LIONEL JOSPIN : POURQUOI ON LE REGRETTE ENCORE
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« Les emplois jeunes sont instaurés dès 1997 avec la création de plusieurs centaines de milliers d'emplois financés directement par l'État. »
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Bonjour et bienvenue dans C'était pas mieux avant, votre émission dans laquelle on revient sur des personnalités et des événements marquants de l'histoire politique de la France et du monde. Et aujourd'hui, on revient sur celui qui nous a quitté il y a quelques jours, Lionel Jospin. Comme d'habitude, quand une personnalité politique de premier plan meurt, elle a le droit à sa pluie d'hommage venu de toutes parts.
Bon, après pour Lionel Jospin, c'est sûr que c'est plus facile déjà parce que son positionnement politique modéré le rend assez facile à ne pas détester. Mais faut voir aussi que Lionel Jospin, pour beaucoup de monde dans son camp, de la gauche modérée jusqu'à la gauche du radicale, c'est un exemple de comment on fait les choses bien en politique. Ce qui peut paraître quand même assez surprenant dans la mesure où on est sur un gouvernement de centre gauche qui a reçu son lot de critique à l'époque et qui s'est terminé sur une des routes électorales.
Mais malgré ça, la période Jospin qui s'étale de 1997 à 2002 a laissé un assez bon souvenir dans la mémoire collective, notamment parce que c'est celui qui à gauche a eu la code de popularité la plus élevée tout au long de son mandat. Même si ça ne s'est pas très bien terminé pour lui pour des raisons sur lesquelles on va revenir, la période pendant laquelle Lionel Jospin était au pouvoir est vu comme le dernier moment où la gauche a fait une politique de gauche et où ça a à peu près marché politiquement. C'est un peu le seul repère récent pour la classe politique et médiatique française vu que le mandat de François Hollande a été un désastre et qu'au vu du tournant droitier qu'il a pris assez rapidement.
Nombreux sont les militants et les militantes qui considèrent même que l'essentiel du mandat Hollande à un mariage pour tous prêt ne peut pas être rattaché politiquement à la gauche. Donc dans cette vidéo, on va faire l'ensemble du parcours de Lionel Jospin, ses origines sociales, son évolution idéologique et aussi bien sûr sa pratique du pouvoir. Lionel Jospin, c'est le fils de Robert et Mirey Jospin.
Le premier était un ancien militant de la SFIO, l'ancêtre du Parti socialiste et accessoirement après la Première Guerre mondiale, il était aussi anticommuniste et pacifiste. Très pacifiste notamment pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce qui lui vaut d'être exclu de la SFIO en 1945 pour ne pas avoir tenté de résister aux Allemands.
Il n'est pas considéré comme un collaborateur purj non plus, mais il était quand même proche de la Ligue de pensée française, une association affiliée au Rassemblement national populaire de Marcel Dea. Mire quant à elle était une militante féministe qui s'est engagé publiquement pour l'éducation sexuelle, la contraception, mais aussi le droit à mourir et qui a choisi de mettre fin à ses jours en 2002 à l'âge de 92 ans. Lionel Jospin est enfin le frère de l'autrice Noël Châtely qui qu'est-ce que c'est que ce truc ?
Bon et alors si vous voulez tout savoir, il y a un super article de l'ibé dans lequel on apprend que quand il était petit et Scout, son pseudo c'était langue agîile, qu'il aurait aimé être chanteur d'opéra et que dans les années 90, il laissait traîner des chaussettes chez lui. J'adore apprendre des trucs qui servent à rien pour préparer cette émission. Vous saviez que le plat préféré de François Bairrou, c'était les pénés à la rabiata ?
Et ben maintenant, vous le savez. Et il a perdu à peau aussi. Ça c'est cool.
Les premiers engagements militants de Lionel Jospin se sont évidemment faits à gauche, mais pas dans les partis dominants à l'époque que sont la SFIO et surtout le parti communiste. Il rejette en effet le colonialisme des socialistes sous la 4e République, mais il rejette aussi le stalinisme alors en vogue du côté communiste et du coup il se rapproche du Parti socialiste unifié, parti de gauche voire extrême gauche, autogestionnaire et assez influent même si faible électoralement dirigé par un Michel Reocard pas encore converti au néolibéralisme. Et peu de temps après, Lionel Jospin rejoint l'organisation communiste internationaliste ou l'OCI, un parti politique trotskiste qui pratique l'entrisme.
