«VOTEZ, DÉGAGEZ-LES TOUS» - MÉLENCHON CHEZ BOURDIN DIRECT
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 63 %Attaque 28 %Défensif 9 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:35OuverteRéponse directe
Mais pourquoi ce livre ? Et pourquoi ce titre, De la vertu ?
- 2:18OuverteRéponse partielle
Est-ce que cette campagne électorale est une faillite morale ?
- 5:19OuverteÉludée
Dans quel état d'esprit vous allez aborder le débat lundi soir ?
- 5:47OuverteRéponse directe
Arnaud Montebourg vous a demandé de retirer votre candidature. Que lui répondez-vous ?
- 7:36RelanceRéponse directe
Certains disent que vous pourriez porter la responsabilité d'un échec de la gauche. Que répondez-vous ?
- 8:54OuverteRéponse directe
Manuel Valls, ni Macron, ni Hamon. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:01Invité politiqueFait
« Vous prenez l'exemple de l'interruption volontaire de grossesse. Vous avez des gens qui pensent que c'est immoral. Leur religion leur interdit. Bon, ils ont le droit. »
- 3:50Invité politiqueFait
« les tensions sociales, le chômage de masse, la misère, se développent sur tout le vieux continent, et que l'extrême droite perce partout. »
- 4:58Invité politiqueFait
« Il va détruire l'État, cet homme, en supprimant encore des fonctionnaires partout, et ainsi de suite. »
- 6:44Invité politiqueFait
« Imaginez-vous que 40 jours avant le premier tour de l'élection, tout d'un coup je vienne et je vous apprends, M. Bourdin, ça y est, c'est fini. »
- 8:26Invité politiqueFait
« C'est parce qu'il y a eu un quinquennat abominable. »
- 11:50Invité politiqueFait
« Rien ne marche. Alors que nous sommes le premier producteur du monde, la première économie du monde, c'est chez nous que le chômage fait les plus grands désastres. »
- 12:28Invité politiqueFait
« des délocalisations à domicile en faisant venir des travailleurs détachés d'entreprises qui ne payent pas leur cotisation sociale au même niveau que nous. »
- 17:57Invité politiquePromesse
« si je suis élu président de la République, il n'y aura plus un travailleur détaché qui mettra les pieds en France. »
- 19:50Invité politiquePromesse
« Il n'y aura plus un seul travailleur détaché dans ce pays une fois que je serai élu parce que cette pratique absolument déloyale fiche la pagaille dans les relations sociales en France. »
- 21:12Invité politiquePromesse
« je suis pour qu'on lui donne des papiers. Je suis pour qu'il sorte du régime de la peur et je suis pour que, quand il en est libéré de cette peur, eh bien, il puisse lui aussi réclamer ses droits lorsque ses droits sont niés. »
- 25:25Invité politiqueChiffre
« le reste à payer pour les Français, c'est 16 milliards. »
- 25:40Invité politiqueChiffre
« La baisse du prix du médicament, il y en a pour 3 milliards. L'interdiction des dépassements d'honoraires, il y en a pour 8 milliards. »
- 27:04Invité politiqueFait
« Donc, d'après les calculs de mes amis qui sont des spécialistes de ces questions, des inspecteurs des affaires sociales et tout ça, on retombe sur nos pattes et on arrive à le faire. »
- 27:10Invité politiqueFait
« Je propose non pas de supprimer, comme le disent sautement un certain nombre de gens qui m'en accusent, le statut social d'Alsace-Moselle. »
- 27:14Invité politiquePromesse
« Au contraire, je propose de l'étendre à tout le pays. »
- 27:33Invité politiquePromesse
« Oui, oui. J'ai trouvé là aussi comment le financer. »
- 28:14Invité politiqueFait
« Alors, déjà, commençons par dire le plus difficile à entendre, parce que les gens ont perdu l'habitude du plein emploi. »
- 28:56Invité politiqueChiffre
« Si vous mettez les salaires des femmes au niveau du salaire des hommes, le surcroît de cotisation sociale que ça rapporte permet de payer la retraite à 60 ans pour 40 annuités. »
- 29:12Invité politiqueFait
« Et avec une hypocrisie totale, les gouvernements du PS ont écrit à la commission « Écoutez, on n'a pas changé l'âge de la retraite, mais comme on a augmenté le nombre d'années de cotisation... » »
- 31:27Invité politiqueChiffre
« Je prends 100 milliards. Je n'ai pas besoin de plus. Ce n'est pas beaucoup, quand même, 100 milliards. »
- 31:35Invité politiqueChiffre
« C'est à peine plus qu'un mois de versement de la Banque Centrale Européenne aux banques privées de toute l'Europe. »
- 32:20Invité politiqueChiffre
« Ça fait 30 ans que cette comédie dure et tout ce qu'on a au coin de la porte, c'est 9 millions de pauvres, 3,8 millions de chômeurs absolus et 6 millions et des brevettes de gens qui ne travaillent pas tous les mois. »
- 36:02Invité politiqueFait
« vous partirez à 62 ans grâce à M. Sarkozy, donc à l'UMP, et si vous n'avez pas vos 43 annuités grâce à M. Hollande, vous partirez à 66. »
- 41:17Invité politiqueChiffre
« L'économie de la mer. Trois cent mille emplois. »
- 41:20Invité politiqueChiffre
« Le passage à l'agriculture bio de toute l'agriculture bio. Quatre cent mille emplois. »
- 44:36Invité politiqueChiffre
« Deuxiots, six mois, on passe au SMIC à 1 700 euros. »
- 44:58Invité politiqueChiffre
« Le SMIC net, 1 151 euros. »
- 49:29Invité politiqueFait
« Il n'y a aucun critère, on tire au sort. Simplement. Il faut être électeur, il faut être éligible, voilà. »
- 49:38Invité politiqueFait
« Dans mon système, le droit de vote commence à 16 ans, comme dans de nombreux autres pays. »
- 50:06Invité politiqueFait
« Pour les jurys d'assises, ce n'est pas une petite question. Quand vous jugez un criminel, on tire au sort les membres du jury. »
- 50:31Invité politiqueFait
« On ne serait pas obligé de la mettre à Paris de manière à ce que les gens puissent s'en saisir. »
- 50:51Invité politiqueFait
« J'espère qu'elle mette fin à la monarchie présidentielle. »
- 51:42Invité politiqueFait
« La liberté fondamentale de la personne. Ça, ça devra être inscrit dans la nouvelle constitution. »
- 52:36Invité politiqueFait
« Oui, et ça existe surtout dans deux États des États-Unis. Je me souviens. J'ai l'élu. »
- 52:56Invité politiqueFait
« Absolument. Il y a eu un référendum pour faire partir Chavez et donc il n'est pas parti parce qu'il a gagné le référendum. »
- 54:57Invité politiqueFait
« Le suffrage universel et direct, c'est le cœur de la démocratie, donc c'est lui qui a tout le pouvoir dans mon idée. »
- 55:13Invité politiqueFait
« J'en étends la base avec le fait que l'on fait voter à 16 ans, que le vote est obligatoire et que les votes blancs sont comptés. »
- 55:51Invité politiqueFait
« En permettant aux gens de s'exprimer, et en particulier, sans doute, en mettant de la proportionnelle dans les élections. »
- 57:22Invité politiquePromesse
« Moi, j'y suis absolument hostile et je l'abrogerai. »
- 57:35Invité politiqueFait
« Personne ne l'a voté. Il est passé à coup de 49-3. »
- 58:57Invité politiquePromesse
« Je serai le dernier président de la Ve République et la VIème République sera celle que le peuple aura voulu qu'elle soit. »
Temps de parole
- Jean-Luc Mélenchon80 %
- Présentateur18 %
≈ 3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Jean-Luc Mélenchon est notre invité ce matin. C'est une émission spéciale présidentielle. Jean-Luc Mélenchon, bonjour. Bonjour, M. Bourdin. Alors, émission spéciale présidentielle, c'est un peu différent. Il est 8h20, vous allez être avec moi jusqu'à 9h, et de 9h à 9h30, vous allez répondre aux téléspectatrices, aux téléspectateurs, aux auditrices et aux auditeurs. Tout va bien. FMTV, RMC, tout va bien ? De la vertu. Je présente votre nouveau livre, qui sort la semaine prochaine, semble-t-il. De la vertu, aux éditions de l'Observatoire. Mais pourquoi ce livre ? Et pourquoi ce titre, De la vertu ?
Les circonstances sont assez extraordinaires. J'avais idée d'écrire un livre sur la vertu. Oui. Et puis, les circonstances sont devenues celles que vous savez. Et on a accéléré, j'avais renoncé à l'idée. Et puis, finalement, on a fait un livre d'entretien avec une journaliste qui a une grande capacité à comprendre ma manière bizarroïde de parler et de penser. Donc, c'est un peu abstrait.
Vous êtes un peu bizarre, oui.
Non, non, j'ai... Non, parce que je fais de la philo et des lettres. Alors, voilà, j'ai la tête faite comme ça. Et donc, il faut trouver des interlocuteurs qui entrent dans ce scénario. Et voilà, donc, on a fait ce livre, De la vertu. L'idée, c'est qu'il y a une règle qui s'impose à nous. Mais ce n'est pas facile de dire laquelle, dans l'arène publique et peut-être dans notre vie personnelle. Parce qu'on ne peut pas parler de morale républicaine, de morale commune. Après tout, vous et moi, nous empruntons notre morale. Nous en avons une. Des sources très différentes. L'un peut être croyant, l'autre ne l'est pas. Et ainsi de suite.
Donc, la sphère publique, l'État, n'a pas à se mêler de la morale des individus. Mais la vertu, c'est une manière d'agir soi-même en permanence dans le sens de ce qui est bon pour tous. Voilà. Ce qui est bon pour tous doit être bon pour moi. Ce qui est bon pour tous, c'est moral. Évidemment. C'est la vertu. C'est la vertu. Bien. Mais est-ce que... Ce n'est pas forcément la morale. Écoutez-moi, juste un exemple. Vous prenez l'exemple de l'interruption volontaire de grossesse. Vous avez des gens qui pensent que c'est immoral. Leur religion leur interdit. Bon, ils ont le droit. Oui. Mais ils peuvent en même temps se dire il est vertueux d'en offrir la liberté.
Parce que c'est ce qui va permettre à chacun de prendre une décision libre. D'ailleurs. Dont une qui peut leur convenir.
Alors vous souhaitez que ça soit inscrit dans la Constitution. Voilà. D'ailleurs, on y reviendra tout à l'heure. On reviendra sur votre programme, évidemment. Bien. Mais, question, puisque nous parlons de morale. On oublie un peu la vertu. Est-ce que cette campagne électorale est une faillite morale ?
Il ne faut pas non plus être trop dur avec nous tous. notre peuple et chacun d'entre nous. Bon, il y a des gens qui... Mais vous, les candidats, le comportement des candidats, le... Mais vous voyez déjà, avant, il y avait la catégorie les politiques. Et maintenant, il y a la catégorie les candidats. Et comme M. Fillon était un candidat étrange, du coup, nous ne l'avons tous repas en étrange. Ce n'est pas juste. Oui. D'accord. Enfin, regardez, les costards. Ça va, quoi. Ma cravate... Vous n'avez pas d'amis ? Non, non. Personne ne me paye ça. Qu'est-ce que c'est ça ? Tiens, tu vois. Bon, je l'achète en bas de chez moi.
