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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 6 octobre 2023 26 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeSécuritéInstitutions & électionsSolidarités & famille

Réforme de la Justice, nouvelles places de prison, Cour de justice de la République, Mélenchon "meilleur allié" du RN... Le "8h30 franceinfo" d'Éric Dupond-Moretti

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 64 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Quand est-ce qu'on en verra vraiment les effets ?

  • 0:39RelanceRéponse partielle

    Ça va changer ça grâce à la réforme ?

  • 0:50OuverteRéponse directe

    Expliquez-nous pourquoi c'est une réforme historique.

  • 1:31RelanceRéponse directe

    Donc ça, grâce à cette réforme, cet objectif pourra être tenu et à quelle échéance ?

  • 3:22RelanceRéponse directe

    Mais les procédures à l'amiable permettent aussi de gagner du temps, souvent.

  • 3:34FerméeRéponse directe

    Donc vous ne voulez pas y renoncer pour autant, à ces procédures ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:12PrésentateurChiffre
    « Le budget passera de 9,6 milliards d'euros à près de 11 milliards d'ici 2027. »
  • 0:17PrésentateurChiffre
    « Plus de 3000 magistrats et greffiers seront embauchés. »
  • 0:52Invité politiqueChiffre
    « D'abord en termes de personnel, c'est 1500 magistrats de plus. »
  • 0:57Invité politiqueChiffre
    « C'est 1800 greffiers de plus. »
  • 4:08InvitéChiffre
    « L'objectif de votre réforme, c'est aussi la création de 15 000 places de prison d'ici 2027. »
  • 4:20InvitéChiffre
    « En 2017, Emmanuel Macron avait promis déjà 15 000 places de prison sur 5 ans. »
  • 4:38Invité politiqueChiffre
    « Je vais en inaugurer deux autres dans les 15 jours qui viennent. Total, 1 500 places. »
  • 5:52Invité politiqueChiffre
    « Car nous avons consacré un budget qui est deux fois supérieur au budget précédent pour rénover les établissements pénitentiaires. »
  • 7:21Invité politiqueFait
    « Je rappelle que j'ai supprimé les réductions de peine automatiques. »
  • 9:00Invité politiqueFait
    « la justice n'a jamais été aussi sévère. »
  • 10:55InvitéFait
    « Dans un mois, le 6 novembre, vous serez jugé par la Cour de justice de la République. »
  • 12:26InvitéFait
    « vous êtes soupçonné d'avoir profité de votre fonction pour lancer des enquêtes administratives contre des magistrats avec lesquels vous aviez eu maille à partir quand vous étiez avocat. »
  • 15:35InvitéChiffre
    « Les chiffres de la délinquance pour 2022 sont alarmants. Plus 15% de coups et blessures, plus 9% d'homicide, plus 11% d'agressions sexuelles. »
  • 23:33Invité politiqueFait
    « Il a été définitivement condamné pour avoir bousculé des policiers et un procureur. »
  • 24:10Invité politiqueFait
    « le meilleur allié du Rassemblement National que je combats, c'est Jean-Luc Mélenchon. »

Temps de parole

  • Invité politique69 %
  • Invité16 %
  • Invité 28 %
  • Présentateur6 %

3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Auditeur

Bonjour Éric Dupond-Moretti. Bonjour Monsieur.

0:06
Présentateur

La réforme de la justice a fait l'objet d'un accord hier entre députés et sénateurs. Elle devrait être définitivement adoptée la semaine prochaine. Le budget passera de 9,6 milliards d'euros à près de 11 milliards d'ici 2027. Plus de 3000 magistrats et greffiers seront embauchés. Quand est-ce qu'on en verra vraiment les effets ?

0:22
Invité politique

Très rapidement parce que nous avons déjà des embauches qui sont prévues et qui vont arriver dans les juridictions dès les mois qui viennent.

0:32
Présentateur

La justice met deux ans en moyenne pour traiter un dossier. Les audiences finissent parfois tard, la nuit, car les juges sont écrasés sous les dossiers. Ça va changer ça grâce à la réforme ?

0:41
Invité politique

Oui, mais on va un peu vite dans la présentation de ce texte. Pardon, moi je ne suis pas venu faire du culturisme et je ne veux pas me payer de mots, mais c'est une réforme historique. Il faut quand même qu'on s'y arrête deux petites secondes.

