"Extrêmement déterminé" pour la présidentielle, Édouard Philippe envisage un référendum sur les retraites s'il est élu
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Questions et réponses
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- 0:44OuverteRéponse directe
Est-ce que les Français peuvent encore entendre parler de l'Ukraine, après tant d'années de guerre, comme un sujet capital de la présidentielle ?
- 1:37RelanceRéponse directe
Moins d'un Français sur deux soutient l'aide à l'Ukraine et certains veulent faire des économies sur l'aide militaire : qu'en pensez-vous ?
- 3:24RelanceRéponse partielle
N'est-il pas paradoxal de faire de l'Ukraine un sujet existentiel tout en laissant s'exprimer en France une propagandiste du Kremlin comme Xenia Fedorova ?
- 5:16FerméeRéponse directe
Faudrait-il qu'elle quitte la France ?
- 6:46RelanceÉludée
Vous aviez appelé Macron à démissionner pour une présidentielle anticipée : regrettez-vous ces propos face au chaos mondial actuel ?
- 8:14RelanceRéponse directe
Avec cette canicule précoce inédite, avez-vous du retard à rattraper sur l'écologie, vous qui avez abandonné la taxe carbone ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:59Édouard PhilippeFait
« Je ne recommande pas de faire des économies sur notre sécurité dans un monde dangereux. »
- 2:07Édouard PhilippeFait
« a consacré plus de moyens à sa défense »
- 10:22Édouard PhilippePromesse
« j'en ferai un enjeu majeur »
- 10:45Édouard PhilippeChiffre
« qui a 168 000 habitants »
- 13:49Édouard PhilippeChiffre
« ça fait 52 ans »
- 15:19Édouard PhilippeFait
« travailler plus longtemps »
- 22:59Édouard PhilippeFait
« je suis innocent »
- 23:15Édouard PhilippeFait
« je suis candidat »
Temps de parole
- Édouard Philippe71 %
- Locuteur non identifié15 %
- Présentateur14 %
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le grand entretien. Nous recevons donc ce matin le maire du Havre, candidat à l'élection présidentielle avec vos questions, évidemment, vos remarques chers auditeurs au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Bonjour Edouard Philippe. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. Alors qu'à moins d'un an de l'élection présidentielle, la campagne s'accélère, Gabriel Attal est lui aussi candidat désormais. Quelles sont vos différences ? On en parlera, on prendra aussi des nouvelles de votre projet massif, je mets des guillemets qui se fait toujours attendre. Mais d'abord, Edouard Philippe, vous êtes rentré hier d'un séjour à Kiev en Ukraine.
Vous avez rencontré le président Zelensky. Vous dites vouloir inscrire l'Ukraine comme un des grands sujets de la campagne présidentielle. Est-ce que les Français peuvent encore l'entendre ? Après tant d'années de guerre, est-ce que vous pensez vraiment pouvoir les convaincre que ça reste un sujet capital ? C'est un sujet
capital. Je pense que tout le monde en France et probablement tout le monde en Ukraine préférait que ce sujet soit derrière nous, préférait qu'on arrive, qu'on revienne à une paix qui permette à l'Ukraine de vivre souverainement. Mais la vérité, c'est que là-bas, c'est encore la guerre. Il y a une ligne de front où les combats sont acharnés et au-delà de la ligne de front, il y a des bombardements, il y a des missiles, il y a des drones et il y a des morts. Et donc, la guerre est encore manifestement pour quelque temps aux frontières de l'Europe.
Et je pense que personne en Europe et donc personne en France ne peut se désintéresser de ce qui se passe à notre frontière extérieure parce que c'est un élément important de notre sécurité.
Vous voyez, Édouard Philippe, que pour la première fois en février dernier, moins d'un Français sur deux était favorable à un soutien à l'Ukraine. Vous avez des formations politiques que vous allez d'ailleurs affronter à l'occasion de l'élection présidentielle qui disent que s'il faut faire des économies, il faut commencer sur l'aide à l'Ukraine. Quand on demande comme vous des économies importantes, certains vont vous dire qu'il faut commencer sur l'aide militaire qu'on donne aux soldats ukrainiens.
