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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 20 octobre 2025 46 min

"Sur le terrain" : Nicolas Sarkozy, un président en prison

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Donc nous allons ouvrir la première page de notre émission. Voilà, consacrée à l'incarcération du président de la République, de l'ancien président de la République Nicolas Sarkoi. C'est une image historique bien évidemment.

Pour cela, nous allons débattre avec des experts, des invités. On va recevoir par exemple sur ce plateau Pierre Boton. Bonsoir.

Merci d'être là. Vous êtes merci à vous. Ancien détenu, auteur de Quand les détenus font la loi aux éditions Robert Lafond.

Alors, on va débattre avec vous, avec des magistrats, avec des historiens. Mais avant de vous entendre les uns les autres sur cette information, on va tout de suite sur le terrain. À quoi vont ressembler les conditions d'incarcération de Nicolas SarkoZi, l'ancien chef de l'État ?

Se dit serein et ses affaires sont, dit-il, prêtes, des photos, des livres compris. Alors, il a annoncé tout ça. Voilà les dernières informations, les dernières images commentées pour nous ce soir par Maris Burgau.

Quand il se déplacera dans la prison de la santé, Nicolas Sarkozy ne croisera aucun autre détenu. Il sera seul dans une cellule de 9 m², seul aussi lorsqu'il sera en promenade deux fois par jour dans une cour sans vis. Un placement en isolement pour qu'il ne soit pas agressé, apostrophé ou photographié par d'autres prisonniers.

Le ministre de la justice annonce qu'il s'en assurera lui-même. J'irai voir les les deux tenu en général et Nicolas Sarkozi pour m'assurer de sa sécurité. Évidemment, c'est mon rôle.

L'ancien président qui a reçu aujourd'hui la visite de son ami Édouard Baladur prépare donc sa valise. Carla Bruni, son épouse a posté ce message sur un réseau social. Il semble montrer les 10 photos que son mari est autorisé à apporter.

Il viendra aussi avec les tomes 1 et 2 compte de Monte Cristo. Ce roman relate la détention puis la vengeance d'un héros injustement condamné. Il lira ou relira aussi cette biographie consacrée à Jésus.

Un téléphone fixe dans sa chambre lui permettra d'appeler ses proches. Ils seront autorisés à le visiter trois fois par semaine. Et l'on apprend aujourd'hui qu'Emmanuel Macron l'a reçu vendredi avant cette incarcération prévue demain matin.

Il était normal que sur le plan humain je reçoive un de mes prédécesseurs dans ce contexte. À l'instant même où Nicolas Sarkozi entrera en prison, ses avocats déposeront une demande de mise en liberté. On comprend bien avec ce sujet de Marisburg qu'on est devant une situation pratiquement sans précédent. pour la commenter avec nous.

Florence Rois, vous êtes avocate pénaliste et vous allez nous expliquer bien à quoi a le droit un détenu, même ancien président de la République. Et puis j'accueille Fabrice Dalmeda, merci d'être là avec nous ce soir. Historien président de l'Institut français de presse.

La première question, elle est pour vous de mémoire comme ça un chef d'état français incarcéré. Il faut remonter à Philippe Pétin condamné à perpétuité dans son fort sur l'île Dieu pour voir une telle séquence. Oui, mais il comparaison n'est pas raison.

C'est deux situations très très différentes. Non mais c'est vrai que sous la 5e République, il y a eu un président condamné euh Jacques Chirc par exemple mais c'était du surcis. Donc euh il n'a pas eu euh de de contrainte par corps.

Nicolas Sarkozi lui a déjà eu un bracelet électronique, ce qui est une forme de substitution à la prison. Et donc effectivement, il est le le premier à aller derrière les barreaux, derrière la porte de la prison de la de la santé avant Philippe Pétin au lendemain de la guerre he qui avait été condamné pour trahison à mort puis peine commué par le chef du gouvernement provisoire d'alor, c'est-à-dire le général de Gaulle. Avant eux, il faut remonter le haut dans le 19e siècle, hein, pour euh retrouver un Napoléon ou avant eux, sous la révolution euh Robespierre, Denton euh fond de la prison, tout comme Louis X.

Mais euh à l'époque, on peut dire que la rigueur de la justice était quand même beaucoup plus rude vis-à-vis des hommes politiques qu'aujourd'hui. Pour l'historien que vous êtes, sans juger de l'affaire sur le fond, cette incarcération, c'est le signe de quoi ? De l'équilibre en France entre les pouvoirs exécutifs, politiques et le contre-pouvoir judiciaire.

Oui, je suis je suis même pas sûr que ce ça ce soit exactement ça la question. La question c'est est-ce qu'en France tout le monde est justiciable ? Je crois que là la réponse à portter est oui.

Tout le monde est justiciable. tout le monde peut être condamné en justice. Et euh je sais qu'il y a il y a il y a des gens qui râent sur ce sur ce sur cette procédure, mais le fait que même éventuellement on puisse se tromper à propos d'une haute personnalité euh montre que nous sommes dans un système où en gr en gros maintenant tout le monde passe en justice et peut à raison de ses fautes être condamné.

Alors on va rentrer maintenant sur le fond de l'affaire. Quels sont les termes exacts d'abord de la condamnation de Nicolas Sarkozy ? Quel recours disposera-t-il une fois incarcéré ?

Je vous propose les explications de Paul Lucier. Un condamné à la une de tous les journaux ou presque aujourd'hui. 5 ans de prison et chez les Français un avis souvent tranché.

Ah bah oui, ça me questionne, ça me questionne et ça me déplaît derrière tout ça. Il y a il y a un esprit de vengeance. J'ai confiance dans les juges.

Je sais pas, je pense pas qu'il prennent ça de gaié de cœur. Alors pourquoi cette condamnation ? Au cœur de l'enquête, les soupçons de financement de la campagne de 2007 par le dictateur libien Mohamar Kaddafi.

Nicolas Sarkozi est condamné pour association de malfaiteurs. En revanche, il est relaxé pour l'effet de corruption. En clair pour la justice, l'intention du projet de corruption est démontrée, pas la corruption en elle-même.

Satisfaction de cet avocat des parti civile. Ce qu'on lui reproche, c'est d'avoir mis en place un processus destiné à obtenir un financement. L'existence d'un pacte corruptif, ça a été dit par le tribunal.

Désormais, quels sont les recours ? Une fois derrière les barreaux, l'ancien président pourra faire une demande de remise en liberté. La justice aura alors 2 mois pour l'étudier et statuer.