Oui, oui, mais je l'achète en bas de chez moi, une boutique qui est boulevard Magenta. C'est des soldes ? Non, quand ça tombe, hein. Quand ça tombe, hein, quand ça tombe, que c'est des soldes. Mais je n'ai pas le temps de m'occuper de ça non plus. Bon. Soyons politiques. Parlons politiques. Ça, c'est de la politique, ce qu'on vient de se dire, M. Bourdin. Parce qu'une ambiance pareille, ça tourne toujours mal dans ce pays. Vous voyez ? L'ambiance n'est pas bonne. La difficulté qu'il y a à parler, à confronter des projets, est réduite par ce feuilleton qui n'en finit pas. Tous les jours, il y a une nouveauté. Oui, ça, c'est un grand handicap.
Surtout qu'on est au pied du mur d'une série de décisions. Si vous voulez, si on avait devant nous 5 ans tranquilles, en disant, bon, après tout, tout ça est en train de s'arranger. Mais ce n'est pas le cas. D'abord, parce qu'il y a des bruits de guerre dans toute l'Europe, et on n'en parle pas assez en France et personne n'accepte d'en parler. Deuxièmement, parce que les tensions sociales, le chômage de masse, la misère, se développent sur tout le vieux continent, et que l'extrême droite perce partout. Donc, il y a un vrai risque. Et on devrait être en train de parler de ça. Après, naturellement, ça nous opposerait les uns aux autres.
Moi, je considère qu'il y a des apprentis sorciers, et des gens qui sont en train de préparer un programme pour mettre le feu à la suite. Alors, c'est Mme Lefebvre, ça va de soi. Elle, on a compris. C'est d'abord ma tribu. Alors, donc, tous les autres sont transformés en suspects. On a au contraire intérêt à ce que le pays se rassemble, resserre les rangs, et passe à y se diviser par religion, que sais-je encore. Mais les autres sont tout aussi dangereux. Ceux qui se réclament des traités européens, de Mme Merkel. Hier, vous avez un candidat qui est allé se faire adouer. Emmanuel Barlin, bon, oui, voilà. Ça, c'est terrible, parce que la France, là-dedans, elle disparaît.
Donc, voilà, on devrait être en train de parler de tout ça, et de dévision du monde. Et on ne le fait pas. M. Fillon n'est pas condamnable seulement pour ces histoires de costumes, auxquelles, personnellement, je ne comprends rien, et le reste. Mais il est surtout condamnable pour l'incroyable programme qu'il a de désossage de l'État. Il va détruire l'État, cet homme, en supprimant encore des fonctionnaires partout, et ainsi de suite. Donc, ça, c'est des vraies visions du monde différentes qui se posent.
C'est l'attitude que vous aurez lundi soir, lors du débat, le premier débat. Vous allez être offensif, vous allez choisir uniquement de défendre vos idées, de défendre votre point de vue, ou vous allez... D'abord, je ne vais pas vous dire... D'abord, dans quel état d'esprit vous allez l'aborder ?
Je ne vais pas vous dire ce que je ferai, je n'appelle pas ça un débat. C'est une rigolade d'appeler ça un débat. On a une minute et demie par thème, et il y en a 15. Alors, vous appelez ça un débat, je ne sais pas chez qui, peut-être chez les oiseaux. Ils débattent avec des petits cris, mais les gens comme nous, on a besoin de développer un argument. Mais on va essayer, on va essayer de présenter les visions du monde, bien fait.
Je vais évacuer la politique politicienne, mais tout de même, il y a une actualité. Arnaud Montebourg était hier chez nos confrères de France Inter. Il vous a demandé de retirer votre candidature. Voilà ce qu'il a dit. Pour nous permettre d'être au deuxième tour, nous en avons besoin, Jean-Luc Mélenchon. Nous sommes devant le mur de l'histoire. Et il ajoute à votre adresse, votre intelligence, votre grande culture,
votre vision de la société française, vous êtes le nôtre de...
...devrait nous permettre de... ...devrait-vous permettre de prendre cette décision. Que lui répondez-vous ?
Le flatteur vit au dépend de celui qui l'écoute. Si j'avais la sottise de croire à de tels arguments, je ne serais pas digne de ce que je suis en train de faire. Je n'éprouve pas le besoin de répondre systématiquement à tous les socialistes qui me font la danse du ventre traditionnelle, qui consiste à dire, c'est nous qui sommes légitimement ceux qui doivent représenter. Je vous demande de bien réfléchir à ça. Il y a des gens qui n'acceptent plus la tambouille et les combines. Imaginez-vous que 40 jours avant le premier tour de l'élection, tout d'un coup je vienne et je vous apprends, M. Bourdin, ça y est, c'est fini. Tout ce que j'ai raconté depuis 5 ans, ça n'existe plus.
Le programme que j'ai préparé pendant 8 mois, n'en parlons plus. Nous nous sautons au cou l'un de l'autre. Ce serait absurde. Et la seule chose que ça ferait, c'est créer des milliers, peut-être des millions d'abstentionnistes de plus. Nous n'en sommes plus à cette période très datée, à laquelle rêve M. Montebourg, où il suffisait un socialiste d'apparaître tant que tout le monde les acclame aussitôt. Si je les ai quittés, ce n'est pas pour rien. C'est parce que bien avant eux, j'ai compris le divorce qu'ils avaient créé avec le peuple français, que ce soit sur les questions européennes ou sur les questions sociales, et ça continue. Voilà pourquoi je pense que M. Montebourg se trompe.
Et en plus, l'argument qu'ils donnent, c'est un argument de sondage. Alors bon, pourquoi pas l'avis d'une grenouille dans un local ?
Je voudrais que certains disent que vous pourriez porter la responsabilité d'un échec de la gauche, de la non-présence de la gauche. Laisser François Fillon face à Marine Le Pen ou Emmanuel Macron face à Marine Le Pen, ce serait votre responsabilité.
Je crois que ce serait une attaque très injuste. Oui. Parce que... Injuste, je ne sais pas, mais... Ben moi, je vous le dis. Parce que, d'abord, réfléchissons à la situation entièrement nouvelle que nous connaissons. Bien sûr, elle est nouvelle. Qu'est-ce qui est nouveau ? Le Parti Socialiste a perdu la moitié de ses voix. Le point de départ de la difficulté, c'est celui-là. Parce que, dites-moi voir, Georges Marché était candidat, et François Mitterrand était candidat. Et ça n'a pas empêché François Mitterrand de gagner. J'étais candidat en 2012, et François Hollande était candidat. Ça ne l'a pas empêché de gagner.
Donc, le seul problème que nous avons, c'est la raison pour laquelle ce parti a perdu la moitié de ses voix. Et pourquoi ? C'est parce qu'il y a eu un quinquennat abominable. Et enfin, maintenant, quand vous me dites, la responsabilité de quoi ? De faire perdre qui ? Vous parlez de la gauche, mais qu'est-ce que c'est ? François Hollande ? Manuel Valls ? M. Hamon ? M. Montbourg ? C'est quoi ? Ces gens-là se sont autoproclamés gauche, et ils ont rendu la marque tellement incertaine que c'est devenu un repoussoir. Donc, moi, je ne parle pas de la gauche. Je parle revendication, je parle programme politique, je parle peuple, mais je ne me mêle plus de ces étiquettes, parce qu'elles sont...
Elles créent la confusion.
Manuel Valls, je suis à trancher,
ni Macron, ni Hamon. Qu'est-ce que vous en pensez ? C'est quand même inouï. Mais M. Bourdin, vous m'avez interrogé ici même, pendant toute cette période des primaires, où sans cesse, on venait me dire, mais allez-y, vous allez la gagner. Ah, il fait beau gagner des primaires avec ces gens-là. Une fois que la primaire est terminée, ceux qui ne sont pas contents, ne votent pas pour celui qui a été désigné par les électeurs de la primaire. N'est-ce pas exactement ce que je vous avais dit ? Mais moi, je suis loyal. Moi, je suis honnête. J'avais dit... C'est malhonnête intellectuellement ? Ah ben totalement ! Mais c'est dans sectarisme épouvantable, ce que fait M. Valls. Parce que que M.
Valls n'aime pas M. Hamon, ou qu'il décide qu'il condamne le programme de M. Hamon, admettons. Mais de là à lui refuser son parrainage, le parrainage, ce n'est pas un soutien, c'est donner la possibilité à quelqu'un d'être candidat. Ça veut dire que, par son comportement, il voudrait que l'autre ne soit pas candidat. C'est signé Furax. Tout ça est transparent, comme de l'eau de roche. M. Hamon est là, il occupe une position, et pendant ce temps-là, M. Cambadélis, Valls et compagnie sont en train de préparer ce qu'ils espèrent de tout leur cœur, que M. Macron soit au deuxième tour et qu'il puisse participer à sa majorité parlementaire. Il va leur arriver quelque chose d'imprévu, moi.
Si vous n'êtes pas au second tour, est-ce que vous irez voter ? Je ne vous demande pas pour qui, je vous demande si vous irez voter. Je vote en toute hypothèse.
Vous irez voter, quoi qu'il arrive.
J'irai voter en toute hypothèse, car c'est le devoir d'un citoyen. J'ajoute que, dans mon système, dans l'idée que je me fais, le vote est obligatoire, et le vote blanc sera comptabilisé. Car je crois que la dignité civique ne doit jamais être abdiquée. Fût-ce pour aller mettre un bulletin blanc, ou un bulletin sur lequel on écrit ce que l'on veut, vous savez que, dans ce cas-là, il y a obligation pour le président du bureau de vote de lire ce qui est écrit sur le bulletin. Voilà. Mais le devoir civique, on ne doit jamais y renoncer. Et d'ailleurs, avec mon système, on votera fort jeune, puisque, à 16 ans, on aura le pouvoir de vote.
Je voudrais rappeler à ceux qui m'écoutent que c'est le vote à 16 ans qui a permis à l'Autriche de ne pas sombrer dans l'extrême droite.
Bien, Jean-Luc Mélenchon, parlons de l'Europe. Je voudrais commencer avec l'Europe, parce que... Vous avez raison. ...n'en parle pas suffisamment, me semble-t-il, même si l'Europe, le sujet, semble s'imposer enfin dans cette campagne. L'Europe... Vous, vous proposez quelle Europe ? Vous dites, il faut établir un rapport de force avec l'Allemagne.
Vous avez dit cela. Le gouvernement allemand actuel, bien sûr. Le gouvernement allemand actuel. L'Allemagne, en général, ça ne veut rien dire. Oui, oui, oui.
Non, non, c'est compris. On la change ou on la quitte, l'Europe. C'est ce que vous avez dit aussi. Oui. Alors, vous arrivez au pouvoir. Que faites-vous ? Vous essayez de négocier de nouveaux traités.
