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Podcast / conversationfranceinfo (sur YouTube)· 18 octobre 2017 6 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleJusticeCulture, médias & sport

"Regrets" des Inrocks après la Une sur Bertrand Cantat : "Cela arrive un peu tard" (K. Pouliquen)

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:09OuverteRéponse directe

    Les Inrocks ont fait une sorte de rétro-pédalage, ça vous convient ?

  • 1:13OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous avait choqué dans la Une des Inrocks ?

  • 2:12RelanceRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous a le plus dérangé dans cette Une ?

  • 2:48OuverteRéponse partielle

    Bertrand Quentin doit-il disparaître de la vie publique ?

  • 3:05RelanceRéponse directe

    Il a été condamné et a purgé sa peine. Ça ne suffit pas ?

  • 3:30OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'il doit renoncer à sa carrière de chanteur ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:39InvitéChiffre
    « notamment des 123 femmes mortes l'an dernier sous les coups de leurs conjoints. »
  • 1:54InvitéFait
    « On avait décidé de la mettre en couverture le 11 août 2003, juste après le drame de Vilnius. »
  • 2:40InvitéFait
    « Je vais te marier Trintignant. »
  • 4:10InvitéFait
    « Ils conviennent eux-mêmes que l'affaire Weinstein est venue finalement dans un moment qui pour eux a été assez fatal. »
  • 5:09InvitéFait
    « Le magazine Elle, en fait, comme je vous le disais à l'instant, parle des violences faites aux femmes à longueur d'année. »

Temps de parole

  • Invité78 %
  • Présentateur18 %
  • Auditeur4 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Et il était très important pour nous de mettre Marie Trintignant à l'honneur et d'honorer sa mémoire. C'était pour nous une question de dignité, ça s'est imposé à nous en effet.

0:09
Présentateur

Bon, les unrocs ont fait une sorte de rétro-pédalage, ça vous convient ?

0:15
Invité

Je note, comme vous l'avez remarqué aussi, que ce sont des regrets et pas des excuses. Et ça arrive un peu tard, je trouve, pour le moins. Nous avons décidé, en ce qui nous concerne, de mettre Marie Trintignant à l'honneur. Au nom, évidemment, du drame qui a été le sien, mais aussi comme symbole de toutes les femmes qui subissent l'oppression de certains hommes. Et notamment des 123 femmes mortes l'an dernier sous les coups de leurs conjoints. C'est ce combat-là qui est le nôtre, lutter contre les violences faites aux femmes, est un engagement absolu du journal. Et on n'a pas attendu une nauséabonde pour en parler.

Ce sont des problématiques qui nous animent très vivement tout au long de l'année. On parle de harcèlement dans elle, on parle des violences que subissent les femmes au travail. Donc ce sont vraiment des problématiques qui irriguent notre magazine trop souvent, d'ailleurs, puisqu'on aimerait ne plus avoir à en parler.

1:13
Auditeur

Mais qu'est-ce qui vous avait choqué, en fait ? C'est la une des unrocs, le fait qu'ils consacrent leur une à Bertrand Cantat ou que Bertrand Cantat prenne la parole ? Et les propos qu'il tient peut-être aussi vous ont dérangé ?

1:24
Invité

Alors, justice a été rendue, on n'est pas là pour se substituer à la justice, ce n'est pas là notre sujet. On n'est pas là pour parler de son avenir. Nous, ce qui nous a dérangé, c'est finalement qu'il occulte la mémoire de Marie Trintignant. Et notre sujet est celui-ci, en fait. On n'a pas attendu, encore une fois, ce numéro pour honorer Marie Trintignant, qui était une comédienne que nous chérissions, dont nous avions très souvent parlé. Vous avez suivi son parcours ? On a suivi son parcours, exactement, depuis ses tout débuts. Et on avait décidé de la mettre en couverture le 11 août 2003, juste après le drame de Vilnius.

On est revenu, encore une fois, sur son histoire de multiples occasions. La dernière, c'était il y a quelques mois, au moment où son ancien compagnon, Samuel Benchetrit, avait sorti un livre qui s'intitulait Une nuit avec ma femme.

2:12
Présentateur

Mais, pour prolonger la question de Céline à l'instant, qu'est-ce qui vous a le plus dérangé ? Est-ce que c'est l'attitude des un-rock qui décide de mettre Quentin en Une, ou est-ce que c'est l'attitude de Bertrand Quentin qui, au fond, fait la promo de son album ? C'est pas tout à fait la même chose ?