Dans son entourage, certains comme Henry Guena réclament une grâce présidentielle à Emmanuel Macron. Dans l'immédiat, c'est impossible car Nicolas Sarkozy a fait appel de sa condamnation. Pierre B, je me tourne vers vous.

Vous avez effectué deux séjours en prison. L'un pendant 600 jours entre 1996 et 1997, totalement à l'isolement. Le second entre 2020 et 2022, vous aviez été condamné pour abus de biens sociaux et recell incarcérés dans cette même prison de la santé.

Alors, un mot avant tout sur ce que l'on ressent comme homme, la veille d'une incarcération. Mais je vais vous dire ce qu'il vit depuis qu'il a connu la sentence, c'est juste terrible. Voilà.

Donc il il l'exprime comme il le gère comme il veut. Je veux dire mais lui et sa famille, c'est juste terrible. plus l'échéance arrive.

Euh c'est vraiment enfin je sais pas qui a décidé hein de le faire comme ça ensuite puis on le reçoit puis on lui dit dans 10 jours. Enfin moi je trouve que c'est très très dur. J'étais arrêté à la barre moi hein mais la deuxième fois concrètement dès le jugement vous êtes parti au président ou alors à chaque fois ils me le font à chaque fois mais la la dernière fois en fait je me suis pas présenté parce que je voulais pas donner cette image là donc j'étais chez moi en fait à 500 m du donc j'y suis allé après d'ailleurs on peut pas vous sachez qu'on ne peut pas rentrer comme ça à la prison de la santé voilà bon peu importe mais c'est ce qu'il vit est ce soir est particulièrement dur.

C'est dur pour tous les détenus et c'est très dur pour lui. Et moi, j'ai une vraie pensée pour lui, pour sa famille parce que je je les aime beaucoup, ils m'ont toujours soutenu et puis demain soir encore plus dur la première nuit. Florence Rois, en tant qu'avocat pénaliste, qu'est-ce qu'on peut dire à son client lorsque la première journée, la première nuit arrive ?

D'abord déjà, c'est pas monsieur Sarkozy, c'est pas un client comme les autres, c'est pas un client lambda. Et moi aussi je suis comme monsieur Bouton. J'ai une grande pensée pour lui ce soir et pour sa famille parce que je trouve ça vraiment très très dur que dans notre pays euh dans le contexte pour les faits qui lui sont reprochés alors qu'il a fait appel alors qu'il a fait appel les faits le le vous savez moi je connais pas le dossier en lui-même he qu'on soit bien clair je ne suis pas dans le dossier mais ce que je sais en revanche c'est que ce qui m'a choqué dès le départ dans cette affaire c'est la question de l'exécution provisoire voilà c'est ça qui me gêne mo par ailleurs qu'il y ait un mandat de dépôt différé C'est plutôt bien parce que dépôt la barre, vous le savez très bien que c'est plutôt choquant quand on a un client qu'on défend.

Par exemple, la raison qui a été donné, c'est qu'il puisse passer l'anniversaire de sa fille. Oui, notamment. Mais même parce que vous savez, il a été condamné, je crois que c'était le 25 septembre hein, si je ne m'abuse.

Et et finalement, il a eu un mandat de dépôt différé. Ça veut dire que il ne part pas tout de suite en détention. Deux autres coprévenus sont partis le soir même en détention.

Un mandat de dépôt à la barre. Je peux vous dire que pour un avocat euh et son client, c'est jamais très aisé. C'est vraiment l'appréhension la la vraiment l'appréhension totale de l'avocat.

Quand on plaide une affaire, si on voit arriver les policiers dans la salle d'audience et qu'on se dit "Mon client va partir en détention", c'est une horreur parce que vraiment ça peut même être très poignant hein parce que ça peut bon donc c'est pour la raison pour laquelle il y a eu ce mandat de dépôt différé pour qu'il s'organise pour des raisons multiples et puis eu égard aussi à sa personnalité. dans cette affaire, moi ce qui gêne, ce qui me gêne c'est la la question de l'exécution provisoire parce que il a fait appel et donc il va être à nouveau jugé. La troisème chose c'est que mais mais il n'est pas le seul.

C'est c'est assez courant le Oui. Alors la troisème chose, c'est que tout à l'heure vous disiez, monsieur Delmeda, que euh la justice est la même pour tout le monde et c'est vrai et heureusement nous sommes dans une dans un état de droit et nous l'espérons. La seule chose que j'espère moi, c'est que elle est pas plus dure pour certaines personnalités et c'est un peu le risque dans lequel on est un peu en train de de pressentir que certaines personnes parce qu'elles sont connues ou parce qu'elles sont riches ou parce qu'elles ont une notoriété et bien j'ai l'impression que quelquefois le régime qui leur est réservé c'est comme elle fait valeur d'exemple c'est-à-dire que elle elle a comme finalité comme objectif un peu de dire ce que vous avez dit avec tout le respect de dire bah vous voyez tout le monde est est logé à la même enceinte Alors, on va rappeler que Nicolas Sarkozi a des possibilités de recours qu'on va examiner ensemble tout à l'heure et qui pourra d'ailleurs faire une demande de remise en liberté relativement rapidement.

Tout à fait. Oui, mais c'est la si vous voulez c'est le contreexemple de la phrase de la fontaine. Vous savez selon que vous serez puissant ou mis, les jugements de cours seront noir ou blancs.

On veut nous démontrer aujourd'hui que ce n'est plus le cas. Mais c'est très bien, c'est très bien. Mais moi, vous savez, la question de l'exécution provisoire, je la je la conteste en tout état de cause, quel que soit euh le justiciable.

Pierre Bon, un mot sur la cohabitation entre détenus puisqu'on nous a expliqué que Nicolas Sarkozy serait placé à l'isolement. D'abord, l'isolement, ça veut dire on voit vraiment personne. Oui, on a une expression qui s'appelle on voit que du bleu parce qu'on voit que les tenues des surveillant.

Euh maintenant, il faut que vous sachiez il faut que vous sachiez que le quartier d'isolement à la prison de la santé, c'est je crois h cellules où on met les détenus les plus ingérable. Donc lui, il sera autour avec autour de lui des c'estàd que dans la cellule d' la cellule d'à côté, il va avoir quelqu'un soit qu'on a estimé comme très dangereux, soit comme quelqu'un de totalement ingérable. Moi, je me rappelle, il y avait quelqu'un qui était à l'isolement, qui était un quelqu'un qui avait pris 28 ans, qui qui avait 27 ans, qui avait violé et tué une femme de 76 ans handicapée.

