États-Unis : de la violence en politique
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France Culture, Affaires étrangères, Christine O'Krent. Bonjour à tous. Mercredi dernier, une balle, une seule dans le cou et Charlie Kirk, 31 ans, influenceur, podcaster, activiste, tombait en martyr de la cause trumpiste sur un campus universitaire de l'Utah. « Martyr », c'est le terme utilisé par le président des Etats-Unis qui fit aussitôt son eulogie dans une allocution solennelle à la télévision, incriminant sans plus attendre la gauche radicale woke, cette mouvance dans laquelle Donald Trump classe volontiers l'ensemble de ses ennemis.
L'auteur présumé de l'attentat a été interpellé hier, un garçon de 22 ans au profil ambigu, qui ne serait pas un militant d'extrême gauche, mais on en sait guère plus pour l'instant. Donald Trump réclame déjà la peine de mort. Charlie Kirk, lui, était charismatique, talentueux, champion de ce nationalisme chrétien qui est le ciment de la galaxie trumpiste, icône d'une jeune génération qu'il avait su rallier à sa vision extrême d'une reconquête conservatrice du pays. Dans un climat politique et culturel hystérisé par les réseaux sociaux et par l'usage qu'en fait le président lui-même, la tragédie enflamme les passions contraires.
Le monde maga crie vengeance, certains de ses adversaires applaudissent, la Maison-Blanche refuse d'en appeler à l'unité nationale. C'est la guerre, proclament les idéologues les plus enfiévrés de ce côté-là du champ politique. Au nom d'une constitution qui garantit le respect sans frein de la liberté d'expression comme du droit de porter des armes, les Etats-Unis ne cessent de prolonger leur histoire ensanglantée. Quelles sont donc les racines d'une telle tradition de violence politique ? Quel peut être l'impact de cette dernière tragédie au moment où les fractures se creusent au sein d'une société politiquement, culturellement, socialement divisée comme jamais ?
Los Angeles, Washington, bientôt Memphis et Chicago, sous couvert de lutter contre la criminalité et l'immigration illégale, Donald Trump déploie la garde nationale, c'est-à-dire l'armée, dans les grandes villes démocrates, une manière d'entrer en campagne pour les élections de mi-mandat qui doivent avoir lieu dans un an. L'assassinat de Charlie Kirk va-t-il durcir encore cette confrontation idéologique qui prend le pas sur la politique, transforme sous nos yeux les Etats-Unis et menace par contagion nos propres sociétés ?
C'est ce que nous allons comprendre ce matin grâce à vous, Laurence Nardon, vous dirigez le programme Amérique, au pluriel, de l'Institut français des relations internationales. Maya Candel, ravie de vous accueillir, chercheuse indépendante et consultante, historienne associée à l'Université Sorbonne. Nouvelle, Laurie Kenton, maître de conférences à l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, et Corentin Selin, professeur agrégé d'histoire en classe préparatoire au lycée Carnot à Dijon et chroniqueur pour les jours.
Maya, je commence avec vous parce que vous travaillez sur cette droite dure dont on a tellement de mal, je crois, à comprendre les différentes composantes ici en Europe et vous étiez la semaine dernière à la conférence des NADCONS. Qu'est-ce que c'est que les NADCONS ?
Alors, les NADCONS, ce sont les nationaux conservateurs, le mouvement national conservateur qui a été créé il y a quelques années, en fait, dès la première élection de Trump, pour, en quelque sorte, fournir une armature intellectuelle, développer des principes intellectuels pour coller à la manière dont Donald Trump était en train de redéfinir, dès sa première élection en 2016, de redéfinir le socle électoral du Parti Républicain et les grandes idées fortes, puisque Trump a vraiment redéfini le Parti Républicain en le transformant en un parti national populiste. Et plus encore avec ce second mandat. Bien sûr, on voit très bien dans ce second mandat que ça va beaucoup plus loin.
On avait d'ailleurs à Washington à peu près la moitié des auteurs du fameux projet 2025, qui est vraiment l'inspiration idéologique d'un certain nombre d'actions déjà mises en œuvre par l'administration Trump, que ce soit sur l'instrumentalisation de la justice, la remise en cause d'un certain nombre de... On a beaucoup d'offensives légales en cours pour redéfinir, y compris d'ailleurs, la liberté d'expression, les différents droits des médias... Et même la nationalité.
Enfin, on ne veut pas ce qu'en dit la Côte Suprême. Mais alors, expliquez-nous, dans cet univers, quelle était la figure de ce Charlie Kirk dont, évidemment, la plupart d'entre nous ont découvert l'existence, sauf ceux qui, hélas, comme moi, sont évidemment accros à ce qui peut se passer outre-Atlantique ?
Oui, Charlie Kirk, c'était une figure majeure de ce mouvement MAGA, et depuis très longtemps. C'est quelqu'un... C'était un... Bon, c'était un jeune homme, il est mort à 31 ans, donc c'est quelqu'un qui était extrêmement brillant, extrêmement charismatique. Je pense que la seule autre figure aussi charismatique dans le mouvement MAGA, c'est Trump lui-même. Mais Charlie Kirk n'avait pas ce côté très vindicatif au sens méchant de Trump. Enfin, il mordait quand même, c'est cruellement... Absolument. Non, non, pardon.
Ce qui était contraire à la ligne la plus dure, la ligne idéologique la plus dure.
Absolument. Non, non, c'était quelqu'un qui idéologiquement était extrêmement dur. C'est quelqu'un qui tenait des propos qui disaient, qui condamnait par exemple la loi sur les droits civils de 1964, qui tenait des propos racistes, qui tenait des propos antisémites, tout en se justifiant, en disant qu'il n'était pas antisémite puisqu'il soutenait Israël. C'est quelqu'un qui s'était engagé dans toutes les guerres culturelles anti-woke, qui ont vraiment redéfini le parti républicain, qui appelait les étudiants à dénoncer des professeurs qui auraient proféré des analyses trop à gauche. Et on lui attribue quand même
le fait d'avoir rallié précisément à Trump pour, en 2024, donc la dernière élection présidentielle, 46% du vote des 18-29 ans aux Etats-Unis. Donc il y a eu vraiment dans cette génération-là, surtout chez les jeunes hommes, et là, Kirk a été, semble-t-il,
particulièrement efficace. En fait, c'était quelqu'un qui était très doué. Il avait une vivacité d'esprit extrême, un grand charisme, et c'est quelqu'un qui, dès 2012, donc il était encore en dernière année de lycée, avait créé cette organisation visant vraiment les étudiants sur les campus universitaires, mais aussi dans les lycées, et qui a utilisé cette... qui allait partout débattre, on l'a beaucoup dit, c'est vraiment quelqu'un qui n'hésitait pas à porter la contradiction, à débattre avec tout le monde. Il ne se contentait pas des réseaux sociaux, des podcasts, etc. Absolument. Mais il en avait fait un business. Il avait... En fait, c'est vraiment la figure majeure. C'était...
