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interviewSud Radio (sur YouTube)· 18 décembre 2025 13 min

Va-t-on vers une crise européenne en cas de signature du Mercosur ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

On est là, il y a 150 200 tracteurs qui arrivent. Là, ça va bouger. On ne partira pas tant qu'on aura pas une réponse forte de l'État.

J'appelle à tous les artisans à soutenir nos agriculteurs parce [musique] que finalement les difficultés même si ne sont pas les mêmes, on se rejoint dans des problématiques qui sont énormes. Aujourd'hui, c'est ici mais pour moi la prochaine étape Paris. Faut les faire trembler.

On veut moins de contrainte, on veut moins d'emmerde, on veut qu'on nous laisse travailler, c'est plus possible. Et la troisème étape, si Paris ça bouge pas, c'est l'Europa, c'est Bruxelles. Les vraies [musique] voix sud- et on vous pose cette question dans les vraies voix.

La question du soir : "Va-t-on vers une crise européenne en cas signatures du Mercur ? Vous dites encore et toujours oui" à 94 %. Vous voulez réagir le 0826 300 300 et moi je crois que la crise peut être triple dans la rue avec les agriculteurs entre les différents états et même par exemple au Parlement européen entre les différents groupes.

Céline Imar est avec nous à DPT européenne LR et exploitante agricole céréalienne. Madame la députée merci d'avoir accepté notre notre invitation avec cette question du jour à laquelle vous pouvez répondre. Est-ce qu'on va vers une crise européenne en cas de signature du mire cûure ? vers une signature du mercour cette semaine, la réponse est oui.

Incontestablement, on a eu enfin la France et surtout Emmanuel Macron ont eu une aide providentiel euh aujourd'hui en la personne de Georgia Meloni et on voit bien que elle a un rôle prépondérant euh au niveau de l'Union européenne que la France a perdu. La France aujourd'hui toute seule ne peut plus défendre ses intérêts. On a des intérêts très divergents au niveau européen.

L'Allemagne, elle avec les pays du nord sont très vocaux parce que la signature de cet accord pour eux c'est un intérêt absolument vital. Ils ont leur économie qui est dans une situation de marasme. Ils ont besoin d'exporter leur industrie automobile, chimique, pharmaceutique et cetera.

Et donc, ils se positionnent très très fort pour passer en force. Mais avec le renfort de Madame Mélie, cette semaine, ce ne sera pas possible et fort heureusement. Et moi, je pense que madame Méloni, un jour ou l'autre, je ne sais pas dans combien de temps et contre quoi, elle va rechanger sa position et reprendre une position en faveur du mercour mais probablement en janvier.

H Éric Revel. Euh oui, madame la députée, je note aussi que je sais pas si vous en avez parlé, on en disait un mot tout à l'heure, c'est que l'Allemagne appuie fortement pour signer ce traité du Mercur parce que le le volet exportation Europe vers Amérique du Sud, c'est de la machine out de la voiture allemande. Absolument.

Puis il y a la chimie, il y a la pharmacie puis il faut pas oublier un point, c'est que l'Allemagne pour son industrie, elle n'a délocalisé que 20 % de ses emplois. Nous, on a réussi un exploit fantastique depuis le début notamment de l'air macroniste, c'est de délocaliser 70 % de nos emplois industriel. Donc en fait, l'Allemagne reste une puissance exportatrice non seulement au niveau de son industrie automobile, mais aussi sur tous les autres secteurs.

Et donc, elle a absolument besoin de se positionner aujourd'hui sur ce marché du mercour qui réunit 780 millions de consommateurs. Et nous, en fait au niveau de la France, on a un maillage territorial, un maillage identitaire aussi parce que c'est une question d'identité pour nous l'agriculture. Mais il faut dire aussi madame la députée que euh nous avons un modèle économique qui est plus basé sur la consommation des ménages en France et moins sur l'exportation historiquement, ce qui est pas le cas de l'Allemagne.