Et le gars, chaque fois qu'on ouvrait la porte de sa cellule, il agressait les surveillants, il leur jetait quelque chose. Donc, ils l'ont mis à l'isolement puis après il se le refilaient de prison en prison. Donc, je je trouve que franchement le maître à l'isolement, je juste vous donner un exemple, c'est le régime de Jubila.

Voilà, Nicolas SarkoZi a aussi quand même fait carrière sur cette image de fermeté. Il l'a souvent revendiqué face à la délinquence. Est-ce que des prisonniers pourraient aujourd'hui lui reprocher et lui dire "Ah bah non, non, vous savez ce qu'ils vont ce que Non, moi alors là, je connais vraiment bien la détention et vous savez ce que les prisonniers vont vont aimer ?

Bah c'est grâce à lui que le PSG a gagné la Ligue des Champions. C'est ça dont il bien sûr, mais bien sûr, mais bien sûr. C'est le foot, c'est le foot, c'est la Ligue des Champions.

Vous voyez, tout à l'heure, vous vous montriez qu'il rentre avec des photos. Hm. Et bien je le rappelle parce c'est important, c'est à lui qu'il le doit ça.

C'est moi qui lui ai demandé lorsqu'il était président d'avoir la possibilité d'avoir quelque chose parce que quand j'avais été détenu de 96 et 97, j'ai pas pu signer le carnet de note de mes enfants et je trouvais que c'était pas logique. Et monsieur de la rue qui était à l'époque contrôleur général prévention de liberté m'avait sollicité en me disant "J'y arrive pas." Et donc Nicolas était président et je lui avais dit et c'est lui vraiment lui qui a fait en sorte que cette décision soit prise.

Voilà. Fabrice Dalmda, en tant qu'observateur, euh l'image de la France avec un président qui part en détention, c'est quelque chose qui est commenté par les intellectuels, par les experts ailleurs ou c'est quelque chose qui finalement fait partie aujourd'hui de notre civilisation ? Non, on est regardé mais on est regardé comme tous les pays sont regardés dès qu'un dès qu'un chef d'état est arrêté.

Euh pensez à Loua, penser à Bolsonaro euh pour pour prendre le Brésil. Mais il y a quantité d'états sur la planète où euh un président ou un premier ministre a été placé en en détention. En Allemagne, il y a eu Cren, vous savez, l'ancien chancelier de la DDR.

Voilà, qui avait été voilà, il avait été arrêté, il a passé 6 ans en prison. Donc il y a un peu partout, il y a ça. Alors, il y a des pays effectivement où il y a pas d'exemple de de président ou de premier ministre qui étaient condamné.

Je crois que la Grande-Bretagne n'en a pas. Je crois que les États-Unis n'en ont pas. Même si le Prince Sandrou, on l'a appris hier.

Voilà. Mais le Prince Sandrou n'a ni roi, ni chef d'état, ni premier ministre. Donc, il restera de toute façon en dehors de en dehors de la cible.

Mais mais c'est vrai que ça ça c'est toujours une nouvelle importante. En plus, la France est un pays important. Nicolas SarkoZi a eu un rôle international, rappelez-vous la crise georgienne, rappelez-vous la crise financière internationale, le le rôle d'impulsion qu'il a eu.

Donc oui, effectivement, c'est regardé et puis il a beaucoup de partenaires à l'étranger de pays avec lesquels il a il avait établi des relations assez fortes. Donc oui, ça c'est regardé, c'est étudié, c'est alors ça nous met dans une situation où on a parfois l'air d'être un peu plus le pays de l'exception parce que quand on réfléchit à la journée d'aujourd'hui et à celle de demain, enfin tout est exceptionnel, l'ensemble des nouvelles qui se cumulent avec le Louvre et avec et avec Nicolas Sarkozi, on a vraiment l'impression que c'est voilà, tout d'un coup le budget paraît presque secondaire et et ne constitue pas vraiment une actualité. Alors, on va revenir au fond du dossier ensemble si vous voulez bien.

Nicolas Sarkozy pourra déposer une demande de remise en liberté à partir de quand et qui en décide ? Les explications de Nathalie Perez. Dès la première heure de son incarcération, il pourra demander une mise en liberté provisoire.

Dès qu'on est écroué, on peut formuler une demande de mise en liberté qui sera examinée par la cour d'appel. Il ne faut pas qu'il y ait un risque de fuite. Il faut pas qu'il y ait un risque de pression sur les témoins ou les victimes, un risque de concertation fruduleuse entre les coplices ou les co-auteurs, par exemple.

Et s'il n'y a, si ces risques-là n'existent pas ou n'existent plus, et bien euh la juridiction peut décider la remise en liberté. Les magistrats ont jusqu'à 2 mois pour répondre à cette requête. Si la décision lui est favorable, l'ancien président de la République pourrait sortir avant Noël et comparaître libre à son procès en appel prévu en mars prochain. [Musique] Ce qu'on vient d'entendre, est-ce que c'est un régime exceptionnel pour les présidents ou est-ce que c'est le cas pour tous les détenus ?

Non, c'est pour tous les détenus. Il a en fait, il a fait appel, donc il est à nouveau présumé innocent. Il est il va faire donc dès qu'il il va être placé sous écrou, ses avocats vont former ce qu'on appelle une demande de mise en liberté qui va être examinée comme l'a dit votre commentateur dans les dans les 2 mois et le le il est le cette demande est examinée à l'ône d'un article du code de procédure pénale qui s'appelle l'article 144 du code de procédure pénale qui en fait examine un certain nombre de critères du type est-ce qu'il y a un risque de concertation entrée d'éventuels complices de pression sur les témoins de de d'évasion euh de faire disparaître des preuves et tant entendu qu'on sait très bien, enfin c'est tout le paradoxe que l'affaire pour laquelle il a été jugé est une affaire extrêmement ancienne puisque je crois que ça date des années où il était ministre et la prévention ne concerne même pas quand il était il était candidat à l'élection présidentielle donc c'est tout le paradoxe c'estàd qu'il a été il y a eu mandat de dépôt exécution provisoire parce que eu égard à la gravité des faits mais en revanche la demande de mise en liberté elle va se faire sur le fondement enfin à la lumière de ce qu'on appelle les dispositions de l'article 144 du code de procédure pénale.

Et donc c'est un peu le paradoxe. A priori euh la chambre de l'instruction devrait le remettre en liberté enfin de mon point de vue assez rapidement parce que les critères de l'article 144 enfin on n'y est pas. Pour être clair, on lit parfois sur les réseaux sociaux mais pourquoi il ne fait pas appel à Emmanuel Macron pour demander une grâce ?

