Marc Dugain / Réindustrialisation : la France veut accélérer ? | 28 minutes | ARTE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 5:00OuverteRéponse directe
Est-ce que la méthode Notredame est applicable à des dossiers industriels ?
- 10:00OuverteRéponse partielle
Faut-il s'affranchir des règles environnementales pour accélérer la réindustrialisation ?
- 15:00OuverteRéponse directe
La France est-elle attractive pour les investisseurs industriels en 2025 ?
- 20:00OuverteRéponse directe
À quelle échelle faut-il réindustrialiser : France ou Europe ?
- 25:00OuverteRéponse directe
Les Trump Towers sont-elles un symbole de soft power ou uniquement du business ?
- 30:00OuverteRéponse directe
Le tourisme médical en Chine est-il une opportunité économique ou une menace pour les locaux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:10Emmanuel MacronChiffre
« C'est plus de 70 milliards d'euros d'investissement, c'est 30000 emplois, c'est 63 départements concernés. »
- 7:30Nicolas DuardinFait
« Si l'on pouvait répliquer la méthode Notredame, celle à laquelle faisait allusion Emmanuel Macron partout, et bien on l'aurait déjà fait. »
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Bonsoir et soyez les bienvenus dans 20 minutes. Salut les amis, bienvenue à vous. L'actualité du jour, c'est Emmanuel Macron qui veut accélérer la réindustrialisation du pays en lançant 150 grands projets.
Il l'a dit hier lors d'un conseil des ministres délocalisé dans l'Allié. C'est la méthode Notredame de Paris. C'est pas compliqué.
C'est-à-dire un projet identifié, une chaîne de commandement clair, des gens à qui on rencontre et d'aider les records qu'on doit tenir. C'est en quelque sorte les cathédrales industrielles de l'indépendance française. Le chef de l'État veut aller vite et fort surmonter blocage et lourdeurs administratives sur le modèle de la reconstruction de Notre Dame.
Est-ce bonne méthode ? Doit-on s'affranchir de c certaines règles notamment environnementales pour être plus efficace ? La reconquête de la souveraineté industrielle doit-elle se faire à l'échelle de la France ou de l'Europe ?
On en débattra puis on vous retrouvera en fin d'émission Marie Bodisso et Théophile Cossa. On va parler de Donald Trump. Impossible de passer à côté de lui en ce moment et on n'est pas prêt de l'oublier.
Figurez-vous qu'un peu partout sur la planète pousse des Trump towers. Vous savez comme celle à New York avec Trump marqué en gros dessus. Pourquoi les Trump tower ?
Je vous raconte comment ça marche. Et vous Mariez, on parle de ces touristes occidentaux qui débarquent en Chine pour profiter de ces hôpitaux. Le tourisme médical, une nouvelle tendance en pleine expansion paraît-il.
Et bien tout à l'heure Marie. Mais pour commencer, un écrivain fasciné par l'exercice du pouvoir dans son nouveau roman submersion, Marc Dugin continue d'explorer le cynisme des puissant qui nous gouverne. Un président est percuté de plein fouet par une série de crises violentes.
Il tente de s'accrocher coûte que coûte au pouvoir. Toute ressemblance avec des personnages existants est-elle vraiment fortuite ? On retrouve Marc Dugin dans un instant.
Bonsoir Marc Dugin, bienvenue à vous. Laissez-moi vous présenter Fanny Veille et Valérie Brochard. Bonsoir Marc Dugin, écrivain, réalisateur bien sûr.
Et voici votre nouveau livre Submersion aux éditions Albin Michel. Submersion. Ce titre, il fait d'abord référence he dans le roman Marc Dugin à une énorme vague qui déferne sur la ville de Cann à peine quoi 3 semaines du début du festival de Cann.
Pourquoi est-ce que vous en voulez tant à cette bonne ville ? Non, c'est non c'est parce que j'ai vu j'ai vu qu'il y avait que les scientifiques avaient avaient mis un rapport comme quoi dans les 30 ans qui venaient, il y aurait un tsunami à Cann sur la côte. Et bon, vous savez quand on est écrivain, on cherche toujours une petite accroche dramatique.
Donc j'ai pris ça. Voilà. Et normalement et c'était un peu et c'était c'est d'ailleurs le le tsunami que j'ai écrit avant qui est un peu dans la même veine euh finissait finissait là-dessus.
Donc j'ai repris et on va le voir effectivement ce ce tsunami. Donc c'est pas pour tout de suite 30 ans. On a peut-être le voilà le temps de voir venir.
Marc Dugin tout de suite si vous êtes là évidemment c'est parce que vous avez le profil idéal et c'est ce que nous démontre tout de suite Gael Leg. Marc Dugin, le personnage principal de votre dernier roman est le président d'une République française en crise. Vous vous intéressez souvent au pouvoir et à ces mécanismes pour nous permettre de mieux les comprendre.
Vous avez donc le profil idéal. Homme de pouvoir vous-même au cœur des années 90, puisque vous dirigez une compagnie aérienne privée qui compte des centaines de salariés, vous publiez votre premier roman en 1998. Dans la chambre des officiers, vous vous inspirez de votre grand-père Regène, un exp poilu qui avait été défiguré au début de la Première Guerre mondiale.
Enfant, à ses côtés, vous participiez aux rencontres qu'il organisait avec d'autres gueules cassées. Vous vous demandez alors comment des dirigeants ont pu envoyer cette classe d'âge à la boucherie. De là est née une forme de fascination, répulsion pour le pouvoir.
Ça a créé chez moi une sensibilité assez particulière à cette époque. Ça m'a donné envie de ressusciter cette période et de d'essayer de faire partager ce que ces gens-là ont vécu et comment ils l'ont vécu. Presque tous vos livres évoquent ce thème du pouvoir éminemment romanesque.
Dans la malédiction d'Edgar en 2005, il est question de John Edgar Hoover, célèbre et impitoyable patron du FBI de 1924 à 1972. En 2007, avec une exécution ordinaire, vous vous penchez sur l'autoritarisme en Russie de Staline à Vladimir Poutine. Je le cite souvent, mais c'est vrai qu'il y a cette phrase magnifique de Kundera qui dit que les écrivains sont là pour redonner au mots le sens que les hommes de pouvoir leur ont enlevé.
Et ça, j'y crois beaucoup. L'emprise Quinquena ultime partie constitue une trilogie ancrée au cœur de la politique française, des grandes multinationales et des services secrets sur fond de corruption. Aujourd'hui, dans submersion suite du précédent roman intitulé Tsunami, le président au pouvoir évoque son prédécesseur en ses termes surnommé le méprisant de la République.
