Amélie de Montchalin,ministre chargée des comptes publics | LCP, Lundi C'est Politique - 31/03/2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 55 %Attaque 25 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
La France est l'un des pays les plus endettés d'Europe. Le gouvernement maintient-il le principe de baisse des dépenses pour 2026 ?
- 3:00OuverteRéponse partielle
Le Rassemblement National dénonce un scandale démocratique après la condamnation de Marine Le Pen. Quel est votre point de vue ?
- 4:00RelanceRéponse directe
Vous diriez que c'est une ingérence de Vladimir Poutine ?
- 5:00OuverteRéponse partielle
On comprend que vous ne vouliez pas commenter. François Bayrou dit être troublé par la condamnation. Que répondez-vous ?
- 7:00OuverteRéponse partielle
Est-ce que la loi doit être revue pour clarifier l'éligibilité ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Quel est l'objectif de déficit pour 2026 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Amélie de MontchalinFait
« La France est l'un des pays d'Europe les plus endetté derrière la Grèce et l'Italie. »
- 4:00Amélie de MontchalinFait
« Il est très rare qu'un gouvernement étranger commente une décision de justice dans notre pays. »
- 6:00Amélie de MontchalinFait
« La décision elle-même, je suis ministre chargée des Comptes publics, cela doit être respecté et les ministres ne commandent pas les décisions de justice quand le processus judiciaire n'est pas clos. »
- 8:00Amélie de MontchalinChiffre
« Détourner des fonds publics, plus de 4 millions d'euros, amène les autres à comprendre que ce type de faits ne permet pas d'être candidat. »
- 10:00Amélie de MontchalinChiffre
« L'objectif est de ramener le déficit à 5 % du PIB à peu près. »
- 12:00Amélie de MontchalinFait
« Le premier ministre veut tenir la conférence du 15 avril. »
- 14:00Amélie de MontchalinFait
« La plus grosse baisse des dépenses de 2025 est une baisse du fonctionnement de l'Etat qui est la plus grosse baisse d'efficacité sur le fonctionnement de l'Etat depuis 25 ans. »
- 18:00Amélie de MontchalinFait
« Dans l'organisation de l'Etat, il y a des agences. Certaines ont été créées à un moment donné parce qu'on a fait face a des mineurs. »
- 20:00Amélie de MontchalinChiffre
« Sur le système de la sécurité sociale, nous sommes en train de revoir des économies sur les prescriptions, c'est des centaines de millions d'euros. »
- 22:00Amélie de MontchalinChiffre
« Si on ne laisse pas la retraite à 64 ans, c'est à peu près 3 milliards de pertes dans le cas où on enlève une année. »
- 24:00Amélie de MontchalinChiffre
« Le déficit de retraite de cette année est de plus de 6 milliards. »
- 28:00Amélie de MontchalinChiffre
« 20 milliards de fraudes et 13 milliards de fraudes encaissées l'année dernière. »
- 32:00Amélie de MontchalinFait
« Nous avons des oppositions qui s'opposent. Nous ne voulons pas bloquer le pays. »
- 36:00Amélie de MontchalinChiffre
« On dépense 56 % de notre PIB en dépenses publiques. »
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La France est l'un des pays d'Europe les plus endetté derrière la Grèce et l'Italie. Pour 2026, le Gouvernement maintient le principe de faire baisser les dépenses. A la barre, Amélie de Montchalin.
Un portefeuille stratégique politiquement car à tout moment il y a possibilité de censurer le budget. Amélie de Montchalin, ministre chargée des Comptes publics. Bienvenue dans "Lundi, c'est politique".
Bonsoir et merci de votre fidélité. Bonsoir Amélie de Montchalin. Pour vous interroger, Clément, Sonia, et Hugo Couturier, Hugo au Perchoir qui relève vos questions et commentaires grâce à la chaîne Twitch.
Avec vous, nous allons voir où le Gouvernement va faire des économie. Il est pas question de faire augmenter les impôts. Dans cette émission, vous allez échanger avec Christian de Boussu qui s'était intéressé aux monnaies, leur rôle et sur l'essor des cryptomonnaies qui pourraient booster le monde financier mondial.
Le procès de Madame Marine Le Pen, condamné à cinq ans d'éligibilité immédiate, et 100 000 EUR d'amende. C'est une décision de justice très commentée depuis ce matin, le Rassemblement National dénonce un scandale démocratique à l'image du porte-parole du parti Philippe Ballard. - C'est une régression sans précédent.
La principale opposante à l'élection présidentielle est empêchée. 37 % d'intentions de vote aux élections présidentielles. C'est un recul extrêmement inquiétant de l'Etat de droit. - Vous avez entendu la réaction du Rassemblement National.
Quel est votre point de vue ? - Si vous me permettez de réagir en tant que française, j'aimerais réagir à la réaction qui a été faite avant que le juge ne donne sa sentence, venue de l'étranger. Notamment de la Russie, qui, du monde entier, a fait part de ce qui était leur commentaire de cette décision de justice.