On peut pas demander une grâce quand on n'est pas complètement jugé. C'est ça. Oui, il y a ça.

Et puis ce que j'ai entendu dire, je crois que il a aussi à cœur de démontrer son innocence. Donc demander une grâce, ce serait une façon de dire et bien en fait voilà, lui il a il a je crois ce désir de démontrer qu'en fait il a été condamné à tort. Euh demander une grâce présidentielle, c'est ça veut dire accepter sa peine et et demander en fait une mesure de clémence, ce qui n'est pas tout à fait dans la logique de sa stratégie de défense puisque lui vraiment il il clame son innocence.

D'ailleurs, il a dit qu'il allait apporter en détention le compte de Mon Monté Cristo, je crois les deux tomes d'Alexandre Duma. Donc ça veut dire que voyez, il y a tout un un symbole dans tout cela. Voilà, c'est intéressant.

Pierre Boton, euh il est question de demander une libération. Cette libération, on l'attend comme un horizon en se disant "Je supporte, je supporte, je supporte mais je vais sortir prochainement ou c'est une mesure avant tout juridique ?" La prison, c'est un combat contre le temps.

Vous faites rien. C'està dire que là, il va passer 23h sur 24 en cellule. Imaginez-vous, imaginez-vous être enfermé dans une pièce 23h sur 24.

Il faut que vous l'imaginiez, faut que les téléspectateurs l'imaginent. Alors, de temps en temps, il va avoir un parloir trois fois par semaine, parloir avocat, il peut par exemple pas avoir son dossier dans sa cellule, voyez. Donc tout change, tout change.

C'est-à-dire que là, il peut parler dans les médias, il peut organiser des choses. Quand vous êtes incarcéré, tout change. Vous n'êtes plus rien.

D'ailleurs, c'est très c'est très symbolique que vous fassiez cette photo avec votre numéro d'écrou parce que c'est un message qu'on envoie. Vous êtes un numéro d'écrou donc absolument tout change. Alors ensuite, bah moi je vais je commencer à vous dire que je suis un peu un vieux détenu.

Moi j'en ai déposé aucune de demande de mise en liberté. Pourquoi ? parce que parce que je voulais pas lutter contre je voudrais je voulais pas attendre ça.

Voilà, j'ai refusé le le bracelet électronique, j'ai refusé tous les aménagement de peine, voilà et je suis sorti, j'ai j'étais exactement dans le même cas, hein, euh appel et ainsi de suite. Et je suis sorti, je devais plus rien à la justice. Voilà, j'ai fait ma peine.

Terminé, au revoir, ciao. Euh lui si c'est pas le même cas, c'est la première fois qu'il rentre en prison. Et moi je me rappelle la première fois effectivement, mais là j'avais un juge d'instruction qui était le juge courrois.

Là effectivement à chaque audition, j'en ai eu 92. À chaque audition, vous espérez que en face du juge, vous espérez à la fin de l'audition, monsieur le juge, je sort quand ? Et et ce souvenir là, ce souvenir là fait que la deuxième fois j'ai dit je veux pas revivre ça.

Et donc j'ai dit à mes enfants, c'est dur pour la famille surtout et c'est dur pour votre avocat parce que moi j'avais maître Temim qui était un très très grand avocat et et et maître Temim, je me rappelle lors de l'audience pour placer le la cour d'appel, le président lui dit alors il y a une demande de mise en liberté je crois et j'avais dit moi à Hervé non j'en veux pas et il s'est retourné vers moi et il m'a dit vous m'empêchez de faire mon métier d'avocat il a rangé ses affaires, il est parti furieux et donc si vous voulez mais c'est je vous assure je vous assure que ce que va vivre euh Nicolas Sarkozi comme ce que vivent tous les détenus qui sont en attente d'une C'est absolument dingue parce que vous avez la pression de la famille, voyez la famille qui vous dit "Bah quand est-ce que tu sors ? Mais là, tu seras plus là." Euh moi je me rappelle je me rappelle une fois parce que Hervim m'avait dit il y a peut-être une fenêtre où on va pouvoir je me rappelle être allongé dans la cour de promenade entendre les bruits horribles de la prison le ballon qui tape fort les gars qui parlent les gars qui hurlent et dire peut-être que demain ça sera plus et j'ai décidé que non j'ai décidé de subir ça donc il va être seul seul avec le temps et je vais vous donner juste un exemple je sais pas si vous connaissez bel du seigneur de Très bien.

Ben moi moi il m'a fait 3 jours tellement tellement on s'ennuie tellement vous avez rien à faire. Tellement vous n'avez rien à faire. Alors demain soir il y a un match du PSG, j'espère qu'il va le regarder.

Mais tellement tellement vous n'avez rien à faire tellement vous êtes seul. Et puis le bruit et ce qu'il faut savoir c'est on dit il va pas rencontrer de détenu. Non il va pas rencontrer.

Mais il a un gars à côté un gars de l'autre côté de de la cellule. Il a deux gars à côté qui vont ouvrir les fenêtres le soir et qui vont parler h parce que eux aussi ils sont à l'isolement et eux aussi ils ont besoin de s'exprimer. Vous savez un jour j'étais avec Carlos il y a il y a très longtemps Carlos était en dessous de nous.

Carlos Carlos le terroriste et il hurlait je vous assure que c'est vrai. Il hurlait est-ce qu' avec son action espagnole est-ce qu'il y a quelqu'un qui veut bien me parler ? J'ai encore ça 30 ans après dans dans la bouche.

Je je C'est très dur la prison. C'est très dur. C'est très très dur.

Mais c'est très dur pour tout le monde. Alors justement, c'est très dur pour tout le monde mais lorsqu'on est un détenu avec une certaine notoriété, est-ce que les autres détenus vous que vous croisez alors pratiquement jamais puisque vous expliqué quelisolement vous cont mais est-ce que par exemple les gardiens se comportent un peu différemment ? J'allais dire est-ce qu'on peut solliciter un tout petit peu de bienveillance mais il aura pas le sollicité parce que je pense qu'il va il va être très respecté par les gardiens.

Vous savez, moi j'étais avec Bob Denard, vous voyez qui c'est ? C'est un mercenaire. Bob, il obtenait tout ce qu'il voulait he des gardiens absolument tout.

Et puis les gardiens sont très corrects, je vous assure. Les gardiens sont très très corrects. Parfois, ils sont gênés de vous demander de faire une fouille.