Il avait fini par ne voir dans le peuple qu'une abstraction vulgaire. Et submersion, ce nouveau roman, Marc Dugin s'achève par cette phrase de votre héros, donc de ce président. Cet épitaphe dit-il qu'il qu'on pourrait graver sur le marbre de la pierre tombale qui recouvrira ma ma courte carrière.
Je cite "La politique c'est la trahison des consciences, l'asservissement à des intérêts triviaux, l'affaissement de soi plutôt que sa propre élévation. Est-ce que c'est ça votre regard vous aujourd'hui sur la vie politique ? Vous savez, on n'est jamais totalement responsable de ce que disent nos personnages.
J'assume en partie, mais je suis moins je suis probablement moins pessimiste quand même que ça. C'estàd je je c je crois que euh la politique, on peut s'élever avec la politique. Le problème c'est qu'on ne le constate pas beaucoup.
H on voit plutôt on voit plutôt quelque chose qui est de l'ordre de l'intérêt privé, du carriérisme, des petites magouill du et et ça et ça me choque d'autant plus qu'on est dans une période qui est bon, je suis pas tout jeune et je crois que je n'ai jamais été confronté à une période aussi décisive que celle qui est en train de se jouer là maintenant. Euh j'ai j'ai connu euh la guerre froide, j'ai connu la chute du mur et là je vois euh arriver à la fois de l'est et de l'ouest des vents mauvais comme on dit euh et je vois une République assiégée qui est la nôtre euh qui en plus c'est une cible. C'est-à-dire que la la France est considérée comme le maillon faible de l'Europe à la fois par les Américains et à la fois par les Russes.
On le sent he dans ce que vous écrivez, dans ce que vous dites aussi dans les entretiens, c'est que pour vous, à vos yeux, les personnalités politiques d'aujourd'hui ne sont pas à la hauteur des enjeux. Et pourtant, la 5e République aujourd'hui, elle nécessite une des personnalités fortes qui n'existent pas, qui n'existe plus. Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
On change la la Constitution. Alors si vous voulez, c'est pas un phénomène finalement si original que ça parce que au moment de la débacle, la 3e République est en train de s'affesser complètement et puis il y a cet homme providentiel. Et c'est ça qui est intéressant dans la politique, c'est que parfois les circonstances créent des personnages qui sont qui sortent totalement de l'ordinaire.
Ce qui nous manque là, c'est un de Gaulle. En fait, ce que je veux dire, ce qui manque, c'est un général de Gaulle. Alors ce qui manque c'est pas c'est pas de goal par lui-même.
On va pas on va on va on va pas dupliquer mais c'est quelqu'un qui qui a qui a une conscience profonde des enjeux et qui est capable de s'élever au-dessus des partis et qui est capable de de de mener le pays. Ce qui est ce qui est aujourd'hui euh est extrêmement douteux parce que vous disiez est-ce qu'il faut changer de République ? Peut-être parce que la la la 5 publique est-ce qu'elle est adaptée à ce que à la situation politique actuelle ?
Je laisse ça au aux experts politiques. Je redoute votre personnage, votre président dans submersion, lui il veut il envisage pour reprendre la main, pour garder le pouvoir. Absolument, il envisage un référendum avec cette idée que s'il dissout l'Assemblée nationale en cas d'issolution, ça c'est déjà vu, il envisage lui, il veut que les députés qui seront démis de leur mandat ne puissent pas se représenter pendant 5 ans.
Ça c'est une idée qui est foncièrement antidémocratique. le président dissous et plus personne tout le monde perd son mandat en quelque sorte sauf lui. Non, c'est pas dans cet esprit-là.
En fait, l'esprit de ce qu'il fait c'est de la fiction. Oui. C'est de dire prenez vos responsabilités.
C'est-à-dire que l'idée les politiques pensent toujours qu'ils vont s'en sortir. C'est-à-dire bon dissolution, pas dissolution, je suis là, je vais je vais arriver à me remettre dans le circuit. Si on leur dit "Écoutez, la dissolution c'est quelque chose de grave et on l'a vu.
Donc prenez vos responsabilités. Si je diss président, évidemment pas moi, si je diss et ben pendant 5 ans, vous le cédez la place à quelqu'un d'autre puis vous reviendrez après." Euh mais vous verrez que la gamelle ne sera plus servie de la même façon.
C'est-à-dire, vous voyez ce que je veux dire ? Parce qu'il y a quand même dans nos classe politiques, moi je parle beaucoup avec des politiques et avec des observateurs de la vie politique, on le comprend. Et ouais et et et beaucoup me disent qu'il y a il y a il y a il y a quand même beaucoup d'hommes et de femmes politiques qui sont euh qui sont dans une optique de perdurer.
Tout être tend à persévérer dans son être disait je ne sais plus qui. Et et en politique c'est particulièrement vrai. Alors Marc Duger, on s'en souvient votre premier roman.
La chambre des officiers était inspirée du destin de votre grand-père et Fanny votre grand-père qui était une gueule cassée hein de la Première Guerre mondiale. Et Fan, justement, on va partir en Ukraine avec vous où de nombreuses gueules cassées du conflit en cours sont désormais soignés par des médecins français. Oui.
Au Super Human Center ouvert en 2022, année de l'invasion russe près de Live dans l'ouest de l'Ukraine. C'est une clinique ultra moderne qui accueille les blessés les plus graves amputés ou effectivement gueules cassées, qu'ils soi civil ou militaire. Pour les soigner, une équipe de chirurgiens français dirigée par le professeur Chloé Bertolus de la pitié salpétrière à Paris.
Un visage arraché dit-elle, c'est la déshumanisation. Ma mission est de reconstruire pour que ces gens passent inaperçus. C'est la 9e fois qu'elle se rend en Ukraine pour opérer, réopérer, échanger avec les médecins ukrainiens.
Une coopération qui doit durer 5 ans. Marc Dugin, vous avez effectivement écrit sur les gueules cassées de la Première Guerre mondiale dans la chambre des officiers. Bon, finalement, on est plus de 100 ans plus tard et rien n'a changé.
Ce qui a changé probablement, c'est quand même le niveau de la science, c'est-à-dire que les résultats qu'obtiennent les médecins aujourd'hui sont bien plus intéressants que ce qu'on avait pendant la guerre de 14. Moi, mon grand-père a été opéré de 1914 à 1919 fois à les terre. Euh et à la à la fin, il me tirait enfin quand je l'ai connu, il me tirait la langue par le nez.
H Donc, vous imaginez la la destruction aujourd'hui ? Il y a de la vraie enfin y a il y a eu de la de la reconstruction et d'ailleurs les plein de médecins de Maxyofacial ont fait leurs armes à cette époque-là. Euh et aujourd'hui euh heureusement euh les techniques ont évolué et d'ailleurs les médecins français sont sont certain nombre là-dedans.
