Journée de l'Europe | Déclaration du Président Emmanuel Macron
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Emmanuel MacronFait
« Je l'ai rappelé, le Parlement européen est un symbole, aussi, de cette histoire, de notre histoire européenne. »
- 3:00Emmanuel MacronFait
« On a lancé la conférence sur l'avenir de l'Europe, je vais trop vite. »
- 4:00Emmanuel MacronFait
« Ce texte doit vivre, doit continuer sa vie parlementaire et revenir à l'Assemblée. »
- 6:00Emmanuel MacronFait
« Je ne peux soumettre un texte que s'il fait l'objet d'un accord entre les sénateurs et les députés. »
- 8:00Emmanuel MacronChiffre
« Nous devions acheter des vaccins à ARN messager, à adénovirus, à protéine recombinée. »
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Alors, Monsieur le Président, on voulait vous demander, déjà, si vous étiez heureux de vous retrouver à Strasbourg. Oui, très ! Très heureux d'être à Strasbourg !
C'est un symbole pour vous, cette présence ? Je l'ai rappelé, le Parlement européen est un symbole, aussi, de cette histoire, de notre histoire européenne. C'est une capitale de l'Europe et c'est le siège du Parlement.
Et je pense que c'est très important qu'au moment où nous sommes en train d'accélérer la vaccination un peu partout - on l'a vu d'ailleurs, même ces derniers mois, parfois l'incidence de Strasbourg a été inférieure à celle de Bruxelles - on puisse retrouver, pleinement, un fonctionnement normal de nos institutions, nous y tenons. Et donc j'ai pu échanger avec le président Sassoli. On va d'ailleurs, avec le président Sassoli, avec la présidente von der Leyen, se retrouver dans un instant pour assister à la signature du contrat triennal pour Strasbourg.
C'était très bien, et lancer aujourd'hui à Strasbourg, en cette journée de l'Europe, cette conférence sur l'avenir de l'Europe, était, je crois, aussi le symbole de ce retour. Après deux ans de... enfin, vous aviez écrit une tribune, vous nous en aviez parlé à la Sorbonne.
Vous aviez écrit une tribune en mars 2019. Ç'a été long à partir. Je confirme.
Vous venez de l'annoncer. Donc, c'est la thérapie collective des européens qui est lancée, aujourd'hui ? C'est surtout l'idée qu'ensemble, on se mette à réfléchir et à décider qu'on peut, qu'on a encore le droit d'avoir de grandes ambitions.
J'ai essayé de tirer de manière très préliminaire des conclusions, des enseignements de la crise que nous venons de vivre, mais je crois qu'on a tous envie, et besoin aussi, de réfléchir à l'avenir que nous souhaitons. Et je pense que c'est une très bonne chose que la jeunesse en particulier, mais les sociétés civiles, l'ensemble des citoyens, partout en Europe, puissent se saisir de l'avenir choisi des grands sujets européens, pas en le faisant à coups de crises ou de manière trop technique, ou uniquement par la volonté des dirigeants, mais des citoyens. Donc, cette année-là, ça va être l'année des projets, de la réflexion commune, et je crois que c'est aussi comme ça qu'on doit nourrir les choses.
Dix mois, ce n'est pas un peu court ? Je pense qu'il faut qu'il y ait un tempo qui permette aussi d'être utile, et ça a été très bien rappelé par la vice-présidente de la Commission. C'est-à-dire, dix mois, c'est ce qui permet, si on organise bien les choses, de faire émerger des pistes.
Ensuite, il faut qu'on leur donne forme, si je puis dire, et les structurer, et il faut que la commission actuelle puisse commencer à mettre en oeuvre. Et elle aura à ce moment-là un peu moins de deux ans. Donc, je pense que c'est le bon rythme.
Ça fait plus d'un an qu'on n'a pas vu l'ombre d'un ou d'une euro-député(e), ici, dans l'hémicycle strasbourgeois. - Ça fait trop long. Vous avez pu vous entendre sur une date de reprise des assemblées plénières [INAUDIBLE]. - Ecoutez, c'est une décision du Parlement européen, mais je pense qu'il y a une session en juin, il faut qu'elle se tienne ici.
On a pu tenir un début de convention, ce serait une très bonne chose. Ce serait normal. Ce serait le respect de notre vie commune.
De conférence pas de convention... - Pardon ?
De la conférence sur l'avenir de l'Europe, pardon. On a lancé la conférence sur l'avenir de l'Europe, je vais trop vite. Bonjour, [INAUDIBLE] cette conférence, cette consultation, aujourd'hui, sur l'avenir de l'Europe, il y a une autre consultation qui fait l'actualité.
C'est celle sur le climat. Dans le Journal du Dimanche, le député La République En Marche, Pieyre-Alexandre Anglade, qui est le rapporteur du projet de loi de révision constitutionnelle, estime que le référendum est compromis, en raison, dit-il, du blocage du Sénat. Est-ce que vous, vous maintenez votre engagement d'organiser ce référendum sur le climat avant la fin de votre quinquennat ?
Oui, et d'ailleurs, j'ai été surpris de ce qui était inféré, parce que ce qui est dit par le député est tout à fait légitime. Il défendait ce que l'Assemblée avait pu faire, mais je pense qu'il faut que les choses soient claires et que tout le monde soit respecté. Les citoyens qui ont travaillé doivent être respectés.
J'ai pris un engagement vis-à-vis d'eux en soumettant cette réforme, et ensuite le Parlement doit être respecté. L'Assemblée nationale a eu un premier vote après des débats. Maintenant, ce texte arrive au Sénat, et c'est d'ailleurs la discussion que j'ai eue la semaine dernière avec le président de l'Assemblée et le président du Sénat.
