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Audition parlementaireSénat (sur YouTube)· 23 janvier 2026 102 minFond programmatiqueInstitutions & électionsEurope & internationalNumériqueSolidarités & famille

Autorité et vérité : quelles valeurs en 2050 ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 66 %Attaque 20 %Défensif 14 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 6:00OuverteRéponse directe

    L'éducation aux médias mise en œuvre par l'Éducation nationale vous semble-t-elle pertinente et efficace ?

  • 6:30OuverteRéponse directe

    Quel avis sur l'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Comment sensibiliser adultes et enfants à la désinformation ?

  • 7:30OuverteRéponse directe

    Où placez-vous l'argent dans cette réflexion sur le pouvoir, la démocratie et la vérité ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Où mettez-vous la connaissance par rapport à l'autorité et à la vérité ?

  • 8:30OuverteRéponse directe

    La démocratie est-elle à un stade où elle fonctionne moins bien ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:30Présidente du SénatFait
    « L'autorité désigne traditionnellement la faculté de modifier le comportement d'autrui sans recourir à la force ni même à l'argumentation et se distingue donc du pouvoir. »
  • 15:00Pierre-Henri TavaillotFait
    « L'autorité en effet ce n'est pas le pouvoir. Pourquoi ? Pour une raison très simple. Il y a du pouvoir sans autorité symbolisé par la figure du petit chef. »
  • 20:00Pierre-Henri TavaillotFait
    « L'autorité c'est du dopage. Exactement comme paraît-il disent les mauvaises langues coureur cycliste utilise une substance mystérieuse pour augmenter ses chances de monter le tourmalais ou l'alpe du. »
  • 25:00Pierre-Henri TavaillotFait
    « La bonne autorité c'est celle qui fait grandir à la fois celui qui l'exerce et celui qui s'y soumet. »
  • 35:00Arthur MirandaFait
    « Il faudrait liquider la démocratie et ça passe par la destruction de la bureaucratie et des institutions qui ne font que ralentir le temps de la décision. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Donc bonjour à tous chers collègues. Avant que nous entrions euh dans le cœur du sujet qui va nous réunir ce matin, je dois juste vous informer comme vous l'avez constaté que Yannick Jade a démissionné, il a été remplacé par Thomas Dous du groupe Geste et donc monsieur Jadeau étant vice-président, je vous propose que Thomas Doud devienne vice-président à sa place. Il y a pas d'objection de votre part, c'est parfait.

Donc monsieur Dous en son absence devient vice-président de la délégation. Et donc nous allons poursuivre avec nos travaux de la matinée, c'est-à-dire une audition plinière consacrée toujours à l'évolution des valeurs à l'horizon 2050. Et donc ce matin, plus spécifiquement, nous allons nous intéresser sur le rapport à l'autorité et à la vérité, rapport sur lequel je travaille avec Nadv et Jean-Jacques Michot.

Et donc les questions que nous nous posons tous les trois que nous nous posons avec la délégation, c'est comment pourrait évoluer nos liens avec l'autorité, le respect et la vérité à l'horizon 2050 ? Quel pourrait être l'impact de ces évolutions notamment dans le domaine de l'éducation ? Comment pourra être perçu la justice, l'information scientifique et la parole des médias à cet horizon de temps ? et surtout comment recréer de la confiance dans les institutions et lutter contre la désinformation.

Voilà, beaucoup de questions et donc pour nous aider à réfléchir aujourd'hui, nous avons la chance de pouvoir accueillir madame Claudine Tiercelin euh qui est professeur de philosophie qui a occupé la chair métaphysique et philosophie de la connaissance du collège de France de 2010 à 2025 et qui a publié en 2023 l'ouvrage intitulé La post vérité ou le dégoût du vrai. Monsieur Pierre-Henri Tavaillot qui lui est maître de conférence en philosophie à Sorbonne université, président du collège de philosophie et qui a publié en 2021 comment gouverner un peuple roi, traiter nouveaux d'arts politique et plus récemment, voulons-nous encore vivre ensemble ? Et enfin, monsieur Arthur Miranda, chercheur associé au CVPOF, enseignant qui publie aujourd'hui même, donc voyez avant-première, les lumières sombres.

Comment penser comment comprendre la pensée néoréactionnaire ? Alors, on le voit bien euh au cours de nos auditions avec Nada Jav et Jean-Jacques Michot, les valeurs d'autorité de vérité, elles sont assez euh complexes à définir. Il y a même eu des évolutions euh au cours euh de l'histoire.

Alors, si on essaie de faire une définition, on dira que l'autorité désigne traditionnellement la faculté de modifier le comportement d'autrui sans recourir à la force. ni même à l'argumentation et se distingue donc du pouvoir. L'autorité sait étymologiquement ce qui augmente.

Elle applique une insymétrie plus ou moins librement consentie entre deux parties. Peut-être elle peut être exercée individuellement par des parents ou une personne charismatique ou au nom d'une institution. Toute relation d'autorité est par nature mystérieuse et fragile car elle repose sur le consentement d'une partie qui reconnaît la légitimité de l'autre.

J'espère ne pas avoir perdu mes collègues qui ne font pas toutes les auditions avec nous. Mais bon, strict au census, on pourrait le dire, l'autorité se distingue du pouvoir, mais les autorités politiques par délégation du peuple dans nos sociétés démocratiques disposent de la légitimité de l'exercer en son nom. Donc, quels sont les principaux symptômes de la crise de l'autorité qui touchent aujourd'hui tous les domaines de la société ?

Cette crise n'est-elle pas consubstantielle à la modernité démocratique ? Et l'autorité peut-elle prospérer sans la possibilité ultime d'une contrainte et de réel et de sanctions qu'elle soit réelle ou symbolique ? Et l'autorité peut-elle s'exercer sans être fondée sur des valeurs non négociables comme l'état de droit et la démocratie ?

Alors la notion de vérité, elle a aussi évolué au cours de l'histoire pendant longtemps. Elle était était vraie ce qui était décraté par des autorités traditionnelles ou religieuse. Le développement de la science à partir du 17e siècle a promu des explications rationnelles du monde dans lequel des hypothèses utilisant le langage mathématique étaient testé empiriquement pour vérifier leurs biens fondés.

Depuis 2016, nous serions entrés dans une ère de la post vérité tandis que les fausses informations, qu'elles soient volontaires ou non, pululle sur les réseaux sociaux. La parole des scientifiques est souvent contestée sans pouvoir recourir à des arguments solides, voire en utilisant des explications complotistes. Alors, comment peut-on définir la postvérité ?

Quels en sont les symptômes ? Ne faudrait-il pas mieux distinguer ce qui relève de l'information, des opinions, des croyances d'une part et ce qui relève du savoir et de la connaissance d'autre part ? Quels sont les principaux biais cognitifs à l'origine des fausses informations ?

Comment éduquer les jeunes à l'esprit critique et prémunir les adultes contre la désinformation ? Peut-on même lutter contre des croyances solidement ancrées dans la psychologie de certains de nos concitoyens ? Enfin, peut-on bâtir une société démocratique si la réalité est elle-même remise en cause ?

Donc voilà un peu l'ensemble des questions que nous nous posons. On a déjà dû faire je sais pas 5 si auditions sur ce thème. Donc je vous propose d'avoir chacun un propos liiminaire d'une dizaine de minutes pour essayer de répondre en toute ou partie aux interrogations que j'ai essayé de de de résumer et puis ensuite nous on rebondira sur vos propos et on vous voilà on essaiera de d'aller encore un peu plus loin.

Et donc je suggère que madame Tiercelin débute notamment en évoquant les enjeux de la notion de vérité. Merci beaucoup madame la présidente. Lesateurs, merci de votre invitation.

Bon alors d'introduction par Merci. Oui, merci. Alors donc en guise d'introduction à nos échanges, je partirai donc du constat après quoi j'attendrai vos questions pour vous répondre et pour vous faire plusieurs propositions concrètes puisque c'est tout de même ce qui justifie notre présence parmi vous aujourd'hui.

D'abord donc le constat constat que je crois nous faisons tous mais dont je ne suis pas sûr que et qu'il soit quant à certaines causes de la situation toujours partagé. Je ferai donc en guise d'introduction h remarques rapides. Premièrement, comme vous l'avez dit madame la présidente, c'est vrai que la vérité, bon ce n'est pas depuis aujourd'hui que on s'en soucie, mais ce qui est en un sens paradoxal, c'est qu'elle a toujours fait l'objet d'une attitude ambivalente, mot creux, idéal, abstrait, pur reflet d'un pouvoir politique, religieux voire sectaire, censé nous abuser, mais dont dans le même temps, on ne peut se passer qu'on accolle le terme a des choses de vrais et de faux amis.

On a même dit à un certain moment de vrais faux passeports à des faits, à des croyances euh ou à la réalité. La vérité et ses associés, véracité, authenticité, sincérité comme leurs opposés, fausseté, mensonge, dissimulation sont notre quotidien. D'où l'on conclut que la vérité est relative dépend du sens et du contexte.

Tout est relatif. Ma vérité vaut bien la vôtre. Si nos jugements sont tous vrais pour toutes sortes de raisons, qui oserait dire en effet qu'ils sont vrais en un seul et même sens.

D'où la popularité des intuitions pluralistes et relativistes. Respectons toutes les vérités. Prenons la fraternité.

Prenons soin care des autres. Ouvrons-nous à l'altérité. Tâchons de ne jamais blesser ni offenser personne, avis aux caricaturistes et aux professeurs et chacun de protagoras au post-moderne en passant par Ponce Pilate de répéter vrai, cela dépend, de mettre vrai entre guillemets ou de l'affirmer comme granois.

Quelle de ne trouver au vrai qu'un sens littéral, unique, absolu comme semblait pourtant le penser notre brave d'écart lorsqu'il écrivait que la vérité, je le cite, est une notion si transcendentalement claire qu'il est impossible de l'ignorer. Fin de citation. Mais les faits sont là.

On se méfie de la vérité. On ne croit plus en elle. On se sent trompé par les pouvoirs politiques scientifiques, censé garantir les valeurs qui vont de père avec elle.

Mais jamais non plus, je pense que nous en faisons tous le constat, le besoin de confiance, la soif de vérité, entendons, de véracité, d'authenticité, de sincérité n'ont été aussi grand. Le paradoxe n'est pas nouveau. De même que c'est ma deuxième remarque, la mise à mal du concept de vérité.

Il est de bon temps de voir en elle non pas une propriété de nos assertions partant qui nous engage mais disaient certains une petite tape dans le dos que nous leur adressons ou ce que nous estimons être en accord avec ce que croi et disent nos pères en conversant en débattant avec eux. Ces thèmes ont pris un relief particulier depuis quelques années dans cette are de post-vérité que vous évoquiez associé à la première présidence de Trump au cours de laquelle le terme fut élu en 2016 le mot de l'année. Au passage, il est piquant de constater que dans l'intervalle Biden, mains esprits blasés, on avait conclu que la crise postéritiste était déjà du passé et chacun après s'être horrifié des conséquences du phénomène pour la vie publique de passer à autre chose, de proclamer son désir de vérité ou son goût du vrai ou que de toute façon on entre dans la vérité que par la charité.

Peut-être aussi que le rappel fracassant de l'histoire, attentat, terroriste, catastrophe climatique, pandémie, guerre avait calmé quelques ardeurs. Rien de tel que la confrontation, faut bien dire, avec le réel, pour provoquer chez les plus récalcitrans le malaise du doute authentique et la remise en cause des croyances les mieux enracinées, mais aussi pour mettre à mal les doutes sceptiques par trop extravagant. Tout n'est donc pas à faire d'interprétation et de marge.

Il y a du hors texte. Et vrai, ce qui est bel et bien en accord avec la réalité. Ça existe en vrai.

Des gens égorgés, décapités, massacrés, vous m'en direz tant. Mais rien de tel aussi que les horreurs de la guerre pour mesurer l'empire de la propagande, de la désinformation, de la manipulation avec son éventail de subtil bidouillages, de mensonges effarants et d'insolentes falsifications des faits qui traduisent tous précisément ce formidable et insistant d'égût du vrai qui est au cœur, me semble-t-il, de la postvérité. Il n'empêche, c'est ma troisème observation, c'est bien sous le premier Trump que Fir Floress, le vocable de postvérité et ce terme insensé tout de même faits alternatifs, j'aime dire de rechange.

