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interviewAssemblée nationale (sur YouTube)· 9 avril 2026 65 min

🔴 Audition des anciens maires de Calais et de Grande-Synthe par la commission d'enquête

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

2019 euh MPS puis Europe écologie les vert et vous avez vous êtes député européen depuis 2019, excusez-moi. Donc vous êtes toujours députés européens. Donc merci de venir témoigner devant notre commission d'enquête de ce que fut votre expérience de maire.

Donc en première ligne pour gérer les conséquences des accords euh de coopération franco-britannique en manè en matière migratoire de prix près de 25 ans. Il [grognement] est important pour nous de recueillir votre parole comme nous avons déjà recueilli en février dernier celle de l'actuel maire de Calé, madame Natacha Bouchard ou encore celle de l'ancien premier ministre Bernard Cazu. Donc j'ajoute que nous allons auditionner dans les semaines qui viennent d'autres élus du territoire concerné, notamment les présidents de conseils départementaux du Nord et du Pas de Caléis et ainsi que le président de la région Haute-de-France.

Je dois vous préciser, mais vous le savez que cette audition est ouverte à la presse et qu'elle est retransmise sur le site de l'Assemblée nationale et également que l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958 relative à l'organisation de nos assemblées parlementaires euh précise et elle même impose que [grognement] les personnes auditionnées dans le cadre d'une commission d'enquête doivent prêter sera de dire la vérité. toute la vérité, rien que la vérité. Et donc, je vais vous demander à tour de rôle d'allumer votre micro, de lever la main et de dire je le jure.

Donc, monsieur Damien Carem, je le jure. Merci monsieur Jacken, je vous remercie. Et donc, je vous donne la parole pour un propinaire.

Je sais pas si euh vous avez un un ordre dans lequel vous vous êtes accordé. Alors au au au b au bénéfice de l'âge de 4 jours, c'est ça ? Donc au bénéfice de l'âge de 4 jours, monsieur Jacky Ena.

Mesdames, messieurs les députés, mesdames messieurs, nous vous remercions Damien et moi de nous avoir invité à à pouvoir donner un avis sur une période de vie qui marque les individus. On ne sort pas indemne de ce que l'on voit. On ne sort pas indemne de ce que l'on vit.

Et pour bien vous en apercevoir, vous devriez inviter les deux sous-préfets de CAD avec lesquels j'ai travaillé à l'époque, Yannickbert et Patrick Espagnol qui étaient des grands serviteurs de l'État et qui vous diront que quand on est responsable au nom de l'État de la gestion de tels problèmes, ça marque. Ça marque pour longtemps. Il y a toujours eu de la migration.

Les ports du nord comme les ports de toute la France ont toujours vu passer par leur secteur des gens qui souhaitent aller un endroit ou un autre. Et la Grande-Bretagne a tout le temps attiré. Elle a tout le temps attiré pour quatre raisons qui sont les mêmes aujourd'hui qu'elle l'était hier.

La première c'était euh l'histoire, les liens qu'avaient eu les populations autochtones avec la Grande-Bretagne, l'occupation ou autre. La seconde, c'est la langue parce que tout le monde dans le monde essaie de parler anglais pour pouvoir se faire comprendre un tout petit peu et donc ça aide. La deuxième des raisons qui attire en Grande-Bretagne, c'est que c'est un pays où l'on peut vivre sans pièces d'identité.

La troisième raison, ce sont les réseaux, je dirais amicaux, familiaux, de village, de connaissance. Les raisons plus occultes, ceux de la mafia qui se font de l'argent sur le dos du malheur. Et puis la 4ème raison, et elle reste vraie aujourd'hui, c'est que pour travailler au noir, c'est le meilleur pays de l'Europe.

Ils sont plus dedans mais ils sont à côté. C'est le meilleur pays. C'est tellement vrai que vous reprendrez de nombreux articles qui sont parus à l'occasion des Jeux Olympiques de Londres qui évaluait à plus de 20 % le nombre de salariés qui travaillaient au noir pour les entreprises.

C'est vous dire que les anglais qui disent qu'ils n'ont besoin de personne ont besoin en permanence de nouveaux arrivant pour venir entrer dans le processus économique en Grande-Bretagne. Il y a toujours eu de la migration. Il y avait une association à Calé qui s'appelait la Belle étoile qui essayait avec les moyens qu'elle avait de rendre service à ceux qui étaient déjà à la rue.

Mais ça explose au moment de ce que l'on a appelé la guerre des Balcons. Ça explose. Pourquoi ?

Bah parce qu'il y a un fait un fait précis qui se passe à Calé. Il y a un parc en face de la mairie. C'est un magnifique parc comme le sont tous.

Toutes les mairies aiment bien avoir des parcs pour que les gens puissent aller. Et il se trouve qu'on est octobre novembre. Il y a un promoteur immobilier qui procède à la rénovation des anciens hospices de Calé et il y a à peu près 150 à 200 personnes qui sont en provenance du Kosovo et qui souhaitent aller en Angleterre et qui sont à la rue.

Et comme le temps menace, ils sont allés chercher des plaques de placoplâtre sur le chantier pour se faire des cabanes. Sauf que les plaques de placoplâtre, ça n'aime pas beaucoup l'eau. Et là, on a eu tous les journalistes et ça a commencé comme ça.

Derrière derrière toutes les guerres toutes les guerres ont amené de nouveaux arrivants. Et c'est pas demain que ça va s'arrêter parce qu'au Liban, c'est 1 million de déplacés en peu de temps. Et donc à chaque fois qu'il y a un mouvement dans le monde de guerre, il y a des gens qui arrivent pour les mêmes raisons que je l'ai dit par rapport à l'Angleterre.

Alors, j'en arrête là. parce que on a vécu 26 ans, on a essayé des choses, on a arrêté des choses. Moi, je voudrais dire à titre personnel qu'il y a quelque chose qu'il faut vraiment bannir du discours français, c'est l'histoire de l'appel d'air. l'histoire de l'appel d'air, je l'ai dit devant les caméras de télévision, donc je vais pas changer mon propos, mais pensez que parce qu'on installe des toilettes et des douches à un endroit, ça va automatiquement entraîner dans la tête d'un certain nombre de gens l'envie d'aller aux toilettes ou d'aller prendre une douche à 9000 km de là, c'est complètement farfelu.

Penser que les associations sont les adversaires de l'État quand elles n'arrivent qu'après le fait qu'on ne fasse pas, c'est aussi une erreur. Et il y a 26 ans derrière pour vous dire que moi j'ai sans gâte la première jungle, le deuxième camp à côté du camp Julferie et derrière tout ce qui a suivi derrière. Et je peux vous dire qu'à chaque fois quand il y a pas d'organisation de moyens mis en place par l'État qui quand il le fait le fait bien, ça se traduit par laisser la place à d'autres.

La première jungle, elle était tenue à la en moitié par des fonds en provenance d'Angleterre dont la plupart était pas des fonds normaux. Si vous voyez ce que je veux dire, c'est-à-dire que dans cette première jungle et il y a des glement européen qui sont venus visiter, il y avait des hôtels, des restaurants, des coiffeurs, tout ça financé par des gens qui voulaient ramasser de l'argent parce que ceux qui sont là ont un tout petit peu d'argent et ils veulent s'entretenir. Et ce qu'il cherchent, moi je vais terminer là-dessus pour laisser la parole à Damien, c'est un peu de bonheur.

Vous savez quand dans votre pays a la guerre, que les bombes passent par-dessus et que vous n'avez pas de possibilité d'envisager l'avenir autrement que noir, quand vous avez vous prenez votre courage demain et vous essayez d'emmener votre famille ailleurs pour vivre un peu mieux. C'est ça la réalité. Merci monsieur monsieur Karim.

La question c'était sur la situation lorsque j'étais en fonction. Donc j'ai pris j'ai été lumère en mars 2001 et les premiers exilés qu'on a vu arriver sur le territoire pourquoi ils sont arrivés là parce qu'en fait on était sur le bord de l'autoroute qui a amené à Calais et sur la ville de Grande Sainte il y avait une station service sur cette autoroute qui amenait à Calais et donc c'est là qu'embarquait les personnes et les exilaient dans les dans les camions pour pour passer vers la vers la Grande-Bretagne. qu'on a vu les premières personnes exilées à arriver vers 2002 après la fermeture de Sangat, après la démolition du centre de Sangat.