Quand il est mort, on a vu les réactions officielles. C'était à la fois comme un membre de la famille de Trump. Il était extrêmement proche de Trump, le président, mais aussi de son fils, Donald Junior. Et la réaction de Trump aussi de mettre les drapeaux en berne, c'est comme si un membre du gouvernement était mort. Donc c'était une figure essentielle, avec tous les aspects de ce qu'est une figure essentielle aujourd'hui aux Etats-Unis dans le monde maga, c'est-à-dire un empire politique, un empire médiatique, quelqu'un qui en effet était devenu très riche, quelqu'un qui était devenu aussi un nationaliste chrétien un petit peu plus tardivement. Ça, ça date de la pandémie de 2020.
Au départ, ça n'était pas dans le corpus essentiel qu'il proférait partout. Et donc, c'est quelqu'un qui avait des millions d'abonnés sur les différentes plateformes, un des podcasts les plus suivis qui se déplaçait tout le temps avec une équipe vidéo pour pouvoir filmer et ensuite rediffuser. Et c'est comme ça que cet assassinat
a eu lieu en direct. Voilà. Et c'est une autre... Avec une diffusion qui transforme Laurie Kenton, l'exercice même de la communication politique. Puisque ce martyr, puisque c'est encore une fois l'expression employée par Donald Trump lui-même, c'est vraiment un phénomène que les réseaux sociaux façonnent, en quelque sorte.
Oui, il fait partie d'un écosystème médiatique très moderne de podcasteurs, de youtubeurs qu'on a un petit peu découvert. Le grand public a découvert ça l'été 2024 pendant la campagne de Trump quand Trump s'est mis à faire des podcasts où c'était des choses qui étaient enregistrées la plupart du temps et il apparaissait un petit peu comme presque le membre normal du plateau par rapport aux autres qui étaient un petit peu... C'est tout dire. Oui, voilà, qui étaient un petit peu haut en couleur, on va dire.
Charlie Kirk, lui, il avait la spécificité justement d'aller sur le terrain mais pas spécialement pour débattre, c'est-à-dire qu'il faisait semblant de débattre un petit peu mais enfin il assénait des vérités et quand on débat parfois on évolue. Lui, il n'évoluait pas. Il était là pour, en gros, filmer des va-et-vient avec les membres qui assistaient. Il y avait essentiellement des gens qui étaient d'accord avec lui, qui venaient le voir parce que c'est une célébrité aussi, c'est ça qu'il faut voir et dans le monde maga, on a à la fois le côté politique, le côté économique mais le côté célébrité.
Il ne faut pas oublier que Donald Trump est d'abord et avant tout une star de la télé-réalité avant de devenir un politique. Donc Charlie Kirk, c'est ça, il a des fans et puis en fait ce qu'il faisait c'est qu'il filmait des dialogues en fait, des débats. C'est difficile d'appeler ça un débat avec des figures détestées de l'extrême droite donc des espèces de woke avec les cheveux un petit peu roses etc. qu'il ridiculisait en direct en fait.
Des gens un petit peu de la gauche étudiante on va dire et qu'il ridiculisait en assénant des débats et donc en fait ça s'était mis sur YouTube et c'était toujours présenté de manière extrêmement violente c'est-à-dire Charlie Kirk descend, Charlie Kirk ridiculise.
Et en plus avec ce physique donc le beau gosse blanc puisque c'est comme ça qu'on parle aux Etats-Unis blanc caucasien athlétique jeune père de famille évidemment une femme blonde enfin
il coche toutes les cases de l'esthétique Maga effectivement alors elle n'est pas encore elle n'a pas encore eu ce qu'on appelle le Mar-a-Lago makeover c'est-à-dire l'injection massive de Botox de manière extrêmement ostentatoire comme on voit un certain nombre de femmes de cette galaxie Maga se transformer mais elle ressemble beaucoup en fait à la à la press secretary de Trump Caroline Levitt qui est un petit peu cet archétype de la blonde Maga
Alors expliquez-nous ce que l'on sait l'orique à ce stade du meurtrier présumé donc il s'appelle Tyler Robinson il a 22 ans il vient alors l'Utah il faut toujours s'en souvenir c'est le pays mormon donc c'est vraiment un milieu très très conservateur une famille républicaine semble-t-il qu'est-ce qu'on sait de ce garçon ?
