Jean-Marie Le Pen était un esprit libre ! - Louis Aliot (Sud Radio)
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- 0:05OuverteRéponse directe
Notre invité ce matin, Louis Alliot, maire de Perpignan et premier vice-président du Rassemblement National.
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Louis Alliot, bonjour.
- 0:16OuverteRéponse directe
Je reviendrai d'ailleurs sur ce que vous avez vu à Mayotte.
- 0:20OuverteRéponse directe
Et c'est dans l'avion que vous avez appris le décès de Jean-Marie Le Pen.
- 1:07OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y aura une cérémonie religieuse ouverte à Paris ?
- 1:25OuverteRéponse directe
Vous vous souvenez de ce moment ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:42Invité politiqueFait
« Il a eu raison, Jacques Chirac ? »
- 1:46Invité politiqueFait
« il se serait fait atomiser au regard de son bilan. »
- 1:59Invité politiqueChiffre
« et de nous cantonner, j'allais dire, dans l'étiage des 18%. »
- 3:52Invité politiqueFait
« ce que moi, j'ai toujours nié. »
- 4:00Invité politiqueFait
« Il y a une extrême droite en France, mais je pense que lui n'en faisait pas partie. »
- 4:14Invité politiqueFait
« qui a même quitté son mandat de député pour prendre l'uniforme de la région étrangère et aller se battre en Algérie »
- 4:20Invité politiqueFait
« qui était en Indochine »
- 4:51Invité politiqueFait
« Moi, je ne l'ai jamais pensé. »
- 5:05Invité politiqueFait
« Mais c'est toujours sur l'affaire du détail. »
- 5:36Invité politiqueFait
« J'ai lu un papier ce matin d'un ami de la communauté juive qui disait qu'à partir de 1987, il s'est senti pointé du doigt »
- 6:00Invité politiqueFait
« Mais ça n'a jamais été l'ADN du Front National. »
- 6:36Invité politiqueFait
« ce que je pensais d'abord, et puis les remonter. »
- 6:45Invité politiqueFait
« la meilleure preuve, c'est que quand Marine a monté son propre parti politique, on va dire, le Rassemblement National, c'est la rupture. »
- 6:59Invité politiqueFait
« L'avantage que nous avons fait, nous, c'est le droit d'inventaire du vivant de Jean-Marie Le Pen. »
- 7:24Invité politiqueFait
« il a choqué beaucoup et il nous a empêchés de progresser pendant longtemps. »
- 8:22Invité politiqueFait
« il a découvert qu'il y avait de gros sujets d'immigration et d'islamisme radical 30 ans après qu'on défende nous-mêmes ce volet du programme politique. »
- 8:51Invité politiqueFait
« depuis 2001 et l'attentat aux États-Unis des Twin Towers, on peut dire que le vocabulaire a changé et que l'opinion a pris conscience du danger que représentait l'islamisme radical. »
- 10:23Invité politiqueFait
« Honnêtement, je ne l'ai jamais pensé, mais ça, c'est mon opinion. »
- 10:35Invité politiqueFait
« il aurait eu les capacités largement intellectuelles et de caractère pour diriger la France, voilà. »
- 11:05Invité politiqueChiffre
« je pense qu'il y a de grandes chances qu'on puisse gagner, on va dire. »
- 11:41Invité politiqueFait
« Alors, je les approuve, évidemment, mais il va falloir le matérialiser sur le terrain. »
- 12:00Invité politiqueFait
« Sur le terrain, quelles mesures prises ? Et pour l'instant, je n'en vois pas. »
- 12:44Invité politiqueFait
« C'est un phénomène qui se généralise depuis 3-4 ans désormais. »
- 15:52Invité politiqueFait
« Un, des patrouilleurs pour contrôler la frontière maritime. Deux, des reconduites massives à la frontière. »
- 15:59Invité politiqueFait
« Trois, contraindre le président des Comores à arrêter son sketch, parce qu'il s'agit d'une agression de la France. »
- 16:17Invité politiqueFait
« Et ensuite, fin du droit du sol, évidemment, moratoire sur les titres de séjour, ça s'en paraît évident »
- 16:51Invité politiqueFait
« D'abord, elle se déshonore, parce qu'elle retient un écrivain. »
- 17:33Invité politiqueFait
« en raison, il faut bien le dire, de son agressivité permanente à l'égard de la France »
- 18:01Invité politiqueFait
« on a dit qu'on ne voterait aucune censure a priori, et qu'on attendra les négociations sur le budget notamment, et sur Mayotte »
- 19:03Invité politiqueFait
« Je pense que pour déverrouiller aujourd'hui la situation politique, ce serait la meilleure solution qu'il y aurait par le haut. »
- 19:56Invité politiqueFait
« un président qui n'a plus la confiance du peuple et qui n'a pas la majorité à l'Assemblée, doit démissionner. »
Temps de parole
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Notre invité ce matin, Louis Alliot, maire de Perpignan et premier vice-président du Rassemblement National. Louis Alliot, bonjour. Bonjour. Louis Alliot, vous avez atterri vers 11h30 hier soir, 23h30. Vous étiez avec Marine Le Pen dans l'avion du retour de Mayotte. Je reviendrai d'ailleurs sur ce que vous avez vu à Mayotte. Et c'est dans l'avion que vous avez appris le décès de Jean-Marie Le Pen.