Vous avez travaillé et vécu aux États-Unis, il est aussi question de Trump dans cet ouvrage. Quel rapport vous entretenez aujourd'hui avec les États-Unis ? Un très mauvais rapport.
Expliquez-nous. C'est-à-dire que je je suis je suis extrêmement euh choqué de voir que ceux si vous voulez je je vais vous parler de mon autre grand-père qui lui a fait la guerre dans l'armée américaine parce qu'il était à New York au moment de l'invasion allemande et il s'est engagé dans l'armée américaine. Donc il a il a libéré la France avec les autres.
Donc, j'ai pas de je me ressens pas de dette particulière aux Américains, sachant que les c'est surtout les Russes qui ont qui ont mis par terre le l'armée allemande. Bon, les Américains ont fini le travail, c'est d'accord. Mais moi, j'ai aimé l'Amérique.
J'ai aimé l'Amérique de la contreculture qui euh qui a été un mouvement extraordinaire à la fois artistique, philosophique. Et cette Amérique qui est qui est là est une Amérique qui me consterne en fait. Et ça c'est Trump. vous parlez.
Oui. L'Amérique de Trump, c'est une Amérique qui me consterne parce que c'est une Amérique qui pour moi est une Amérique ennemie. On n'est même plus dans on a toujours su que les Américains étaient des amis euh voilà relatif.
Mais là, on a vraiment euh les pour moi Trump et est et est et est et est et est et est notre ennemi autant que Poutine. Votre personnage he votre président en submersion à la phrase suivante : "Bien qu'ils aient des méthodes différentes des Russes, ils sont clairement nos adversaires les Américains. Trump, Poutine, vous les renvoyez à quasiment." Je les méthodes sont différentes mais en tout cas les les méthodes sont différentes.
Sauf que là, si vous prenez, si vous me permettez, cette petite aparté sur la crise en en Iran, sur la guerre en Iran, ce que je vois, c'est que les grands perdants de cette histoire, ça va être les Européens avec la montée de prix du pétrole, avec un retour de l'inflation et Trump le sait parfaitement. et et on va être encore plus perdant parce qu'en Ukraine évidemment toutes les armes qu'ils ont utilisé là, on peut pas les utiliser en Ukraine. Et donc Poutine reprend accès au marché du pétrole avec une joie mal dissimulée.
Donc on va vers vers quelque chose de d'assez terrifiant. Terrifiant Marc Dugin, merci. On va vers cette addition de crise qui submerge justement le président en futur à venir.
C'est en tout cas le héros de votre roman submersion aux éditions Albert Michel. Merci Marc Dugin d'être passé ce soir par le plateau de 28 minutes. Merci beaucoup.
On passe maintenant à notre débat du jour sur l'enjeu de la réindustrialisation. Emmanuel Macron veut accélérer. Il ambitionne de s'inspirer de la méthode Notredame dit-il.
Pour SMM dans le pays 150 cathédrales industrielles, des grands projets pour reconquérir notre souveraineté économique. Est-ce bien raisonnable ? Doit-on contourner des règles notamment environnementales pour être plus efficace ?
On en parle juste après la mise au point de Sandrine Lecalvez. Emmanuel Macron aime les symboles. C'est à Montlon ville de l'allié au riche passé industriel qu'il a présidé hier un conseil des ministres délocalisés avant de lancer un gigantesque chantier.
Merci messieurs dames. Faut que j'aille à la mine. Le chef de l'État s'est rendu à Échassère pour inaugurer cette mine de lithium.
Un précieux métal indispensable à la fabrication des batteries de voitures électriques. Un décor idéal donc pour donner un coup d'accélérateur à 150 projets stratégiques destinés à renforcer la souveraineté industrielle de la France dans la santé, la défense, l'agroalimentaire ou encore l'énergie. C'est plus de 70 milliards d'euros d'investissement, c'est 30000 emplois, c'est 63 départements concernés.
C'est en quelque sorte les cathédrales industrielles de l'indépendance française. Depuis les années 70, la France est le pays d'Europe qui s'est le plus désindustrialisé sur fond de tertiation de l'économie, de délocalisation et de plans sociaux en série. Le site de l'Écat, il va fermer.
L'entreprise de l'Écinat est foutue. Si les dirigeants on n'avaient pas faire des usines en Chine. De toute façon, on aurait pas eu le problème d'avoir des d'avoir des depuis de plus avoir d'emploi maintenant et puis faire des gripas en Chine beaucoup moins cher.
Pour inverser la tendance, l'exécutif tente de séduire toujours plus de nouveaux investisseurs d'étranger grâce à ces sommets de Ch France. Il mise également sur un décret publié hier qui permettrait de réduire d'au moins 1 an les délais de traitement des recours contre des implantations industriel pour des raisons environnementales. Une tendance à la simplification et à l'allégègement des contraintes régulièrement dénoncées par les écologistes.
Que ce soit dans l'agriculture, que ce soit dans l'élevage, que ce soit dans la pêche, que ce soit dans l'industrie, quand vous revenez sur un certain nombre de choses, bon ça se fait plutôt au détriment de l'environnement. Alors, faut-il réindustrialiser à tout prix ? La France est-elle suffisamment attractive ?
A-t-elle les moyens de rattraper le temps perdu ? Et bien, nous allons voir ça tous ensemble. Merci à tous les trois de nous avoir rejoint sur ce plateau.
À mes côtés, Nicolas Duardin, bonsoir, bienvenue. Vous êtes industriel, directeur des opérations du groupe Oéinde. Alors, c'est un conglomérat de PME implanté dans de nombreux pays.
Votre domaine d'activité en deux mots. En deux mots. En un mot quatre.
On a quatre business unit. fabrication de peinture alimentaire, pompe à chaleur et télécom. Et ben voilà, merci.
Je rappelle que le titre de votre livre, c'est réindustrialiser autrement ou mourir qui paraîtra aux éditions de l'aube en juin prochain. Selon vous Nicolas du Jardin, si l'on pouvait répliquer la méthode Notredame, celle à laquelle faisait allusion Emmanuel Macron partout, et bien on l'aurait déjà fait, dites-vous. Il faut surtout un cadre légal clair, un engagement de l'État stable dans le temps, le tout en fonctionnant à l'échelle européenne.
À vos côtés Anaïs Voisilis. Bonsoir, bienvenue. Vous êtes géographe, spécialiste des enjeux industriels en Europe.
Vous avez publié aux éditions presse de la cité pour une révolution industrielle. Selon vous, réindustrialiser, c'est maintenir nos industries historiques que sont l'acier ou l'aluminium, dites-vous. On a besoin de ces industries de base pour notre souveraineté et pour maîtriser les chaînes de valeur.
Et à vos côtés, Lucille Schmid, bonsoir. Bonsoir. Président du FT tank, la fabrique écologique.