Alors les informations dont on dispose filtrent doucement on sait qu'il a 22 ans ça c'est certain qui vient d'un coin rural de l'Utah alors l'Utah c'est quand même très très rural à part quelques points autour de Salt Lake City ou Provo où il y a l'université enfin le reste de l'Etat c'est vraiment l'Ouest américain donc très rural très conservateur très mormon pas forcément très trumpiste les mormons ont un gros problème avec Trump donc bon ça veut pas dire forcément anti-trumpiste mais ça veut dire que c'est pas forcément les conservateurs qui vont être très trumpiste comme on voit par exemple dans les Etats du Sud Mississippi Alabama et ce genre d'endroits c'est un petit peu spécifique mais c'est un endroit où on est tout sauf woke punk à chien cheveux roses et machin c'est pas du tout Portland si on veut
qui est ce que Trump déteste apparemment sur des cartouches retrouvées sur ce campus donc il y avait des inscriptions du genre espèce de fachos
prends ça fasciste oui il y a un certain pas mal que ça enfin oui ce qui est intéressant c'est que sur les messages qu'on a retrouvés semblent indiquer qu'il évoluait dans une espèce de galaxie extrêmement online et donc qu'il aurait été radicalisé par sa fréquentation extrêmement frénétique de certains réseaux sociaux et ces messages sont un petit peu codés et correspondent à cette espèce d'écosystème on va dire
avec beaucoup de jeux vidéo
avec des jeux vidéo avec des forums avec ce genre de monde en fait
Laurence Nardon vous rentrez des Etats-Unis hier donc merci beaucoup d'être avec nous avec ce décalage horaire qui est toujours assez désagréable le président des Etats-Unis était sur Fox donc sa chaîne favorite hier matin horaire américain pour annoncer en fait l'arrestation de ce suspect pour lequel il a immédiatement demandé la peine de mort et on s'attend toujours dans la tradition américaine ou dans notre tradition parce que la plus haute autorité de l'Etat est un message de réconciliation lui fidèle à son propre tempérament c'est l'inverse voici très exactement ce qu'il a dit sur Fox hier matin je cite les radicaux les radicaux de droite sont souvent radicaux parce qu'ils ne veulent pas le crime les radicaux de gauche sont le problème et ils sont vicieux et ils sont horribles et ils sont politiquement habiles donc comment situer ce genre de discours qui a été repris évidemment en coeur par les plus proches de ces de ces soutiens
oui immédiatement après l'attentat j'entendais déjà sur NPR qui est la radio qui est un peu le France Culture américain oui
et qui est d'ailleurs massacré enfin dont les subventions fédérales en tout cas sont coupées à tour de bras
oui mais comme on est aux Etats-Unis ils fonctionnent beaucoup par mécénat auprès du public donc je pense que ça devrait oui peut-être que France Culture
d'ailleurs pourrait y faire appel
je vous laisse voir en interne en tout cas il y avait déjà mais vraiment dans les heures qui ont suivi des commentateurs invités par cette chaîne donc très pluraliste des commentateurs magas qui en effet tout à fait comme le président Trump attaquait très clairement la gauche enfin les progressistes les libéraux comme ils disent aux Etats-Unis les libs en disant que c'était le discours de la gauche qui avait conduit directement le meurtrier à commettre son geste et donc il n'y avait effectivement pas du tout de volonté de réconciliation ou d'apaisement commun mais du du finger-pointing c'est-à-dire de la dénonciation de l'adversaire on est vraiment aujourd'hui de toute manière enfin on le sait bien nous qui suivons les Etats-Unis dans un moment très fort très intense de la guerre culturelle et de l'opposition entre cette extrême droite maga que suit Maya et puis les progressistes de l'autre côté et ce qui est vraiment très frappant et c'est la même chose depuis le premier mandat de Trump j'ai envie de dire c'est cet effet très bizarre quand on est aux Etats-Unis de rencontrer les uns et les autres successivement tous dans une sorte d'expression qu'on peut juger enfin que je juge pour ma part sincère a priori ils ont tous d'un côté et de l'autre l'impression d'être attaqués par des gens qui sont véritablement diaboliques
avec ce vocabulaire d'ailleurs le démon Stephen Miller qui est donc le directeur adjoint du cabinet à la Maison Blanche qui est l'idéologue en chef
qui a rédigé le discours d'intronisation de Trump en janvier 2017 le discours du carnage
du carnage c'est ça et donc Stephen Miller à propos de cet assassinat dit il faut vaincre le démon Bannon Stephen Bannon qui est un peu à l'écart mais enfin qui garde quand même qui est moins chrétien mais qui a une influence forte sur les réseaux magas a dit après l'assassinat nous sommes en guerre dans ce pays et Elon Musk qui n'est jamais en retard dit je cite la gauche est le parti du meurtre et donc on est vraiment dans cette espèce d'escalade qui n'est pas seulement verbale hélas
tout à fait et de l'autre côté les progressistes pensent eux aussi tout à fait sincèrement que les magas sont sont absolument affreux pensent ont tort sur toutes les valeurs qu'ils défendent et donc on est dans cette espèce de miroir inversé d'un côté et de l'autre je ne veux pas les renvoyer dos à dos mais c'est quand même très frappant et en même temps on est dans un monde où on se promène dans la rue le pays n'est pas complètement à feu et à sang les américains continuent à être extrêmement faciles d'accès volontiers bavards toujours souriants dans la rue donc on est quand même dans un paysage toujours aussi surprenant d'un point de vue politique pour nous européens
Corentin c'est l'ironie macabre c'est que le Charlie Kerr qui encore une fois n'était pas franchement tempéré dans ses dans ses déclarations publiques défendait mordicus le deuxième amendement de la constitution qui est donc le droit de porter des armes et il avait même dit évidemment tous ses tous ses propos ressortent sur les réseaux sociaux il avait dit oh là là quelques meurtres par balle de plus ce n'est pas grave ce qui compte c'est de défendre ce deuxième amendement donc voilà ce malheureux garçon une balle dans le cou et il est mort
oui oui en effet c'est vrai que cette déclaration est énormément ressortie elle montre surtout Charlie Kerr que c'est quand même quelqu'un qui incarne aussi la transformation idéologique et organisationnelle de ce qu'était le parti républicain il y a encore 13 ans et en particulier par exemple sur cette question de la défense du deuxième amendement évidemment avant 2012 le parti républicain était déjà le parti de la défense du droit de disposer des armes à feu mais ce qui est intéressant ici c'est qu'on voit qu'il avait fait donc premier amendement la liberté d'expression absolue qui n'est bornée que en quelque sorte par la jurisprudence de la cour suprême c'est à dire on a le droit de dire tout tout ce qu'on veut tout ce qui nous passe par la tête sauf si on incite directement à une action sauf si on incite à une action violente immédiate et encore faut-il qu'elle soit vraiment violente et immédiate et deuxième amendement comme vous le rappeliez c'est à dire vraiment il ne faut pas limiter le droit de chacun à posséder une arme à feu pourquoi et pourquoi Charlie Kirk faisait ça parce que évidemment dès que dans le camp d'en face on dit bah oui mais en disant n'importe quoi et en disant des propos parfois Maya Candel le rappelait extrêmement outrancier raciste comme lorsque parce que c'était assez récent là aussi il y avait chez Charlie Kirk il allait toujours plus loin dans la radicalité le fait qu'il ait réussi ça aussi il faudrait le souligner le fait qu'il se soit enrichi qu'il ait beaucoup réussi ne l'a pas modéré du tout c'est à dire que ses dernières sorties étaient encore plus radicales en particulier effectivement il avait beaucoup choqué la communauté africaine-américaine ces derniers temps en remettant en cause la loi de 1965 sur les droits civils qui a sorti les africains-américains de la ségrégation