Et le second mandat a vite montré que rien n'avait changé au diable fait épreuves seul compte ce qui est meux et plaît. Trump dit-on est un fier fait menteur. Oui, mais c'est surtout un bonenteur, un bullshitur idéal.

Car mensonger entoureloupe n'ont en fait rien de nouveau. Et surtout mentir, c'est encore respecter la distinction entre le vrai et le faux puisque croire au moins minimalement à quelque chose comme la vérité objective et bien le menteur est bien obligé d'y sourcrire sinon son mensonge ne lui permettrait pas de parvenir à ses fins. débiter du bullshit, des foutises littéralement de la merde.

Ce n'est pas mentir, c'est manifester une parfaite indifférence à l'égard de la vérité et le peu de cas qu'on en fait. Bon, mais si le phénomène a au-delà de Trump retenu l'attention, 4e observation, c'est parce qu'il traduisait et traduit toujours, vous l'avez aussi noté, une crise plus profonde. Il n'est pas dû à telle ou telle catastrophe. telle ou telle dictature, il sévit partout car il est le fruit de l'inventivité technologique et de ces possibilités inouies de manipulation et d'instrumentalisation par la multiplication des canaux de communication, d'information et donc de possibles désinformations.

Il est lié aussi au déclin des médias traditionnels, au discrédit jeté sur les experts et les savants et au poids grandissant des réseaux sociaux dont le fonctionnement est une source de dérégulation massive de la communication, un pourvoyeur d'ignorance, de déni pour les normes du discours public, lequel traduit une gravissime crise à mon sens de l'ERtion. Un like engage assz peu. Le scepticisme pyonien, je ne sais pas si je sais ou si je ne sais pas, donc je m'abstiens.

Ne s'est jamais si bien porté et je pense que vous en mesurez les effets en politique au cours des élections. ont ainsi envahi tous les secteurs de la vie publique, l'obscurcissement, l'usage sélectif des faits, le rejet de ce qu'on aime pas, le déni de la science, le tripatouillage des données, l'engouement pour le raisonnement de pacotill décoratif ou motivé ou c'est la conclusion qui détermine l'argument plutôt que l'inverse parce que l'on est tellement convaincu d'avance de ce que l'on fait mine de démontrer qu'on accorde aucune importance à la démonstration elle-même et ou je dirait mais souvent ça va de père à la nature des preuves à verser au dossier 1000 feuilles argumentatifs fleurissent au cœur des théories du complot parce qu'on aime rien tant notamment chez nous que radio cinéon ainsi que les informations manipulées fake news dont le principe n'est pas d'être fausse ou biaisée, mais de l'être délibérément. D'où la difficulté évidemment de s'y retrouver, le brouillage des lignes entre information et opinion.

L'information passant pour du savoir entame la confiance qu'on peut et doit avoir en lui, multipliant aussi l'aveuglement volontaire et la surconfiance, n'est-ce pas ? C'est-à-dire la facilitation bien sûr de l'accès par le web à l'information laisse à croire que le savoir s'acquiert sans effort entretenant illusion sur la réalité des compétences mais aussi frustrations et déceptions. L'érosion inévitable de l'esprit critique et la fragilisation croissante des individus pronté à l'emprise des pires manipulateurs et imposteurs comme l'ont compris les facilitateurs de bulles informationnelles qui exploitent notre prédilection pour le biais de confirmation.

L'internet donc procure cette certains dirais-je un accès immédiat à de l'information fiable si on prend la peine de chercher. Mais il n'est bien souvent qu'une chambre d'éco. Comment donc ne pas donner raison à ce qui répète depuis des lustres qu'il est inutile de perdre son temps à rechercher la vérité et que de toute façon elle n'existe pas.

La post vérité, c'est ma 5è remarque, c'est aussi l'exacerbation de la méfiance vis-à-vis de la raison qui ne date pas d'hier au gré des caricatures, il faut bien le dire, du rationalisme, de cet âge de l'éclipse ou du déclin de la raison qu'aura été une bonne partie du 20e siècle, reposant plus sur le concept égélien d'une raison omnisciente que sur celui moins triomphant, celui de Lauf Clerung ou des Lumières. La raison n'étant plus désormais cette valeur liée aux idéaux de liberté, de révolution, d'une démocratie charmentatise par l'accès public au savoir. Dénoncé comme le mythe positiviste de la supériorité de la méthode rationnelle et du progrès de l'humanité, le savoir théorique a perdu, il faut bien le dire, ça me paraît être une donnée vraiment très importante. sa légitimité, il esté par le savoir pratique et par la morale avec un grand thème, la scène publique puis médiatique étant désormais occupée par l'intellectuel littéraire, le philosophe écrivain, le journaliste, le blogueur, le Twitter, lexeur, dont l'objectif n'est plus de justifier son opinion par des raisons, mais de séduire en affichant une curiosité tous asimut et en évitant de donner une impression sérieux qui pourrait sentir son universitaire informé ou cultivé.

Mais la post vérité, c'est aussi et surtout 6e observation un niveau de doute carrément obsène à l'égard des faits qu'on ne veut pas croire, allant souvent de père à l'inverse avec une complète crédulité à l'égard des faits quel qu'il soit dès lors qu'il ne colle pas avec la manière que l'on a de voir les choses. Le principal critère étant que ça aille dans le sens de ce que l'on croit déjà. est insu battu est ainsi battu en brèche l'idée même que certaines choses sont vraies indépendamment de ce que nous pouvons penser ou éprouver à leur propos comme l'a défini l'xo dictionary.

La postvérité des notes, je cite la définition ces circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d'influence pour forger le débat politique ou l'opinion publique que les appels à l'émotion et à la croyance personnelle. Fin de citation. Or, comme le rappelait Bertrand Russel, oubliez que nous sommes quand même contraints par des faits qui sont pour la plupart indépendant de nos désirs est une forme de mégalomanie délirante que des gens ne respectent pas la vérité ou la Nice là au fond a toujours existé et l'on sait même que chercher à les en dissuader, c'est se lancer dans un dialogue de sour mais ce que révèle me semble-t-il la postvérité, ce sont moins les manquements ou le renoncement à la vérité que la subordination sans vergogne des faits à la croyance quitte donc à créer si besoins des faits de rechange assorti de la volonté de l'imposer aux autres en dépit des preuves ou de leur absence double domination donc idéologique et politique. distangbien ici. 7e point, j'ai presque terminé.

Ce qu'on tend parfois à confondre, me semble-t-il dans un univers totalitaire horsélien dont il est beaucoup question régage. Il n'y a qu'une seule vérité qui doit être uniformément crue. L'univers postvéritiste est en apparence, c'est pour ça que c'est évidemment très troublant, plus démocratique puisque au fond chacun peut s'exprimer, n'est-ce pas ? et il est rongé par un relativisme généralisé dont le but est de faire disparaître la vérité en la dissolvant en quelque sorte de l'intérieur ce qui est tout sauf démocratique.

Mais totalitarisme et postvéritisme sont bien l'application sous des régimes opposés. Vous voyez, je crois que c'est il faut bien le le comprendre d'une même stratégie. Et quelle est cette stratégie ? et bien rompre toute relation entre langage et réalité et empêcher tout accès à la vérité de manière à détruire les conditions même de la liberté.

D'où la gravité évidemment du défi aujourd'hui. Ce qui est en jeu, ce n'est pas la simple difficulté théorique à nous représenter un monde où la vérité n'aurait plus court. C'est la menace proprement existentielle qui pèse sur notre ancrage même dans le réel.

Mais précisons les choses et donc pour procédons donc pour finir à ce que Valérie appelait au nettoyage verbal de la situation. Bon alors poncif et mal entendu perdure. Soit vous l'aurez noté on en revient au chapelet de cire relativiste et protagoréenne à chacun sa vérité.

Soit on s'en tient à des définitions dont on a pourtant montré qu'elle ne nous donne pas une lecture satisfaisante de ce en quoi consiste la vérité. Si je résume, non, la vérité ce n'est pas ce qui correspond à la réalité, ce qui serait donc le miroir ou la copie de la réalité. Ce n'est pas ce que l'on vérifie ou qui est vérifiable, ni ce qui est utile, qui marche ou qui paye, ni ce qui est cohérent, ni ce qui est acceptable de façon garantie.

La vérité ne s'identifie pas non plus au fait d'accepter ou de tenir pour vrai, car ce que l'on tient pour vrai n'est pas nécessairement vrai, n'est-ce pas ? Très important. Ça c'est quelque chose que au fond on sait depuis au moins le té de Platon à savoir que la vérité n'est pas non plus identique à la croyance pas même à la croyance justifiée.

Car ce que l'on croit même de manuaire justifié peut ne pas être vrai. De même, la vérité ne doit pas se confondre avec la connaissance car ce qui est vrai peut fort bien ne pas être connu, pas plus qu'il ne faut confondre la vérité avec les dispositions à la rechercher, à savoir ce qu'on appelle, si vous voulez, les vertus de vérité dont j'ai parlé au début. sincérité, véracité, authenticité, fiabilité, exactitude, candur. confusion que font souvent de très grands auteurs comme Nietzsche et à sa suite Fouo quand il assimile la vérité à la volonté de vérité où évoque une histoire de la vérité que nos croyances ou attitude sur le vrai échangai comme vous l'avez noté à travers au fond les époques n'implique aucunement que la vérité elle-même a changé le vrai n'a ni histoire ni géographie, il est partout le même de la Sibérie au Caporne, de Paris à Tahiti.

Il est donc crucial, je terminerai par là, de distinguer trois choses. 1, le concept de vérité, donc ses propriétés définitionnelles. Deuxièmement, ce que l'on tient pour vrai ou croit être vrai, à savoir l'attitude que l'on a à l'égard de la vérité.

Enfin, troisièmement, la valeur que l'on est prêt ou non à accorder à la vérité. Et donc, la définition de la vérité n'a guère changé depuis des millénaires. Et je vous l'annonce, elle risque fort d'être la même en 2050.

C'est celle que vous trouvez déjà chez Aristote, je le cite, dire de ce qui est qu'il est ou de ce qui n'est pas qu'il n'est pas est vrai. La vérité est donc au fond une plattitude. Mais c'est une platitude au combien sérieuse.

Pourquoi ? parce que lié à nos assertions, elle engage nos jugements et nos actes. C'est un idéal qui guide en permanence notre conduite.

Ettant ce que vise l'enquête, elle obéit donc à des normes de rationalité et porte des valeurs ce pourquoi elle compte. Et parmi ces valeurs, il y a le fait qu'elles ne puisse précisément se monayer ou se réduire à une marchandise pour startuper. Ce qui donne en effet de la valeur à la raison comme à la vérité, c'est que l'on a affaire à des biens tels que leur consommation par l'un n'empêche au fond ni ne rationne et bien leur consommation par un autre.

Si j'absorbe plus que ma part de nourriture, certains autres hommes restent affamés, disait Eros. Si j'absorbe une quantité extraordinairement grande de mathématiques, je ne cause de dommage à personne. À moins que j'ai le monopole de l'éducation.

La vérité présuppose un standard extérieur au penseurs et s'enracine donc de fait dans un principe logique social. Car le vrai est quelque chose à quoi je ne puis être le seul à faire référence. Le vrai est public.

Conclusion. Si euh le défi du post-véritisme porte-moi sur la connaissance de la réalité comme je l'ai souligné que sur la réalité ou l'existence même donc de celle-ci et si le danger ne vient donc pas uniquement de ce que nous laissons nos opinions et sentiments trop empiétés sur notre conception de ce que sont les faits en oubliant que le réel est quelque chose de totalement indépendant de ce que nous pouvons penser ou sentir à son propos l'exacte opposé donc vous le voyez de la définition donnée par le Oxford dictionary. Alors le plus grand risque que nous courons, bah c'est tout simplement de devenir étranger à nous-même.