C'est cela. Oui, alors, commençons par dire, mettons de côté des préjugés qu'on peut avoir les uns les autres. D'abord, il y a un constat à faire, ça ne marche pas, leur truc. Donc, ça ne marche pas. Si ça marchait, vous auriez réglé mon sort en deux secondes, M. Bourdin. Vous me diriez, mais M. Mélenchon, qu'est-ce que vous racontez ? Nous nageons dans la joie et le bonheur. C'est le plein emploi. C'est la paix. Bon, vous ne pouvez rien me dire de tout ça. C'est tout le contraire. Rien ne marche. Alors que nous sommes le premier producteur du monde, la première économie du monde, c'est chez nous que le chômage fait les plus grands désastres.
Et il y a un mécanisme qui a été inventé, qui est absurde, qui a été inventé par des technocrates qui veulent séparer la politique de l'économie. Non, mais attendez, regardez bien une chose. Comment on en est arrivé là ? On fait l'Europe pour faire la paix et on se retrouve en train de discuter de l'Europe de la défense et de la guerre.
On fait l'Europe pour le progrès social et on se retrouve à avoir des articles du traité qui interdisent l'harmonisation sociale et qui fait qu'on en ait à inventer des délocalisations non seulement d'entreprises, une sur deux se fait à l'intérieur de l'Europe, mais pire que tout, des délocalisations à domicile en faisant venir des travailleurs détachés d'entreprises qui ne payent pas leur cotisation sociale au même niveau que nous. Non, mais c'est pour vous dire ça, c'est un constat terrible, non ? Alors, vous arrivez au pouvoir, d'accord, c'est le constat. Qu'est-ce que vous faites ? Vous négociez de nouveaux traités ?
Évidemment, on commence d'abord par une attitude qui doit être l'attitude la plus ouverte, la plus dialogante. Bon, j'appelle ça le plan A. Mais dans le plan A, on commence à désobéir. Écoutez, moi, je ne veux plus accepter que des entreprises délocalisent comme ça. Je ne veux plus accepter que des marchandises rentrent dans mon pays qui sont des marchandises pleines de sang des travailleurs qui ont été surexploités ou de la nature qui a été saccagée.
Vous imposez vos vues au reste de l'Europe. Si pas d'accord, vous faites quoi ? Alors, mais attendez... S'il y a un accord, vous organisez un référendum.
En toute hypothèse, M. Boulard, en toute hypothèse, quoi qu'il arrive, ce qui sera convenu ou mis sur la table avec nos partenaires sera soumis à l'approbation du peuple français. C'est pas moi tout seul qui, dans mon bureau, vais décider...
Un référendum dans les six mois...
Oui, mais je voudrais quand même vous dire une chose pour que vous compreniez bien. Parce que les Français, ma formule même, on la change ou on la quitte, c'est pas une formule, comment dire, de propagande pour les Français. C'est une formule qui est destinée, avant même que je sois élu, à être entendu par mes partenaires. Je veux qu'ils sachent que je ne suis pas Alexis Chypras. Il y a zéro chance d'arriver à me faire céder en me faisant peur parce qu'on ne peut pas me faire peur et parce que la France est assez puissante pour être entendue. Mon attitude est donc une attitude de dissuasion, mais en même temps, c'est une attitude de dialogue. Pourquoi ? Parce que, M.
Bourdin, le bilan terrible qu'il faut faire sur cette affaire d'Europe, c'est que personne n'a jamais tenu tête à Mme Merkel, dirigeante de l'Allemagne, dirigeante de droite de l'Allemagne. Pourquoi je vous dis ça ? Parce que le référendum de 2005, le peuple français vote non, et le président de la République, Nicolas Sarkozy, a été dire, oui, mais finalement, c'est oui. Et on a eu le traité de Lisbonne. M. Hollande, lui, a dit je vais renégocier les traités et n'a rien à renégocier. Donc, cette femme, voilà deux présidents de la République française qu'elle voit et qui arrivent en disant le contraire de ce que disent les Français. Pourquoi voulez-vous qu'elle pense à notre place ?
Elle se dise, ben s'il trouve ça très bien, ben moi aussi, ça tombe bien. Donc, pour la première fois, elle va avoir en face d'elle quelqu'un qui va lui dire de manière rationnelle et pas vindicative. Madame, nous ne pouvons pas continuer comme ça parce que nous sommes un peuple chien. Donc, nous changeons ou nous partons ? Nous avons besoin d'équipements publics. Mais oui, parce que c'est la seule manière
d'avoir une discussion. Bon, vous négociez les nouveaux traités. Mais vous savez, on ne partira pas seuls. Alors, s'il n'y a pas d'accord, eh bien vous dénoncez unilatéralement tous les traités. Oui, bien sûr. Oui, bien sûr. Et attendez, M. Bourdin. Vous sortez de l'OTAN parallèlement ?
Oui. Alors, prenons, attendez, parce que l'OTAN, c'est un autre sujet. Oui, non, mais d'accord. Mais restons sur celui-ci parce qu'il a une très grande importance. Il faut que vous compreniez que nous sommes la France. Je sais qu'on a perdu l'habitude de réfléchir en termes de puissance. On fait comme si tout ça était une cour de gentils garçons qui vont dans les mêmes écoles et parlent la même langue. Ce n'est pas vrai. Nous sommes la France. Une grande puissance. Si nous, les Français, nous disons ça ne peut pas continuer comme ça, écoutez-moi bien, M. Bourdin, ça ne continuera pas comme ça parce qu'on ne peut pas faire l'Europe sans la France. Tout le monde le sait.
Et donc, on est obligé d'écouter le message de la France. Est-ce un message déraisonnable que de dire établissez l'harmonisation sociale, établissez l'harmonisation fiscale et vous rétablirez la paix à l'intérieur des nations et entre elles. Deuxièmement, une fois que vous avez fait ça, renoncez à laisser les frontières de l'Europe complètement ouvertes et pratiquer un protectionnisme solidaire, c'est-à-dire négocier de part à part avec chacune des grandes puissances du monde. Voilà comment il faut faire. Est-ce que ce que je dis paraît fou, déraisonnable ? Non, c'est le contraire. C'est ma position qui est raisonnable.
Ce qui est déraisonnable, c'est de continuer comme on est en train de le faire.
Bien, Jean-Luc Mélenchon, prenons l'exemple des travailleurs détachés, les travailleurs détachés qui voleraient le pain des travailleurs qui se trouvent sur place. C'est ce que vous avez dit, quand même. Alors, M. Bourdin,
oui, bien sûr, avec une patience inépuisable, je continuerai à répéter que, en effet, j'ai dit, et j'aurais dû faire pour tenir compte. Parce que vous savez, en une seconde, la vie d'un homme, son engagement, tout ça est défait par 3-4 ans. J'aurais dû... Écoutez, M. Bourdin, je recommence. Regardez bien. Regardez-moi. Oui, mais je vous regarde. Les travailleurs détachés qui, regardez les doigts, volent le pain des... Qu'est-ce que ça signifie ? Entre guillemets. Je n'aurais jamais dû parler comme ça, parce que la guillemets est une nuance, même orale, qui échappe aux gauchistes moyens et aux journalistes ordinaires. Ah bon ?
Ben oui, parce que ça fait maintenant 6 mois que sur ce sujet, à chaque interlude... Non, mais, à chaque interlude... Ben oui, non, mais... Bien sûr. On vous voit droit.
Merci de vous considérer comme un jour d'extérieur, mais peu importe, je m'en moque. Êtes-vous d'accord ? Mais M. Bourdin, c'est vous qui avez choisi de reprendre cette question. Vous étiez sur un plat. Parce que vous l'avez dit.
Parce que vous avez été sur des plateaux en même temps que moi. Donc vous m'avez déjà vu. Vous êtes un des rares qui suit ce qui se passe. Donc vous n'occupez pas que de votre couloir. Vous savez que c'est la dixième fois que l'on vient sur ce sujet.
Je vous ai même interrogé là-dessus. Mais ça ne me gêne pas de continuer. Mais moi, c'est un plaisir. Toujours recommencer,
mais maintenant, je vais vous dire ce que je voulais dire
et ce que j'ai très bien dit. Bon, alors... Pourquoi ne passe-t-on pas ? Est-ce que vous êtes... Alors, soyons concrets. Laurent Wauquiez, d'autres présidents de région, Valérie Pécresse et tout... Non, mais attendez, Baudin, là. Qu'est-ce que c'est cette histoire ?
Vous me posez une question. Sur ce que j'ai dit, si je suis élu président de la République, il n'y aura plus un travailleur détaché qui mettra les pieds en France. Parce que c'est de la concurrence déloyale.
Non, mais c'est quoi,
un travailleur détaché ? C'est un travailleur qui a un statut... Ah, mais je vous préviens, ça va chauffer. C'est un travailleur qui a un statut avec une entreprise qui paie, qui l'embauche et qui le met à disposition sur tel ou tel chantier. Alors maintenant, une fois que ce travailleur arrive, il ne paye pas, dans le pays d'origine, où est rattaché le siège de sa société, les cotisations sociales au même niveau qu'en France. Si bien que quand il arrive, il coûte moins cher. Et par conséquent, le patron déloyal qui l'embauche, il fait pression non seulement sur les travailleurs de sa boîte, mais sur l'entreprise d'à côté.
Parce que le patron honnête et qui essaye de travailler sérieusement, lui, s'il n'embauche pas de travailleurs détachés dont les cotisations sociales sont moins chères, il se trouve que sa production coûte plus cher. Donc, c'est de la concurrence déloyale. J'ajoute que, est-ce que vous savez que sur les travailleurs détachés, il y a un nombre croissant de travailleurs français embauchés par des boîtes de Luxembourg, qui est le paradis fiscal de l'Europe, et ils sont embauchés, ils travaillent comme les autres, ils font le même boulot, mais ils payent moins de cotisation.
Et ils travaillent en France pour des entreprises françaises. Ah bah oui ! Non, mais c'est autre chose, ça. Bah oui, mais... Mais ils ont un permis de séjour, ça n'a rien à voir. On est bien d'accord. Le code du travail... La carte d'identité, par exemple, sur les chantiers, vous trouvez que c'est une bonne idée ? Que quoi ? Bah vous savez ce que c'est. Ah, on va parler des chantiers ? Ah non, mais la carte d'identité. Vous savez que pour travailler sur les chantiers, il va falloir avoir une carte d'identité professionnelle, vous le savez ? Non, je ne le savais pas. Vous voyez, on l'apprenait. Ah, mais ça a été voté par le gouvernement. Pour l'instant, c'est pas encore compliqué.
Ah, mais ça a existé en Union soviétique autrefois. Donc je pense que c'est là qu'ils ont pris le modèle. Oui, oui, on ne peut pas... C'est une bonne idée,
mais c'est une bonne idée, non ?
Je sous-bénéfice d'inventaire, M. Bourdin. Je n'aime pas réagir... Je ne savais pas, vous me prenez en défaut, mais je ne vais pas faire... Non, mais je ne vais pas faire une deuxième erreur qui serait d'avoir un jugement à l'emporte-pied. Donc distinguons bien. Ma réponse sur les travailleurs détachés, je veux que tout le monde l'entende. Il n'y aura plus un seul travailleur détaché dans ce pays une fois que je serai élu parce que cette pratique absolument déloyale fiche la pagaille dans les relations sociales en France. Et je ne suis pas d'accord pour que les conquêtes sociales...
