Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 15 mai 2025 7 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Attractivité de la France : "Il faut faire très attention de ne pas rajouter de fiscalité pour que la croissance et les investissements repartent", alerte Marc Lhermitte du cabinet EY

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:33InvitéFait
    « D'abord parce que l'Europe est une Europe sans croissance depuis trois ans et c'est épuisant de ne pas avoir croissance. »
  • 0:41InvitéFait
    « C'est ça d'abord que les entreprises regrettent et c'est la raison pour laquelle elles font moins d'investissements en Europe, moins 5% entre 2023 et 2024. »
  • 1:07InvitéFait
    « Les Américains ne se gênent pas pour aller puiser du gaz de schiste. »
  • 2:04InvitéPromesse
    « Je dois aller aux Etats-Unis produire plus dans un certain nombre de secteurs d'activité. »
  • 2:37InvitéFait
    « L'Europe, finalement, ça a du mérite. C'est agaçant, je l'ai dit tout à l'heure, c'est complexe, mais c'est une zone de droit. »
  • 3:23PrésentateurFait
    « Il y en a, ça marche moins, notamment des secteurs historiques, automobiles, chimie. »
  • 4:09PrésentateurFait
    « Et si on revient sur ce qui va, les secteurs qui attirent les investisseurs en France ? »
  • 5:52PrésentateurFait
    « Parce que les annonces concernent surtout des extensions de sites déjà existants, plutôt que des projets d'implantation nouvelles. »

Temps de parole

  • Invité76 %
  • Présentateur24 %

4,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Info. Bonsoir à toutes et à tous, la France reste la première terre d'investissement étranger en Europe, oui, mais... Bonsoir Marc Lhermitte. Bonsoir. Associé au sein du cabinet EY, vous êtes coordonnateur du baromètre annuel sur l'attractivité de la France, publié donc aujourd'hui par EY. Ce qu'il nous dit, ce baromètre, c'est que oui, la France est toujours numéro 1. 1025 projets d'investissement annoncés par des entreprises étrangères dans notre pays l'an dernier devant le Royaume-Uni et l'Allemagne. Ça c'est le verre à moitié plein. Le verre à moitié vide, c'est que ces investissements sont en baisse de 14%. Pourquoi ?

0:33
Invité

D'abord parce que l'Europe est une Europe sans croissance depuis trois ans et c'est épuisant de ne pas avoir croissance. Ça épuiserait la plus audacieuse et la plus solide des entreprises. C'est ça d'abord que les entreprises regrettent et c'est la raison pour laquelle elles font moins d'investissements en Europe, moins 5% entre 2023 et 2024. Et puis il y a l'effet du plan Biden, du plan IRA qui a finalement retenu énormément d'entreprises américaines sur le sol des Etats-Unis qui sont incités par des incitations fiscales, aussi par une croissance assez solide, par une énergie très très compétitive. Les Américains ne se gênent pas pour aller puiser du gaz de schiste.

Et donc tout ça, ça fait que 50% d'investissements américains qui se réalisaient en 2021 ne se réalisent plus en 2024. C'est considérable. Donc tout ça fait que les grands pays comme la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne baissent de la même manière assez considérablement en 2024. Ces investisseurs américains, ce n'est pas qu'ils n'investissent plus, c'est qu'ils investissent chez eux. Ils investissent chez eux et puis sont un peu refroidis par une Europe qu'ils ont toujours trouvé assez complexe, un peu agaçante. Ils ont surtout peu de croissance, des marchés qui sont très difficiles à capter. Et donc, pour le moment, ils se sont mis un peu en pause en Europe.

1:43
Présentateur

Vous parliez de Joe Biden, Marc Lermitte, il a un remplaçant à la Maison Blanche, Donald Trump, qui crée, on va dire, un contexte incertain. Est-ce que ça se ressent déjà dans les flux d'investissement ?

1:54
Invité

Alors, il y a beaucoup d'entreprises qui sont en train de prendre des positions, je dirais presque vitales. C'est-à-dire que se dire 50% de mon marché est aux Etats-Unis. C'est le cas de Sanofi qui l'a dit très publiquement ce matin. Je dois aller aux Etats-Unis produire plus dans un certain nombre de secteurs d'activité. Aller s'implanter et produire aux Etats-Unis, c'est presque un réflexe de survie pour protéger, se protéger d'importations qui prendraient soudainement 50% de droits de douane, le lendemain 10%. Donc, l'imprévisibilité, le côté un peu chaotique, turbulent et finalement, disons-le, très inquiétant de ces annonces et de ces contre-annonces.

C'est vrai que les entreprises se disent, je dois absolument sécuriser ce que je fais dans mon premier marché mondial, les Etats-Unis. Mais elles se disent aussi, l'Europe, finalement, ça a du mérite. C'est agaçant, je l'ai dit tout à l'heure, c'est complexe, mais c'est une zone de droit. Il y a une transparence, en tout cas sur le cap. Il y a une forme de collectif qui se crée dans des moments de crise.

Est-ce qu'on est dans un moment de crise, un moment critique suffisant pour que l'Europe, la Commission, avec le Royaume-Uni, la France étant plutôt leader dans cet ensemble, se dise, c'est un moment important, c'est un moment où on doit se rassembler, arrêter de se diviser, se rassembler pour avoir une réponse à l'échelle sur les droits commerciaux, avoir une réponse à l'échelle aussi sur l'industrie de la défense, mais aussi sur l'automobile. Tous ces sujets sont sur la table.