Oui, sur une escale technique à Nairobi. Au Kenya. Au Kenya, oui. Il y avait des journalistes dans l'avion qui avaient eu l'information que nous n'avions pas encore. Et c'est comme ça qu'elle l'a appris.
Bien. Je ne vais pas vous demander plus sur sa réaction et tout. Quand on perd son père, on est évidemment profondément touché. Inhumation à la Trinité-sur-Mer. Ça, ça a été confirmé officiellement. Face à la mer, au pied du grand camélia du cimetière, une pierre tombale où ne sera gravé qu'un prénom. Jean-Marie. Vous confirmez. Mais c'était ces dernières...
C'est toujours... C'est un enfant de la Trinité-sur-Mer.
Oui.
Le nom de son père est sur le monument aux morts de la Trinité-sur-Mer.
Est-ce qu'il y aura une cérémonie religieuse ouverte à Paris ? Vous ne savez pas ?
Oui, je pense qu'il y aura une cérémonie religieuse. Il y aura une cérémonie religieuse. Je ne peux pas vous dire qu'un, mais il y en aura une, oui.
Il y en aura une. Bien. 21 avril 2002, il se qualifie pour le second tour de la présidentielle. Jacques Chirac avait refusé de débattre avec lui entre les deux tours.
Vous vous souvenez de ce moment ? Très bien, oui, puisque j'étais à ce moment-là le coordinateur de la campagne présidentielle et Bruno Volnisch le directeur de campagne. Et effectivement, c'était une manière assez, il faut bien le reconnaître, efficace de marginaliser Jean-Marie Le Pen au deuxième tour. Il a eu raison, Jacques Chirac ? Je ne sais pas qu'il a eu raison, c'est que je pense que dans un débat, il se serait fait atomiser au regard de son bilan. Et donc, il a préféré effectivement esquiver le débat et ça a permis de dresser un cordon sanitaire encore plus fort et de nous cantonner, j'allais dire, dans l'étiage des 18%.
Il ne se faisait pas d'illusion, Jean-Marie Le Pen.
Non, mais vous savez, quand vous êtes au deuxième tour de cette élection, à quelques pourcentages, dixièmes de pourcentage de Jacques Chirac, après tout, on pouvait considérer que le peuple français voulait renverser la table. Mais passé ce moment, on va dire, d'euphorie, effectivement, il nous paraissait très difficile de gagner la présidentielle en 2002. Mais c'est là que tout a commencé, si je puis dire.
Alors, vous avez été infidèle de Jean-Marie Le Pen. Vous l'avez découvert, vous étiez dans la Riège, je crois. C'était en 1988, lors d'un meeting. C'est bien ça, hein ? C'est ça.
C'est ça. Mais en fait, il y avait une petite histoire familiale, puisque c'est par ma mère qui était d'Alger, de Bab-el-Oued, où elle fréquentait à l'époque, à Alger, les milieux et studentaines de la Corpo de droit d'Alger. Et il était venu pendant les événements d'Algérie, parler, etc. Donc, si vous voulez, dans la famille, ce n'était pas une figure sulfureuse de la politique qui faisait partie des meubles, en quelque sorte.