et il disait oui les femmes noires n'ont aucun quotient intellectuel donc c'est pas la peine qu'elles prennent la place
de blanc bien sûr et ce qui est intéressant c'est de rappeler pourquoi ils faisaient ça parce que c'est une forme de piège tendu c'est à dire que si les progressistes réagissent en disant mais vous ne pouvez pas dire ça et bien évidemment le camp naga a beau jeu de dire mais vous êtes contre vous êtes donc contre la liberté d'expression vous êtes vous êtes des censeurs et on voit là tout le problème et si je reviens à votre question sur le deuxième amendement je crois que au-delà de cet assassinat il faut bien sûr rappeler que rien et jamais rien ne peut justifier l'assassinat politique en démocratie si on élargit un petit peu sur ce second amendement ce que je veux dire c'est que les armes à feu est-ce que c'est encore possible d'avoir 400 millions environ c'est une estimation d'armes à feu en circulation dans un pays qui ou en même temps on pourrait dire tout et n'importe quoi avec l'amplification apportée par les réseaux sociaux et est-ce que les Etats-Unis n'ont pas à se poser une question j'allais dire parce que civilisationnelle est-ce qu'ils peuvent continuer sur le même modèle de liberté d'expression absolue hystérisée par les réseaux sociaux avec 400 millions d'armes à feu en circulation parce que ce genre d'événement ne peut que se reproduire on aura toujours et on l'a eu souvent dans l'histoire américaine parce qu'il y a parfois des véritables motifs politiques mais souvent les grands assassinats politiques aux Etats-Unis c'est le fait d'illuminer qui veulent leur moment de gloire qui veulent leur 5 minutes de gloire et qui profitent des armes à feu en abondance donc est-ce qu'il n'y a pas une question à se poser est-ce que ce modèle-là peut encore se poursuivre aux Etats-Unis
c'est une question évidemment qui devrait occuper le débat public en son centre et ce n'est pas le cas et Laurence Lardon je crois que sur 45 présidents américains puisque Trump il est à la fois 45 et 47 il y a eu donc sur 45 présidents 10 attaques par balle 4 présidents tués et 3 blessés dont Trump lui-même donc quelles sont les racines historiques de cette violence politique
oui en effet la violence politique aux Etats-Unis qui connaît aujourd'hui un pic en fait ce n'est pas non plus un coup de tonnerre dans un ciel serein il y a un terreau de violence politique très ancien aux Etats-Unis vous avez rappelé les présidents etc si on parle par exemple des années 60 il y a le président Kennedy son frère Martin Luther King et Malcolm X sont descendus pendant cette décennie donc ça n'est pas nouveau
et ces derniers mois il y a eu cet élu démocrate du Minnesota et son mari abattu par un évangélique de Maga illuminé là le président Trump n'a n'a pas commenté n'a fait aucun commentaire il y a eu le mari de Nancy Pelosi donc l'ancienne patronne démocrate de la chambre des représentants et là le Charlie Kirk a dit bravo au type qui avait frappé ce vieux monsieur avec un marteau enfin on est on est quand même
dans un univers oui tout cela n'est pas nouveau il y a eu aussi une guerre de sécession qui a fait des millions de morts dans le pays alors si on remonte aux origines une interprétation c'est de dire que finalement les colons britanniques lorsqu'ils réclament leur indépendance en 1776 ont pour revendication majeure parmi d'autres mais majeure le droit de porter des armes puisqu'il venait d'Europe où depuis des siècles finalement la plèbe avait remis son droit de porter des armes le droit de se défendre à la noblesse on est dans le Moyen-Âge et au roi et au roi et donc n'avait pas le droit le citoyen de base enfin le sujet de base n'a pas le droit de porter des armes quand il arrive dans le nouveau monde il réclame le droit de porter des armes ce qui tombe bien puisque de toute manière les colons avant l'indépendance et ensuite les nouveaux citoyens américains après ont besoin de porter des armes parce que l'état est très faible ils ont besoin de se défendre contre les bêtes sauvages des Amérindiens dans la conquête de l'Ouest si vous voulez et donc il y a cette histoire des Etats-Unis dans lequel le droit de port d'armes est absolument fondamental déjà par rapport aux origines européennes par rapport à la situation d'un pays à conquérir et avec évidemment la conséquence qui est que la défense l'auto-défense le fait de se protéger des menaces reste pour les Américains d'aujourd'hui avec leurs 400 000 armes en circulation quelque chose qui relève beaucoup plus de soi-même de la famille du père de famille éventuellement que nous en Europe où nous avons conservé cette notion d'une défense qui est assurée par d'autres pour nous et qui est assurée chez nous en particulier par l'Etat exactement et donc voilà une sorte de substrat très puissant dans la conscience collective des Américains qui explique en partie évidemment l'importance du second amendement et la facilité avec lesquelles on prend les armes pour se défendre avec ce risque de violence politique on voit se réaliser depuis toujours mais très particulièrement dans la période actuelle hystérisée par le trumpisme
Maya Candel est une violence comment dire qui sort pratiquement du champ politique un champ politique qui semble être réci puisqu'on a affaire à un président qui élargit le champ de l'exécutif au dépens du congrès en particulier et qui utilise l'armée qui politise l'armée ce qui n'est pas du tout dans la tradition américaine soi-disant pour lutter contre l'immigration illégale c'est d'ailleurs très populaire il ne faut pas se tromper semble-t-il dans l'opinion américaine et qui utilise l'armée aussi dans les villes ce qu'on appelle là-bas les villes bleues le bleu c'est la couleur du parti démocrate donc ça a commencé à Los Angeles là c'est Washington DC et hier Donald Trump a annoncé bientôt Memphis et Chicago parce que Chicago pour lui c'est la cible
