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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 22 janvier 2024ContradictoireActualité / polémiqueAgriculture & alimentationEurope & internationalÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Mobilisation des agriculteurs: l'interview de Jean-Philippe Tanguy (RN) en intégralité

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Vous les appelez à poursuivre la mobilisation ?

  • 4:00RelanceRéponse partielle

    Qu'est-ce que vous proposez concrètement pour sortir les agriculteurs de cette situation ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Quelles sont les principales différences de normes entre la France et l'étranger ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Quelle est la part de responsabilité de l'Union européenne ?

  • 10:00RelanceRéponse directe

    30% du budget européen est dédié à l'agriculture. Ça veut rien dire ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 10:30Jean-Philippe TanguyFait
    « Pourquoi est-ce que les agriculteurs seraient la seule profession au monde qui ne peut pas vivre de son travail et qui aurait besoin de subventions ? »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

J'accueille sur ce plateau Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement National de la Somme. Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous les appelez à poursuivre la mobilisation ?

Oui, bien sûr. Les agriculteurs, par leur action, ont réussi enfin à attirer l'attention des pouvoirs publics. Ça faisait des mois que contre leur syndicat majoritaire, ils alertaient notamment sur la hausse de la taxation du gazole non routier qui leur sert à faire fonctionner leur engin.

Une taxation injuste qui avait été imposée cet été, il faut bien dire, dans le silence général, à part du Rassemblement National puisqu'on a été le seul parti à négocier avec Bruno Le Maire sur la loi de programmation des finances publiques pour retirer cette mesure. A l'époque, on me regardait avec des grands yeux dans tout Paris en disant « Mais qu'est-ce que c'est que cette demande du Rassemblement National qui lit son vote sur la loi de programmation des finances pendant trois ans sur une seule mesure sur l'agriculture ? » C'est qu'on avait senti avec Marine Le Pen que c'était une mesure, au-delà de la charge financière qu'elle portait sur les agriculteurs, symbolique d'une énième charge, d'une énième norme et d'une énième culpabilisation du monde agricole.

Est-ce que là, quand vous voyez les actions menées par le gouvernement depuis plusieurs jours, le week-end, tout le week-end, le gouvernement mobilisé sur le terrain, Gabriel Attal qui invite la FNSEA notamment et les jeunes agriculteurs à venir ce soir à Matignon, qui dit qu'il y aura des réponses dans les tout prochains jours, et il parle vraiment de jours, le gouvernement a compris l'urgence malgré tout ? Moi je ne sais pas, je n'ai pas de procès d'attention à faire, moi je suis très étonné si vous voulez que le Premier ministre de la France ait besoin de temps pour savoir comment fonctionne l'agriculture en France et ses problèmes. Les couloirs de Bercy et du ministère de l'Agriculture sont pleins de rapports sur la situation des agriculteurs.

Vous avez, on a voté loi EGalim 1, loi EGalim 2, qui a fait le point, le diagnostic sur cela, il y avait une loi qui était prévue de programmation agricole. Mais pour protéger la loi EGalim, c'est ce qui protège les agriculteurs de la hausse des coûts de production notamment ? Oui, non, parce qu'en fait dans la loi EGalim 1 et 2, il y avait une première partie soit disant pour garantir les recettes, mais seulement sur un cinquième de la recette, et là il y avait une partie 2 qui mettait une charge conséquente avec des nouvelles réglementations et de nouvelles contraintes.

Donc non, ça n'a pas protégé leurs revenus et de toute façon ça n'a pas résolu le problème. Mais ce que je veux dire c'est qu'avec ces deux lois, il y avait la loi de programmation agricole qui était prévue pour la rentrée, donc en fait le gouvernement a les éléments, le Premier ministre Matignon a les éléments, il sait très bien ce qu'il en est, il gagne du temps sur ce sujet comme un autre. Par ailleurs je rappelle qu'il n'y a pas un seul syndicat en France, de toute façon la direction de la FNSEA a aussi des responsabilités dans cette crise depuis des années, il y a la coordination rurale, il y a la confédération paysanne, même s'ils ne partagent pas leur point de vue, il y a surtout tous les agriculteurs qui ne sont pas syndiqués, et on ne peut pas seulement négocier avec eux.

