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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 15 mai 2024 10 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileOutre-mer

Nouvelle-Calédonie : Nicolas Metzdorf en veut à "la branche la plus radicale des indépendantistes"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:28OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous vous attendiez à une telle violence ?

  • 1:15RelanceRéponse directe

    Un mort par balle, c'est le fantôme des années 80 qui revient.

  • 2:02RelanceRéponse partielle

    Donc c'est leur faute à eux ? C'est leur faute à eux si ça a des génériques comme ça sur le territoire calédonien ?

  • 2:39OuverteRéponse directe

    Mais vous entendez quand même les descendants du peuple autochtone, vous entendez les canaques avoir peur d'être dilués, avoir peur d'être invisibilisés, avoir peur d'être écrasés ?

  • 3:01RelanceRéponse partielle

    Mais on vous accuse aujourd'hui de les détricoter, on vous accuse aujourd'hui de passer en force, on vous accuse aujourd'hui de piétiner les méthodes qui ont été celles de l'État depuis très longtemps, à savoir celles du compromis ?

  • 4:22OuverteRéponse partielle

    Mais justement, l'État, qui est l'État ? Parce que vous entendez tout de même les critiques sur le manque d'impartialité de l'État.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:31Invité politiqueFait
    « La Calédonie a toujours été un territoire très violent, très armé, très politisé. »
  • 0:52Invité politiqueChiffre
    « il y a 13 000 Calédoniens qui sont nés en Nouvelle-Calédonie, qui ne peuvent pas voter »
  • 1:06Invité politiqueFait
    « on a mis à l'Assemblée nationale une loi qui instaurait le droit, pour ceux qui sont présents depuis au moins 10 ans en Nouvelle-Calédonie, de voter aux élections locales. »
  • 1:37Invité politiqueFait
    « J'en veux beaucoup à l'hystérisation des débats du côté de la branche la plus radicale des indépendantistes »
  • 1:44Invité politiqueFait
    « qui, depuis 30 ans, ne respectent pas la parole des accords de Nouméa, qui étaient des accords de paix et de vivre ensemble et de destin commun. »
  • 3:12Invité politiqueFait
    « Non, parce que les dix ans de présence qui ont été votés hier soir à l'Assemblée nationale, c'était l'équilibre même des accords de Nouméa qui avaient fixé dix ans de présence sur le territoire. »
  • 3:22Invité politiqueFait
    « Et c'est une réforme unilatérale de Jacques Chirac en 2007 qui a exclu finalement des milliers de Calédoniens du droit de vote, à la demande des indépendantistes d'ailleurs, sans que nous, nous soyons d'accord avec ça. »
  • 3:34Invité politiqueFait
    « Ça fait trois ans qu'on a fini de voter au troisième référendum, ça fait trois ans que nous, les non-indépendantistes, nous tendons la main à chaque fois pour dialoguer avec les indépendantistes. »
  • 3:50Invité politiqueFait
    « Pendant un an et demi, ils ont refusé de nous parler. »
  • 3:59Invité politiqueFait
    « On voit qu'ils ont été dans un jusque-boutisme pour la revendication indépendantiste malgré les résultats des trois référendums. »
  • 4:50Invité politiqueFait
    « On n'est pas anti-indépendantistes, on est contre l'indépendance. »
  • 5:13Invité politiqueFait
    « L'État a simplement reconnu que les non-indépendantistes avaient gagné et que la Nouvelle-Calédonie voulait rester française. »
  • 5:32Invité politiqueFait
    « Pour rester français, ou envisager de rester français, il fallait voter trois fois non. »
  • 6:03Invité politiqueFait
    « Voilà la phrase de l'accord de loi. »

Temps de parole

  • Nicolas Metzdorf69 %
  • Présentateur31 %

2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Nicolas Metzdorf

Sonia De Villers, votre invitée ce matin, est députée Renaissance et rapporteure du projet de loi constitutionnelle réformant le corps électoral calédonien.

0:09
Présentateur

Bonjour Nicolas Metzdorf. Bonjour. Vous vous êtes couché à 3h du matin après une soirée tempétueuse à l'Assemblée nationale. On va parler évidemment de cette loi qui a littéralement embrasé la Nouvelle-Calédonie. Un mot d'abord sur ce qui s'est passé à 17 000 km de Paris. Est-ce que vous vous attendiez à une telle violence ?

