de la dissolution. Il cherche à exister.

Si on faisait le le recensement de tout ce que le président de la République a annoncé depuis 1 an et demi et de ce qui ne se et ce qui se passe, on ferait que le le fossé une pétition. Pourquoi ça vaut une pétition d'après ? Ça ça vaut une pétition parce qu'il est temps aussi qu'il se calme et qu'il prenne un peu de hauteur.

Il est temps qu'il arrête de rentrer dans la mêlée, de relever la mêlée, de créer des tensions. Moi, son rôle sur ce sujet, ce serait de faire respecter la Constitution. La constitution est très claire.

C'est là où il devrait se situer. C'est cette constitution, elle est très bien écrite hein. Euh tout citoyen peut parler, écrire, imprimer librement sans répondre des abus de sa liberté dans les Gates déterminé par la loi.

Ça suffit, c'est clair, c'est net. Et c'est là qu'on attend le chef de l'État plutôt que de rentrer dans des polémiques. On est un chef de l'État qui polémique pour exister et qui fait du mal au pays parce que il y a suffisamment aujourd'hui de sujets de polémique et je l'appelle peut vous retourner le compliment. dire non c'est lui qui a commencé excusez-moi.

Non non excusez-moi. Il a voulu mettre ce débat sur la place publique de cette manière-là qui a un problème sur les fake news. On peut en parler mais pourquoi le chef de l'État pourquoi comme ça sinon pour exister à meilleure preuve on fait une émission sur sur ça c'est que c'est qu'il a donc réussi [rires] et il veut exister mais son volonté d'existence devient insupportable.

Mais ça ne m'empêchera pas de poser la question centrale qui est-ce qu'il faut un label ? et comment on lutte contre ces choses et c'est pour ça qu'on est réussi au autour de de Vous pensez que ce tweet de l'Élysée est digne de la présidence de la République ? Je vais pas répondre je vais pas répondre à cette question.

Est-ce qu'on peut rappeler Nathalie Sonac l'objectif d'un d'un tel label ? Est-ce qu'il faut dans le contexte actuel labelliser les sites d'information, les médias d'information ? Disons qu'il me semble que de mémoire le président de la République l'avait mis dans sa campagne de 2022 avec l'idée d'établir un diagnostic sur les enjeux qui étaient liés à la à l'information et de mettre sur la table des propositions.

Euh la l'époque Christophe Delir a monté euh a créé les États généraux de la formation qui était le président directeur de président son son frontière sur euh pour mener une consultation citoyenne à laquelle en fait il y a des centaines de gens qui ont euh qui ont participé, cinq groupes de travail, un comité de pilotage et 15 propositions. Alors il y a eu beaucoup beaucoup de propositions mais 15 propositions principales ont été retenues. Et donc pour préparer évidemment cette émission, je suis retourné voir les propositions et la proposition numéro 6 donc elle date déjà de 2022 était celle véritablement de poser un label mais qui était un label volontaire de la part de de la part des des producteurs d' point très important qui dirige ce tel label ?

Est-ce que ce sont les journalistes mêmes ? Comment est-ce que ça vient de l'État ou pas ? C'est ça c'est c'est évidemment au cœur du débat.

Bien sûr, mais il y a quand même un un élément qu'il faut prendre en considération qui est qui est nouveau, même si la loi est fondamentale, on a celle de 1881 pour pour la presse, de 1986 pour l'audiovisuel et effectivement l'article 11, vous avez raison, monsieur le sénateur de le rappeler que 1789 nous dit bien que c'est dans un cadre juridique, mais c'est quand même à ce moment-là que ça vaut le coup quand même et ça me semble extrêmement intéressant et surtout indispensable de reposer aujourd'hui la le positionnement de l'information. Il s'avère que l'information aujourd'hui dite de qualité, en tout cas on y reviendra sur des critères, est très mise à mal dans cet océan de contenu avec fake news, ingérence étrangère, malinformation, peut-être un chiffre si vous me le permettez, mais on aura le temps de d'approfondir, mais aujourd'hui euh dans le monde, on a 23 % des 18 25 ans qui s'informment sur TikTok et 30 % des jeunes français ne s'informment plus la presse, la télévision ni sur les réseaux sociaux mais s'informe sur les moteurs de réponse et ces réseaux sociaux ne sont pas soumis aux mêmes règles puisqu'ils considèrent queils sont pas responsables des contenus qui diffusent. Alors je vais vous redonner la parole parce que on a on a on a le temps et j'aurais que tout le monde puisse s'exprimer.

Thierry Bin d'une certaine façon, il y a déjà un label ou une certification, ça s'appelle le JTI Journalism Truce Initiative. De quoi il s'agit ? Alors, je veux pas dire qu'on est ravi du débat public qui se polarise sur ce sujet cette semaine, mais oui, ça fait longtemps que ces sujets-là sont sur la table.

Euh, en 2018, Reporter sans frontières avec l'agence France-Press et euh l'Eurovision, le BU euh avait euh convoqué un comité de normalisation euh au sens ISO et en 2019, il y a eu des travaux considérables avec des centaines de parties prenantes de la presse pour établir ce qui pourrait être un référentiel de la production journalistique. C'est l'équivalent du commerce équitable. mais appliqu c'estd que ça vous dit pas si le chocolat est bon d'illeurs dans le commerce équitable il est parfois pas bon mais ça vous explique comment il a été produit et nous nous faisons le pari que le journaliste c'est une profession que c'est une méthode et que cette méthode doit être protégée.

Donc c'est une façon de différencier des des médias avec des journalistes qui respectent un certain nombre de règles déontologiques. D'autres qui ne les respectent pas qui ou qui ne sont même pas des médias sont des faux d'information. Regardons ce que c'est que la alors laisation.