3:14
Présentateur

Parlons-en de l'automobile parce qu'il y a des secteurs attractifs en France qui attirent les investisseurs. Il y en a, ça marche moins, notamment des secteurs historiques, automobiles, chimie.

3:23
Invité

Oui, commençons par ce qui ne va pas.

3:25
Présentateur

Et après, on ira sur ce qui va.

3:26
Invité

Voilà, c'est l'automobile et la chimie. Je pense qu'on voit pourquoi l'automobile est dans une crise de choc, un choc de transition. Aller du véhicule thermique, qui était la très grande spécialité et formidable spécialité de beaucoup de constructeurs automobiles en Europe, vers le véhicule électrique, on voit que le géant chinois est allé plus vite et avec des moyens subventionnés de l'État chinois. Sur la chimie, c'est une crise qui est liée au coût de l'énergie, quatre fois plus important en Europe qu'aux États-Unis, par exemple. Et ne parlons pas de la Chine et d'autres régions du monde. Donc, c'est ça.

Ces deux crises systémiques font que ces deux secteurs sont très importants en France, qui ont énormément apporté d'emplois, qui continuent à en apporter d'ailleurs, mais beaucoup moins en ce moment que dans les années précédentes.

4:09
Présentateur

Et si on revient sur ce qui va, les secteurs qui attirent les investisseurs en France ?

4:12
Invité

Alors, il y a des bonnes nouvelles, effectivement, dans ce baromètre. Et tant mieux parce que ce sont des nouvelles dans des secteurs ou des informations, des performances dans des secteurs sur lesquels on doit miser pour l'avenir. L'énergie, justement. L'énergie renouvelable, où la France avait un certain retard. Et là, la machine a commencé à investir avec plus de 70 investissements dans l'énergie. La France est très largement première en Europe sur les investissements dans le secteur de l'énergie. Deuxième secteur qui marche, l'intelligence artificielle. Pas seulement des effets d'annonce au sommet de l'intelligence artificielle, qui est un formidable sommet en février.

Ce n'est pas seulement les data centers, c'est toute l'industrie, le secteur de l'intelligence artificielle, plus de 40 projets. Là aussi, on est très loin devant nos principaux concurrents européens. Donc, il y a une avance française sur ces deux secteurs. Il y en a quelques autres, mais ces deux secteurs montrent bien que la France a vraiment aussi, en même temps que ses difficultés du moment, parié sur l'avenir.

5:06
Présentateur

Une question, Marc Lermitte, parce qu'on est sur des projets d'investissement. Est-ce qu'il y a un suivi, après, parce que c'est une chose d'annoncer qu'on va implanter une usine, l'étendre, un projet d'extension, embaucher ? Mais est-ce que vous savez s'ils suivent ces projets et des résultats sont-là ?

5:17
Invité

Oui, on les suit tous. C'est un peu vocation d'une entreprise comme EY de compter ce qui est sûr. Donc, on fait ce travail dans 45 pays. On filtre énormément de projets qui ne nous paraissent pas tout à fait prêts, pas tout à fait sûrs. En France comme ailleurs, plutôt moins en France. En France, les choses sont sérieusement annoncées, sérieusement préparées. Donc, on suit tous ces projets. L'immense majorité de ces projets se réalisent. Alors, parfois avec des aléas, des retournements de conjoncture, parfois en plus, en mieux. Et donc, on les suit. Généralement, ce qu'on annonce se réalise de la bonne manière, et en tout cas dans les mêmes proportions, quelques années plus tard.

5:49
Présentateur

Il nous reste une petite minute, mais je voudrais qu'on parle des singularités françaises. Parce que les annonces concernent surtout des extensions de sites déjà existants, plutôt que des projets d'implantation nouvelles.

5:58
Invité

Coups salariales et une certaine prudence relative à notre droit social, à notre climat social font que les entreprises hésitent à faire des projets plus volumineux, hésitent d'autant plus dans un contexte où la croissance n'est pas vraiment là.

6:11
Présentateur

Et les investisseurs sont confiants pour la suite ?

6:14
Invité

Alors, ils sont beaucoup plus confiants maintenant qu'ils ne l'étaient en octobre-novembre dernier, quand on ne savait pas quel budget, après la dissolution. Donc, ils le sont, ils sont, on va dire, très vigilants, quand même très attentifs, notamment, notamment, principalement à ce qu'il n'y ait pas de fiscalité supplémentaire, parce que la France est championne d'Europe de l'attractivité, mais aussi championne d'Europe de la fiscalité. Donc, il faut faire très attention à ne pas en rajouter, pour que la croissance reparte et que les investissements repartent.

6:39
Présentateur

Et on entend ce message des investisseurs, les ministres sont en train de préparer le budget 2026, on verra ceux qui l'en ressortent. Merci beaucoup Marc Lermitte, associé au sein du cabinet EY. Vous êtes le coordonnateur de ce baromètre annuel sur l'attractivité de la France, toujours première terre d'investissement étranger en Europe, mais ces investissements reculent globalement.