Depuis Djeddah, le Président Emmanuel Macron répond aux questions de la presse.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur votre rencontre avec le prince héritier ? Comment s'est passée la rencontre et l'ambiance de la rencontre ?
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Qu'est-ce qu'il vous a dit sur le Liban, est-ce que vous avez évoqué la question des droits de l'homme, et sur l'Iran ?
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Est-ce que vous avez l'impression que l'Arabie saoudite va se réengager financièrement, notamment au Liban, à court terme ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Est-ce que le prince héritier a invité Mikati à venir en Arabie ?
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Pour l'accord du nucléaire iranien, est-ce que l'Arabie saoudite a une certaine réticence par rapport au retour à l'accord nucléaire ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous considérez que le bilan de ce déplacement de 48 heures est globalement positif, au-delà de la question économique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Emmanuel MacronFait
« Nous avons parlé de tout, absolument sans aucun tabou, avec Mohammed ben Salmane et nous avons pu évoquer évidemment la question des Droits de l'Homme »
- 3:00Emmanuel MacronChiffre
« 37 millions, qui est massivement jeune »
- 4:00Emmanuel MacronFait
« Aider ce pays à s'ouvrir, aider ce pays à faire venir des artistes du monde entier »
- 6:00Emmanuel MacronPromesse
« Nous voulons nous engager pour être en soutien du peuple libanais et donc tout faire pour que les réouvertures commerciales et économiques puissent se faire »
- 8:00Emmanuel MacronFait
« L'Arabie saoudite a une préoccupation légitime quant à la possibilité pour l'Iran de se doter d'une arme nucléaire »
- 9:00Emmanuel MacronFait
« Je fais partie de celles et ceux qui pensent que nous ne pouvons pas traiter la question nucléaire sans traiter la question de la stabilité régionale »
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Monsieur le Président, qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur votre rencontre avec le prince héritier ? Comment s'est passée la rencontre et l'ambiance de la rencontre ? Qu'est-ce qu'il vous a dit sur le Liban, est-ce que vous avez évoqué la question des droits de l'homme, et sur l'Iran ?
Nous avons eu une discussion très large, c'était l'objectif principal de cette visite ici et de cette station en Arabie saoudite qui achève cette tournée dans le Golfe, comme je vous l'avais dit, avec un objectif principal qui est d'œuvrer pour la paix et la stabilité dans la région. Après notre déplacement aux Émirats arabes unis puis au Qatar, cette troisième étape avait pour but d'avoir avant tout cette discussion stratégique sur beaucoup de sujets sensibles. Nous avons parlé de tout, absolument sans aucun tabou, avec Mohammed ben Salmane et nous avons pu évoquer évidemment la question des Droits de l'Homme, évidemment la sensibilité de la communauté internationale et les réactions suite à ce qui avait pu se passer et aux situations particulières que nous connaissons et que nous suivons, et donc ça a été un échange direct et, je l'espère, efficace.
Comme vous le savez, j'ai toujours la même approche qui consiste à essayer de préserver ce canal avec les dirigeants pour obtenir des résultats tangibles. Donc les prochaines semaines et les prochains mois nous permettront de voir si nous avançons sur ce sujet, mais nous avons eu une véritable discussion. Ensuite, sur la région, je pense qu'il y a d'abord ce qui se passe ici et c'est aussi ce qui à mes yeux, je vous le disais hier, justifie pleinement un tel déplacement.
Nous sommes dans le plus grand pays du Golfe, avec une population conséquente, 37 millions, qui est massivement jeune et où donc une partie de l'avenir, je dirais même une très grande partie de l'avenir du Golfe se joue. Et une partie de l'avenir de toute la région se joue ici compte tenu de son poids démographique, de son poids économique, de son importance historique, énergétique et religieuse. Et je le dis dans un lieu qui, je crois, le justifie tout à fait.
Et donc, pour toutes ces raisons, le dialogue avec l'Arabie saoudite est une nécessité, au moment même où se joue ici une véritable révolution culturelle, intellectuelle et économique avec cette jeunesse. Nous avons parlé de la stratégie saoudienne en détail et de voir aussi comment la France pouvait contribuer à celle-ci. À mes yeux les accords qui ont été signés, en particulier en matière culturelle, et ce que nous voulons faire aussi sur le plan de l'éducation, sont des aspects essentiels et nouveaux de cette coopération bilatérale, c'est-à-dire aider ce pays à s'ouvrir, aider ce pays à faire venir des artistes du monde entier, à participer à la révolution des industries culturelles et créatives.
Aider ce pays à être aussi un lieu de tourisme et de culture, ce que nous faisons à Al-Ula avec les accords signés en 2018 à Paris et qui se développent même au-delà de nos espérances. Aider ce pays à former ses élites et à former sa jeunesse par des projets éducatifs que nous avons déjà développés et que nous accélérons, je pense est essentiel pour l'avenir de l'Arabie saoudite, essentiel pour la région et tout à fait positif pour la France, son rayonnement et sa participation, si je puis dire encore une fois, à la stabilité du Proche et Moyen-Orient. Au-delà de ça, nous avons évoqué les questions économiques et énergétiques, là aussi les partenariats que nous préparons et qui seront suivis dans les prochaines semaines et les prochains mois de concrétisation supplémentaire.
On a parlé de tous les sujets régionaux je dois dire, de l'Iran, de la Turquie, évidemment du Golfe et autres, plus spécifiquement du Liban. Nous avons eu une très longue discussion. Vous savez l'engagement qui est le nôtre sur ce sujet et, sur le Liban, nous avons ensemble travaillé et nous avons ensuite ensemble appelé le Premier ministre Mikati, il y a quelques instants, pour passer un message clair.