Moi, j'aime pas trop ce terme. Ça renvoie un petit peu un sentiment de mettre des étiquettes comme sur les fromages. Euh nous la la norme que l'on porte et et l'effort qu'on porte, c'est un effort de certification.

Ça existe dans tous les secteurs d'activité. Alors, je veux bien que le journalisme soit très spécifique. Je je j'aime le journalisme profondément, je pour que j'ai besoin de le rappeler.

Mais enfin, c'est quand même assez ahurissant que la profession ne soit pas organisée, notamment en France pour mettre en place des dispositifs de ce type. Là, la spécificité de la certification, c'est qu'elle est volontaire. Moi, j'en ai marre des gens qui justement de l'extérieur viennent juger ce que font les autres médias.

Euh je pense qu'il est important que ce soit une démarche ouverte. Euh c'estd que il y a déjà des clubs qui existent. Vous êtes un grand média, vous discutez avec les plansform de vous arrangez pour avoir une meilleure un meilleur référencement algorithmique, ça existe déjà.

Et puis il faut que ce soit un dispositif qui soit positif. Euh il s'agit pas de faire du blacklisting. Moi, je crois que euh il y a une passion triste dans notre société qui consiste à supprimer des contenus tout le temps.

Euh moi ce que je demande juste, c'est qu'on amplifie les contenus journalistiques qui sont aujourd'hui amoindris dans les algorithmes parce qu'ils sont moins attrayants. Alors, il y a il y a il y a il y a beaucoup de de sous-thèmes et il y a quand même une un vrai thème et vous avez démarré par ça he Max Brisson. Euh un vrai thème politique avec de nombreuses personnalités de droite et d'extrême droite qui accusent Emmanuel Macron de vouloir contrôler l'information.

On va d'abord écouter Éric Sioti, le chef de fil des députés Union des droites républicaines. Il y aurait une information qui serait vraie parce qu'elle serait validé par le pouvoir et il y aurait une information qu'il serait fausse parce qu'elle ne serait pas validée par le pouvoir. On croit rêver.

Je ne sais pas quelle mouche a piqué le président Macron de sortir une idée aussi baroque si ce n'est peut-être une volonté de faire changer le régime et de se maintenir quelque part presque peut-être de façon autoritaire au pouvoir. C'est un vrai tournant autoritaire de son de sa présidence. Et la ministre de la culture qui était interrogée à l'Assemblée cet après-midi a pu répondre.

On écoute Rachida Dati. Jamais le président de la République ou le gouvernement n'ont émis l'idée ou une quelconque proposition sur une éventuelle labellisation des médias par l'État. Jamais.

J'espère au moins que c'est clair et net. Ensuite, quel est le défi auquel on fait face aujourd'hui et notamment nos médias, nos médias traditionnels, qu'ils soient d'ailleurs de droite ou de gauche, ils font face à une préance de plus en plus importante des réseaux sociaux mais aussi des influences étrangères dans le départ public. C'est ça le défi auquel nous sommes confrontés aujourd'hui.

Euh Max Brisson, est-ce que la réponse de la ministre de la culture, elle met pas tout simplement fin à la polémique pour vous ? Je ne parlerai pas comme écotti. Je suis bien d'accord que les journalistes sont irremplaçables et qu'ils certifient l'information et que si les journalistes et les organes de presse veulent de manière volontaire, comme cela a été dit, se différencier d'autres vecteurs d'information, cela me paraît très naturel.

Que ça soit à l'état de le faire, là j'ai une grande interrogation. ou je partage ce qui vient d'être dit le mot labellisation n'est pas le bon mot. C'est c'est pas la certification de l'information.

Ça n'a aucun sens la certification d'information. C'est la certification d'organes de presse qui respondent à des règles. Ce qui n'empêche pas les citoyens librement de d'aller à la source de l'information là où ils veulent à travers le puralisme.

Mais donc moi, il y a quelque chose de gênant dans les propos du président République. Mais alors sur le fond, moi je ne pense pas nécessaire de certifier l'information. Ça serait absurde.

Ça donne finalement du gras moudre à ceux qui sont sur des postures extrêmement dures et qui vont parler de de vérité officielle. Il n'y a pas de vérité officielle honnêtement. Qu'est-ce qu'une fausse nouvelle ?

Vous parlez d'ingérence étrangère, elles sont toujours existé, excusez-moi, mais quand la CGT force ouvrière est née sous l'initiative de la CIA et la CGT prenit la CGTK prenait ses ordres à Moscou, c'est quand même pas nouveau. Et excusez-moi quand une autre dimension, mais j'en sais rien. Je ne sais pas si ça regardez [rires] regardez regardez la guerre froide mais un peu d'histoire, ça fait pas de mal.

Revenez revenez à les guerres froides quand le parti est-ce que le parti communiste est-ce que le parti communiste français à l'époque de la guerre froide et sous Maurice Torres diffusit des informations vérifié certifié il diffusait un certain nombre de convictions. Moi je suis un homme politique je m'autorise le droit d'être dans la conviction excusez et que les journalistes soient là pour dire l'information. Je vois que beaucoup de journalistes font beaucoup de commentaires et sont aussi et sont aussi dans l'opinion et on peut avoir aussi une presse d'opinion dans ce pays.

Donc donc on a bien le droit d'avoir des opinions politiques et les opinions politiques ne correspondent pas à à ce que je ne sais quelle vérité parce sinon il y a un danger c'est la nouveauté du nouveauté de quoi je pense que invités vont déjà ces réflexions sur la standardisation la normalisation la certification ça existe de longues dates on en parlait de 2019 mais je trouve que l'argument et j'étais sur un plateau télé tout à l'heure sans parler de de notre chaîne où on m'a sorti le0 Voilà, on va parler de la loi de 1881 et de de l'Aurore en 188. OK, l'Aurore en 1898, très bien. Mais là, on est en 2025, on est plutôt au crépuscule de la presque qu'à l'horreur et je pense que franchement, on est face aujourd'hui à une faillite systémique pour garantir le droit des citoyens à l'accès à l'information fiable qui est pas temps.