0:31
Nicolas Metzdorf

La Calédonie a toujours été un territoire très violent, très armé, très politisé. La question qui se pose aujourd'hui date des trois référendums. C'est-à-dire, est-ce qu'on respecte la volonté des Calédoniens d'avoir choisi la France ? Ou est-ce qu'on met plutôt en avant la revendication indépendantiste, quoi qu'il en coûte ? Et donc, les Calédoniens qui étaient exclus du corps électoral depuis 25 ans, je rappelle qu'il y a 13 000 Calédoniens qui sont nés en Nouvelle-Calédonie, qui ne peuvent pas voter, attendaient de pouvoir re-voter dans leur pays.

Et donc, on a mis à l'Assemblée nationale une loi qui instaurait le droit, pour ceux qui sont présents depuis au moins 10 ans en Nouvelle-Calédonie, de voter aux élections locales.

1:15
Présentateur

On va y venir, évidemment, on va y venir, mais un mort par balle, c'est le fantôme des années 80, des émeutes, avant les accords de Matignon qui revient.

1:27
Nicolas Metzdorf

Personne ne souhaite et n'a souhaité la mort de qui que ce soit en Nouvelle-Calédonie. La perte d'un Calédonien, c'est toujours quelque chose de tragique. J'en veux beaucoup à l'hystérisation des débats du côté de la branche la plus radicale des indépendantistes, qui, depuis 30 ans, ne respectent pas la parole des accords de Nouméa, qui étaient des accords de paix et de vivre ensemble et de destin commun. Il y a une frange indépendantiste radicalisée qui a continué de considérer qu'il y avait des gens plus légitimes que d'autres en Nouvelle-Calédonie.

2:02
Présentateur

Donc c'est leur faute à eux ? C'est leur faute à eux si ça a des génériques comme ça sur le territoire calédonien ?

2:07
Nicolas Metzdorf

Aujourd'hui, je ne crois pas qu'on puisse dire que c'est la faute de quelqu'un ou de quelqu'un d'autre. Je dis juste qu'on est dans une situation en Nouvelle-Calédonie où on n'a pas tranché la question de savoir si on considérait que tous les Calédoniens naissaient libres et égaux en droit, ou si on considérait que parce qu'il y avait une colonisation il y a 200 ans, il y avait des gens plus légitimes que des autres.

Alors forcément, ceux qui sont issus de ce qu'on appelle le peuple premier considèrent qu'ils sont plus légitimes que les autres et ceux qui sont arrivés par les aléas de la vie en Nouvelle-Calédonie considèrent que c'est aussi leur terre et qu'ils doivent être traités de manière égale.

2:39
Présentateur

Mais vous entendez quand même les descendants du peuple autochtone, vous entendez les canaques avoir peur d'être dilués, avoir peur d'être invisibilisés, avoir peur d'être écrasés ?

2:50
Nicolas Metzdorf

Si on n'avait pas entendu les canaques et notamment les indépendantistes, on n'aurait pas signé les accords de Matignon, on n'aurait pas signé les accords de Nouméa. Je rappelle que la Nouvelle-Calédonie, c'est le territoire le plus autonome de la République.

3:01
Présentateur

Mais on vous accuse aujourd'hui de les détricoter, on vous accuse aujourd'hui de passer en force, on vous accuse aujourd'hui de piétiner les méthodes qui ont été celles de l'État depuis très longtemps, à savoir celles du compromis ?

3:12
Nicolas Metzdorf

Non, parce que les dix ans de présence qui ont été votés hier soir à l'Assemblée nationale, c'était l'équilibre même des accords de Nouméa qui avaient fixé dix ans de présence sur le territoire. Et c'est une réforme unilatérale de Jacques Chirac en 2007 qui a exclu finalement des milliers de Calédoniens du droit de vote, à la demande des indépendantistes d'ailleurs, sans que nous, nous soyons d'accord avec ça. Ça fait trois ans qu'on a fini de voter au troisième référendum, ça fait trois ans que nous, les non-indépendantistes, nous tendons la main à chaque fois pour dialoguer avec les indépendantistes.