Tout de suite, les associations euh se sont mobilisées. On a on avait une communauté Maus donc qui qui a regardé s'il y avait pas de problème, une association qui s'appelait Salam. Il y avait médecins, des médecins de grande scin qui faisaient partie du médecin du monde qui allaient sur le terrain voir si tout allait bien et cetera.

Mais les personnes restaient quelques heures, un jour maximum et il passaient assez allègrement dans les camions qui passaient tout aussi facilement vers la la Grande-Bretagne. Et au fur et à mesure des années, ça s'est un peu complexifié parce que on a mis des détecteurs de CO2 sur les camions, on a mis un certain nombre de détecteurs de mouvement et cetera. Donc c'était un peu plus compliqué.

Donc les gens restaient un peu plus longtemps sur le sur le territoire de la commune mais pas très longtemps finalement. Quelques jours, pas beaucoup plus derrière. Ça a duré comme ça un certain nombre d'années jusqu'en 2008 où pour la première fois on a vu des femmes et des enfants arriver sur la sur la commune et l'hiver 2008 a été très rude.

Il y avait- 15°gr et là je reçois pendant entre Noël et Nouvel an j'étais en congé un appel de la de la directrice de la de la des Maus qui me dit Damien il y a des femmes et des enfants, il va y avoir des morts si on fait rien. Et donc là, je décide d'implanter des temps de chauffée à disposition de ces personnes sur les terrains où elles étaient présentes parce que je ne voulais pas qu'il y ait des morts pour de froid ou des morts de faim sur le territoire de ma commune. C'est de notre responsabilité d'élu aussi de faire en sorte que chacun est un abri, que personne ne soit à la rue, que que des gens aient accès à un minimum de dignité sur le territoire de la commune.

C'est comme ça que la situation a été a été mise en œuvre et à l'époque d'ailleurs, j'étais aussi conseiller régional en région nordpalais à l'époque et pas haute de France et nous avions créé parce que nous étions plusieurs maires de la région à avoir la même situation, c'est-à-dire à Stenford où il y a une station service qui amène vers Calais à je sais plus le nom de cette commune dans le Pas de Calais qui avait aussi une station service sur le long de l'autoroute qui amène à un Cala. on était quelques maires à avoir la même la même situation et à essayer de de répondre et on avait créé l'association des élus hospitaliers de la région Nordpatcalais à l'époque pour essayer alors nous on avait un certain nombre de moyens en tant que collectivité qu'on pouvait mettre à disposition des associations mais il y avait des toutes petites communes qui avaient pas de de moyens elle et donc la région avait subventionné l'achat de planche ou de de toilettes à mettre sur les sur les terrains où étaient où étaient les personnes. Voilà, c'est comme ça qu'on a commencé à se mobiliser autour de la situation migratoire sur les principaux enjeux propres à cal à grande, moi c'était c'était je pouvais pas voir ces gens vivre dans la dignité la plus totale en tant que maire plus la responsabilité du code de la famille, la responsabilité du code de la santé publique.

On devait mettre en œuvre un certain nombre de solutions que l'État ne mettait pas en œuvre. Et effectivement, Jacquy parle de l'appel d'air. Moi, ça a été mon premier mon premier rapport de force avec le avec la préfecture, c'est qu'en 2008, quand je mets destente, je reçois un courrier du sous-préfet de Dquer qui me dit "Vous allez créer un appel d'air, ils vont venir en nombre et vous vous débrouillerez parce que c'est un terrain communal et donc nous n'interviendrons pas sur le terrain.

Ça m'a pas dissuadé à ajouter des tentes pour séparer les femmes, les hommes, pour séparer les communautés à certains moments. Voilà un peu la situation, l'héritage et surtout quand on est maire, on n'est pas formé à ce genre de choses. C'est vrai que c'est pas une compétence municipale qu'il y a pas, j'allais dire d'expérience non plus à l'échelle européenne.

On en a cherché à l'époque pour voir un peu ce qui se faisait. On avançait un peu à taton avec avec l'aide heureusement des de nombreuses associations qui venaient pas liées aux carences de l'État de la prise en charge par l'état de de la situation et c'est comme ça que nous avons travaillé des années durant jusqu'à la fin de mon mandat puisque le problème est toujours pas résolu d'ailleurs en 2026. Donc c'est comme ça que nous avons démarré.

Très bien, merci. quelques questions avant de donner la parole à madame la rapporteur. Euh justement donc les associations sont elles sont très présente sur le terrain.

Elle l'était déjà à votre époque. Je voulais savoir comment s'articuler l'action municipale avec l'action des associations euh quel était pour vous l'impact euh de de de cette crise migratoire sur ben les habitants et les acteurs économiques locaux dans dans dans vos communes ? [grognement] Euh [gémissement] quelle réponse avez-vous été amené à mettre en place ?

Alors, j'ai bien entendu la mise en place de tente pour vous, monsieur Carem. Euh, mais y a-t-il d'autres aménagement que vous avez pu mettre en place ? Et puis [grognement] même question pour Caler monsieur Enin, et un peu au-delà de ce que vous avez exprimé, quel était la la les relations et la coopération qui a pu être mise en place avec l'État ? euh parfois parfois je dirais peut-être un peu houleuse mais il y a il y a peut-être eu des choses plus plus positive et comment finalement vous en êtes arrivé à à travailler ensemble état collectivité collectivité locale monsieur attendez hop il faut c'est chacun son tour voilà d'abord les deux villes sont complètement différentes grandeinte est une une petite ville ville moyenne avec des moyens.

Faut qu'on se le dise. À l'époque est une ville de 75000 habitants avec un taux de chômage de 20 % et sur les deux quartiers principaux de Calé, le fornu et le beau maré des taux de chômage de 40 %. Donc on a une population qui est en très grande difficulté, qui souffre de la disparition de l'industrie, des industries qu'elles soient textiles ou autres. et on a un arrivé de population en grande souffrance qui vient rappeler à ceux qui sont en grande souffrance qu'ils sont eux-mêmes et donc ça crée des cristallisations.

Ça devient un enjeu politique parce que quand vous avez des gens qui font le tour des cités en disant clairement que les Français ne touchent presque rien quand tous les migrants qui sont là perçoivent plus de 1000 € par mois. Ça crée des difficultés qui amènent à l'incompréhension et vous devez passer votre temps à ramer pour expliquer que tout ceci est faux parce que les 1000 € et plus ça n'est que le maximum que l'on peut toucher si l'on est le père d'une famille de 6 ou sep enfants qu'on a été accepté par la commission ADOC pour demander l'asile en France et autrement on a rien. en de ce que l'on peut se faire envoyer comme argent par sa famille.

Donc c'est un enjeu terrible pour la population et les entreprises. C'est une catastrophe. Est-ce que vous êtes nombreux à être allé à calé ces derniers temps ?

Et ben, je vais vous dire que j'ai jamais vu autant de barbelet militaires que de ma vie. Même quand je suis allé à Chypre, j'ai pas entre les deux, j'ai pas vu ça. Des barbelés militaires partout.

Cette ville qui a perdu son industrie, elle avait une chance de pouvoir accéder à d'autres activités qui pouvaient être immédiatement prises par la population en place. Formation chauffeur poids lourd, formation conducteur de Fenwick. On va parler de la logistique mais vous n'amènerez aucun transporteur, aucune entreprise de logistique dans le Calaisi tant que se posera le problème de la migration parce qu'ils considèrent tous que les migrants vont chercher à monter dans leur camion pour aller en Grande-Bretagne.

Et comme les Anglais nous ont demandé de faire le seul boulot, c'est nous qui allons arrêter les camions. C'est nous qui allons faire en sorte que les chauffeurs prennent des amendes et que les chauffeurs se trouvent. Z c'est quand même les accords du Touquet, c'est ça quand même.

C'est les anglais qui nous demandent à nous de faire le sale boulot. Ils font tellement bien que j'ai eu moi quand j'étais maire l'impossibilité de prendre le train à Paris parce que c'était un train qui viit en Angleterre. J'étais avec une délégation malienne, ils ont refusé qu'on monte dans le train.