C'est vous avez une économie des médias qui s'effondre, vous avez des garanties dans les digit démocratiques dans l'espace digital qui sont extrêmement limités. Vous avez une confiance des citoyens qui s'érodent. Ah, je veux pas être trop pessimiste mais il est quand même vous avez une vision de l'histoire irque.

Excusez-moi, c'est pas ça un mot de Michel Darm et ensuite je reviens vers vos livres d'histoire. Revenez un petit peu à la réalité Melz allons-y Michel Darmite question en fait c'est tout simplement est-ce que la déclaration du préublique aide le propos ou pas ? Je je suis étonné parce que effectivement il y a forcément connaissance du travail important que fait RSF depuis longtemps.

Pourquoi ne commence-t-il pas en disant d'abord il y a un travail qui le dit quand il est dans ce débat organisé par la Voie du Nord, il le dit mais bon mais en même temps oui mais c'est pas portéent c'est pas porté parce que c'est pas ce qu'on retient parce que c'est lui qui parle. Or, on est effectivement et c'est là le problème, c'est que dans une monarchie républicaine telle que on est dans la 5e République, je pense que le président de la République quelque part ne peut pas toucher à ce genre de sujet parce que sinon ça peut mettre de côté ce qui est déjà fait par la profession. Oui.

Oui, j'entends l'émetteur est important en la matière. Est-ce que vous pensez que le risque est plus important aujourd'hui ? Sonac moi je pense qu'il faut quand même prendre la mesure de la situation démocratique dans laquelle on se trouve en France mais en Europe et voir ce qui se passe aux États-Unis. le fait de dire que 30 40 % aujourd'hui voir 70 % euh sur dans certains pays qui s'informent sur les réseaux sociaux, je suis désolé, on a beau connaître l'histoire, c'est un phénomène qui est complètement nouveau.

Le but du jeu n'est pas de se dire euh abas les réseaux sociaux et revenons au au temps d'avant. Absolument pas. L'idée simplement de se dire et il me semble que ce que ce qui est posé dans le débat aujourd'hui démocratique qui est celle de finalement du rôle des médias de la de la démocratie et que aujourd'hui les médias sont complètement en train de vivre un tsunami et le tsunami qu'on est en train de vivre c'est plus simplement l'arrivée des nouvelles technologies de l'information et de la communication et des réseaux sociaux. on a l'IG, c'est-à-dire l'intelligence artificielle générative qui est quand même en complètement en capacité de produire des informations, de la vidéo, de la désinformation sans que qu'aucun, même les grands spécialistes puissent faire la différence.

Donc c'est pas une question de leçon d'histoire. Et puis un autre point, si le terme de laisation vous choque, je vous je vous laisserai tout à chacun peut avoir ses sensibilités de vocables, mais en l'occurrence le logo IPG, l'information de presse généraliste qui était constitué, qui est l'un des critères pour obtenir des aides de l'État à la presse, si ce n'est pas ça de laisation, qu'est-ce que c'est ? Il faut bien répondre à un certain nombre de critères.

Aujourd'hui, quelle est la problématique fondamentale ? C'est que on ne fasse pas la distingo et ça c'est le cas de quasiment 60 % des individus, des gens sur la planète distingo entre le vrai du faux. Le fait c'est qu'il y a une notion de défi très forte à l'égard des institutions, à l'égard des politiques.

D'ailleurs, c'est une des raisons pour lesquelles tous tout parti confondu s'empare de ce sujet avec une une telle vigueur, c'est parce que évidemment c'est eux qui sont terriblement déstabilisés et les et les médias aujourd'hui. Et je je rebondis sur les propos de Thbo à l'instant. L'économie des médias, enfin pardon, ça fait 25 ans que je travaille sur ce sujet-là, c'est plus qu'une crise.

Vous avez la gentillesse de citer mon l'ouvrage et le le titre de mon ouvrage, le nouveau monde des mot une le nouveau monde des médias, une urgence démocratique. Aujourd'hui, c'est une urgence démocratique, on est 2 ans après, qui est augmentée. Alors, vous vous dites il y a plus de risque de dérive que d'urgence.

Max Brisson. Je voudrais bien préciser ma pensée. Je répète que je comprends parfaitement que les médias y compris les médias numériqu de la une crise très forte de la formation papier, il y a une crise très forte de la presse papier.

Il y a d'autres formes aujourd'hui de médias qui sont vraiment on est dans des mutations extrêmement fortes et vous êtes beaucoup plus spécialistes que les médias veillent certifier et et finalement dire aux auditeurs, aux téléspectateurs, aux lecteurs, aux citoyens tout simplement d'où il parle. Ça ça ne ça ne me choque pas. Vous pouvez pas m'empêcher pas m'empêcher de dire que il y a une formidable défiance vis-à-vis du peuple aujourd'hui.

Euh vous et moi j'ai le sentiment aujourd'hui que dans les élites de notre pays comme dans d'autres beaucoup d'autres pays, on aurait tellement finalement envie que le peuple soit différent et pense différemment hein. Finalement [rires] ce qu'aujourd'amnot a dit elle veut faire un audiovisuel public pour le peuple pas pour les les auditeurs, les téléspectateurs pas tels qu'ils sont mais tel qu'elles voudraient qu'il soit. un mot de réponse façonner le peuple éid mauvaise qu'est-ce que c'est qu'une mauvaise information c'est beaucoup celle qui déplaît celle qui ne correspond pas au standard excusez-moi il y a une volonté des élites françaises finalement de dire ce que le peuple doit penser et il arrive il arrive aujourd'hui que le peuple a envie de penser différemment et donc excusez-moi qu'est-ce qu'une mauvaise nouvelle qu'est-ce qu'une une fake news aujourd'hui qu'est-ce qu'une fake news aujourd'hui c'est une c'est une c'est une information qui ne vous plaît pas cherche pas faire [rires] cherche pas faire et je dirais la misère aussi du discours politique de voir du politique partout.