2:26
Invité

Non, tout à fait. Je pense que c'est les deux qui nous ont choqués. C'est les deux. Et puis, c'est aussi la coexistence de cette Une avec un CD, avec notamment un chanteur, Aurel San, qui est connu pour un titre, avec une expression pour le moins vulgaire et tout à fait déplacée. Je vais te marier Trintignant. Absolument. Ça nous a paru d'un cynisme absolu. On n'a pas pu imaginer que personne en interne n'y ait pensé dans ce magazine.

2:48
Présentateur

Allons encore plus loin. Bertrand Quentin doit-il disparaître de la vie publique ?

2:54
Invité

Ce n'est pas ça notre sujet du tout. L'idée n'est pas qu'il disparaisse. Justice a été rendue. Sa vie, on n'est pas là pour s'y substituer. C'est plutôt la mise en avant de cette façon qui nous a paru indigne.

3:05
Présentateur

Je me fais l'avocat du diable. Il a été condamné. Il a purgé sa peine. Ça ne suffit pas.

3:12
Invité

C'est la mise en avant de façon aussi forte en Une d'un magazine. Est-ce qu'il va renoncer sa carrière de chanteur ? Et aussi la façon, en effet, les mots, vous évoquiez l'interview, la façon dont il en parlait, qui nous a paru un peu légère pour le moins.

3:25
Présentateur

C'est un cas intéressant parce que c'est vraiment, on est dans un sujet extrêmement sensible et complexe. Est-ce qu'il doit renoncer à sa carrière de chanteur ?

3:32
Invité

Ce n'est pas du tout ce qu'on est en train de dire. Absolument pas. En revanche, les leçons de journalisme que les unrocs semblent prodiguer dans leur regret ne nous conviennent pas tout à fait non plus. Je pense qu'on n'a pas attendu d'un unrocuti pour savoir comment exercer notre métier. L'idée n'est pas d'appeler à la disparition d'un homme. Il a le droit de mener sa vie comme il l'entend, mais pas en Une des magazines.

3:55
Auditeur

Mais ça veut dire que dans Elle, il n'y aura jamais d'interview de Bertrand Cantat ? Je vous le confirme.

3:58
Présentateur

Est-ce que vous pensez que le contexte, et notamment tout ce qui s'est passé depuis le début du week-end avec le fameux hashtag balance ton porc, a joué dans le revirement des unrocs ?

4:10
Invité

Certainement. Ils conviennent eux-mêmes que l'affaire Weinstein est venue finalement dans un moment qui pour eux a été assez fatal. C'est évident que ça dénote une libération de la parole des femmes que nous trouvons salutaires, même si ce hashtag peut susciter des questions, voire un certain malaise d'ailleurs. Mais en tout cas, il est aussi à la mesure probablement de la violence que subissent les femmes. C'est un cri qui surgit à cette occasion-là. Et nous saluons en tous les cas le fait que la parole des femmes se libère. Et finalement que le seuil de tolérance de la société aussi probablement face à l'oppression subie par les femmes de la part de certains hommes.

Parce qu'il ne s'agit pas non plus d'être dans un débat aussi simpliste que hommes contre femmes.

4:54
Présentateur

On profite de votre présence ce matin. Est-ce que le magazine Elle est solidaire de cette initiative, de ce fameux hashtag ?

5:02
Invité

Le magazine Elle, en fait, comme je vous le disais à l'instant, parle des violences faites aux femmes à longueur d'année. Et d'ailleurs, dans le numéro qui sort vendredi où figure l'éditorial de Marie Trintignant, il y a énormément de sujets qui nous ramènent à cela. Évidemment, nous revenons sur l'affaire Weinstein, mais aussi sur ses retombées en France avec une enquête sur le cinéma français. Et des témoignages exclusifs de comédiennes françaises, des jeunes, d'autres très expérimentés. Nous avons également le témoignage exclusif de Flavie Flamand, qui avait témoigné en exclusivité aussi dans Elle, il y a un an, au moment de ce combat contre David Hamilton.

Elle y revient, elle revient sur un an de combat, et notamment pour la remise en cause du délai de prescription. Ça, c'est finalement notre travail, notre travail à longueur d'année. Absolument.