0:50
Invité

Alors expliquez-nous pourquoi c'est une réforme historique.

0:52
Invité politique

D'abord en termes de personnel, c'est 1500 magistrats de plus. C'est 1800 greffiers de plus. C'est des contractuels que nous avons appelés attachés de justice qui vont arriver par milliers dans les juridictions. L'objectif, c'est naturellement de décharger les magistrats, les greffiers d'une charge de travail qui est importante et puis de réparer 30 ans d'abandon politique, budgétaire et humain. Mais c'est aussi, bien sûr, de rendre une justice plus protectrice. Ça, ce sont les mots du Président de la République. Plus rapide et plus proche de nos compatriotes.

1:31
Invité

Justement, vous aviez dit que vous vouliez diviser par deux le délai de traitement d'un dossier qui est de deux ans en moyenne aujourd'hui. Donc ça, grâce à cette réforme, notamment, cet objectif pourra être tenu et à quelle échéance ?

1:43
Invité politique

Alors, d'abord, permettez-moi de vous dire que ce n'est pas qu'une question d'argent, de personnel supplémentaire, de budget. Il y a d'autres leviers qui vont nous permettre d'aller vers ces objectifs. Lesquels ? La constitution d'une équipe autour du magistrat. Ça, c'est tout à fait nouveau. C'est ce qui est porté par le texte. Équipe composée notamment de greffiers et d'attachés de justice. Quand on a cette équipe autour du magistrat, on a des décisions qui sont rendues deux fois plus vite. Aussi, la numérisation de la justice. Zéro papier pour 2027, c'est l'objectif.

J'ai déjà envoyé dans les juridictions des techniciens informatiques parce que les greffiers, qui sont absolument indispensables à la justice, se plaignaient notamment d'un certain nombre de bugs. Et puis, des simplifications de la procédure pénale et de la procédure civile pour que l'on aille plus vite. C'est anormal. Vous dites deux ans. C'est une moyenne. Il y a beaucoup de justiciables qui nous écoutent, qui ont vécu des procès civils, qui ont duré bien plus de deux ans. Donc, il faut que drastiquement, on puisse réduire tout ça.

Et sur le plan civil, ce qui intéresse 60% des litiges, et beaucoup de ceux qui nous écoutent, les divorces, etc., on veut mettre en place la politique de l'amiable. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, dans des procès qui touchent à l'intime, parfois, le justiciable ne voit pas son juge. Mais comment vous voulez aimer la justice si elle est désincarnée ? Il faut qu'il y ait, pour le justiciable, la possibilité de dire les choses et de se réapproprier son procès. Et il faut que la justice tranche rapidement. Et l'amiable le permet.

3:22
Présentateur

Mais les procédures à l'amiable permettent aussi de gagner du temps, souvent.

3:25
Invité politique

Ah, bien sûr. Bien sûr. C'est une justice qui est beaucoup plus proche. Et c'est une justice qui permet, bien sûr, d'aller plus vite ce que nos compatriotes attendent. Et ce sont les objectifs que je me suis fixés.

3:34
Présentateur

Donc vous ne voulez pas y renoncer pour autant, à ces procédures ?

3:37
Invité politique

À la procédure de l'amiable ? Ah, mais pas du tout. Je la mets en place, je la lance. Nous avons été chercher à l'étranger deux procédures que nous mettons en place et qui rentrent en vigueur le 1er novembre. Et beaucoup de magistrats autour de nous, d'avocats, de notaires, de commissaires de justice, de conciliateurs, de médiateurs, sont partants pour justement mettre en place cette justice de l'amiable. Mais rien que quand on entend ces mots « justice de l'amiable », on a compris que c'était une justice de proximité.

4:06
Invité

Éric Dupond-Moretti, l'objectif de votre réforme, c'est aussi la création de 15 000 places de prison d'ici 2027. Vous allez d'ailleurs aujourd'hui inaugurer une nouvelle prison à Caen avec la Première Ministre. Mais en 2017, Emmanuel Macron avait promis déjà 15 000 places de prison sur 5 ans. Finalement, environ 2 500 ont été créées. Qu'est-ce qui nous dit que cette fois, les 15 000, c'est la bonne ?