Moi je trouve que là on parle et peut-être d'ailleurs à tort parce que effectivement ce sont des maintenant des donc un élu, le président de la République qui parle de ce sujet, c'est désormais vraiment [rires] une pétition, je veux dire c'est l'arme historique de la société civile maintenant par le parti des Républicains qui viennent voilà disrupter le champ du journalisme. Alors ça en dit long comme je disais sur l'échec de l'autorégulation qui est quand même assez faible en France. silon sur l'échec de la régulation et voilà, je vois que vous allez y venir mais il faut comprendre que la loi de 1880, elle date de 1880, la loi de 1986, elle date de 1986 et on n pas réglé la question de l'espace digital.

Donc aujourd'hui, il faut qu'on fasse un pas tous les uns vers les autres. C'estàd que la demande des citoyens pour une information fiable, elle existe. Les sondages la prouvent.

Quand je discute avec des patrons de presse, et je donnerai pas de nom, on a toujours l'impression que c'est "Mais pourquoi les gens ne nous aiment pas ?" et cetera. Donc il faut écouter la demande des citoyens et pour cela il faut faire un acte de transparence et je pense que les processus de certification vont dans ce sens.

C'estàd que la certification sans évidemment aller jusqu'à l'interdiction des médias d'opinion. Il faut des médias d'opinion et de toutes les opinions. Personne ne dit le contraire en tout.

Mais c'est ça personne. Mais je ne sais même pas s'il y a d'autres gens qui ailleurs le disent. C'est pas la problématique et il s'avère que des médias d'opinion nous en av qui se passe c'est que l'émergence alors là je suis pas tout à fait d'accord avec vous parce que l'émergence de ces news et des médias du groupe Boloré crée de l'irritant chez ceux qui étaient pas habitués à entendre ce type de discours absolument il y a quand même ça aussi dans en l'occurrence c'est parce que là c'est déplacé dans le domaine de l'audiovisuel et là effectivement c'est la première fois que nous aurions une chaîne qui est plutôt classée et qui se dit elle-même en tout cas considérée comme conservatrice et il s'avère que jusqu'à présent Si vous me permettez jusqu'au bout, la loi de 1986 et ça me permet de faire la transition avec l'ARCOM, la loi 1986 nous dit bien que les chaînes d'opinion ne sont pas autorisées.

Donc c'est ça qui crée le débat européens. Peut avoir des médias de presse écrite d'opinion mais pas de chaînes de télévision d'opinion. C'est ce que dit la loi pour l'instant.

C'est pour ça que je répondais à monsieur Brisson uniquement sur sur ce pointl sur le fait que la presse d'opinion existe a toujours existé et ça effectivement depuis depuis bien longtemps en matière de télévision cette notion de pluralisme vous pourrez répondre là-dessus je je je fais en sorte que ça ne parte pas parce qu'on va vraiment consacrer un débat sur le le les médias audiovisuels d'opinion mais pardon je je vais je veux vraiment qu'on avance voilà parce qu'il y a la question je reste sur la la question de des nouveaux médias appelons-les comme ça ou des réseaux sociaux ou des médias sociaux et des la question des algorithmes. Je me tourne vers vous euh Michel parce que vous vouliez nous parler de ces bulles numériques là qui qui polarisent et qui empêche le consensus aussi de de s'exprimer. Oui, parce qu'effectivement le débat peut pas se réduire uniquement à la polémique qui vient qui vient déclencher.

On peut pas se contenter de dire le numérique transforme notre société. Il faut en fait regarder la réalité en face. Nous sommes plus en transition.

On est entré dans une nouvelle civilisation et comme toujours alors qu'un monde bascule et bien on le regarde, on avance à la fois fasciné, inquiet. Mais la chose est claire. La civilisation euh euh numérique ne modifie pas simplement nos outils.

Elle change nos manières de vivre, de s'informer, de débattre, de travailler, de tout faire. Le téléphone n'est plus un objet. C'est c'est le prolongement tout simplement du corps social.

Et les algorithmes en fait façonnent maintenant notre perception du réel. C'est donc le sujet. Donc et cette mutation, on commence à en payer le prix parce qu'on vit au fond dans une sorte, je dirais de un peu en même tempisme civilisationnel, c'est-à-dire à la fois en même tempisme simil.

Regardez, en même temps, à la fois nous sommes dans une époque, on peut tout dire. On a bien compris, c'est d'ailleurs le sujet et en même temps la parole n'a jamais été aussi fragile. Donc de ce point de vue là, c'est le sujet que que auquel on fait face et là les gouvernements effectivement encore sont sans réponse avec un espace public qui effectivement se déplace vers notamment des plateformes privées où les les règles elles changent, où les intérêts sont assez opaques.

Est-ce que ça met en danger notre démocratie pour Absolument, elle doit réapprendre à respirer et à faire face. Aujourd'hui, ces ennemis ne sont plus concentrés dans des pays ou des forteresses totalites, mais ils essèent et ils assument. Ils ne portent plus des ils portent les coups de boutoir simplement avec des armes.

Ça c'est déjà au fond connu. Mais surtout maintenant, ils appliquent la stratégie, vous savez, de ce fameux stratège chinois Sunsu, c'est-à-dire on fait tomber une cité sans même lever l'arbre en la rongeant de l'intérieur et il se propage à la vitesse de la lumière. C'est ce qu'on appelait avant au début de cette ère les autoroutes de l'information qui aujourd'hui un peu sont les itinéraires délestage de tout ce qui est toxique et opaque pour la démocratie.