Ça a failli mal tourner. Donc on on en est à cette à cette situation là. Si vous n'avez pas d'entreprises qui peuvent venir s'installer, si la population continue à manquer de travail, ça ça reste un problème lourd.

Pourtant, ceux qui sont là ne sont pas un danger permanent pour la population. Ils sont présents pour vouloir une autre vie mais ils sont présents aujourd'hui dans des conditions pour le moins lamentables. Monsieur Karim ?

Oui, je vais essayer de répondre à aux questions. L'articulation, v l'association euh nous, elle a été euh on s'est très vite mis en œuvre pour travailler de concert avec les associations, on faisait des réunions régulières avec les associations pour savoir euh quels étaient leurs besoins, ce qui à quoi ils étaient confrontés, les besoins en vêtements, les besoins en nourriture, les besoins en aide parce que même s'ils vont faire de la collecte alimentaire dans les grandes surfaces, il y a un moment les stocks s'épuisent et donc on veillait à ça. Donc en fait, on a une on a une relation avec les associations durant, j'allais dire entre 2008 où ça s'est resserré jusqu'en 2019, jusqu'au moment où je j'ai été élu député européen très très proche avec les associations qui à certains moments ça n'empêchait pas de s'engueuler parce qu'il trouvait qu'on faisait pas encore assez.

Mais bon, c'est tout. C'est parce que et heureusement qu'elles étaient là, je je le redis parce que même avec la meilleure volonté d'une municipalité avec son personnel communal, c'est pas la même chose quand vous intervenez auprès des populations quand c'est du personnel communal que quand c'est une association et et des gens de la société civile. Donc c'est extrêmement complémentaire et précieux.

Euh nous on a fait on a j'ai fait le choix en en 2015 parce que parce que avec le conflit syrien, il y a eu beaucoup d'arrivée de syriens sur qui voulaient partir vers la vers la Grande-Bretagne et entre août 2015 et décembre 2015, on est passé à peu près de 60 personnes exilées à 2500 au mois de décembre. C'est le moment où le gouvernement français a fait appel à plein de villes en France pour ouvrir des structures, pour accueillir. Euh il y a il y avait des besoins parce que parce queil y avait des arrivées en nombre sur le littoral euh voilà, il y avait cette situation à laquelle on devait faire face.

Donc là, moi, j'ai interrogé les petits moyens qu'on avait mis à disposition étaient pas suffisants à l'époque. Surtout que le terrain sur lequel ils étaient, ils s'étaient installés depuis des années était pas du tout adapté à ça. En pleine démarrage de l'hiver, en plein automne.

Enfin, c'était c'était in inhumain de laisser ces gens vivre sans toilette, sans douche, sans rien sur le sur le terrain. Et donc, j'ai interpellé l'ensemble de la chaîne du sous-préfet, le préfet, le ministre de l'intérieur, le premier ministre, le président de la République à l'époque et il y avait pas de réponse. Il y avait on cherchait ce qu'on appelait les CAO.

À l'époque, on ouvrait les CAO, mais le temps que ça ouvre, le temps que ça arrive, je devais me débrouiller avec la situation. Comme il y avait pas de réponse après quelques rendez-vous ministériels à partir de septembre 2015 et que ça n'avançait pas, je me je supportais plus cette situation. Donc, on a décidé en lien avec médecin sans frontière de créer un camp humanitaire.

Alors, pourquoi un camp ? Parce que je nai c'est une ville nouvelle. La caractéristique par rapport à Cala de Grande Saint, c'est que c'est aussi une ville récente des années 60.

J'ai pas de vieux bâtiments, j'ai pas de vieilles entreprises abandonnées dans lequel j'aurais pu euh j'aurais pu mettre ces personnes, loger ces personnes. Donc on a dû faire un un camp au départ qu'on avait prévu de faire en toile avec des petites unités parce qu'il y avait beaucoup de familles sur les 2500 personnes, il y avait à peu près 300 femmes et 300 enfants. Donc médecin sans frontière nous conseillait de faire des petites unités de vie familiale pour au moins garder garder ça pour ces pour ces personnes-là.

Et en fait, j'ai eu un un rapport avec la population. J'avais choisi de faire des lettres mensuelles à partir de l'été5 pendant toute la période de vie du camp où j'expliquais la situation en toute transparence à la population. Je faisais des copies des courriers que j'envoyais aux différentes autorités.

Je donnais le coût de ce qu'on avait investi puisque le camp a quand même coûté 4 millions d'euros. Euh on a eu 2 millions et demi qui ont été mis par médecin sans frontières. Nous on a mis l'avis de la différence.

On a eu une aide de la de la l'intercommunalité de la communauté urbaine de Derk de 500000 €. Euh mais après, on a dû se se débrouiller, on a dû faire l'investissement par nous-même. À l'époque, on avait aucune aide de l'État ni de l'Europe.

D'ailleurs, je suis allé en chercher mais mais j'ai reçu aucune aide pour l'investissement de de ce camp euh qu'on a fait aux normes du du haut commissariat au réfugiés parce que pour x personnes par unité de vie, il y avait x toilettes, x douche, des accès à des machines à laver et cetera, enfin bref, et des distributions de repas. Et en fait, on a scolarisé les enfants du camp dans les écoles de la ville. Ça pour le coup, j'ai eu il y a eu des moyens de l'état avec des enseignants, des ouvertures dans les écoles et en fait le fait qu'on ait organiser la rencontre entre habitants et et et personnes extérieures qui arrivaient, ça a cassé tous les mythes autour de la migration, tout tous les toutes les craintes que les gens pouvaient avoir sur la migration.

Jacquy l'a dit, il faut pas avoir peur de ces personnes. Moi, entre 2002 et 2019, il y a eu aucun fait de délinquence sur la voie publique lié à la présence des personnes exilées sur le territoire. Je tiens à le réaffirmer ici vraiment aucun fait de délinquence sur la voie publique liée ou de d'exaction liée à la présence de ces personnes.

Et en fait, d'avoir accueillant accueilli, d'avoir créé ce lien accueillant accueilli a permis que ça se passe bien avec la population. J'ai pas eu de manifestation, j'ai pas eu de de de courriers, j'ai pas eu de pétitions, j'ai j'ai rien eu. Euh on avait géré la situation, il y a plus de gens qui erraient dans la rue, ils étaient sur le camp, on les voyait dans les transports, on les voyait dans un certain nombre de choses, mais ça ne gênait pas plus la population dessus.

Donc voilà, c'est c'est le choix qu'on a fait de d'ouvrir ce lieu d'accueil humanitaire dont la vocation n'était pas de durée mais de le réduire au fur et à mesure que il se vidait pour le parce que ça continuait à passer en Angleterre où une fois qu'on prenait en charge correctement ces personnes et qu'on les laissait pas sur un camp en désérance totale et ben elle se mettait à demander l'asile. Et à l'époque c'était le camp était géré par des réseaux de passeurs kurdes. Donc en fait c'était des Kurdes iraakiens, iraniens et syriens qui étaient présents uniquement.

On n'avait pas nous de les les d'héritréens de soudanais comme il y en avait beaucoup sur Calais. Euh voilà. Et quand ces personnes demandaient l'asile en France, ils obtenaient l'asile.

C'était pas leur choix de départ puisqu'ils voulaient, comme Jackie le disait, rejoindre la Grande-Bretagne parce que l'histoire de la Syrie, parce que la langue, parce que parce que la diaspora syrienne ou autre en Grande-Bretagne n'est plus importante. Et le fait de pas avoir de papier d'identité, le fait de d'avoir accès au travail beaucoup plus facilement fait que bah ces personnes sont là parce que parce que il y a tous ces éléments-l qui les attendent de l'autre côté. et et voilà, nous il y a quand même un certain nombre de personnes qui ont fait leur demande d'asile en France, qui l'ont obtenu d'ailleurs et du coup le camp s'est réduit petit à petit et nous on s'était engagé [grognement] à redémonter les les abrison mis en place au fur et à mesure qu'on avançait dans dans cela.