Et l'imposition de la langue française sur les chantiers, ce que veut Laurent Wauquiez, ce que veut Valérie Chacrest...
Déjà, écoutez, c'est des hypocrites absolus, ces gens-là. Parce que cette obligation existe déjà, ne serait-ce que pour des questions de sécurité. Mais pour autant, qu'est-ce que ça veut dire de montrer du doigt ? Eh bien, mesdames et messieurs de la droite, d'abord, premièrement, vous avez voté la directive travailleurs détachés. Donc ne venez pas faire les malins derrière. Vous avez revoté au Parlement européen lorsque cette directive a été représentée. Et j'ajoute que si on doit faire respecter quelque chose sur les chantiers, c'est d'abord le code du travail. Et pour ça, il faudrait recréer des postes d'inspecteurs du travail alors que vous en avez détruit des milliers.
Donc tout ça, si vous voulez, c'est une espèce de clin d'œil malsain qu'ils font à la pire opinion. Sur un chantier, quelle que soit la couleur de ta peau, de ta religion, tu bosses. Et dans le travail, tu es solidaire. Parce que s'il y a un problème, eh bien, t'aides le copain qui est à côté. Que tu parles français ou pas ? Eh bien, écoutez, de toute façon, sans parler français, ce n'est pas toujours facile de travailler. Donc ces pauvres gens apprennent à parler français quand il le faut. Voilà. Alors, pendant que j'y suis, je voudrais préciser une chose. Alors, allez-y. Parce qu'on a parlé des travailleurs détachés, mais je voudrais parler des travailleurs sans papiers.
C'est-à-dire, le gars, la fille qui s'use de la peau au travail, il paye ses cotisations, il paye ses impôts locaux. Eh bien, moi, je suis pour qu'on lui donne des papiers. Je suis pour qu'il sorte du régime de la peur et je suis pour que, quand il en est libéré de cette peur, eh bien, il puisse lui aussi réclamer ses droits lorsque ses droits sont niés. Voilà. Je pense que...
Les régularisations
des travailleurs sans papiers.
Des travailleurs sans papiers.
Oui, parce que... De tous les travailleurs sans papiers. Eh bien, de tous ceux qui travaillent, qui ont un contrat de travail. Les employeurs seront, sous ma houlette, contraints d'aller les déclarer parce que...
Mais sans papiers, pour avoir un contrat de travail, c'est pas toujours évident, non ?
Eh bien, c'est pourtant ce qui se fait, cher monsieur. Oui. Et c'est bien un des problèmes. Et je pourrais vous présenter sur ce plateau des travailleurs... Vous demandez à la CGT sans papiers. Des travailleurs sans papiers font un travail remarquable et vous verriez arriver sur ce plateau des travailleurs qui, des fois, depuis 5-6 ans, ont un contrat de travail mais vivent dans la peur. C'est-à-dire qu'à tout moment, le gars, il peut être arrêté dans la rue, on le met dans un avion et c'est fini. Et sa famille, c'est pas où il est passé.
Donc, on les régularise.
Oui. Parce que je demande que les gens entendent. C'est pas bien d'exploiter les pauvres gens comme ça et de ne leur donner aucun droit. Voilà. Ça, c'est pas bien. Et je pense que, pour le coup, c'est la vertu de vouloir que tout le monde soit traité à égale dignité de l'heure qu'il partage la dignité du travail. J'ai votre programme, là,
sous les yeux, Jean-Luc Mélenchon. Ah, puis vous êtes redoutable parce que vous lisez tout, vous, alors... Non, mais je l'ai sous les yeux. Et là, le voilà, le voilà, il y a plusieurs pages, hein. Le programme de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle 2017. Le voilà. Alors, on dit un mot, quand même,
de sa préparation parce que ça a pris 8 mois. Ça s'est terminé à une convention. Il y avait eu 3 000 contributions, c'est-à-dire des milliers d'amendements. Il y a 357 mesures et elles ont été ensuite déclinées, M. Bourdin, vous le croyez, si vous voulez, en 40 livrets par des groupes de travail. Donc, c'est un objet extrêmement raffiné. Et je vous dis honnêtement, je ne suis pas capable de défendre les 40 livrets ligne à ligne.
Mais moi, je ne vais pas vous poser la question... Vous pourriez, essayons. Sur la page 18, sur la religion, par exemple. Sur la religion, sur ce que vous voulez. Le concordat d'Alsace-Moselle. Oui, on peut parler de ça. Eh bien, tiens. Tiens, je vais vous parler de l'Alsace-Moselle à l'occasion d'une question qui concerne la sécurité sociale intégrale. Parce que c'est l'un des aspects que j'ai retenus de votre programme.
Mais vous, au moins, vous avez compris qu'il y avait une différence. Oui. Le nombre de fois où je suis obligé d'expliquer que ce n'est pas pareil d'abroger le concordat et le droit social local. Rien à voir. Voilà. Merci, M. Bourgogneur. Rien à voir.
Alors, la sécurité sociale intégrale ou universelle. On choisira. Oui. Il faut savoir qu'en Alsace-Moselle, il y a un système un peu différent qui date d'avant 1918. Ce sont les Allemands, d'ailleurs. Les Allemands qui avaient imaginé le système social. Ce système social. En Alsace-Moselle, tous les soins médicaux sont couverts par la sécurité sociale. Il n'y a pas de mutuelle. Oui. C'est un système qui fonctionne. Mais c'est pourquoi je propose de l'étendre à toute la France. C'est un système que vous voulez étendre à toute la France. Voilà. Comment va-t-il fonctionner ?
Alors, commençons d'abord par dire que, en effet, il y a des particularités à l'Alsace-Moselle qui a été à plusieurs occasions occupée par les Allemands. Et, naturellement, le droit a changé. Donc, à chaque fois, on a maintenu un certain nombre de possibilités. dont celle-ci, le droit social local qui est remarquable parce que leurs caisses sont équilibrées. Naturellement, ils mettent leurs cotisations au niveau, il faut les mettre pour que ce soit équilibré.
Oui, les cotisations sont un peu plus chères que dans le reste de la France.
Voilà, aussi bien pour les patrons que pour les salariés. Mais la couverture est à 100%. Donc, vous n'avez pas en Alsace-Moselle le 30% de gens qui ne doivent pas soigner parce qu'il a peur de ne pas être remboursés car il y a surtout le reste du territoire national. Ce qui coûte, M. Bourdin, horriblement cher parce que les gens qui ne se soignent pas quand ça ne va pas, ils ne deviennent plus malades ou rendent malades les autres. Alors, on voit l'intérêt qu'il y a à avoir un bon système de santé. Alors, comment ça marche ?
Vous avez une sécurité sociale qu'on dit intégrale ou vous pouvez appeler l'universel, mais intégrale, ça veut dire que on met dedans les complémentaires qui aujourd'hui sont payés par les assurés parce que vous savez, la plupart prennent des complémentaires pour couvrir le reste à payer.
C'est obligatoire pour les salariés aujourd'hui. Voilà.
Alors, ça, ce n'est pas juste du tout parce que quand on a créé la sécurité sociale, on pensait tout mettre dedans et c'est progressivement qu'on a permis ces extensions. Donc, le reste à payer pour les Français, c'est 16 milliards. Voilà ce qu'il reste. Alors, une fois qu'on est sur ces 16 milliards, il faut trouver, on va dire, les recettes qui, en gros, permettent de compenser. J'en ai trouvé pour 20 milliards. Donc, il y a de la marge qui permet de couvrir. Qu'est-ce que ça vous donnerait ? Les recettes, alors, je vais vous en donner. La baisse du prix du médicament, il y en a pour 3 milliards. L'interdiction des dépassements d'honoraires, il y en a pour 8 milliards.
Comment pouvez-vous imposer l'interdiction
des dépassements d'honoraires ?
Eh bien, ça s'appelle... Dans le cabinet du médecin, comment faites-vous ? Et le médecin, par exemple, qui demande à son patient un complément d'honoraires de 50 ou 100 euros, qu'est-ce que vous faites ?
Eh bien, je crois que ça ne sera pas possible, vous voyez. Et surtout,
il va se passer autre chose. Qu'est-ce qui lui arrive à ce médecin ? Il est sanctionné ? Il est... On va trouver. Mais ce n'est plus possible. Il est quoi ? Il est radié ? Je ne sais pas, moi. Le Conseil de l'Ordre, on croit que le Conseil de l'Ordre va vous suivre ?
Le Conseil de l'Ordre, il sera aboli parce que c'est une organisation pétainiste. Mais le médecin, on va trouver. Les gens, écoutez-moi, on va trouver. Ce que je ne veux plus, c'est qu'on paye des compléments qui fassent que vous n'allez pas chez le médecin. Voilà. Ça, ça n'aura plus lieu. Vous comprenez ? Voilà. Alors après, l'imagination punitive et le reste, je le laisse à chacun. Je continue. J'ai dit la baisse du prix du médicament, les dépassements d'honoraires et puis après, il y a des choses qu'il faut savoir. C'est les niches fiscales pour que vous alliez dans les complémentaires. Il y en a pour 3 milliards et des brouettes.
Et puis ensuite, vous avez les économies qui ont été repérées qui portent sur la publicité que les mutuelles et les assurances doivent faire et aussi sur le doublon de gestion parce que tout est géré en double. Une fois à la sécu, une autre fois au complémentaire. Donc, d'après les calculs de mes amis qui sont des spécialistes de ces questions, des inspecteurs des affaires sociales et tout ça, on retombe sur nos pattes et on arrive à le faire. Puisque l'Alsace-Moselle arrive à le faire, je ne vois pas pourquoi le reste du pays n'y arriverait pas. Donc, je propose non pas de supprimer, comme le disent sautement un certain nombre de gens qui m'en accusent, le statut social d'Alsace-Moselle.
Au contraire, je propose de l'étendre à tout le pays. Alors, vous savez, ça fera beaucoup de bien à beaucoup de gens parmi ceux qui nous écoutent. Tous ceux qui arrivent à l'âge de la retraite. Alors, l'ancien, celui d'avant, c'est-à-dire 60 ans, ou celui de M. Hollande et M. Sarkozy, c'est-à-dire 62 ans.
Vous voulez revenir à 60 ans ?
Oui, oui. J'ai trouvé là aussi comment le financer.
Avec des régimes que vous transformez, que vous changez ?
Je ne sais pas. Non, mais il y a des régimes spéciaux. Oui, il y a des régimes spéciaux. Je ne suis pas pour les abolir, moi. Vous n'êtes pas pour les abolir ? Non, parce que ça, c'est facile. Vous savez, ils viennent sur les plateaux de télé et disent « Oui, c'est très compliqué, blablabla, dit M. Macron, qui s'en sert pour aussitôt. Vous refinez sa retraite à point. Personne n'a rien vu. » Et on se dit « Ah ben oui, c'est compliqué. » Ben, bonhomme, c'est compliqué, bien sûr que c'est compliqué. C'est l'histoire de France qui est compliquée. Les régimes spéciaux, ils viennent tous de négociations, de rapports de forts.
Des fois, on vous donnait un avantage ici parce qu'on ne vous le donnait pas ailleurs. Etc. Vous comprenez ce que je veux dire ?