Pour ceux qui savent pas, l'entrisme c'est le fait de rejoindre un parti politique différent du sien pour le radicaliser de l'intérieur et en changer l'idéologie. Et quand il entre au Parti socialiste en 1971, Jospin, il le fait pour le compte de l'OCI afin de noyoter le PS de l'intérieur. Bon, même si en fin de compte, c'est plus le PS qui a fini par noyoter Josepin, si si je puis dire.
Jos pain, et c'est quand même utile de le noter, n'est pas issu de la bourgeoisie à la base. C'est pas un prolétaire non plus, mais il vient des classes moyennes politisé et éduqué de son époque. Ça explique à la fois son engagement politique mais aussi son parcours professionnel.
Après avoir été élève de l'ENA, il devient diplomate dans les années 60 puis professeur d'économie et peu de temps après avoir rejoint le Parti socialiste, il se voit confier des responsabilités nationales qui commencent à l'éloigner peu à peu des trotskistes qui voulaient en faire une taupe au sein du PS. Mais en tant que premier secrétaire du Parti socialiste pendant tout le premier Septenaat de François Mitteran et ben Josepin accompagne la droitisation du parti. Dans les années 80, le Parti socialiste passe peu à peu d'un parti officiellement socialiste à un parti social-démocrate qui vise au mieux à réguler le capitalisme. et Jospin, loin d'aller contre le courant, avalise ce changement, ce qui lui vaut d'ailleurs d'être ministre de l'éducation nationale pendant la première partie du second mandat de Mitteran qui, malgré quelques mesures progressistes comme le RM, ancêtre du RSA, prend un tournant de plus en plus économiquement libéral sous l'impulsion de personnalités comme Michel Recard ou encore Bernard Tapi.
Mais Lionel Jospin sent aussi le vent tourner et en 1991, lors de la chute de la première ministre Eddie Cresson, il quitte le gouvernement et s'éloigne des mitérandistes, sentant probablement à ce moment-là qu'on s'approche d'une fin de règne. Et la suite des événements vient plutôt lui donner raison. En fait, jusqu'en 1994, le Parti socialiste était le théâtre d'un affrontement entre deux grosses tendances, les mitérandistes et les Reocardiens.
Entre 1988 et 1991, Michel Recard est le premier ministre de François Mitteran. Il applique sa vision sociale démocrate matinée de libéralisme et il réussit à être assez populaire. Mais François Mitteran finit par se débarrasser de lui et le remplacer par des premiers ministres plus fidèles.
Et ça se passe très mal. Edit Crresson puis Pierre Bergovois se cassent méchamment la gueule et le résultat de leur action est la déroute électorale totale du Parti socialiste qui s'effondre lors des élections législatives de 1993. Michel Rocard revient alors pour prendre la tête du Parti socialiste, désormais passé dans l'opposition.
L'effondrement des mitérandiens lui offre alors une voie royale pour devenir enfin le nouveau leader du PS et le futur président de la République. C'est dans cette optique qu'il prend la tête de la liste du Parti socialiste pour les élections européennes de 1994. Mais François Mitteran qui bouge encore le saborde en poussant le très médiatique Bernard Tapi à se présenter contre lui sous l'étiquette du mouvement radical de gauche dont c'est le dernier succès électoral notable.
D'ailleurs, étouffé par tapis, Rocard fait un score de merde et voit disparaître ses ambitions présidentielles. Le nouvel homme providentiel du PS, ça devient donc Jacques Deor. Il est parfait parce qu'il représente bien le combat principal du PS à ce moment-là, l'Union européenne.
Le Parti socialiste a milité pour la signature du traité de Mahasrich et l'adoption de la monnaie unique. Et de l'or est l'un des principaux architectes de cette réalisation qui est le principal enjeu politique des années 90. Mais bien qu'il soit considéré comme favori pour redresser le Parti socialiste et remporter l'élection présidentielle de 1995, il refuse de se présenter.
Aussi, à l'approche de cette échéance cruciale, le parti affaibli par deux gamelles électorales successives se retrouve en plus sans aucun leader. Et c'est alors qu'arrive Lionel Jospin. En manque d'un leader évident, comme on l'a vu juste avant, le Parti socialiste décide d'organiser une primaire interne afin de désigner son candidat à l'élection présidentielle.