Non, il y a pas que ça. Il y a il y a aussi des promesses assez sympathiques avec la civilisation. aussi faut le dire c'est un horizon immense parce que jamais l'accès au savoir n'a jamais été aussi ouvert jamais les capacités de création de collaboration d'innovation ont été aussi fortes les jeunes génération elles nous déconcertent elles naviguent dans ce mondeel avec une agilité stupéfiante et elles inventé de solidarité donc la question n'est plus savoir simplement si on veut ou pas du numérique c'est c'est réel mais plutôt qu'est-ce que les pouvoirs vraiment peuvent faire parce qu'en fait on est dans un moment décisif et les mutations en cours elles sont irréversibles Et d'ailleurs, si on va donner un chiffre, alors il date de 2022 mais il est intéressant.

Beaucoup de fausses informations sur ces réseaux sociaux. En l'occurrence, c'était le site Newsard qui disait qui avait étudier TikTok 20 % des vidéos d'actualité sur TikTok qui contenaient des informations trompeuses. Ça a pas dû s'arranger depuis.

Max Brisson, est-ce qu'on peut rester inerte face à ça ? Non, certainement pas. Le le danger dans les propos du président République, c'est la recherche d'une sorte de vérité officielle, d'un espace dans lequel on aurait le droit de se mouvoir et d'un espace dans lequel on il ne serait pas bien de se mouvoir.

En revanche, le vrai sujet, c'est le sujet de du pluralisme. C'est le sujet d'où c'est la manière dont on garantit le pluralisme, la liberté d'accès à une information qui soit dont on connaisse la nature des organes qui la diffusent. ou voilà moi je suis opposé à toute forme de censure sauf bien s celle qui est prévue par la loi bien entendu tout ce qui touche à l'antisémitisme au racisme à la diffamation à la haine à la haine de l'autre et dans le cela c'est c'est le cadre de la loi pour le reste il faut que la liberté soit la plus large possible nous avons affaire à des citoyens qui votent et qui ont à qui il faut donner bien sûr les moyens de savoir d'où vient l'information et cette information elle doit être très très libre et c'était ce qui était gênant dans les propos du président président de la République, c'est cette idée qu'il y aurait une voilà une information un peu officielle, une vérité un petit peu officielle, un cadre dans lequel on peut se prouvoir et c'est vrai, on a eu ce débat, on va pas revenir sur l'audiovisuel, vous me réinviterez pour un débat sur [rires] sur l'audiovisuel.

On va pas on va pas on va pas revenir là-dessus mais c'est vrai qu'il y a eu longtemps un cadre qui a été bien fixé et qu'un certain nombre de groupes privés et pas que le groupe Boray sont en train de bousculer cela. Vous savez comme le dit Bruno Rota dans ce pays pendant très longtemps, il y avait deux parties dont qui étaient de gauche et dont l'un était par convention dit de droite. Mais c'est c'est Maurice Ruan, c'est une citation de Maurice Ron.

On est en train de sortir de là. C'est évident qu'il y a une un magistère moral, un magistère de la pensée qui était plus qui tombait plutôt à gauche, une sorte de yalta et qui est en train de disparaître, qui est aujourd'hui remis en cause. Alors ça désarçonne ceux qui le tenaient et le vrai danger c'est que ceux qui le tiennent veulent continuer de former.

Ma Brisson, j'ai prévu d'en parler dans ce débat. Je pourrais vous réinviter une autre fois mais là on va avoir le temps. Il rest il nous reste 20 minutes.

Il nous reste 20 minutes et on va vraiment poser cette questionlà de des des des médias d'opinion. [rires] Mais vous avez pas tout à fait Oui, vous pourrez revenir mais vous avez pas moi la question la qu'on pose c'est la question des réseaux sociaux et des fausses informations sur ces réseaux sociaux et et de de la fragilisation de nos démocraties et nos processus électoraux avec ces fausses informations. On peut peut-être rappeler en quelques mots Thba Brutin que c'est une évidence mais je pense qu'il faut le redire.

TikTok X et cetera, ils ne sont pas soumis aux mêmes règles que nous ici à Publ Sénat ou que n'importe quel média traditionnel où on a une responsabilité du directeur de la publication qui peut aller au tribunal s'il y a de la diffamation sur son antenne. Ce n'est pas le cas sur ses réseaux sociaux. Exactement.

Le droit de la presse, en tout cas celui qui s'applique au médias d'information, c'est un régime de liberté et de responsabilité. Et c'est et c'est bien comme ça. Et c'est comme ça d'ailleurs que ça a été conçu historiquement en Europe dès l'acte de 1766 en Suède qui est le premier acte de liberté de la presse, liberté et responsabilité.

Effectivement, les médias d'information font font face à une concurrence déloyale où il y a des acteurs nouveaux dont on sait pas trop véritablement comment les politiques publiques doivent les considérer. Est-ce que ce sont des hébergeurs ? Est-ce que ce sont des éditeurs ?

Moi, je pense qu'il faut accepter le fait qu'il soit une entité de type nouveau qu'on a jamais vu et par contre, ils sont devenus de facto les détenteurs ou les animateurs de notre espace public digital. On n'accepterait jamais que la place du village ne soit pas régie par la loi. Aujourd'hui, la place du village digitale est régie par les conditions générales d'utilisation de ces plateformes que tout le monde ne lit.

Que personne ne lit. Personne ne lit. Tout le monde clique oui yes yes et puis on y va.

Et c'est pour ça qu'il faut revenir dans une fiction dite euh de l'utilité publique. Se dire que ben un peu comme l'eau et le gaz et ben c'est distribué par des sociétés privé, des sociétés commerciale et c'est très bien d'ailleurs, ça permet probement une qualité de service. Et bien il doit y avoir des garanties démocratiques dans cet espace et les garanties démocratiques qu'on a en droit d'attendre de ces plateformes impliquent notamment la possibilité de continuer à informer les citoyens.