Comment allez-vous faire pour maintenir une retraite, pour revenir à une retraite à 60 ans ?
Alors, déjà, commençons par dire le plus difficile à entendre, parce que les gens ont perdu l'habitude du plein emploi. Mais je vais vous dire, il n'y a pas longtemps, c'était le gouvernement, je pense, parce que ce n'est pas la nuit des temps, c'est 98. Et on avait créé, grâce à la diminution du temps de travail, ça a été la période de la plus fort niveau de création d'emploi de tout le siècle. Vous voyez ? Donc ça marche. Et à partir de là, les comptes étaient en ordre. Il faut que les gens se rappellent que le régime par répartition, ça veut dire que c'est ceux qui travaillent et qui payent pour ceux qui ne travaillent pas.
Donc plus il y a de monde qui travaille, meilleure est la situation des caisses. Dans les années 2000, on a rendu les caisses au vert. Alors comment on fait ? Là, j'ai une réponse simple et claire. Tout le monde va pouvoir se la rappeler d'un seul coup, même s'il n'est pas économiste. Si vous mettez les salaires des femmes au niveau du salaire des hommes, le surcroît de cotisation sociale que ça rapporte permet de payer la retraite à 60 ans pour 40 annuités. Car je voudrais vous rappeler qu'aujourd'hui, c'est 43 annuités.
Et avec une hypocrisie totale, les gouvernements du PS ont écrit à la commission « Écoutez, on n'a pas changé l'âge de la retraite, mais comme on a augmenté le nombre d'années de cotisation... »
Donc on augmente les salaires de quoi ? De 15, 20, 25% de toutes les femmes salariées.
Ça dépend d'où elles sont, du poste qu'elles occupent, etc. Eh bien si vous dites que c'est cette moyenne, oui, mais sinon, M. Bourdin, dites... Je ne dis pas vous...
Mettons 20% en moyenne.
Non, ça ne doit pas être 20%, mais mettons... Allez, ce que vous voulez. Ça m'est égal.
On augmente les salaires de 16%.
Non, les salaires des femmes. Des femmes, oui, non, mais bien sûr. On augmente les salaires des femmes de 16%. Je vais prendre le problème par l'autre bout. Dites-moi, M. Bourdin, devant les caméras de télévision, il est normal que les femmes soient payées de 20% moins. Vous ne le dites pas. Mais, mais... Je le sais bien que vous ne le dites pas. Personne ne peut dire une bêtise pareille. On est d'accord. Mais... Oui.
Oui ? Quoi ? Non, mais d'accord. Alors, comment une entreprise fait-elle pour augmenter d'un coup, d'un coup, les salaires ? Parce qu'il va falloir augmenter d'un coup si on veut porter la retraite à 60 ans. Oui. Ramener la retraite à 60 ans.
Oui, mais on peut...
Je ne suis pas une brute, hein. On peut lisser l'affaire. On peut lisser. Alors, comment faites-vous pour... Vous êtes chef d'entreprise, comment faites-vous ?
J'y vais y venir dans une petite seconde. Mais après, je vais vous dire comment faites-vous pour ne pas le faire. Oui. Parce que vous avez une collaboratrice qui est là, vous avez un collaborateur qui est là, hein. Mettons même que ce soit des cadres, ce qui coûte le plus cher. Alors, vous dites, écoute, toi, c'est normal, tu gagnes moins. Non, ce n'est pas possible. Donc ça, il faut que ça cesse. Comme elle gagne moins, elle doit gagner autant. Point. C'est tout. Il n'y a pas à discuter. C'est comme ça. Alors après, vous êtes l'employeur, vous avez le droit de venir me dire mais oh, vous allez là, M. Mélenchon, comment on fait ? Eh bien, je vais vous répondre.
Je remplis votre carnet de commandes. Tant que vous faites confiance à des gens qui vont faire ce qu'ils appellent des coupes, des économies, dans l'État, c'est-à-dire diminuer la capacité d'investissement de l'État et des collectivités publiques, qui sont les deux principaux investisseurs de ce pays, vous êtes sûr que les carnets de commandes vont aller déclinant. D'autant que les patrons du CAC 40 et des grosses boîtes, eux, n'investissent pas. Ils préfèrent distribuer en dividendes plutôt que d'investir. Donc, si je vous remplis votre carnet de commandes, eh bien, clairement, la machine redémarre. À ce moment-là, vous continuerez à râler, mais vous payez. Et vous avez les moyens de payer.
Voilà ce qui me paraît le plus important. Remplir le carnet de commandes. Comment je m'y prends ? Je prends 100 milliards. Je n'ai pas besoin de plus. Ce n'est pas beaucoup, quand même, 100 milliards. Ce n'est rien du tout. C'est à peine plus qu'un mois de versement de la Banque Centrale Européenne aux banques privées de toute l'Europe. Avec 100 milliards que je place dans la relance de l'économie et notamment dans la relance de l'économie soutenable, c'est-à-dire écologiquement responsable, où donc, il faut changer les machines, les process de production, mettre d'autres choses en place. Donc, quelque chose qui est très gourmand en investissement.
Et par conséquent, des investissements qui se consomment ici et maintenant. À ce moment-là, je remplis les carnets de commandes. Vous avez deux paris, aujourd'hui, économiques qui sont faits. Le premier, celui de gens comme moi, qui est la relance de l'activité. Et l'autre, qui vous dit on va remplir les carnets de commandes. et l'autre, qui est le pari des libéraux, qui est de dire on va comprimer les dépenses, on va diminuer ce qu'ils appellent le coût du travail que moi j'appelle le prix du travail. Et grâce à ça, comme on va produire moins cher, on va vendre plus et le bonheur est au coin de la porte.
Ça fait 30 ans que cette comédie dure et tout ce qu'on a au coin de la porte, c'est 9 millions de pauvres, 3,8 millions de chômeurs absolus et 6 millions et des brevettes de gens qui ne travaillent pas tous les mois. C'est-à-dire une catastrophe qui nous conduit directement à un choc social, à un effondrement de l'État que vous connaissez aussi bien que moi. Donc les gens, c'est ça l'enjeu de votre élection. Si vous ne voulez pas faire dans les grandes idées, les grands programmes, etc. On est concret. Oui, il faut être concret parce qu'à la fin, c'est notre vie
dont il est question. Exactement. Alors vous allez nous dire dans la deuxième partie de cette interview avec les auditeurs et téléspectateurs, il est presque 8h55, vous allez nous dire quel avenir vous proposer à celles et ceux qui ont vraiment des difficultés à combler les fins de mois, à finir les fins de mois, je parle toujours du syndrome du 20 du mois où on a son compte en banquée. Fin du mois, mais le 10 du mois, oui, il y a des gens qui vont mal. On a son compte au rouge et on n'arrive plus à boucler ses fins de mois et puis les petites retraites, etc. Tout l'avenir que vous proposez et puis je vais vous parler à travers les questions des auditeurs aussi de la 6ème République.
Oui, parce que c'est le sujet de notre marche ce samedi. On va marcher
de la Bastille à la République et je m'exprimerai à la République à 15h. C'est l'idée de remettre à plat la règle du jeu politique. Nous allons tout remettre
à plat ensemble en quelques minutes. Il est 8h presque 55. Vous êtes avec Jean-Luc Mélenchon et vous pouvez vous poser vos questions. Évidemment, vous connaissez le numéro sur RMC, c'est le 3216. A tout de suite. Jean-Luc Mélenchon, nous allons prendre nos auditeurs, nos téléspectateurs, nos auditrices et nos téléspectatrices et je vais commencer tout de suite et nous allons commencer avec Isabelle qui est en direct, qui est à Longjumeau dans l'Essonne et qui est au chômage depuis 6 mois. Isabelle, bonjour.
Bonjour Jean-Jacques, bonjour M. Mélenchon.
Bonjour madame. Quelle est la question ?
Donc, alors voilà, effectivement, j'ai 55 ans. Suivant les programmes politiques à venir, j'ai peut-être encore 10 ans à assurer. J'ai obtenu un diplôme de comptabilité à 49 ans, un diplôme de gestionnaire de paie à 53 ans. Donc, les formations, c'est bon, je ne veux plus en faire. Je voudrais juste savoir, premièrement, qu'est-ce que vous comptez faire pour le chômage des seniors ? Je vais profiter de l'opportunité, qu'est-ce que vous comptez faire pour moi ? Parce que pour l'instant, ce que je constate, c'est qu'il n'y a qu'en politique que les seniors ont du travail et qu'ils le gardent. Ah ah ah,
oui, c'est vrai. C'est bien ça, ça, c'est vrai. Ah oui, c'est vrai. Il n'y a pas de chômage longue durée ni le chômage des seniors. Ça dépend.
D'abord, ce n'est pas un boulot, normalement, c'est un mandat. Mais j'entends, je le comprends, surtout que j'imagine, je sais quand même, je connais ce que c'est que d'être six mois au chômage, on commence à avoir peur. Surtout que 55 ans, moi, je trouve ça un peu bizarre d'appeler ça senior parce qu'en général, à 55 ans, les gens ont une forme de maturité professionnelle qui est bien précieuse dans une équipe.
Mais comme la logique, aujourd'hui, c'est le management par la peur et remplacer des gens sous-payés avec des armadas de stagiaires, la qualification professionnelle de quelqu'un, en plus, cette personne, j'ai bien compris, vous avez complété votre niveau de qualification deux fois et d'une manière quand même qui est assez spectaculaire. Donc, je comprends que vous ayez l'argent. Que le ménage,
vous ?
Oui, oui. Que le ménage, moi, je n'ai pas d'emploi à proposer, mais je peux... Non, pas d'emploi, mais je vais d'abord lui faire une mise en garde parce que si vous allez être amené à voter, donc au minimum, même si ça ne règle pas votre cas personnel, bon, et vous n'allez pas voter pour régler forcément votre cas personnel, tenez compte quand même de ce qui s'est passé. Vous avez 55 ans, autrefois, vous seriez parti à 60 ans à la retraite, vous partirez à 62 ans grâce à M. Sarkozy, donc à l'UMP, et si vous n'avez pas vos 43 annuités grâce à M. Hollande, vous partirez à 66. Voilà.
Je voudrais quand même vous rappeler à qui vous devez tous ces bienfaits et pourquoi leur logique était de dire que ça irait mieux. Tout ce que ça a produit, c'est que les gens qui sont à l'âge de la retraite, d'avant 60 ans, d'une part, et ceux qui sont classés dans les seniors, c'est-à-dire un petit peu avant jusqu'à 50 ans, ce qui est quand même une histoire de fou, commencent à entrer dans des catégories où il y a du chômage de très longue durée injustifiée. Bon. Alors, il y a deux manières d'y pourvoir.
La première, je vous le redis, madame, pour que vous le sachiez, quand les carnets de commandes sont pleins, ils ratissent de tous les côtés tous ceux qu'ils trouvent et qu'ils peuvent fournir au travail. Je vais vous donner... J'ai des souvenirs très précis de l'année 2000. J'étais à Saint-Nazaire et ils n'arrivaient plus à trouver le nombre de gens dont ils avaient besoin. Et en général, quand la... Comment dire ? L'activité est vraiment... Est vraiment chaude, à ce moment-là, c'est les gens qualifiés dont on a besoin. C'est surtout ceux-là qui manquent. Vous, vous êtes à un niveau de qualification qui fait que votre profil est normalement intéressant dans une société qui fonctionne.