Vous avez publié cette semaine au PUF, au presse universitaire de France urgence politique nécessité écologique et selon vous Lucil Schmidth, la réindustrialisation présentée he par Emmanuel Macron mais l'écologie de côté. Il ne parle que du nucléaire et de la voiture électrique, dites-vous, mais sans aborder vraiment le sujet des énergies renouvelables ou par exemple d'un agroalimentaire plus bio. Euh tout de suite Valérie, pour ouvrir ce débat, vous avez une méthode qui est la méthode du jour.
Bah oui, la méthode Notredame évidemment Emmanuel Macron l'affirmait, il voulait l'appliquer à 150 projets industriels partout en France. Pour le chef de l'État, cette méthode, je le cite, bah c'est pas compliqué hein, c'est un projet identifié, une chaîne de commandement clair des gens à qui on rencontre et des délis records qu'on doit tenir. Anaïs Voisilis, on se souvient évidemment du général Georgelin qui avait pris en charge la reconstruction de Notre-Dame de Paris.
Est-ce que là aussi dans les mots d'Emmanuel Macron, vous entendez une méthode presque militaire, au moins dans le vocabulaire ? Est-ce que ça veut dire que pour réindustrialiser, il faut tout dépasser, rouler par-dessus tous les obstacles ? Alors, je je pense pas que la méthode proposée soit exactement de rouler par-dessus tous les obstacles.
Je pense qu'il il faut pas non plus la caricaturer. Euh cette méthode, elle répond aussi à une réalité des délais administratifs qui peuvent être longs, des projets qui peuvent se retrouver euh décommandés. De ce fait, ça veut dire qu'il y a un bon équilibre à trouver entre euh réduire certains obstacles administratifs tout en préservant les enjeux environnementaux.
Par contre, moi je trouve que là où il y a un défaut et même deux défauts, un c'est quelle est la vision derrière ça ? C'est-à-dire qu'on parle de souveraineté, mais on a aussi des discours sur la transition écologique. Comment on aligne tous nos objectifs et où est-ce qu'on veut aller en terme de maîtrise de notre de notre outil industriel au regard du contexte géopolitique actuel.
C'est une méthode qui ne pose pas du tout les questions du monde dans lequel on évolue avec les surcapacités de production et cetera. Et la dernière chose, c'est 150 sites 150 projets conjugent stratégiques. Qui décide de ce qui est stratégique ou non ?
Qu'est-ce que font tous les autres chefs d'entreprise qui ne se retrouvent pas dans un projet qui est dit stratégique ? Donc là, on va implanter des des des sites, c'est très bien, mais derrière comment elle s'assure que l'industrie existante perdure et que ça s'inscrit dans une logique d'écosystème. Sinon, on va rester dépendant des autres en terme de chaîne de valeur.
Nicolas du Jordin, cette méthode inspirée donc de de Notredame, est-ce qu'elle est applicable à des dossiers industriels ? Je crois pas qu'on puisse mettre un militaire derrière chaque projet industriel. Ça marchera pas.
Autre chose à faire déjà. Une autre dame, c'était une reconstruction, on restaurait un patrimoine. Oui.
Alors, il y a pour rebondir un peu sur ce que dit Anaïs, il y a quand même l'industrie, on a besoin de planification en fait, on a besoin de temps long. Donc Notre Dame, on la reconstruit en faisant un sprint. Très bien, tant mieux.
Oui, 5 ans. Bon, alors effectivement l'échelle de l'industrie c'est pas très long 5 ans. Mais aujourd'hui effectivement, si on pouvait déjà effectivement réduire les différents délais administratifs, réduire l'état qui est un obstacle, essayer de mettre à disposition du terrain et cetera, on forcément on irait grappiller du temps et on on aurait la possibilité de se projeter justement sur ce temps long et cette stabilité dont les industriels ont absolument besoin.
Ouais. Et Lucile Schmidth quitte à s'affranchir des enjeux environnementaux. C'est un peu ça l'idée.
L'ensemble de normes en tout cas de règles. Je pense que ce qui est important, c'est surtout de savoir de quoi on parle. C'estàdire quand on dit industrie, de quel secteur parle-t-on ?
Typiquement là le lithium, on sait que c'est extrêmement gourmand en eau. Par exemple, le lithium c'est gourmand en eau mais et et et ce qu'a dit Emmanuel Macron, c'est qu'en fait l'usine donc dans l'allié pourrait par exemple permettre de faire des batteries pour équiper 700000 véhicules. Donc moi ce qui me frappe c'est qu'on continue à penser le processus industriel comme au 19e siècle dans une optique strictement productiviste et sans tenir compte en fait des nouveaux défis du 21e siècle qui sont les défis effectivement des réchauffements climatiques, de la disparition de la biodiversité, de la mondialisation qui est quand même un vrai sujet.
Est-ce que vraiment la question de la souveraineté qui est une question comment dirais-je qu'on comprend très bien sur le plan militaire, qu'on comprend très bien lorsqu'on est français, est-ce que ça ça peut s'appliquer tel quel à l'industrie ? Je crois pas. Je crois que le sujet c'est justement comment est-ce qu'on construit des chaînes de valeur qui par exemple peuvent être européennes.
Comment est-ce qu'on se remet à maîtriser les ressources stratégiques, mais est-ce que l'idée de souveraineté peut être telle qu'elle projetée dans l'industrie ? C'est un sujet. Est-ce qu'on produit trop à vos yeux ?
Il faut moins produire quand vous critiquez cette logique productiviste ? Je critique la manière dont on projette un avenir qui serait en fait identique au à l'avenir actuel et dans lequel pardon à la situation actuelle dans lequel on pourrait imaginer que par exemple on remplace une voiture thermique par une voiture électrique. Ça je le critique.
Je le critique parce que je pense que lorsqu'il s'agit des mobilités on peut tout à fait imaginer des transports en commun. On peut tout à fait imaginer de rapprocher le travail et le domicile. Donc il y a un sujet de système et un sujet de projet de société.
Et je trouve que là dans le discours d'Emmanuel Macron, on imagine quelque chose d'identique. Simplement c'est du un pour un. Et à mon avis, ça c'est pas réaliste lorsqu'on veut imaginer un projet de société.
Anaïse Wagilise, vous êtes d'accord avec cette vision là ou est-ce qu'il faudrait voilà repenser toute la méthode ? Je suis d'accord sur tout. Je ne sais pas, en tout cas, je suis d'accord sur l'idée que l'industrie est au service d'un projet de société et que derrière en fonction du projet de société qu'on définit, on va définir des politiques industrielles qui vont servir ces objectifs là.