Oui. Louis Alliot, plus tard, il y a eu des profondes divergences avec lui. Je vais y venir, évidemment. On ne va rien occulter. Vous avez été infidèle un temps, puisque vous avez été son directeur de cabinet. Pas en deux ans, je crois.
À la rupture avec Maigret, je l'ai été pendant presque deux ans.
À la rupture avec Maigret. Moi, je me souviens de ça aussi. Oui, oui. Oui, bien. Figure historique. Alors, je lis le communiqué de l'Élysée. Figure historique de l'extrême droite. Il a joué un rôle dans la vie publique de notre pays pendant près de 70 ans qui relève désormais du jugement de l'histoire. Communiqué sobre.
Oui, fiche Wikipédia. Vous le lisez. C'est sobre. Je remarque qu'il fait mention à l'extrême droite, ce que moi, j'ai toujours nié. Mais c'était un homme d'extrême droite. Non, non, non, je ne l'ai jamais pensé, moi. Ah bon ? Mais c'était, je pense, autre chose, mais pas... Il y a une extrême droite en France, mais je pense que lui n'en faisait pas partie. Mais qui est l'extrême droite en France ? Lui était un homme de la 4e République, un parlementaire brillant, qui défendait le pays, qui s'est engagé pour le pays, qui a même quitté son mandat de député pour prendre l'uniforme de la région étrangère et aller se battre en Algérie, qui était en Indochine, qui a eu son parcours de résistant.
Parce que tout le monde parle, mais j'ai retrouvé l'article dans l'Express, où un ancien chef de Maki dit qu'il a eu la visite d'un jeune homme. Il avait ses ans. Exactement. Et qu'il était trop jeune. Et qu'il était pupille de la nation. Et ce chef de Maki lui a dit « Va aider ta mère plutôt que de risquer ta vie, etc. » Donc on voit bien que c'était d'abord un patriote avec tout ce que ça peut avoir. Ce n'était ni un négationniste, ni un antisémite, selon vous ? Moi, je ne l'ai jamais pensé. J'ai travaillé beaucoup avec lui. Il savait très bien d'où je venais. Et je me suis beaucoup disputé sur ces questions-là. Mais il plaçait la liberté. Quel était l'objet des discussions, justement ?
Ou des disputes ? Mais c'est toujours sur l'affaire du détail.
On l'a repassé tout à l'heure, le détail, les chambres à gaz, un détail de l'histoire. 1987, déclaration RTL. Et puis réitère sa déclaration face à moi. C'était sur BFMTV en 2015. Je m'en souviens. Comme si c'était hier. Ou en 2016, je ne sais plus, 2015-2016. Je m'en souviens comme si c'était hier. Il a été condamné d'ailleurs pour cela. Mais pourquoi disait-il cela ? Lui, c'était un historien. Il connaissait l'histoire.
Il connaissait l'histoire. Pourquoi ? J'ai lu un papier ce matin d'un ami de la communauté juive qui disait qu'à partir de 1987, il s'est senti pointé du doigt, ciblé par un certain nombre de personnalités de la communauté. Et c'est devenu, je pense, ensuite une affaire personnelle entre un certain nombre de personnes et lui. Mais ça n'a jamais été l'ADN du Front National. C'est ce que j'ai essayé, moi, de dire et ce que j'ai tenté de faire quand j'étais secrétaire général du Front National.
– Qu'est-ce que vous lui avez dit ? – Ah, bien sûr. – Qu'est-ce que vous lui avez dit lorsque vous vous êtes retrouvé face à lui après ces déclarations ?
– C'est tout pareil, parce qu'il y a eu 3, 4, 5 déclarations. – Oui, il y en a eu plusieurs. – Sur le terrain, les seuls reproches qu'on nous faisait, ce n'étaient pas les propos sur l'immigration, ce n'étaient pas la dénonciation de l'islamisme radical, c'étaient ces propos ambigus et provocateurs, systématiquement, sur cette affaire de Seconde Guerre mondiale. Donc je lui ai dit, moi, clairement, ce que je pensais d'abord, et puis les remonter. Les gens n'en voulaient pas de ça. Et d'ailleurs, la meilleure preuve, c'est que quand Marine a monté son propre parti politique, on va dire, le Rassemblement National, c'est la rupture. – Oui, c'est là-dessus la rupture.