Je ne recommande pas de faire des économies sur notre sécurité dans un monde dangereux. Non, mais vraiment pas. D'ailleurs, quand j'étais Premier ministre et depuis, la France a consacré plus de moyens à sa défense et je pense que vu la dangerosité du monde, elle a bien fait. Ce qui se passe en Ukraine, c'est à la fois une question de principe et une question d'intérêt. C'est une question de principe. L'Ukraine, c'est un pays libre, souverain, agressé par la Russie, qui rentre sur son territoire par la force et qui veut la soumettre à sa volonté. Bon, il y a une question de principe.
Est-ce qu'un pays libre, souverain, en l'occurrence une démocratie, probablement imparfaite, c'est vrai, mais enfin une démocratie, qui veut se rapprocher de l'Europe, peut être agressée et conquise par la Russie. Première question de principe. Moi, je considère que la France, elle est dans son rôle, elle est dans sa voix lorsqu'elle dit que ça n'est pas acceptable et lorsqu'elle aide un pays il y a une deuxième question au-delà de la question de principe. C'est une question d'intérêt. Est-ce que l'Europe a intérêt ou non à soutenir l'Ukraine ?
La vérité, c'est que la volonté de puissance russe, telle qu'elle s'exprime, avec un recours à la force, a notamment pour objectif, ce n'est pas son seul objectif, mais a notamment pour objectif de fragiliser l'Europe. Plus l'Europe est faible, plus l'Europe est inquiète, plus l'Europe est soumise, mieux Moscou se porte. Et donc, je pense qu'il est dans notre intérêt de montrer que nous sommes un bloc uni et que nous sommes capables d'aider nos alliés, nos cousins, en l'occurrence nos frères ukrainiens, à se défendre.
Alors, vous parlez d'affaiblir l'Europe, c'est la volonté de Moscou. On a justement une enquête du Monde qui souligne l'influence d'une propagandiste du Kremlin, Xenia Fedorova, ancienne patronne de RT France, aujourd'hui chroniqueuse sur CNews, sans contradiction, sans transparence sur son pédigré. Cette même Xenia Fedorova dit à votre sujet la visite d'Edouard Philippe à Kiev envoie un message bizarre, puisqu'il faudrait dialoguer avec la Russie. Est-ce que ce n'est pas un peu paradoxal de faire de l'Ukraine un sujet existentiel quand on laisse en France exprimer ce genre de propos venus tout droit de Moscou ?
J'ai entendu les propos de cette dame que je ne connais pas. Je ne sais pas si c'est un message bizarre, mais ce que je sais, c'est que je suis allé à Kiev alors que Moscou disait aucun diplomate ne doit rester en Ukraine, aucun étranger ne doit être à Kiev parce que nous allons bombarder. Franchement, n'inversons pas les rôles. Moi, j'ai été donné un message de soutien et d'engagement personnel et politique. Mais qu'est-ce que vous pensez
de la présence large de cette personne
sur une antenne
qui est très regardée ?
Le message bizarre, semble-t-il, c'est plutôt ce qu'elle relaie. Ensuite, je ne la connais pas et moi je suis totalement en faveur de la liberté d'expression quels que soient les médias qui s'expriment. Ça ne veut pas dire que je suis toujours d'accord avec mais je n'ai pas de problème avec ça. J'observe néanmoins que cette dame qui n'est pas ressortissante française s'exprime qui n'est pas journaliste d'ailleurs non plus je crois qui n'a pas de carte de presse s'exprime de façon très récurrente en effet sur un certain nombre de médias français dont les propriétaires sont d'ailleurs parfois extrêmement soucieux d'expliquer que l'immigration ça suffit.