Puis il y a eu la fermeture de la jungle de Calais en octobre 2016 et là pour le coup la deuxème enfin la fermeture définitive et là pour le coup il y a quelques habitants de la de la de la la jungle de Calais qui n'ont pas voulu partir qui n'ont et donc ils se sont rabattus sur nous sur le camp de Grande Sainte et là on a commencé à avoir quelques problèmes parce que confrontation de populations qui ne s'entendent pas et je l'ai appris après moi parce que encore une fois ce que je vous dis on sait qu'on on n pas forcément d'infos sur ces sur ces questionsl mais j'ai appris après que partout dans le monde les camps qui étaient fait on séparait les communautés syriennes soudanaises par par pays parce qu'on sait qu'ils ne s'entendent pas qu'ils sont en guerre depuis des des décennies enfin des des siècles et donc voilà moi ils sont arrivés j'allais pas faire le tri à l'entrée du camp a tenu quelques mois et c'est pour ça qu'en avril 2017 il y a une bagarre générale sur le camp qui a brûlé en une nuit euh et et qu'on a dû recommencer à zéro, c'est-à-dire que de ou 3 mois après que le camp est est disparu dans les flammes, il y a quelques il y a de nouveau des personnes qui arrivaient sur le territoire. Donc là, comme j'avais plus de camp et que je pouvais plus investir de nouveau, j'ai ouvert un gymnase parce que je voulais pas qu'il soit dehors et et qu'on a recommencé petit à petit et en quelques mois, on s'est retrouvé avec 700 personnes à nouveau qui étaient là. La coopération avec l'État, elle était il y en a pas eu, il y a pas eu d'investissement financier sur le camp.

Mais quand j'ai rencontré Bernard Casneuve en décembre 2015, dans son bureau, j' avais le son spécialiste d'immigration, il y avait il y avait le préfet de NOR qui était là et moi je lui ai présenté la situation en disant "Moi, je peux pas accepter ça." Donc voilà ce qu'on prévoit de faire le camp et je lui montre les plans de ce qu'on allait faire. Et il a fini la réunion en disant au préfetes en sorte que ça soit possible.

Donc en fait il reconnaissait qu'on allait l'existence de ce camp. Enfin, il il s'y est pas opposé mais il n'a pas il y a pas j'ai pas été accompagné d'être dessus. Voilà.

Donc, on a monté le camp 3 mois. Euh c'était pas c'était pas rien. C'est pas une masse à faire parce qu'on est parti d'une prairie sur laquelle qu'on a viabilisé complètement.

On a mis de l'éclairage public, de l'eau, beaucoup de choses pour que ça soit des passages pour les pour les pompiers avec des bouches de d'incendie sur le camp pour se mettre ça aux normes qu'on nous imposait derrière et qu'on a ouvert le camp le 9 mars 2000. 2016, à partir de de mai 2016, euh la ministre du logement qui était Emmanuel Cos à l'époque euh quand elle a été quand elle a pris sa place au gouvernement, elle m'avait dit "Laisse-moi quelques mois parce que Bernard Casneu il utilise les places mes places à moi du logement pour loger des des migrants et et je vais je vais pouvoir obtenir des choses, laisse-moi quelques temps." Et effectivement, le fin mai 2000 2016, on a signé une convention entre l'État, la ville et une association gestionnaire du camp qui a été choisie d'un commun accord pour pour assumer les frais de fonctionnement du camp qui se sont montés quand même à 6 millions d'euros en un an.

C'est pas négligeable mais c'est un petit village de de 2000 personnes au départ, un peu moins par la suite, mais quelques centaines d'habitants et donc il y a il y a des fluides, il y a de l'électricité, il y a de l'eau, il y a il y a plein de choses qui qu'il faut régler. Et là, voilà, c'est on a on a géré avec l'État. Euh, je dois avouer qu'ils ont été plutôt coopérant.

Le préfet de région de l'époque qui est arrivé peu de temps avant qu'on signe cette convention, son nom m'échappe mais vous allez le retrouver, avait été directeur de cabinet de Bernard Casneu au début, Michel Lalande. Voilà. Euh et comme le disait, c'est un homme d'état humain et donc on a réussi à faire à faire des choses extrêmement intéressantes ensemble euh tout le temps. en tout cas où j'étais là la ville je simplement pour resituer le contexte effectivement Jacquy disait la ville de Grande Sainte est plus riche parce que parce que territoire industriel donc elle a des recettes fiscales importantes mais on a aussi une désindustrialisation et et je me retrouvais à peu près dans les socialement on était à 23 % de chômage et 33 % des foyers qui vivant sous le seuil de pauvreté sur la commune et que donc moi j'étais assez admiratif de cette population qui n'a pas eu de réaction hostile avec ces populations qui même au départ avant qu'on construise le camp, il y avait beaucoup de télé qui étaient venu voir les situations inhumaines dans laquelles il vivait.

Moi j'étais interpellé par des gens dans la rue qui me disait "Mais monsieur le maire, on peut pas laisser les gens vivre dans ces dans dans cette situation." Et donc il me demandait de de d'entreprendre quelque chose et voilà, c'était plutôt c'est en ça que je dis que cette aventure là, même si elle a été difficile euh vraiment difficile, ça nous a coûté quelques nuits blanches, mais c'était quand même une aventure humaine assez extraordinaire, je crois que qui nous a été de donné de vivre là, que ça soit avec la rencontre avec ces populations qui venaient de très loin et avec une situation avec un parcours migratoire extrêmement difficile et la réaction euh de la population locale a été assez moi je dis depuis toujours assez admirable de ne pas monter contre j'en veux pour preuve les résultats même des élections présidentielles qui ont en avril 2017 où c'est le candidat gauche chez moi qui arrivé en tête au premier tour des élections présidentielles alors que partout sur le reste du territoire au moins en région nord pas de calais c'est c'est l'extrême droite qui est arrivé en tête au premier tour de l'élection présidentielle voilà c'était un bon sondage auprès de la population Merci madame la rapporteur. Merci et merci à vous deux d'être là avec nous aujourd'hui.

Euh je voudrais savoir, vous avez beaucoup parlé et ça fait partie de nos interrogations sur vos relations avec l'État au cours de de vos mandats respectifs. Je voulais savoir alors peut-être plus encore pour pour caler avec le démantellement à deux reprises de ce qu'on a appelé la jungle. Je voulais savoir si comme maire vous étiez associé aux décisions sur ce démontèlement puis aussi associé au aux alternatives, aux issues qui étaient pluriel à ce moment-là puisqu'il y avait est-ce qu'on rétablit un lieu fixe accueil inconditionnel, un lieu endure ou est-ce qu'on éloigne ?

Est-ce que sur ces sur ces ces alternatives et sur les les conditions du démantellement, vous étiez associé aux décisions consultées ou pas ? Ça va me permettre de répondre ou j'ai pas répondu. Je vais aller très vite sur les associations.

Pour moi, ça a été plus difficile que Damien. Pourquoi ? parce qu'on doit faire avec les populations et les volontés des associations, c'est pas toujours la même chose.

Je me suis opposé par exemple à ce qu'on veuille occuper les salles de sport parce que j'ai défend j'ai toujours défendu l'idée qu'il fallait pas punir des populations qui n'y étaient pour rien dans cette situation qui était relativement compréhensive et de fermer des salles de sport pour accueillir les gens, c'était pas la meilleure méthode. Par contre, j'ai toujours défendu l'idée avec force d'avoir des rapports forts amicaux avec les gens de l'État. Ceux qui étaient en place et je les recite Yanni Kimbert, Patrick Espagnol appliquait ce que l'État leur demandait mais il savaient écouter le maire en place et ont trouvé toujours le moyen d'avancer dans des solutions qui permettent d'eux.

Moi je suis dans une situation différente. C'est juste avant la la fermeture de de Sangat. Alors vous vous nous demandez si on est associé.

Alors je vous rassure qu' 75000 habitants, c'est un petit maire de rien du tout. On lui demande rien du tout. L'État décide de son côté.

Mais j'ai vu Nicolas Sarkozi parce qu'on est juste avant la fermeture de Sangat qu'on est au maximum du taux de population présente sur le territoire et et Nicolas Sarkozi est venu et je ne peux pas lui reprocher de ne pas avoir écouté. On en a discuté. Et et à un moment donné, il m'a demandé mon avis.