3:42
Présentateur

On vous appelle les loyalistes.

3:43
Nicolas Metzdorf

Les loyalistes, oui, les non-indépendantistes, ceux qui veulent rester français en tout cas. Ça fait trois ans que nous tendons la main aux indépendantistes. Pendant un an et demi, ils ont refusé de nous parler. Ils n'ont voulu parler qu'avec l'État. Ensuite, comme ça n'a pas marché avec l'État pour obtenir l'indépendance, ils n'ont voulu parler qu'avec nous et plus avec l'État. On voit qu'ils ont été dans un jusque-boutisme pour la revendication indépendantiste malgré les résultats des trois référendums.

Et c'était pour nous très difficile de dire à notre population que malgré le fait qu'ils aient voté trois fois pour rester français, il fallait quand même arriver à une forme d'indépendance. Donc, ce n'était pas possible pour nous d'accepter les revendications indépendantistes, vous en doutez bien.

4:22
Présentateur

Mais justement, l'État, qui est l'État ? Parce que vous entendez tout de même les critiques sur le manque d'impartialité de l'État. La nomination de Sonia Bakès, qui est comme vous loyaliste, personnalité très clivante en Nouvelle-Calédonie, le choix de vous faire vous rapporteur de cette loi, de ce projet de loi de réforme de la Constitution. Vous êtes tous les deux anti-indépendantistes, vous ne cessez de le dire. Donc, est-ce que l'État français est resté impartial ?

4:50
Nicolas Metzdorf

On n'est pas anti-indépendantistes, on est contre l'indépendance. On n'est pas contre les indépendantistes, ce n'est pas la même chose. L'impartialité de l'État. Je vais vous prendre l'exemple du football. L'arbitre est impartial. Et donc, il traite les deux équipes de la même manière. Mais il y a une équipe qui gagne 3-0, qui gagne 3 référendums. Est-ce qu'à la fin du match, l'arbitre est impartial en reconnaissant la victoire d'une équipe ? L'État a simplement reconnu que les non-indépendantistes avaient gagné et que la Nouvelle-Calédonie voulait rester française.

5:18
Présentateur

Et ce troisième référendum dont Yael Gauze parlait, ce troisième référendum qu'une partie de la population avait réclamé qu'il soit repoussé, ce troisième référendum qui a été massivement boycotté, pour vous, il compte ? Tout autant que les autres ?

5:32
Nicolas Metzdorf

Il faut rappeler l'histoire dans son entièreté. Pour rester français, ou envisager de rester français, il fallait voter trois fois non. Un seul référendum qui aurait donné le oui gagnant aurait permis l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Donc on voit que dès le début, il y avait une volonté affichée de l'État, de finalement, à l'époque, dans les années 90, de donner l'indépendance à la Nouvelle-Calédonie. Parce que s'il y avait le oui une fois, c'était l'indépendance. Et s'il y avait le non trois fois, c'était les partenaires se réuniront pour examiner la situation ainsi créée. Voilà la phrase de l'accord de loi.

Donc on voit qu'on a été mis tout de suite, nous, en difficulté dès le début. Donc une fois qu'on a gagné trois fois, que le troisième référendum a été fait à la demande des indépendantistes, comment voulez-vous que l'on considère que nos votes par trois fois ont été illégitimes, même si les indépendantistes ont décidé finalement de ne pas participer au troisième ? Vous ne pouvez pas nous dire que nos votes sont illégitimes par trois fois. Trois fois, les calédoniens se sont mobilisés en quatre ans.

6:28
Présentateur

Nicolas Metzor, vous venez d'auditionner trois anciens premiers ministres à l'Assemblée nationale. Edouard Philippe, Manuel Valls et Jean-Marc Hérault. Les trois ont été catégoriques. Le dossier néo-calédonien doit être géré par Matignon, et pas par le ministre de l'Intérieur, et pas par Gérald Darmanin, comme c'est le cas actuellement. Vous en pensez quoi ?

6:48
Nicolas Metzdorf

Ça, c'est de la politique nationale. C'est nul. C'est nul parce que vous avez un accord...

