Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 12 mars 2025 9 minContradictoirePortrait personnelTravail & emploiSanté

Seniors au travail : "Il faut communiquer, agir avec bienveillance et respect", insiste Sybille Le Maire, fondatrice du club Landoy

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42Invité politiqueFait
    « Vous êtes directrice générale du groupe Bayard. »
  • 0:50PrésentateurPromesse
    « Possiblement. On va peut-être se donner deux éléments de contexte qui expliquent cette question qui est encore présente aujourd'hui. »

Temps de parole

  • Présentateur59 %
  • Invité politique41 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Invité politique

Bonsoir à toutes et à tous, l'exécutif l'a appelé un conclave. Les organisations syndicales et patronales se retrouvent demain pour parler retraite. Comment atteindre l'équilibre financier de notre système de retraite par répartition ? Faut-il revenir sur la question de l'âge de départ ? Maintenir la réforme qui repousse l'âge de départ à la retraite à 64 ans ? Revenir dessus ? Sibylle Le Maire, vous êtes à la tête du club Londoie, invité Éco de France Info ce soir, fondatrice de ce club de réflexion au sein duquel un collectif d'entreprises se pose la question de l'employabilité des plus de 50 ans. Vous êtes directrice générale du groupe Bayard.

Est-ce que c'est logique, est-ce que c'est normal que la question de l'emploi des seniors soit toujours, absolument toujours associée à celle des retraites ?

0:50
Présentateur

Possiblement. On va peut-être se donner deux éléments de contexte qui expliquent cette question qui est encore présente aujourd'hui. Il y a deux phénomènes qu'il faut bien comprendre. Le premier, c'est l'allongement de la vie. On a gagné 10 années de vie ces 50 dernières années. Donc la question qu'on peut se poser, c'est qu'est-ce que je fais de ce temps supplémentaire qui m'est donné ? Si je parle du lecteur de Poppy, il faut quand même prendre conscience... Alors, Poppy, c'est pour les tout-petits. Pour les tout-petits, justement. Commençons par là. Mais le lecteur de Poppy, qui a 18 mois aujourd'hui, probablement va vivre 100 ans. C'est ça la question qu'on doit se poser.

Et il y a un double phénomène. C'est qu'il y a aussi un effet de longévité, d'allongement. Donc une question de temps et une question de masse. Parce que si on parle des baby-boomers, c'est-à-dire les personnes qui sont nées entre 1945 et 1974, on parle de 24 millions de personnes. Et au club, on a le sentiment, en tout cas c'est une réalité, qu'on n'a pas tiré les conséquences de cette démographie aujourd'hui.

1:56
Invité politique

Oui, parce qu'on voit qu'aujourd'hui, Sybille Le Maire, le taux d'emploi des seniors est toujours aussi bas. On a des taux d'emploi des plus de 60-64 ans, qui est 33% en France. C'est un des plus faibles d'Europe. Donc finalement, ça veut dire qu'on n'a pas tiré les conclusions de cet enjeu démographique, que vous venez d'écrire.

2:16
Présentateur

Alors si je peux me permettre, vous avez raison, et pas tout à fait quand même. Alors on va décomposer les chiffres, parce qu'ils ont leur importance. Jusqu'à 59 ans, réjouissons-nous, la France performe. Et là, on est à 76% de taux d'emploi. Donc c'est-à-dire que jusqu'à 60 ans, on a un taux d'emploi qui est plutôt bon en Europe. On est bon. Tout roule. Le problème, c'est après. Et les Français ne s'y trompent pas, parce qu'au club, on a fait un baromètre de la France qui vieillit.

Et il y a effectivement un âge pivot à 50 ans dans l'entreprise où les Français disent avoir le sentiment d'avoir moins d'accès à la formation, moins d'accès à la mobilité, et avoir effectivement un problème pour être recruté. Et c'est ça ce dont il faut se saisir.

3:05
Invité politique

Donc à partir de 50 ans ? Oui. Alors, justement, vous réfléchissez sur ces questions au sein d'un collectif d'entreprises. Quelles sont les mesures simples qu'on peut mettre en place dans les entreprises pour que cette perception ne soit pas la réalité, de se sentir plus utile dans une entreprise à partir de 50 ans ?

3:26
Présentateur

Alors, je vous remercie de poser cette question, parce qu'il y a effectivement des solutions faciles, accessibles, déployables. J'en donnerai deux. La première, c'est la charte d'engagement pour les collaborateurs de plus de 50 ans, la charte 50+. 147 entreprises l'ont signée en France aujourd'hui. Nous signons à nouveau sur cette charte le 29 avril prochain. Je fais un appel à l'ensemble des entreprises qui souhaitent la signer. Elle est téléchargeable, accessible, avec des mises en œuvre qui nous semblaient pertinentes pour toute taille, tout type d'entreprise.

4:03
Invité politique

Alors, justement, pour les auditeurs qui nous écoutent, qui sont chefs d'entreprise ou qui sont salariés de plus de 50 ans, quelles sont les mesures simples que l'on peut adopter dès maintenant, Sybille Le Maire ?

4:13
Présentateur

Alors, aussi simple que ça puisse paraître, communiquer, c'est déjà beaucoup. Parce qu'une partie des employés des entreprises ne se sentent plus considérés. Donc, il faut à la fois communiquer, agir avec bienveillance et respect, et se soucier de la question de l'employabilité des personnes. C'est-à-dire, leur donner cette capacité de projection le plus longtemps possible. Et l'employabilité, pardon, à deux pieds. Celui de la formation. L'éducation, c'est le travail d'une vie.