Elle a une carte de séjour et elle vient parler en France en s'exprimant en général contre le gouvernement ou contre la position française et en se faisant le relais à dessein ou non des positions russes. Je trouve ça curieux et je les ai trouvés je les ai trouvés plus j'ai trouvé ces médias plus promptes à défendre
l'intérêt de la France dans d'autres occasions. Mais juste Edouard Philippe poursuivre la logique puisque vous parlez de sa carte de séjour ça veut dire qu'il faudrait quoi qu'elle s'en aille qu'elle quitte la France ? Je n'ai pas dit ça
InnoQTF Je trouve que les étrangers qui sont accueillis sur le territoire national et qui vivent dans un pays de grande liberté d'expression où ils peuvent même critiquer le gouvernement qui les accueille et le pays qui les accueille je trouve que encore une fois les propriétaires de CNews et du JD News et de je ne sais quels organes de presse dans lesquels s'exprime cette dame sont souvent beaucoup plus durs et beaucoup plus exigeants avec la présence sur le sol d'étrangers en France
Ça c'est une critique en règle notamment des médias possédés par Vincent Bolloré Est-ce que vous en tirerez des conclusions personnelles en disant moi comme je vois effectivement cette dame Ksenia Fedorova qui est officie à l'antenne je n'irai pas sur CNews je ne donnerai pas d'interview aux médias qui lui donnent la parole Écoutez je dois avouer que je regarde
que je ne regarde jamais CNews Mais là c'est pas regarder c'est participer à des interviews Et il ne vous aura échappé il ne vous aura pas échappé que j'y vais rarement Je ne renonce pas à aller sur un média en disant j'irai sur tous les médias pendant la campagne pour exprimer ce que je pense Mais après les gens prennent leurs responsabilités encore une fois Et il est clair que relayer à Paris les positions de la Russie c'est critiquer la position de la France Et bien moi je considère que la position de la France sur l'Ukraine elle est bonne et je veux la défendre et je veux la poursuivre
Un tout dernier mot sur le sujet Edouard Philippe En octobre dernier en pleine crise politique vous aviez appelé Emmanuel Macron à démissionner pour qu'une présidentielle anticipée soit organisée Quand on voit ce chaos du monde que vous décrivez en Ukraine on pourrait aussi parler de ce qui se passe en Iran Est-ce que vous ne vous dites pas avec le recul face à cette instabilité mondiale Heureusement qu'en France il y a de la stabilité Est-ce que vous regrettez
ces propos ?
On aurait pu aussi dire qu'un président nouvellement élu avec une majorité stable aurait pu mettre en place un certain nombre de réformes dont nous avons besoin Ce n'est pas le scénario le plus plausible C'est ce que vous dites mais je pense encore une fois que quand la clé de voûte des institutions met en danger les institutions et en tout cas provoque leur instabilité permanente pendant trois ans il est utile d'en tirer les conséquences J'ai dit ce que je pensais je n'avais aucun doute sur le fait que ce que je disais ne serait pas suivi des faits s'agissant du président de la République Aujourd'hui la question est sérieuse Moi je soutiens le président de la République quand il dit des choses que je crois justes Je le soutiens totalement dans l'actualisation qu'il a fait de la doctrine nucléaire son discours qu'il a prononcé à Brest est un remarquable discours Mais sur ces propos
vous voyez bien que ça vous parle mais vous voyez bien que vous avez aussi dit attendez vous avez aussi dit je ne dois rien à Emmanuel Macron Lorsqu'il dit des choses
que j'estime justes je le soutiens quand il se fait des erreurs et des erreurs qui me paraissent mettre en danger la stabilité des institutions
je le dis aussi Mais est-ce que vous ne regrettez pas d'être passé pour peut-être un responsable politique avec une forme d'hypocrisie qui dit je ne dois rien à Emmanuel Macron qui demande à ce qu'il s'en aille alors même que vous lui devez beaucoup Monsieur Duhamel je ne regretterai jamais
de dire des choses que je pense Très bien
Edouard Philippe ça ne vous a pas échappé la France vit un épisode de chaleur de canicule précoce inédit vous qui avez été le premier ministre qui a abandonné la taxe carbone l'idée de mettre en place une taxe carbone qui a vu son ministre de l'écologie Nicolas Hulot démissionner ici même en direct à la radio est-ce que vous vous dites que vous avez du retard à rattraper sur cette question de l'écologie du changement climatique
je pense que la France a du retard à rattraper elle avance c'est difficile de le dire aujourd'hui parce qu'aujourd'hui on est confronté à un événement climatique qui donne le sentiment qu'on n'est pas prêt et du reste on a encore beaucoup de travail à faire mais elle avance
est-ce que ça fera l'objet de mesures massives dans votre programme