oui oui je crois que le principal danger risque conséquence de cet assassinat qui a un retentissement considérable aux Etats-Unis c'est effectivement la politisation l'augmentation de cette politisation de la justice y compris la militarisation du maintien de l'ordre a des fins politiques pour poursuivre les opposants et plusieurs analystes conservateurs ont plaidé pour revenir ou ont évoqué l'époque du FBI de Hoover qui notoirement poursuivait des militants politiques mais je voulais juste ce que disait Laurence Narnon le point de vue historique ça me rappelait cette citation de Pierre Asner qui écrivait sur les Etats-Unis qu'il y avait eu de la violence politique en Europe dans les siècles passés la pratique des duels etc mais il disait c'est quelque chose qui a survécu beaucoup plus longtemps aux Etats-Unis pendant l'épisode de la guerre de sécession il y a eu des affrontements armés entre élus à l'époque et pour venir à la période actuelle effectivement je crois qu'on est dans une période maintenant c'est clair de retour de la violence politique aux Etats-Unis comparables plutôt aux années 60 parce qu'on a pour qu'il y ait une guerre civile beaucoup de gens parlent de guerre civile vous avez cité également Steve Bannon d'autres qui disent nous sommes en guerre c'est la guerre pour qu'il y ait guerre civile il faut qu'il y ait deux armées organisées on n'en est pas là en revanche on a effectivement Corentin Selain le rappelait un pays qui est armé jusqu'aux dents des deux côtés et depuis quelques années depuis un peu plus de dix ans mais surtout depuis l'assaut sur le Capitole en janvier 2021 vraiment une augmentation frappante des assassinats ou des tentatives d'assassinat politique les derniers qui ont touché des élus démocrates ça évidemment les gens de droite ne le rappellent pas aux Etats-Unis y compris Trump et ce qui est extrêmement préoccupant dans le climat actuel c'est que même dans les années 60 les leaders politiques des deux partis condamnaient l'utilisation de la violence condamnaient ce genre de meurtre là aujourd'hui on a depuis quelques années et c'est évidemment l'influence de Donald Trump il ne faut pas se voiler la face on a un parti un des deux grands partis qui ne condamne pas ces actes de violence politique sauf quand ces actes-là frappent sauf quand ça frappe leur camp mais c'est quand même problématique et encore c'est quand même problématique on a vu au congrès lorsque le speaker Mike Johnson a essayé de déclarer une minute de silence on a vu des élus accuser le parti démocrate pas la gauche radicale ou les woke etc mais les élus démocrates
dans un pays où on mésestime toujours l'imprégnation religieuse des élus démocrates qui ont refusé de s'associer à une prière collective en l'honneur de ce malheureux garçon assassiné certes
mais le fait est que les républicains sont en train aussi de changer la discussion les termes de la discussion là-dessus là encore c'est comme sur la question de la liberté d'expression il y a une redéfinition des termes qui rend toute cette analyse complexe mais les Etats-Unis ne sont pas un pays religieux il faut toujours le rappeler mais les mentions de In God We Trust ça date de Eisenhower le premier amendement établit aussi que la religion qu'il n'y a pas de religion d'Etat et que la religion fait partie de la sphère privée il y a une réécriture aussi de tout ça de la part du camp républicain une offensive très forte alors qui date là encore qui est une réaction aux années 60 et à un certain nombre d'événements politiques de cette époque mais en fait il y a une redéfinition d'un certain nombre de termes qui rend la discussion très compliquée aujourd'hui et encore une fois on le voyait d'ailleurs même sur les hommages ou un certain nombre d'analyses qu'il y a eu sur Charlie Kirk lui-même disant que par exemple Ezra Klein du New York Times qui disait il est mort alors qu'il exerçait le droit le plus fondamental de la démocratie c'est vrai mais il exerçait le débat d'une manière particulière qui est aussi propre à la droite aujourd'hui aux Etats-Unis et qui repose aussi sur beaucoup de mensonges c'est quelqu'un qui pouvait asséner, répéter les yeux dans les yeux qu'il n'y avait pas eu de mort démocrate victime d'assassinat politique
il y a un mois et que Donald Trump avait évidemment gagné et non pas de journalistes voilà ou encore que
Zohram Mamdani le candidat démocrate de New York représentait la même idéologie et le même mouvement politique qui avait détruit les Tours jumelles le 11 septembre 2001 ça c'était encore il y a deux mois donc il faut quand même rappeler la teneur des propos qui étaient proférés par Charlie Kirk et par d'autres ce qui évidemment
ne diminue pas n'enlève en rien comme le rappelait Corentin Salin l'horreur de l'assassinat lui-même mais Laurie Kenton ce qui est évident c'est que le président des Etats-Unis donc ne tient pas ce langage de réconciliation nationale c'est le gouverneur républicain de l'Utah qui est lui-même mormon qui lui a appelé à la modération non à l'escalade de la violence etc il y a aussi donc de la part du président et de ses conseillers une récupération politique qui vient à point au moment où l'affaire Epstein continue de troubler les magas et le Charlie Kirk qui lui-même disait il faut toute la transparence là-dessus après il est rentré dans le rang mais donc est-ce qu'il n'y a pas aussi comment dire une opportunité politique pour la Maison-Blanche d'exploiter le terme est affreux mais d'exploiter cet assassinat
oui d'une certaine manière oui c'est-à-dire que c'est un véritable coup pour la Maison-Blanche parce que c'était quand même quelqu'un qui était au centre d'un dispositif de mobilisation des jeunes qui était quand même absolument central c'est quelqu'un qui est relativement irremplaçable par son talent de mobilisation et en même temps c'est quelqu'un qui était personnellement très proche de beaucoup de gens à la Maison-Blanche et donc humainement c'est une véritable perte mais effectivement ce que l'on voit assez rapidement c'est que Trump fait du Trump il hystérise et il nourrit ce climat apocalyptique et j'insiste sur le terme religieux où chaque camp et notamment le camp républicain et ça revient à ce que disait Laurence Nardon sur les armes chaque camp voit l'autre camp non pas seulement comme le camp du mal mais comme le camp du mal qui est sur le point de prendre et de déposséder le pays et donc on est sur le point de perdre la partie et donc c'est pour ça qu'il faut des armes parce que depuis la révolution il y a le côté pratique il n'y a pas de police il n'y a pas d'armée donc il faut des armes et puis il y a le côté idéologique on est face à une tyrannie et donc les armes sont la garantie contre la tyrannie mais ça c'est le discours et il y a la politique
et la politique encore une fois l'affaire Epstein on voit bien le désarroi de Trump lui-même et en particulier de sa ministre de la justice qui est d'ailleurs son ancienne avocate Pam Bondy qui commençait par dire ah ben j'ai la liste des amis etc d'Epstein sur mon bureau ensuite elle a dit il n'y a pas de liste et puis il a dit ah ben je publie la liste et puis le pompon c'est quand même le speaker de la chambre des représentants Mike Johnson qui a dit que Trump avait été un informateur du FBI alors on je veux dire on est là aussi dans il n'y a qu'en Amérique qui a ce genre de saga
alors c'est un feuilleton absolument incroyable qui est largement alimenté par Trump mais Trump il a un talent certain mais parfois imparfait pour changer de sujet et c'est à dire pour changer le récit quand il ne l'arrange pas c'est à dire qu'il y a des mauvais chiffres économiques il y a l'affaire Epstein alors l'affaire Epstein c'est vraiment le sparadrap du capitaine Haddock il n'arrive pas à s'en débarrasser il arrive à se débarrasser d'absolument tous les sujets mais celui-là il n'y arrive pas et évidemment quand Charlie Kirk s'est fait tirer dessus un des points qui est remonté sur les des comptes Twitter plutôt de gauche c'est tiens c'est bizarre et lui qui voulait rendre public le dossier Epstein disparaît donc évidemment il y a un complotisme également de gauche sur cette affaire Epstein et sur le fait qu'on nous cache tout on nous dit rien et qu'il y aurait une forme d'opportunité bon c'est évidemment pas lié mais c'est quelque chose qui a alimenté le débat Trump est très embêté par ça il n'arrive pas à en sortir il menace le procès en diffamation avec des montants absolument exorbitants tout média qui le met devant un certain nombre de contradictions donc évidemment il a tout intérêt à sortir ce sujet de l'actualité là il a une très bonne occasion il y en aura d'autres évidemment mais on note que le sujet revient systématiquement sur la table notamment par le biais du Congrès