Qu'est-ce que vous proposez
qu'on va venir à Isabelle ? Je ne dis pas
que vous allez lui trouver du boulot. Non, mais d'abord. Isabelle, c'est ce que vous demandez, j'imagine.
Ben, moi, je demande... Qu'est-ce que vous proposez ? Parce que critiquer ce qu'ont fait les autres, c'est une chose, d'accord, je suis d'accord, mais en même temps, qu'est-ce que vous proposez ? Qu'est-ce que vous proposez maintenant, à l'heure actuelle ?
Oui, oui. Alors, je propose deux choses, mais je voudrais quand même que vous entendiez ça, parce que sinon, ça devient une comédie, on fait comme si on sortait tous de l'oeuf, ce n'est pas vrai. Si vous êtes dans cette situation, c'est aussi à cause de gens qui ont pris des mauvaises décisions, parce que sinon, comment vous expliquez quelqu'un qualifié qu'à 55 ans, quand même, vous êtes en état aujourd'hui de rendre toutes sortes de services à la société, comment ça se fait que vous vous retrouvez dans cette situation ? Bon, alors je viens sur les propositions. D'abord, un, vous ne m'avez pas entendu parce que je viens d'en faire une, mais je la refais, c'est relancer l'activité.
Et j'ai dit, j'ai parlé tout à l'heure de 100 milliards à mettre dans l'investissement. J'ai parlé, vous ne le savez pas, mais c'est ailleurs dans le programme, de prendre 200 000 personnes dans les fonctions publiques d'une manière générale. Relancer l'activité parce qu'on a besoin...
C'est ça, c'est lui votre programme.
Ah, merci madame. Et alors ? Et alors ? Attendez, je finis. Unissez, unissez alors. Avec la... Merci madame. Alors là, les propositions, il y a dedans, s'y ajoute, la réduction du temps de travail parce que je veux qu'on arrive, qu'on revienne à 35 heures. D'abord, revenir à 35 heures. Comment revenir à 35 heures ? C'est la durée légale, il n'y a pas besoin d'y toucher. Mais il faut augmenter les heures supplémentaires parce que sinon, si on fait comme la loi El Khomri, c'est-à-dire qu'on diminue le prix de l'heure supplémentaire, c'est comme si ce n'était plus une heure supplémentaire. Madame, je me permets, pardon, vous allez dire encore et critique les autres.
Mais si jamais, vous vous prenez un Fillon ou un Macron, vous allez se sentir passer parce que ces deux-là suppriment les heures supplémentaires en mettant la durée du travail à 39 heures, dans le meilleur des cas, payer 39,
qui propose la retraite à 60 ans, qui repropose, je ne sais plus...
Écoutez, M. Bourdin,
si vous voulez voter Le Pen, vous le faites. Non, non, mais je vous pose la question puisque vous me dites...
Oui.
Sur le plan social, est-ce que sur le plan social... Je vous pose la question. Est-ce que sur le plan social, Le Pen propose un meilleur avenir à Isabelle que Fillon ou Macron ? D'abord...
Je vous pose la question. Oui, oui, j'ai compris que c'est une question que vous me posez. Ce n'est pas de la propagande que vous faites, bien sûr. Non. Non, je le sais, parce que ce n'est pas malin ce que vous êtes en train de faire. Pourquoi ? Vous répondez deux mauvaises idées sur lesquelles il faut que je revienne maintenant. Je n'ai pas amené mes fiches avec ma citation, mais Mme Le Pen ne propose pas la retraite à 60 ans avec 40 annuités. Elle dit qu'elle aimerait bien, mais qu'elle va commencer par demander des sacrifices. Deuxièmement, elle ne propose pas d'augmenter le SMIC comme c'est mon cas.
Et si on augmente le SMIC, vous savez qu'on augmentera la consommation populaire et responsable, car les gens ne demandent qu'à consommer responsablement. et bio, elle ne le propose pas. Elle dit, je n'ai jamais proposé, mais sur chaque plateau où je vais, il faut que je me cogne. Le type qui me dit, ah, mais vous dites la même chose. Et même, M. Bourdin, moi, c'est Isabelle qui vous pose la question. Isabelle n'a pas parlé de Mme Le Pen, c'est vous, M. Bourdin, qui en avez pris l'initiative. Et vous complétez en me disant, est-ce qu'il faut voter Le Pen ? A votre avis qui suit. Avant de partir à la retraite, je vois bien par un emploi. Ne vous inquiétez pas, je vais finir de vous répondre.
Mais là, je règle une discussion avec M. Bourdin qui est une personne, il est en face de moi, il pose des arguments, donc je réponds. Et je vous demande de bien vous rendre compte de l'incroyable d'une situation. Vous vous adressez à moi, qui je suis candidat à l'élection présidentielle, et vous me dites, alors il faut voter Le Pen. Non, M. Bourdin, il faut voter Mélenchon. D'accord ? Il faut voter Mélenchon. Il faut venir à la marche avec Mélenchon. Parce que Mélenchon, il ne vous fera pas une chose. Quelle que soit votre situation sociale, M.
Bourdin ou madame qui m'écoutait, quelle que soit notre situation sociale, nous avons d'abord l'amour de la patrie républicaine et de l'unité du peuple français. Donc nous ne nous abandonnerons jamais à une femme. Quoi qu'elle nous propose si au bout du compte, ça veut dire la destruction de notre pays. Voilà. Voilà pourquoi, même dans la pire misère, jamais il faut voter pour eux. Ces gens-là sont des fauteurs de guerre. Maintenant, je reviens tranquillement à madame et à la réponse que je lui fais. Donc, un, relance l'activité. Deux, j'ai dit la somme. Trois, j'ai parlé de la réduction du temps de travail.
Quatre, vous avez devant vous quelqu'un qui vous propose une vision de développement du pays dans des dimensions de l'activité où il peut être le meilleur. L'économie de la mer. Trois cent mille emplois. L'agriculture bio. Le passage à l'agriculture bio de toute l'agriculture bio. Quatre cent mille emplois. Etc. Etc. Vous avez lu mon programme. Et enfin, je viens sur le bout du bout du bout du bout. Quand quelqu'un est chômeur de longue durée, eh bien, j'estime que comme la Constitution dit que vous avez le droit et, j'ajoute ça madame, le devoir de travailler. C'est écrit dans la Constitution. Et naturellement, tout le monde s'en fiche.
Parce que vous, vous voulez travailler, mais eux, ils ne vous en proposent pas. Donc, la collectivité a l'obligation, dans mon programme, de vous proposer un emploi et je dis à quel niveau et comment. Où est-ce que j'ai trouvé cette idée ? Ça s'appelle l'emploi en dernier recours. C'est l'association ATD Carmond qui a inventé cette formule. Elle consiste à dire toute personne qui est en chômage de longue durée, si elle le veut, car il y a un principe de liberté individuelle, peut entrer dans ce qu'on appelle une coopérative d'emploi. Dans cette coopérative d'emploi, vous arrivez et vous dites voilà ce que je voudrais faire et que je crois que je sais bien faire.
Et à ce moment-là, la coopérative cherche la niche dans laquelle votre contribution est possible. Et donc, vous êtes à ce moment-là salarié. Comment se finance-t-on ? Parce qu'il faut toujours répondre à cette question. Eh bien, il se trouve que quand vous êtes chômeur de longue durée, vous avez accès à un certain nombre de prestations éparpillées qui ont un coût pour la société. C'est ce coût qui est rassemblé, qui est versé à la coopérative en question et le complément entre ce coût et le salaire qui vous serait donné, en l'occurrence, il s'agirait du SMIC, eh bien, c'est par des caisses coopératives ou entre l'État ou entre les collectivités locales.
Là où ATD Carmonde est en train de l'expérimenter, on obtient des résultats. Je propose de le généraliser. Vous me direz que ce n'est pas grandiose d'avoir le SMIC. Oui, mais il y a beaucoup de gens pour qui le fait de pouvoir être à nouveau dans le circuit de l'activité est très important. Madame, maintenant, je vais vous dire, je ne sais pas répondre à votre cas, mais j'enrage de voir le nombre de gens de haut niveau de qualification à qui on trouve des arguments du genre où vous êtes trop jeune, où vous êtes trop vieux, vous êtes toujours trop quelque chose et on n'a pas besoin de vous. Ce n'est pas vrai. On a besoin de vous.
Si on applique votre plan, j'aime mieux vous dire qu'il va falloir se retrousser mon plan, il va falloir se retrousser les manches.
Bien, merci Isabelle. J'ai une autre question écrite qui est complémentaire finalement. C'est José qui est boulanger dans l'Oise qui dit Nathalie Arthaud propose un salaire minimum à 1800 euros. Monsieur Martinez de la CGT propose les 32 heures. Nathalie Arthaud propose l'interdiction de licenciement. Vous n'allez pas jusque-là ?
Chacun d'entre eux propose dans son domaine parce que la CGT c'est un syndicat. Mme Marteau c'est l'Utouvelière et c'est une candidate communiste comme elle le dit sur ses affiches. Oui. Moi je ne suis pas dans leur logique ni syndicale ni d'extrême-gauche. Je suis dans une autre perspective qui s'appelle l'avenir en commun. Alors, moi qu'est-ce que je dis ? Il faut augmenter le SMIC. Écoutez-moi monsieur, vous êtes boulanger. Le boulanger, ça marche quand les gens viennent acheter du pain. Et ça marche quand ils viennent acheter des gâteaux si vous êtes boulanger, pâtissier, que vous avez les deux qualifications, ce qui souvent est le cas.
Pour que les gens puissent acheter du pain, vous savez qu'ils aiment mieux acheter le bon pain. Le bon pain, c'est le pain avec la bonne farine, c'est-à-dire celle qui est libre de toutes les cochonneries que l'agriculture productiviste balance dans la nature. Et ça, ça coûte un peu plus cher. Deuxiots, six mois, on passe au SMIC à 1 700 euros. Là, au début, ça sera brut, net, ça fait 1 300 demandés à Bourdin. Il connaît ça par cœur. Quoi ? Il l'a déjà fait. Là, vous le... Oui, ben oui,
c'est 1 100... Je vous laisse le plaisir. 1 163, je crois. Non, mais attendez, c'est ça sur ma fille. Non, non, mais ce que ça donne... 1 400 à le SMIC, à vous ! Oui, oui, vous l'avez dit le jour. 1 360.
1 360 net. Exact. Vous avez gagné. Le SMIC net, 1 151 euros. Oui. Et il est à peine à 150 euros au-dessus du seuil de pauvreté. Je vous dis ça, monsieur Le Boulanger, pas pour vous mettre la mauvaise manière, mais pour dire, il faut se rendre compte que le SMIC est à 150 euros au-dessus du seuil de pauvreté. Bon, je trouve que ce n'est pas raisonnable. Donc, l'augmenter, ça me paraît raisonnable. Pourquoi ? Parce que les gens, les petites payes que vous augmentez ou les petites retraites que j'augmenterai d'eux-mêmes, puisque je ne veux pas qu'il y ait une seule retraite à moins de 1 000 euros par mois dans ce pays. Encore, quand on est 1 000 euros, on est pile-poil au seuil de pauvreté.