On vit un moment très particulier pour notre continent européen, de guerre sur le continent, en Ukraine, un moment de menace, de désinformation. Je trouve qu'en tant que démocrate et européenne, c'est très préoccupant de voir que dans un moment qui est important pour notre pays, nous ayons cette pression, manipulation et instrumentalisation qui vient de l'étranger. - Vous diriez que c'est une ingérence de Vladimir Poutine ? - Il est très rare qu'un gouvernement étranger commente une décision de justice dans notre pays. - Comme la Russie et la Hongrie. - Quand la Russie fait la déclaration avant même que le juge français ait terminé son propos, c'est très préoccupant.
La décision elle-même, je suis ministre chargée des Comptes publics, cela doit être respecté et les ministres ne commandent pas les décisions de justice quand le processus judiciaire n'est pas clos. Le détournement de fonds publics, en tant que ministre des comptes publics, c'est une qualification très grave et je préfère m'assurer que dans mon pays, quand de tels faits ont lieu, la justice fasse son travail. C'est un état de droit qui fasse à des fautes doit être condamné. - Quand il y a des détournements de fonds, que ce soit mis sur la place publique. - Exactement.
Marine Le Pen a fait appel et nous n'avons pas à commenter une affaire en processus. - On comprend que vous ne vouliez pas commenter. C'est un principe largement dépassé.
François Bayrou dit qu'il a été troublé par la condamnation de Madame Le Pen. - Beaucoup de Français sont troublés. Il y a un débat politique, judiciaire, et François Bayrou se fait porte-parole de ce que beaucoup de Français ressentent.
Ce qui est important c'est que dans notre pays, l'Etat de droit, ce ne sont pas que les élections et la démocratie. C'est la hiérarchie des normes et aussi le fait que la loi soit appliquée par les juges qui prennent des décisions. Je pense qu'il faut qu'on soit collectivement conscients que si les Français ressentent un trouble, il est légitime que le premier ministre se fasse porte-parole. - Trouble de quoi ?
De la condamnation ? - Je ne sais pas vous répondre. Ce que je vois c'est qu'il y a une loi qui qualifie les faits de détournement de fonds publics et il y a une loi qui dit que dans les cas de détournement de fonds publics, des conséquences sur l'innégibilité peut avoir lieu.
Certains, considèrent que la loi sur les enjeux d'éligibilité peut mettre les hommes politiques dans une position différente et c'est ce qui est dans le débat. - Vous pensez que l'éligibilité peut être remise au débat. - Vous me demandez pourquoi les Français sont troublés. - Votre avis ? - Quand on est ministre, quand on est dans une démocratie, c'est le législatif.
C'est le droit actuel. Les ministres peuvent proposer des lois mais ne commandent pas la bonne application des lois par les magistrats. - Est-ce que la loi doit être revue ? - Les parlementaires peuvent se poser la question.
C'est la question qui doit se poser dans le cadre du respect de la séparation des pouvoirs. J'insiste. Dans les jours qui viennent, il y a une grande confusion sur ce qu'est la démocratie et sur ce qu'est un état de droit, et nous, le Gouvernement, nous nous devons rappeler qui a le pouvoir de faire quoi, où est la légitimité de chacun et quelles sont les limites des pouvoirs.
Sinon, c'est la grande confusion. Nous pouvons voir des démocraties illibérales qui le sont devenues car elles font cette confusion. Je souhaite que nous ne devenions pas une démocratie libérale. - Madame Le Pen doit se prononcer, pour l'instant, elle ne peut pas être candidate des présidentielles 2027. - C'est une bonne nouvelle ? - A nouveau, je ne peux commenter.
Je ne peux pas vous dire que c'est une bonne nouvelle. Ce n'est pas moi qui dois qualifier, c'est une décision de justice qui a ses conséquences. Ce que ça change, c'est que cela a créé des débats démocratiques.
Ce qui est important, c'est que si, après le processus judiciaire sur lequel Madame Le Pen fait appel, amène à une condamnation définitive sur les enjeux de détournement de fonds publics, si sa condamnation est définitive, il est normal qu'elle ne puisse pas se représenter à une élection. Détourner des fonds publics, plus de 4 millions d'euros, amène les autres à comprendre que ce type de faits ne permet pas d'être candidat. Il faut respecter les choses pleinement, le fait que Madame Le Pen fasse appel indique qu'elle n'est pas condamnée totalement. - C'est un principe de cette loi.
Parlons des comptes publics. C'est aujourd'hui que 2026 se prépare. L'objectif est de ramener le déficit à 5 % du PIB à peu près. - 5,8.
Puisque les comptes ont été publiés la semaine dernière et un certain nombre d'éléments et de facteurs en fin d'année 2024 ont amené à un déficit qui reste trop élevé. - Il y a un premier rendez-vous pour préparer ce budget 2026 dans 15 jours avec l'organisation d'une conférence nationale des finances publiques. Expliquez-nous l'objectif et les enjeux de cette conférence. - On vit dans un temps particulier, en France car nous avons un paysage politique fragmenté.