Et pourtant alors il y a un organisme qui est chargé de contrôler, on va dire les médias traditionnels, l'audiovisuel mais aussi les réseaux sociaux. Il s'appelle Larcom. On va en parler tout de suite avec Quentin Calmet puisque vous allez nous expliquer Quentin, bonsoir.

Bienvenue à vous. Quel est le champ d'action de l'Arcom ? L'ARCOM pour rappel cela signifie autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique.

En 2022, le CSA alors Conseil supérieur de l'audiovisuel qui régulait les services de radio et de télévision a fusionné avec la ADOPI, la haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet qui avait été créé en 2009. Et donc pour faire les deux entités ensemble, l'ARCOM, on parle pour l'ARCOM d'un champ d'action très large qui va de la régulation de la télévision, de la radio, mais aussi des site internet, notamment dans la lutte contre le terrorisme et la pédopornographie. Également des réseaux sociaux, là on se dit que c'est très très large et même le contrôle des plateformes de streaming comme Netflix ou Disney Plus.

On voit donc un champ très large. Effectivement concrètement comment l'ARCOM remplit cette mission de contrôle des médias. Alors en audition à l'Assemblée nationale la semaine dernière Martin Hdari le président de l'ARCOM a évoqué les règles éditoriales que son institution contrôle sur les chaînes publiques comme privées.

Il a mentionné deux types de règles. Tout d'abord celle en matière de rigueur et d'honnêteté de l'information ainsi que de protection des individus et des groupes humains, notamment contre l'incitation à la haine ou à la discrimination. et une deuxième catégorie de règles, le pluralisme.

L'ARCOM contrôle les temps de parole des personnalités politiques et même depuis l'état 2024 de l'ensemble des intervenants chroniqueurs ou invités. Puis une autre considération euh contrôle de l'ARCOM, c'est l'impartialité du service public. Effectivement, la loi audiovisuelle de 1986 consacre l'indépendance de l'audiovisuel public, exige le pluralisme des expression politique sur les antennes comme pour le privé d'ailleurs, mais aussi l'impartialité des journalistes du service public.

Et ces derniers mois, cette notion a été interrogée notamment au regarde de l'affaire Thomas Landrand, Patrick Cohen accusé d'être de connivance avec des dirigeants du PS. Et bien en audition au Sénat, le président de l'ARCOM avait reconnu une difficulté avec cette notion. Écoutez, c'était début octobre.

Autant le pluralisme est une obligation qui s'applique à l'ensemble des médias privés comme public, autant l'impartialité et dans la loi une des valeurs dont dont le régulateur est le garant comme l'indépendance mais une notion qui n'est pas précisée aujourd'hui. Nous avons donc annoncé des travaux que nous souhaitons engager pour les prochaines semaines et prochains mois. Des travaux qui viseront à préciser, à objectiver cette notion d'impartialité, lui donner un caractère plus concret.

Le président d'Arcom qui a précisé récemment aussi que son institution faisait l'objet de dizaines de milliers de saisines par des citoyens, des associations ou encore des parlementaires chaque année sur des séquences diffusées à la télévision à la radio. Il a rappelé que ces saisines peuvent donner lieu à l'envoi de lettre d'observation de mise en garde après de mise en demeure et même une sésine des comités d'éthique et en cas de manquement grave et répété au prononcé d'une sanction y compris pécunière. Et on a trouvé sur le site de France Info un récapitulatif fait il y a 5 jours des rappels à l'ordre de l'ARCOM aux chaînes info depuis janvier 2017.

C News a été la chaîne info la plus mise en garde, mise en demeur et même sanctionnée financièrement avec huit sanctions financières contre zéro pour les autres chaînes inf. Merci beaucoup Quentin Nathalie Sonac. Évidemment je me tourne vers vous puisque vous avez été membre du du CSA qui précédait l'ARCOM.

Quand on voit le champ des missions de l'arcom, mais comment pardon c'est un peu rud ce que je dis mais comment peuvent-ils être efficaces quoi ? C'est pas c'est juste pas possible. Pas contrôler tout ça le mot contrôle est toujours est toujours très délicat à employer surtout sur le sujet de l'information dont on traite actuellement.

La mission de l'ARCOM et l'élargissement des pouvoirs de l'arrcom déjà c'est vrai pour tous les régulateurs de l'audiovisuel en Europe. C'est pas propre à l'arcom français. Ensuite, il est clair que la décision de contrôle ou de regard porté sur le pluralisme, euh l'honnêteté de l'information, les moyens qui sont mis en œuvre, l'objet ne peut pas être les mêmes.

On a des milliers des milliers de sites, vous regardez YouTube, c'est 500 heures de vidéos qui sont télépostées toutes les minutes sur la plateforme. Donc l'ambition de l'ARCOM n'est pas celle-ci. Il s'avère qu'il faut quand même bien distinguer et ça rebondit sur ce que vous disiez, monsieur le sénateur, la différence entre le pluralisme qui peut exister dans la presse écrite et c'est ce qu'on appelle le pluralisme externe et dès lors on a la possibilité d'avoir des des journaux d'opinion.

Il s'avère que sur le cas de la TNT, c'est une fréquence issue du domaine public qui est allouée gratuitement en échange donc de pour les chaînes de télévision en échange du signature de convention. Donc là, c'est parce qu'on a la rareté des fréquences qu'on introduit la notion non pas de pluralisme externe, mais de pluralisme interne. Ensuite, aujourd'hui, que fait le CSA ?

Depuis 2021, effectivement, il est devenu avec la en fusionnant avec la ADOPI, comme vous le disiez parfaitement, l'ARCOM et là, il a un rôle qui est beaucoup plus de régulateur de régulation. Finalement, il fait appel à des tirs de confiance. On est dans un codre cadre.