Eh bien, les gens qui gagnent, notamment pour les petits retraités, mais le gars, la fille qui est au SMIC, je parle pour une paye complète, parce que souvent, ce qu'on oublie de dire, c'est qu'il s'agit de contrats à durée déterminée, souvent sur du temps partiel, si bien qu'on parle d'un salaire horaire et non plus d'un salaire mensuel. Les gens, il faut bien entendre ce que je vous dis, vous avez des gens qui vivent avec cette petite poignée-là. Bon, ces gens-là, s'ils sont mieux payés, ils consomment mieux, ils consomment plus responsablement. Si vous êtes un très riche qui vous fait payer des costards par vos potes, évidemment. Vous, c'est rien pour vous. 100 euros, 150 euros de plus.
Mais pour une famille de salariés ordinaires, non, c'est beaucoup. Et donc, à partir de là, ça veut dire qu'on choisit mieux ce qu'on mange. On va acheter le meilleur pain, celui qui coûte un peu plus cher, parce que la matière première a coûté plus cher, parce qu'il faut un peu plus de temps pour le préparer. Vous voyez ? Donc, on y trouve tous notre compte. Augmenter le SMIC, c'est écologique. Parce que du coup, ça pousse les gens à faire des consommations responsables. C'est bon pour le commerce, surtout pour le petit commerce. Parce que vous, monsieur, si vous vendez du pain, venez pas me dire que c'est pas de la consommation populaire. Je pense que vous serez d'accord avec moi.
Bien. Je voudrais vous parler, avant de prendre d'autres auditeurs, auditrices, je voudrais vous parler de la Sixième République. Parce que c'est l'objet de votre marche. Demain, dites-nous, quelle heure marche où exactement ?
Alors, on démarre à 14h de la Bastille. Ça va évidemment être long à démarrer, parce qu'on va être nombreux, je pense. Et à 15h, je m'exprimerai place de la République. Devant la statue de la République, nous aurons fait le parcours de la maire de toutes les rébellions.
Vous attendez combien de personnes ?
Je sais pas vous dire, M. Bourdin, on a distribué. Moi, j'en attends beaucoup. Les gens qui m'écouchent, je leur dis, venez. J'ai besoin. La campagne démarre, si vous voulez. La campagne démarre, puisqu'on connaîtra la liste des candidats. Moi, je suis en campagne. Aujourd'hui ? Ah non ? Demain matin. Voilà. On aura la liste définitive. Donc les gens qui sont aujourd'hui, ils regardent tout ça un peu loin, ils vont s'y intéresser, parce que c'est leur pays et ça les intéresse. Bon.
Donc, moi, je voudrais commencer ma campagne officielle, en quelque sorte, par une démonstration politique qui montre que le peuple français veut remettre à plat toutes les règles du jeu de la vie politique de son pays, parce que la monarchie présidentielle, plus le règne de l'argent, ça donne une catastrophe.
Alors, vous nous proposez, vous proposez aux Français une sixième république. Vous êtes président de la république. Votre premier objectif est d'écrire une nouvelle constitution. Comment modifier, effacer la constitution actuelle, la cinquième république, sans passer par le Parlement ?
Alors, d'abord, commençons juste pour que tout le monde comprenne bien. Je suis élu, je prends les dispositions, on va en parler maintenant, pour convoquer cette assemblée constituante, mais évidemment, pendant ce temps-là, on ne va pas attendre que ce soit fini pour faire quelque chose. Donc, il y aura un gouvernement cinquième république et les institutions fonctionnent... Des législatives ? Oui, on respecte la constitution, il ne s'agit pas, on ne sait pas l'assemblée générale permanente. Non, on reste dans toutes les formes de la démocratie et pour passer d'une république à l'autre, il y a une assemblée. Mais en attendant, on appliquera mon programme.
Et quand l'assemblée constituante, je termine vite fait là-dessus, aura terminé son travail, elle ramènera son document, soit on dira, on fait un référendum, soit on dit, elle a travaillé maintenant, il y a basta, on passe à la mise en application. À ce moment-là, c'est cette constitution-là qui s'appliquera, fusse en cours de mon mandat. Et j'ai pris l'engagement de ne pas faire le gars qui n'a pas compris et qui dit...
Parallèlement à l'Assemblée nationale et au Sénat, se réunira une assemblée constituante. Oui, voilà. Dans cette assemblée constituante, il y aura une partie d'élus. Oui, parce que les gens doivent...
Je n'ai pas fixé les proportions, parce que je pense que ça, il faut prendre plein d'avis, il ne faut pas arriver dogmatiquement en disant ça sera... Moi, je pense qu'il faut qu'il y ait un nombre d'élus qui représentent tout de même une majorité, parce que vous savez, les gens doivent venir devant les Français avant de se faire élire. Vous savez qu'il n'y aura pas un élu des anciennes assemblées dans mon système. Dans votre constituante. Oui. Alors, ils devront dire aux gens, quand même, en gros, voilà, si pour un régime parlementaire ou pour un régime présidentiel...
Des élus avec, à côté, des citoyens tirés au sort. Des citoyens tirés au sort. Sur quels critères ? Comment ?
Il n'y a aucun critère, on tire au sort. Simplement. Il faut être électeur, il faut être éligible, voilà. De 16 à... Alors, dans mon système, le droit de vote commence à 16 ans, comme dans de nombreux autres pays. Bon, parce que je veux étendre sans cesse la base de la démocratie. M. Bourdin, permettez-moi de dire que quand même, il faut qu'on augmente la possibilité pour la jeune génération de prendre les décisions. Ça ne peut pas être que les gens de mon âge qui décident, parce que ce n'est pas bon, même si on ne dit pas que des bêtises. Mais ce n'est pas bon, il faut aussi qu'il y ait le souffle de la jeunesse qui passe là-dedans.
Alors, le tirage au sort, où est-ce que ça existe déjà aujourd'hui ? Eh bien, par exemple, pour les jurys d'assises, ce n'est pas une petite question. Quand vous jugez un criminel, on tire au sort les membres du jury. Alors là, vous voyez quand même, on tire au sort des gens qui ont un rôle extrêmement grave et sérieux. Alors après, comment on fait pour convoquer la dite assemblée ?
Oui, donc assemblée constituante qui siège parallèlement aux institutions actuelles de la Ve République et qui prépare donc l'avènement de la VIème République.
Oui, d'ailleurs, on ne serait pas obligé de la mettre à Paris de manière à ce que les gens puissent s'en saisir. Moi, j'ai vu faire ça dans un petit pays qui nous aime beaucoup et qui était proche de la France et l'Équateur. Ils avaient mis ça dans une autre ville, comme on dirait nous, Toulouse par exemple.
Donc, se réunirait une assemblée
qui préparait la rédacée, rédigerait la VIème République. Oui, et on t'y mettrait. Alors moi, j'espère qu'elle mette fin à la monarchie présidentielle. Plus de Président de la République ? Ça se fait dans tous les pays. Pourquoi on ne le ferait pas ? La question qui se pose, c'est pas dans...
Plus de Président de la République qu'un chef de gouvernement, quoi.
Non, le Président de la République, il y en a toujours un dans tous les pays. Alors, écoutez-moi, M. Bourdin, pour qu'on se comprenne bien. Je ne peux pas dire que je suis contre la monarchie présidentielle. Je suis contre l'ombre présidentielle. Je vais convoquer le peuple pour qu'il écrive une constitution. Mais attendez, c'est pas ce que vous devez faire. Oui, c'est ce que je critique chez les autres. Donnez la confiance au peuple. Le général de Gaulle, il ne s'est pas embêté. Il a nommé 2-3 de ses proches. C'était bien normal. Et puis, il a fait la constitution de la 5e République. Et c'est passé en force avec l'approbation du peuple français. À ce moment-là, on votait.
Depuis, on a changé 22 fois le texte.
Vous dites déjà, dans la nouvelle constitution, il faudrait qu'il y ait d'inscrits le droit à l'avortement, le droit à mourir dans la dignité.
Oui, oui, oui. Vous dites ça. La liberté fondamentale de la personne. Ça, ça devra être inscrit dans la nouvelle constitution. Écoutez, dans mon programme, je dis les points sur lesquels je me permettrai de faire proposition et j'aurai des partisans et je convaincrai sans doute des gens de porter ce message dans l'Assemblée Constituante. En disant, écoutez, vous avez élu Mélenchon qui a écrit ça dans son programme, il me semble que vous devez le mettre dans la Constituante. Mais je m'empresse de vous dire, M. Bourdin, la Constituante est souveraine. Ce n'est pas moi le souverain. C'est le peuple et ses délégués qui décideront.
Donc, je peux dire, voilà mes propositions et il y en a une à laquelle je tiens comme à la prunelle de mes yeux. C'est le référendum révocatoire. C'est-à-dire, quand vous n'êtes pas content d'un élu, si vous recueillez le nombre suffisant de gens qui disent nous voulons un référendum parce que celui-là, on l'a, c'est vu, ou parce qu'il a fait ceci ou cela qui ne nous convient pas, et à ce moment-là, on organise le référendum pour dire si oui ou non la personne reste.
C'est le référendum grec, ça ?
Oui, et ça existe surtout dans deux États des États-Unis. Je me souviens. J'ai l'élu. Ça existe dans deux États des États-Unis et ça existe aussi au Venezuela où ça a été appliqué à plusieurs reprises. Bon, donc ça, c'est un droit très important. Et quand le peuple a voté et tu t'en vas, eh bien, tu t'en vas. Voilà. Et tu ne restes pas accroché comme c'est le cas d'un certain nombre d'élus. Ça a été appliqué au Venezuela ? Absolument. Il y a eu un référendum pour faire partir Chavez et donc il n'est pas parti parce qu'il a gagné le référendum. Et la fois d'après, ils ont eu... Oui, il serait parti ? Il serait parti ? Oui, oui, parce que lui, c'était sa vision des choses.
C'était d'ailleurs la mienne. Moi, vous me dites « Tu t'en vas, je m'en vais ». Mais séance tenante. Je vous ai dit le jour où la Constituante aura adopté la nouvelle Constitution, moi, je ne vous ferai pas le discours. Écoutez, moi, j'ai été élu pour cinq ans. Vous attendrez la fin de mon mandat pour passer à la suite. Non, on passera séance tenante à la suite. Et naturellement, dans la suite, mes amis s'y exprimeront. Vous comprenez ce que je veux dire ? Oui, non, non. Alors, le référendum révocatoire, ça s'applique au président de la République, c'est-à-dire à moi, dans l'hypothèse que nous évoquons, mais à tout le monde.
Je veux dire au conseiller général, à votre maire, le peuple français garde en permanence la possibilité de renvoyer un élu. Alors, on me dit... Collectivement. Oui, on me dit « Oui, ça va être l'agitation permanente. » Mais non, parce qu'il y a un nombre suffisant de signatures à demander. Et deuxièmement, les Français ne sont pas fous. Ils ne vont pas vous organiser des référendums tous les huit jours. Arrêtez de les mépriser. Je ne dis pas ça à vous, mais à ceux qui me font l'objection. Vous savez, on croirait que le peuple français serait une immense cour de récréation où les gens seraient prêts à faire toutes les folies qui leur passeraient par la tête. Non, non, non, pas du tout.