Nous vivons une guerre commerciale avec les Etats-Unis qui pèse sur l'activité économique mondiale. Nous avons une guerre en Ukraine. C'est un moment particulier car dans l'ensemble, nos alliés américains sont devenus imprévisibles et nous devons réfléchir à comment se défendre et se protéger. - Dans 15 jours qu'est-ce qui se va se passer ? - C'est un moment inédit.
Pour la première fois, un premier ministre va exposer les faits et les chiffres essentiels. Ce sera en toute transparence pour que l'ensemble des parlementaires et des Français ayons une vision claire de là où nous en sommes et de la gravité de la situation, du risque qu'il y aurait à ne pas agir et des choix, des marges de manoeuvre qu'il nous faut faire face aux grands défis. Le grand défi n'est pas que la défense mais aussi faire face a la transition écologique.
Le cyclone à Mayotte nous interroge à notre capacité à faire face a ce genre d'incident. C'est le premier élément de cette journée. Deuxième élément, réunir les élus qui représentent les collectivités locales, réunir les parlementaires, les affaires sociales, la délégation des collectivités territoriale, réunir les ministres en charge...
A Matignon et ailleurs on est capable de faire des réunions. Ce sera fait avec les Français. Deuxième moment dans la journée, ce sera un moment public et démocratique.
Le premier ministre répondra à tous les Français. Il y aura des éléments de dialogue et on posera un diagnostic. Un discours de présentation de fait et de chiffre de là où nous en sommes. 2025, si on veut le faire avec un compromis, la première chose à faire est de respecter le compromis trouvé au début de l'année 2025. - Quel est l'objectif de 2025 ?
Les prévisions de croissance ne seront pas en rendez-vous. La Banque de France tape sur 0,7 %. Est-ce que vous allez voir à la baisse la proposition de croissance ? - Les entreprises doivent pouvoir investir, les ménages consommés, que le taux d'épargne.
Quand vous êtes ministres du gouvernement, ce que vous pilotez et le déficit. Ce sont les dépenses que vous mettez en face des recettes. Parce que nous avons eu ce compromis politique, ce budget 2025 n'est pas l'objet d'un Gouvernement.
On va montrer où nous en sommes sur la croissance. Est-ce que les chiffres que nous avons mis dans le cadre du compromis sont les chiffres réels. -Un journal que vous avez déjà anticipé 1 milliard d'euros en moins vous confirmez ? - Ce que je peux confirmer, quand vous êtes un Gouvernement qui veut réduire le déficit, vous regardez les aléas.
En dehors de ça, vous mettez l'argent en réserve. La nouveauté c'est que les décisions de Gabriel Attal, avec le premier ministre et Eric Lombard, il est important d'expliquer qu'historiquement, les décisions d'ajustement ont condamné sans transparence avec les collectivités... - Sans réserve ? - Le moment où les parlementaires avaient accès à nos décisions, c'était en juillet avec un débat.
Les convocations au mois de juillet, vous êtes en retard par rapport à ce que vous pouvez faire. Du coup, on le fait au mois d'avril, on refera une réunion mois de juin et une autre en septembre car nous voulons être dans la transparence en allant au devant les parlementaires. - Juste pour savoir, on l'évoque 7 milliards d'euros, c'est ce que votre Gouvernement cherche pour compenser l'effort de guerre ?
Vous pouvez confirmer ce chiffre ? - Ce que je confirme, c'est que tous les aléas sont regardés à la loupe. Je ne confirme pas les chiffres C'est un fait.
Le sujet, pour moi, je préfère qu'on ait des débats sur les décisions qu'on prend face chiffre plutôt que sur les chiffres. On les transparence sur la réalité et sur les risques et sur ce que nous en faisons. - Faut-il passer par un budget locatif ? - Ce n'est pas notre objectif car il faudrait réouvrir tous les dossiers, recréer de l'incertitude fiscale.
Nous avons aujourd'hui beaucoup d'outils, de bonne gestions, de prudence, de pilotage, pour éviter de devoir faire un deuxième budget et pouvoir tenir l'objectif. C'est important. C'est la première fois que nous avons un budget qui n'est pas celui du Gouvernement mais d'un compromis politique des parlementaires.
C'est la première fois que les parlementaires ont trouvée eux-mêmes le compromis. Nous leur devons de respecter ce compromis dont nous sommes les garants. - Il y a une question pour vous, qui demande comment un pays comme la France peut se retrouver encore une fois au fond du classement des pays européens en déficit budgétaire.
Une autre question. On demande comment gérer les questions budgétaires pour le grand public ? - C'est précisément parce qu'il n'y a pas de réponse évidente à ces questions que ça amène beaucoup de caricatures.
On perd un peu la notion des choses. Le premier ministre veut tenir la conférence du 15 avril. Il veut que les Français aient les éléments pour comprendre. - Vous pensez que les Français vont regarder cette conférence ? - Je pense que beaucoup la regarderont.
Ils seront intéressés de voir un exercice de transparence totale est un exercice qui permettra d'avoir un débat sur un point de départ commun. Ensuite, je n'ai aucun doute, il n'y aura pas d'unanimité sur les réponses apportées. Mais on aura un débat plus fructueux. - Je vais parler du déficit.