4:26
Invité politique

Vous avez raison de dire que cet après-midi, je vais inaugurer avec la Première Ministre un nouvel établissement pénitentiaire à Caen, 550 places, gros établissement pénitentiaire. Je vais en inaugurer deux autres dans les 15 jours qui viennent. Total, 1 500 places. Vous avez raison de rappeler que nous avons pris un peu de retard. Mais il y a deux raisons à cela. Le premier, c'est que la Covid est passée par là. Et tous ceux qui ont eu à construire une maison individuelle savent que les choses ont été évidemment retardées. Je ne m'arrête pas plus longtemps que cela sur ce point. Deuxième chose, c'est la pénurie de matériaux, la guerre en Ukraine. Donc, on rattrape ce retard.

Moi, je mets mon casque de chantier, mes bottes, je fais le tour. Et l'année prochaine, j'aurai inauguré la moitié des établissements pénitentiaires du plan 15 000.

5:20
Invité

L'année prochaine, vous aurez inauguré donc 7 500 ?

5:23
Invité politique

La moitié des établissements seront construits, opérationnels, recevront des détenus. Vous savez, il y a deux choses. Cet objectif, il est double. Naturellement, les conditions de détention qui sont indignes dans certains établissements. Et puis, les conditions de travail du personnel pénitentiel.

5:39
Invité

Oui, parce qu'il y a des détenus qui dorment sur des matelas à même le sol. Donc, afficher des objectifs. D'ailleurs, vous nous dites que les 15 000 seront tenus d'ici 2027 aussi.

5:48
Invité politique

Alors, il y a deux choses. Il y a les 15 000 places. Et puis, il y a également les rénovations. Car nous avons consacré un budget qui est deux fois supérieur au budget précédent pour rénover les établissements pénitentiaires. Je pense à la santé, par exemple. Je pense à Fleury, qui ont été rénovés. Moi, vous savez, j'ai été avocat à 36 ans. J'ai connu l'époque où c'était une douche par semaine pour les détenus. Aujourd'hui, c'est douche individuelle. Il est impérieux qu'on améliore les conditions de détention. Parce que la prison, c'est punir ce que j'assume. Et punir fermement. Mais c'est aussi, bien sûr, réinsérer.

Et la réinsertion, elle ne peut se faire que si les conditions de détention sont dignes.

6:29
Présentateur

Et face à la surpopulation, justement, est-ce que les mesures alternatives, le développement continu des mesures alternatives ne seraient pas une solution également ?

6:37
Invité politique

Mais vous avez parfaitement raison. D'ailleurs, dans le texte que j'ai porté, qui fera l'objet d'un vote solennel la semaine prochaine, il y a tout un volet pour renforcer le travail d'intérêt général. Le travail d'intérêt général est une peine, il faut le rappeler, ancienne maintenant, qui a fait ses preuves, et qui concerne évidemment la délinquance de basse intensité. Bien sûr, on ne condamne pas un crime avec un travail d'intérêt général. Il y a aussi la libération sous contrainte que j'ai mise en place pour permettre, en réalité, d'éviter les sorties sèches. Les sorties sèches, vous savez, c'est quelqu'un qui est allé au bout de sa peine, qui ne sort aucune perspective.

Le troisième levier, c'est le contrat d'emploi pénitentiaire que j'ai mis en place pour qu'on puisse se former. Je rappelle que j'ai supprimé les réductions de peine automatiques. Pour moi, elles n'avaient aucun sens. Et je les ai conditionnées à l'effort.

7:28
Présentateur

Mais est-ce que les juges font suffisamment appel à ces mesures-là ?

7:30
Invité politique

Alors, c'est une question qui se pose, et je demande, par voie de circulaire, régulièrement, à ce que l'on ait davantage, comment dirais-je, le réflexe pour aller vers ces peines, je le redis, pour de la délinquance de basse intensité.

7:48
Invité

Éric Dupond-Moretti, pardon, mais en 2018, Emmanuel Macron avait promis de sortir plusieurs milliers de personnes de prison. Il disait vouloir changer la philosophie des peines. Il disait vouloir expérimenter la régulation carcérale, c'est-à-dire le fait de réguler les entrées en prison. Mais récemment, la majorité a refusé un tel mécanisme de régulation proposé par la gauche. Pourquoi alors ? Est-ce que ce n'est pas ça la solution ?