Corentin c'est dans ce climat que démarre en fait la campagne qui devrait être une campagne politique au sens traditionnel du terme pour les élections de mi-mandat qui auront dû conclure en novembre 2026 et on sait que le président Trump a déjà décidé qu'il n'y aurait plus de vote par correspondance puisque son ami Vladimir Poutine grand connaisseur des pratiques démocratiques lui a dit que c'était à cause du vote par correspondance que Trump qui avait en fait selon Poutine gagné l'élection de 2020 c'est ainsi grâce à votre correspondance que les démocrates avaient pu tricher donc comment cette campagne peut-elle démarrer dans un tel climat que nos amis ici présents ont si bien décrit jusqu'ici
alors elle démarre effectivement de façon très inquiétante au moins sur deux points par rapport à cette mesure qui a été prise effectivement par Trump c'est un décret présidentiel on n'est pas du tout certain qu'il ait le droit d'ailleurs de promulguer un tel décret présidentiel relativement aux conditions de vote puisqu'il faut rappeler que théoriquement ce sont chaque état qui détermine les modalités du scrutin donc c'est plus une volonté de sa part de rappeler qu'il est très hostile au vote par correspondance même s'il en tant qu'électeur il l'a pratiqué très fréquemment mais de manière peut-être encore plus inquiétante l'administration Trump est en train d'essayer de se procurer auprès de certains états locaux les listes électorales de faire remonter les listes électorales au centre à Washington ce qui est encore une fois complètement contraire à toute la tradition démocratique américaine où les élections s'organisent localement pour éviter justement et on retombe là vraiment dans la fondation des Etats-Unis pour éviter tout risque de tyrannie centralisatrice et quand même il est assez inquiétant de voir le ministère de la justice fédéral essayer de commencer à voir de faire remonter les listes électorales à lui et on a vu par ailleurs que ce ministère de la justice et le ministère de la sécurité intérieure en l'occurrence le ministère de la sécurité intérieure a embauché comme consultante comme responsable de l'intégrité des élections une ancienne propagatrice des mensonges de Donald Trump donc ça aussi c'est très inquiétant de voir les anciens apôtres du déni électoral qui ont soutenu ce mensonge de Trump sur l'élection de 2020 devenir les responsables dans l'état de l'intégrité des élections autre signe d'inquiétude Trump a un problème politique relativement simple pour ses élections à venir c'est que même s'il est un petit peu moins impopulaire au même moment que lors de son premier mandat il est quand même impopulaire il est autour dans le dernier baromètre Gallup il est autour de 40% d'approbation chez nous
ça ferait rêver ça ferait rêver
mais selon les critères américains il est à part lui-même et Joe Biden il est le président le plus impopulaire de l'histoire récente donc il est impopulaire on voit venir à cause de ses tarifs douaniers il y a quand même un refrémissement inflationniste et on a vu à quel point l'inflation pouvait être mortifère avec Biden pour n'importe quel parti politique et candidat politique donc il a quand même un problème avec ses élections de mi-mandat et on a l'impression pour revenir au sujet de notre débat qu'au lieu de jouer la modération ce fameux pivot vers le centre qu'on attend de Trump depuis qu'il est entré en politique on dit toujours oui il va pivoter il va se modérer vous allez voir et pas du tout il court toujours vers le plus de radicalité et ce qu'on voit effectivement là c'est qu'à l'orée des élections de mi-mandat outre le contrôle qui semble vouloir établir sur les procédures électorales depuis le centre fédéral de Washington il y a une sorte de fuite en avant vers la radicalité et en particulier et c'était déjà le cas avant l'assassinat de Charlie Kirk mais l'assassinat de Charlie Kirk le renforce un discours qui devient de plus en plus violent dans les mots contre contre la gauche et contre les démocrates vous parliez de Stephen Miller tout à l'heure donc qui est son gourou son idéologue c'est passé un petit peu inaperçu mais il n'y a qu'un jour Stephen Miller a quand même dit du parti démocrate que c'était devenu le parti anti-américain le parti des immigrés clandestins des woke et de tous ceux qui détestent l'Amérique laissant entendre qu'à un moment donné il faudrait peut-être s'en occuper de ce parti démocrate on est quand même dans un climat de disqualification de l'adversaire de la part de l'administration Trump et d'un mineur qui là aussi laisse mal augurer de ces élections de mi-mandat en créant un climat politique détestable
Laurence Nardon ce parti démocrate où disons un électorat diffus disons les libéraux comme on dit là-bas les progressistes au-delà même du parti lui-même qui semble à la fois complètement paumé il faut bien le dire ne sachant pas comment répondre ni à la violence du discours ni même aux arguments dont on vient d'exposer à la fois la violence et la variété et le seul qui semble avoir trouvé un biais c'est le gouverneur de Californie Gavin Newsom qui ne cache pas ses ambitions pour la présidentielle de 2028 et qui en fait a compris qu'il fallait imiter le langage de Trump donc à la fois pour se moquer de lui avec une casquette Newsom a raison sur tout comme Trump Trump a raison sur tout avec les casquettes avec les messages sur X Twitter en majuscule avec plein de points d'exclamation mais au-delà de Newsom lui-même qui dans la caricature utilise en fait le même méthode de communication on a l'impression que les libéraux ne savent pas comment répondre à ce conservatisme de plus en plus agressif
oui on a vraiment l'impression depuis novembre 2024 que les démocrates sont totalement dans un état de sidération totale et oui Newsom troll le président c'est l'expression des jeunes d'après ce que j'ai compris de manière assez efficace il a aussi été sur le podcast de Joe Rogan qui est un autre influenceur MAGA pour essayer de faire du Charlie Kirk à l'envers c'est-à-dire d'engager la conversation avec l'adversaire pour essayer de les prendre à défaut de leur clouer le bec alors il a à peu près réussi mais il s'est fait mal voir de membres de son propre parti pour avoir parlé à l'adversaire et là ça pointe l'un des problèmes du parti démocrate qui est sa division encore aujourd'hui puisque nous avons toujours une gauche du parti démocrate très virulente et assez affaiblie en réalité et un courant centriste du parti démocrate donc ce qui reste de l'administration Biden qui est un véritable problème parce qu'ils sont arrivés au pouvoir en 2020 avec un projet de guérison de l'Amérique on pensait ils espéraient à l'époque que la période Trump avait été un accident et que maintenant on allait pouvoir reprendre le cours normal des choses et donc ils sont arrivés avec ce projet de guérison d'apaisement que Biden a porté dans de nombreux discours et aussi de reconstruction de la classe moyenne américaine par le biais des Bidenomics cette politique économique de Biden qui visait à engager enfin ce qu'ils ont fait d'ailleurs d'énormes financements fédéraux pour reconstruire et réengager une prospérité des classes moyennes et aujourd'hui qu'ils ont perdu les élections en fait ils sont bien normal de trouver un nouveau projet puisque ce projet qui était sur le papier assez vertueux en 2020 n'a pas fonctionné en tout cas n'a pas fonctionné dans les urnes et on voit aujourd'hui qu'ils sont tout à fait à sec en termes de programme et donc une gauche on va l'appeler extrême gauche sauf qu'elle n'est pas très extrême pour nous français mais enfin bon bref un courant de gauche et un courant centriste qui sont également perdus aujourd'hui sur les grands sujets que Trump va mettre sur le devant de la scène pour la campagne qui s'annonce qui sont d'une part le crime la criminalité et d'autre part l'immigration c'est les gros sujets et ce sont des sujets