– Mais c'est le droit d'inventaire. Tout le monde a parlé du droit d'inventaire. L'avantage que nous avons fait, nous, c'est le droit d'inventaire du vivant de Jean-Marie Le Pen. Ça, on ne pourra pas le reprocher ni à Marine, ni à personne. Contrairement aux socialistes qui ont attendu la mort de Mitterrand pour commencer à dire, « Oui, mais en fait, on savait, sans savoir, etc. » Ils se sont tous tus pour occuper des postes et des places au pouvoir. Mais ça, c'est encore un autre sujet. Mais oui, je pense qu'il mettait la liberté d'expression au-dessus de tout et qu'au nom de cette liberté, malheureusement, il a choqué beaucoup et il nous a empêchés de progresser pendant longtemps.
– Je dis ce que je pense et je me fous de ce que pensent les gens, disait-il. – C'était un esprit libre, voilà. – Bien. Et avec Marine Le Pen, bon, ça n'a pas toujours été facile, vous le savez, vous étiez au cœur de tout cela. Je lis une déclaration, « Marine est à la hauteur de mon combat et de mon héritage, mais j'aimerais qu'il y ait un peu plus de chaleur, notamment lors de ses prestations à la télé. » C'est ce qu'il disait. Il lui reprochait de ne pas être chaleureuse. – Oui, bon. – Oui, bon. D'accord.
– C'était sa manière de voir les choses, mais lui, ça a été, on va dire, un grand communicant à sa manière.
– Oui. – C'est qui ? C'est Marine Le Pen, son héritier, ou Éric Zemmour ? Parce qu'Éric Zemmour se revendique comme étant l'héritier de Jean-Marie Le Pen.
– Oui, héritier très tardif, quand même. – Oui. – 30 ans au Figaro, etc. Bon, il a découvert qu'il y avait de gros sujets d'immigration et d'islamisme radical 30 ans après qu'on défende nous-mêmes ce volet du programme politique. Mais ça n'enlève rien. Si Éric Zemmour se revendique de cet héritage-là, je pense que beaucoup se revendiqueront de cet héritage-là aujourd'hui. Des intellectuels, des écrivains, on le voit d'ailleurs. Sur le sujet de l'immigration et de l'islamisme radical, je dois dire que depuis 2001 et l'attentat aux États-Unis des Twin Towers, on peut dire que le vocabulaire a changé et que l'opinion a pris conscience du danger que représentait l'islamisme radical.
– Louis Allure, oui, oui, mais dites-moi, je suis désolé, je ne suis pas Charlie, disait-il Jean-Marie Le Pen. – Et il rajoutait, je suis Charlie Martel. – Oui, oui, d'accord, mais enfin, je ne suis pas Charlie. Pourquoi ? – Mais parce que, d'abord, il avait… – Mais dites-moi, il se rendait chaque année à la fête de la République islamique d'Iran
qui fêtait le retour de Khomeini. – Non, mais ça, c'est des affaires d'ambassade. Quand vous êtes invité par des ambassadeurs, il faut nouer d'un dialogue avec tout le monde, y compris avec les pires, il faut arrêter de croire qu'on parle qu'aux gens qu'on aime. Regardez, on nous fait même le procès d'aujourd'hui de vouloir parler avec Trump.
– Donc ne reprochez pas Emmanuel Macron
d'aller parler avec un tel ou une telle. – On ne le reproche pas, mais après, il faut savoir ce qu'il dit, ça c'est autre chose.
– Oui.
– Parce que lui, il porte la parole de la France, et encore ce qu'il a fait…
– Je vais revenir sur Algérie.
– …comme déclaration sur le Kenya, etc., ou non, sur le Tchad et le Sénégal, il s'est fâché avec l'Afrique, quand même, Emmanuel Macron. On n'a plus de politique africaine. Et je pense que le retour d'un véritable ministère des Affaires étrangères et d'un nouveau gouvernement, ce sera précisément de rebâtir une politique africaine digne de ce nom.
– Est-ce que lui n'a jamais pu arriver au pouvoir ? D'ailleurs, il n'a jamais voulu le pouvoir, non ?