je vais vous répondre et en plus je vais vous répondre parce que je pense que le sujet que vous évoquez c'est un sujet qui est extrêmement important nous avons avancé la France ne parle pas de moi la France a avancé on a réduit nos émissions de CO2 on a lancé des plans d'adaptation il se passe des choses regardez toutes les villes en France elles ont lancé des plans d'adaptation à la transformation climatique il se passe des choses dans notre pays nous avançons est-ce que nous avançons assez vite pour faire face à une transformation aussi massive probablement pas probablement pas je veux bien l'entendre donc il est clair que nous devons avancer il est clair que l'enjeu de la transformation climatique de l'adaptation à cette transformation climatique est un enjeu politique qu'on ne peut pas nier j'observe dans le spectre politique tel qu'il s'exprime aujourd'hui que vous avez d'un côté à la droite extrême des gens qui continuent à être climato-sceptiques qui continuent à expliquer que non vraiment c'est vraiment pas un sujet on a déjà vu ça vous avez des gens qui continuent soit très fermement soit indirectement à nier la réalité du problème et vous avez à l'extrême gauche à LFI des gens qui disent il y a un énorme problème mais vous inquiétez pas si on est élu on arrête le nucléaire il n'y a pas de solution sans le nucléaire pour lutter face à la transformation climatique il n'y en a pas et d'ailleurs j'observe que dans les pays proches de la France qui s'étaient engagés à mon avis à mauvais escient dans cette voie je pense par exemple à la Belgique on est revenu en arrière parce que nécessité fait loi donc le plan
d'électrification avancé ça me convient
ce sujet est un sujet qu'on ne peut pas méconnaître c'est un sujet important j'en ferai un enjeu majeur dans la campagne nous devons impérativement décarboner notre production d'énergie et nous devons dans le même temps lancer un grand plan d'adaptation partout
les communes les régions
l'Etat ça justifiera la dépense publique et de la dépense privée un grand plan d'adaptation permettez-moi juste de vous donner un exemple les grands discours sont bien les exemples sont toujours mieux je suis maire d'une ville le Havre qui a 168 000 habitants la moitié des habitants de la ville du Havre vivent dans ce qu'on appelle la ville basse c'est-à-dire la ville qui se trouve au niveau de la mer dans les plans d'urbanisme il est inscrit d'ores et déjà la possibilité d'une submersion littoral à l'horizon 2100 vous allez me dire 2100 j'aurai 130 ans 2100 je serai probablement plus là mais lorsque vous êtes un responsable politique votre fonction c'est pas simplement de penser à l'urgence c'est de penser à demain voire à après-demain à vos enfants et aux enfants de vos enfants si on n'adapte pas nos villes littorales à la transformation climatique on s'expose dans 30 ans dans 40 ans à des déconvenus majeurs qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui pour adapter ça ?
c'est bien de faire du droit c'est bien de dire on va limiter la densité à tel ou tel endroit mais on doit penser aussi des investissements on doit penser des outils de protection on doit penser de la recherche technologique pour veiller à protéger nos villes donc le sujet est extrêmement sérieux et vous le traiterez ? je le traiterai complètement sérieusement et très loin des postures qui nient d'un côté au Rassemblement National ou qui ne bouclent pas du côté de LFI
sur les postures et les propositions avant de parler politique on voudrait juste essayer de comprendre ce qui se passerait dans les jours qui suivraient votre éventuelle arrivée à l'Elysée puisque là encore vous avez esquissé ce à quoi ça pourrait ressembler vous avez donc évoqué une dissolution ça c'est logique pour avoir tenté d'avoir une majorité puis des référendums et notamment sur les retraites alors là Edouard Philippe il faut clarifier ce point parce que si vous faites un référendum sur les retraites après avoir été élu ça veut dire que si vous perdez ce référendum il n'y a pas de réforme des retraites pendant 5 ans le sujet que j'évoque
c'est qu'est-ce qui se passe dans une campagne électorale pour répondre à l'équation qui est l'équation dont je ne suis pas sûr quelle sera l'équation présidentielle de 2027 mais enfin qui a été l'équation présidentielle en 22, en 17 et en 2002 c'est-à-dire une victoire d'un candidat contre l'extrême droite grâce à un rassemblement de voix qui ne sont pas unanimes c'est le moins qu'on puisse dire et qui sont même franchement opposés au premier tour il me semble qu'une bonne façon de ne pas donner le sentiment de piéger les électeurs qui au deuxième tour font le choix de celui ou de celle qui lutte contre l'extrême droite c'est de leur laisser la possibilité de s'exprimer sur un certain nombre donc vous faites campagne
sur des propositions vous ne prenez pas ça comme une sorte de mandat et vous leur reposez la question
un mois après et donc je pense que dans le système actuel politique avec les blocages de la société française il est impératif de réutiliser d'utiliser à nouveau l'outil référendaire et je propose de profiter de l'élection législative qui se tiendra mécaniquement après l'élection présidentielle mais si vous perdez sur les retraites Edouard Philippe parce que vous expliquez
que c'est la réforme cardinale pour faire des économies si vous perdez comment est-ce que vous faites ces économies là ?