Même s'il faut mieux en prendre soin, le goût ou l'amour du vrai, dit-on n'est pas prêt de disparaître parce que nous en avons besoin tout bêtement pour survivre. Chiche ! Sans doute dans un monde où la vérité aurait disparu, nous rangerions-nous toujours sur le bas côté pour ne pas nous faire écraser ?

Bon, mais ce dont nous aurions été vidé, je crois c'est de notre humanité, peut-être même bien de notre appartenance à la civilisation. Admettre l'insensibilité grandissante au vrai, l'indifférence à des distinctions aussi élémentaires que celle entre le vrai et le faux. préférez se comporter en ectoplasme à vide de tweet, de textau, de clics et d'émoticones plutôt que de phrases sans lesquelles il ne saurait y avoir d'assertion ou de jugement.

Ce serait accepté de vivre au fond dans un monde où les individus refusent de s'engager et d'assumer leur responsabilité de la la responsabilité de leurs paroles et de leurs actes. Un monde de solitude morale tout bonnement infernal. où rien ne permettrait finalement de distinguer un état démocratique libéral d'une dictature tyrannique ou d'un état terroriste.

Si nous perdons la vérité et ses critères de vue, de quelles armes disposeront les opprimés pour répondre aux agressions des dictateurs jusqu'à plus ample informés, avons-nous trouvé quelque chose de mieux que la vérité, que l'objectivité factuelle et que la connaissance pour les défendre. Mais il ne faut pas se faire de la vérité une idole, n'est-ce pas ? Nous sommes réunis aujourd'hui pour faire des propositions qui permettent d'améliorer la situation.

J'en ai plusieurs à faire et donc j'attendrai vos questions, mesdames et messieurs les sénateurs. Et je vais donc à présent laisser la parole aux deux autres orateurs. Je vous remercie.

Est-ce que monsieur Tavot peut enchaîner sans cause sur la d'autorité ? Merci beaucoup. Sur cette question l'autorité, je pense que le paradoxe central de notre monde contemporain, c'est on pourrait le formuler de cette manière, c'est à la fois la détestation de l'autoritarisme et et l'idolâtrie de l'autorité.

Et ça ça doit déjà nous permettre de réfléchir à la question, c'est que le la crise de l'autorité sur laquelle nous sommes pour laquelle nous sommes réunis est peut-être le sujet qui fait le plus consensus dans notre société. Tout le monde considère que l'autorité est en crise et de très nombreux sont en train de considérer que c'est une mauvaise nouvelle. Donc, j'allais dire le fait qu'autant de gens soient pessimistes me rend à la en matière d'autorité plutôt optimiste.

C'est que l'indifférence en matière de la crise de l'autorité serait la pire des choses. C'est pas du tout le cas. Donc ça veut dire que cette autorité n'est pas morte.

Elle reste présente mais sous une forme qu'il faut envisager dont il faut envisager la reconfiguration. Je reviens très rapidement sur la définition que vous avez suggéré parce que je pense que c'est la clé du sujet. L'autorité en effet ce n'est pas le pouvoir.

Pourquoi ? Pour une raison très simple. Il y a du pouvoir sans autorité symbolisé par la figure du petit chef. on a tous rencontré, c'est-à-dire beaucoup de pouvoirs de nuisance mais absolument aucun prestige.

Euh, il y a aussi de l'autorité sans pouvoir qui serait symbolisé par la figure du vieux sage, celui qu'on va consulter, qui n'a plus les manettes mais dont la vie compte. Une formule fameuse dit l'autorité c'est moins qu'un ordre, plus qu'un conseil. Un conseil qui a une qui a une saveur particulière.

Donc l'autorité, c'est pas le pouvoir. L'autorité, en effet, c'est pas non plus la contrainte. On considère très souvent que quand la contrainte est là, l'autorité est en échec.

Pendant très longtemps, les policiers n'étaient pas armés précisément parce qu'on supposait que la le fait même de l'arme était une objection contre l'autorité. L'autorité enfin, ce n'est pas non plus l'argumentation rationnelle. Il y a une raison à ça, c'est justement qu' il existe des arguments d'autorité.

Les arguments d'autorité sont des arguments qui ne s'argumentent pas ou qui closent l'argumentation. Molière commence don Juan par cette formule. Quoi qu'on dit Aristote et toute la philosophie, il n'est rien de meilleur que le tabac.

C'est pour se moquer des sortards dont je suis qui dont nous étions [rires] euh qui justement mettait du Aristote à à tour de brun parce que c'était l'argument d'autorité. Et donc l'argument d'autorité, c'est l'argument qui cl c'est qui clos l'argumentation. Donc c'est pas le pouvoir, c'est pas la contrainte, c'est pas l'argumentation rationnelle.

Plus facile de dire ce que ça n'est pas que ce que c'est. Et en vérité effectivement pour trouver ce que c'est l'étymologie est utile et je vais prendre une formule un peu triviale. Autorité vient du mot aoguérer en latin qui signifie augmenter qu'on trouve dans le l'expression les augures qui sont des augmentateurs de chance.

Si on prend les augures avant la bataille, c'est pour essayer de voir si les chances vont être augmentées de la gagner. qu'on retrouve aussi chez Auguste dans Auguste qui est celui qui avait accumulé tous les pouvoirs qui étaient jusqu'à présent séparés en différentes personnes. Donc il est augmenté, c'est octave augmenté si je puis dire une métaphore musicale.

Et euh l'augmentation c'est une forme pardon de la l'image triviale une forme de dopage. Voilà l'autorité c'est du dopage. Exactement comme paraît-il disent les mauvaises langues. coureur cycliste utilise une substance mystérieuse pour augmenter ses chances de monter le tourmalais ou l'alpe du et bien l'autorité c'est une manière grâce à une substance qu'il va falloir identifier une manière d'augmenter un pouvoir ou un argument grâce à l'autorité le pouvoir dure plus que ce que dure la force et grâce à l'autorité l'argument vaut plus que sa seule puissance rationnelle La question est quelle est la substance ?

Euh alors pour aller évidemment très vite dans l'histoire de l'humanité, je voyez je j'ose tout. Il y a trois grandes réponses qui ont été apportées qui sont des réponses qui ont une caractéristique commune, c'est qu'on va chercher l'augmentateur ailleurs que dans le petit humain dont on considère qu'il n'est évidemment pas du tout à la hauteur pour apporter quoi que ce soit pour augmenter un pouvoir ou un argument. Donc on se réfère à une instance pososée supérieure.

Trois instances pour aller vite qui sont cumulables dans la réalité historique mais dont peut identifier les modèles purs. Le passé la nature, le divin. Le passé il considère que ce qui va augmenter un pouvoir ou un argument, c'est le rapport particulier à un passé considéré comme mythique.

Ça correspond aux sociétés traditionnelles qui vont considérer qu'il y a eu jadis des grands ancêtres qui nous ont tout donné, nos lois, nos valeurs, nos normes. La seule chose qu'on a à faire dans la vie, c'est d'hériter, d'imiter, de répéter et surtout de ne pas innover. L'innovation est le trouble absolu.

L'innovation, c'est le danger du désordre. Et donc, il faut être fidèle au passé. C'est ainsi que naî le mot d'autorité très explicitement chez les Romains et je vais vous rendre hommage.

Le Sénat avait l'autoritas tandis que les consules avaient la potestas. Pourquoi les les sénateurs avaient-ils la la le l'autoritas ? parce qu'ils étaient dans le temps long, ils étaient lents.

Voilà, ils étaient lents et c'était une immense qualité parce que les sénateurs étaient les représentants des familles patriciennes qui avaient assisté, si je puis dire, à la naissance de Rome qui constituait le moment sacré de la République romaine. Et donc, ces descendants rejetons des familles patriciennes avaient précisément cette autorité du passé alors que les consules étaient dans la gestion quotidienne. Protestas et donc c'est ce qui faisait l'autorité des sénateurs était ce rapport particulier avec la source qui augmentait en quelque sorte leur pouvoir pour justement être dans le temps long.

Première forme d'autorité. Deuxième forme d'autorité la nature. Mais une nature pas conçue comme on la pense aujourd'hui conçue comme un ordre hiérarchique organisé ordonné.

Et ce qui augmente un pouvoir ou un argument, c'est son rapport à la à cette nature organisée, à ce que les Grecs appellent le cosmos. Dans le cosmos, il y a un ordre précis. Bon, allons très vite avec la référence platonicienne.

Les choses légères sont en haut dans le cosmos. Les choses lourdes sont en bas. Le corps humain est constitué de cette manière.

En bas, vous avez épitumia, c'est-à-dire les bas instincts, tout ce qui relève de la maison. Ça dit oikia en grec, ça donne le monde économique, ce qui fait qu'on se nourrit et ce qu'on se reproduit. C'est ce qui nous rapproche le plus du domaine animal.

C'est en bas au-dessus. Tumos, le courage, c'est ce qui permet effectivement de défendre la cité au-delà de son cette logique simplement animale. Et puis tout en haut, l'esprit, ce qui est le plus léger, ce qui nous permet de comprendre l'ordre du monde.

C'est la raison pour laquelle et bien le philosophe devait être roi. C'était le bon temps. Le philosophe devait être roi précisément parce qu'il était le seul apte à comprendre l'organisation du cosmos.

C'est si l' philosophe avait l'autorité, c'est précisément parce qu'il comprenait cette organisation du monde. Et cette organisation du monde hiérarchique concerne aujourd'hui encore à peu près 75 % de la planète. Le système de caste en Inde reproduit cette logique hiérarchique avec une autorité qui est bien identifiée.

L'anomalie indienne d'une démocratie fondée sur une société de cast. C'est de ce point de vue-là quelque chose qui doit nous rappeler qu'il existe des modèles d'autorité cosmologique qui restent très puissants dans notre monde contemporain. La troisème source de l'autorité est plus connue.

Euh elle consiste à dire qu'il y a plus fondamental que le passé, plus fondamental que l'ordre des choses et du monde. Il y a celui qui a créé le passé et l'ordre des choses, c'est-à-dire Dieu. Et donc que toute autorité vient de Dieu.

C'est la phrase de l'épitre aux Romains de Saint- Paul. Toute autorité vient de Dieu. Je rappelle que la fin de cet épitre euh c'est c'est pour ça que vous devez payer vos impôts.

Il s'adresse aux Romains, hein, parce que toute autorité vient de Dieu et donc il faut pas contester les autorités en place où Saint- Paul neutralise la dimension un peu subversive que le christianisme pourrait avoir. Non, il faut obéir aux autorités en place. Et donc cette troisème forme d'autorité bien connue, c'est effectivement qu'un pouvoir ou un argument est augmenté parce qu'il a un rapport particulier avec Dieu.

Le roi est de droits divins et l'argument devient parole d'évangile. Voilà pour aller très vite. Donc voilà les trois formes primordiales de l'autorité.

Elles sont extrêmement puissantes, extrêmement efficaces, elles sont compatibles, combinables. Et ce qui caractérise la trajectoire de notre monde occidental, c'est que quelque part aux environs de la Renaissance, à peu près simultanément, ces trois modèles d'autorité sont entrés en crise, ont pas disparu, mais ils ont perdu leur puissance d'évidence. L'autorité traditionnelle a définitivement cessé de fonctionner parce que très simplement il n'y avait plus une tradition mais plusieurs.

La Renaissance c'est le moment où on redécouvre les lettres antiques et donc il y a plusieurs traditions qui s'affrontent. La tradition païenne, la tradition chrétienne et donc une marge de manœuvre entre les deux. Donc la tradition cesse de faire autorité.

On peut jouer une tradition contre l'autre. C'est la querelle des anciens et des modernes. Deuxième figure, le monde cosmologique des anciens, le monde d'Aristote qui avait un haut, un bas, une gauche, une droite, pas en politique mais un centre, une périphérie.

Et bien ce monde s'effondre avec l'idée qu'on passe dans un logique d'univers infini dont on ne voit plus l'or l'organisation et on a beau scruter c'est ce cosmos, on ne peut plus rien en déduire du point de vue du pouvoir ni du point de vue de l'organisation de la société pour regarder les choses et au contraire il faut plutôt rompre avec ce monde parce que ce monde ne nous dit rien de l'organisation des choses. Rien n'est possible de fonder en matière d'autorité sur l'observation comme on disait observer la loi. La formule était très belle.