– Honnêtement, je ne l'ai jamais pensé, mais ça, c'est mon opinion. – Il n'a jamais voulu le pouvoir ? – Non, je pense que les événements ne se sont pas présentés, mais que si… – Je pense qu'il aurait eu les capacités largement intellectuelles et de caractère pour diriger la France, voilà.
– Est-ce que Marine Le Pen peut encore perdre en 2027 ? – Écoutez, chaque chose en son temps… – Je vous pose la question. Qu'est-ce qui pourrait la faire perdre ? Les juges ? – Les juges, c'est… – Enfin, perdre.
– Les juges, c'est un chaustra pour les lieux du parcours. – Vous êtes embarqué, comme elle, d'ailleurs. – Aujourd'hui, je pense que…
– Dans ce combat judiciaire.
– Dans cette trajectoire-là, et regarde ce que l'opinion s'est considérablement tournée vers Marine Le Pen et vers nous, je pense qu'il y a de grandes chances qu'on puisse gagner, on va dire. Mais attention, c'est encore loin, il y a beaucoup de choses qui vont se passer.
– Bien, si nous parlions, Louis Alliot, de Bruno Retailleau, qui souhaite interdire le port du voile au maire accompagnant les sorties scolaires. Pas de voile, pas de voile non plus à l'université, dit-il. J'imagine que vous approuvez totalement ces propos.
– Alors, je les approuve, évidemment, mais il va falloir le matérialiser sur le terrain. parce qu'aujourd'hui, c'est général, c'est généralisé, et que M. Retailleau nous donne le mode d'emploi dans un gouvernement minoritaire pour appliquer ces bonnes décisions-là. Il faut qu'il donne le mode d'emploi. C'est pas le tout d'être dans les propos, dans l'incantation, dans la communication, ce qu'il fait très bien depuis trois mois. Sur le terrain, quelles mesures prises ? Et pour l'instant, je n'en vois pas. Après, le personnage, je le respecte, évidemment, et je pense qu'il dit les choses telles qu'il faut les dire. Mais j'attends la suite.
En tant que maire, en tout cas à Perpignan, je peux vous dire que pour l'instant, en matière de renfort, en matière de mesures prises immédiatement, on ne voit pas bien la différence entre l'avant et l'après d'Armanin.
– Vous avez raison de dire que ce sera difficile à appliquer. – Très difficile. – Parce que vous, dans les rues de Perpignan, vous voyez de nombreuses musulmanes, jeunes ou âgés, d'ailleurs, portant le voile dans l'espace public.
– C'est un phénomène qui se généralise depuis 3-4 ans désormais. – Bon, et est-ce que vous êtes favorable à l'interdiction du port du voile dans l'espace public ? – Alors, entendons-nous bien du voile intégral, évidemment. – Mais oui, j'y suis…
– Du voile intégral ? Non, mais je parle du voile, moi. Je ne parle pas du voile intégral.
– Oui, mais le problème, c'est ça. Définissons ce qu'est le voile, et après, on va savoir qui on interdit ou qui on n'interdit pas. J'y suis favorable, mais aujourd'hui… – Impossible à appliquer. – Ça me paraît difficile, sauf si vous assumez ce choix-là et que vous y mettez les moyens. Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous parlez avec des pays qui, en sous-main, aident à cette islamisation, en quelque sorte, de nos rues, et ces pays-là, malheureusement, tiennent le haut du pavé, aujourd'hui, dans notre République, avec l'argent notamment, et l'argent des pétrodollars, pour ne citer qu'eux.
– Vous rejoignez dans vos propos ceux de Robert Ménard, mais vous êtes en colère contre Robert Ménard ?
– Je ne suis pas en colère, mais ils disent souvent… – Vous êtes voisin ? Vous êtes voisin ? Vous vous aimez bien en même temps ? Vous vous aimez moins bien maintenant ? – Mais ce n'est pas ça, mais ils disent beaucoup de choses intéressantes et beaucoup de n'importe quoi. – C'est-à-dire ? – Et ces attaques systématiques contre Marine, notamment, et contre nous, m'ont toujours laissé, j'allais dire, dubitatif.
– Mais quelle attaque ?