et donc et je termine je vais répondre à votre question je suis désolé mais j'ai besoin d'un petit peu plus de temps que vous pour répondre c'est comme ça et donc je considère qu'il peut être utile après l'élection présidentielle au moment législatif ou quelques mois après de proposer aux français de trancher des questions par référendum une des questions que je crois nécessaire de trancher c'est la question de la règle d'or qu'est-ce que c'est la règle d'or ? c'est l'idée d'inscrire pour voter les budgets en équilibre ou pour revenir à l'équilibre ça fait 52 ans
oui mais là vous vous échappez des retraites parce que d'abord moi j'aimerais bien savoir quelle est la question que vous poseriez
dans un référendum sur les retraites je souhaiterais que l'on puisse faire un référendum sur la règle d'or sur la question des retraites on verra comment est-ce que la campagne présidentielle se déroule ah donc c'est plus sûr de faire un référendum ? je vous ai dit que j'en ferais un sur la règle d'or vous avez dit en mars
en meeting à Lille je ferais un référendum sur les retraites
et que je peux ensuite dans le courant soit de la législative qui viendra soit après poser aux français une question alors vous savez on ne pose pas des questions référendum on propose un texte de loi
mais alors ce serait quoi ? retraite à 67 ans ?
sur des orientations ? pour ou contre ? ce sera ce que je proposerai aux français en matière de retraite et ce sera et ce sera inspiré de l'idée qu'il faut mettre en place un peu de capitalisation obligatoire probablement travailler plus longtemps et peut-être pas de façon uniforme tout le monde dans les mêmes conditions jusqu'à 67 ans mais tous un peu plus longtemps
mais vous avez vu juste Edouard Philippe ce 67 ans il vous colle à la peau depuis une interview vous vous donnez à Challenge en disant ça pourrait être 65 66 67 tous vos opposants disent Edouard Philippe c'est la retraite à 67 ans est-ce qu'Edouard Philippe son projet de société c'est la réforme des retraites à 67 ans ?
non monsieur Duhamel d'abord que les opposants me critiquent ou caricaturent des positions que j'ai pu prendre c'est parfaitement naturel ce que je dis ce que j'assume parce que je crois que c'est vrai alors même que je sais que c'est impopulaire c'est que si nous voulons préserver notre modèle social et préserver notre modèle de financement des retraites compte tenu de notre négographie nous allons devoir travailler plus longtemps oui nous allons devoir travailler plus longtemps et c'est pas très agréable à entendre je le sais mais nous allons devoir travailler plus longtemps est-ce que nous allons tous devoir travailler plus longtemps dans les mêmes conditions ?
non parce que dans le monde du travail il y a des gens comme vous comme moi comme beaucoup d'autres qui ont une façon de s'organiser dans leur travail une liberté d'organisation dans leur travail ou qui trouvent un sens dans leur travail qui fait que le travail est moins dur tout ça ne dit pas si un âge légal à 67 ans fait partie de vos plans il faudra qu'il y ait un âge légal parce qu'il y a une contrainte collective qu'il faut tenir je ne crois pas du tout au système dans lequel on renvoie à chacun la possibilité d'équilibrer collectivement le système on vit dans un système de solidarité il faut donc l'équilibrer et je considère que oui il va falloir accepter l'idée qu'on travaille un peu plus longtemps et que chacun travaille un peu plus longtemps et ensuite on peut parfaitement prendre en compte les cas spécifiques les retraites les carrières longues évidemment ou les différents types de travail je vous donne un exemple là encore puisque c'est vous qui m'avez branché sur le sujet et c'est un sujet important il n'y a pas très longtemps j'étais dans le Finistère et dans le Finistère j'ai été visiter une entreprise le job des gens qui bossent là-bas c'est de découper des filets de sardines et de les mettre dans des boîtes de conserve ok en général ce sont des femmes elles travaillent debout dans l'humidité dans le froid et franchement c'est un job dur alors il ne faut pas aller leur expliquer la valeur travail je sais très bien que ce job là il est difficile et il y en a beaucoup d'autres donc je sais très bien que quand on subit l'organisation du travail et qu'on n'est pas dans sa propre organisation du travail c'est plus difficile et donc on doit tenir compte de ça dans une réforme qui nécessairement pour équilibrer le système verra tout le monde travailler un peu plus