Des politiques environnementales, des politiques d'aménagement du territoire. Mais donc là, on se trompe de route et ben aujourd'hui on on ne pose pas ce qui a été dit sur la question de la molibilité, on n'interroge pas la question de la mobilité. On se dit qu'il faut qu'on soit souverain, c'est-à-dire maîtriser la production sur le le territoire et ça c'est un fait.
Mais la souveraineté, elle passe aussi par la question de la sobriété. Moins consommé, c'est moins dépendre des autres. Elle passe par l'économie circulaire.
Donc on mélange un petit peu tout. Et ce qui est intéressant notamment si on prend le projet d'Imérisme, il y a eu d'autres projets qui ont fait l'objet de contestation, c'est qu'est-ce que disent ces contestations ? c'est que les contestations, on se dit quand elles sont visibles, elles sont contre un projet industriel et pas toujours.
En fait, parfois ce qui est interrogé, c'est le modèle industriel défendu par ces projets. Éventuellement, la concurrence dans la location des ressources entre ce projet industriel et l'attente des citoyens localement. Maintenant, une chose est sûre, c'est oui, produire a un impact environnemental, mais consommer a un impact environnemental et produire sur notre territoire sera toujours mieux que externaliser au loin les conséquences de nos de nos choix.
Et donc ça pose comment on le fait et qu'est-ce qu'on veut faire. Et si on ne veut pas produire quelque chose chez nous au nom d'un intérêt environnemental, pourquoi nous n'en interdisons pas carrément l'importation ? Dans ce cas-là, soyons logique et dans le discours en tout cas d'Emmanuel Macron pour cette réindustrialisation, ces 150 grands projets industriels, il faut que la France évidemment se monte attractive pour attirer un certain nombre d'investissements.
Fan, est-ce que la France est aujourd'hui toujours en manque d'attractivité économique ? En 2025 d'après Beril, il y a eu certes plus d'ouverture d'usine que de fermeture, mais la dynamique ralentit. Alors, la France a-t-elle un problème d'attractivité ?
Les intentions d'investissement ont en tout cas chuté de 18 % entre 2024 et 2025. L'an dernier, le nombre de dossiers déposés, environ 1300, a atteint son plus bas niveau depuis 7 ans. C'est ce que révèle le baromètre de la 7 filiale de la Caisse des dépôts avec le cabinet en Coris.
Ils ont demandé à des patrons de toute nationalité s'ils avaient ou non l'intention d'implanter une entreprise en France dans les de années à venir. Résultat, la baisse touche tous les secteurs. Logistique et commerce de gros, - 26 % d'intention.
L'industrie - 10 %, le secteur tertiaire aussi - 8 %. Alors, comment on explique cette baisse de l'attractivité alors que la France se targue justement d'être le pays le plus attractif d'Europe ? Bien, parmi les facteurs évoqués dans l'étude, l'instabilité politique, le coût du foncier, les difficultés de recrutement, mais aussi la lourdeur administrative française.
Sur 10 patrons interrogés dans l'étude, h réclament une simplification des règles. Loi sur l'urbanisme, loi sur l'environnement, droit du travail entre autres. Nicolas du jardin, vous qui accompagnez justement des entreprises dans leur développement, est-ce que vous confirmez ce que c'est plus compliqué en France qu'ailleurs ?
La France n'a jamais été effectivement très agile, on va dire, sur l'administratif. C'est pas notre savoir-faire. On a un savoir-faire d'ingénieur, on a savoirfaire d'industrie.
C'est des choses qu'on peut exporter en fait. En revanche, travailler en France actuellement, on est dans une économie qui va pas bien. Les investissements sont compliqués.
Le temps est long administrativement et on a des engagements et on va dire une planification de l'État qui n'est pas stable. Et donc on a ces piqus et ces creux qui font une certaine violence dans nos euh dans nos processus d'investissement qui déc euh donnent moins de confiance en fait à nos différents entrepreneurs et nos différentes industries. Dans quel domaine par exemple vous avez nous dans aujourd'hui dans toutes les industries, vous voulez monter une usine, c'est toujours la même exemple, mais vous avez à peu près euh 15 à 17 mois avant vos autorisations.
Aujourd'hui, on commence à faire des choses mais Sébastien Martin a annoncé certaines bonnes nouvelles, mais on est toujours sur des temps qui sont beaucoup trop longs pour attirer suffisamment d'investisseurs étrangers. Vous par exemple, vous disiez que vos PME sont implantés dans plusieurs pays. 15 à 17 mois, ça c'est le temps moyen en France et ailleurs.
Donc quel quels autres pays vous pouvez nous et quel délais ? En fait, il faut pas vraiment s'appuyer sur les temps moyens, on le dit en France parce que c'est une règle qui voilà, on le sait, c'est comme ça. En revanche, ce qui est intéressant, c'est toujours de reprendre cet exemple de de Elon Muns qui a voulu installer sa Giga Factory dans le nord de la France.
Euh Xavier Bertrand lui a dit "Je vous le fais en 6 mois." Très bien. Président de la région de France.
Oui. Voilà. Il a traversé la frontière.
Les Allemands lui ont dit "Je vous le fais en 3 semaines." OK. Bah la giga factory, elle est partie en Allemagne.
Donc en fait si vous voulez quand sur des régimes de dérogation sur des régimes exceptionnels, on est capacité de faire beaucoup plus vite. Mais Lucile Schmidt, est-ce qu'il y a pas un tout petit peu d'exagération du côté des industriels ? On le sait là, il y a aussi les délis de recours qui ont donc été réduits à 10 mois maintenant.
Est-ce que c'est pas tout simplement le carnet de commande qui se qui se réduit ? Il y a plusieurs choses. D'abord, je voyais que dans votre documentaire initial, vous parliez de Chose France et de la façon dont Emmanuel Macron se targue du fait que les investissements étrangers viennent en France. rappeler que la plupart de ces investissements étrangers sont pas des investissements industriels, ce sont d'abord des investissements dans le secteur des services.
Donc les h patrons sur 10, moi je pense que la plupart c'est pas des patrons industriels. Ensuite, par rapport à ce que vous dites sur la question des délais, moi je pense que dans un grand pays développé, c'est normal d'avoir un certain nombre de délais administratifs. Peut-être qu'il y a des lourdeurs, mais le sujet c'est aussi de pouvoir contrôler, je le rappelle la bonne foi en fait des industriels.
Le fait que lorsqu'on promet 1000 emplois direct ou indirect, la qualité de ces emplois soit au rendez-vous. Je rappelle qu'il y a beaucoup d'argent public en France pour aider cet industriel et que aujourd'hui le débat sur la façon dont on utilise l'argent public sans conditionnement de la qualité des emplois, sans conditionnement de la possibilité de rester à long terme, d'un engagement de rester à long terme et en fait de véritablement euh délocaliser en France un savoir-faire, c'est un sujet et effectivement comme vous le disiez, le sujet du fait que la France est un pays d'ingénieur, un pays de grandes infrastructures, ça veut dire qu'on a aussi des atouts. Donc il faut arrêter aussi de se flageller et en permanence d'expliquer qu'on est bureaucratique.