Absolument. C'est parce que là aussi nous avons sombré économiquement, que ce soit sur notre dette, sur notre déficit, sur notre désindustrialisation. Et maintenant, et c'est ça que les agriculteurs ne supportent plus et ils ont raison sur la désagricolisation de notre pays.

Et euh ça c'est terrible parce qu'aujourd'hui la Chine est devenue l'usine de l'Europe et le mercosour ne peut pas devenir sa ferme. C'est ça qui est vraiment en jeu aujourd'hui. Madame la député, moi juste pour vous dire que je suis relativement raccord avec votre analyse sur Georgia Mélonique, je trouve d'une lucidité extraordinaire.

Maintenant, j'ai une question euh qui me vient, c'est-à-dire on a parlé de l'Allemagne et d'autres pays qui ont des choses à exporter via le Mercosur. Comment se fait-il ? Alors, vous avez déjà commencé à donner des éléments de réponse, mais comment se fait-il que la France se retrouve dans une position où on en est tous autour de la table à se demander mais qu'est-ce que nous nous pourrions exporter ?

Quelle est finalement notre place dans l'organigramme industriel européen ? Je pense que nous n'avons plus forcément notre place d'ailleurs et surtout sur ce texte en lui-même euh vous à titre personnel, comment est-ce qu'on le réajuste pour arriver à une version acceptable ? On le réajuste pas.

Aujourd'hui au niveau européen, d'abord il faut savoir une chose, c'est que les États-membres ont délégué la compétence complète de ce qui concerne le commerce extérieur à la commission. Et en fait, la commission, elle a commencé à négocier cet accord sur mandat des États-membres en 1998. On était dans une époque où le paradigme c'était de négocier des accords globaux.

Mais ça aujourd'hui c'est un paradigme qui est dépassé, qui est vraiment d'ancienne génération. On prend des régions entières du monde et on négocie d'un côté notre industrie qui va là-bas et leur agriculture qui vient chez nous. Aujourd'hui, le logiciel, il a changé.

La commission continue à négocier des traités. Je prends l'exemple de l'Inde qui va aboutir très très vite sur l'Inde. Quand la commission a commencé à négocier sur l'Inde, elle a dit voilà, nous on a des secteurs sensibles, c'est le sucre et la viande bovine, donc on va pas les mettre dans l'accord.

Et l'Inde a dit en contrepartie, nous aussi on a des secteurs sensibles et on va pas les mettre dans l'accord. En revanche, on va continuer à travailler pour avoir un accord qui soit beaucoup plus ciblé, sectorialisé et qui bénéficie réellement à nos deux pays. Est-ce que nous quand on exporte du cognac ou du vin euh par exemple au Canada, on va pas détruire en fait des filières, des familles, des emplois, des exploitations agricoles là-bas.

Donc maintenant le paradigme de négociation, il a changé. Le mercour de la manière dont il a été pensé et négocié depuis 25 ans, aujourd'hui, il ne peut plus aboutir. À mon avis, il ne fait plus sens.

Il faudrait tout arrêter et tout renégocier pays par pays avec des accords beaucoup plus sectorialisés et ciblés. Oui, madame la député, vous avez conscience quand même qu'il y a la Chine et les États-Unis qui euh qui sont en embuscade justement sur la question du Mercure et qui n'attendent qu'une chose, c'est de prendre entre guillemets la place qui est destinée à l'Union européenne. H absolument.

Et c'est d'ailleurs un des points que soulèvent les pays qui sont favorables à cet accord ainsi que la présidente de la Commission européenne. Mais on peut plus marcher avec ce chantage. C'est-à-dire qu'aujourd'hui on a délaissé nos agriculteurs, on ne les aime plus et on ne leur donne plus de preuve d'amour.