Vous visez 5,4 %. 3 % en 2029. Emmanuel Macron dit qu'il ne faut pas de hausse d'impôt, François Bayrou ne veut pas toucher aux normes sociales.
Ca va être impossible. - Ce que dit François Bayrou, c'est que depuis 80 ans, la Sécurité sociale existe. Elle est au coeur d'un pacte entre tous les Français.
Nous mettons tous de l'argent en commun pour faire face aux grands risques de la vie, le risque de maladie, d'accident de travail, de retraites, etc. Le premier ministre dit que nous n'allons pas jeter ce modèle à la poubelle sous prétexte que nous avons des choix à faire. On dépense 56 % de notre PIB en dépenses publiques.
Le projet du premier ministre et que tout homme peut faire des grandes annonces qui souvent ne réussissent pas, plutôt que d'avoir une parole performative, nous devons regarder ligne par ligne, mission par mission, ce qui est prioritaire aujourd'hui et ce que nous pouvons changer comme priorité. - Donnez-nous un exemple. - Dans l'organisation de l'Etat, il y a des agences.
Certaines ont été créées à un moment donné parce qu'on a fait face a des mineurs. La protection des mineurs, la sécurité des mineurs. Parfois, ces organisations à existe toujours.
On est en train de le revoir. Je ne veux pas que les gens entendent ça, qu'on n'a plus besoin de rien mais les défis changent. Le monde industriel il y a 20 ans n'est pas le même que celui d'aujourd'hui.
Regardez les lois pour les niches fiscales. - Donnez-nous un autre exemple. - Quand j'étais députée, on avait supprimé toutes les niches fiscales que nous avions identifié qui bénéficiaient à moins de 10 contribuables.
On en avait trouvé des dizaines. Je vous présenterai deux choses. Ces rapports sont publics.
Dans notre pays, les niches fiscales, les politiques publiques... si vous imaginiez les dépenses qu'on fait ...
Nous ne sommes pas capables de dire qu'il y a pas 1 % du PIB des dépenses sociales sur lequel on ne va pas faire des efforts. Sur le système de la sécurité sociale, nous sommes en train de revoir des économies sur les prescriptions, c'est des centaines de millions d'euros. - Permettez-moi d'être sceptique, le diagnostic que vous faites, on l'entend depuis des années.
Les projets de revue de dépenses, on les a connus sous beaucoup de présidents. En quoi peut-on vous faire confiance aujourd'hui ? Expliquez-nous en quoi votre méthode est différente et en quoi elle pourrait toujours réussir plus que celles qui ont échoué ? - Il y a beaucoup d'humilité parce que c'est un exercice très difficile.
Beaucoup de gouvernements ont réussi une partie de la réduction du déficit mais pas la totalité. Ce qu'on essaie de pousser, c'est le calendrier. Le fait que nous ayons ce débat, ce travail, dès le lendemain de la promulgation du budget, quatre jours après la promulgation du budget, c'est parce que souvent, ces débats arrivaient quelques jours avant le débat parlementaire, à un moment où le temps était précipité.
La deuxième chose c'est que précisément, nous n'avons pas de majorité absolue. Nous devons faire des compromis. Nous allons associer les forces d'opposition comme ça n'a jamais été fait. - Mais est-ce que vous allez faire des économies intelligentes ?
Parce que votre dernier budget, vous l'avez fait très vite. Vous avez taillé dans les dépenses. Vous avez supprimé 2 milliards pour l'aide au développement sans vous poser de questions.
Est-ce que ça va changer ? - La plus grosse baisse des dépenses de 2025 est une baisse du fonctionnement de l'Etat qui est la plus grosse baisse d'efficacité sur le fonctionnement de l'Etat depuis 25 ans. Ca cherche quand même à être efficace.
On ne fera plus les budgets comme avant. Le premier ministre est en train d'engager ministère par ministère et mission par mission une revue pour réduire le déficit. Il faut mener ce travail en transparence. - Tout le monde va se demander sur qui ça va tomber et qui va payer les économies à faire.
On pense aux retraites. Le premier ministre a fait preuve d'une certaine transparence en disant que c'était impossible pour lui de revenir à la retraite à 62 ans. Est-ce que, pour autant, il n'y a pas, à votre avis, tué la concertation qui avait été engagée ? - Ce n'est pas un aveu.
On n'est pas coupable. On cherche à avoir un système de retraite juste, équitable et reconnu comme tel par les Français. On cherche à revenir à l'équilibre. - Si on reste à 64 ans, ça permettrait de rapporter combien ? - C'est l'inverse.
Si on ne laisse pas la retraite à 64 ans, c'est à peu près 3 milliards de pertes dans le cas où on enlève une année. - On ne peut pas absorber ça en France ? - Si vous regardez le déficit, tenir 5,4 % de déficit, on serait entre 3 et 5 milliards près.
Si le déficit de retraite de cette année est de plus de 6 milliards, nous devons chercher l'équilibre. Mais on a plus que jamais besoin des partenaires sociaux. Il faut nous appuyer sur la démocratie sociale.