Aujourd'hui, c'est la règle de qui est celle non pas nationale mais du DSA. Donc c'estàd ce qui se passe au niveau européen, le digital service act qui a pour objet qui est une avancée quand même majeure mais insuffisante, je vous l'accorderai qui est celle de donner la responsabilité justement à ces plateformes. Donc on a changé de dimension.

Donc aujourd'hui même rien que le fait de dire comment l'ARCOM peut visionner, c'est pas son objet, c'est pas son job, c'est pas sa mission. Oui, mais bon, quand il s'agit de faire respecter le pluralisme, il y a une vraie question et on va on va en débattre. Alors pas, si vous me permettez, pas totalement.

Il y a une vraie question lorsqu'on parle de ces news comme on pourrait parler de TF1, de France Télévision ou de voir de la chaîne Gully s'il y avait de l'information, mais en revanche son job n'est pas celui de faire respecter un pluralisme au décal d'équilibre de temps de parole sur les réseaux sociaux. Pas du tout en revanche. Non, pas sur les réseaux sociaux, mais sur les là, je parle des médias audiovisuels.

Alors, mais donc on est resté sur le méia audiovisuel. Oui, là là, j'en viens au médiia audiovisuel. Alors, je vais je vais vous je vais non là sur les médias audiovisuels et notamment ces news mais pas seulement.

Et et d'ailleurs euh je vais ouvrir ce chapitre comme promis hein, on a ce chapitre euh sur euh ce bras alors ça tournait au bras de fer entre l'Élysé et euh et euh la chaîne CS euh le les services de la présidence de la République ont publié un film, une vidéo dans lequel il démont Pascal pro et Philippe Devilier. Regardez, Emmanuel Macron envisage un label pour les médias. Il y aurait les bons médias et les moins bons.

Comment ne pas voir dans cette initiative une tentation autoritaire d'un président mécontent du traitement médiatique et qui souhaite imposer un récit unique ? Je propose un nom pour ce nouveau service de communication, la PAVDA. Jamais la menace totalitaire n'a été aussi présente, aussi probable depuis la peste brune et la peste rouge que avec la Macronie finissante.

C'est pas l'État qui doit vérifier. Si c'est l'État qui doit vérifier, là ça devient une dictature. Mais il faut que les journalistes garantissent à leurs lecteurs que eux ont vérifié avec une déontologie.

Donc ils sont les garants entre eux. Je pense que c'est important que il y ait une labellisation faite par des professionnels qui puissent dire ça c'est c'est des gens qui sont sérieux, ça c'est pas des gens qui informment. Max Brisson comparer ce label proposé par Emmanuel Macron à la Pravda.

J'aime beaucoup Pascal Pro. Est-ce que c'est de la provoque ? Il sait la manier ou est-ce que c'est de la désinformation ?

C'est un éditorial et et ce n'est qu'un éditorial. Moi ce qui m'intéresse serait de regarder de près pour les les téléspectateur. La TNT c'est vrai était un espace fini et donc dans un espace fini la loi de 1986 a bien introduit cette notion de pluralisme interne.

En fait la consommation de la télévision par la TNT est en chute libre. En fait, aujourd'hui, les téléspectateurs consomment de la télévision très différemment et on est désormais de plus en plus en matière de télévision dans un espace infini dans lequel on pourra avoir des chaînes d'opinion. On est dans une bascule que sur la TNT ça pose problème dans cet espace fini, je le comprends mais dans un espace infini, on aura des chaînes d'opinion. simplement, il faudra très bien que le citoyen téléspectateur mesure bien quand j'achète l'humanité ou quand j'achète le Figaro, je n'ai pas le même traitement de l'information demain à la télévision, ça sera la même chose dans un espace infini.

Ce qui pose la question de cette grande loi sur l'audiovisuel. C'est vrai que nous avons un cadre législatif qui est très ancien qui est aujourd'hui dépassé. Ce que je souhaite vivement par rapport à notre débat de tout à l'heure et c'est là ma crainte, c'est que si on doit avoir une grande loi sur l'audiovisuel, on l'est dans l'esprit qui a été ce des grandes lois fondatrices de notre République dans les années 80.

Vous avez dit à juste titre que c'est un régime de liberté et de responsabilité accepter l'idée que c'est d'abord et c'est des hommes qui avaient connu la censure, c'est d'abord un régime de liberté qui a été instauré par les grandes lois et je crains aujourd'hui que la tentation dans notre société ça soit le contrôle, ça soit de borner, ça soit de limiter. J'espère que nous serons à la hauteur des grands anciens qui ont défini ces grandes lois de liberté des années du 180 la loi sur la presse et que ça soit avant tout un régime de liberté que l'on est quand j'écoute de président de la Républiqueou j'ai quelques craintes. Vous avez quelques craintes.

On l'a bien compris alors mais pour l'instant on est encore dans ce régime et quand on parle de la chaîne C News émise sur effectivement la TNT, elle est censée respecter le pluralisme. Vous avez sorti des chiffres à RSF Thierry Brutin où vous dites que c'est surtout le pluralisme la nuit quoi. Alors, d'abord, jeis revenir brièvement sur cette question.

Oui, je sais. Mais je pense c'est très important de dire c'est très important de dire que l'idée sur laquelle il faudrait revenir sur le pluralisme interne parce qu'il existe un pluralisme externe est à mon avis complètement fausse parce que quand vous voyez aujourd'hui la polarisation qu'il y a sur les réseaux sociaux, vous avez théoriquement accès à une diversité de sources mais en vérité déjà on voit qu'il y a toujours une centralité de la TNT de la télévision que l'onde de choc et les audiences consolidées sont toujours très difficiles à établir mais elles dominent le débat public toujours d'une certaine façon et puis les médias indépendants enfin Permettez-moi de le dire, ils crèvent la dalle. Ils sont en train d'essayer de trouver des des façons de subsister.