Je lui ai dit qu'on faisait le se boulot pour les anglais, que c'était une catastrophe, que les réseaux mafieux étaient à l'intérieur du camp de Sangat, qu'elle faisait la police, qu'on pouvait pas continuer comme ça, que chaque jour il y en avait un peu plus, qu'il en avait dans le centre de Sangat mais qui en avait aussi à l'extérieur et que ça allait pas continuer comme ça. Et puis je me suis permis de lui dire que si j'étais à à sa place, je dirais aux anglais qu'ils aillent se faire voir et que j'allais laisser passer tout le monde. [raclement de gorge] Je sais pas s'il m'a écouté.

Toujours est-il que Sangat a fermé et que les Anglais ont laissé passer quasiment 9000 personnes. Je vais pas dire que c'est pas la bonne solution puisque je lui ai dit tout de suite ça réglera pas le problème. Il y en a d'autres qui viendront mais au moins pendant un temps, ça va laisser une bouffée d'oxygène.

Et c'est ce qui s'est passé. Mais derrière très vite de nouveaux conflits jusqu'à arriver au tien. Mais de nouveaux conflits, de nouveau des gens.

Parce que vous savez aujourd'hui euh on y est on y est aujourd'hui pleinement. Mais hier, on y était déjà un peu. Les réseaux sociaux, internet, ben ça va vite, hein.

Ce qu'on ne connaissait pas l'autre bout du monde, on le connaî en en 3 secondes. Donc non, nous ne sommes pas associés. Oui, l'État, comme tu as trouvé des gens qui sont de bonnes composition à des serviteurs qui essayent de comprendre les choses et qui font ce qu'ils peuvent.

C'est pas toujours évident mais euh j'ajouterai loin des yeux, loin du cœur. C'est à calé et à grande sein que ça ça se place mais ailleurs, on les voit pas donc c'est pas votre problème. Et puis moi je n'ai qu'un regret mais je l'ai déjà dit à à d'autres commissions.

J'ai été un élu local comme Damien. On nous a on nous a fait travailler sur l'accueil des animaux. On nous a autorisé à construire des centres pour l'accueil des animaux. 1 million et demi d'euros pour accueillir les chiens, les chats, les animaux.

Alors donc faut croire que l'être humain est une race animale à part puisqueon a le droit de construire par les collectivités territoriales des accueils pour les animaux mais on n' pas le droit d'accueillir les êtres humains dans des conditions humaines. Merci. Je voulais également savoir, vous l'avez un petit peu évoqué, le rapport de la population à cette situation.

Est-ce que vous avez constaté des évolutions ? Moi, je suis toujours j'ai toujours été surprise dans le cadre de mes de mes déplacements de voir à la fois combien pouvait y avoir une population solidaire puisqu'il y a des associations locales qui qui se sont constituées. Combien parfois aussi peut-être, je sais pas si c'est du déni, une forme de banalisation.

J'avais été très surprise de voir au petit matin des personnes exilées remontées, trempées, des enfants et cetera avec ces associations qui leur venaient en aide. Puis à côté ces gens qui partaient au boulot en voiture, d'autres qui faisaient leur footing sur la même plage où il y avait eu des personnes qui dont dont dont la traversée avait été empêché. Euh et puis à la fois, je me souviens lors de d'une visite de l'accueil de jour du du secours catholique à à Calé, des dames retraitées qui venaient aider et qui me disaient "On le cache nous notre engagement euh parce que ça nous arrive en fait de voir des réactions hostiles.

Est-ce que euh voilà, est-ce que c'est une photographie ? en fait des réactions des populations dans la diversité. On a entendu l'autre jour des personnes qui nous disaient aussi que il y a des personnes pour qui c'est trop insupportable.

En réalité, ça fait culpabiliser de voir des personnes dans une si grande misère et en fait de pas trop savoir quoi faire ou de pas pouvoir quoi faire. Donc, je voulais vous faire réagir là-dessus et puis est-ce que vous avez constaté aussi des évolutions pendant pendant vos mandats respectifs ? En fait, ce qui pose problème à Calais, à Grande Sainte ou partout sur le territoire national, c'est l'érance des personnes.

Si l'État ouvrait suffisamment de places d'accueil, de structure d'accueil et que ces personnes vivaient dans d'autres conditions que d'occupation de de petit bout de parc avec des tentes, de d'endroit public où on s'allonge et cetera, on a on aurait pas ce problème là. Et puis après, il y a tout le discours politique médiatique autour de la migration et je renvoie sur le rapport de la la commission nationale consultative des droits humains de 2023 ou 24, je ne sais plus, qui porte enfin qui montrait la responsabilité des politiques et des médias sur le changement du regard sur l'autre. Euh et donc aujourd'hui, on parle de migration est rend responsable de tout.

La migration, si notre pays va mal, c'est à cause de la migration. Si le pouvoir d'achat se casse la gueule, c'est de la cause de la migration et cetera. C'est on a vraiment cette impression.

Donc en fait, il y a un environnement médiatique mais aussi politique et surtout l'érence et sur notre région. Moi, j'ai entendu un autre ministre de l'intérieur qui a été élu plus tard et je l'ai rencontré en septembre 2017. C'était le maire de l'ancien maire de Lyon, Gérard Colomb.

Et à ce moment-là, il préparait sa loi de 2018 et il me dit que non, hors de question d'organiser de l'accueil sur tout le littoral de la région de j'allais dire de la Belgique pratiquement jusqu'à Cherbourg. et il nous a dit il y a une ligne de démarcation sont les mots de Gérard Colomb à cette époque. Il préparait sa loi et il me disait la philosophie de sa loi ouvrez les guillemets, on va leur faire passer l'envie de venir chez nous fermer les guillemets.

Donc dans ce contexte-là effectivement c'est compliqué et que ça met à mal certaines associations, certains bénévoles qui effectivement se prennent des coups. On voit aussi des maires à Saint-Brévin qui se sont fait qui incendient leur voiture, leur maison parce que ils allaient simplement déménager un lieu d'accueil sur sur leur commune. On est on a vu à Calac aussi à Carnac, je sais jamais Calac et Carnac.

Calac, c'est Calac. Calac la menace qu'il y a eu sur des élus, menaces de mort sur des élus parce que ils allaient faire un lieu d'accueil pour des personnes avec le statut de réfugié. Donc c'est des gens qui étaient en règle avec la loi française et cetera.

Bref, quand on s'empare de ça sur un territoire, ça devient compliqué et et donc c'est un peu compliqué pour tout le monde, mais voilà, enfin la réaction de la population et des associations, elle est aussi fonction de l'accompagnement des élus sur le territoire. Mais l'action de la police aussi. Moi, je sais que tout le temps que j'étais maire, il y a jamais eu un problème avec les policiers, les compagnies de CRS qui venaient sur le camp et cetera parce qu'il savaient que c'était la ville, une initiative de la ville. que la ville était derrière et que donc il y avait pas ça du tout.

Des fois, c'était plus dur avec certaines compagnies de CRS en fonction de leur de leur provenance. Il y en a d'autres qui me disaient "Bah nous, on préfère être ici qu'à Cala, excuse-moi, euh parce que c'est vachement plus c'est vachement plus ouvert parce que les choses étaient organisées euh de manière différente derrière." Mais la gros le gros problème aujourd'hui, c'est compte tenu de ces accords et je suis je les dénonce autant que que Jackie parce qu'elle demande à la France de faire le sale boulot des des et ça va être de pire en pire parce que excusez-moi dans Parlement européen, je suis aussi membre de la commission des libertés civiles et j'ai suivi tout le pacte as migration qui va entrer en œuvre le 12 juin prochain et ça va être ça va être extrêmement dur ce qui ce qui va être mis en œuvre et que donc la France encore joué un rôle encore plus dégueulasse, pardon, excusez-moi l'expression, par rapport à ces populations là à la place de la Grande-Bretagne.