Cette primaire oppose alors deux principaux candidats. Henry Emmanuelli, le nouveau secrétaire général du PS et Lionel Jospin. Bien que Jack Lang est inten songé à se présenter.
Et c'est Lionel Jospin qui l'emporte contre Emmanuelli qui représentait le courant mitérandien. Jospin pour autant n'est pas issu du courant recardien et c'est peut-être justement cette posture d'entre deux qui lui a permis d'emporter l'adhésion des militants socialiste. Ce qui fait Jos Spin, le premier candidat à une élection présidentielle française à avoir été désigné candidat de son camp à l'issue d'une primaire.
Voir l'épisode de C'était pas mieux avant sur pourquoi les primaires ça marche pas vraiment. Jospin se retrouve alors face à une tâche particulièrement compliquée. Comme on l'a dit, le PS est affaibli.
Les leaders évidents ont refusé d'y aller ou se sont écroulés avant même le départ. Et en face, le gouvernement de droite d'Edouard Baladur a réussi à se rendre assez populaire, ce qui rend donc Baladure ultra favori pour gagner. Mais pour contrer Baladure, son rival et principal dirigeant du RPR de droite gauliste, Jacques Chirac, décide de tout miser sur les thèmes sociaux en jouant la fracture sociale et un programme politique plus à gauche que son adversaire.
Et ce thème de la fracture sociale qui devient prépondérant dans la campagne de 1995 profite aussi à la gauche et donc à Josepin. En outre, la division de la droite entre deux candidats qui tutoent les 20 % lui permet d'arriver en tête au premier tour avec 23 % des voix. Le programme de Jospin est alors un programme de centre gauche social-démocrate mais pas très volontariste non plus avec malgré tout la proposition originale de passer au 35 heures de travail hebdomadaire.
Une autre de ces promesses est de mener une réforme constitutionnelle pour instaurer le quinquena présidentiel. Durant la campagne, il fait aussi de son mieux pour se différencier de François Mitteran dont il réclame le droit d'inventaire et l'ancien président le lui rend bien en se gardant de le soutenir et en favorisant même secrètement Jacques Chirac. Jospin est finalement battu au second tour en ne récoltant que 47 % des voix.
C'est la 3è défaite d'affilé pour le PS et c'est aussi la continuité du recul de la gauche depuis 1981 puisqu'elle a perdu pas moins de 5 points par élection au premier tour. Mais cette défaite est beaucoup moins cuisante que celle de 1993 et 1994. Jospin a réussi à fédérer du monde derrière lui et surtout il est désormais le chef incontesté du Parti socialiste inaugurant la période dite du jepinisme.
Malgré tout, le PS subit toujours les conséquences de son effondrement de 93 puisque Chirak continue avec la même mandature dans laquelle le PS est ultra minoritaire. C'est pourtant bien Chirak qui vient offrir au PS la meilleure occasion possible de revenir en force. Élu sur un programme centriste contre le néolibéralisme de Baladure, Chirak en bon adepte des revirements permanents, décide de le jeter à la poubelle au prétexte que les finances du pays sont dans le rouge.
Il décide alors de mettre en place une série de réformes néolibérales particulièrement dures, visant à assignénir les finances du pays en amoindrissant la sécurité sociale et les retraites. Ces réformes très impopulaires mettent toute une partie du pays dans la rue en 1995 et la gauche remonte subitement dans les sondages. Le plan Jupé comme on l'appelle est finalement en grande partie abandonnée.
Les prochaines élections législatives doivent se tenir en 1998 et si les choses continue comme ça, les socialistes devraient retrouver une majorité et provoquer une alternance. D'autant plus qu'ils sont en train à ce moment de conclure des accords gouvernementaux avec les autres partis de gauche, notamment les verts, le mouvement des citoyens, le parti radical de gauche et le parti communiste. Alors Chirak décide de tenter un coup de poker en 1997 en dissolvant l'Assemblée nationale et en provoquant des législatives anticipées.