8:10
Invité politique

Non mais attendez, excusez-moi, ce numerus clausus n'a absolument aucun sens.

8:15
Invité

Et pourquoi ? La contrôleuse, par exemple, des prisons, elle est favorable à réguler la régulation ?

8:20
Invité politique

La contrôleuse est une autorité administrative, elle s'exprime comme elle a envie de s'exprimer. Mais la solution qu'elle propose n'est pas la bonne. Pourquoi ? Parce que demain, vous allez venir, en réalité, contrecarrer des décisions de justice qui ont été rendues. Et vous allez dire qu'un tel et un tel, ayant été condamné à telle peine, ne doit pas purger sa peine. Mais c'est absolument impossible. Et l'autre mécanisme que l'on met en place, c'est de dire, là où il y a un taux d'occupation qui n'est pas très important, on peut encore envoyer en prison. Et là où il y a un taux d'occupation très important, on ne peut plus le faire. Enfin, ce serait d'une injustice totale.

Et puis, disons-le très clairement, la justice, en dépit de tout ce que j'entends, partout et tout le temps, et je vous invite d'ailleurs à lire le dernier rapport de la Cour des comptes sur ce sujet, la justice n'a jamais été aussi sévère. Le président de la République l'a redit dans une longue interview qu'il a accordée au point, mais qu'il s'agisse de la matière correctionnelle ou de la matière criminelle, et je rappelle qu'en matière criminelle, c'est le jury populaire qui décide des peines, eh bien, nous avons une augmentation constante des peines. Et il y a une espèce de, je ne peux pas dire une rumeur, mais de fantasme qui voudrait que la justice soit laxiste.

Et l'autre démonstration de ce qu'elle n'est pas laxiste, c'est la surpopulation carcérale. Mais les leviers, ils sont là dans ce que je viens d'égrainer.

9:38
Présentateur

Éric Dupond-Moretti, vous restez avec nous, on vous retrouve dans quelques instants sur France Info, juste après le fil info avec Diane Ferschit à 8h42.

9:46
Invité

L'exode de milliers d'Arméniens au Karabakh ressemble à une épuration ethnique, c'est ce qu'estime la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna. Emmanuel Macron, de son côté, a affirmé hier que le temps n'était pas aux sanctions contre le régime de Bakou, elle serait contre-productif selon lui. Ils doivent prendre leur décision ce matin, les professeurs du lycée Elisa Lemonnier à Paris, plus grand lycée professionnel de la capitale, où des punaises de lits ont été découvertes dans plusieurs salles. Hier, une grande partie des 200 professeurs a déjà refusé de faire cours. Ils attendent les résultats de l'inspection menée par le rectorat.

Le gouvernement présente aujourd'hui son plan pour les aidants, 9 millions de Français concernés. Dans le journal Ouest France, la ministre des Solidarités, Roorberger, annonce notamment la création de 6 000 places supplémentaires d'accueil de jour pour les personnes âgées ou handicapées, objectif permettre à leurs proches de prendre un peu de repos. Après les sciences et la littérature, on attend aujourd'hui le nom du ou des lauréats du prix Nobel de la paix. Il sera décerné tout à l'heure en fin de matinée. France Info

10:45
Présentateur

Le 8.30 France Info Agathe Lambré

10:49
Invité

Benjamin Fontaine Toujours avec Éric Dupond-Moretti, garde des Sceaux. Éric Dupond-Moretti, nous sommes le 6 octobre. Dans un mois, le 6 novembre, vous serez jugé par la Cour de justice de la République. Comment vous le vivez ?

11:03
Invité politique

Écoutez, d'abord, qui me soit permis de vous faire remarquer que ça n'a jamais entravé mon travail de ministre. La justice, j'espère que tout le monde s'en rend compte, est en train de bouger. On lui donne davantage de moyens. On demande à la justice, évidemment, de prendre ces moyens, bien sûr. Mais également, de participer à ce changement de paradigme qui va nous permettre d'aller vers les modifications que nos compatriotes attendent. Mais ça ne nous a pas entravé pour l'instant, mais vous allez faire cette mois à être mobilisé.

11:36
Auditeur

Deux petites secondes. Un peu plus tard.

11:37
Invité politique

C'est pour d'abord vous dire et vous rappeler que ça ne m'a jamais entravé dans mon travail.