Les gens sont censés.
Alors, justement, sur cette sixième république, on va prendre Stéphane, qui est chef d'entreprise à Paris dans le dix-huitième, qui est un auditeur d'RMC et qui est en ligne avec nous. Bonjour Stéphane.
Oui, bonjour Jean-Jacques. Bonjour M. Mélenchon.
Bonjour M.
M. Mélenchon, vous évoquez souvent votre volonté de redonner le pouvoir au peuple et notamment pour ça, vous proposez dans votre programme la sixième république. J'écoutais attentivement ce que vous disiez à l'instant. Moi, j'ai une grosse... Pourquoi pas sur un changement, il y a des choses perfectives, mais j'ai une grosse inquiétude concernant le suffrage universel direct. Je trouve que c'est un système qui est particulièrement approprié aux crises politiques puisque c'est le peuple, par définition, qui donne la légitimité ou qui le sanctionne assez durement en fin de mandat avec un suffrage direct.
Donc, ma question, elle est simple, c'est que devient le suffrage universel direct dans votre projet de sixième république.
Le suffrage universel et direct, c'est le cœur de la démocratie, donc c'est lui qui a tout le pouvoir dans mon idée. D'ailleurs, j'en étends les pouvoirs avec ce référendum révocatoire. J'en étends la base avec le fait que l'on fait voter à 16 ans, que le vote est obligatoire et que les votes blancs sont comptés, n'est-ce pas ? Bon, donc, oui, c'est la base. Moi, je n'ai pas d'autre. Ma stratégie révolutionnaire, puisque je me réclame d'une révolution citoyenne, c'est-à-dire la récupération par les citoyens de leur pouvoir, c'est le suffrage universel et la règle de la démocratie. Il y a d'autres...
Bon, à l'extrême-gauche, ils sont pour d'autres choses, et à l'extrême-droite, pour d'autres choses. Moi, je suis pour le suffrage universel, la démocratie, le pluralisme politique, hein, c'est-à-dire le fait qu'il y ait des partis d'opinion contraire, je vous dis tout ça, parce que des fois... Comment l'assurez-vous, d'ailleurs, le pluralisme politique ? Eh bien, en permettant aux gens de s'exprimer, et en particulier, sans doute, en mettant de la proportionnelle dans les élections. Intégrale, ça ne me paraît pas raisonnable. Bon, je vous le dis,
c'est mon point de vue. Les Pays-Bas, regardez ce qui s'est passé aux Pays-Bas. C'est peut-être parce qu'il y a une proportionnelle intégrale que le parti d'extrême-droite n'est pas au pouvoir.
Mais vous n'avez pas tort, M. Bourdin, mais j'admets que la question est ouverte. Moi, je n'ai pas une réponse absolue, catégorique à tout. Je prendrai bien ce qu'on me donnera, ce que le peuple aura voulu. Mais dans le cas des Pays-Bas, on peut dire, en effet, comme vous venez de le dire, que nous sommes sauvés par le gong. Mais la vérité, c'est que ce qui est extraordinaire, c'est que les partis, et notamment le parti socialiste, s'est effondré dans cette histoire. Alors qu'avant, les deux grands partis représentaient 60% des votes. Aujourd'hui, c'est fini tout ça. Pourquoi ils sont effondrés ? Ce ne sont pas des mauvaises personnes. C'est qu'ils ont pratiqué exactement la même politique.
Ils n'ont tenu que ce qu'on voit en France, c'est-à-dire le PS allié avec la droite ou faisant la politique de la droite, le PS et la droite s'asseyant sur les décisions du peuple. Je vous rappelle que les Hollandais comme nous, non. Et qu'est-ce qu'ils se mangent ? Ils se mangent, oui. Ensuite, ils ont dit qu'ils ne voulaient pas de l'accord avec l'Ukraine. Et à quoi ils ont droit ? À l'accord avec l'Ukraine. C'est-à-dire que c'est un peuple à qui on a dit vous faites ce que vous voulez, de toute façon, on s'en fout, on fera bien ce qu'on veut. Voilà. Bon, donc ça, ça peut terminer. Mais pour revenir à la dernière question, vous êtes chef d'entreprise.
Ce qui m'a intéressé, moi, voyez-vous, dans la période récente, je pense à la loi El Khomri. Parce que des gens m'ont dit « Ah, mais ton histoire, quel rapport ça a avec le social ? » D'abord, quand vous mettez un droit social dans la Constitution, il devient en quelque sorte opposable. Mais surtout, regardez comment ça s'est passé. La loi El Khomri, peut-être que vous en êtes partisan, monsieur. Moi, j'y suis absolument hostile et je l'abrogerai. Mais regardez cette loi qui porte donc sur le cœur du cœur de la vie sociale du pays. Le code du travail, la hiérarchie des normes, l'ordre public social. Personne ne l'a voté. Il est passé à coup de 49-3. C'est-à-dire qu'il n'y a jamais eu...
Alors, vous me parlez du suffrage universel direct. Alors là, il n'a eu aucune possibilité. Soit on votait la censure, soit la loi était approuvée. Et les élus socialistes, y compris ceux qui aujourd'hui veulent abroger la loi, n'ont pas été au bout du vote de la censure. Mais c'est pour vous dire, l'organisation de la Constitution a un lien direct avec l'organisation de la vie sociale. Jamais aucun pouvoir n'aurait pu faire passer la loi El Khomri parce que c'est une loi qui est totalement déraisonnable et qui organise une compétition entre les entreprises et entre les salariés qui détruira la vie sociale de ce pays.
Bien, nous allons terminer avec... J'ai une dernière question d'un auditeur qui nous a envoyé cette question par mail. Votre caractère colérique, pense Thibault. Vous êtes colérique, nous dit Thibault, 31 ans, conducteur poilot en Gironde. Comment comptez-vous convaincre tous les sceptiques qui vous traitent de colérique ?
Déjà, monsieur, il ne faut pas être naïf. Dans la bataille politique, il faut toujours accrocher une pancarte à quelqu'un. Alors comme moi, je suis un médiridional, on voit mes sentiments s'exprimer. Je suis un homme qui est entré dans la vie politique et qui est resté sur la base de l'indignation contre la misère.
C'est votre dernière campagne présidentielle ?
Je ne sais pas. C'est la vie, vous savez. Qu'est-ce qu'on sait ? Clairement, je pense que je vais tâcher de me rendre utile cette fois-ci de manière décisive. Je serai le dernier président de la Ve République et la VIème République sera celle que le peuple aura voulu qu'elle soit. Mais laissez-moi terminer sur cette affaire de père interne. Je suis content. Il y a eu une campagne. Il fallait bien m'habiller pour l'hiver. Je vais vous dire une chose, monsieur. Je ne suis pas colérique. Je suis un indigné. Et je suis un homme du Sud. Les hommes du Sud parlent, remuent les mains, leur visage bouge. Mais nous sommes comme vous, vous savez.
Au bout du compte, nous savons nous arrêter et nous savons commencer vivement quand il le faut. Si c'était nouveau, je pourrais dire « Ah, Mélenchon, quand même, t'exagères, me regardons devant la glace. » Je dirais « Ben écoute, dis donc, il faut faire un effort. » Mais comme dans tous les pays du monde, vous m'entendez ? Tous les pays du monde, à cette heure, les hommes et les femmes qui représentent mes idées sont partout traités de la même manière. C'est-à-dire, présentées comme des incendiaires, des bêtes. Nous sommes bestialisés. Et l'adversaire a toujours, pour intelligence, l'intelligence de nos adversaires, c'est de nous avoir, oui, bestialisés.
Alors quand ce sont les hommes, ils sont colériques. Et quand ce sont les femmes, elles sont traitées d'une manière indigne que je préfère ne pas raconter. Mais c'est dans tous les pays du monde. Et ce n'est pas nouveau. Pourquoi a-t-on éprouvé le besoin d'appeler Louise Michel, l'une des communards de les plus commus, la Vierge Rouge ? Qu'est-ce que ses engagements politiques avaient à voir avec sa sexualité ? Pourquoi a-t-on besoin de montrer Jean Jaurès, y compris au musée de Castres, où on le voit, parce que le musée est très bien fait, je vous encourage à aller le voir, mais on voit toutes les caricatures de Jean Jaurès.
Jean Jaurès a la barbe irsute, les cheveux dressés sur la tête, il tient la main à Brandon, et il a une bouteille d'alcool dans sa poche. On a toujours représenté les tribans du peuple, hommes et femmes, comme des animaux. Et moi, on m'a donc habillé en colérique. Non, je ne suis pas colérique, je suis indigné. Et je suis tripes et boyaux avec les miens. Et les miens, c'est les pauvres. Voilà, c'est les travailleurs, c'est les salariés, c'est le gars qui s'est jeté sur la voie de chemin de fer l'autre jour, qui était un syndicaliste. C'est tous ces braves gens. J'ai choisi mon camp. Alors vous allez me dire, oui, mais vous êtes élu. Et alors, qu'est-ce qu'il faut faire ?
C'est profiter, tais-toi. Je me mets dans un coin, je ferme ma grande bouche et je laisse le monde continuer dans sa misère. Est-ce qu'il ne faut pas qu'il y ait des gens qui se dressent ? Et des fois, il faut en rajouter. Bourdin, vous ne le savez pas, vous, qu'il faut en rajouter des fois ?
Mais, Jean-Luc Mélenchon, vous le faites des fois. Ma dernière question, bien sûr. Je suis méridional aussi. Ma dernière question... Mais vous êtes sévénol, c'est un caractère plus dur. Encore plus dur. Jean-Luc Mélenchon, j'ai une dernière question. De la vertu, on a parlé de la vertu, votre livre, donc, de la morale. Est-ce que vous poserez dans le débat de lundi soir la question de la morale ? Parce que les Français sont très attachés au comportement des hommes politiques. Vous le ferez ou pas ?
Ils ont raison. Mais je ne veux pas être un procureur, moi. Vous voyez ? Je n'aime pas trop entrer sur ce terrain ou jouer de ça. Parce que... Comment vous dire ? Et après, quoi ? Je ne suis pas juge, moi. Je ne suis pas policier. Je ne sais pas. Je sais ce que je pense. Mais vous, comme moi, on a nos préjugés. On regarde certaines situations, comme on dit en français ordinaire, on n'en pense pas moins. Mais justement, on ferme sa bouche. Pourquoi ? Parce qu'on connaît la fragilité des jugements à l'emporte-pièce. Et je pense que les Français ont compris. Ils savent ce qu'il y a à faire. Et ils savent trier entre les caractères et les hommes et les femmes. Ils savent le faire.
Ils sauront le faire. Je pense que ce n'est pas à moi d'en rajouter. Mais je vais vous dire, faites bien, votez, dégagez les tous.
Merci, Jean-Luc Mélenchon, notre invité ce matin sur RMC et BFM TV.
Jean-Luc Mélenchon