Laurent Neumann ? Oui, je vois bien le constat, et très honnêtement le constat que vous faites, c'est celui que font les agriculteurs, c'est ce que font d'ailleurs à peu près tous les responsables politiques, mais vous concrètement vous proposez quoi ? Parce que vous preniez l'exemple du gazole non routier, mais pardon, vous n'étiez pas les seuls à contester cette mesure, la gauche l'a contesté aussi, non, vous n'étiez pas les seuls.

Et d'ailleurs ça a été négocié entre le gouvernement et la FNSEA, vous n'aviez pas parlé là-dedans, c'est eux qui ont résolu le dialogue. D'où ma question, qu'est-ce que vous proposez concrètement, pour sortir les agriculteurs de cette situation ? Les propositions du Rassemblement national sur l'agriculture, elles sont anciennes.

Nous voulons remettre la répartition de la valeur ajoutée sur la table de manière concrète. Nous voulons que les agriculteurs aient des prix justes, et que le système d'agriculture français et européen ne soit plus fondé sur un certain nombre de...

Et vous décidez de répartir la valeur autrement, vous fixez des prix dans le programme de Marine Le Pen, il y a un livret dédié qui est très précis, vous fixez chaque année, selon les réalités économiques, les fondamentaux économiques de l'agriculture française et européenne, des prix planchers. C'est-à-dire que les prix ne peuvent plus descendre à une certaine limite, et à partir de ces prix planchers, les négociations se font, mais on ne fait plus confiance au marché. Nous sommes, les souverainistes ont toujours été pour l'exception agriculturelle, c'est-à-dire sortir des règles du marché...

Comme l'exception culturelle ? Absolument, sortir exactement, de la même manière qu'il y a la culture, on pensait aussi qu'il y avait l'énergie, on pourrait y venir parce qu'en fait les deux sont liés, et il y a l'agriculture. Nous avons toujours voulu les sortir des règles du marché.

Donc sortir des accords de libre-échange passés à l'Union Européenne ? Mais ça ne fonctionne pas. Évidemment les accords de libre-échange passés à l'Union Européenne.

Et donc sortir de l'absolument de l'agriculation ? Ça veut dire que vous vous exposez à des mesures de restauration, et ça énormément d'agriculteurs qui vivent des exports. Je veux dire, tous les ans, on envoie plus d'un million de bovins se faire engraisser en Espagne, en Italie.

Ça n'est pas une nécessité ça. Il y a des cultures exportatrices. Vous le savez très bien, vous l'avez dit, la FAO dit très bien qu'on a besoin de plus en plus de céréales.

Le monde a besoin des céréales françaises. Le monde est demandeur de produits de qualité français. Le Maghreb notamment ne peut pas vivre sans la céréale française.

Oui, donc il n'y aura pas de mesure de rétorsion contre les principales exportations françaises. La plupart des exportations françaises agricoles sont nécessaires à l'équilibre des marchés. On l'a vu avec le conflit en Ukraine.

Donc en fait, les mesures de rétorsion qu'on agite pour faire peur aux Français depuis des années n'existent pas sur l'agriculture française. Non mais ça serait une perte énorme pour les Français si on ne peut plus exporter de vins de fromage. Non mais il y a un vrai sujet, ce sont des produits de qualité.

Excusez-moi, là faisons un peu d'économie et arrêtons de faire peur aux gens. Vous avez deux types de produits dans l'agriculture française. Vous avez des produits de base, le fromage bas de gamme.

Ce n'est pas ça que la France exporte. Les gens, ils achètent du fromage français de qualité. Ils achètent des vins français de qualité.

Ils achètent des vins qui sont réputés dans le monde. Sinon, on ne ferait pas face aux vins espagnols et italiens. La France fait face avec des vins qui sont reconnus comme tels, qui ont une image de marque.