Ils vous disent "Bon, monsieur Boton, on va faire la fouille." Moi, je me rappelle, j'avais une fouille tous les 15 jours. Il monsieur Boton, on va faire la fouille.

Bon, ils étaient gênés. Donc les Absolument pas absolument il y aura il y aura pas ce problème-là. Il y aura pas tous ces tous ces problèmes-là.

Ensuite vis-à-vis des détenus, tout dépend de l'attitude que vous avez. Si quand vous en croisez un, vous lui faites un bras d'honneur, ça va mal se passer. Si si vous si vous alors moi c'est un peu différent puisqu'il savait tout ce que j'avais fait pour les détenus et pour la détention.

Mais si si vous voulez, j'étais avec George Tron par exemple. George il était juste extraordinaire en prison mais extraordinaire. parce que toujours droit, toujours les chaussures, toujours monsieur euh rendant des services aux uns et aux autres, écrivant euh des choses, pu comportant, il est très fort, c'est un très grand juriste, qu'on qu'on faisant des des conseillant les gars, il était hyper hyper respecté.

Vous comprenez ce que je veux dire ? Et c'est un ancien ministre, il était très très respecté. Donc tout dépend de l'attitude que que vous allez que vous allez avoir.

C'est ça qui qui est important. que je juste pour comprendre parce que ce que vous venez de dire sur George Tron, il était pas à l'isolement alors non George il était avec nous au quartier des vulnérables. Mais ce qu'il faut ce qu'il faut que vous sachiez, c'est c'est pas un reproche he monsieur, c'est juste que les gens ne connaissent pas la prison.

Quand il va aller au- parloir avocat, la prison la prison de la santé, elle est faite pour 770 places, il y a 1400 détenus. Il y a 45 % d'absentéisme de surveillant. Ça vous donne juste une idée que quand il va vouloir aller au médical ou au parl, il va falloir trouver pas un surveillant mais trois parce qu'il va être accompagné au départ par trois surveillants comme je l'ai été pour l'amener au parleur avocat.

Et au parlur avocat, maître vous vous avez dû aller dans les parloirs. Quelle est la Est-ce que vous vous attendez vous attendez pas ? Si quand même on attend bien sûr.

Voilà. C'estàdire que les avocats, c'est pas un reproche maître hein, mais n'aime pas venir voir un détenu en en prison parce que il on attend que l'avocat soit là. Voilà.

C'est-à-dire que vous voyez votre client 20 minutes et vous vous restez minimum 1 heure dans la prison à attendre machin qu'il parte machin. Ça dépend. Parfois on arrive, ils sont pas en promenade.

Enfin, il faut encore faut-il arriver au bon moment de qu'il soit pas en promenade. Mais mais c'est très important de vous expliquer ça parce que les gens ils pensent que l'avocat il arrive, hop le gars le gars est là. Pas du tout.

Alors maintenant, les choses ont un peu évolué parce que euh nous adressons un mail à la maison d'arrêt, à l'administration pénitentiaire pour dire voilà euh je je vais venir rendre visite à monsieur Intel numéro d'écrou à telle heure enfin tel créneau horaire et donc de façon à ce qu'il mette la personne à disposition entre guillemets et qu'elle soit pas en promenade ou en visite voilà mais c'est vrai qu'on peut jamais c'est jamais en tout cas je je vous avez tout à fait raison monsieur quand vous dites Il faut saluer le personnel de l'administration pénitentiaire parce que ce sont vraiment des gens qui font un travail très difficile et ils sont souvent remarquent pour excusez-moi mais pour reprendre quand il va aller au parleur avocat on va vider le parleur avocat à la santé je sais pas si vous êtes à la santé il y a 10 ou 12 cabines ça veut dire que les autres détenus vont attendre un peu plus longtemps par défaut ça c'est pas possible je vous propose qu'on on pour aller plus loin qu'on écoute deux témoignages alors sont des témoignages qui datent mais qui sont importants et qu'on on a voulu vous montrer. Le premier c'est Loï Lefloc Pran, ancien patron d'elf condamné pour abus de biens sociaux. Le second c'est Olivier Spitakis, ancien patron de l'Amnef, la mutuelle étudiante.

Il avait été condamné pour abus de confiance ces interviews réalisées en 2002 mais qui vous donnent une idée de ce que les personnes qui sont en prison vivent. C'est la prison, c'est la prison, c'est l'isolement. Bon d'accord, on est seul on est seul dans la cellule, c'est peut-être un avantage.

On a droit à des douches plus que d'autres, c'est peut-être un avantage, mais le reste c'est la prison hein. Les cafards sont les mêmes pour tout le monde. L'eau froide est mêm pour la même pour tout le monde.

Les problèmes relationnels avec l'environnement, nos familles sont malheureuses ou ont été malheureuses comme les autres. plus pour tous les détenus. Madame messieurs, la relation à la famille, elle est centrale, elle est essentielle parce que c'est ce qui vous retient avec la vie qui continue dehors.

Oui. Oui. Oui, tout à fait.

Après, c'est vrai que c'est extrêmement douloureux pour les familles et c'est vrai que souvent nous ils sont particulièrement soucieux de savoir quand est-ce que leur leur leur parent incarcérés va sortir et quand est-ce qu'on va faire une demande de mise en liberté, quand est-ce qu'on va pouvoir éventuellement avoir gain de cause. Il y a deux types de détention. Il y a la détention provisoire en attente du jugement et il y a la détention une fois le jugement prononcé.

Et là, on est dans une détention en fait provisoire puisque il a fait appel et que il attend justement le jugement prè même s'il y a une première condamnation qui a été rendue mais comme elle est elle a fait l'objet d'un appel finalement il est dans ce statut de la détention provisoire en quelque sorte. Les familles c'est très dur. C'est très dur parce que le parloir dure 45 minutes.

Euh moi, j'ai entendu une gosse hurler hurler d'un détenu dont je me rappelle le nom encore, je veux pas le dire ici parce que on on lui enlevait on l'enlevait des bras de son papa. Et euh je vais vous donner un autre exemple, mais une de mes filles n'a pas pu rentrer parce qu'elle sonnait au portique et personne n' dit que c'était l'armature de son soutiengorge. Elle n'a pas pu assister au parloir.

Et je j'ai eu ce qu'on appelle un parlard fantôme. Donc j'ai appelé sur le télé j'ai appelé sur le téléphone fixe et je l'ai appelé et j'ai eu ma fille en larme. En larme.