Donc on peut pas vivre en se disant l'espace est infini, il y aura de l'information à l'infini. C'est pas vrai du tout. L'information de qualité, ça coûte cher.

Alors, je repose la la question parce que on a prévu de voir les les chiffres que vous donnez hein, en disant le pluralisme, c'est pas le même la nuit ou le jour. Entre minuit et 7h du matin, c'est la gauche et ensemble pour la République qui est surreprésenté. Donc à un moment où il y a très très peu de monde devant la télé he 60 % pour la gauche 31,5 pour ensemble pour la République.

En revanche quand on vient en printetime c'estàd le créneau du matin entre 7 et 10 et le créneau de bah quel nôtre entre 18 et et 20. Là on a la gauche à 15 ensemble pour public à 15 la droite à 28 l'extrême droite à 40. C'est comme la musique française.

Alors non non mais on va on va on va en débat. Donc ça vous l'avez fait quoi sur une semaine c'est ça ? Non on a fait un un travail qui a été assez considérable.

On a collecté des bandeaux euh via un outil de reconnaissance visuelle euh sur les quatre chaînes d'information continu. Donc c'est la seule étude parce que je regardé qu'il y avait une étude de l'Institut Thomas Mor mais elle n'est que sur les les ondes de France Interre et de enfin de Radio France. Là nous c'est sur les quatre chaînes d'information continue.

Donc c'est très intéressant. On a collecté les bandeaux et puis on a regardé en lisant là je parle du pluralisme on a regardé qui parlait. On a regardé qui parlait de quoi on parlait comment on en parlait.

Et effectivement oui nous on constate un déséquilibre très net. Euh d'ailleurs, l'éditeur en question ces news signe de façon assez moqueuse euh puisque la nuit, il y a un petit bandeau qui est diffusé en dessous et qui dit "Nous respectons euh enfin ces news respectent les obligations de pluralisme conformément audition de l'arrcom". Euh bon, ça c'est quand même une signature assez nette et euh effectivement euh nous on note un déséquilibre qui est intentionnel, structurel répété du fait de l'éditeur.

C'est exactement Est-ce que l'arcom a contesté vos chiffres ? Alors, l'Arcom a proposé un rectificatif dans lequel le groupe Boloré s'est engouffré euh voilà avec une délectation comme il en est capable. Nous, on n' pas eu de chiffres de l'Arcom, donc on ne sait pas quel sont les chiffres de l'arcom qui sont par ailleurs très souvent fondés sur du déclaratif avec des sondages pour les vérifier.

Donc on ne sait pas du tout quel est en quoi nous avons tort et quels sont les chiffres de LARCOM. Jusqu'à présent, moi tant qu'on me démontre pas que j'ai tort, j'ai raison. Et euh je pense queil faut quand même aussi reconnaître que la question de du sérieux de cette étude euh c'est pas du tout euh une nouveauté.

On en avait parlé en juin déjà de cette étude. Le combat de RSF il est ancien et le pluralisme c'est très important parce que moi j'ai pas envie d'élever ma fille aux États-Unis d'Amérique. Nathalie euh Sonac, est-ce qu'il faut effectivement changer la loi ?

C'est-à-dire que autoriser des médias d'opinion notamment sur la TNT. On a évidemment de toute manière besoin de nouvelles règles. On a un espace public qui est en train d'exploser euh à la fois pour toutes les raisons positives que vous avez quand même relevé et qui qu'on constitue soulever et puis ensuite on voit bien que c'est a plus simplement aujourd'hui les journalistes qui ont le monopole de l'information.

On a des influenceurs, on a des producteurs de contenu, on a des sites de médias qui occupent un espace qui est important sur lequel les gens font s'informer, ce dont on a besoin. Et peut-être revenir à la substantifique moelle de du débat aussi et ici et j'espère que que les politiques vont également s'en emparer. Qu'est-ce qui de quoi avons-nous besoin ?

On a besoin de médias sur lesquels qu'ils soient numérique ou traditionnel sur lesquels la démocratie repose. C'est-à-dire on a besoin d'avoir une protection du processus de production de l'information. Donc cette certification ou labellisation avait pour idée ou a pour idéer une fois encore, je reviens pas sur le débat de avec le président de la République mais des États généraux.

C'est l'une des propositions des États généraux comme les États généraux mettent en une de leurs positions l'éducation médiale, l'information et on ne peut pas les dissocier. Ce dont on a besoin, c'est d'un espace public qui soit sain, sur lequel on puisse s'exprimer, que les débats et les idées, voir les opinions puissent être entendu et que les réseaux si vous veut dire si vous permettez B. Ça veut dire que c'est c'est là c'est là où vous m'inquiétez.

C'est là où vous m'inquiétez. un espace public c'était un espace public qui répond Ouais mais vous avez dit quelque chose de tellement qui est un espace public qui correspond monsieur le sénateur ne je suis assez grande pour vous dire par moi-même ce que je pense donc je me permets de vous exprimer non ce n'est absolument pas ça définit alors je reprends l'intégrité d'un processus de production de l'information une information qui soit indépendante des pouvoirs financiers et des pouvoirs politiques. Une information qui a été traitée, qui été vérifiée, qualifié en aucun cas ça remet en cause la question de l'opinion.

En revanche, ça met la question d'avoir des débat voyez bien j'avais des raisons d'être inquiet. On voit très bien qu'il y a de des élites françaises, une volonté de formater. Ces gens ont peur du peuple.

Le peuple les dérange parce qu'il ne pense pas comme il voudrait. Merci à tous. De toute façon, le débat est terminé.

Donc ça c'est mon petit pouvoir. Je déclare que c'est fini et je vous remercie quand même. Restez en place pendant quelques secondes.

Je vais rappeler Nathalie Sonac, le titre de votre livre le nouveau monde des médias, une urgence démocratique. C'est aux éditions Audil Jacob. À bientôt sur sur Public Sénat.

Yeah.