– Alors par exemple, quand il attaque le programme économique, je ne savais pas que Robert Ménard était un professeur agrégé d'économie et qu'il connaissait, lui, l'économie par cœur. Mais il fait le procès du programme économique du Rassemblement national. Qu'est-ce qu'il en sait du programme économique du Rassemblement national ? Ça, je ne peux pas vous dire, parce que je ne sais même pas s'il l'a lu. Voilà ce que je lui reproche. Après, c'est un esprit libre, il dit ce qu'il pense, il soutient, c'est un fort soutien d'Israël, de l'Ukraine, etc. C'est tout à son honneur, mais pour le reste, voilà, je fais la part des choses, mais c'est un ami, oui, un ami turbulent. – Vous êtes fâché ?
– Je ne suis pas fâché, mais je ne veux pas me fâcher avec lui. On a une histoire, on ne veut pas dire commune, mais pas loin, on vient des mêmes milieux, on a vécu, il est un peu plus âgé que moi, mais je veux dire, voilà. – Et vous êtes voisins ? On est fils de pieds noirs tous les deux, dans des engagements pro-Algérie française, etc.
– Bien, les Comores, vous revenez des Comores, un recensement va être lancé avec l'INSEE et les maires, dit Manuel Valls, c'est indispensable ?
– Alors, c'est indispensable, mais je ne sais pas comment ça va se faire, si on ne le croise pas avec la consommation d'un certain nombre de denrées alimentaires. parce qu'aller recenser les bidonvilles qu'il y a autour de Mamoudzou, par exemple, à Mayotte, ça me paraît totalement impossible.
– J'ai dit les Comores, c'est Mayotte, évidemment.
– Oui, il ne faut pas le dire, parce que les Comores ont revendiqué que leur cheveur est noté. – J'ai dit les Comores, non ? – Oui, vous avez dit les Comores, Mayotte, oui. – Et tous les jours, vous avez des bateaux, les fameux Kwasa, qui arrivent, qui arrivent, qui arrivent, et qui rajoutent de la difficulté à la difficulté. Les Mahorais n'en veulent plus. Les Mahorais deviennent de plus en plus agacés, de plus en plus en colère. Si M. Bayrou et M. Valls ne prennent pas la mesure de ce qui se passe, ça finira mal.
– Quelles mesures faut-il prendre, là, dans l'immédiat, pour justement que ça ne finisse pas mal ?
– Un, des patrouilleurs pour contrôler la frontière maritime. Deux, des reconduites massives à la frontière. Trois, contraindre le président des Comores à arrêter son sketch, parce qu'il s'agit d'une agression de la France.
– Oui.
– Il pousse à l'immigration. Il pousse à l'immigration pour occuper le terrain de Mayotte, et une fois qu'ils seront les plus nombreux par rapport à la population française, ils prendront petit à petit le contrôle par l'anarchie qui y règnera. Donc c'est un acte d'agression de la France. Et il faut que le gouvernement prenne.
Et ensuite, fin du droit du sol, évidemment, moratoire sur les titres de séjour, ça s'en paraît évident, et puis un problème d'école, parce que quand vous avez des écoles calibrées pour 300 000 personnes, et qu'en fait sur le territoire vous avez sûrement plus de 500 000 personnes, et bien ça veut dire qu'il n'y a ni rentrée scolaire, ni éducation, et beaucoup de choses en préparation qui nourrissent, à mon avis, des inquiétudes justifiées de la part des autorités maoraises.
– Vous êtes d'une famille de pieds noirs. L'Algérie se déshonore en retenant en prison Boalem Sansal ?
– Totalement. D'abord, elle se déshonore, parce qu'elle retient un écrivain. On sait très bien qu'un écrivain porte la parole qu'il veut, parce que c'est un esprit libre, je connais justement M.
Sansal, qui est vraiment quelqu'un de généreux, de placide, c'est un homme de paix qui dit les choses quand il n'est pas d'accord, mais qui dit les choses aussi quand il est d'accord, et je pense que l'Algérie s'honorerait de le libérer immédiatement, parce qu'en fait c'est l'image de l'Algérie qui est abîmée, il ne faut pas se faire d'illusions, le gouvernement algérien est totalement isolé du reste, on va dire, je ne veux pas dire de la planète, parce que ce n'est pas vrai, mais de beaucoup de choses, en raison, il faut bien le dire, de son agressivité permanente à l'égard de la France, et je pense que là aussi, on aurait des mesures à prendre qu'on ne prend pas.