11:41
Auditeur

Certes. Le procès arrive maintenant.

11:42
Invité politique

Attendez. D'ici le mois qui arrive, il y a beaucoup de choses à faire. D'abord, la dernière lecture des deux textes que j'ai portés. Ensuite, le budget. Ensuite, une loi sur les repentis qui est en préparation. Ensuite, les mesures post-émeutes que nous allons prendre. Etc. Etc. Etc. Je dois vous dire que je ne manque pas de travail.

12:07
Présentateur

Vous allez faire tout ça avant le 6 novembre et démissionner ou pas ?

12:10
Invité politique

Écoutez-moi. La seule chose qui compte pour moi, la seule, c'est que le ministère continue pendant cette période de 8 jours et demi qui sera celle du procès qui s'ouvre, vous l'avez rappelé, le 6 novembre.

12:24
Invité

Et juste pour rappeler les faits, Éric Dupond-Moretti, vous êtes soupçonné d'avoir profité de votre fonction pour lancer des enquêtes administratives contre des magistrats avec lesquels vous aviez eu maille à partir quand vous étiez avocat. Vous contestez tout conflit d'intérêts. Maintenant, la question que l'on vous pose, c'est est-ce qu'on peut être ministre de la justice et en même temps comparaitre à un procès ? C'est-à-dire que comment vous ferez, par exemple, quand les audiences seront en plein conseil des ministres ou pendant des séances de questions au gouvernement ? Est-ce que vous vous déporterez sur certains dossiers ? Est-ce que vous vous ferez remplacer à certains moments ?

12:53
Invité politique

Mais nous verrons. Et vous verrez. Moi, je veux travailler jusqu'à la dernière minute. Je travaillerai encore ensuite, évidemment. Je travaillerai encore ensuite, évidemment, parce qu'il y a des choses que vous ne pouvez pas laisser tomber. Je vous dis que mon but, évidemment, c'est que le ministère de la justice puisse continuer. Et pardon pour cette familiarité et pour ce verbe, à tourner. Voilà. C'est clair, c'est net et c'est précis.

13:23
Invité

Mais donc vous pourriez ponctuellement être remplacé par la première ministre ou par votre cabinet ?

13:26
Invité politique

Vous allez me poser 50 fois la question.

13:27
Invité

Est-ce que si vous êtes condamné, Éric Dupond-Moretti, vous démissionnerez ?

13:31
Invité politique

Mais, madame, c'est extraordinaire comme vous voulez aller plus vite que la musique. D'abord, le résumé que vous faites...

13:41
Invité

C'est un résumé ?

13:42
Invité politique

Oui, c'est un résumé d'un résumé.

13:44
Locuteur

Bon.

13:45
Invité politique

Vous me permettrez de dire un certain nombre de choses, de m'exprimer, de me défendre. Voilà. On va arrêter là. Et ensuite, vous verrez. Vous verrez. N'allons pas plus vite que la musique. Ce procès ne doit pas prendre toute la place. Là, je suis venu vous dire qu'il y a une réforme historique, que la justice bouge, que je veux l'entraîner avec moi dans un certain nombre de modifications au bénéfice de nos compatriotes. Que depuis que le Président de la République est là, on a augmenté le budget de 50%, qui sera augmenté au total de 60%. Est-ce qu'on peut, deux minutes, s'arrêter sur ces nouvelles qui sont, pardon de le dire, d'excellentes.

14:21
Invité

Et on a même commencé par ça. Et d'ailleurs, ça concerne aussi la justice, Éric Dupond-Moretti. Il se trouve que vous êtes renvoyé devant la Cour de justice. Et c'est une Cour qui est composée notamment de six députés et six sénateurs. Est-ce que c'est normal d'être jugé par ces pairs ? Emmanuel Macron, par exemple, voulait supprimer cette Cour de justice de la République qui est accusée d'être une justice d'exception. Madame, c'est la loi.

14:40
Invité politique

On va arrêter avec ce sujet. Patientez un peu. Est-ce que je puis me permettre de vous suggérer, il m'est impossible de vous donner des ordres, comme je ne peux pas en donner aux Procureurs de la République. Mais vous nous permettez de vous poser des questions. Comme je ne peux pas en donner aux Procureurs de la République, et c'est très bien comme ça. Madame, attendez un peu. Suivez-le, le procès.

