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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 23 septembre 2024 10 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesRetraitesImmigration & asile

"C'est nous qui déciderons si ce gouvernement a un avenir", pour le député RN Jean-Philippe Tanguy

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:21FerméeRéponse directe

    Est-ce qu'il est invité à vous rejoindre au Rassemblement National ?

  • 0:52FerméeRéponse partielle

    Dès la déclaration de politique générale de Michel Barnier, allez-vous voter la motion de censure ?

  • 2:46FerméeRéponse directe

    Ça ne vous convainc pas ?

  • 3:15OuverteRéponse directe

    C'est ça le choix qu'il a, Michel Barnier ?

  • 4:46OuverteRéponse directe

    Est-ce que cet effort qu'on demande aux plus favorisés permet de soulager la pression fiscale sur les classes populaires ?

  • 5:42OuverteRéponse directe

    Quelle différence entre ce qu'a affirmé le nouveau ministre de l'économie et votre position ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:11Invité politiqueFait
    « Éric Ciotti, président des Républicains, avait choisi d'être votre allié pendant les législatives. »
  • 0:17Invité politiqueFait
    « Il a annoncé hier qu'il était définitivement le parti avec qui il était en rupture. »
  • 0:47Invité politiqueFait
    « Olivier Faure a annoncé que les socialistes allaient défendre la motion de censure qui sera votée par l'ensemble de la gauche. »
  • 4:23PrésentateurFait
    « C'est qu'on n'assume pas une hausse d'impôt frontale, et donc on prend les gens en traite en utilisant des variations techniques qui ne sont pas dites en démocratie. »
  • 4:30Invité politiqueFait
    « Le premier, qu'il n'augmenterait pas les impôts sur les français les plus modestes, et qu'en revanche il n'excluait pas de faire participer les ménages et les gens les plus riches à l'effort de redressement. »
  • 5:11Invité politiqueFait
    « Dans lequel on peut lire que vous ne toucherez pas aux super-profits des grandes entreprises, dans lequel on peut lire que vous supprimerez la cotisation foncière des entreprises, vous supprimerez partiellement la cotisation sociale de solidarité des sociétés, que vous exonérez les cotisations patronales sur les hausses des salaires de plus de 10%. »
  • 7:20PrésentateurFait
    « La hausse des salaires des 10%, ça concerne tous les salaires entre 1 et 3 SMIC. »
  • 8:19PrésentateurFait
    « On revient à 62 et on revient à 42 ans. Donc on efface la mesure de M. Macron mais aussi la mesure touraine des socialistes. »
  • 8:54Invité politiqueChiffre
    « Certes il y a quand même 27 membres du parti qui sont mis en examen, dont Marine Le Pen elle-même. Elle risque 5 ans d'inéligibilité. »
  • 9:01Invité politiqueChiffre
    « L'Union Européenne affirme 7 millions d'euros détournés. »

Temps de parole

  • Présentateur64 %
  • Jean-Philippe Tanguy36 %

3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

7h48, Sonia De Villers, votre invitée ce matin est députée RN de la Somme et président délégué du groupe RN à l'Assemblée Nationale. Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour Madame.

0:11
Jean-Philippe Tanguy

Éric Ciotti, président des Républicains, avait choisi d'être votre allié pendant les législatives. Il a annoncé hier qu'il était définitivement le parti avec qui il était en rupture. Est-ce qu'il est invité à vous rejoindre au Rassemblement National ?

0:24
Présentateur

Non, je ne pense pas du tout. Il a annoncé la création de son propre mouvement, l'UDR, avec son groupe parlementaire indépendant du nôtre. Il sera libre de son choix et du programme qu'il propose aux Français. Je pense qu'il est important pour le Rassemblement National d'avoir un allié sur lequel on peut compter mais qui affiche une vraie identité politique.

0:44
Jean-Philippe Tanguy

Avant même que le nouveau Premier ministre prenne la parole hier soir, Olivier Faure a annoncé que les socialistes allaient défendre la motion de censure qui sera votée par l'ensemble de la gauche. Dès la déclaration de politique générale de Michel Barnier, allez-vous la voter, vous ?