On est aussi un grand pays industriel qui a besoin de retrouver cette culture industrielle mais qui d'une certaine manière aujourd'hui est aussi prisonnière de discours volontaristes comme celui de Xavier Bertrand ou su d'Emmanuel Macron qui sont des discours déconnectés de la réalité. Alors retrouver en tout cas cette grande histoire industrielle que vous avez qui à l'instant. Pourquoi ?
Parce que on est quand même rentré aujourd'hui donc dans cette logique de réindustrialisation qui n'était plus du tout la nôtre au tout début du siècle. rappelons-nous au tout début de ce siècle, l'industrie n'était plus du tout à la mode et un grand patron d'ailleurs allait même jusqu'à enterrer le concept d'usine, c'était en 2001 et c'est notre archive du jour. Une entreprise sans usine, c'est le dernier rêve de Serge Turuc, le PDG d'Alcatel.
Il se donne 18 mois pour revendre à des sous-traitants français ou étrangers la majorité des sites de production de son groupe. Une stratégie déjà mise en œuvre ici à l'AV sur ce site de production de téléphone portable. Toute l'usine a été vendue.
D'ici quelques semaines, les 711 salariés changeront d'employeur. Ils fabriqueront toujours des portables Alcatel, mais pour le compte d'un fabricant singapouren spécialisé dans l'électronique et les télécommunications. En France, l'Aval est le premier site à avoir été ainsi vendu.
D'autres devraient suivre très rapidement. Coutance, Brest et Nanre seraient menacé. Les syndicats redoutent la suppression d'un millier d'emplois.
Anaïs vogilise concrètement depuis cette époque là, combien la France aujourd'hui a perdu d'usine et d'emploi ? Alors, on a perdu près de 2 millions d'emplois, je serais pas vous dire exactement le nombre le nombre d'usines. Derrière, il y a des choses qui sont liées à des gains de productivité, qui sont liées aussi à des transferts d'activités qui étaient avant détenus par l'industrie vers les métiers de service comme la maintenance, le nettoyage industriel, la logistique et cetera.
Ce qui est intéressant, c'est que le modèle de Serou qui est vraiment un emblème en France en fait était déjà existant dans les années 80. Il y a des entreprises qui sont nées sans avoir d'usine, qui n'ont pas jugé que le fait de produire était nécessaire sur le territoire et ce qui explique qu'on a la concentration de certaines activités à certains points du globe comme les semi-conducteurs à Taiwan et cetera. Maintenant, on a une hémorragie en France qu'on a pas eu en Allemagne parce qu'en Allemagne l'industrie était le moteur de la réunification.
En Italie, on avait une organisation industrielle très différente. Donc, on a eu un moment, un pays qui apprenait l'innovation, se tourner vers les services, les savoir-faire et et et on a laissé l'industrie partir et aujourd'hui rebâtir une force industrielle, il faut se dire que ça sera long et que ça sera coûteux. On est dans un monde où il y a des surcapacités de production et où on a été dopé à consommer des produits pas chers et qui ne respectent pas nos normes environnementales en terme de production.
Donc faire le chemin inverse, on se rend pas compte de la marche que c'est surtout dans un contexte européen où vous avez du dumping fiscal, du dumping social et du dumping environnemental. Justement Nicolas du Jardin, ce chemin euh il nous emmène où ? Je rappelle que le titre de votre livre apparaître, c'est réindustrialiser autrement ou mourir.
Bon, mourir, on voit. Réindustrialiser autrement, c'est quoi ? Comment est-ce qu'on réindustrialise autrement ?
Écoutez, je crois qu' il y a quand même quelques leviers qui sont clairement identifiés. On a parlé des autorisations. Ensuite aujourd'hui, quand on parle d'une souveraineté industrielle en fait, on parle aussi d'une Europe forte quelque part.
Et donc, il y a un moment où choose France, choose Europe, chose n'importe quoi, c'est en fait la France doit aussi s'appuyer sur l'Europe et inversement l'Europe doit s'appuyer sur le une socle solide en fait français. On a des bons ingénieurs, on a un savoir-faire. Maintenant, ce savoir-faire, il faut l'utiliser et puis essayer d'aller chercher des parts de marché.
On peut aller chercher des parts de marché à l'export. Vous prenez une usine, vous êtes confortable dans votre usine, vous êtes capable d'aller en monter une dans un autre pays, vous faites grandir votre entreprise, vous embauchez, c'est pas forcément uniquement en France, mais les dividendes reviennent, vous êtes capable de réinvestir et de faire de développer les territoires qui soient en France ou à l'étranger encore une fois. Donc ça c'est un des premiers leviers, c'est l'export mais c'est l'export industriel.
C'est pas juste fabriquer en France et puis commercialiser à l'étranger. Ensuite donc on a l'innovation évidemment l'innovation qui doit en fait permettre de maintenir des savoir-faires industriels et ça ça repose en partie sur une compétitivité et en partie sur un levier qui est quand même l'énergie une énergie compétitive. une énergie compétitive, ça permet aux industriels comme Iméris, comme les Minéraliers, comme les Aluminium d'Inkerc par exemple qui sont des des sites très énergivores, qui ont besoin de cette industrie énergétique compétitive.
Vous parliez d'énergie justement Lucy Schmidth avec la guerre au Moyen-Orient, les prix de l'énergie bondissent. Est-ce que justement ça peut être un frein à notre réindustrialisation en France ? Je pense que on s'aperçoit à chaque guerre de notre profonde dépendance aux hydrocarbures.
Alors que je rappelle qu'en 1974, on avait dit qu'on avait des idées même si on avait pas de pétrole. Donc ce qui est intéressant c'est l'inertie face à cette question des hydrocarbures. Alors ça peut est-ce que ça est-ce que ça va vraiment stopper les choses ?
Il y a toujours le le problème de quand il y a la guerre et il y a la crise. Est-ce que ça incite à changer ou est-ce que ça stoppe ? En tout cas ça oblige à réfléchir.
Et moi ce que j'observe c'est que du coup il faut quand même voir cette réindustrialisation. On parle tout le temps d'industrie verte. Qu'est-ce que on doit s'interroger sur ce qu'on entend par là ?
Qu'est-ce que c'est que l'industrie verte ? C'est certainement effectivement de fabriquer des voitures électriques. C'est certainement aussi adosser ça comme vous l'avez rappelé à un projet de société qui soit un projet de société dans lequel on peut retrouver la souveraineté par exemple par rapport à l'énergie qu'on produit.