Et ça c'est des choses que vous ne vous pardonnez plus jamais. Merci. Alors que le détenu d'ailleurs soit célèbre ou qu'il soit anonyme, ils peuvent souvent compter sur le soutien de leurs proches, de leur famille.

Pour Nicolas Sarkozi, il pourra même compter sur le soutien sans doute de ses amis politiques qui appellent même demain matin à une petite réunion au moment où il devant son domicile, au moment où il va se rendre bah ce voyage vers la santé. C'est une initiative que certaines parties civiles regrettent amèrement. Je vous propose de voir ce reportage de Chloé.

Dans moins de 2 jours, Nicolas Sarkozi sera derrière les barreaux, mais il assure rester combatif. Je n'ai pas peur de la prison. Je garderai la tête haute, y compris devant les portes de la santé.

L'ancien président qui a reçu le soutien de ses fils, Louis Sarkozi, a publié cette vidéo sur les réseaux sociaux en forme d'hommage. La vie, c'est une succession de renaissance. Rien n'est jamais terminé.

Avec cette vidéo, un appel au rassemblement mardi matin à proximité du domicile de l'ancien président. Son fils assure que cela n'a rien de politique et que c'est simplement un geste de soutien. Une démarche spontanée confirme un proche de Nicolas Sarkozi.

Il n'est pas non plus un prévenu ordinaire. Il a lutté toute sa vie contre le terrorisme, il a lutté contre toute sa vie contre la criminalité et il se retrouve là dans un univers très hostile. Et donc les gens veulent exprimer leur soutien et leur amitié à l'endroit de l'ancien président de la République.

Mais cette vague de soutien interroge et attire les critiques des partis civiles au procès comme Daniel Clin. Elle a perdu son frère lors de l'attentat organisé par le régime de Kaddafi. Je trouve ça grotesque et je trouve ça assez insultant.

Ça rajoute un peu quelque chose au au préjudice qu'on qu'on ressent en tant que victime de terrorisme. Le Nicolas Sarkozi, il a quand même un statut particulier en tant qu'ancien président, c'est que tout le monde a un avis sur sa détention, ce qui n'est évidemment pas le cas. Dans 99,9 % des procès, ça c'est lourd à porter.

En plus, il y a un message là-dedans où il faut qu'il en fasse totalement. Non, il y a plusieurs dimensions et enfin faut je laisse de côté vraiment le le la question de sa condamnation. Oui.

Parce que de toute façon, il y aura un appel et et encore une fois, c'est la justice qui doit se prendre et d'ailleurs même si en discours il s'est opposé de fait il se soumet et et il va en prison. Enfin voilà, il y a pas de Mais mais c'est vrai que un ancien président qui a été en plus c'était il y a pas si longtemps que ça, son élection c'est 2007, il y a eu tout un mouvement de population autour de lui, toute une mobilisation, il a des amis qui sont encore là, on en a vu quelques-uns à l'image. Donc c'est vrai que ça suscite une émotion particulière.

En ce sens, il est la condamnation, elle est celle que n'importe quel homme pourrait avoir, mais la situation n'est pas une situation anodine. D'ailleurs, on a dit elle est commentée à l'extérieur, elle est commentée à l'étranger. Mais ce qui me paraît euh moi je comprends l'idée de de de ces enfants de vouloir se se regrouper, se mobiliser avec quelques amis.

Après, je je je trouve regrettable de critiquer le la manière dont il a critiqué le les magistrats. Je trouve que enfin je je je pense que c'était pas de bonne politique pour lui et je pense que c'était pas de bonne de bonne politique pour nous en fait euh collectivement au sens au sens euh pour la la pour notre République. Mais euh l'idée de de le soutenir, l'idée que ça je je vois pas ce qu'il y a de de choquant.

Enfin c'est c'est enfin c'est de la même manière qu'une famille se réunit avant avant un événement grave pour se porter affection. Ben c'est pareil, ses amis et sa famille se réunissent. J'y vois pas en fait une une sorte de manifestation d'hostilité.

J'y vois pour le coup maintenant vu le moment où on est, vu la soumission visible, j'y vois plutôt Oui. un geste d'humanité de de gens qui l'apprécient. Et ça me paraît pas choquant.

Ça me paraît pas choquant. Madame a-t-il eu tort de se prononcer sur la justice dans des mots quand même relativement sévères ? Bah, on a le droit de donner un point de vue.

Heureusement encore, mais on a le droit de dire, on a le droit de commenter une décision de justice qu'on a voilà après euh c'est son point de vue, on a le droit de commenter une décision de justice. Qu'on a pas le droit, c'est d'attaquer les juges, mais ça c'est voilà euh mais commenter une décision, dire ce que ce qu'on en pense. Euh voilà, on a le droit euh voilà de dire de commenter.

Oui, c'est bien sûr. Je crois que tous les jours des tas de gens commandent des décisions de justice. pas d'ailleurs, vous savez, parfois dans nos revues spécialisées, on a des commentaires d'arrêt et et alors c'est sûr que c'est assez technique mais on peut encore une fois dans cette affaire si vous voulez, moi je peux pas me prononcer sur le fond du dossier, je le connais pas.

Donc comme ça c'est réglé. On a la question de la fameuse association de malfaiteurs dont nous savons nous en qualité d'avocat que c'est un peu une notion fourtout et qui est assez contestable. Mais après s'applique-t-elle ne s'applique-t-elle pas à cette affaire en l'occurrence ?

Ça, je crois que enfin en tout cas en ce qui me concerne, je peux pas me prononcer. Je vous ai dit, moi ma mon seul souci c'est la question de l'exécution provisoire, mais que je conteste en tout état de cause. C'est-à-dire pas que pour monsieur Sarkozy, c'est-à-dire que c'est quelque chose de même que la question de la prison.

Si vous deviez m'interroger sur la question de ce que je pense de la prison, je c'est pas c'est pas je suis assez contre la prison en tout cas. Non mais l'exécution provisoire entre nous, c'est 80 % à peu près des des condamnations en première instance. pas forcément pas.

Alors en matière civile, oui, en matière pénale plus rarement. plus rarement parce que eu égard au contexte en matière civile, c'est devenu il y a même une règle qui s'applique notamment en matière familiale et et je peux vous assurer que quelquefois ça fait des dégâts parce qu'on a des exécutions provisoires sur des décisions euh ou voilà qui mettent en cause des des structures familiales qui voilà qui posent problèmes. Donc vous globalement, vous pensez que l'exécution provisoire, on devrait la réserver ?