Évidemment, champagne, évidemment cognac, évidemment les grands crus. La France n'exporte pas du vin de premier prix sur lequel elle est en concurrence frontale avec les pays du monde. Vous le savez très bien.

Donc en fait, l'agriculture française était d'ailleurs sur l'exportation. C'était la stratégie et est partie vers le haut de gamme. Mais même sur le marché intérieur.

Le consommateur français, il réclame parce que c'est ce qui peut se payer du bas de gamme. Que l'agriculture française ne peut pas lui fournir au coût qu'il peut payer. Et vous le savez très bien, les élites dirigeantes françaises ont fait le choix de spécialiser l'agriculture française sur un certain nombre de productions haut de gamme dans une stratégie d'export.

Et ils ont laissé tomber, comme sur l'industrie d'ailleurs, même pas le bas de gamme d'ailleurs, parce que ce n'est pas ça. L'entrée de gamme et le moyen de gamme. Ils l'ont affaibli.

Et dans toute leur logique mondialiste, ils ont fait une répartition des productions mondiales. Et ils ont estimé que la France devait abandonner les entrées de gamme et les moyens de gamme. Ce que les Français réclament.

Et les agriculteurs, si on les aidait, si on les encadrait sans leur donner les moyens de faire, ils savent très bien produire des produits de qualité. Il ne pense pas qu'on pourra produire un poulet aussi peu cher qu'un poulet ukrainien ou un poulet polonais. Mais ce n'est pas vrai.

La valeur ira ailleurs. On l'a fait pendant des années. Et ça se passait très bien.

Mais il faut aussi, c'est tout le problème, qu'on arrête de céder à un certain nombre de lobbyistes qui nous demandent des normes qui sont inapplicables ailleurs. Et quand on fait des énergies d'un million volailles à l'est de l'Europe et qu'on considère qu'en France, on ne peut pas passer les 20 000 volailles, là, il y a un problème. Ce n'est pas les agriculteurs français.

C'est quelques lobbies qui ont bien trop de pouvoir. Justement, la question des normes, elle est centrale. C'est l'une des revendications.

La réduction des normes, c'est ce que veulent les agriculteurs. Lisa, il y a bien un écart de normes entre les produits agricoles en France et à l'étranger. Mais quelles sont les principales différences ?

On sait que globalement, la France est plus sérieuse dans son usage de pesticides. Et vous voyez derrière moi s'afficher la liste des fruits et légumes moins pollués par les pesticides en France que partout ailleurs. Dans le monde, il y a notamment les artichauts, les concombres, les courgettes, les poivrons, les salades.

Je ne vais pas tous vous les dire, mais vous les voyez derrière moi. Selon une étude de l'UFC, que choisir ? En France, les résidus de pesticides sur les fruits et légumes sont présents, mais en quantité moins importante que sur ceux qui sont cultivés dans d'autres pays.

Vous voyez plusieurs exemples. C'est flagrant sur les courgettes, notamment 34% de résidus sur les courgettes françaises, de résidus de pesticides, contre 83% sur les courgettes espagnoles. Et plus largement, vous le voyez, les Espagnols sont plutôt mauvais élèves.

Et dans le reste de l'Europe, c'est aussi discutable. Sauf qu'utiliser moins de pesticides et imposer des normes strictes, ça coûte forcément plus cher pour ceux qui produisent et pour ceux qui achètent. En moyenne, les fruits et les légumes français sont 27% plus chers qu'ailleurs.

Et cette différence de prix s'explique aussi par le coût de la main-d'oeuvre et les taxes qui sont plus élevées en France et moins élevées ailleurs. Prenons un exemple précis, celui de la courgette. Souvenez-vous, je viens de vous le dire, elle avait beaucoup moins de résidus de pesticides en France qu'en Espagne.

Et regardez, la courgette produite en Espagne coûte en moyenne 2,30 euros le kilo, 3,30 euros dans sa version bio. Et en France, son prix est d'environ 2,70 euros le kilo contre 5 euros pour sa version bio. Merci beaucoup, Lisa.

Donc il y a deux choses. Il y a à la fois, c'est trop compliqué, il faut simplifier tout ça. Et puis il y a ce sentiment d'injustice.