Alors qu'il espérait retrouver une majorité absolue de justesse pour avoir les mains libres jusqu'à la fin de son mandat, c'est finalement la gauche qui l'emporte. Le PS n'est toutefois pas en mesure d'aller chercher une majorité absolue et se retrouve obligé de compter sur des forces d'appoint, les communistes d'un côté et le groupe formé par les verts, les radicaux et les chevainementistes de l'autre côté. Ce qu'il est d'abord important de noter, c'est que la gauche plurielle n'est pas un accord électoral aussi structuré que l'ont été plus tard la NUPES ou le NFP. déjà parce qu'il ne reposait pas sur des candidatures uniques au premier tour, mais principalement sur des désistements réciproques au second, mais aussi parce qu'il n'y avait pas de programme commun.
Chaque parti est allé dans les élections avec ses propres propositions, même si du coup c'est le programme du Parti socialiste qui était le plus scruté. En fait, la victoire de la gauche aux élections législatives de 1997 ne se fait pas tant sur le succès idéologique du programme du PS que sur le rejet de la majorité sortante de droite et donc du néolibéralisme. Le programme de Jospin en 1997 est très proche de celui de sa campagne présidentielle de 1995 avec notamment la reprise des 35 heures et des emplois jeunes.
Mais il prend aussi en compte le refus du néolibéralisme exprimé par les grèves de 1995, notamment en s'opposant à la signature du traité d'Amsterdam et au pacte de stabilité qui est censé permettre la mise en place de l'euro d'ici quelques années, mais veut aussi dire que tous les États membres de l'Union européenne seront astreints à une certaine rigueur budgétaire, ce qui freinerait les politiques sociales en limitant la taille des investissements et favorise une vision néolibérale de la Nouvelle-Europe. Cette promesse là n'est pas tenue hein puisque le pacte de stabilité est bel et bien signé en 1998. En revanche, d'autres promesses symboliques du programme ont été tenues.
La réduction du temps de travail à 35 he mesure phare de Joseppin, est votée en 1998 pour une mise en place en 2000. Les emplois jeunes sont instaurés dès 1997 avec la création de plusieurs centaines de milliers d'emplois financés directement par l'État pour aider à l'insertion professionnelle. Plusieurs nouvelles allocations sont créées comme la couverture maladie universelle en 2000 qui améliore encore l'accès aux soins pour les plus précaires ou encore l'aide médicale d'État toujours en 2000 qui permet de prendre en charge les soins des étrangers en situation irrégulières.
La création d'un congé paternité qui permet de mieux répartir les responsabilités parentales et de moins faire tout reposer sur la mer, mais aussi la création du pax en 1999. Un nouveau type d'un civile pour les couples qui permet enfin au couples homosexuels d'avoir une reconnaissance légale. Ces réformes couplées à une situation économique mondiale favorable et à la victoire de la France à la Coupe du monde de foot permettent à Jospin de connaître une popularité record avec 60 % de popularité en 1998.
À ce moment-là, les étoiles sont alignées pour Joseppin comme elles ne l'ont jamais été. Non seulement ces réformes sont plutôt populaires, mais en plus tous les indicateurs économiques vont dans le bon sens. La croissance est supérieure au reste de l'Union européenne, le chômage diminue, la dette diminue aussi.
Et en plus, bah ces réformes, en plus d'être plutôt populaires, elles ont un effet concret, elles sont efficaces. Sauf qu'en 2001, deux événements alors qui sont en soit pas liés à Joseppin, il y est pour rien, viennent retourner brutalement cette conjoncture. Le premier, c'est ça.
Ce pompier, il prête à peine attention. Et pourtant, et le second c'est ça. Ceux qui ont perdu leurs chemises sont ceux qui avaient tout investi dans des sociétés informatiques dont la côte de toute évidence était surévaluée.
Ce changement inattendu de conjoncture économique mes j'ose pas en difficulté parce que du coup l'un des piliers du financement de ces mesures devient beaucoup plus instable. Et puis faut pas croire que toutes les mesures du gouvernement de la gauche plurielle ont été gentilles et sociales. Par exemple, lui qui s'était opposé au néolibéralisme pour se faire élire a pourtant privatisé une quantité considérable d'entreprises que François Mitteran avait nationalisé avant lui comme France Télécom, Air France, RMC, le Crédit Lyonnais, la Gane ou encore le CIC parce que vous comprenez le monde bouge.