6:54
Présentateur

La politique nationale, vous êtes représentant du peuple, vous êtes élu à l'Assemblée nationale. Ça ne me paraît pas complètement nul quand même.

7:00
Nicolas Metzdorf

J'ai un territoire en pleine guerre civile, si vous voulez. Donc moi, le débat entre Gabriel Attal et Gérald Darmanin, ce n'est pas mon problème. Un accord en Nouvelle-Calédonie ne dépendra pas de si c'est Gérald Darmanin ou si c'est Gabriel Attal. Un accord en Nouvelle-Calédonie dépendra de la bonne volonté de chacune des parties de se mettre d'accord, que ce soit Gabriel Attal, Gérald Darmanin ou ma grand-mère.

7:18
Présentateur

Vous pensez que les deux parties, à l'appel d'Emmanuel Macron, peuvent se mettre d'accord ?

7:23
Nicolas Metzdorf

Oui. Nous, de toute façon, on a toujours été pour le dialogue. Et je vois que le FNKS, suite aux nombreuses exactions en Nouvelle-Calédonie, a accepté la main tendue d'Emmanuel Macron. Je viens de voir un communiqué du FNKS qui dit qu'il viendrait sur Paris, en tout cas qu'il accepterait de dialoguer avec Emmanuel Macron, en tout cas avec l'État de manière générale, et les non-indépendantistes. Et ça, c'est une bonne nouvelle.

7:44
Présentateur

C'est ça. Donc il viendrait à Paris, la discussion aurait lieu à Paris, et il y a éventuellement possibilité de trouver un accord avant que le Congrès soit convoqué, avant que cette loi soit validée ?

7:54
Nicolas Metzdorf

Trouver un accord, c'est toujours mieux en Nouvelle-Calédonie. C'est toujours mieux. Je rappelle que d'ailleurs, cette loi qui est passée à l'Assemblée nationale, alors dégelé, le corps électoral a 10 ans de présence en Nouvelle-Calédonie, mais surtout, il y avait un article 2 qui disait que si un accord trouvé entre Calédoniens avait lieu 10 jours avant les futures élections, cet accord viendrait remplacer le projet de loi en cours. Donc on voit qu'on a toujours privilégié, dans la démarche du gouvernement, et même nous, Calédoniens, les accords politiques, parce qu'on sait que c'est mieux pour la Nouvelle-Calédonie, et on le démonte encore aujourd'hui.

8:22
Présentateur

Un dernier mot. Comme vous dites, j'arrive d'un territoire en pleine guerre civile. Vous passez trois semaines, en gros, à Paris, à l'Assemblée nationale, trois semaines sur votre territoire. Vos parents, Nicolas Metzdorf, ont reçu des menaces. La famille de Sonia Bacchès, qui est donc la présidente de l'Assemblée de la Province du Sud et ancienne secrétaire d'État à la Citoyenneté, a été visée. Même le domicile de sa famille a été incendié. Sur BFM TV, elle dit « Mon père n'a pas été attaqué parce qu'il est mon père, il a été attaqué parce qu'il était blanc ».

8:52
Nicolas Metzdorf

Oui. Je suis très mal à l'aise de parler de nos familles, parce qu'actuellement, toutes les familles calédoniennes souffrent. Je ne voudrais pas parler des familles des responsables politiques uniquement. C'est très difficile pour tout le monde actuellement. Oui, il y a des Calédoniens qui sont attaqués parce qu'ils ont une couleur de peau particulière, parce que justement, on a entretenu le fait qu'il y avait des gens plus légitimes que d'autres. J'entendais dans votre introduction tout à l'heure qu'il y a un fait colonial qu'il faut conserver, qu'il faut avoir en tête.

Il faut bien se dire que c'est des messages qui sont entendus par les indépendantistes comme « vous avez plus de légitimité que les autres ». Et il faut toujours traiter ça de manière très prudente, parce que quand ceux qui se considèrent plus légitimes n'obtiennent pas ce qu'ils veulent, finalement, ils exercent une forme de violence. Donc voilà, il faut faire attention à ça.

9:39
Présentateur

Merci Nicolas Melzdorf.

9:40
Nicolas Metzdorf

Et merci Sonia De Villers.