Observer la loi, ça marche bien chez Aristote, on observe le monde et on en déduit la loi. Observer la loi, c'est juste observer les textes juridiques. Voilà, c'est ni plus ni moins.

Donc, il y a pas d'autorité de la nature. Et puis troisièmement, l'autorité divine. Alors, la renaissance n'est pas une époque atée.

Simplement ce qui était censé faire l'autorité et faire la paix devient le principal motif de guerre. Ce sont les guerres de religion. Et tous les intellectuels de l'époque à partir de la Renaissance de Maiavel jusqu'à Lock et en passant par Hops sont leur leur point de départ philosophique c'est la réflexion sur effectivement le constat de cette crise de l'autorité.

C'estàd le fait qu'on ne peut plus fonder quoi que ce soit. ne peut plus augmenter ni un pouvoir ni un argument sur aucune de ces trois instances qui ont fonctionné par le passé de manière quasiment automatique et et extrêmement puissante. D'où deux défis à partir de ce moment-là, premier défi de dire bah essayons de nous passer de l'autorité, peut-on envisager de nous de passer l'autorité ?

Puis un deuxième défi qui est dire essayons de construire de l'autorité comme disent les comptables, sur ressources propres. Il y a une image qui formule ça parfaitement qui résume en quelque sorte, c'est un épisode des aventures du baron de Munchosen. C'est ce baron légendaire germanique.

Un jour, il se promène dans la forêt avec son cheval. Il est face à un vaste lac qu'il se décide de franchir. Il prend beaucoup d'élan avec son cheval.

Il saute et tombe au milieu du lac. Commence à s'enfoncer inexorablement jusqu'à ce qu'il ait l'idée géniale. Il se prend par les cheveux et il se sort lui-même du lac.

C'est absurde. Ça n'a aucun sens. Ça s'appelle la démocratie.

Comment un peuple va pouvoir s'augmenter lui-même, c'est-à-dire se donner à lui-même ses propres lois. C'est intéressant de présenter les choses comme ça parce que ça veut nous nous dit quelque chose d'intéressant. Le vrai mystère n'est pas que la démocratie marche mal.

Le truc est absurde. C'est que ça marche un peu. Inversons la charge de la preuve.

Le vrai mystère, la vraie énigme, c'est que ce système complètement absurde produit de l'autorité. Et c'est ça qu'il faut essayer de comprendre. Donc, d'où peut venir l'autorité à l'âge démocratique ?

Justement, cette autorité sur ressources propres. Alors, trois réponses possibles, je vais évidemment très vite, c'est les réponses qu'on entend le plus le plus souvent. Première forme de d'autorité, c'est l'autorité du savoir ou de la compétence.

C'est ainsi par exemple que Michel Ser définissait l'autorité. Il disait voilà l'autorité c'est le savoir ou la compétence et c'est vrai qu'on demande à un élu d'être compétent de connaître ses dossiers à un manager de connaître son domaine un professeur de connaître sa discipline. Mais très vite on a un doute parce que face à cette autorité de la compétence on se méfie en même temps immédiatement du règne de l'expertise du technocrate sec.

Et cette première forme d'autorité est ambivalente. Oui, on veut de la compétence mais ça ne suffit pas. Il faut quelque chose, un petit truc en plus au-delà du savoir de la compétence.

Alors, on va avoir un deuxième élément, le petit truc en plus en l'occurrence, c'est ce qu'on appelle et c'est très mystérieux aussi le charisme. Le charisme, c'est-à-dire ce qui permet à un homme politique non seulement de de de connaître ces dossiers, mais d'entraîner, hein, ce que disait Raymon Bar. On me demande de faire rêver les Français, mais pour les faire rêver encore faudrait-il que je les endormisse et je m'y refuse.

Il refusait le charisme, il a été battu. Euh et donc ce deuxième élément, ce deuxième élément, le petit truc en plus, c'est ce qu'on demande aussi du professeur, pas simplement de connaître sa discipline, mais de donner envie d'apprendre manager, de le suivre. Cet élément de charisme est lui aussi très ambivalent.

D'un côté, on l'attend et c'est très mystérieux dans un univers démocratique. De l'autre côté, on sait ce que ça produit comme effet désastreux, dévastateur. On est aussi très méfiant à l'égard des gourous, à l'égard des guides géniaux, à l'égard des des grands timoniers, à l'égard d'ailleurs très intéressant, j'viens parfois en entreprise sur le leadership.

Tout le monde dit "Ah oui, il faut cultiver le leadership. Soyez des leaders." Et je dis très simplement "Mais traduisez leader en allemand." fureur, ça devient tout de suite moins sympathique.

C'est pourtant exactement la même mot. On voit bien l'ambivalence des deux termes. Donc déçu par l'expertise ou par la compétence, déçu ou méfiant à l'égard du charisme, on va se trouver une troisième forme qui est une forme aussi alors là particulièrement moderne d'autorité, ce qu'on peut appeler l'attention aux autres, l'empathie, la sensibilité à la vulnérabilité.

Voyez, un chef d'État aujourd'hui, un premier ministre quand il y a un drame doit aller sur place, ce qui parfois du point de vue de la gestion de la crise est désastreux. Ça ça les services de sécurité sont obligés de faire des choses. Enfin, ça c'est même contreproductif du point de vue des victimes.

Il doit y aller. Mais s'il y va pas, on va le lui reprocher parce que il y a une forme d'autorité qui est l'autorité de l'attention au sort des peuples plus. Et là encore, c'est une exigence très forte, très positive.

On est attentif effectivement au sort des individus et en même temps peut produire la pire des démagogies. Vous mettez sur un plateau de télévisé un chef d'entreprise très compétent, très charismatique mais il a face à lui un des salariés qui vient d'être licencié par ce chef d'entreprise. Vous pouvez faire tout ce que vous voulez.

Le pouvoir de la souffrance, l'autorité de la souffrance va l'emporter contre le charisme et contre la compétence. Donc voilà, le grand défi, c'est qu'on a des formes d'autorité. Peut-être il y en a plus sous réserve d'inventaire, mais les formes contemporaines d'autorité sont ambivalentes.

La question, et je termine avec ça, c'est quel est le critère qui permet de distinguer la bonne et la mauvaise autorité comme le bon et le mauvais chasseur ? Et bien me semble-t-il que ce critère on peut le trouver et ça nous donne un nouveau regard sur l'autorité à l'âge démocratique. La bonne autorité pour la formuler d'un d'un terme, c'est l'autorité qui augmente non pas qui est augmentée par une source extérieure mais qui va augmenter pour le dire d'une formule.

La bonne autorité c'est celle qui fait grandir à la fois celui qui l'exerce et celui qui s'y soumet. Voilà l'autorité démocratique. Ça a un nom dans notre monde contemporain un peu oublié.

C'est la figure de l'adulte. Voyez l'adulte. Je sais pas si vous avez voyez ce que c'est peu de mal à voir.

Dans l'entreprise, on parle des juniors et des seiors. Junior c'est trop tôt, seior tard. Il y a pas d'adulte.

Voilà. Et bien l'adulte, c'est précisément celui qui grandit et fait grandir. C'est très simple ce que je dis ici, mais cette forme démocratique d'autorité qui retrouve le sens originel d'augmentation, pas l'augmentation qui vient de l'extérieur mais l'augmentation de la collectivité.

C'est cette autorité qu'on demande aux parents faire grandir, qu'on demande à un chef d'entreprise, à un cadre. qu'on demande à un élu, cette autorité qui augmente et qui aussi doit faire ses preuves. Mauvaise nouvelle, cette autorité est moins claire.

Elle est moins claire que celle qui tombe du ciel. Bonne nouvelle, elle est inscrite profondément en nous et on en a un besoin vital et tout le défi, c'est de la rendre clair. Je donne un tout petit exemple pour terminer mais vraiment très bête, mais juste pour essayer d'incarner un peu cette idée d'autorité.

Il y a une question philosophique un débat philosophique qui peut paraître anecdotique, c'est à qui appartiennent les enfants ? Alors, il y a eu des réponses différentes. Il y a les enfants appartiennent au clan, à la patrie, à la famille qui peut en user et en abuser.

Donc l'enfant n'a pas d'existence individuelle. Évidemment, cette réponse va nous choquer les esprits démocratiques. Il y a une deuxième réponse qui dit "Bah, l'enfant s'appartient à lui-même.

C'est un individu. Cette réponse va nous séduire jusqu'à ce qu'on s'aperçoive qu'un enfant qui s'appartient à lui-même, c'est un enfant abandonné. Il se débrouille, il est autonome, il a pas besoin d'être éduqué.

Il est parfait. La véritable réponse, me semble-t-il, à cette question, c'est l'enfant appartient à l'adulte qu'il sera demain. Et la tâche de l'éducateur, c'est le moins mal possible, parce qu'aucune perfection n'est possible dans la matière, d'incarner temporairement l'adulte que l'enfant sera demain.

Si j'interdis à ma fille de sortir la veille d'un contrôle de math, c'est parce que je considère que si elle était adulte, elle s'interdirait elle-même de sortir un contrôle de math. Cette autoritél est une autorité qu'on peut qualifier de service. La formule est de Saint-Augustin dans un contexte, la phrase peut faire hurler tellement elle est machiste et esclavagiste.

Mais si on la laïcise, elle est très puissante, une autorité de service. Voilà un peu le défi me semble-t-il, de l'autorité à l'âge démocratique. parvenir à incarner cette autorité de service et effectivement dans le domaine éducatif, dans le domaine politique, dans le domaine de l'entreprise, il me semble que c'est un vecteur et une perspective non seulement très puissante, très profondément ancrée et extrêmement enthousiasmante, dernière phrase, souvent on dit que les jeunes n'aiment pas l'autorité.

Toutes les enquêtes un peu robustes sur la jeunesse montrent que l'autorité est une des valeurs qui est en tête. Et souvent on interprète le fait que les jeunes considèrent que ils veulent un régime autoritaire. On se dit "Ah benah, les jeunes sont en train de perdre pied avec la démocratie".

Il faut se méfier et je reviens à ce que je disais au départ, on déteste l'autoritarisme mais on veut l'autorité. C'estd qu'il faut veiller à ce queil y ait pas de contresens sur ce qu'on appelle régime autoritaire. Est-ce que c'est un régime efficace ou est-ce que c'est un régime tyrannique ?

Il me semble que c'est plutôt une volonté d'un régime efficace. Et là, on retrouve une vieille critique adressée à la démocratie. La démocratie, ça ne marche pas.

Je rappelle qu'en novembre 2021, juste avant que Biden organise sa grande conférence sur la démocratie, euh il voulait évidemment s'emposer le comme étant le le leader. La Chine a publié un un petit livre extrêmement subtil et très méchant qui s'appelait la Chine, la démocratie qui marche. Je pense que c'est vraiment le défi aujourd'hui. devons nous autres démocrates libéraux accepter le défi et relever le gant de la démocratie illibérale en faisant la preuve que la démocratie ça marche.

Je remercie. Merci. Et alors monsieur Miranda, je vous invite à essayer de synthétiser tout ça en expliquant ce qui se passe dans la pensée néorévolutionnaire néoréactionnaire d'essayer en tout cas.

Merci madame la présidente, mesdames et messieurs sénateurs. D'abord, je vous remercie de m'avoir invité et je suis très honorer aussi d'intervenir à côté de madame Tirselin et monsieur Tavouyoto. Donc je vais essayer peut-être de d'incarner de manière très contemporaine et localiser ce qui a déjà été dit et ça ira je pense plutôt dans le même sens. et je vais centrer mon intervention autour de d'un travail de recherche que j'ai que j'ai mené autour d'un d'une idéologie très spécifique, un courant idéologique spécifique qui s'appelle lui-même la néoréaction et les lumières sombres.

He ce sont pas des termes que j'ai que j'ai choisi pour pour rendre mon livre vendeur. C'est vraiment quelque chose qui est revendiqué. Je pense que ça dit quelque chose de de secours.