Emmanuel Macron a beaucoup parlé du nucléaire. Moi, je pense que parler par exemple des énergies renouvelables est un sujet très important parce qu'aujourd'hui dans toutes les analyses qu'on fait, si on veut retrouver de la souveraineté énergétique, il faut à la fois faire du nucléaire et des et des énergies renouvelables. Et ce qui est très intéressant et assez dommage dans le débat public français, c'est qu'on continue à opposer le nucléaire très souvent et les énergies renouvelables alors qu'on a besoin des deux et que d'une certaine manière, il faut choisir son camp.
Donc ne choisissons pas notre camp sur ce sujet-là, mais sortons de la dépendance aux hydrocarbures. Il faut-il je aussi choisir son camp entre la France et l'Europe ? À quelle échelle faut-il réindustrialiser Valéri ?
Ben en tout cas, il y a un personnage qui a pensé à Louvin en Belgique le 2 février dernier, c'est Mario Dragy he qui tirait la sonnette d'alarme pour l'ancien président de la Banque centrale européenne. Et bien le vieux continent est en danger balloté entre Washington et et Pékin et si l'Europe veut s'en sortir et bien elle doit faire un choix. Europe becomingordinated divided and deindustrialed so we must decide weet priorities of others anï vogilise quand On entend Mario Dragui, est-ce qu'aujourd'hui une politique industrielle nationale fait encore ?
Bah factuellement la politique industrielle c'est du la compétence des États-membres. C'est pas une compétence de l'Union européenne. L'Union européenne elle a des compétences dans d'autres domaines comme le droit commercial et autres.
Donc la question qui se pose, c'est est-ce que les Étatsmembres acceptent de participer à une coordination européenne qui serait beaucoup plus poussée avec des feuilles de route beaucoup mieux établi par exemple sur la production de principe actif, la production de batterie et rentrerait beaucoup moins en concurrence ? Alors aujourd'hui ce qu'on voit c'est qu'il y a en effet comme le rappelle Mario Drag intérêts très divergents entre les États membres de l'Union européen interne entre les États compris sous forme de dumping parfois pour l'Allemagne et les Pays-Bas n'ont pas intérêt à prendre des mesures très fortes aux frontières européennes. La Hongrie est capable de baisser sa taxation pour attirer des activités étrangères notamment chinoises.
Donc il y a il y a un enjeu de est-ce que les Européens ont encore envie de se dire qu'ils ont un avenir commun et c'est la question qu'on se pose à chaque élection européenne. C'est une question qui va marquer le débat de l'élection présidentielle l'année prochaine. Moi, je pense que la réponse au regard de la taille de marché et du monde dans lequel on est avec les économies d'échelle qui ont été réalisées, elle est uniquement européenne mais à la condition de se doter d'outils pour se défendre face à des rivaux systémiques. et Nicolas du Jardin.
Parmi ces outils, il y en a un qui c'était un gros mot dans toute l'histoire de la constitution européenne pendant très longtemps, ça allait un petit peu moins. Est-ce qu'il faut songer à mettre en œuvre une forme de protectionnisme européen ? justement aujourd'hui on donc on refait de nouveau face à un monde où il y a trois blocs.
Il a le bloc américain, il y a le bloc asiatique et puis il y a l'Europe très morcelée. Donc en fait ce qu'on sait c'est que aujourd'hui aucun pays ne peut faire face à la concurrence aucun pays individuellement dans l'Europe ne peut faire face à la concurrence chinoise ou à la concurrence américaine. Donc on est obligé de chasser en meute quelque part.
Donc pour rebondir sur ce que dit Anaïs, effectivement on a un impératif de se mettre d'accord et de trouver une solution si on peut faire. européenne chasser en me et se protéger davantage extérieur ma question sur le protectionnisme alors pour y venir du coup effectivement évidemment il faut acheter européen évidemment il faut protéger certaines industries mais ce sera pas la solution en fait aujourd'hui tout ce qu'on met comme taxe antidumping au début de enfin aux frontières de l'Europe elles font pénaliser des circuits et des secteurs d'activité entière entiers et donc il y a tout un tissu industriel de PME de TI qui va souffrir de toutes ces taxes antidumping. Donc de temps en temps, il faudrait que l'Europe aussi revienne un petit peu sur le terrain et puis aille voir ce qui se passe dans les entreprises.
Merci à tous les trois, ce sera le mot de la fin en tout cas pour ce soir. Merci à tous les trois d'être venus débattre sur le plateau de 28 minutes. Tout de suite l'actualité vue par Théophile Cossa et Marie Bonisso.
Théophile va nous montrer que la Trump Tower s'exporte. Voilà que la Géorgie veut en construire une. Alors les Trump Tower, comment ça marche ?
Marie nous racontera elle que le tourisme médical s'envole en Chine. Mais d'abord notre ami linguiste Tibonoldte le mauvaedette du jour. Ce soir, c'est Stradivarius, ce violon mythique dont un exemplaire disparu de très longue date viendrait de réapparaître du côté de Colmar et c'est entendu.
À la chance de posséder un Stradivarius, un violon. Stradivarius. Ça c'est un Stradivarius.
Qu'est-ce que ça veut dire exactement ce que ça dit ? Merci de m'en dire un peu plus. Entendu la vie secrète des mots vedettes.
Stradivarius nom latinisé du génie italien de la lutterie Antonio Stradivari désigne un type de violon extraordinaire fabriqué par le maître dès la fin du 17e siècle. Le 20 avril, un grand quotidien national a relaté que lors d'une soirée vin et musique au musée de Colmar a possiblement ressurgi un Stradivarius volé par les nazis en 1944. Ce violon, si c'est bien l'un des deux Stradivarius de 1719 porté disparu a traversé deux siècles et l'Europe avant d'être acquis en 1901 par un riche industriel polonais.
Sans enfants, il confie l'instrument au musée de Varsovie peu avant sa mort. Et c'est là que s'en empart des envahisseurs nazis meloman et que sa trace disparaît. Le Stradivarius estimé à 10 millions d'euros, un autre avait été vendu 13 millions à New York en 2022, réapparaît à Berlin Est en 89 puis à Strasbourg en 94 où il est acheté par son vraisemblable propriétaire actuel.
À qui appartient-il vraiment ? À lui, à l'État polonais qui le revendique, aux neveux et nièes du riche polonais polier ? Au 17e siècle, la famille Stradivari avait fui la peste et s'était installée à Crémon.
Le berceau du violon où le petit Antonio, orphelin à l'âge de 10 ans, apprend la lutterie, prospère et alimente en violon l'aristocratie locale. Il existe encore 650 Stradivarius dans le monde, la moitié de ceux fabriquaient il y a 300 ans. 200 sont encore jouables, 26 sont légendaires.