Edouard Philippe on va citer l'un de vos amis ce matin pour essayer de comprendre un peu mieux comment vous fonctionnez dans cette campagne c'est Gérald Darmanin qui dit que vous êtes le mieux placé en vue de 2027 qui dit aussi qu'il faudrait que vous puissiez montrer votre envie d'être président ça veut dire que de ce point de vue là ça pêche un peu vous êtes trop discret
écoutez je suis comme je suis j'écoute toujours avec beaucoup d'attention ce que disent mes amis et j'écoute même souvent avec beaucoup d'attention ce que disent les gens qui ne m'aiment pas mais je suis comme je suis je ne me serais pas engagé il y a longtemps quand j'ai créé le parti Horizon en 2021 dans cette aventure collective si je n'étais pas fondamentalement déterminé alors il y a plusieurs façons de dire qu'on est déterminé on peut s'énerver on peut monter sur les tables
comme vous le disiez au sujet de Gabriel Attal qui vous a répondu en disant lui aussi je suis comme ça je suis comme je suis
très bien très bien bizarre cette histoire de table quand même pourquoi c'est bizarre il y a Gabriel qui veut monter sur la table il y a Bruno Retailleau qui veut la renverser il va falloir qu'il se parle parce que s'il faut en même temps il y en a un qui va se faire mal donc moi je suis assez convaincu qu'on est comme on est en tout cas moi je suis comme je suis mais je suis extrêmement déterminé j'aime faire les campagnes j'aime les campagnes électorales et j'ai envie de gagner cette élection présidentielle et j'ai envie de proposer très exactement aux français le programme qui est le mien
et c'est ça qui fera la différence mais Edouard Philippe quand Gérald Darmanin qu'il est encore on ne peut pas le suspecter d'être malveillant à votre égard il dit il faut qu'il montre qu'il est en vie est-ce qu'à un moment donné sous la 5ème république quand on veut être président de la république il ne faut pas montrer un peu plus de peut-être de de grinta vous ironisez sur Gabriel Attal qui dit je veux monter sur la table mais est-ce qu'à un moment donné je n'ironise pas il a tout à fait le droit de le dire est-ce qu'à un moment donné et peut-être aussi quand on voit d'ailleurs des sondages où vous perdez quelques points vous êtes au coude à coude dans un dernier sondage avec Jean-Luc Mélenchon est-ce que c'est pas la preuve peut-être que les français ils attendent de vous plus d'engagement peut-être d'être plus vocal et qu'ils prennent peut-être ça comme une forme de
de nonchalance écoutez je ne suis je suis heureux de vous entendre dire que je pourrais être regardé comme nonchalant en général on explique que au contraire je suis soit trop concentré je vais vous dire on va faire une campagne qui va durer 11 mois elle va être longue il y aura beaucoup de rebondissements il y aura beaucoup de moments où on va pouvoir parler au français dans des formats totalement différents moi je vais la faire pleinement je vais la faire à mon rythme et personne ne me dit que d'abord à mon rythme ni mes amis ni mes adversaires donc vous ne serez pas Edouard Balladur je pense que Edouard Balladur ne serait pas heureux de la comparaison et je ne crois pas je crois qu'on est assez différents Edouard Philippe
pour simplement s'arrêter une seconde sur la compétition Monsieur Duhamel je suis moi oui ça nous a pas échappé
les autres c'est déjà pris c'est Oscar Wilde qui dit ça vous savez il vaut mieux être soi-même parce que les autres c'est déjà pris donc je suis moi avec mes qualités avec mes défauts avec les choses que j'ai apprises et sans table et je vais continuer à être moi c'est à dire à dire des choses que je crois importantes même lorsqu'elles ne sont pas populaires c'est à dire à parcourir le pays parfois sans caméra alors évidemment ça se voit moins souvent sans caméra ça fait 3 ans que je parcours le pays préfecture sous préfecture sans caméra pourquoi ? parce que vous savez quoi ?