On n'est pas tous logés à la même enseigne, c'est ce que disent les agriculteurs français. Depuis 10 ans, depuis même plus de 10 ans, c'est une réalité. La France a voulu laver plus blanc que le blanc, elle surtranspose en permanence.

Et le gouvernement, et c'est ce gouvernement, pardon, celui de François Hollande avant lui, a littéralement tué des filières entières. On parlait tout à l'heure sur ce plateau des néonicotinoïdes. La France est le seul pays au monde, dans le monde entier, à l'avoir interdit complètement.

Donc l'année 2020, chute de rendement de 50%. Ça va faire fermer des sucreries. On va perdre la betterave surque alors qu'on était le premier producteur européen.

Et en même temps, c'est aussi pour favoriser la transition écologique. Non mais à côté de ça, c'est pas une question de transition, d'être pour ou contre la transition. C'est qu'à côté, l'Allemagne, elle, continue d'utiliser des néonicotinoïdes.

La Belgique aussi, tous les autres, tous les autres européens. Donc forcément, là, on tue, on se tire dans le pied quand on n'est pas suivi par les autres. Aujourd'hui, 75 molécules en France sont sur une liste promise à interdiction dans les 5 ans, avait dit Elisabeth Borne.

On n'a pas encore les alternatives, alors on pense qu'elles vont miraculeusement apparaître dans les 5 ans. Peut-être, et ce serait souhaitable. Mais si ça n'est pas le cas, que fait-on ?

Et c'est ça que demandent les agriculteurs en France, dans le reste de l'Europe. J'ajoute quand même qu'en France, on est particulièrement hypocrite avec eux, parce que d'un côté, on leur dit oui, on vous entend, on vous écoute, mais systématiquement, ces surtranspositions demeurent, et ça n'est pas une nécessité imposée par l'Europe. Jean-Philippe Tanguy, soudainement, le Rassemblement national se positionne sur ces sujets.

On est à 5 mois des européennes, Jordan Bardella, on l'a vu partout ce week-end. La ficelle, elle n'est pas un peu grosse ? Non mais, excusez-moi, je ne suis pas d'accord, madame.

Je vous l'ai dit, le Rassemblement national a alerté en juin, après les dialogues de Bercy, on a été reçus à l'époque par M. Attal sur ces annonces, on a fait des demandes, ça n'intéressait pas les journalistes, alors je ne vous en fais pas le procès, mais le Rassemblement national est sur ces sujets depuis très longtemps. C'est aussi électoraliste parce que vous fonctionnez très bien dans les campagnes françaises.

Mais peut-être, mais vous savez, non, mais ce n'est pas si ça peut ça. Non, non, mais aujourd'hui, dans les campagnes, beaucoup de gens votent pour les rassemblements nationales. Non, ce n'est pas un cliché, c'est une réalité.

Auprès des agriculteurs, ce n'est pas un cliché. Les agriculteurs, peut-être dans les autres rurales...

Le vote LR est passé vers les rassemblements nationales. Les agriculteurs ne votent pas, Rassemblement national, pour une majorité d'entre eux, regarde le détail. Mais c'est un cliché, mais désolé de te dire que ta vision de l'agriculteur qui vote RN en buvant son café qu'un morceau de camembert, excuse-moi, c'est une version cliché.

Et alors, ça ne t'autorise pas. Non, mais il y a des données. Mais je m'en fiche que tu en viennes.

Ça ne t'autorise pas, il y a n'importe quoi. Ce n'est pas dispensé, il y a des données. Si vous voulez, il faut quand même voir ce qu'on vit.

Je veux dire, on a, Julie, vous avez cité tout à l'heure le chiffre des agriculteurs qui se suicident. On a à l'écran cette dame qui est veuve à 24 ans de son mari agriculteur et qui explique que c'est à cause d'un surcroît administratif qu'ils avaient sur la gueule, notamment, et qui a fait qu'à un moment donné, son mari, il a craqué. On vient ensuite nous donner des clichés sur les agriculteurs qui votent RN et donc le RN qui viendrait.