4:41
Invité politique

Parce que vous disiez justement que dans la perception des salariés les plus âgés, ils disaient qu'ils n'avaient plus accès à la formation.

4:46
Présentateur

C'est une réalité aujourd'hui ? C'était une réalité, les entreprises ont quand même compris. Que ne serait-ce que pour elles, pour tirer parti de cette longévité et maintenir le taux de productivité en France, il faut maintenir les personnes en emploi le plus longtemps possible. Et pour cela, il faut les former et effectivement participer de la mobilité des personnes lorsqu'elles le demandent.

5:10
Invité politique

Et ça, le déclic, à votre avis, il vient d'où ? Il vient du fait, justement, qu'il y a des réformes, des retraites qui se succèdent et que les entreprises, aujourd'hui, ont conscience que les salariés vont rester plus longtemps au sein de l'entreprise ?

5:24
Présentateur

Moi, j'ai une formule qui, en fait, résume un peu cette pensée. C'est qu'on a conscience d'une solidarité collective qui est nécessaire. L'accès aux soins, les retraites pour tous. Mais cette solidarité collective, elle doit être aussi adossée à une responsabilité individuelle. Et pour cela, il faut rendre ces sujets très accessibles au plus grand nombre. C'est pour cela que vous parlez de communication. Je parle aussi de communication. Alors, ça va plus loin que la communication. C'est aussi des programmes qui sont mis en œuvre au sein des entreprises. Je peux en citer deux. Alors, vous allez me dire que ce sont des grandes entreprises.

Mais j'imagine que dans les 150 entreprises, c'est surtout des grandes entreprises. Pas forcément. Pas du tout. Il y a des toutes petites entreprises aussi. On est en train de faire un partenariat avec les entreprises qui s'engagent pour un déploiement sur les territoires qui nous semble tout aussi pertinent. On le rend accessible. C'est téléchargeable partout. Et effectivement, sur ces questions, il y a la question de la charte aussi. Et puis, à l'intérieur de la charte, on s'est rendu compte qu'il y avait un phénomène plus particulier sur les personnes de plus de 50 ans qui était l'aidance, par exemple. Et on a lancé une coalition des entreprises pour les aidants. Aidants, parlons-en.

6:37
Invité politique

Parce qu'en fait, les salariés de plus de 50 ans sont aussi souvent aidants, parfois aidants en tout cas pour leurs parents plus âgés. C'est ça que vous êtes en train de nous dire. Ce que je suis en train de vous dire, c'est que le rapport... Il faut que l'entreprise s'adapte.

6:48
Présentateur

Il faut que l'entreprise s'adapte et que les personnes soient prévenues le plus tôt possible.

6:52
Invité politique

Alors, il y a des dispositifs qui existent, comme la retraite progressive. Il y a aussi un accord national interprofessionnel qui a été signé à l'automne dernier, qui parle de temps de travail. Enfin, en gros, qu'on n'est pas obligé de travailler aujourd'hui autant d'heures que les autres. Est-ce que ça, c'est aussi des pistes que vous regardez de près ? Donc, la retraite progressive, un temps partiel aussi. Voilà, c'est le mot que je cherchais. Un retour au temps partiel pour les seniors. Est-ce que ce sont des pistes intéressantes à mettre en place au sein des entreprises dès maintenant ?

7:24
Présentateur

Tout ce qui participe à un meilleur bien-être des employés dans l'entreprise et à leur maintien dans l'emploi le plus longtemps possible, à mon avis, sont des bonnes solutions.

7:35
Invité politique

Et ça, ça permet d'avoir, pardon, un passage vers la retraite qui soit plus facile. Comme le cumul emploi-retraite, j'ai envie de dire. Oui, mais ça ne marche pas très bien, vous le savez bien, Sibylle Le Maire. Ce sont des dispositifs qui existent, mais qui sont très peu utilisés aujourd'hui. Peu connus. Oui, mais peu utilisés aussi. Peut-être qu'ils ne sont peut-être pas très incitatifs, très attractifs aujourd'hui pour les futurs retraités.

7:56
Présentateur

Certainement, mais ce que je vois surtout, c'est qu'ils sont peu connus de la part des employés qui, et on prépare, il y a une impréparation, le baromètre de la France qui vieillit le dit très bien, il y a une très grande impréparation des collaborateurs à leur retraite.

8:11
Invité politique

Il n'y a pas une réticence aussi des chefs d'entreprise à mettre en place ces dispositifs ? Ils vont se dire, oh là là, ça va être des lourdeurs administratives. Est-ce qu'une fois qu'il sera en temps partiel, mon salarié, il ne sera plus vraiment là ? Est-ce qu'il n'y a pas aussi une réticence ? Et est-ce qu'il n'y a pas une formation à faire des chefs d'entreprise pour qu'ils mettent en place ces dispositifs qui existent aujourd'hui ?

8:33
Présentateur

Alors, ils le font, et ils le font au niveau des managers. Mais j'ai envie de vous dire, par exemple, sur la question des aidants, la première réaction a été de dire, ils vont demander du temps et de l'argent. Donc, on a lancé une étude. Ce n'est pas ce qu'ils demandent, les personnes aidantes. Ils demandent trois choses. La première, c'est d'avoir effectivement un accompagnement administratif. La deuxième, c'est autant que faire se peut un accompagnement, une mobilité géographique. Et la troisième chose, c'est une valorisation d'acquis des compétences.

9:04
Invité politique

Merci beaucoup, Sybille Lemaire, pour toutes ces réflexions autour de l'employabilité des seniors, fondatrice du Club Landois, directrice déléguée du groupe Bayard, invité éco de France Info ce soir.