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Discours / meetingFrançois Ruffin (sur YouTube)· 24 octobre 2017 5 minAutoproduitFond programmatiqueÉconomie & entreprisesSantéTravail & emploiImmigration & asile

"FRANÇAIS OU UN AMÉRICAIN, UN ACTIONNAIRE RESTE UN ACTIONNAIRE" (Ruffin feat Le Maire !)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15RuffinChiffre
    « On sait que la France est aujourd'hui le plus gros verseur de dividendes en Europe. »
  • 0:25RuffinChiffre
    « Il y a eu un triplement de la part des dividendes dans la valeur ajoutée depuis les années 1980. »
  • 0:45RuffinFait
    « Sanofi a supprimé 4000 chercheurs dans le monde, a supprimé 2000 chercheurs en France. »
  • 0:55RuffinChiffre
    « On a surtout chez Sanofi 3,7 milliards de rachats d'actions, c'est-à-dire de pure et simple destruction de capital pour faire monter le cours en Bourse. »
  • 3:05RuffinChiffre
    « Depuis six sept ans, il y a eu la suppression de 4000 postes de chercheurs dans le monde et 2000 en France. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

On entend de manière régulière, répété par le gouvernement que l'immobilier c'est pas productif, qu'il faut donc aller vers les dividendes, favoriser ça pour que ça soit plus productif. J'ai un problème sur l'ensemble du raisonnement. On sait que la France est aujourd'hui le plus gros verseur de dividendes en Europe.

Il y a des papiers qu'ils sortent constamment là-dessus. Il y a eu un triplement de la part des dividendes dans la valeur ajoutée depuis les années 1980. Je voudrais partir d'un cas d'école, celui de Sanofi qui est cette année médaille d'or des dividendes.

Dans le même temps, Sanofi a supprimé 4000 chercheurs dans le monde, a supprimé 2000 chercheurs en France. Il y a un immeuble qui a été construit à Montpellier qui va être détruit alors que ce bâtiment, cette usine, n'a jamais servi. On a surtout chez Sanofi 3,7 milliards de rachats d'actions, c'est-à-dire de pure et simple destruction de capital pour faire monter le cours en Bourse.

Dans le même temps l'ancien PDG de Sanofi, Monsieur Jean-François Dérec déclare : "On ne peut pas vivre en fonction du cours de Bourse, c'est une connerie. Si les entreprises deviennent des machines à faire du fric pour les investisseurs, on est mort." Et là on a une politique qui nous dit qu'il faut aller dans ce sens là, il faut favoriser le fait que les dividendes soient défiscalisés.

En l'occurrence les dividendes, chez Sanofi, quel est le principal investisseur, détenteur particulier ? C'est la famille Bettencourt, qui détient 9 2% des parts. Une famille Bettencourt, on lit dans Challenges, dont la fortune s'accroît chaque année aussi par le versement de 570 millions d'euros de dividendes.

Certes elle n'est déjà pas concernée par l'impôt sur la fortune. Mais la question devrait être : comment on fait pour qu'elles soient concernée par l'impôt sur la fortune, pour qu'elle soit payée ? Ensuite la question auquel le gouvernement devrait nous répondre, c'est comment on fait pour qu'il y ait moins qui soit versé en dividendes et plus qui soit investi dans l'outil de production ?

Alors que dans le cas de Sanofi, on a une entreprise qui consacre l'essentiel à verser des dividendes et qui n'investit pas dans l'outil de production. S'agissant de Sanofi, Monsieur Ruffin, je rappelle que c'est une entreprise qui représente 27000 salariés dans notre pays. Que c'est une bonne chose d'avoir une famille qui est actionnaire de cette entreprise.

Je vais vous dire où nous avons une divergence. C'est que plus il y aura d'actionnaires français dans les grandes entreprises, mieux ce sera. Qu'elle est la difficulté, je ne vais pas citer d'autres entreprises ici, c'est que nous avons un certain nombre d'entreprises en France qui ont un actionnariat flottant trop important.

Et du coup un actionnariat disséminé, qui peuvent être la proie, demain, après demain, soit de fonds spéculatifs, soit d'investisseurs hostiles, soit de toutes sortes d'activistes. Et c'est la faiblesse fondamentale du capitalisme français. Aujourd'hui, il n'a pas une base capitalistique suffisamment solide, il n'y a pas un capitalisme familial suffisamment solide.

Et après vous serez le premier Monsieur Ruffin, et à juste titre, à nous dire Monsieur le Ministre qu'est-ce que vous avez fait pour protéger nos grandes entreprises, pour protéger nos emplois, pour protéger nos territoires, pour défendre nos investissements, pour défendre notre recherche, pour défendre notre innovation ? La meilleure des défenses, il en existe deux. L'une, ce sera la vôtre, c'est nationaliser toutes ces entreprises.

Je doute que ce soit une formule d'avenir. L'autre, c'est la nôtre, c'est de renforcer l'investissement en capital et pour ça alléger la fiscalité du capital en France. Qu'on me dise que parce que c'est une famille française on doit pas aller regarder ce qui s'y passe.

Parce que ça pourrait être des fonds de pension outre-Atlantique, etc., c'est une réponse qui ne me convient pas. Il y a évidemment la question de l'emploi.

Le groupe Sanofi touche du crédit impôt recherche. Et néanmoins je vous le redis, depuis six sept ans, il y a eu la suppression de 4000 postes de chercheurs dans le monde et 2000 en France. Ca pose la question de l'avenir de la santé.

Ce court terme pose la question par exemple de la destruction de 359 millions de doses du vaccin contre la dengue qui avait été lancé à Neuville-sur-Saône et qui concerne tous les territoires d'Outre-Mer. Ca pose la question de la non-participation de Sanofi au fonds d'indemnisation des victimes de la Dépakine. On a tout ça.

Pour moi il y a d'autres solutions entre ne pas s'intéresser à ce qui se passe sur le plan de l'emploi, ce qui se passe sur le plan de la recherche, ce qu'il se passe sur le plan de la santé, dans un groupe comme Sanofi, et la nationalisation. On peut y songer. Ce n'est pas complètement exclu.

Surtout en matière de santé, par exemple. Et peut-être que ça donnerait de meilleurs résultats. Enfin vous brandissez un spectre qui est celui des grandes entreprises chinoises et des grandes entreprises américaines.

C'est un classique. Avant on a eu les japonaises et ainsi de suite. Je dirais qu'il faut brandir le spectre de l'entreprise étrangère pour créer une solidarité nationale, créer une solidarité nationale entre le capital et le travail.

Venir nous dire qu'on est tous sur le même bateau, et tant pis s'il y en a dans les soutes et tant pis s'il y en a qui sont sur le pont. Moi, quand c'est Bernard Arnault qui délocalise, c'est la même chose que quand c'est Whirlpool qui délocalise.