Je vois qu'un certain nombre des partenaires sociaux sont toujours à table car il voit que sur l'équité entre les hommes et les femmes, les carrières longues... - Vous avez fait une grande conférence et deux mois plus tard, la moitié des partenaires sociaux sont partis. - J'ai eu l'honneur de faire beaucoup de dialogue social.
J'ai confiance en ceux qui sont là. Je le dis très ouvertement, il vaut toujours mieux être autour de la table car il vaut toujours mieux pouvoir participer à la construction d'un accord. J'ai pleinement confiance sur le fait qu'un accord sortira de cette discussion qui permettra de faire des progrès. - Sur l'âge de la retraite, 62 ans c'est clairement non ? - J'ai dit que ce n'était pas réaliste. - La CFDT espère encore bouger sur les 63 ans. - C'est aux partenaires sociaux de décider.
Ils ont tous les curseurs. On a suivi la même méthode. Un diagnostic implacable et incontesté pour que tous aient les mêmes paramètres. - 63 ans, ce serait 1,5 milliards, ce serait un compromis.
L'objectif est de réduire le déficit d'ici 2030. Les partenaires sociaux doivent ancrer dans le monde du travail et de l'entreprise...
Je ne ferme la porte à rien. Je suis ouverte à toute solution qui amènerait à faire croire aux Français qu'on peut dégrader le déficit. On ne peut pas faire payer nos enfants et petits-enfants.
Peut-être qu'avec des mesures compensatoires... pourquoi ce serait possible pour 63 et non pour 62 ? -Parce que les mesures compensatoires qui sont à positionner sont difficilement concevables.
Mais je fais confiance aux partenaires sociaux. Tu ne peux pas faire confiance aux corps intermédiaires, alors que nous avons autour de la table ceux qui connaissent les enjeux de compétitivité et les enjeux de pouvoir d'achat et du monde du travail... -Ils connaissent ces discussions mais on choisit de suivre leur propre ligne de route.
Ca pourrait durer longtemps. Y a-t-il une date limite ? - La CGT a dit qu'il pourrait aller en septembre s'il le voulait. - Le premier ministre a fixé une date.
La réforme qui est celle que les Français connaissent, les Français qui partent à la retraite y vont à l'âge à laquelle qui était prévue. J'ai confiance en une chose, si vous regardez ce qui était dans le débat il y a quelques mois, sur la réforme des retraites, il y avait l'enjeu de la pénibilité. Ce n'est pas tellement un nombre d'années que le fait que quand ils ont 60 ans, ils ne peuvent pas aller jusqu'à l'âge de la retraite.
Je suis certaine que collectivement, nous pouvons faire confiance à la démocratie sociale pour trouver une solution. Je pense aussi que nous pouvons trouver une solution pour l'équité. Il faut se poser la question des carrières longues.
Aujourd'hui, il y a beaucoup de jeunes qui font - Pas forcément. C'est ça qui est au coeur des débats. J'ai aussi entendu au-delà des retraites et de la protection sociale, qui pèse beaucoup sur le travail. -Le MEDEF vient de demander d'élargir les discussions. - Je suis toujours pour que les partenaires sociaux s'engagent.
C'est dans les moments politiques que nous vivons, que nous ayons des hommes et des femmes qui représentent le monde du travail qui s'engage, c'est une bonne nouvelle. - Je crois que vous êtes favorables du modèle de financement qui pèse moins sur le modèle du travail ? Une fois qu'on a dit ça, on a rien dit.
Est-ce que vous êtes favorables à une TVA sociale ? - Je ne vais pas me lancer... - Est une TVA sociale et une piste ? - Il y a plein de pistes.
On est de moins en moins nombreux dans le pays à être actif. Et nous devons financer de plus en plus de dépenses pour des gens qui ont des droits - Je reviens sur la TVA sociale, c'est un vrai débat. Depuis Alain Juppé.
La TVA sociale c'est un pourcentage de TVA en plus sur les produits à acheter pour financer les retraites. Ce n'est pas ça. A l'époque, c'était des charges sur les travailleurs pour financer les retraites par un peu plus de TVA.
Vous avez oublié la partie de baisser les charges. C'est quand même ce que je viens de dire. Est-ce que ce sera un système qui aurait grâce à vos yeux ? - La question n'est pas ce que je pense.
La question est quel compromis politique pouvons-nous faire ? On a changé le monde. Je suis la ministre du Gouvernement qui n'a pas de majorité absolue.
Ce qui compte n'est pas ce que je pense moi personnellement, mais comment nous nous organisons dans un débat, les pistes pour que le diagnostic soit partagé...
Qu'est-ce qui peut être fait ? Vous avait taxé les revenus du capital. Plus ou moins ?
Il y a des gens qui vous disent qu'il vaut mieux répartir sur les revenus immobiliers, fonciers. J'ai des convictions, l'impôt magique ne fonctionne pas. Il faut voir comment nous pouvons donner de la compétitivité aux entreprises et du pouvoir d'achat aux travailleurs sans dégrader l'accès aux droits médicaux, et c'est un bon débat.