Non, mais ce n'est pas un cliché. Non, mais c'est surtout quel est l'intérêt par rapport aux agriculteurs qu'on ne voit pas le sujet. Arrêtons de les faire plus, de les caricaturer.

Qui est caricatural dans l'histoire ? Moi, j'ai lu avec beaucoup d'intérêt les différentes publications qui sont sorties, et notamment le plan européen porté avec beaucoup d'énergie, notamment par les députés européens macronistes, donc leurs larmes de crocodile, il faut les ausculter à cette aune, qui s'appelle Farm to Fork, qui était le...

C'est le Green Deal, le persan. Alors, qu'est-ce que c'est ? C'est une série de normes européennes, édictées par des enténébrés de gauche, qui, au nom de la transition écologique, sont prêts à faire absolument n'importe quoi.

On est d'accord. Comme ils avaient fait n'importe quoi sur le nucléaire, en nous conduisant à sortir, ou en tout cas à commencer à sortir du nucléaire, avant de se rendre compte qu'en fait, il fallait au contraire investir dedans, ce qui fait qu'aujourd'hui, on a une électricité extrêmement chère, eh bien, ils ont édicté des normes qui entraînent des baisses de production. Baisse de production telle, j'ai noté les chiffres, c'est 13% d'ici à 2030.

C'est énorme. Ça entraîne une baisse de 16% du salaire des agriculteurs qui n'étaient déjà pas bien hauts, c'est énorme aussi, et ça entraîne aussi, puisque donc on exporte aussi à l'étranger, et notamment en Afrique, ce qu'ils appellent pudiquement, et je trouve que ça signe bien leur esprit, des situations d'insécurité alimentaire, insécurité alimentaire pour 22 millions de personnes en Afrique, c'est-à-dire en fait des famines. Donc, où mène l'idéologie et l'incompétence de cette gauche enténébrée qui refuse de voir ce qu'est vraiment un agriculteur, un éleveur, c'est-à-dire des gens absolument admirables, sur lesquels il ne faudrait pas s'acharner, bien au contraire.

Donc, voilà, moi ce que je veux dire simplement, c'est qu'il faudrait aussi que la majorité balaye un peu devant sa porte et regarde sa part de responsabilité dans cette histoire. – Quelle est la part de responsabilité de l'Union européenne ? Est-ce que vous dites aussi, l'Union européenne a une grosse part de responsabilité dans la situation des agriculteurs aujourd'hui ? – Bien sûr, l'Union européenne, jusqu'à présent, moi j'ai cru qu'avec le Covid, on allait peut-être enfin changer de monde, que l'Union européenne allait comprendre, comme l'avait d'ailleurs dit Emmanuel Macron à l'époque, qu'on ne pouvait pas déléguer la production de nourriture, mais de pêcheurs aussi, puisqu'on peut aussi parler d'eux, il y a aussi des problèmes, à des pays étrangers, et qu'on devrait relocaliser et renationaliser, ou au moins recontonaliser, l'agriculture essentielle. – Non, on a continué comme avant, donc on a continué les accords de libre-échange, encore un avec la Nouvelle-Zélande sur la viande ou le lait, qui va produire à l'autre bout du monde des produits qu'on est très bien capable de faire ici.

L'Union européenne, ça a été dit, à imposer cette doctrine, et ce n'est pas que les macronistes, c'est une alliance entre toutes les gauches, Mme Bordelayenne, la droite, qui dirige la commission, et donc en fait c'est une co-construction du système de l'Union européenne, pour imposer à tous ceux qui produisent, et en particulier aux agriculteurs, des normes qui sont complètement en dehors des réalités du monde, des besoins de nos agriculteurs, de leur volonté de faire leur travail, de leur volonté d'être payé pour ce travail, de transmettre leur outil de production. – 30% du budget européen est dédié à l'agriculture. – Mais je ne veux rien dire, je ne veux rien dire. – Non, mais ça veut rien dire, si c'est beaucoup d'argent dédié à l'agriculture et qui aide les agriculteurs français. – C'est facile d'acheter pour essayer de réparer ce qu'ils cassent.