– Louis Alliot, le 14 janvier, François Bayrou prononcera son discours de politique générale, est-ce que le RN déposera une motion de censure après ? – Écoutez, je ne crois pas. – Non, mais… – Et est-ce que vous voterez la motion de censure, le texte de LFI, parce qu'LFI déposera une motion de censure ?
– Écoutez, tout va dépendre de ce qu'il y a dans le texte, de quel texte on parle d'abord, si c'est le texte de loi de finances ?
– Non, là ce sera après la déclaration de politique générale.
– Non, de toute façon, on a dit qu'on ne voterait aucune censure a priori, et qu'on attendra les négociations sur le budget notamment, et sur Mayotte, parce que Marine l'a rappelé à l'antenne de Mayotte 1ère à…
– Vous pourriez déposer, enfin le RN pourrait déposer une motion de censure sur un texte concernant Mayotte ?
– Oui, c'est un département français, ce sont des Français à part entière, si le gouvernement ne prend pas les moyens et la mesure de ce qui s'y passe, effectivement, je pense que Marine pourrait éventuellement voter une censure sur ce projet de loi.
– Sur ce projet de loi. Vous demandez la démission, le départ d'Emmanuel Macron, parce qu'il y a une certaine ambiguïté dans les propos de Marine Le Pen. Jean-Luc Mélenchon est clair, il veut absolument le départ immédiat d'Emmanuel Macron. Et vous ?
– Le demander, ça ne sert à rien, il ne partira pas. – Est-ce que vous le souhaitez, ce départ ? – Je pense que pour déverrouiller aujourd'hui la situation politique, ce serait la meilleure solution qu'il y aurait par le haut. Mais ce n'est que ce que je pense par rapport aux institutions.
– Vous demandez donc une présidentielle anticipée.
– Mais ce n'est pas ça, c'est qu'on imagine mal le général de Gaulle dans cette situation. Vous savez, moi je crois que je vous l'avais dit déjà, j'ai fait ma thèse de droit public.
– Le général de Gaulle, que vous n'approuviez pas lorsqu'il a… – Bah oui, bah oui, pardon, lorsqu'il a parlé de l'indépendance de l'Algérie, pardon. – Mais écoutez, la moitié des cadres… – 1958, bah oui.
– La moitié des cadres qu'ont défendu l'Algérie française étaient souvent des résistants de 40. Vous voyez bien qu'on pouvait être gaulliste de 40 et anti-gaulliste dans l'affaire algérienne.
– Et aujourd'hui vous êtes redevenu gaulliste.
– J'ai dit que j'étais gaullien. J'ai fait ma thèse de droit public sur les institutions. – D'accord. – Et je pense que le général de Gaulle, c'était très clair, Jean Foyer d'ailleurs, qui était président de mon jury de thèse, le disait souvent, un président qui n'a plus la confiance du peuple et qui n'a pas la majorité à l'Assemblée, doit démissionner. C'était l'esprit des institutions, voilà. – C'est ce qui doit être appliqué. – Je ne suis pas à sa place. – Bon. – Mais c'est ce qu'il devrait faire selon vous. – M. Bourdin, pour reprendre la formule, l'histoire le jugera.
– La formule de l'Élysée. – J'ai une dernière question. Est-ce que Marine Le Pen se rendra à Washington le 20 janvier à la cérémonie d'investiture de Donald Trump ?
– À ce jour, non. – Mais voilà. – À ce jour, non, pourquoi ? Elle n'a pas été invitée ? – Non, pour l'instant, non. Mais vous savez, ça peut venir. – Vous irez ? – On travaille sur une délégation qui pourrait se rendre à Washington. – Que vous pourriez conduire. – Je n'irai pas jusque-là, mais j'en ferai partie, oui.
– Vous en ferez partie. Marine Le Pen, vous dites non pour l'instant.
– Si c'est une invitation officielle du camp présidentiel, elle devra, je pense, y répondre favorablement. Après, vous savez, l'invitation à cette investiture, elle peut venir du Parti républicain, elle peut venir d'un certain nombre d'autres milieux. Donc on… – Pour l'instant, non. – On vous tiendra au courant.
– Et pour l'instant, non.
– Pour l'instant, non. – Merci, Louis Elio, d'être venu nous voir.
Louis Aliot