Ce qui compte n'est pas ce que je pense, mais comment le Gouvernement... - Depuis le début, vous avez une conviction. - Je fais parti d'un Gouvernement et j'en suis très fière.
Sous l'autorité du premier ministre, on a fait un travail méthodique. Rencontre avec les partis politiques parlementaires, soutien des corps intermédiaires, transparence sur la décision et les compromis. Cette recette là est moins spectaculaire que les gens qui font des annonces tous les matins. - Ils annoncent des points de vue. - Si on veut réussir, la méthode de François Bayrou pose un diagnostic et pousse à avoir de la transparence sur des options.
Construire le compromis des dialogues. C'est la responsabilité du gouvernement. Sinon, nous abîmons notre capacité. - Dans le débat public, il y a la mise à contribution des retraites les plus aisés.
Le MEDEF souhaite débattre de cet abattement de 10 % sur l'impôt sur le revenu dont bénéficient les retraités. Sa suppression ne serait pas un bon moyen de faire contribuer les retraités les plus aisés ? - Si c'est une piste qui peut faire l'objet d'un compromis car elle est travaillée par les partenaires sociaux...
Ces mais vous êtes aux commandes. - Est-ce que c'est intelligent ? - Si vous avez plein de mesures pour les retraités, ce n'est pas une bonne idée.
Dans un budget, il y a des gens qui voudront revoir les niches fiscales pour travailler sur l'impôt sur le revenu. Il y aura plein de propositions. Il n'y a pas une solution miracle.
Quand vous êtes aux commandes, nous sommes aux commandes de création de compromis. Nous n'avons pas les commandes car nous n'avons pas de majorité absolue d'un budget que nous présentons comme un bloc. - Vous disiez que vous avez plein de pistes mais vous ne parlez pas de faire payer les ultra riche.
Quelqu'un d'autre dit que vous êtes une ministre sans conviction pour protéger les ultra riche et les entreprises. Ca pourrait faire rentrer plusieurs milliards. Pourquoi c'est si difficile de les taxer ? - En 2025, dans le budget il y a une contribution.
Si c'est le compromis, si c'est l'équité, il y a cette taxe en 2025. En contrepartie, nous n'avons touché à aucun impôt pour les classes moyennes. L'équité fiscale est là pour 2025. - Pour 2026, vous accepteriez de reconduire cette mesure ? - Il y a des mandats travaillés, sur la gravité du moment, nous ne pouvons tolérer aucun détournement d'impôt Nous travaillons pour que les plus riches ou ceux qui veulent contourner l'impôt ne puissent plus le faire. - Il y aura plus de contrôle. - 20 milliards de fraudes et 13 milliards de fraudes encaissées l'année dernière.
Tous ces débats qui étaient anecdotiques apportent plus que le budget de la justice. C'est un montant essentiel. Les gens qui contournent, ils sont très créatifs, et on doit en permanence faire attention.
Les holdings, dans le but de contourner l'impôt, nous devons travailler dessus car il y a des contournements massivement abusifs et nous avons des leviers pour les empêcher. Il y a beaucoup de formes possibles pour que nous ne touchions pas les entrepreneurs qui innovent, ou ceux qui créent des emplois car ce serait très dommage pour notre pays. - Vous avez évoqué que François Bayrou, qui va faire plus de trois mois au Gouvernement, il faut dire qu'il a eu l'aide des oppositions. - Oui, certains agitent déjà la menace de la censure, est-ce que ça vous inquiète ? - C'est très exigeant.
Il ne faut pas être schématique. Nous avons des oppositions qui s'opposent. Nous ne voulons pas bloquer le pays.
C'est un choix du PS. Il n'y a pas d'accord de gouvernement. Qui nous rappelle que nous devons trouver une majorité et que nous ayons une forme de principe, c'est notre responsabilité de gouvernement de continuer à trouver des conditions de compromis.
Vous savez, j'ai été nommé le 23 décembre, certains m'ont dit que le 15 janvier je serais dehors. On est dans l'action. En trois mois nous avons fait un budget. - La condamnation de Madame Le Pen pourrait provoquer une revanche.
Ces chaque partie prend ses responsabilités. Nous vivons à nouveau un moment de gravité. La stabilité a été réclamée par les Français.
Il y eut beaucoup de dommages pour l'agriculture, l'investissement, l'emploi...
Ce serait dangereux et arrogant de dire : " Plus de débat. " On demande de la transparence. Le gouvernement prend les décisions et assume les conséquences. - Olivier Faure a répété que les socialistes seraient dans l'obligation morale de censurer le gouvernement ? - Je suis convaincu que l'esprit de défaite, ils ne vont pas y arriver.
Je suis convaincu qu'il y aura des sujets sur lesquels il y aura des accords. J'ai une confiance en les partenaires sociaux. - Pourquoi ? - Dans ce moment de gravité, si nous ne leur faisons pas confiance, c'est beaucoup plus grave, ça pousserait les extrêmes. - On est à deux ans de la présidentielle, beaucoup de candidats possibles, est-ce que vous souhaitez une candidature commune au sein du socle commun ? - J'y crois de plus en plus.