14:55
Invité

Mais là, c'est une question sur le fonctionnement de la justice.

14:57
Invité politique

J'attends que ceux qui ont écrit, dit, raconté un tas de choses, soient présents et suivent ce procès. Attendez, patientez, ça arrive dans un mois. Moi, je patiente, vous aussi.

15:07
Présentateur

Mais Éric Dupond-Moretti, vous comprenez que c'est assez inédit, de toute façon, qu'un ministre de la justice soit...

15:11
Invité politique

Monsieur, passons à autre chose, si vous le voulez bien. Je pense avoir été clair, je pense vous avoir répondu.

15:15
Auditeur

Vous comprenez que pour le devoir d'exemplarité, dont Emmanuel Macron a beaucoup parlé, vous comprenez que ça puisse faire tâche un peu. Monsieur, faire tâche ? Auprès des Français.

15:23
Invité politique

Monsieur, d'abord, je voudrais vous dire que je suis présumé innocent, comme vous le seriez si vous étiez. Voilà, premièrement. Et deuxièmement, monsieur, plutôt que d'en parler comme ça, venez au procès. Venez, venez, il sera public.

15:35
Invité

Éric Dupond-Moretti, les chiffres de la délinquance pour 2022 sont alarmants. Plus 15% de coups et blessures, plus 9% d'homicide, plus 11% d'agressions sexuelles. Comment vous l'expliquez ?

15:46
Invité politique

Madame, il faudrait organiser un colloque qui dure plusieurs heures pour que l'on puisse débattre de ces questions. Il y a plein de choses. Il y a par exemple l'impact de la Covid. Comment le mesure-t-on ? Parce que nous savons que la jeunesse a été impactée par la Covid. Il y a les réseaux sociaux. Cette violence verbale des réseaux sociaux. Il y a un très grand linguiste qui dit que la langue est là pour pacifier les choses. Mais quand le volume lexical n'est pas au rendez-vous, quand on ne se parle plus, quand on s'injurie, etc., ça génère de la violence. Voilà deux pistes de réflexion.

Le reste, évidemment, c'est aussi le travail des sociologues, vous le savez, et des travaux sont en cours sur toutes ces questions. Il y a une réalité, c'est qu'il faut y répondre. Et au moment des émeutes, par exemple, la justice a trouvé toute sa place. Elle est intervenue avec fermeté, avec célérité. Moi, je veux rendre hommage à l'ensemble des magistrats et des greffiers, je le dis, qui ont mouillé la chemise et qui ont permis de rétablir, en un temps bref, l'ordre républicain avec le concours. C'est-à-dire, naturellement, des forces de sécurité intérieures qui ont été mises, disons-le, à très rude épreuve.

16:58
Invité

Et ça, c'est vrai, c'est allé vite, l'ordre, l'ordre, l'ordre, comme disait Emmanuel Macron. Mais la réponse de fond, on l'attend toujours, pardon, mais hier, vous étiez un conseil national de la refondation à Matignon, avec des maires, des associations, pour plancher sur la réponse aux émeutes. En juillet, Emmanuel Macron avait déjà écouté 200 élus à l'Élysée. Vous allez poser combien de diagnostics avant de nous donner la réponse aux émeutes ?

17:20
Invité politique

Je pense qu'en octobre, vous aurez les réponses. Vous imaginez, madame, que nous avons quand même travaillé. Mais il y a quelque chose qu'il est important de préciser. D'aucuns disent que la démocratie s'éloigne, que moi, je pense le contraire. La preuve, d'ailleurs, c'est ces deux textes que j'ai portés, qui ont fait l'objet de compromis, de discussions, de co-constructions avec le Sénat, avec l'Assemblée nationale. Là, en l'occurrence, c'était très, très important pour nous de rencontrer les élus de tous les échelons. L'échelon régional, départemental, local, parce que les maires, ils sont, si j'ose dire, en première ligne. Donc c'était important de les entendre.

C'était important qu'ils entendent les pistes vers lesquelles on va. Et je vous garantis que nous serons au rendez-vous et pas dans des temps trop éloignés, madame. Nous voulons absolument répondre à ces émeutes. Nous avons, c'est vrai, vous l'avez dit, planché sur la question et les élus, hier, nous ont apporté des réflexions qui nous ont nourris et qui étaient absolument indispensables.