Le Sénat a commencé un travail en commission. Il y aura demain, à procéder, éventuellement, à des amendements et à un vote, et nous verrons ce qui sort du Sénat, et d'une volonté d'avancer ensemble. Ensuite, ce texte doit vivre, doit continuer sa vie parlementaire et revenir à l'Assemblée.
Et comme vous le savez, dans notre Constitution, il n'est possible d'aller au référendum que si un texte fait l'objet d'un accord entre l'Assemblée nationale et le Sénat, et donc ce dont je suis le garant, c'est en tout cas, et ça je peux vous le dire très clairement, qu'il n'y aura pas d'abandon. Ce texte va vivre sa vie parlementaire qui, seule, permet d'aller au référendum, si les sénateurs et les députés s'accordent. Ça veut dire que vous pourriez soumettre au référendum un texte qui ne respecte pas précisément celui qui avait été défini par la Convention Climat ?
Je ne peux soumettre un texte que s'il fait l'objet d'un accord entre les sénateurs et les députés. Le président de la République, en vertu de notre Constitution, ne peut pas faire un référendum sur un texte qu'il décide seul, pour cette voie-là, et donc j'ai soumis ce texte tel qu'il avait été proposé par les citoyens. l'Assemblée l'a voté en première lecture.
Le Sénat aura à s'exprimer demain. Il faut respecter ce temps, et le travail du Sénat. Le Sénat fera peut-être d'autres propositions demain.
Il faudra à ce moment-là que l'Assemblée les regarde, et c'est le travail que l'un, puis l'autre, mèneront, et le texte sur lequel ils se mettront d'accord, qui seul peut être soumis à un référendum, et en tout cas modifier notre Constitution. Donc, il est aujourd'hui... [INAUDIBLE] Vous savez, je suis le garant des institutions.
Moi, j'ai proposé un texte, ç'a été mon initiative. Ensuite, de là où je suis, je veux aussi qu'on respecte le travail de l'Assemblée nationale et du Sénat, et donc je pense que c'est très important que les députés puissent s'exprimer, que les sénateurs puissent s'exprimer. Le président de la République n'a pas à intervenir dans le travail des parlementaires.
Sinon, à ce moment-là, on est dans la confusion des pouvoirs, ce n'est pas une bonne chose. Dans votre texte on ne comprend pas le terme "garantie", celui qui fait débat entre l'Assemblée et le Sénat : "garantir la préservation de l'environnement" Vous, vous l'assumerez ? Vous le soumettrez malgré tout ?
Aujourd'hui, il est trop tôt pour répondre à votre question. Il faut d'abord laisser le Sénat étudier ce texte, voter, et puis ensuite, qu'il revienne à l'Assemblée nationale. Et donc, c'est tout à fait normal.
C'est un texte qui va suivre son chemin parlementaire, comme le prévoit notre Constitution. Dans votre discours, ici à Strasbourg, Monsieur le Président, vous avez évoqué, "dénoncer les tentations autoritaires." On sait que vous pensez, en France, aux extrêmes et au Rassemblement National.
Est-ce que votre ministre de la Justice est directement mandaté pour poursuivre votre discours sur les terres de Marine Le Pen, et est-ce que, en même temps, ça ne risque pas de la faire monter, la pousser, avoir l'effet inverse ? Non, je ne ferai pas de commentaire sur la vie politique française, ici. Les membres du gouvernement sont à la tâche.
Pour ce qui est des élections locales, ce sont des élections locales. Et moi, je n'ai absolument pas à me prononcer ou à y participer. J'ai toujours eu pour habitude, sur les élections locales, de prendre les élus que les Françaises et les Français me donnaient, et m'assurer que tout le monde travaille ensemble.
C'est d'ailleurs ce que je vais m'employer à faire dans quelques instants, en assistant à la signature du contrat triennal pour Strasbourg, capitale de l'Europe. Sur le sujet sanitaire, Monsieur le Président, simplement, vous avez défendu, dans votre discours, la gestion de la crise du coronavirus par l'Union européenne. On a appris aujourd'hui qu'elle ne renouvellerait pas son accord avec AstraZeneca.
Est-ce que finalement, ce n'est pas un échec, tout de même, dans la gestion de cette crise ? Vous êtes, à ce moment-là, beaucoup plus informés ou experts que nous ne le sommes. Qui, à l'automne dernier, pouvait savoir quel vaccin marcherait ou pas ?
Je pense que ç'a été une bonne politique d'acheter des vaccins, avec toutes les solutions possibles. C'est ce qu'ont d'ailleurs fait la plupart des autres grands pays et des autres grandes puissances. Nous devions acheter des vaccins à ARN messager, à adénovirus, à protéine recombinée.
Donc on a pris tout ce qui était, à ce moment-là, disponible, parce que personne ne savait ce qui allait marcher. Nous avons maintenant un retour d'expérience, et d'ailleurs nous vaccinons avec ce vaccin en France et en Europe. Il faut continuer de le faire parce qu'il nous aidera à la sortie de crise.
Mais pour répondre, en particulier aux variants, puisqu'on parle d'une des commandes à venir pour répondre aux variants, on voit que d'autres vaccins sont aujourd'hui plus efficaces. Donc, cela signe un pragmatisme européen et je m'en félicite. Aucun regret, de votre côté, sur ce plan-là ?
Mais, je regrette ce que j'aurais pu éviter. Je ne savais pas, pour ma part, quel était le vaccin le plus efficace dans la mesure où aucun ne préexistait. Donc je suis pragmatique et je pense que les choses ont été bien faites et en bon ordre.
Merci à vous. Bonne journée de l'Europe et merci d'être là.
Emmanuel Macron