Et c'est pour ça qu'il y a cette colère. C'est-à-dire que moi je suis pour le libre échange et je pense que le libre échange comme vous le dites dans un contexte géopolitique de durcissement de la Chine qui vient de nous remettre 30 % de droits de douane sur le port [rires] le rappel malgré le déplacement fabuleux d'Emmanuel Macron qui a dû oublier d'apporter une bouteille de cognacle je pense à Dig Jin Ping enfin bon ça c'est notre sujet et dans un contexte aussi où Donald Trump reprend les intérêts amériques à faire sans main et à une politique beaucoup plus agressive et beaucoup plus protectionniste. Effectivement, leur argument c'est de dire attention parce que la Chine va prendre nos parts de marché.

Sauf qu'aujourd'hui, c'est plus possible en fait de déstabiliser ce qui fait non seulement notre économie, notre présence sur les territoires, mais aussi l'agriculture. C'est notre identité et je dois le dire, on doit notre identité dans ce genre d'accord. Les accords de libre échange, oui, mais équilibré.

Mais Céline Imar, quand est-ce que un homme ou une femme politique française va avoir le courage ? Je sais que vous venez du sud-ouest, d'une terre de rugby, vous êtes pas loin de castre. Je crois avoir le courage de mettre un gros caramel à l'Allemagne qui se comporte vraiment comme la dirigeante de l'Europe et l'Allemagne n'a qu'un but.

Anéantir l'économie, l'industrie française. Elle y est arrivée, parfait. Et maintenant l'agriculture.

Quand est-ce qu'on va avoir des hommes politiques qui ont, vous me passerez l'expression, des corronaises comme on dit de l'autre côté, des Pyrénées ? Oui, enfin, sauf que le castre olympique, lui, quand il rentre sur le terrain, puisque c'est mon équipe favorite de rugby, pour mettre des caramels aux copains et notamment aux équipes parisienne, ben il se prépare et ils s'entraînent ou la grosse différence c'est qu'aujourd'hui la France pour affronter l'Allemagne, elle n'a plus les moyens euh de sa politique. Elle n'est pas entraînée et elle n'est pas crédible.

Qu'est-ce que vous voulez aujourd'hui qu'on aille négocier pour défendre nos intérêts en disant "Ah bah tiens, la France arrive, nous le mercosour, on nen veut pas, on met un cachou à l'Allemagne." Non mais en fait quand on a le déficit public qu'on a, quand on a la dette publique qu'on a et qu'on veut donner des leçons en Europe, ils nous disent "Attendez les gars, là vous avez pas de budget, vous avez une instabilité gouvernementale qui est un peu inquiétante, vous avez une mais vraiment une trajectoire sur vos finances publiques. Tenez pas vos comptes là en ce moment les débats chez vous à l'Assemblée nationale c'est le concours l'épine de la nouvelle taxe et vous voulez nous donner des leçons sur les intérêt européens alors commencez pour remettre de l'ordre chez vous dans le vrai sujet c'est ça c'est pas une question de courage c'est une question aussi qu'on a une trajectoire budgétaire délirante qui met en danger toute la zone euro et qu'aujourd'hui on n plus les moyens de porter la voie de nos intérêts à Bruxelles et la Macronie a nous a considérablement affaibliement on parlait tout à l'heure de l'instabilité des discours d'Emmanuel Macron.

Un coup, il trouve ça plutôt pas mal. Un coup, il est on contre. Aujourd'hui, on est quand même à de jours, on est le le 18 à 2 jour de ce de ce de cette signature.

Est-ce qu'on n'est pas ridicule au aux yeux du monde ? Bah, c'est un petit peu ce que je viens de dire. Enfin, moi je veux pas taper pour taper sur la macronie, mais aujourd'hui effectivement, on n'est pas crédible quand on arrive à Bruxelles.