18:20
Invité

Vous deviez plancher sur le fait de sanctionner les parents. Emmanuel Macron avait expliqué, envisagé de sanctionner financièrement les familles, dès, je cite, la première connerie de leur enfant. Est-ce que c'est toujours d'actualité ? Est-ce que cela impliquerait de modifier la loi ou on peut le faire à droit constant ?

18:33
Invité politique

Alors, il y a des choses qui seront du domaine réglementaire, il y a des choses qui seront sans doute du domaine législatif. Naturellement, il ne faut pas y avoir, on ne peut pas avoir une réponse systématique. Il faut faire du cas par cas. Il faut d'abord distinguer, vous voyez, dans ces questions de responsabilité parentale, les parents qui sont en mesure d'assurer l'éducation de leurs enfants et qui ne le font pas. Et puis, la maman, par exemple, est tellement débordée. D'ailleurs, on constate que parmi les émeutiers, beaucoup, 60% d'entre eux, sont élevés par un seul parent, souvent leur maman d'ailleurs.

Donc, il faut distinguer tout ça, il faut le faire avec efficacité, fermeté et humanité.

19:12
Présentateur

Éric Dupond-Moretti et l'invité du 830 France Info, on vous retrouve juste après le fil info à 8h52 avec Diane Ferschit.

19:18
Invité

Comment soutenir les aidants ? C'est plus de 9 millions de Français qui prennent soin d'un proche, malade, âgé ou handicapé. Le gouvernement présente aujourd'hui un plan pour mieux les accompagner en cette journée nationale des aidants, notamment la création de 6000 places en accueil de jour, précise en Ouest France la ministre des Solidarités. Il y aura bien une liste autonome du Parti Socialiste aux élections européennes, résultat du vote des militants PS. Cette nuit, la France Insoumise souhaitait, elle, une union de la gauche pour ce scrutin. En Martinique, 3 morts en 2 semaines, dont un enfant victime de la dengue.

La Martinique, mais aussi la Guadeloupe, sont en phase épidémique depuis la mi-août. La maladie se transmet essentiellement par les piqûres de moustiques. Une frappe russe sur la ville ukrainienne de Kharkiv, dans l'est du pays. Ce matin, un enfant tué, 16 personnes blessées. Kiev dit avoir abattu 25 des 33 drones d'attaque envoyés cette nuit par Moscou. Au lendemain d'une frappe qui a fait 51 morts dans la ville de Groza. De son côté, le ministre russe de la Défense appelle, lui, à accélérer la production d'avions bombardiers. France Info.

20:21
Présentateur

Le 8.30 France Info. Agathe Lambret.

20:24
Invité

Benjamin Fontaine. Toujours avec Eric Dupont-Moretti, garde des Sceaux. Devant le Conseil constitutionnel, mercredi, Emmanuel Macron a promis d'élargir le champ du référendum. A quel type de sujet ? Est-ce que l'immigration, par exemple, ça pourrait être un thème, comme le souhaitent les Républicains et le Rassemblement National ?

20:39
Invité politique

Vous avez entendu ce qu'a dit le Président de la République. D'abord, on a célébré l'anniversaire de la Constitution. 65 ans, ça n'est pas rien pour une Constitution. Nous, nous l'aimons, cette Constitution de 58, contrairement à d'autres qui voudraient la déchirer, la jeter à la poubelle. Le Président de la République dit cependant qu'une Constitution doit vivre, mais pas à n'importe quel prix. Donc, il a lancé un certain nombre de réflexions pour des modifications constitutionnelles à venir. Le Président Larcher a également indiqué qu'il n'était pas opposé à quelques modifications constitutionnelles. Enfin bon, ce texte doit s'adapter, si j'ose dire, à son temps.

Pour le reste, il faut encore que le travail se fasse. Vous avez vu, par exemple, que dans les réunions de Saint-Denis, un certain nombre de sujets avaient été évoqués. Ils sont sur la table, et le moment venu, le Président de la République dira ce qu'il doit dire sur cette question.

21:37
Invité

Mais est-ce que ce serait dangereux, un référendum sur l'immigration ? Certains disent que le sujet est trop éruptif, trop émotif, qu'il ne faut pas jouer avec ces sujets-là, ou pas consulter les...