Donc je vais essayer de vous présenter rapidement pourquoi ces idées sont importantes aujourd'hui et en quoi elle menace à la fois la démocratie mais spécifiquement elle à mon sens elles imposent des questions à l'autorité et la vérité notamment dans un cadre démocratique. Et enfin puisque c'est l'exercice demandé, je vais essayer d'envisager aussi une dimension prospective. Donc la néoréaction, ces idées néoréactionnaires, c'est un c'est un ensemble de de pensées qui s'est développé aux États-Unis spécifiquement sur internet, qui s'est développé comme une contreculture numérique, principalement dans des blogs et je crois que ça fera beaucoup écho à ce que disait Claudine Tiercelin notamment dans son dans leur rapport à la vérité.

Alors pourquoi ce courant est important ? parce qu'il est aujourd'hui même en train d'avoir un rôle prépondérant dans le ce qu'on pourrait appeler le la recomposition du trumpisme. Pour faire très simple les schématiques, on pourra en parler après si si vous si ça vous semble intéressant, mais il y a quelque chose qui a grandement changé entre les deux mandats de de Trump.

Le premier mandat était marqué idéologiquement par une stratégie qu'on appelle en sciences politiques le national populisme, forme de rhtorique qui oppose un un peuple sain à une élite démocratique corrompue. Donc il s'agit de faire émerger un leader pour donner voix à ce peuple. C'est une stratégie qui a été très efficace électoralement mais qui n'a pas vraiment servi à donner une direction idéologique à son mandat.

Et disons entre le premier mandat et le deuxième mandat, il y a eu une véritable recomposition idéologique. Un certain nombre d'acteurs du trumpisme ont cherché à trouver des idéologies beaucoup plus structurante. Il y en a deux qui sont apparus.

Une idéologie dont je parlerai pas mais qui qui disons est issue des courants de conservateurs religieux qui essaient de proposer une relecture de la Constitution. Donc c'est sur la question de l'autorité, je pense que c'est assez classique. Il y a pas quelque chose de très novateur.

En revanche, il y a un autre courant et qui est sur ce celui sur lequel j'ai j'ai travaillé. C'est donc un courant qui vient de la tech qui a été promu par un certain nombre d'entrepreneurs de la Silicone Vallée euh qui ont rallé Trump pour certains très tôt et qui ont la particularité de proposer non pas simplement une sorte de retour en arrière comme on le pense souvent lorsqu'on parle des idées réactionnaires, mais une sorte de changement de paradigme complet et qui passe par une destruction de la forme démocratique. Alors, j'insiste simplement sur comment est-ce que cette pensée s'est développée parce que je pense que c'est c'est c'est utile d'en prendre la mesure.

C'est quelque chose qui est relativement nouveau puisque c'est complètement lié à l'émergence du capitalisme numérique et plus spécifiquement des espaces de circulation des idées par internet. Donc je le disais la les idées néoréactionnaires, c'était on peut vraiment la définir comme une la néoréaction comme une contreculture numérique qui s'est qui est née à la fin des années 2000 et qui s'est elle-même présentée comme contreculture comme une sorte d'alternative à ce qui était perçu par ses auteurs comme une une idéologie dominante, c'est-à-dire, on va dire le progressisme. Et donc, elle s'est développée en revendiquant une dimension de marginalité par des blogueurs qui écrivaient sous pseudonyme et qui échangeaient principalement sur des blogs qui étaient assez peu consultés dans un premier temps.

Euh voilà, de manière vraiment dans une sorte de bulle spécifiquement contreculturelle. Néanmoins, au cours des années 2010 et justement sous l'influence, en tout cas sous la promotion de certains entrepreneurs de la tech. Euh certains de ces auteurs euh je préfère pas les nommer pour apporter des noms propres, mais euh si vous voulez, je pour je pourrais le faire après, euh ont été disons euh inséré euh introduit dans des sphères économiques et politiques euh de du parti républicain et notamment euh on rencontrait lors de la disons la deuxième partie des années 2010 certaines personnalités qui étaient un petit peu les personnalités montantes du trumpisme, en particulier le vice-président J.

Evens qui aujourd'hui revendique l'influence de ces idéologies. Il a cité le principal fondateur de la pensée néoraactionnaire. Donc voilà, c'est pas quelque chose de de c'est pas un fantasme de chercheur, c'est quelque chose qui a une influence aujourd'hui et qui peut être vu dans deux exemples.

Si vous voulez, j'y reviendrai parce que c'est pas le centre du du sujet aujourd'hui, mais le DOGE, le fameux département d'efficacité gouvernementale était une idée néoraactionnaire. le fameux plan Gaza aussi euh qui était la proposition de Trump euh pour euh régler le conflit israélo-palestinien est une euh est une idée néoréactionnaire. Donc ce que ce sur quoi je voudrais insister aujourd'hui, c'est plus largement au-delà des de ces influences spécifiques sur des décisions particulière, ce qui me semble très important dans la manière dont ces idées agissent sur notre monde contemporain et en particulier sur l'espace démocratique, c'est qu'elle de manière avouée, elle ses auteurs et ses forces de transformer en quelque sorte la grammaire politique, la manière dont on justifie des décisions politiques et en particulier cette grammaire politique se veut être en rupture totale avec la démocratie.

C'est une grammaire de la force et qui rejette spécifiquement les arguments moraux en politique. Je reviendrai un petit peu sur le détail. Ça a été extrêmement mobilisé dans la manière dont dont Trump a parlé à la fois de l'intervention au Venezuela mais aussi de ses prétentions sur le sur le Groenland.

Et donc je pense que cette cette grammaire idéologique nouvelle qu' qu'ils imposent euh dans euh l'espace médiatique et par l'intervention de de de enfin dans le dans l'espace politique aussi par l'intremise du trumpisme passe par des attaques à la fois à l'autorité et à la vérité. Alors j'ai je partirai de votre définition qui distingue l'autorité et la force. Clairement euh sur ce plan, les idées néoréactionnaires proposent de se débarrasser complètement de la question de l'autorité pour ne voir les rapports interividuel et même les rapports entre communautés politiques comme des purs rapports de force.

Donc la thèse du du principal fondateur de ce de ce de ce courant, c'est de proposer de de de de rompre avec la légitimité traditionnelle en démocratie. C'est-à-dire, bon, il y a plein de manières de la présenter et et Pierre-Henrivoyant en a en a parlé, mais une forme de légitimation du pouvoir par le contrat social, même si évidemment il y a une dimension fictionnelle, en tout cas une forme de légitimation démocratique du pouvoir. Le principal fondateur de ce courant propose de rompre avec ça et de voir l'État comme une entreprise comme une autre dont le la seule mission serait d'organiser la souveraineté du territoire et donc de garantir une sécurité avec un langage et ça me semble aussi intéressant qui est explicitement celui de l'efficacité et la critique de la démocratie à cet égard est une critique non pas comment dire du de la forme du régime avant tout mais de son inefficacité profonde.

La démocratie en tant qu'entreprise qui garantit la sécurité sur un territoire est un très mauvais modèle et donc il faut la remplacer. C'est vraiment la manière de justifier. Donc ça fait complètement fie de la question de la légitimité démocratique du du pouvoir.

Alors ce que pour pour vous montrer vous présenter très rapidement ce que proposent à la place ces auteurs, il propose de de faire un coup d'état, non pas un coup d'état massif en amenant la population à se révolter, mais une coup un coup d'état par le haut, c'est-à-dire de convertir un certain nombre de d'acteurs politiques pour restructurer l'État. Et le langage qui est employé pour le faire, c'est c'est le langage de la liquidation, c'est-à-dire il faudrait liquider la démocratie et ça passe par la destruction de la bureaucratie et des institutions qui ne font que ralentir le temps de la décision. Donc ce qui est reproché sous le nom d'inefficacité de la démocratie, c'est aussi une inefficacité de en terme de lenteur de temporalité.

Et ce qui me semble intéressant aussi au regard de l'autorité et de la notion d'éducation, c'est que selon cette cet idéologue, la le coup d'état ne pourra avoir lieu que si ces acteurs politiques se débarrassent de ce qu'ils appellent la cathédrale qui est l'autre nom donné aux universités et aux médias. Donc il y a vraiment l'idée assumer que les universités et les médias sont quelque sorte garante. Alors pour eux évidemment c'est c'est de manière négative parce qu'en fait l'idée c'est de dire que les universités produisent une idéologie relayée par les médias qui contraint le pouvoir politique et donc qui l'empêche de faire des décisions efficaces.

Et donc il faut se débarrasser de cette cathédrale, mettre à bas la cathédrale et donc ça implique la l'arrêt de tout financement des université, la nationalisation des médias pour ensuite les démanteler et ensuite le le la des coupes budg budgétaires massives dans l'administration fédérale afin de saper toute possibilité de contrepouvoir. Sur la question de la vérité, je trouve qu'il y a quelque chose d'intéressant à souligner, non pas tellement dans le contenu de ces idées, mais plutôt dans la la manière dont elles se sont diffusées. Ça rejoint ce que disait Claudine Tiercelin.

Mais la vérité alternative a été en fait une véritable stratégie avouée dès les premiers textes de ces auteurs pour comme une stratégie de pénétration des sphères politiques. Donc je disais que c'était une contreculture numérique. Alors il y a il y a plein de manières de le repérer. il y a un usage très très stratège de des codes de la culture internet, des codes de la culture populaire mais plus encore ce qui me semble intéressant c'est que ces auteurs se placent dans ce qu' un universitaire qui s'appelle Marc Angelau a appelé la posture panfletaire c'est qu'il refuse l'argumentation dans l'espace démocratique.

Donc il ne refusent de débattre de leur proposition politique avec des démocrates par exemple se placent à la lisière du de l'espace démocratique en prétendant poser leurs propositions à la mercie de ceux qui auront la curiosité de de s'y intéresser avec honnêteté et leur proposition se présente comme une vérité alternative, c'est-à-dire une redescription de tout ce que nous prenons pour acquis. Et ça passe par une une une stratégie de de de renommée de renomination de toutes les catégories essentielles de la démocratie. Donc je parlais des universités et des médias qui sont renommés cathédrales, mais c'est c'est extrêmement récurrent.

Il y a une réécriture aussi de l'histoire de la démocratie. C'est un simple exemple. Roosevelt est décrit comme un dictateur et donc est fantastique à cet égard.

Voilà des des relectures historiques qui sont typiques de ce style euh penfletaire. Il y a une image qui est utilisée qui a qui a qui a vraiment pénétré l'espace numérique dans un premier temps, mais même l'espace public y compris en France et qui symbolise parfaitement ce rapport à la vérité. C'est celui du de la métaphore de la pilule rouge, donc de la red pile en anglais qui est issue tiré du film Matrix et qui est ce moment dans le film où on propose aux héros de choisir de rester dans ses illusions et donc de rester dans la matrice ou de sortir de se débarrasser de toutes les illusions pour connaître le monde tel qu'il est.

Et c'est ce que proposent de faire ces auteurs, c'est-à-dire de de se de prendre cette pilule rouge, d'avaler cette pilule rouge. Et ça implique quoi ? De se défaire de tous les idéos démocratiques pour voir le monde tel qu'il est, c'est-à-dire comment monde fait de rapport de force.

Je je vais simplement faire un mot sur le le la dimension prospective, mais je je vais être très rapide parce que je suis pas forcément à l'aise avec cette cette comment c'est avec cette approche mais mais je vais faire de de mon mieux. Je pense que ce qui que cette ce que la pénétration de ces idéologies qui paraissent vraiment euh à première vue euh loufo il faut bien le dire, mais qui ont de fait un effet politique, je pense que ce que ça dit encore plus quelque chose de de de moment d'intensité géopolitique qu'on est en train de vivre qui se présente en tout cas dans le récit des des forces libérales comme un moment de rupture et je pense que c'est ce répit de rupture qui participe de la pénétration de ces idées néoréactionnaires et plus précisément ce qui me semble être le tour de force de ces ces de ces réactionnaires et qui est repris par les grandes en tout cas les États-Unis comme force illibérale aujourd'hui, c'est de pousser la démocratie dans une posture conservatrice. Ce à quoi on n absolument pas prêt à à mon avis à faire face, c'està-dire finalement la démocratie n'est plus une forme qui est associée au progrès mais elle est renvoyée à une forme de défense conservatrice des idéaux qui sont considérés comme dépassés.