Non, parce que je considère que ça met en échec le second degré de juridiction, c'est-à-dire que finalement à quoi sert le second degré de juridiction ? C'est-à-dire le fait de faire appel. Si la première décision s'applique non obstant cette cet appel et qu'en fait finalement arriver à l'appel quelquefois on ne peut pas réparer les effets.

Alors on a une possibilité en matière civile, c'est de demander devant le premier président la suspension non la suspension de l'exécution provisoire en disant euh voilà euh on demande la suspension d'exécution présente parce que si d'aventure la cour d'appel infirme la décision de première instance et que elle a déjà produit ses effets, ça va risque d'être compliqué. Vous comprenez ? On a dit tout à l'heure Nicolas Sarkozi peut parfaitement demander sa remise en liberté.

Il y a un délai de 2 mois pour Oui, mais ça c'est distinct. C'està-dire qu'en matière pénale, on peut pas demander la suspension de l'exécution provisoire. On peut pas dire "On fait appel, monsieur le premier président, est-ce qu'on peut avoir la suspension d'exécution provisoire ?" Parce que vous comprenez, si la cour d'appel infirme et que monsieur était en détention, comment vous allez réparer tout cela ? ne se fait pas en revanche et en plus il faut que la peine commence à s'exécuter, c'est-à-dire qu'il y ait le placement en détention et la mise sous écrou pour que dès la première minute, on puisse aller former une demande de mise en liberté, ce qui va être le cas.

Je voudrais que pour les 10 dernières minutes, on s'intéresse à la sortie puis la dimension politique. Pierre Beauton, la sortie, est-ce que c'est un deuxième traumatisme ? Non, il y a on a on a cette phrase, les détenus, c'est la prison c'est dure mais la sortie c'est sûre.

Voilà, donc il sera sûr de sortir. Donc c'est on vit avec ça. On vit en cours de promenade, on vit quand il y a des moments difficiles, on vit avec ça.

Noël c'est c'est c'est terrible hein les vacances même là les vacances de la Toussin, c'est dur parce que la la je sais pas comment la prison tourne au ralenti. Voyez, je veux dire, elle tourne au ralenti. Donc c'est beaucoup plus dur.

Les weekends sont très durs. Euh ensuite, non, la sortie c'est mais vous savez ce qu'on se dit également. On dit "Tu es sûr de sortir quand tu es sur le trottoir ?" Parce que tellement de fois on vous fait croire que vous allez sortir.

Je vous assure hein, c'est c'est très dur. Quand je vous dis que c'est très dur, c'est très dur. C'est pour ça que je souvent je reprends club med que quartier VIP, je me rends fou furieux.

La prison c'est très très dur. Au final, vous avez passé un peu plus de 4 ans en prison. Est-ce que cette expérience traumatisante a changé votre regard sur le détenus et presque vos conception politique ?

Alors euh mon regard, oui, puisque je mène un combat pour euh je mène un combat justement parce que je pense que des gens comme euh Nicolas, comme le gars qui a un défaut d'assurance et qui est bourré euh et qui avec sa bagnole euh voilà enfin qui je pense qu'il y a tout un ensemble de de peine euh qui de ou mettre en prison ne sert à rien mais même un petit dealer, un petit dealer qui paye sa consommation, voyez et tout ça est très très mal fait parce qu'en même temps là vous branchez sur un truc Mais mais vous le mettez en plus au milieu d'un endroit où c'est rempli de drogue, c'est rempli de violence où le droit n'est pas respecté. Le risque c'est que il Mais c'est pas le risque c'est Attendez monsieur, excusez-moi. C'est ce qui ce qu'on voit tous les jours les vous voyez tous les jours les gars recruter des des petits délinquants pour devenir des tueurs.

C'est tous les jours maintenant aujourd'hui moi j'ai alerté ça. Bon donc je vous dis oui ça a changé mon regard sur la prison. Oui, j'aimerais que les gens s'en occupent beaucoup plus quand je dis les gens, c'est la société parce que c'est pas du tout pour excuser le tu voyez souvent je dis c'est les gamins.

Alors après je reçois mais si vous voulez en fait c'est des gens qui sont c'est c'est des gars qui ont été complètement paumés depuis l'âge de 10 ans. Depuis de 10 ans. Moi je les ai côtoyé.

C'est c'est pas des je suis pas en train de vous faire des rapports d'experts à la con. Je les ai côtoyé les gars et les gars voyez quand je les prenais un peu sous mon aile ben voilà et ça ça vous voyez donc si tout le monde s'en occupait s'il y avait un boulanger qui s'occupait d'un gars, je vous dis pas les tueurs et les violeurs, je vous dis pas ces gens-là, je vous dis les petites peines, c'est juste 60 %. Et ensuite on a on met, excusez-moi, mais on met Nicolas Sarkozi dans une prison où il y a des murs comme ça, où il y a des mesures de sécurité de tous les côtés. il va s'échapper.

C'est le régime, c'est il est il est au même régime que les autres détenus. Et c'est une connerie. C'est excuse vous parlez pas comme ça mais moi je parle comme ça et c'est une connerie parce qu'il y a 70 % des détenus.

Vous laissez la porte ouverte, ils sortent pas. Fabrice d'Almeda, euh un président de la République en prison, est-ce que ça peut changer globalement le regard de la société en tant qu'historien ? Est-ce que finalement des personnalités qui vont en prison, ça modifie le regard de toute la société sur la prison ?

Je crois que ça a un peu joué parce qu'il y a eu le cas de Pierre Beton. Euh à la même époque, il y avait Loï le flock pranent et d'ailleurs, vous êtes un peu une génération qui a décidé de prendre la parole et de dire ce qu'ils avaient vécu et d'attirer l'attention sur le l'état de vétusté des prisons françaises, leur surpopulation, l'aspect hyper malsin. Mais mais ce qu'il y a de très frappant, c'est que très vite ça retombe et que malgré le fait qu'il y ait plein de personnalités qui soit visiteur de prison, malgré, j'allais dire quantité de mouvements intellectuels qui depuis les années 70 he rappelez-vous le philosophe Michel Fouco, le JIP, tout ça, ben malgré tout, on se rend compte que ça s'améliore mais très très très lentement.

Alors une des résistances, c'est aussi peut-être le fait que on veut pas qu'on soit prison. C'estàd que les les les municipalités n'en veulent pas. une partie de l'opinion voudrait qu'on en construise mais il y a des quantités de de motifs qui font qu'on bloque ce qui permettrait peut-être de moderniser et de diversifier les types de centres des détentions et donc d'avoir peut-être une manière de regarder les peines qui soient différentes.