21:46
Invité politique

Il faut faire très attention. Il y a des... Vous le savez, évidemment, en me posant la question. Il y a un certain nombre de questions qui sont des questions sociétales majeures, auxquelles on ne peut pas forcément répondre par oui ou par non. Donc nous verrons, vous savez, le garde des Sceaux, il aimerait toucher à la presse qui permet de sceller les modifications constitutionnelles. Mais je vous le dis, pas à n'importe quel prix. On ne modifie pas pour modifier. Et le Président de la République, au fond, a dit que c'était d'une main tremblante que l'on devait toucher à la Constitution. Mais il lui est apparu nécessaire de réfléchir à un certain nombre de sujets.

Voilà ce que je peux vous dire à ce stade.

22:26
Présentateur

Éric Dupond-Moretti, la députée Sofia Chiquirou, très proche de Jean-Luc Mélenchon, est mise en cause, notamment dans une enquête de France 2 pour son comportement, ses méthodes, notamment dans sa gestion de la web télé, le média. Aujourd'hui, on en voit qui à l'hôpital ? Aurait-elle écrit au lendemain d'un malaise d'un salarié transporté aux urgences ? Elle aurait aussi qualifié de tafiole de merde, je cite, les membres de la rédaction du Média. Qu'est-ce que ça vous inspire, ça ?

22:47
Invité politique

J'ai vu que certains médias annoncent une tempête judiciaire à venir. Monsieur, moi, je suis infiniment respectueux de la présomption d'innocence. Et je veux dire à ce stade que si la justice doit travailler, elle travaillera. J'ajoute, en toute indépendance. Mais je pense que certains éléfistes réfléchiront à la façon dont, en d'autres temps, ils ont traité certaines présomptions d'innocence. Voilà. C'est tout ce que j'ai à dire pour le moment. Vous voyez, autant on peut parler d'une peine définitive. Monsieur Mélenchon, il souhaite, semble-t-il, se présenter à la prochaine élection présidentielle. Il a été définitivement condamné pour avoir bousculé des policiers et un procureur.

Vous vous souvenez du fameux épisode « La République, c'est moi ». Oui. Il n'y avait pas que des mots, il y avait des gestes aussi, qui lui ont valu une condamnation désormais définitive. Ça, on peut en parler. Vous voyez, le reste, il y a un travail judiciaire. Le garde des Sceaux n'a pas volonté à dire quoi que ce soit. J'ai lu, évidemment, comme vous. J'ai entendu un certain nombre de choses. Je ne veux pas davantage les commenter.

23:58
Invité

Mais d'un point de vue politique, Éric Dupond-Maurici, vous qui avez toujours été très engagé dans la lutte contre le Rassemblement National, est-ce qu'aujourd'hui, vous mettez RN et LFI sur le même plan, hors du champ républicain, ou ce n'est pas pareil ?

24:10
Invité politique

Madame, le meilleur allié du Rassemblement National que je combats, c'est Jean-Luc Mélenchon. Parce qu'avec ces excès, vous voyez, il donne le sentiment, au fond, que la dédiabolisation, la cravate, le silence, une certaine tenue, tout cela, ce sont les excès de M. Jean-Luc Mélenchon qui permettent de mettre en lumière le silence du Rassemblement National. Mais, je veux vous dire, quand Mme Le Pen abandonne Mme Mélanie, là, puisque Mme Mélanie allait tout faire, et puis nous savons qu'aujourd'hui, elle redevient plus que jamais pro-européenne. Il n'en reste pas moins que Mme Le Pen a un nouvel ami, M. Salvini.

Ben, souvenons-nous que, par exemple, quand il va à Moscou, il y est allé souvent, il regarde la Place Rouge, il dit qu'elle est propre, qu'elle ne comporte pas de saleté et qu'il n'y a pas de rhum. Ben, voyez-moi, je ne peux pas être ami avec un type comme ça. Donc, je n'oublie rien de mes combats, mais pour moi, LFI, c'est, au fond, le meilleur allié du Rassemblement National. Parce que tous les excès d'LFI nous font regarder le Rassemblement National comme apaisé, dédiabolisé, tranquille et calme.

25:33
Présentateur

Ce sera le mot de la fin, Eric Dupond-Moretti. Merci d'avoir répondu à nos questions ce matin. Merci, Agathe Lambré.