Donc l'état de droit, le droit international, la légitimation au nom du contrat social, une légitimité démocratique, ce sont des idé auquels on s'accroche tant bien que mal en Europe en particulier, mais en fait le monde a déjà changé. C'est ça le récit qui nous est imposé. Et donc je pense que en terme de prospective, il faut imaginer quelle place est-ce que la démocratie peut avoir par rapport à ce récit et quelle attitude aussi elle doit avoir par rapport à ce récit qui lui est aujourd'hui à mon avis imposé.

Je vois quatre options et j'ai essayé d'être le plus honnête possible dans ces dans ces scénarios. Premièrement, il y a le scénario qu'il faut bien placer, c'est celui de l'alignement avec la les forces réactionnaires. Donc une forme d'aliénation assumé et d'accepter une forme de de péremption de la forme démocratique.

Et j'imagine que certaines forces politiques en Europe vont faire le Paris de cette stratégie politique. Ce que ça implique, c'est de se reconnaître à mon sens comme une marge de l'Empire américain. En tout cas, c'est la manière dont l'Europe est présentée à la fois dans ces idées néoraactionnaires, mais aussi dans la dernière stratégie de sécurité nationale de Trump où l'Europe finalement est menacé d'effacement civilisationnel et donc doit s'aligner avec cette rupture réactionnaire si elle veut survivre dans cette nouvelle ère impériale.

Mais ça suppose de se passer de la démocratie ce que j'espère ici on s'accente tout tous à à refuser. Deuxième stratégie ou en tout cas deuxième scénario, ça revient à accepter la posture conservatrice. C'est-à-dire en effet considérer qu'il faut défendre l'idéal démocratique, le droit international, l'état de droit dans son ancien régime langagé, c'est-à-dire dans son ancienne grammaire, celle qui est refusée par les réactionnaires.

Ce qui me semble me semble très séduisant en principe, mais de manière assez concrète, assez difficile et insuffisant. En tout cas, j'ai l'impression que l'incapacité de l'Europe pendant toute cette année 2025 est aussi beaucoup venue de cette difficulté à adapter cette grammaire qui lui était familière à un contexte qui était en train de changer. Le troisème scénario, c'est celui de la puissance démocratique.

Donc se revêtir en quelque sorte les armes de l'ennemi au nom de la démocratie. C'est ce que font certains certains certains dirigeants. C'est notamment la stratégie qui a qui qui a choisi de de d'adopter la présidente du Mexique, Claudia Shenbom, pour tenir tête à Trump.

Ça semble être une voix séduisante, mais je je j'aurais quelques nuances à lui apporter puisque je pense que c'est c'est justement accepter cette réduction notamment du de l'autorité au pouvoir et ça pave la voix à mon ami à des forces réactionnaires qui pourraient plus facilement mettre en œuvre des changements politiques si jamais ils arrivaient démocratiquement au pouvoir. Et enfin, la dernière voix qui semble la plus euh la plus fertile, mais aussi la moins la moins élaborée, c'est celle de réactiver ou plutôt de d'inventer quelque chose comme un imaginaire politique euh qui ressuscite ses valeurs démocratiques en les débarrassant de leur euh posture conservatrice parce qu'en effet, c'est le problème du conservateur, il a toujours perdu en quelque sorte. Donc j'ai j'ai l'impression qu'il que l'enjeu serait de se ressaisir du futur puisque aujourd'hui le tour de force des réactionnaires, c'est de l'avoir colonisé en quelque sorte. puisqu'il ils ont le récit de l'intelligence artificielle, de la grande lutte impériale avec la Chine et la démocratie libérale dans ce récit est vouée à la disparition.

J'ai l'impression qu'un des enjeux importants, c'est de recréer un imaginaire politique qui non seulement défend ces idéos démocratiques qui dont on hérite, mais aussi qu'il les rendent, je sais pas si utopique et bon et le bon mot, mais en tout cas désirable. Et je crois qu'aujourd'hui c'est c'est c'est de moins en moins le cas et ça me semble être un des problèmes majeurs que les démocraties libérales rencontrent aujourd'hui et je vous remercie. Merci beaucoup.

Alors ce que je propose comme je sais que monsieur Tavillot a une contrainte, c'est qu'on va prendre toutes les questions en essayant d'être très très concis et je laisserai monsieur Tavillot commencer à répondre. Nadè vas-y. Merci.

Merci madame la présidente. Juste deux questions sur je voudrais revenir sur l'éducation au médias et on a vaguement parlé d'esprit critique pour les pour les plus jeunes. Donc l'éducation au médias et à l'information mise en œuvre par l'éducation nationale vous semble-t-elle aujourd'hui pertinente, efficace ?

Et avez-vous un avis sur l'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs qui anime pas mal de discussions à tous les niveaux, que ce soit en famille ou au plus haut niveau de l'État ? Comment on pourrait également sensibiliser adulte et enfant à la désinformation et comment aller chercher la vérité s'il y en a une. Merci.

Alors Louis Jean puis François de philosophie remercier d'avoir cité inconnu et culture de France nous des quotidien dans les territoires moi j'ai une question ça c'est vous mettez l'argent dans ce dans dans toutes ces discussions parce qu'en fait l'argent on dit que l'argent mène le monde. Trump, c'est un homme qui a fait que de l'argent et donc tout ce qu'il veut faire, c'est avec une volonté économique de récupérer de l'argent et et partout. Donc, je voulais savoir où vous mettez l'argent dans le dans cette cette réflexion sur l'ensemble des des de du pouvoir, de la démocratie, de la vérité et cetera.

Oui, merci à tous les trois. C'est c'est passionnant. Deux petites questions.

Une, je voulais vous demander où mettez-vous la connaissance par rapport à l'autorité, à la vérité parce que on lit, on voit tellement de choses qui qui paraissent sidérantes. Et deuxième chose, c'est sur l'absurdité de la démocratie qui est finalement un système admis quand quand ça fonctionne et plutôt on quand ça fonctionne moins bien. Est-ce que est-ce qu'on est à ce à ce stade précis de de la démocratie ?

Vas-y Jean-Raymond Bernard. Ensuite, merci beaucoup et surtout le la façon dont c'est organisé parce que les trois intervenants sont parfaitement gigogne et euh c'est vraiment excellent de pouvoir profiter de de moments comme ça surtout ici. Moi, je voulais revenir sur le concept d'augmentation et parce que cette démonstration en tout cas chez moi a fait vraiment mouche et et que ça me semble être au moment où notre démocratie alors bien entendu, monsieur, je vous rejoins, nous sommes tous des démocrates effrainés, sauf que la démocratie que l'on vit aujourd'hui ne fonctionne plus du tout.

Et on peut même se demander si elle existe encore un peu. Voyez, c'est un parlementaire qui vous le dit. En revanche, quand on considère ce que vous avez dit sur l'augmentation, comment faire comprendre les les pistes d'aller un peu plus loin sur votre démonstration parce que elle me paraît véritablement tout à fait efficace et appropriée.

Oui, merci beaucoup pour vous dans toutes vos vos interventions, vous avez beaucoup parlé de la démocratie. à aucun moment le mot République n'a été prononcé. Euh et au moment où comme dit Blanding Grégel, on est tous démocrate mais est-ce qu'on est pour l'empire ou pour la République ?

Euh est-ce que une des solutions une des solutions Oui, justement, c'est cette République avec un état de droit et des valeurs à défendre. Personne d'autre ? Pas de remord.

Ah, monsieur qualifier. Non non mais j'aurais pu si si mais vas-y on les prend de toute façon. Merci beaucoup.

Alors j'allais j'allis vite. Merci beaucoup. Juste une remarque, je pense que c'est une coïncidence pour les trois d'ailleurs d'avoir parlé que des personnages des États-Unis plutôt que d'ailleurs.

Ça c'est c'est juste une petite remarque. Le pour revenir au néoréaction n enfin cette pensée nouvelle, elle n'est pas si nouvelle que ça. Elle existait avant Trump.

Et pourquoi vous êtes arrêté sur Trump ou c'est juste pour illustrer ? Et puis une autre question qui qui me semble intéressante aussi, quand on ferme les yeux sur la vérité, comment vous expliquez ça ? Alors qu'on connaît la vérité mais on essaie de la détourner pas forcément pour un intérêt particulier et là mais pour éviter peut-être certaines situations.

Voilà, c'est c'était les trois questions que je me suis posé. Merci monsieur Tavillot. Je vous propose de commencer euh très très vite.

Bon, il y a beaucoup de questions. Alors peut-être sur la euh sur la démocratie, c'est effectivement cette dimension peut-être déceptive de la démocratie qu'il faut arriver à intégrer. Je pense que c'est c'est le point essentiel.

La démocratie est un régime qui nous promet beaucoup. De la liberté, de l'égalité, de la fraternité, peut-être même du bonheur. Et il faut être clair, elle n'y arrivera pas parce qu'elle le fera avec des moyens. on sera jamais totalement libre, jamais parfaitement égau, jamais totalement fraternel et jamais parfaitement heureux.

Donc il faut arriver à assumer la démocratie est un régime grandiose parce que c'est le seul qui nous permet à tous d'être adulte dans ce qui ont caractérisé la civilisation de la démocratie. La très caractéristique la civilisation de la démocratie, c'est qu'elle considère que tous les humains sont grands, ce qui va pas de soi. Il y a eu des grandes civilisations par le passé.

Mais le qualificatif de grandes personnes était réservé à une toute petite partie de la population. Tous les autres étaient considérés comme des enfants. Ce qui caractérise la démocratie, c'est ce cette image et au-delà effectivement des régimes politiques, c'est cette image absolument grandiose.

Tous les humains sont grands, tous les humains peuvent grandir et nous pouvons grandir ensemble. Donc c'est le seul régime qui permet à tout le monde d'être adulte. Mais c'est ça, c'est sa force, sa fragilité, c'est que c'est le seul régime qui exige que nous soyons tous adultes et on est encore un peu dans la crise d'adolescence.

Voilà pour aller vite et ça me fait je m'arrêterai là revenir sur la question de effectivement des des modèles. C'est très intéressant de de j'aurais beaucoup échangé, j'aurais des questions à poser mais sur la question de l'articulation entre Oui, juste en fait ça me fait réagir parce que finalement la première démocratie qui la démocratie a tené tout le monde n'était pas adulte. Ben pour moi, c'est pas une démocratie d'ailleurs.

Voilà, c'est parfaitement clair. La civilisation de la démocratie euh débute pas dans l'antiquité, elle débute avec euh si Madison aux États-Unis. C'est en soyons bien clair et c'est de ce point de vue-là que rappelons l'histoire du mot démocratie.

Pendant l'immense partie de son histoire, la démocratie a été un mot péjoratif. He c'est avec Tocville que le mot change de chance et devient positif. dans l'encyclopédie à la veille de la Révolution française, le démocratie est considérée comme un régime asbine, synonyme d'impuissance, d'incapacité.

Donc c'est une thématique qu'on retrouve aujourd'hui. C'est pas nouveau. Et si les Grecs inventie en un certain sens, ils invent et surtout la critique de la démocratie.

Platon et Aristote sont pas du tout des démocrates, ils sont voilà enfin surtout Platon mais et donc il y a là une sorte la démocratie c'est la démocratie représentative moderne et libérale. C'est c'est le bon concept. Mais justement, et Kratos, ça va pas ensemble.

Euh et donc le modèle de la démocratie libérale, c'est de dire ça peut fonctionner à condition qu'il y ait pas trop de démos et pas trop de Kratos. Pas trop de démos, c'est-à-dire des représentants et pas le peuple directement et pas trop de Kratos parce queil faut chaque fois qu'il y ait du pouvoir des contrepouvoirs. Et donc un troisème terme émerge, la notion d'état de droit qui vient pour autolimiter et le Demos et le Kratos.