Donc enfin, je veux dire à un moment, il faut arrêter et c'est surtout si on n'accompagne pas ces populations sur le territoire en les accueillant dignement, correctement, en attendant de voir quelle situation dans quelle situation sont ces personnes, est-ce qu'elles demandent l'asile, est-ce qu'elles veulent continuer à passer et cetera et et et et de d'entrevoir des solutions avec elles. La question du rendu par rapport à la population, c'est un peu tout ce que vous avez dit, mais je je mettrai en avant cette phrase : "Ventre affamé n'a pas d'oreille." Quand vous avez dans une ville de 75000 habitants euh le tiers de la population qui vit très mal, forcément ça ne peut pas aider à la compréhension des choses.

Et donc ce que j'ai dit tout à l'heure, qu'aucune entreprise ne peut venir pour s'implanter durablement dans des emplois qui peuvent être occupé parce que s'il s'agit d'amener des entreprises avec en place des des chercheurs des il y a pas sur place. Il faut il faut aussi des emplois qui correspondent. Or, il y a plus en France d'aménagement du territoire.

Il y a plus en France de décision de faire en sorte que chacun chaque région puisse trouver son compte. Donc oui, ça a des implications. Oui, il y a des gens qui cachent leur engagement parce qu'ils vivent dans des secteurs où les gens comprennent pas pourquoi est-ce qu'on va aller aider des gens qui sont pas d'ici quand on peut déjà pas faire grand-chose pour ceux qui sont là.

Ça c'est une réalité forte. Et donc quand on est élu, on est confronté à ce genre de chos et on doit essayer de répondre. C'est terrible quoi.

Vous ramez un contre-courant en permanence. pour ramener à contre-courant en permanence. Quant au aux forces de police, je confirme avec des représentants de l'État et les sous-préfet de CAD que j'ai cité à plusieurs reprises savaient se faire respecter.

Je vais le dire objectivement, il y avait quelques problèmes comme il y avait quelques problèmes chez les migrants mais il y en avait pas autant qu'il y en a eu par la suite. Pourquoi ? Parce que ça dépend aussi des compagnies.

On est d'accord ? Il y a des gens qui ont encré au corps les valeurs républicaines. Il y en a d'autres, c'est beaucoup moins.

Et là, on est beaucoup moins sympathique. Et donc ces gens qui vivent la difficulté, je parle des Césiens, qui voient d'autres personnes qui sont mises encore plus en difficulté parce que quand on on laassère les sacs de couchage, quand on gaze les sacs de couchage, quand on gaze les abris, faut pas faut pas croire faut pas croire que ceux qui ont subi ça, ils vont vous dire merci et recommencer demain. Ils l'ont pas bonne et c'est et c'est juste aucun d'entre nous n'accepterait ce genre de de comportement.

Donc moi, je suis un adepte de des valeurs de la République. La République, elle doit être respectée, c'est vrai, mais elle doit être respectable parce que si elle ne l'est pas, ça crée les conditions de l'anarchie. Monsieur De Floriant, merci monsieur le président, monsieur le maire, monsieur le monsieur le député.

Euh je vais revenir sur la la politique d'accueil sans esprit polémique, mais il y a un désaccord politique que vous imaginez bien entre nous sur la politique d'accueil que vous promouvez ou que vous avez promu. Euh je récapitule un certain nombre de faits. Le camp humanitaire de Sangat qui selon vos propres dirs monsieur monsieur le maire Jackyin était sous l'emprise des des mafias. euh les douches qui ont été installées par la municipalité euh euh qui vous a succédé, qui ont brûlé à plusieurs reprises.

Euh l'accueil de jours au centre Julferie qui a fini par devenir un un bidonville de de 10000 personnes. Ça c'est pour caler. Et puis à à Grande Sainte, euh vous avez évoqué euh les difficultés liées à l'accumulation, à la et au au mélange de de plusieurs centaines voire milliers de gens d'origine diverses qui ont débouché sur des conflits menant à l'incendie du camp de la lumière que vous aviez construit.

Euh le gymnase ouvert en 2018 qui a draîné jusqu'à 800 personnes et qui étant saturé a dû faire l'objet d'une évacuation en 2019. Et donc voilà, moi je je je j'affirme, je je constate qu'il y a un problème structurel à la politique d'accueil que vous promouvez. Alors peut-être que vous me répondrez comme les communistes, c'est parce qu'on en a pas fait assez.

Il faut faire plus d'accueil pour que l'accueil fonctionne. Il faut faire plus de communisme pour que le communisme fonctionne. Ça c'est le point de désaccord politique.

Il y a en revanche des points d'accord, je pense. D'abord, c'est le fait le comportement absolument admirable des habitants de nos communes qui si elles ont quelque chose à dire le traduisent systématiquement dans les urnes et jamais de manière épidermique et jamais de manière conflictuelle vis-à-vis des autres êtres humains qu'elles sont amenées à côtoyer quel que soit le statut juridique ou le statut humanitaire de chacun de chacune des personnes. Et puis et puis également le le professionnalisme des des forces de sécurité intérieure.

Monsieur le Merge Kenin, vous avez évoqué tout à l'heure le fait qu'il y avait eu des des des actes condamnables, mais dans la façon dont vous avez présenté les choses, on l'impression que c'est moitié moitié. Non, c'est 999 fois sur 1000, ça se passe bien. Et une fois sur 1000, en tout cas en tout cas sur toutes les auditions qui ont eu lieu, personne n'a été capable de de de donner un suivi des procédures qui auraient abouti sur les sur les sur les violences les dites violences policières, les présumées violences policières qui ont été qui ont été évoqués.

Oui, mais pour l'instant, il y a il y a pas de fait. Pour l'instant, il y a un sentiment de violence policière si vous me permettez, mais il y a pas eu de personne n'a apporter de de faits statistiques. Il faut bien qu'on se base un peu sur sur les faits.

Voilà, donc j'ai exprimé de désaccords profonds que vous que vous imaginiez. Il y a également des points d'accord euh et notamment sur le comportement admirable des habitants de de nos communes. Je vous remercie.

C'était plutôt une déclaration mais ça des réponses. Oui. Alors on va faire on va prendre les les les autres les autres questions.

Donc monsieur Cadalen voulait intervenir. Oui. Une intervention un peu en ré à ce que vous avez dit.

D'abord, je vous remercie beaucoup tous les deux d'être là et de faire part de cette expérience concrète parce que vous l'avez bien mise en avant en fait qu'en qu'élu en tant que maire, vous avez euh et avec un certain succès et puis un impératif d'humanité eu à affronter des situations concrètes en répondant à la fois des besoins humains que les principes républicains nous appellent à respecter et en même temps à expliquer tout cela aux populations de telle sorte à ne pas céder justement au bruit immédiat et politique qui essa de monter les uns contre les autres. À vous écouter, j'ai une question et qui me semble-t-il est une question aussi d'intérêt plus général aux réflexions menées par cette commission. C'est-à-dire que vous avez parlé du sale boulot que nous faisons quelque part pour les anglais dans le cadre des accords du Touquet.

Moi, j'ai envie de vous interroger sur en réalité le sentiment vous inspire le fait que la France dans sa politique migratoire en général externalise ses propres frontières de la même façon que l'Angleterre et la Grande-Bretagne externalise les siennes à calé. C'estàd que moi je siège dans la Commission des affaires européennes [raclement de gorge] et dans la commission des affaires étrangères. Nous avons par exemple de la Tunisie, un accord entre l'Union européenne et la Tunisie où nous payons considérablement la Tunisie pour externaliser nos frontières.

Les gens, il y maltraités comme ils sont d'ailleurs maltraités aussi en Turquie avec lesquels à laquelle nous versons des millions et cetera. Bon donc d'une certaine façon, si j'entends bien la logique implicite de ce que vous nous avez dit, à savoir que on pourrait revoir les accords du Touquet parce que ce n'est pas à nous de gérer la frontière anglaise si on voulait tirer la logique jusqu'au bout. ce ne sont pas non plus enfin ce n'est pas non plus à la Turquie, à la Tunisie, à la Libye ou à je ne sais quel autre pays de s'occuper de la gestion des frontières françaises.

Voilà. Donc c'est sur ce point là qui me semble être un point à verser à la réflexion et éventuellement je me permets madame la rapporteur peut-être au rapport à un moment ou à un autre ce point d'articulation entre la réalité de l'ernisation de la frontière anglaise et la réalité de l'ernisation plus générale de des frontières françaises et européennes. Merci madame Dupont.