Que l'un ou l'une de ceux qui souhaitent réfléchir à la tête du pays, n'oublie pas que dans un monde aussi complexe et fragmenté, pour être président, après 2027, ou présidente, il faudra quelqu'un qui soit capable de dépasser les clivages politiques. Qui soit capable de réunir plus large que son parti sa vision. Le postulat du président de la République, il faut dépasser ça.
Si chacun pense d'une manière sectaire, aucun de ceux qui se présentent ne réussira à prendre le pouvoir. - Face à vous, un économiste bien connu qui s'intéresse à la cryptomonnaie. - Face à vous, l'expert des questions monétaires et bancaires.
Economiste, professeur à l'université Panthéon Sorbonne, vice préside du cercle des économistes, ce soir, il vous interpelle sur la nouvelle guerre. Avec cette question d'abord, autant remettre en cause la domination du dollar américain. Il représente 60 % des réserves de change mondial. 20 % pour l'euro, monnaie de référence, sa position est de plus en plus contestée par le bloc des BRICS.
Dans un contexte de guerre commerciale, Donald Trump s'apprête à dévoiler mercredi les nouveaux droits de douane. Alors la des dollarisations est une réalité ? - Il faudra des décennies pour voir succéder au dollar une autre monnaie.
Une guerre des monnaies qui investit aussi la sphère numérique avec une opposition entre monnaie publique et privée. Et notamment la crypte monnaie. Aujourd'hui, 10 % des Français détiennent des crypto active.
Un nouveau genre mené à durer. - Reconnaître l'essence de crypto ne revient ni à réduire les risques, ni... - Nous accueillons l'économiste. - Bonsoir.
Merci d'être avec nous. Vous allez débattre avec Amélie de Montchalin pendant quelques minutes. Notamment pour parler de cette guerre des monnaies qui est le titre de votre livre. -Oui.
D'abord merci de m'accueillir ici. La guerre des monnaies, on a voulu montrer que c'est quelque chose d'un peu compliqué. Il y a d'abord le change et on est complètement dedans avec ce qu'annonce Monsieur Trump.
Il veut faire baisser le dollar mais il veut que le dollar reste la monnaie numéro un. C'est la guerre des changes que la Chine joue depuis un certain temps et les Américains sont en train de rentrer dedans. Il ne faudrait pas que l'Europe en soit victime.
Pour l'instant, je n'ai pas trop de difficultés avec l'euro. Le taux de change de l'euro me paraît correct. Ensuite, il y a deux autres sens.
Il y a la guerre des monnaies au sens de guerre de monnaie de réserve, tout le débat sur la dédollarisation ou non. Vous l'avez évoqué dans le sujet de tout à l'heure, il y a la guerre entre les monnaies privées, comme les crypto et les monnaies publiques. - Nous allons revenir sur la guerre des monnaies.
Le dollar ne fait plus la loi aujourd'hui. - Il y a deux sujets. Il y a un sujet de confrontation économique entre les blocs, Il faut le dire à nos téléspectateurs, les premières victimes de Trump sont les entreprises américaines et les Américains.
Ce qui doit être compris c'est que Trump cherche à faire baisser le dollar. Quand vous voulez faire baisser une monnaie, il faut créer de l'inflation. Une bonne manière de le faire est de mettre des droits de douane plus élevées.
En face, on a une crédibilité européenne à construire. Je pense qu'on peut faire de ce moment de très fortes tensions un moment qui peut amener l'euro à retrouver sa force en tant que monnaie commerciale. J'ai été quelques année ministre des affaires européennes.
Cet enjeu de la crédibilité économique, le mot de guerre est un peu dangereux, pour moi. - J'assume ce terme. Bien sûr, ce n'est pas la guerre au sens militaire du terme.
La force du dollar s'appuie aussi sur la puissance militaire économique des Etats-Unis. - C'est pour ça qu'il faut que l'euro soit crédible. C'est un tout, c'est comme la souveraineté.
On ne peut pas différencier le financier et le stratégique. - Oui. Mais ce qui m'embête, c'est qu'on a eu cet excellent rapport Draghi l'été dernier.
Ce rapport propose un certain nombre de pistes, y compris l'union des marchés des crypto, modifier la politique européenne de concurrence, mettre le paquet sur l'innovation. Malheureusement, l'Europe ne produit pas beaucoup d'innovation. Ce qui m'embête, c'est que depuis septembre on a eu beaucoup d'autres sujets à traiter et je ne vois pas de mise en oeuvre rapide des recommandations du rapport Draghi. - Mais Macron, dans son discours en 2017, en parlait.
Le chemin de souveraineté s'appuie sur tous les éléments du rapport Draghi qui sont nos faiblesses. On doit être fort et aussi à cet allié américain qui devient imprévisible. Il faut que nous construisions une forme de puissance autonome.
On ne mesure pas, en France, parce qu'on a cette tradition gaulliste, cette dissuasion nucléaire, on ne mesure pas combien ce discours qui semble une évidence, et sur lequel on a senti beaucoup de solitude...