Voilà le ménage à 3 de la démocratie et c'est un équilibre instable. Cet équilibre instable et se retrouve face à une double menace, même une triple menace. première menace la ce qu'on peut appeler la démocratie radicale qui consiste à dire il faut beaucoup plus de peuple et moins de pouvoir, on va dire démocratie participative ou de manière exponentielle vers l'anarchisme.

De l'autre côté de dire pas du tout, il faut beaucoup plus de pouvoir et moins de peuple donc démocratie illibérale. Alors c'est ça qui est intéressant parce que le modèle que vous décrivez est un peu un modèle mixte. Et puis il y a un troisème modèle qu'on oublie souvent et qui est aussi très présent dans notre démocratie libérale, c'est de dire au fond, il faut pas beaucoup de démos, pas beaucoup de Kratos, mais beaucoup de droits, beaucoup de droits.

La démocratie par le droit et c'est là où il faut être très vigilant sur la valorisation de l'état de droit. Oui, l'état de droit est indispensable pour autolimiter mais ça dépend quel état et quel droit. Or, l'état de droit est aussi possiblement une dérive.

Je je m'inscris pas dans une logique illibérale ici, mais je pense qu'on peut en libéral critiquer la logique ou le projet d'une démocratie par le droit qui considérerait un que le peuple est trop abruti pour décider et que l'État est forcément corrompu. Et donc l'idée que le salut viendra d'une augmentation de la puissance juridique, je pense que c'est un danger. Et donc le grand défi pour moi aujourd'hui, c'est de vraiment trouver le nouvel équilibre de la démocratie libérale entre un peuple qui n'a pas tous les pouvoirs, un état qui reste un état limité et un droit qui aussi parvient à limiter son champ de compétence.

C'est ça le grand défi et c'est à mon avis comme ça qu'on répondra et aux perspectives de démocratie illibérale qui disent l'efficacité et aux logiques qui veulent faire exploser la le logiciel démocratique avec une une alliance très particulière. C'est ça qui est vraiment très intéressant dans ce que vous dites. Entre une logique anarchiste de qui vient effectivement de la libertarienne et une logique illibérale.

L'illibéralisme émerge à Singapour avec Lianou le fondateur de Singapour. c'est lui qui donne le modèle à la Chine et et cet illibéralisme qui est la référence, c'est pas c'est quelque chose de récent, euh se retrouve dans cette idéologie que vous décrivez, c'est passionnant, dans une sorte de de de de de d'alliance monstrueuse entre le libertarianisme et l'autoritarisme. Voilà, c'est truc qui normalement ça devrait pas marcher mais il y a une synthèse qui est en train de se faire.

Merci beaucoup et on vous laisse suiler dès que vous avez besoin de nous quitter. Je sais pas qui veut poursuivre entre madame elle monsieur D'accord. Merci.

Alors oui, je peut-être immédiatement rebondir sur sur en effet c'est sur ces idées néoraactionnaires, en effet, elles ne sortent pas de nulle part et Pierre Henry Voyol a dit la particularité de ces idées, c'est qu'elles viennent d'un courant libertarien. la quasi totalité de ces auteurs et notamment aussi de ces promoteurs dans la tech dans les chez les entrepreneurs de la tech viennent d'un milieu libertarien mais c'est devant l'échec de de la de la promotion de ces idées dans un cadre démocratique qui finissent par se par être déçu en fait de la démocratie et de considérer que c'est c'est c'est la démocratie est un frein à la mise en place de ces idées donc de d'une société efficacement réglée notamment parce qu'il y a une sorte de d'obésité de la puissance publique et donc il faut il faut détruire ça et le meilleur moyen finalement c'est là on peut parler de dépassement du libertarianisme, c'est de garantir un une souveraineté euh comment dire très restreinte en terme d'espace d'action, mais avec une souveraineté absolue sur ces fonctions régaliennes. Donc la maîtrise du territoire, euh la sécurité sont enfin il n'y a pas de limite à la souveraineté absolue.

Il n'y a pas naique hard, une nausique mélangée à à une forme d'autoritarisme. Oui, c'est c'est ça. Alors, la tradition c'est c'est je peut-être pas m'aventurer là-dedans, mais il y a deux traditions dans le libertarianisme.

Il y a la version nausique qui est donc plutôt sur un plan moral assez relativiste. Et il y a une version ce qu'on appelle les libertariens conservateurs qui considérait que une société où l'État était relativement amenuisé voire complètement détruit donc qui serait une société saine pour eux parce qu'elle répond à une forme d'ordre naturel ne peut fonctionner qu' s'il y a une forme de d'unité de valeur unité morale unité de conservation des des valeurs. Et donc c'est plutôt de cette veine là que vient que viennent ces idées sur la deuxième partie de la question qui était de savoir si c'est juste Trump.

Alors non, les références à ses pensées se retrouvent aussi chez Miley en Argentine au Salvador. On commence à voir pénétrer ces idéesl mais de manière plus prudente et de manière plus localisée et par l'intermédiaire. C'est arrivé par l'intermédiaire des des peu de libertariens qui existent en Europe, mais c'est encore relativement naissant.

Et en revanche, il n'est absolument pas uniquement question des États-Unis puisque le sous-texte de tous ces tous ces auteurs, c'est la Chine. C'est-à-dire que la justification de la transition hors de la démocratie, c'est la menace de la Chine. Et il y a un récit de qui se met en place qui est à la fois un récit politique au niveau d'une forme de lutte entre des empires qui est en train de se constituer.

Et c'est la conséquence qui est tirée de cette ce récit d'une d'un d'une rupture géopolitique qui nous mène à une confrontation entre deux impires, c'est que la démocratie n'a pas sa place dans un dans un monde comme celui-ci. celui-là. Et donc elle n'est pas assez efficace, elle n'est pas dans la bonne temporalité, elle se elle s'autocontraint par des des valeurs qui sont inefficaces et donc il faut s'en débarrasser.

Et il y a aussi dans ce récit, et ça je pense qu'il faut aussi le prendre en compte, la question de l'intelligence artificielle qui est c'est un spécialiste de la Silicone Vallée qui s'appelle Fred Turner et en discussion avec un spécialiste français qui s'appelle Olivier Alexandre qui disait "L'IA, c'est l'idéologie." C'est-à-dire qu'en fait le récit de la promesse d'une sorte de singularité technologique, d'une d'un changement qualitatif, d'apparition d'un monde nouveau avec l'intelligence artificielle participe de ce grand récit qui nous est imposé. En fait, si on commence à croire à ça, si on commence à en effet croire que que que que que c'est le seul enjeu de notre époque, on rentre déjà dans la machine, dans ce nouveau récit pour lequel il faudrait en fait faire une course à à l'intelligence artificielle. et on peut accepter ce récit.

C'est peut-être la comme je vous le disais l'un des scénarios mais je crois que la démocratie euh trouvera difficilement sa place ou alors sous une forme réinventée qui reste totalement à à créer. Merci. Euh bon, je vais essayer de de de répondre à toutes les questions qui sont très importantes que vous avez soulevé et peut-être d'abord en en distinguant peut-être ce que je voudrais dire de ce que Pierre-Henri et et Arnaud ont dit, c'est-à-dire de façon générale, je je considère que la situation est beaucoup moins catastrophique que ce qu'on a tendance à dire pour plusieurs raisons dont je vais m'expliquer. mais qui devrait, me semble-t-il, un peu calmer nos notre désespoir.

Bon, mais je voudrais d'abord pour revenir pour répondre très précisément au au aux différentes questions que vous avez posées, premièrement, qu'est-ce que c'est que cette histoire d'argent ? En effet, oui, ben c'est ça, c'est l'argent enfin ce qui se passe dans la pensée actionnaire. Le motif premier, c'est qu'est-ce qui est efficace, euh qu'est-ce qui marche, la cash value et pourquoi est-ce que en un sens c'est pas nouveau, c'est pas et que c'est même un petit peu limité aux Américains.

C'est toute la grande tradition pragmatiste euh qui est quand même une grande tradition d'idées née aux États-Unis. Quand William James définit vérité par c'est ce qui marche, c'est ce qui est utile, bon Mussolini dira après "Moi, je suis pragmatiste, je suis complètement d'accord." Donc vous voyez le lien quand même hein, il y a toute une historiquement toute une série de liens à faire entre le pragmatisme américain mais vraiment justement basique, vous voyez, et le fascisme, la façon dont les pragmatistes italiens précisément se sont revendiqués de cette espèce d'idéologie.

Alors, je sais qu'on adore en France William James et moi je l'aime beaucoup aussi puisque j'ai défendu les pragmatistes classique. Mais précisément, il y a plusieurs traditions, il y a plusieurs auteurs dans le pragmatisme classique. Il y a John Du, il y a James, puis il y a d'abord un type qui s'appelait Charles Anders Spurs et qui a trouvé que justement cette façon de définir la vérité, la connaissance comme ce qui marche la case value mais était d'un danger absolu. il s'était pas trompé apparemment il a dit ou là là là mais moi cette idéologie philistine de marchand je n'en veux absolument pas quand j'entends en effet qu'il faut assurément définir ce qu'on pense ou la vérité en terme de bah ce qui a des effets, je suis d'accord mais à condition ou par la pratique vous voyez par l'action à condition qu'on l'interprète disait-il dans un sens cancien c'est-à-dire non pas du tout par la manière dont on certains effets peuvent se traduire dans nos comportements mais me disait-il par la valeur qu'on est capable de donner à nos conduites, ce qui est totalement différent, vous vous en doutez puisque justement les valeurs de la conduite ben ce sont les valeurs que prenait l'un des fondateurs des Lumières de Lauf Clouung à savoir monsieur Kant et je rejoindrai Pierre-Henri évidemment, c'est-à-dire comment on peut parvenir à l'âge adulte, c'est-à-dire à l'autonomie de la pensée, c'est-à-dire le fait d'être capable de se donner à soi-même ses propres lois qui est bah le commencement de la liberté.

Donc euh et ce qui m'amène à donc à ceci, vous voyez donc c'est américain mais vraiment en sens en effet premier du terme mais ça ne s'est pas du tout limité aux États-Unis dès le début puisque un certain nombre de de d'idées vous voyez mais un petit peu travestis ont quand même traversé assez rapidement l'Atlantique et ont connu leur heure de gloire. Bon donc dans la tradition pragmatiste, vous voyez, il peut y avoir même des oppositions complètes, hein. Bon, pour ça que peur ça avait dit "Je suis pragmatise, mais je suis pas pragmatiste." Bien.

Donc euh pourquoi est-ce que c'est important de cette remarque que je je crois nécessaire de faire à Kant et ça c'est un petit point de désaccord avec Pierre- Henri qui a insisté sur le fait l'important c'est de parvenir à l'âge adulte bien sûr mais ça veut dire quoi au juste l'âge adulte ça veut dire en effet être capable de mettre le le paquet si j'ose dire dans l'éducation Mais est-ce qu'il faut pas distinguer l'éducation de l'instruction ? parce que l'âge adulte, ce qui nous aide à grandir, bah on peut dire quand même que ce sont grosso modo d'abord nos parents. Et ce qui est différent dans le cas de l'instruction, c'est que précisément l'école est le lieu dans lequel théoriquement, quelle que soit l'éducation qui nous a été donnée par nos parents, on peut dire finalement famille, je vous ai parce que c'est l'endroit où parce qu'on nous instruit, parce qu'on nous donne, monsieur le sénateur, de la connaissance, on réussit à vaincre un certain nombre de préjugés qui nous viennent de l'enfance, c'estàd ce qui nous empoisonne comme disait en permanence des cartes et qui nous empêche de voir véritablement de faire le le départ entre ce qui est vrai et ce qui est faux dans nos croyances.

Voyez donc il y a une chose dont nous n'avons pas du tout parlé je crois aujourd'hui et qui moi me tient particulièrement à cœur. Où mettre l'argent monsieur le sénateur ? Mais dans l'école.

Alors dans l'école, je vais pas dire dans l'école, dans l'école dans l'école en son sautant sur ma chaise comme un cabri parce que tout le monde dit ça depuis 50 ans. Mais en réalité personne ne fait quoi que ce soit parce que s'occuper de l'école depuis Jean on s'en est pas beaucoup occupé. Euh les ministres Vals et donc s'occuper de l'école et donc de la République euh comme le voul qui est rédigé des manuels républicains.