Pourquoi est-ce que les agriculteurs seraient la seule profession au monde qui ne peut pas vivre de son travail et qui aurait besoin de subventions ? Voilà, c'est une anormalité, et on dit aux agriculteurs, parce qu'en fait on veut les tenir comme ça, et la FNECA amaye à partir là-dedans, que taisez-vous parce que vous avez des subventions. Bah non, les agriculteurs, ils veulent vivre sans subvention.

Tant que les dirigeants français et européens n'auront pas compris cela, eh bien on n'arrivera pas. Il faut qu'ils vivent de leur travail. – Là pour le coup, pardon, mais c'est vous qui êtes pris en flagrant délit de faire de l'idéologie.

Vous ciblez l'Union européenne. Pardon, pardon, toutes les transpositions de normes que vous regrettez, que Charles regrette, et je les regrette aussi, c'est de la faute de qui ? Pas de l'Europe ?

C'est notre administration, et pire, notre législateur, à nous, à nous français, qui transpose ces normes-là. Je vais vous prendre un exemple. On prenait l'exemple des néonicotinoïdes. – Barbara Pompili. – Les pommes, les pommes.

Pourquoi une pomme française coûte 1,20€ quand une pomme polonaise coûte 50 centimes ? Parce que nos agriculteurs, à nous, ne peuvent pas utiliser les mêmes molécules. Et pourtant, pour traiter les maladies de la pomme, le problème, pardon, c'est que la directive européenne, elle est la même, elle est la même pour toute l'Europe, sauf que l'application en France n'est pas la même qu'en Pologne. – Elle est faite avec zéro. – Pardon, vous pouvez idéologiquement taper un bras raccourci sur l'Union européenne, il se trouve que c'est la faute de notre législateur et de notre administration. – Alors, il y a les deux, il y a deux choses. – Je prends un exemple concret. – Mais non, mais excusez-moi, il y a deux choses différentes.

On peut très bien, la question porte sur l'Union européenne, la réponse sur l'Union européenne. – Moi aussi, je pourrais répondre. – Mais vous l'attaquez sur de mauvaises raisons. – Pas du tout, l'Union européenne, et idéologiquement, ça a été montré et démontré, l'Union européenne a une compétence agricole très forte à appliquer des dogmes qui se sont effondrés et qui ont forcé avec la France, par ailleurs. – Alors, ça leur pose des problèmes, il y a eu des manifestations. – L'Allemagne, il n'y a pas une manifestation, les Pays-Bas, il n'y a pas de manifestation. – Pour d'autres raisons. – Mais pas du tout. – Pour d'autres raisons. – Mais excusez-moi, là, vous confondez tout.

La Pologne, la campagne électorale polonaise, c'est aussi faite sur l'agriculture. – Eh bien non, en Pologne, c'est les céréales ukrainiennes, ça n'a rien à voir avec l'Union européenne. – Mais si, c'est l'Union européenne qui autorisait l'aventuration des céréales ukrainiennes. – Mais c'est un problème de dérèglement à cause de la guerre en Russie. – Vous devriez dire que le responsable, c'est la Russie, pas l'Union européenne. – Mais de toute façon, l'Union européenne et le gouvernement macroniste, ou Hollande avant, ou l'UMP avant, l'UMP, c'est la face de la même médaille.

C'est le même système, d'ailleurs, ce sont eux qui décident à l'Union européenne. – Et que je sache à l'Omarin de Greenville, c'est le même système qui écrase tous ceux qui veulent produire en France. Voilà, nous sommes dirigés par des gens complètement dingues qui pensent qu'on peut faire un pays riche, un pays prospère, sans producteurs, sans outils de production, qu'on peut vivre dans un monde éthéré où on ne produira plus rien et où on importe tout le reste et où on devient un grand Disneyland ou un grand Jardiland, où on fait du jardinage et on fait devenir des touristes et on serait censé vivre avec ça. – Merci. – C'est un mythe qui s'effondre en direct sous nos yeux. – Merci.