Je pense qu'on est en train de gagner, quand vous regardez au niveau de la commission et du Parlement européen, beaucoup de nos idées sont en train de devenir des idées européennes. Et après les idées, il y a l'action. Notre plus gros enjeu, aujourd'hui, est de mettre la réalité derrière les discours. - Je ne suis pas très inquiet sur les conséquences du développement des crypto.
Quand on regarde les chiffres, au total, les crypto représentent 3000 milliards de dollars. 50 % seulement pour le bitcoins. - C'est le PIB de la France.
On est à la fois un grand pays mais... - C'est un peu en dessous de la dette publique.
On ne va pas parler de choses qui fâchent. Le bitcoins fait 50 %. Je veux dire par là que c'est très volatile, il n'y a pas de parachute de banque centrale derrière.
Ce qui m'a frappé, c'est ce qui s'est passé il y a trois ou quatre ans lorsque Facebook a su rapidement créer sa monnaie privée, 3 milliards d'utilisateurs, si on la laissait faire. Le projet a avorté car le G7, le G20, les banques centrales ont bien dit que ça ne pouvait pas se passer comme ça. C'était un éléphant dans un magasin de porcelaine, si on avait laissé faire ça.
La BCE, l'euro numérique, la FED, c'était censé préparé le dollar numérique. Mais Trump a dit que ce n'était pas bien car c'était une manière de contrôler ce qui se passe dans la vie des gens, avec qui vous dînez. Je caricature. - Il faut rassurer les Européens.
Nous sommes le continent qui a inventé toute la réglementation de la protection de la vie privée. Elle restera en pleine vigueur. Il y a beaucoup de désinformation sur le sujet. - On a des textes, etc.
Mais les Chinois étaient les premiers à préparer leur monnaie officielle numérique. Je pense, pour eux, qu'il y a des arguments de contrôle de la population. - Sur les crypto, vous donnez un peu la vision qu'on a.
A la fois, ce sont des outils qui existent, donc il y a réglementation. Il y a aussi une proposition de loi sur la lutte contre le narcotrafic. Pour ceux qui utilisent des crypto de manière classique, il n'y a aucun problème.
Mais lorsque c'est utilisé afin de faire des crimes pour blanchir massivement l'argent illicite du trafic de stupéfiants, notamment, nous avons une disposition qui devrait, je l'espère, demain, qui dit qu'on inverse la charge de la preuve et qu'à partir du moment où vous utilisez ces éléments qui sont légaux, vous devez prouver que les fonds investis dans ces crypto actifs sont d'origine licite. En tant que ministre des Compte publbics, je veux m'assurer que on ne blanchisse pas de l'argent avec les crypto. - Si demain, les étudiants veulent créer leur propre plateforme en sortant de l'université, ils doivent obtenir un accord préalable des marchés.
J'évoquais les 3000 milliards de dollars que ça représente dans le monde, dont 1500 pour le bitcoins. Je ne sais pas si vous avez des chiffres mais sur les 3000 milliards que font les crypto, quelle est la proportion qui vient financer les opérations de blanchiment ? - On sait que quand il y a l'utilisation de mixeur pour chercher à brouiller la provenance des fonds, on a inversé la charge de la preuve.
C'est bien licite car on a la présomption que la majorité ne l'est pas. - J'ai été régulateur auprès de l'AMF. Je suis un économiste qui n'est pas pour la liberté sans contrôle dans ces domaines.
Du côté américain, ils sont en train de tout déréglementer, y compris les crypto. La question qui se pose, c'est qu'il ne faut pas que nous, nous baissions la garde mais il ne faut pas durcir alors que les autres enlèvent les lois. - On croit un chemin d'indépendance et de puissance de notre économie.
C'est ça notre responsabilité, c'est que les sirènes de la dérégulation sont très dangereuses donc à tout moment, il ne faut pas lutter contre les crypto actifs mais contre les crimes faits avec. - Merci. Je reviens sur l'actualité du jour.
Le verdict dans l'affaire de Marie Le Pen. A l'instant, cette dernière indique qu'elle estime que l'état de droit a été violé par cette décision judiciaire et elle dénonce des pratiques de régime autoritaire. Elle dit que ce n'est pas la France, cette décision juridique. - Je vous ai donné une réponse un peu longue en début d'émission Dans mon rôle de ministre, si on croit à la démocratie qui n'est pas libérale, ce n'est pas à moi, ministre, de qualifier ce que les juges ont décidé ou ce que Marine Le Pen pense de cette décision.
Il y a sûrement des gens, qui ce soir, auront des choses à dire. Sur le fond, si Marine Le Pen est définitivement condamné, ce qui n'est pas le cas étant donné qu'elle a fait appel, le reste, c'est que notre démocratie libérale, celle que les Français connaissent, celle qui permet le respect de l'Etat de droit, l'empêche de commenter cette décision. Je pense que c'est une bonne éthique collective de se rappeler de ce qu'est l'Etat de droit. - On va conclure comme ça.
Merci Amélie de Montchalin, d'être notre invitée sur LCP.
Amélie de Montchalin