CIC. Bref, et puis il y a le fait qu'il ait pas fait grand-chose contre la désindustrialisation et la fermeture des usines. Et il y a aussi les réforme de Claude Allègre, très impopulaire ministre de l'éducation nationale qui lui a pas maléné.
Et puis l'élection présidentielle s'approche et vous savez vers où on arrive. L'élection présidentielle de 2002 est là et Josepin se retrouve séparé de ses camarades de la gauche plurielle. Le parti communiste et les verts décident de faire bande à part, ça c'est pas nouveau.
Mais c'est aussi le cas du parti radical de gauche qui présente la candidature de Christian Tobira et du mouvement des citoyens qui présente celle de Jean-Pierre Chevenement. Accessoirement, la période Jospin a vu émerger une critique de gauche radicale avec le renforcement d'Arlette Laguillet, candidate de lutte Ouvrière et l'émergence d'Olivier Besancnot, le candidat de la Ligue communiste révolutionnaire. Une résurgence inattendue de l'extrême gauche en France, dites-vous Carlette Laguillet était crédité de 10 à 11 % des intentions de vote dans les sondages de mars 2002.
En fait, à ce moment-là, on est dans une forme d'égémonie politique et culturelle de la gauche. Rien que dans les sondages, on nous annonce une élection où la gauche va faire plus de 50 % au premier tour, ce qui n'était quasiment jamais arrivé lors d'une élection présidentielle. Alors oui, Jospin est moins populaire qu'au début, mais il se maintient quand même à 40 % d'approbation, ce qui est relativement solide après 5 ans d'exercice du pouvoir.
Et non seulement il est quasiment certain d'être au second tour de l'élection présidentielle, mais en plus il est plutôt bien parti pour battre Chirak au second tour. Pour ces raisons, il ne tente pas grand-chose face à la multiplication des candidatures de gauche. Elles ne sont pas vu comme un problème.
Et après tout, pourquoi l'emblamâmer ? Après tout, c'est la troisème élection de suite où c'est PS contre RPR. Donc tout le monde se marre sur le fait que cette présidentielle, c'est surtout le duel Chirac Jospin.
Il y a aucun monde dans lequel le second tour puisse être autre chose. En tête, Jacques Chirac, 20 % des voix, énorme surprise. Jean-Marie Le Pen semble devoir être le second avec 17 % des voix.
Alors, qu'est-ce qui s'est passé en 2002 ? Est-ce que c'était juste la faute à Chevinement et Tobira ? Évidemment, non.
On pourrait aussi citer l'usure du pouvoir après 5 ans de gouvernement de gauche, mais il y a aussi les thématiques de la campagne. Jospin s'est en effet laissé entraîner sur des thématiques plus à droites telles que la sécurité et la baisse de l'impôt sur le revenu qui était la promesse phare de Jacques Chirac. Les thématiques sécuritaires ont dirigé toute la campagne sous l'impulsion notamment de Jean-Pierre Chevenement et Chirac.
Quand tu retrouves le programme de Jospin de 2002, il a pas vraiment fait autre chose. La sécurité est dans les premières pages de son programme et ce thème là a largement favorisé les candidats de droite et particulièrement Jean-Marie Le Pen qui avait pourtant été inexistant pendant la législature et dont le parti s'était scindé en deux. Alors oui, Jospin parlait de faire en sorte qu'il n'y ait plus un seul SDF.
Bon certes comme Sarkozy et Macron et ça n'aurait sans doute pas marché non plus mais bon voilà. Et aussi, il parlait de renforcement de l'Europe fédérale en poussant pour une Europe sociale. Mais bon, à quelques détails près, on est sur un programme de centre gauche dont assez peu de mesures sont restées dans les mémoires contrairement à 95 et 97.
Et ne pas avoir réussi à imposer des thèmes de gauche dans la campagne, ça a énormément joué sur l'érosion lente de Jospin dans les sondages, puis son élimination. Alors bien sûr, la division de la gauche a joué aussi, mais faut voir que loin de ce que laissaiit pensaient les sondages et ben la gauche a stagné au premier tour de 2002. ne réunissant que 41 % des suffrages exprimés, soit à peine 1 % de plus qu'en 1995.