Euh ça suppose en effet de s'inscrire dans un temps long et de prendre vraiment tous les problèmes à bras le corps. Ça demande beaucoup de temps. Donc je pense en effet que le lieu où on accède à de la connaissance, ce sur quoi j'ai voulu dans mon intervention mettre l'accent précisément, c'est-à-dire le savoir, la science, l'objectivité scientifique qui oblige à tenir compte des faits, n'est-ce pas, et pas s'en laisser compter, n'est-ce pas ?

Bah théoriquement, c'est à l'école qu'on apprend. Bon, alors pourquoi est-ce que nous n'avons pas parlé de l'école ? Et bien peut-être parce que justement nous craignons un petit peu trop.

C'est pour ça que j'ai aussi insisté sur l'importance de la rationalité. Nous nous méfions comme de la baisse non seulement de la vérité mais de la raison. Parce que la raison, c'est ce truc bon dont on narrive pas à déterminer s'il est vraiment si fondamental que ça.

Et alors et nos émotions et notre sensibilité, qu'est-ce que ça devient ? Alors, je crois que précisément il est urgent que nous déployons des efforts énormes pour faire comprendre aux enfants et aux élèves qu'est-ce que c'est que la rationalité, qu'est-ce que ça veut dire de gagner en autonomie et pourquoi ça oblige en effet à reconstruire cette malheureuse raison qu'on a accusé de tous les mots, faut bien le dire, au 20e siècle. Alors, bien entendu, je euh je ne considère pas du tout, contrairement à certains, que euh ce à quoi nous devons parvenir, c'est à ce que Musil appelait une rationalité de poisson séché, c'est-à-dire à une rationalité qui serait tellement en effet euh froide, bon opposée soi-disant au sentiments que personne n'en voudrait.

Bon euh la rationnalité à laquelle j'aspire et à laquelle me semble-il, nous devons tous travailler, c'est une rationalité qui est évidemment qui tient compte de toute notre sensibilité. Bon, il y a eu des travaux récents extrêmement importants ces dernières années sur les émotions, n'est-ce pas ? Bon, les émotions, oh là là, c'est pas bien.

C'est ce qui nous empêche en effet de juger correctement. Puis on s'est rendu compte qu'il y avait quand même des émotions qui avaient une certaine valeur cognitive voire épistémique qui avaient de saines colères par exemple que la curiosité c'est tout de même quelque chose dont nous avons besoin pour avoir envie de commencer tout simplement à penser. Donc quand je parle de ce qui me paraît être le problème crucial de l'époque à savoir l'insensibilité au vrai, bah si nous voulons être sensible au vrai, nous devons aussi associer les l'instruction par la raison à nos émotions et à la sensibilité.

C'est pourquoi je pense que à l'école justement, on doit pas seulement mettre le paquet sur la connaissance scientifique, sur l'objectivité et cetera qui est effectivement est le modèle en un sens de la connaissance, n'est-ce pas ? Mais qu'on doit aussi faire toute une part à l'éducation de notre sensibilité artistique, vous voyez ? c'est-à-dire travailler à l'importance en effet et bien de la littérature, des humanités, de l'art sans lesquels on a aucune chance véritablement de réussir à convaincre qui que ce soit que et bien tout simplement ça vaut la peine d'apprendre, que ça vaut la peine de faire confiance à ses professeurs, à ses maîtres, vous voyez.

Donc je plaide énormément pour cette association de la rationalité avec la sensibilité et de l'éducation de nos facultés tant intellective qu'affective. Alors pourquoi je suis je terminerai par là, je suis moins pessimiste que vous je crois sur la situation parce que bon j'ai insisté on narrête pas de nous bastiner faut bien dire par ça. On est tous pris par des biais, par la crédulité par bon on est tous bon et dans vivre l'esprit critique.

Bon alors deux choses. D'abord je pense que nous sommes pas nés de la dernière pluie. Je crois que nous sommes nous sommes beaucoup moins crédules en vérité que ce qu'on nous dit.

Pourquoi ? Bah tout simplement parce que d'ailleurs c'est le moteur même des conspirationnistes et du complotiste, c'est qu'ils ont drôlement l'impression eux de passer leur temps à donner des arguments de déployer un esprit critique. Vous allez pas les mettre en défaut, ils font ça.

Alors, comment est-ce que nous allons en effet faire le départ entre l'esprit critique qui sont persuadés, n'est-ce pas, de de manifester et le nôtre ? E bien parce que justement je pense que les des il suffit pas de dire il faut développer l'esprit critique, on met des choses complètement différentes là-dessus. Dites enfin moi j'ai toujours considéré que euh on part pas de nulle part si vous voulez, on part d'un certain nombre de croyances.

Or, les croyances, c'est pas seulement des états mentaux internes, c'est ce qui nous pousse à agir. Vous voyez, c'est des dispositions à agir. C'est pour ça que douter est si difficile ou en tout cas n'est pas aussi facile que mentir et que on se trompe quand on s'imagine qu'il faut décider de vouloir douter de quelque chose pour douter vraiment.

Il faut qu'il y ait vraiment un choc de la réalité. C'est pourquoi que j'ai insisté sur ce point au début. Il faut que le réel euh vous voyez qu'on rencontre un choc une expérience récalcitrante pour développer véritablement un doute authentique.

Donc ce qu'on appelle dans notre jargon philosophique le volontarisme doxastique est une illusion totale. Bon alors le problème dire bah oui mais alors comment vous allez faire le faire le départ entre vos croyances si vous êtes obligé d'avoir des croyances et puis les les mauvaises et les bonnes ? Je répète, les croyances, on en a besoin.

Si vous croyez pas en vous levant le matin que la terre est sous vos pieds, bah vous commencez même pas à sortir de votre lit. On lit si vous mettez entre parenthèses le monde extérieur, si vous faites preuve d'un immense esprit critique ce que vous devriez en toute rigueur faire, mais comment vous faites ? Donc vous êtes bien obligé.

C'est ce que disait une des des philosophes au 19e siècle qui ont été beaucoup étudiés au 19e siècle par nos philosophes français qui était ce qu'on appelait les philosophes de la tradition écossèse du sens commun. Il disait mais au fond on part toujours en fait d'une il disait de deux principes Thomas Reed Stuart qui ont été traduits en France au 19e siècle voyez que je vous invite à lire parce que il y a des tas de choses formidables là-dedans qui disent "Mais on a besoin du principe de crédulité et du principe d'autorité. Bon, si les enfants ne partent, ne s'appuyent pas là-dessus, ne font pas un minimum confiance, autrement dit, à ce qu'on leur dit, mais ils peuvent même pas commencer.

Donc, on a besoin de ça. Mais évidemment, il faut pas s'y arrêter, vous voyez ? Et c'est là que l'esprit critique, en effet doit intervenir parce que il faut que nous soyons en mesure de dire dans nos croyances celles qui tiennent la route et puis celles qui sont simplement le reflet de nos préjugés.

Et donc évidemment la deuxè phase critique, celle qui a mise tellement en valeur euh l'esprit des lumières, n'est-ce pas ? C'est ça. C'est en effet ensuite de faire l'usage de notre raison, de présenter de de tenir compte euh des évidences, des données, de ne pas faire l'impasse là-dessus.

C'est tellement important, vous voyez. et de ne pas se contenter de dire "Oh ben, du moment que je fais le récit, la narration de telle ou telle chose, ça va bien." Je trouve que nous devrions nous méfier énormément de la manière dont on présente aujourd'hui les choses en disant que au fond, la seule manière de lutter contre ou de s'inscrire dans un espace démocratique, c'est simplement de débattre, d'échanger, de converser, de discuter.

Mais bon sens, c'est pas seulement de débattre qu'il faut, c'est c'est d'avancer des raisons et d'exiger aussi de nos politiques qu'il nous produisent des raisons. Être dans un espace démocratique, c'est se situer dans un espace de raison. Alors, Pierre-Henri disait "L'argumentation, c'est souvent une preuve d'autorité." Ben non.

Pourquoi ? Si vous n'argumentez pas, si vous vous contentez de débattre, si vous vous contentez de dire "Ah ben un tel a le droit de s'exprimer, tel autre a le droit de s'exprimer." Et c'est d'ailleurs ce qui se passe dans le journalisme le plus souvent, c'est parce que comme on veut pratiquer euh l'égalité de droits des différents interlocuteurs, on est prêt à accorder autant d'attention à un savant que à un truc un type complètement farfelu mais qui dont on voit très bien que c'est tellement farfelu.

Vous voyez, il y a des effets pervers parce que il y a une hiérarchie à poser dans les différents arguments. Il y a ceux qui tiennent la route, il y a ceux qui ne tiennent pas la route parce qu'ils ne tiennent pas compte des données, vous voyez. Bon, donc je pense que à cet égard, c'est pour ça que je dis que je suis beaucoup moins pessimiste que vous parce qu'il me semble que en tout cas si nous faisons attention euh à un certain nombre de mécanismes mentaux que nous regardons avec vraiment un peu plus d'attention, la place des émotions, vous voyez la l'importance de la sensibilité à associé à nos raisons, le fait de prendre la mesure de de ce que il ne suffit pas de vouloir douter pour douter.

Et donc il faut être attentif aux croyances des individus pour pouvoir donner de l'efficacité à la critique même que nous devons faire parmi nos croyances et bien effectivement on va avoir du mal à s'en sortir. Bon et la seule manière de s'en sortir ben c'est en effet de parier sur la connaissance-à-dire le savoir. et ce savoir, ben écoutez, ce qui en règle générale celui qui nous permet de d'y parvenir, ben c'est simplement ce que nous enseigne à l'école nos professeurs, nos maîtres quoi.

Bon et nos savants. Donc il faut faire confiance à l'école, aux savants et puis pas se se contenter si vous voulez de ce que les influenceurs ou les blogueurs qu'on veut nous vendre si vous voulez ont à nous raconter. Voilà, c'est tout.

Et là, on se portera bien mieux. Donc moi je ne vois pas pourquoi si nous metons en tout cas le paquet et qui sur l'école hein ce lieu d'instruction de nos valeurs et particulièrement en France de nos valeurs républicaines. Mais on peut évidemment qu'on peut s'en sortir.

La situation n'est absolument pas gravissime. On n'est pas obligé de de boire toutes les les choses que nous racontent les blogueurs, les neuroactionnaires et tout ce que vous voulez. Voyez ?

Ayons confiance dans les valeurs de l'esprit. Bon, je crois autant je considère justement qu'on a pas réintroduire la morale parce que la morale c'est ça relève de l'âme. Or l'âme elle sait très bien prendre soin d'elle-même.

Bon en revanche notre mission me semble-t-il bah c'est de réorganiser l'esprit. Et la réorganisation de l'esprit je suis navrée mais c'est à l'école qu'elle se fait. Voilà.

Et bien merci beaucoup. Et d'ailleurs sur ces propos, j'en parlais avec Nadège à l'instant, on a prévu nous de faire une audition qui est rapporteur euh avec les responsables de l'éducation nationale, de l'enseignement catholique et une troisième personne dont le nom m'échappe à l'instant. Et donc je on se disait que si jamais certains d'entre vous voulaient participer à cet échange, ils étaient les bienvenus.

Le secrétariat de la délégation vous vous enverra. Je crois que c'est un vendredi matin ou enfin on vous enverra ça mais en tout cas je pense que ça peut être intéressant parce que ça ça sera certainement très complémentaire de ce que vous nous av avez avez dit aujourd'hui et peut-être plus pratique aussi sur les questions de justement comment est-ce qu'on peut faire en sorte que les professeurs ne soient pas happés par tout ce qui fait leur monde à eux. enfin il regardent les réseaux sociaux et comment ils arrivent à s'en justement détacher pour continuer à enseigner des choses factuelles simple et finalement sans mettre leur leur jugement personnel enfin dans dans cette transmission.

Donc on vous fera parvenir les informations et merci à vous puisque vous on a commencé notre journée en philosophant et le thème de la séance publique est un peu dans la même continuité donc nous allons pouvoir y aller l'esprit ouvert et éclairé. Merci beaucoup. Merci à vous.