Quand même le grand progrès pour moi, c'est le fait qu'on est admis les bracelets électroniques. c'est autant de personnes en moins dans la stricte détention parce que là où je suis entièrement d'accord avec B, c'est je crois que la la détention est réservée vraiment au nuisible au nuisible qui peut recommencer et c'est comme ça qu'on doit la concevoir après que ça devienne une peine au sens une punition. Je pense que pour des choses plus petites, c'est pas forcément la punition adaptée.

C'est pas forcément la punition qui permet aussi la ensuite la réinsertion. Donc je crois qu'il faut il faut il faut essayer de se battre pour accroître la diversité des peines possibles et des formes de détention. Alors justement madame messieurs, je voulais vous montrer une de journal que vous avez forcément vu.

Elle date d'hier Nicolas Sarkozi à la une de la tribune qui dit "Je n'ai pas peur Pierre Boton, il se leur doit avoir peur." Non non il a raison. Non il a pas avoir peur de la prison.

Pas du tout. C'est dur. Voilà.

Mais il a pas avoir peur. Non non, ce qui ce qui est douloureux, ce qui va être très douloureux, c'est bah il a une petite de 13 ans, hein. 14 depuis hier.

Bah une petite de 14 ans. Voilà, c'est dur. Il y a l'école, il y a il y a tout ça.

Pour Pierre et Jean, moi que j'aime beaucoup, c'est des garçons très sensibles. C'est c'est dur. Après, ils gèrent ça comme ils l'entendent.

Voyez, je veux dire, je crois je crois quand vous voyez la Réunion et tout ça, chacun gère ces moments-là comme on l'entend. Il y en a qui rentrent bourré, il y en a qui rentrent drogué, il y en a qui rentrent, voyez, il rentrent avec quelque chose sur Dieu. Moi, je suis devenu très croyant en prison.

Madame, vous qui avez eu des dizaines, des centaines de de clients, est-ce que lorsqu'on a peur, c'est pire ? Je sais pas, j'ai pas la réponse à ça. Moi la seule réponse que j'ai, c'est que je je rejoins ce que disent mes cieux sur le plateau, c'est que je considère que la prison, elle doivent être elle doit rester exceptionnelle.

D'ailleurs, c'est ce que dit notre procédure pénale. La liberté, le principe, la prison et l'exception. Donc déjà, premier point.

La deuxième chose, c'est qu'on doit multiplier, vous avez parfaitement raison, ce qu'on appelle les peines alternatives à la détention. La troisième chose, c'est que vous avez également raison, c'est que je considère que la prison devrait rester réservée à à des à des individus dangereux, notamment à tout ce qui est finalement des gens qui portent atteinte à l'intégrité physique et que un certain nombre d'infractions devraient rester finalement du domaine de la peine alternative, de la peine d'amende. Euh maisce que vous dites là, c'est pas populaire actuellement, on entend beaucoup.

Il faut mettre les gens en prison. Voyez-vous, les choses qui sont vraies sont pas forcément populaires parce que les gens ne connaissent pas, parce que souvent c'est plutôt du populisme euh et qu'on pense que la justice est laxiste et la justice n'est pas laxiste. On pense que la prison c'est le club maître comme vous dit et la prison c'est pas le club maître, c'est extrêmement difficile.

Tous les gens qui moi tous les gens qui qui m'en ont parlé m'en ont parlé dans des termes extrêmement durs, ça ça abîme sérieusement. C'est l'école du crime, vous avez raison. Ce sont des jeunes qui arrivent en détention, même des mineurs parce que je je rappelle qu'il y a aussi la prison pour mineurs et qui ou de jeunes majeurs et qui vont fréquenter même s'il y a des quartiers même si on essaie de pas mélanger tout le monde mais qui vont fréquenter d'autres gens et qui vont en sortant avoir des difficultés pour plusieurs raisons.

C'est pas forcément parce qu'on va les recruter, mais c'est aussi parce que finalement il y a une il y a des conséquences à cet emprisonnement sur le plan psychique et que en sortant, il y a comme une une révolte, une rébellion, un dégoût finalement qui fait que ils vont passer voilà dans des des petites délinquences et peut-être et que la réinsertion est souvent extrêmement difficile. Donc il faut travailler tous sur tous ces terrains. Euh vous avez raison, maître et vous voyez bien.

Alors, évidemment, je veux pas comparer, hein, mais vous voyez bien la réaction de Nicolas. C'est pas une réaction d'acceptation, c'est une acceptation de révolte. Or, cette acceptation de révolte, moi je l'ai beaucoup rencontré chez les détenus.

Je veux pas comparer les choses. Je répète, il est présumé innocent et et voilà, il son président de la République. Quand vous entendez Pierre quand vous entendez Pierre Beton, il faut emprisonner davantage les juges laxistes qu'on a bien entendre tout à l'heure.

Ça ça vous choque ? Non, c'est moi je à la limite je suis pour les petites peines mais pas dans les conditions actuelles. C'est c'est c'est dément.

Mais écoutez, ça fait des années des années que je parle de ça. Et puis euh je disais Paris, Lyon, Marseille, vous allez voir mais maintenant c'est partout. Il y a du trafic de drogue de partout.

Il y a des gars avec des flingues de partout, il y a des kalichnikov de partout. Vous avez vous avez des gens qui se font tuer dans leur chambre, des étudiants qui se font tués dans leur chambre. Vous avez des délégats collèux partout.

Mais je comprends pas. Les gens ne réagissent pas, ils ne comprennent pas. Un mot.

L'alternative c'est le bracelet électronique par exemple. L'alternative c'est de construire non prison à domicile. Non c'est non pas du tout.

L'alternative c'est construire des prisons à structure très légère où on peut passer 6 jours où on est encadré où où on comprend les choses où on explique les choses. Par exemple moi je suis pour les tests salivaires. Si le gars pendant 3 semaines il il fait en sorte de pas être shooté bah là on lui on lui enlève on lui enlève un peu de peine.

Ça c'est intelligent. Euh les prisons aujourd'hui, c'est c'est tout sauf intelligent. Messieurs, madame, merci beaucoup pour pour ce débat qui était passionnant.

Je pense qu'on est allé plus loin euh que la simple information et ça nous a permis de réfléchir sur ce qu'est la prison aujourd'hui dans notre société. Uh.

"Sur le terrain" : Nicolas Sarkozy, un président en prison — Nicolas Sarkozy · Pourquijevote