qui sont soutenus majoritairement par l'opinion publique oui
et c'est sur ces sujets que Trump ces deux sujets criminalité qui sont d'ailleurs tout à fait liés dans l'esprit de Trump puisque c'est enfin il explique à longueur de journée que ce sont les immigrés illégaux qui commettent le plus de crimes bon bref c'est sur ces deux sujets qu'il prétexte l'envoi de la garde nationale puisque Los Angeles c'était pour rafler des illégaux et Washington c'était pour rétablir l'ordre l'ordre public dans les rues
mais et c'est ainsi qu'on voit surgir à New York en particulier ce personnage donc un musulman chiite mandani qui incarne en fait Laurie Kenton une sorte de populisme de gauche et qui prend au dépourvu le parti démocrate traditionnel et qui pourrait être dans son langage dans son habileté en particulier avec les vidéos de campagne etc une réplique de certaines techniques utilisées par la droite extrême
il a été très bon il est très bon à New York mais c'est aussi un écosystème très particulier New York et donc c'est pas forcément quelque chose qui est réplicable en dehors de quelques grandes villes l'autre modèle qui est peut-être l'avenir et c'est ce qu'on va voir en novembre pas 2026 mais 2025 du parti démocrate c'est le modèle virginien on a une candidate au poste de gouverneur de Virginie Abigail Spanberger qui a été à la chambre des représentants qui est une ancienne qui a un background CIA etc et ça c'est l'autre grand point sur lequel les démocrates comptent c'est prendre des gens qui ne font pas peur à l'autre côté et au grand centre américain c'est-à-dire fuir leur image justement new-yorkaise grande ville experts
avocats élites déconnectées
et aussi ultra militants ultra activistes pour des gens qui ne sont pas justement ce que dénonçait Stephen Miller des anti-américains mais des patriotes des gens qui ont servi sous les drapeaux des gens qui ont fait du renseignement à la CIA etc qui ont ce profil patriote et qui sont également qui peuvent être également des démocrates et donc il y a ces doubles profils très activistes très populistes de gauche qui fonctionnent bien sur les campus et dans les grandes villes et donc c'est là qu'on voit la tournée de Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez qui réunit des foules donc ça marche mais ça c'est vraiment l'extrême gauche du parti démocrate c'est l'extrême gauche du parti démocrate mais il y a un certain public pour ça mais c'est pas suffisant pour gagner des élections et donc l'autre côté le côté plus centriste plus patriote on va dire dit c'est nous la véritable variable qui va nous permettre de gagner ce centre que l'on convoite depuis très longtemps et qui a peur de nous parce qu'on utilise aussi des mots toute une rhétorique qui est complètement déconnectée de ce que les et qui est un peu caricatural de ce que le vrai électorat centriste encore influençable veut entendre
mais on en vient donc Maya Candel à ce que Donald Trump transforme véritablement c'est à dire le vocabulaire même de la politique et par voie de conséquence les arguments utilisés et c'est bien en fait une révolution que Donald Trump et son mouvement MAGA essayent d'imposer
aux Etats-Unis oui absolument je crois que évidemment sur ce côté démocrate il y a ces divisions qui ont été très bien rappelées mais ce dont il faut se souvenir aussi c'est que le parti républicain aussi était loin d'être uniforme avant sa prise par Donald Trump il y avait aussi une aile très extrême et une aile beaucoup plus centriste ce que l'OPA si on veut de Trump en 2016 montre c'est la prise du parti par l'aile extrême mais effectivement comme vous le dites au-delà je pense que le Trump le Trumpisme c'est aussi une nouvelle manière de faire de la politique donc les démocrates ont du mal à répondre en termes de contenu il y a beaucoup de débats très vifs là-dessus au sein du parti démocrate y compris avec un certain nombre de journalistes ou d'éditorialistes qui apportent leurs graines et Sra Klein à nouveau avec son idée d'abondance qui ressemble quand même beaucoup aussi à ce que fait Trump je trouve mais au-delà il y a cette question parce que le Trumpisme c'est à la fois de la politique mais c'est une stratégie de communication il a transformé la politique en une stratégie de communication et là-dessus les démocrates ont beaucoup de mal à répondre sur la forme aussi et effectivement deux réponses qui semblent s'esquisser il y a Newsom vous en parliez qui avait d'ailleurs invité Charlie Kirk sur son podcast Mamdani qui est à New York qui bénéficie aussi des conditions très particulières de cette élection à New York parce qu'il faut voir qui d'autres il y avait comme candidat à la primaire démocrate et on a vu d'ailleurs beaucoup de manœuvres du camp Trump pour essayer d'enlever des candidats de leur proposer des postes à Eric Adams ou autre pour éviter justement cette élection annoncée Eric Adams
qui est l'ancien policier devenu maire de New York à peu près convaincu de corruption et lui ambassadeur
en Arabie Saoudite ce qui est un casting c'est absolument la politique new-yorkaise est assez fascinante effectivement en ce moment mais voilà je crois qu'il y a vraiment ce débat qui est un peu en fait entre une équipe entre ceux qui pensent qu'on peut continuer à faire de la politique normalement c'est un peu ce que disait Michel Obama quand ils vont très bas nous restons nous restons hommes nous restons dans les hauteurs bon ça clairement ça n'a pas marché mais il y en a qui veulent continuer comme ça et puis d'autres aujourd'hui qui disent non non mais on est dans une ère politique complètement anormale et donc il faut nous aussi nous devons utiliser ces codes là et pour revenir à Charlie Kirk Trump a vraiment été le bulldozer il a pulvérisé toutes les institutions toutes les organisations du parti républicain traditionnel que ce soit sur le plan idéologique dans les centres de réflexion que ce soit sur les campus aussi l'organisation de Charlie Kirk a remplacé parce qu'elle réussissait beaucoup mieux des organisations qui existaient auparavant de républicains de jeunes républicains sur les campus et au parti démocrate il y a encore la vieille garde les vieilles institutions le vieux vocabulaire le vieux vocabulaire et il n'y a pas eu encore l'émergence certains diraient c'est aussi une conséquence de l'ère Obama mais bon ce serait aller trop dans les détails mais voilà il n'y a pas eu l'émergence de nouveaux leaders de nouvelles institutions une sorte de mise à jour de ce qu'est la politique aujourd'hui alors je voudrais vous citer
ce qu'a dit la veuve de Charlie Kirk donc c'est toute jeune femme deux jeunes enfants qui a déclaré qui a fait un discours extrêmement politique hier au moment où J.D.