Et puis cette division de la gauche que Jospin et ses subalteres ont longtemps fustigé, appelant en permanence au vote utile par la suite pour éviter l'élimination du moins pire candidat dès le premier tour, et ben elle s'explique probablement par le fait que Jospin ne voulait plus forcément de la gauche plurielle. Bah oui, parce que si Josin avait gagné, il y avait des élections législatives juste après et il aurait probablement obtenu une majorité absolue, ce qui lui aurait permis de gouverner seul sans avoir à se préoccuper de ses partenaires. Donc partir seul et gagner seul, c'était aussi un moyen pour lui d'avoir les mains libres pour faire ce qu'il voulait.
Et là où la gauche plurielle tenait entre 1997 et 2002 malgré les divergences, mais aussi parce que tous les partis se tenaient les uns les autres, ce qui limitait les risques de dérive. Et ben si le PS avait gouverné tout seul après 2002 après une élection jouée sur le thème de la sécurité qui vous dit qu'on aurait pas eu un tournant beaucoup plus droitier justement non parce que c'est exactement ce qui s'est passé ensuite en 2012 avec Hollande qui était sur un créneau quasi identique à Jospin. déjà contrairement à ce que pourrait laisser croire ce discours, j'assume pleinement la responsabilité de cet échec et j'en tire les conclusions en me retirant de la vie politique après la fin après la fin de l'élection présidentielle.
Bah en réalité, Josin n'avait pas l'intention de se retirer définitivement de la vie politique. En effet, après 2002, il envisageait même très sérieusement de revenir pour se présenter à l'élection présidentielle de 2007. Toutefois, après 2002, le je spinisme s'était un peu fini au Parti socialiste qui se retrouvait de nouveau en manque de leadership.
Et finalement, il renonce à se présenter face à la popularité croissante de Segolen Royal. Après 2007, on entend plus trop parler de lui et on peut dire que sa retraite politique devient vraiment définitive à ce moment-là, même s'il est tout de même membre du Conseil constitutionnel de 2015 à 2019. Jospin est brièvement réapparu en 2022 puis en 2024, sollicité pour donner son avis sur les accords de la NUPES puis du NFP avec notamment cette interview lunaire de Benjamin du hamel.
Ces mêmes personnalités, Lionel Jospin soulignent aussi qu'il y a un problème d'antisémitisme euh ou du moins d'ambiguïté quant à la lutte contre l'antisémitisme à la France insoumise. D'accord. Ça fait cinq fois que vous le répétez avec une une insistance tranquille et souriante.
Et il est décédé ce lundi à l'âge de 88 ans. Jospin est donc une figure paradoxale comme bah comme la plupart des figures politiques qui sont restées pendant longtemps finalement à la différence que Jospin finalement n'est pas resté si longtemps que ça. La période Jospin à gauche, elle ne dure finalement que 7 ans.
Les 7 ans du mandat de Jacques Chirac. et son refus de continuer à diriger le PS après son échec cuisant de 2002 a sonné le glat de ses ambitions. De sa vision en revanche, non.
Parce que le PS a continué après lui à être guidé par une idéologie de centre gauche à mi-chemin entre la social-démocratie et le néolibéralisme. Idéologiquement, il a fallu attendre 2017 et surtout 2022 pour que le Parti socialiste renonce pour de bon à cette doctrine pour revenir à une sociale-démocratie plus affirmée défendue aujourd'hui par Olivier Fort. Et si le jos spinisme a globalement disparu aujourd'hui, de même que ses héritiers, sa pratique du pouvoir, elle est de nouveau devenue inspirante du fait des circonstances politiques.
Aujourd'hui, comme après 1993, le Parti socialiste n'est plus un parti hégémonique. Il peut occasionnellement faire de bons scores aux élections et il est redevenu un parti de premier plan après avoir été largement effacé entre 2017 et 2024. Mais il n'a pas d'autre choix que de compter sur des forces d'appoint pour pouvoir exister, celles des écologistes et des communismes encore plus mal en point que lui.
Et c'est cette situation ainsi que le désastre du mandat Hollande, toujours largement au niêm au sein du PS qui a réactivé la mémoire positive et optimiste de la gauche plurielle. C'est la fin de cet épisode de Cétait pas mieux avant. Si vous l'avez apprécié, vous pouvez vous abonner aux chaînes du média et pourquoi pas nous soutenir financièrement.
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Lionel Jospin