Merci monsieur le président, madame la rapporteur, messieurs les anciens maci d'abord pour l'action que vous avez conduite sur votre territoire dans un moment où il n'y avait rien et je pense que vous avez eu beaucoup de courage avec vos équipes, avec vos agents, avec les habitants de vos communes pour initier quelque chose. Et j'ai deux deux grandes questions. Une première, je suis allée à de nombreuses reprises, surtout sur Calais, moins sur Grande Sainte et j'ai pu constater que le plan Grand Froid et la mise en place d'une structure à l'initiative de l'État sécurisée, bien géré, qui amène des conditions de dignité de base, produit des effets positifs, il me semble, sur des périodes extrêmement courte.

Mais ma question, ce qui peut marcher dans une période courte, euh que pensez-vous ? Et bien d'une période plus longue, voir d'une période tout au long de l'année, hein, de ce type d'accueil qui, de mon point de vue, ne doit pas être unique non plus. Euh voilà, je je pense qu'il faut davantage euh plusieurs structures de ce type qu'une seule, mais la nécessité d'être extrêmement bien géré comme on le fait comme l'État le fait sur le plan Grand Froid.

J'aimerais avoir votre analyse là-dessus, s'il vous plaît. [raclement de gorge] Et deuxème question, votre expérience du terrain d'hier et d'aujourd'hui, quel est votre regard sur les grandes évolutions que vous avez constaté depuis ces 10 dernières années en matière d'accueil des exilés sur vos territoires et quelle préconisation avez-vous pour l'avenir compte tenu là aussi de votre expérience ? Merci.

Merci madame Dupont qui monsieur alors je vais commencer en étant rapide pour que Damien ait le temps de s'exprimer aussi. La troisème question, je vais commencer par ça. Euh Sangat de ferme, il y a de nouveau de nombreuses personnes à la rue et en discutant avec les représentants de l'État, certains disent "Mais on peut demander des places de KADA et on peut les obtenir.

Expliquez-moi." Et on m'explique. Je dis "Mais oui, mais ça va pas régler le problème." Ils me disent "Non, mais au moins on va pouvoir accueillir les gens." OK.

L'État a mis en place des traducteurs, des compagnies de bus à réserver des cadas un peu partout et ça a fonctionné parce que ceux qui avaient froid, trop froid, sont montés dans les bus pour aller se mettre à l'abri et ça c'était bien. C'était une très bonne initiative de la République. Mais dès qu'ils se sont retapés et qu'il a fait un peu plus chaud, ils sont revenus même à pied. même à pied.

Donc vous voyez bien que parce que ce sont les gens qui ne veulent pas rester en France, quelques-uns seulement demande l'asile en France et l'obtiennent. On a raison mais sur le fond, ils veulent absolument aller en Angleterre. Et et ce qu'il y a à caler, vous pourrez le dire monsieur de Floriant, c'est qu'on voit les côtes de l'Angleterre et qu'on a le sentiment que c'est tout prêt.

C'est vraiment tout prêt. On a C'est un mirage. Vous êtes persuadé qu'il y a que quelques kilomètres, pas 32.

C'est pour ça qu'il mettent à l'eau des bateaux pneumatiques. Il fait beau, on a le sentiment que ben quoi 5 minutes, on y est quoi. Non non, ça marche pas comme ça.

Il y a des tas de gens qui meurent aujourd'hui. Donc oui, il faut trouver le moyen de faire en sorte que les gens puissent être protégés mais non, ça règle pas le problème. Nous faisons la même chose que les anglais.

Bah oui. Sauf que la vie humaine, c'est pas un grand jeu de monopolie où celui qui a des sous va payer pour être tranquille. La réalité pour une région comme le littoral nord pas de calé, c'est que ce que l'Angleterre donne comme fond à l'État français qui a négocié, c'est réel, correspond pas du tout à ce que ça lui coûte.

D'abord pour mettre en place et puis en terme de discrédit, je l'ai dit tout à l'heure, donnez-moi le nom aujourd'hui d'un entrepreneur en logistique qui va vouloir s'implanter à calé. Même la SNCF, premier transporteur routier en France, n'a pas d'entrepôt sur la zone de la MVOI pour y stocker les matériels qui vont de l'autre côté en Angleterre alors qu'elle serait naturellement amenée à passer par le tunnel ou par le port, peu m'importe, mais il y a la place, il y a les hectares qui peuvent être construits, elle n'y est pas. Bah si la SNCF n'y est pas avec les moyens qu'elle a, pourquoi les autres ils vont y venir ?

C'est c'est un vrai problème de fond. Et donc oui, moi je suis prêt de croire que parce qu'on a un peu d'argent, on croit qu'on va s'exonérer du problème. Sauf qu'il faut le traiter et là je vais être français.

Faut pas considérer que c'est que la France qui est responsable. C'est un problème qui doit se traiter à Bruxelles avec la participation de chacun et que celui qui est qui doit traiter le problème localement, il est couvert par Bruxelles et pas dans la difficulté tout seul. C'est ça qu'il faut qu'on qu'on se dise parce que la France a beau être un grand pays, elle a aussi ses problèmes et les autres doivent aussi participer parce qu'ils sont bien contents de laisser rentrer tout le monde dans les trines.

Voilà, ça c'est la réalité. Alors je vais vous dire monsieur De Floriant, nous avons le recul pour nous. Vous êtes un peu plus jeune, tant mieux pour vous, mais c'est 26 ans de de d'une vie active sur ce sujet qui est traumatisant.

Et pendant 26 ans, on a tout vu. On fait on fait pas on fait. [grognement] Les populations qui sont convenablement traitées sont relativement apaisées, peuvent se laver dans des conditions acceptables, peuvent manger dans des conditions acceptables, peuvent être suivis par des médecins sans que ça coûte beaucoup plus cher que ce qui se fait déjà à l'heure actuelle.

On ne fait pas, c'est la pagaille. Il y en a un peu moins. Il y en a un peu moins, mais c'est la pagaille. bien placé pour le savoir.

Ils logent partout. Ils essayent de se loger partout dans les hutes de chasse où les chasseurs vont vous trouver pour dire que leur hut, elles sont détruites. Dans les cabanes de jardin ouvriers parce qu'on a volé les outils pour aller faire dans les bosquets, ils sont pour chasser.

Comme ils sont pour chasser, ben ils sont de plus en plus euh vindicatifs. C'est normal. Il ça fait pas du bien de prendre un coup de matraque quand même.

Alors, vous avez dit euh il y a c'est une impression. Alors, je vais vous donner à réfléchir sur euh avant il y avait beaucoup moins de plaintes des femmes pour violence conjugale. Depuis que l'État français a décidé de faire en sorte que l'accueil de celles qui sont batttues se passe mieux dans les commissariats, on dit qu'il y a une explosion.

Ça veut pas dire ça veut pas dire objectivement qu'il y a plus de femmes battues. Ça veut dire qu'il y en avait beaucoup plus avant et qu'elle ne le disait pas. Et là je vous donne juste un élément de réflexion.

Parlez pas français, il fait noir. Vous prenez un coup de gaz d'accrymogène, vous prenez 4 c de matraque, vous allez aller porter plainte. Où et contre qui ?

Dites-moi un peu, c'est compliqué. Alors, je le répète, je le répète, il y a des gens qui font admirablement bien leur travail. Ils ont même pas sorti la matraque.

Ils ont fait partir les gens. Il y a des gens qui font autre chose, c'est leur problème. Mais c'est aussi le devoir de la République de rappeler à chacun son devoir.

Ça a été fait régulièrement. J'ai vu encore deux deux ou trois interventions des ministères sur ça se fait. Donc c'est une réalité.

Avec le recul, je me dis une chose, on peut pas laisser les gens moins bien traité que les animaux. C'est pas possible. Le chien, il peut pas avoir à manger, il peut pas être dans un dans un chenil entretenu, vacciné.

C'est nous qui payons, c'est la collectivité. Vous verrez dans les subventions qu'on donne à à la LPA à Calé, ils sont vaccinés. Tout c'est bien.