Une légende taillée dans un bois spécial. L'âge d'or des Stradivarius débute en 1706 quand le maître se met à travailler exclusivement l'épicéa du Valdifié qui a poussé en haute altitude dans des conditions climatiques rudes au cours d'une période surnommée le petit âge glaciaire. Et la magie d'Ustrade est là, c'est grâce au froid que le son est si chaud.
Merci Tibonold. Salut les amis Marie Bonisso, Théophile Cossa. On va commencer avec vous Théophile.
Théophile zoome ce soir sur les Trump Towers, les tours de Donald Trump. Elle poussent désormais au-delà des frontières américaines. Quand le bâtiment va, tout va comme on dit.
Une nouvelle vient Trump Tower, pardon, vient donc encore d'être annoncé en Geéorgie et ça ne plaît pas à tout le monde. Dites-nous, c'est Trump Tower, comment ça marche aussi ? Si vous êtes déjà allé à New York, vous l'avez peut-être vu he la Trump Tower première du nom construite dans les 80s sur la 5e avenue avec cette façade toute gold là.
Ça Trump il aime bien ça fait riche 58 étages même si son site dit qu'elle en fait 68. It's so Trump. Des restos, des bureaux dont le siège de la Trump organization, l'entreprise familiale, des apparts.
Tout en haut, le le penthouse de Donald himself, là où il habitait avant la Maison Blanche. Bref, c'est l'original. Il y en a d'autres he aux US en Floride, à Chicago, à Vegas.
À chaque fois le même concept, des hôtels, des restos, des apparts de luxe. C'est du business hein, ça rapporte des sous. Et figurez-vous que des Trump Towers, il y en a aussi maintenant un peu partout sur la planète Istanbul, Séou, Manille aux Philippines, Mumbai en Inde.
Regardez, elle est elle est toute gold celle-là. Uruguay sans parler de celle en projet. Arabie Saoudite, Dubaï, Australie, Georgie, la dernière en date en août.
Trump évoquait carrément l'idée d'en construire une en Corée du Nord. Et attendez, Sky is the limite ou plutôt non puisqu'il en verrait même une sur la Lune. Regardez, il a posté cette photo générée par Ra il y a quelques jours.
Bon alors attention dans sa vie Trump il a annoncé beaucoup de projets beaucoup n'ont jamais vu le jour. des projets d'ailleurs pas toujours financés par la Trump Organization qui passe aussi juste des deals d'exploitation de son nom avec des promoteurs et parfois Safoir au Mexique, au Panama, à Toronto et j'en passe. Et ces tours ne font pas toujours uneanimité Théophile he non en Australie ça fait désordre même si c'est un projet privé certains y voi le symbole d'une allégance à Trump et sa politique d'autant que la tour si elle est construite sera la plus haute du pays 335 m.
Les partisans eux disent "Bah attends, c'est quand même intéressant. Un projet à 1 milliard et demi de dollars, ça va attirer les ultra riches pour les JOI de Brisban en 2032 ?" En fait, la question de fond, c'est est-ce que ces tours, c'est que du business, d'ailleurs parfois un peu opaque ou aussi de la géopolitique et du soft power.
Eric Trump, le fils qui gère ces projets, assure qu'ils n'ont aucun lien avec la politique de papa. Mais certains observateurs pensent le contraire. En Geéorgie par exemple, là aussi hein, ce serait la tour la plus haute.
Le projet pourrait bien illustrer le rapprochement entre les deux pays. Bref, euh je m'arrête là avec une question quand même qui me tare. Est-ce que vouloir à tout prix avoir la plus grande tour, c'est pour voilà compenser un quelconque complexe, je vous laisse mais je sais ce que vous voulez dire par là Théophile.
Bon, on va chercher. Merci en tout cas Théophile. On va enchaîner avec vous Marie.
Voilà donc un nouveau type de tourisme se développe en Chine, c'est le tourisme médical. Ouis, ça fait une bonne décennie que l'État chinois travaille à ça et ça y est, il y aurait le début d'un frémissement d'un phénomène de migration assez particulier. On voit des Russes, des Asiatiques, du Sud-Est, mais aussi de plus loin des États-Unis, des Canadiens, des Européens qui débarquent en Chine pour se faire soigner dans les hôpitaux les plus modernes du pays.
Hôpitaux dont le personnel parle anglais, utilise des équipements de pointe. Il y a un témoignage qui a été très relayé par les réseaux sociaux chinois, c'est celui de Amy, une britannique qui souffrait de douleur abdominale. Elle s'est fait diagnostiquer, examiner, soigner donc dans un hôpital public de Pékin pour un total de 350 € même en comptant l'aller-retour en avion.
C'est moins cher que chez moi", a-t-elle expliqué et surtout plus rapide parce que au Royaume-Uni désespérait ne serait-ce que de décrocher un rendez-vous avec un médecin spécialiste. Elle fait donc partie de ce 1300000 patients étrangers accueillis en Chine l'année dernière. C'est c'est rien par rapport aux milliards et demi d'habitants de la Chine.
Mais ce qui est marquant, c'est que c'est un phénomène qui augmente très très rapidement en 3 ans plus 74 %. C'est une source des médias chinois, médias qui s'en réjouissent parce que déjà ça nourrit le récit de la propagande chinoise qui adore raconter que les États-Unis sont un pays précaire où une maladie grave peut vous ruiner tellement le système de soins est coûteux. Et puis surtout c'est le développement pour la Chine d'un nouveau secteur économique.
La Chine ne veut plus être l'usine du monde. Elle veut aussi développer les services dans des branches stratégiques comme la santé. Comme d'ailleurs ces voisins thaïlandais et sud-coréens le font déjà.
Il y a déjà beaucoup de tourisme médical dans dans ces pays. La Chine donc, elle développe carrément des villes soins, des villes hôpitaux comme sur l'île de Enan facilités de visa accordé aux étrangers qui viennent. Elle compte aussi, elle a aussi un autre atout, c'est l'attrait de la médecine traditionnelle.
Tant qu'à aller en Chine, on peut faire les deux. Aller se faire opérer de la myopie et puis compléter avec des soins de médecine chinoise. Reste que sous les vidéos d'y, c'est intéressant.
On lit quelques voix de Chinois qui la voient et qui sont assez couroussés qui critiquent ces étrangers qui viennent profiter de nos hôpitaux publics financés par les contribuables chinois. Alors, c'est juste des commentaires en ligne, mais ce sont des critiques qui sont notables parce que dans un contexte où les réussites de la Chine rencontent d'habitude unanimisme au moins de façade. Merci Marie, merci docteur, merci à tous les amis, merci de votre fidélité et à demain 20h05 on se retrouve pour le club de 28 minutes.
Tchus ! La plus longue semaine.
Emmanuel Macron