quand il n'y a pas de caméra vous parlez beaucoup mieux aux français et vous les écoutez beaucoup mieux j'en suis convaincu et donc je vais continuer à faire campagne comme je fais et à la fin je pense que les français je ne suis pas sûr que les français ça compte l'hypercommunication dans le monde dans lequel on vit mais je pense que les français en tout cas c'est ce que j'ai vu au Havre à chaque fois que j'ai fait campagne ils aiment aussi une forme d'authenticité
y compris avec des défauts bon ça on comprend que ça veut dire que d'autres sont moins authentiques et moins sincères d'un mot Edouard Philippe sur cet espace politique et le bloc central Gabriel Attal est donc candidat qu'est-ce que vous dites et je lui ai posé la question il y a deux jours à un auditeur qui ce matin nous écoute qui peut avoir des sympathies pour cet espace politique dit macroniste si tentez que vous le soyez encore et qui ne sait pas pour qui voter entre vous deux je lui dis que c'est pas grave il a encore 11 mois je lui dis qu'il faut écouter
mais il y a des différences entre vous ou pas ? mais il y en a évidemment c'est quoi par exemple ? on a du mal à les voir et bah moi je pense que les gens les verront ils verront des choses qui peuvent être similaires ils verront des différences ils verront des points sur lesquels je suis d'accord avec monsieur Retailleau et ils verront des grosses différences mais c'est quoi les différences ?
mais c'est des différences sur le fond et puis peut-être des différences de style mais vous verrez bien dans les programmes la campagne elle a commencé Edouard Philippe elle a commencé j'ai proposé un plan en matière de lutte contre le narcotrafic Gabriel Attal dit à peu de choses près la même chose et Bruno Retailleau aussi ah je suis pas sûr sur l'état d'urgence sur le narcotrafic et bah tant mieux parce que moi je l'ai dit en décembre et là je l'ai développé s'inspirer de ce qui est fait contre le terrorisme lutter contre les consommations et accepter l'idée de lutter contre les consommations contre les lieux de consommation moi ça m'intéresse d'entendre tout le monde s'exprimer sur ce sujet et un grand plan d'infrastructure portuaire et pourquoi vous avez autant de mal à dire ce qui vous caractérise et ce qui vous singularise par rapport aux autres parce que je n'ai pas une campagne électorale c'est pas exprimer la différenciation qu'on a avec tel ou tel c'est exprimer ce qu'on veut faire donc moi je vais dire ce que je veux faire puis je vais dire qui je suis ça c'est naturel et puis les français se feront un avis on n'est pas là pour vos auditeurs c'est des auditeurs qui sont exigeants qui sont responsables qui écoutent les propos de chacun et qui se font un avis ils n'ont pas besoin de savoir quelle différence je vois moi l'important c'est ce qu'ils voient eux c'est ce qu'ils pensent eux et on peut quand même considérer que le débat public il repose sur le bon sens des français et sur leurs raisons un dernier mot vous inquiétez pas pour l'exprimer
un dernier mot je rappelle que le parquet national financier a ouvert une information judiciaire pour des soupçons de détournement de fonds publics favoritisme prise illégale d'intérêt concussion au Havre c'est une de vos anciennes collaboratrices qui dénoncent un possible conflit d'intérêt sur un marché conclu entre la mairie et une association dirigée par l'une de vos anciennes adjointes on a connu ces derniers temps des campagnes présidentielles heurtées par des affaires judiciaires si vous étiez mis en examen est-ce que ça vous empocherait d'aller au bout de cette campagne ?
dans cette histoire très technique qui en effet parle d'énonciation d'une ancienne directrice générale adjointe des services de la communauté urbaine du Havre dans cette affaire très technique je vous propose de retenir trois principes simples le premier c'est que je n'ai pas enfreint la loi et je suis innocent et que je tiens à le dire le deuxième c'est que je me suis tenu et je me tiendrai à la disposition de la justice pour répondre à toutes les questions qui se poseront alors vraiment je l'ai fait je continuerai à le faire je suis la troisième troisième principe c'est que je suis candidat à l'élection présidentielle et aucune décision non définitive de justice ne m'empêchera aucune décision non définitive de justice ne m'empêchera d'être candidat à l'élection présidentielle
merci Edouard Philippe merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin la revue de presse à suivre
Édouard Philippe