Et donc, c'est pour ça que finalement le le secours providentiel nous vient de l'Italie qui elle a su réaliser ce sursaut, a su remettre de l'ordre dans ses comptes, mais en place des politiques extérieures notamment avec les pays d'Afrique extrêmement intelligentes et reprend en main ses intérêts. H L'avenir, c'est quoi ? C'est-à-dire, est-ce que vous pensez quand même que il y a une une sortie possible en tout cas pour cette alliance Italie, France et les deux autres pays ?

Est-ce que vous pensez que c'est possible ? Moi, je pense que l'Italie finira par nous lâcher euh quand elle aura obtenu certaines contreparties. Après, la question c'est ce sera quand qu'elle va nous lâcher ?

Est-ce que ce sera début janvier, fin janvier, on ne sait pas et on ne sait pas contre quoi. Après, ça va arriver sur la table du Parlement. Donc au niveau du Parlement européen, on fait deux choses.

La première, c'est qu'on saisit la Cour de justice sur euh la validité de la sission de l'accord. La commission a fait un coup de force démocratique absolument magnifique, un tour de passe-pass parce que normalement cet accord doit être ratifié par tous les parlements nationaux. La commission a dit bah c'est très simple, on va scinder l'accord en deux parties.

Par miracle, l'accord commercial va pouvoir se mettre en branle sans ratification et puis après le reste bah les États-membres valideront un peu tout ce qui est principe démocratique, coopération et cetera. Donc déjà premièrement au Parlement, on va saisir la Cour de justice sur la validité juridique de cet accord. Et ensuite ce que moi j'essaie de faire, c'est de convaincre en fait mes collègues au niveau du parlement bah tout simplement de ne pas le signer.

Et le 2e rapport de force, il sera là. J'ai l'impression que la France est devenue euh une monnaie d'échange, un levier de négociation pour finalement permettre à l'Italie d'arriver à ses fins de la manière dont vous avez présenté les choses. Ah oui, c'est tout à fait ça.

Oui. Ouais. C'est le jeu le le jeu au niveau européen, il est très complexe parce qu'il se joue avec des intérêts nationaux de 27 Étatsmembres qui ont aujourd'hui des sensibilités, un mariage un mariage territorial, une identité, une économie extrêmement différente et donc c'est un peu le Game of Thrones entre la commission, les États-membres, les parlementaires et les groupes politiques.

Et il faut jouer effectivement sur un échiquier qui est assez serré et assez complexe. Et oui, la France clairement aujourd'hui n'est pas en mesure de s'imposer et de porter sa voix. Et donc elle doit effectivement s'insérer dans ses leviers de négociation.

Euh et moi c'est ce que je fais euh enfin c'est ce qu'on fait euh pour essayer de gagner sur ce sujet parce qu'on ne peut pas jeter nos agriculteurs déjà en extrême difficulté en pâure à cette concurrence déloyable. Ce n'est plus tenable. Ce serait les dernières gouttes d'eau qui ferait déborder un vase déjà bien plein.

Voyez madame la député, je pense que Emmanuel Macron fait tout à l'envers. Il a pas compris la phrase du général de Gaulle : "Les États n'ont pas d'amis. que les intérêts.

Lui, il essaie de se faire des amis mais il oublie de défendre nos intérêts. Ouais. Et il en a pas les moyens.

Et puis surtout, moi je pense que ce qu'il a oublié depuis 2017 euh c'est de créer un relationnel et une relation réelle, empathique euh je dirais presque d'amour avec le monde agricole, chose qu' avait su faire des prédécesseurs avant lui et là-dessus, il a complètement loupé le train et donc il a à la fois perdu la possibilité de défendre nos intérêts en France avec une voie très forte et à la fois cette connexion profondément empathique, presque charnelle avec ce ce monde agricole. Il a il a perdu sur les deux tableaux. Merci beaucoup Céline d'avoir accepté notre invitation.

Députée européenne LR et exploitante agricole Créalière. Merci beaucoup. Merci beaucoup en tout cas.

Yeah.