Il y a il y a rien à redire là-dessus. Mais on peut pas avoir un traitement comme celui-là pour les animaux et que les êtres humains eux ils soient moins bien traités, c'est pas possible. Et puis dernier élément, il faut moins de vente d'armes et moins de guerre. ce qui se passe en ce moment.

Euh les États-Unis et Israël qui bombardent, j'ai dit juste pour parler du Liban, 1 million de déplacés avec des familles qui sont aussi en Angleterre d'ici à ce que vous voyez arriver des Libanais qui veulent aller tout simplement essayer de rejoindre leur famille de l'autre côté. Tu as pas l'ombre d'un doute. Monsieur CR président Monsieur le président.

Oui. Excusez-moi, je j'ai pas été suffisamment précise dans ma question. Si vous me permettez de 3 secondes d'un mot.

Merci. Sur le plan Grand Froid, ce que ce à quoi je fais référence, c'est pas l'hébergement dans les cadas, c'est euh le grand enfin le grand gare. Voilà, c'est c'est ça qui est donc en proximité du littoral et qui m'a semblé porter ses fruits.

Monsieur Car nourri de Oui, je vais répondre plus brièvement peut-être. Euh les élus locaux sont pas responsables de la politique migratoire. Hm.

Par contre, ils héritent de de défaillance totale et de l'Europe et de la France sur la matière. Et ils sont ils doivent quand ils se retrouvent avec ce type de population sur leur commune, ils se doivent parce que les codes les y obligent. D'ailleurs, combien de fois des maires ont été condamnés parce qu'ils ont pas mis de douche à disposition, parce qu'ils ont pas mis de point d'eau à disposition et cetera ?

C'est rappelé sans arrêt par les tribunaux administratifs. Ils se doivent de respecter les de respecter le code. Donc en fait les élus locaux le font pas par plaisir, ils le font par nécessité pour faire en sorte que ces personnes soient accueillies dignement.

Donc on peut pas mettre en cause les élus locaux rêveurs sur la situation migratoire. Après, on peut avoir le débat européen euh et on l'a en ce moment et Dieu sait que ce qui arrive va être catastrophique, mais voilà, c'est les élus locaux euh doivent assumer ses conséquences et je l'ai dit à de nombreux mères moi que j'ai rencontré qui me disent "Ouais, mais c'est pas mon rôle, c'est celui de l'État, tu comprends ?" Je dis "Ouais, mais les gens quand ils voient les tentes dans ton dans ton parc en centre-ville, ils disent c'est la faute du maire." Ils disent pas "C'est la faute du ministre ou c'est la faute du commissaire européen qui sait pas géré." Donc voilà, les les élus locaux doivent s'engager dessus.

Il faut bien se dire aussi et ne pas se cacher que on multiplie les moyens que ça soit calé quand vous voyez ce qui est devenu cal matériel mis à disposition depuis des années mais aussi au niveau européen quand on voit le budget de Frontex qui est passé de 300 millions à 1 mliard4 et qui va passer à 3 milliards et quelques dans dans quelques années, il y a jamais eu autant de passage de la grande de la France vers la Grande-Bretagne et d'arriver sur le territoire européen. Donc ça ne marche pas la dissuasion telle qu'elle est là. Il y a d'autres politiques à mettre en œuvre.

On aura encore des désaccords notamment dans les politiques de développement, dans des politiques autres et puis dans les politiquesah par rapport au conflit. Tu parles du Liban, enfin de de ce qui se passe dans le proche Orient aujourd'hui, mais tout ce qui se passe au Soudan, tout ce qui se passe dans les pays. Il y a trois facteurs pour lesquels les gens quittent leur pays.

Il y a les conflits, il y a la il y a la pauvreté et le troisième c'est les c'est la le changement climatique. Bah ouais. et on est quand même un peu responsable de ça, mais on ne travaille pas.

Donc, il faut assumer les conséquences de nos actes derrière. Euh oui, la France fait le sale boulot euh [gémissement] et l'Europe joue un sale jeu en externalisant ses frontières et surtout avec les textes qui ont été adoptés dernièrement va faire en sorte que l'Europe se lave les mains du droit d'asile en Europe puisqu'on va sous-traiter à des pays tiers. Il y a des pays tiers dont les droits humains sont loin d'être respectés.

La Tunisie en est un mais il y en a plein d'autres derrière et on a sans arrêt des rapports parlementaires au niveau européen qui mettent le doigt sur l'état de droit dans un certain nombre de pays avec lesquels on passe quand même des accords pour garder les les exilés sur leur territoire derrière. Donc voilà, moi j'ai pas autre chose à dire que oui oui, il y a il y a vraiment quelque chose de gravissime qui est en train de se dérouler en Europe aujourd'hui avec la perte de ces valeurs fondamentales. Enfin sur le plan Grand froid et l'idée de de faire cette Oui, ça ça montre bien que quand on organise l'accueil, ça fonctionne.

Oui, il faut les multiplier. Il faut les multiplier. Faut pas concentrer à un même endroit.

C'est compliqué quand on fait un camp. Moi, j'avais pas le choix. Il y avait 2500 personnes qui étaient là.

J'allais pas les disséminer. Personne n'en voulait. il y avait aucun de mes collègues maires qui voulait organiser de l'accueil sur leur territoire.

Euh donc oui, il faut que l'État prenne en charge et n'éloigne pas les gens trop loin parce qu'ils reviendront parce que ils ont fait des milliers de kilomètres pour être là. On va pas leur dire repart 400 km en arrière. Donc il faut que ça soit disséminé sur le territoire et c'est gérable euh quand c'est quand quand c'est fait comme ça.

Et après on travaille avec ces populations quand elles sont à échelle humaine, on peut on peut entamer un travail soit de les persuader de demander l'accueil, soit de voir s'ils sont en situation régulières, irrégulière ou peu importe. Mais mais au moins, on peut on peut travailler comme ça derrière. La dernière question c'était l'évolution de l'accueil actuel, enfin quel est elle a pas bien évolué puisquea aujourd'hui ils sont pourchasser sur l'ensemble du littoral.

Ils sont invisibilisés ces personnes sur l'ensemble du littoral mais elles sont toujours là. J'ai discuté il y a 15 jours avec une association qui fait des repas depuis 2002 donc ça fait 24 ans c'est la même bénévole qui deux fois par semaine fait le repas. Elle me dit "On a fait 1000 rations" et elles partent toutes.

Donc voilà, c'est pour vous dire que ils sont pas visibles, ils sont éparpillés sur le territoire mais ils sont toujours présents en aussi grand nombre qu'à l'époque et quels que soient les moyens qu'on met derrière. Donc la vision d'avenir puisque les questions portent en faire sur les accords du Touqué, c'est ça sert à rien. Enfin voilà, il faut il faut suspendre ces accords.

Euh ça redonnera sur Oui, j'appryais équin Et qui j'apprends avant de rentrer que il y a quatre morts encore ce matin dans une commune à côté de de Calais et et voilà, ça continue. Alors ce qui ce qui a changé aussi depuis l'époque c'est que maintenant on a des morts en manche qu'on avait pas. Ils étaient en Méditerranée avant, maintenant enfin, il y en a aussi en Atlantique entre les Canaris et et le continent africain, mais il y en a aussi malheureusement de plus en plus dans la Manche depuis 2015.

Donc voilà, c'est pour ça que à mon avis ce sont des politiques qui ne qui n'ont plus lieu d'être. les accords du Touquet. J'ai vu que Sander ça avait pas été renouvelé, qu'il avait eu un renouvellement de 2 mois simplement là parce que je pense qu'il est il est en cours de de révision mais que personne ne sait ce qui ce que ça va devenir.

Mais moi, je vois pas quel est l'intérêt de la France de de retenir ces personnes à la frontière. Laissons l'Angleterre, la Grande-Bretagne gérer les problèmes elle-même. Elle a suffisamment à faire derrière et ça rendra ça rendra peut-être une autre respiration au territoire du du littoral là-bas et puis à Cala dans les années qui viennent.

Merci beaucoup. Merci de vous être rendu disponible. Merci pour vos pour vos réponses et donc je suspends la séance et nous nous retrouvons la semaine prochaine le 27 avril.