L'Arabie saoudite et la France veulent s'engager pleinement, c'était très clair dans les termes qu'il a utilisés. Nous voulons nous engager pour être en soutien du peuple libanais et donc tout faire pour que les réouvertures commerciales et économiques puissent se faire, pour aussi œuvrer au service de la population sur des sujets d'urgence, des questions d'urgence, qu'elles soient énergétiques, alimentaires ou humanitaires. Notre volonté est aussi que le gouvernement puisse travailler de manière normale et donc se réunir au plus vite et mener les réformes utiles.
J'appellerai demain le président Aoun, une fois rentré à Paris, mais le message clair de l'Arabie saoudite et de la France est celui-ci. Nous l'avons conclu ensemble et il a été passé directement ensemble dans cet appel au Premier ministre Mikati. Nous allons donc maintenant travailler de manière très concrète pour pouvoir décliner cet agenda à deux.
Est-ce que vous avez l'impression, Monsieur le président, que l'Arabie saoudite va se réengager financièrement, notamment au Liban, à court terme et lorsqu'il y aura un gouvernement et la nécessité de réformer et de relancer ce pays ? Oui, c'est l'engagement qui a été pris à l'égard de la France et c'est ce que nous avons décidé ensemble. Est-ce que le prince héritier a invité Mikati à venir en Arabie ?
Pour le moment, il a d'abord très clairement indiqué que les deux points qui avaient été soulevés par l'Arabie saoudite avaient été pris en compte, les propos du ministre de la Communication et sa place et le sujet de la drogue. Nul ne peut ignorer les déclarations fortes faites par le Premier ministre Mikati et je pense donc que c'est un réengagement de la relation et aussi un travail à trois. C'est une étape importante.
Pour l'accord du nucléaire iranien, est-ce que l'Arabie saoudite a une certaine réticence par rapport au retour à l'accord nucléaire ? Est-ce que ça pourrait représenter une menace pour la région ? L'Arabie saoudite a une préoccupation légitime quant à la possibilité pour l'Iran de se doter d'une arme nucléaire.
Je dis qu'elle est légitime et nous la partageons parce que je pense que ce n'est pas simplement une préoccupation que doivent avoir les stricts voisins, toute la région et plus largement la communauté internationale. Je le dis depuis 2017, je fais partie de celles et ceux qui pensent que nous ne pouvons pas traiter la question nucléaire sans traiter la question de la stabilité régionale et nous ne pouvons pas avancer sans associer à la discussion nos amis de la région. Très clairement, le prince héritier a été explicite, comme il l'a toujours été à mon endroit sur ses inquiétudes mais aussi sa volonté de préserver la paix.
Il ne fait pas partie de celles et ceux qui sont inconséquents sur ce sujet. Donc nous avons ensemble échangé différents scénarios possibles et, dans le travail que mène la France en tant que membre du P5, négociateur autour de la table à Vienne et discutant en permanence avec l'ensemble des pays qui étaient présents avec nous à la conférence de Bagdad à la fin du mois d'août dernier, nous allons continuer à avancer. Je ne crois pas qu'il y ait de solution simple et rapide sur ce sujet mais je pense qu'il y a un chemin pour justement tenir les paramètres ensemble.
Pas d'armes nucléaires en Iran, pas d'escalade dans la région sur le court terme. Monsieur le Président, est-ce que vous considérez que le bilan de ce déplacement de 48 heures est globalement positif, au-delà de la question économique ? D'abord, c'est toujours très difficile pour celles et ceux qui le font de qualifier leur propre bilan.
Je pense que c'était un déplacement utile et les objectifs que je m'étais assignés, que je nous avais assignés, pour moi ont été remplis, c'est-à-dire concrétiser ce qui était mûr et qui était un partenariat stratégique clé pour la stabilité dans la région aux Émirats, mais avoir un agenda sur la stabilité et la paix dans la région, traitant de tous les sujets, l'Iran, le Liban, la paix aussi dans le Golfe, les questions énergétiques, que je puisse discuter avec les trois dirigeants que j'ai eu à rencontrer. Je pense que notre présence aujourd'hui dans ce moment géopolitique était importante. Je pense que nous avons enclenché certaines discussions stratégiques au moment qui était le bon et donc, pour ma part, ce que j'attendais de ce voyage est rempli, oui.
Maintenant, il nous appartient dans la durée d'en décliner tous les résultats sur le plan stratégique, sur le plan géopolitique, sur le plan régional mais aussi sur le plan économique, énergétique et militaire. Mais je pense que c'était un déplacement qui était tout à fait utile dans un moment, il faut bien le voir, où la région est aussi en train de se recomposer. Il y a une réconciliation dans le Golfe qui est encore fragile.
Il y a l'inquiétude à l'égard de l'Iran qui est toujours là. Il y a la crise afghane que nous avons tous vécue l'été dernier, qui impacte ces pays beaucoup plus que d'autres, avec les coopérations que je saluais ce matin. Tout ça est aussi un élément de recomposition de la région.
Que la France soit là, comme nous l'avons été au moment de la conférence de Bagdad avec l'ensemble des pays de la région, y compris plusieurs qui ne se parlaient plus, je pense que c'est notre rôle et c'est ce qui permet de produire des résultats utiles pour tous. Là, vous rentrez à Paris. Les soignants sont dans la rue.
Est-ce que vous avez un message à leur adresser ? Plus qu'un message, il y a une action constante du gouvernement depuis le début mais je ne ferai pas de propos de politique intérieure depuis cet aéroport, vous le comprendrez. Même sur les [ INAUDIBLE ] qui viennent de désigner leurs candidats ?
A fortiori. Merci beaucoup. Je vous souhaite donc un bon retour.
Emmanuel Macron