Vance donc le vice-président qui était très proche de Kirk Kirk l'avait recommandé d'ailleurs pour le poste de vice-président voilà ce que dit la veuve qui promet en fait de poursuivre l'oeuvre du mari je la cite coiffée désormais de la couronne glorieuse des martyrs je la cite ils ont tué Charlie parce qu'il prêchait un message de patriotisme de foi et d'amour miséricordieux de Dieu vous n'imaginez pas ce que vous avez déclenché dans ce pays et dans le monde entier vous n'imaginez pas le feu que vous avez allumé chez sa femme les cris de cette veuve donc elle parle d'elle-même résonneront dans le monde entier comme un cri de guerre Maya Candel est-ce que c'est hélas la conclusion très provisoire qu'il faut apporter à notre discussion c'est cette espèce de rage au-delà de l'émotion que l'on peut comprendre que l'on peut partager mais une rage qui encore une fois est habitée par autre chose
oui je crois que c'est extrêmement préoccupant la dirigeante d'une des principales organisations chrétiennes sur le sujet de l'assassinat du meurtre de Charlie Kirk évoquait Jésus disant lui aussi a été tué mais son oeuvre ses paroles ont eu un ascendant beaucoup plus grand par la suite et donc le fait effectivement de faire immédiatement de Charlie Kirk un martyr va donner beaucoup plus d'ampleur encore à ce mouvement à ses propos et effectivement encore une fois il faut voir les caractéristiques de cette violence politique en augmentation aux Etats-Unis aujourd'hui elle est plutôt l'oeuvre à chaque fois d'individus qui sont jeunes qui sont des hommes qui sont extrêmement en ligne qui sont isolés je pense que des spécialistes du terrorisme d'autres natures pourraient en parler aussi et c'est dans le climat de polarisation actuel où les adversaires politiques sont transformés en ennemis déshumanisés c'est extrêmement préoccupant on a vu toute une série d'élus annuler leur déplacement leur prise de parole certains disant vouloir renoncer à se représenter et en effet on a des dirigeants ou des porte-paroles du mouvement qui jettent de l'huile sur le feu Steve Bannon extrêmement influent qui dit c'est la guerre et au sommet de l'Etat donc un président Trump qui lui-même attise ses flammes attise cette polarisation et fait tout sauf appeler au calme et une volonté
de contagion Laurence Nardon brièvement on a vu au Parlement européen tout à coup enfin une partie de l'hémicycle donc la droite pour aller vite se levait en hommage à Charlie Coeur que la gauche refusait de s'y associer est-ce que ça veut dire aussi que nous autres en Europe rapidement ce sera l'objet d'une autre émission nous sommes entraînés dans cette escalade en tout cas verbale
ce qui est certain et ce qui est très frappant depuis de nombreuses années c'est l'importance des liens et des rencontres et des échanges entre les courants MAGA aux Etats-Unis et les courants d'extrême droite en Europe et d'ailleurs ailleurs dans le monde on a vu Steve Bannon s'impliquer dans la campagne des européennes de 2019 par exemple Elon Musk Elon Musk et donc J.D. Vance l'importance oui J.D.
Vance avec son discours de Munich en février dernier où il nous a tancés pour notre irrespect à ses yeux de la liberté d'expression enfin il y a des échanges intellectuels très nourris entre l'extrême droite nord-américaine enfin états-unienne on va dire et européenne c'est ce dont vous parlez là
et ce dont on discutera tous ensemble j'espère prochainement merci donc à vous quatre Laurence je rappelle votre ouvrage géopolitique de la puissance américaine aux presses universitaires de France l'an dernier et puis chaque semaine votre podcast New Deal qui est coproduit par Slate et par TTSO qui est donc un site qui est assez rigolo il faut bien le dire Maya je recommande très vivement votre première histoire du trumpisme que vous avez publié chez Gallimard au printemps dernier qui est vraiment une excellente synthèse de ce monde qui nous paraît quand même encore très étranger Laurie Kenton Atlas historique des Etats-Unis réédité aux éditions autrement et puis le rêve américain à l'épreuve de Donald Trump un ouvrage que vous avez dirigé qui est paru chez Vendémière Quentin Célin alors vos chroniques sur l'excellent site lesjours.fr et vous avez publié en mars de cette année Comprendre la victoire de Trump dans la revue L'économie politique voilà la réalisation ce matin Luc-Jean Reynaud bien sûr à la technique Anthony Thomasson Théa Corler m'a aidé à préparer cette émission ainsi que Carole Roy de la documentation de Radio France et voici dans un instant les carnets de santé de Marina Carrère dans cause à samedi prochain très bon week-end