0:58
Présentateur

Nous, on attend le discours de politique générale de M. Barnier. Qu'est-ce qu'il va annoncer comme chemin pour notre pays ? Qu'est-ce qu'il va annoncer comme mesure concrète, très rapide, sur le budget ? Et on jugera sur pièce. Ce qui est vrai, c'est que depuis quelques jours maintenant, et quand j'écoute M. Barnier hier soir, il n'y a rien. C'est-à-dire qu'hier, on a eu pendant plus de 30 minutes un discours, une prise de parole très longue, et il faut bien le dire, avec très peu d'informations concrètes. D'ailleurs, il y a eu les reprises des journalistes, il y avait un ou deux points.

On va y revenir, mais il y a eu des annonces quand même sur les impôts, sur les retraites, sur l'immigration. C'est une porte ouverte, c'est bien.

1:33
Jean-Philippe Tanguy

Mais quand Jordan Bardella, président du Rassemblement National, dit vraiment « ce gouvernement n'a aucun avenir », ça s'appelle comment ? Ça s'appelle « mettre le gouvernement sous pression », ça signifie « menacer d'une motion de censure ». Si vous ajoutez vos voix à celle de la gauche, le gouvernement tombe.

1:48
Présentateur

Bien sûr, mais ça on l'a toujours dit. Effectivement, c'est nous qui déciderons si oui ou non, ce gouvernement a un avenir. M. Barnier hier soir a étrangement choisi… Donc vous avez les clés. Oui, bien sûr, de prendre comme objectif, de prendre le mur, puisqu'il s'est mis dans la continuité de M. Macron. Il a dit « on n'est pas en cohabitation, l'essentiel de ma minorité dépend de ceux qui ont travaillé avec M. Macron, les macronistes, M. Attal, M. Philippe, M. Béroud et les républicains.

» Parce que la seule information qu'on a depuis deux semaines, c'est que les républicains canals, hypocrites, Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau, étaient en fait dissolvables dans la Macronie, comme on l'avait annoncé. C'est la grande information pour ceux qui ont douté de ces deux semaines.

2:30
Jean-Philippe Tanguy

Bruno Retailleau maintient un discours extrêmement virulent, très ferme, très dur sur l'immigration. Patrick Cohen vient de le rappeler. Michel Barnier lui-même a affirmé hier soir vouloir traiter le sujet avec beaucoup plus de rigueur et proposer des solutions concrètes. Ça ne vous convainc pas ?

2:47
Présentateur

Absolument pas. Des lieux communs, humanisme, fermeté, être concret, je ne sais pas ce que ça veut dire. D'ailleurs, je crois que personne ne le sait. Peut-être que M. Barnier ne le sait pas lui-même.

2:57
Jean-Philippe Tanguy

Mais c'est-à-dire que pour qu'on comprenne dans le monde hier, un autre député RN de la Somme, Mathias Renaud, que vous devez très bien connaître, a affirmé « plus Michel Barnier donnera des gages, plus on le laissera durer. On veut capitaliser un maximum sur ces déclarations, le forcer à légitimer notre discours. » C'est ça le choix qu'il a, Michel Barnier ? C'est-à-dire soit il reprend votre discours, soit il enterrine votre victoire idéologique, comme dirait Marine Le Pen, soit il saute.

3:25
Présentateur

Reprendre nos éléments de langage, nos discours, c'est ce qu'ils font pour nous contrer aux élections. Il pense, il déclare comme le Rassemblement National. Maintenant il est au gouvernement, donc est-ce qu'il va agir ? Même hier sur l'aide médicale d'État, on n'avait pas d'opposition. C'était tout et le contraire de tout. Donc est-ce que oui ou non va enfin avancer ? Parce qu'au-delà, M. Seu a dit avec juste raison qu'on avait mis deux semaines à faire ce gouvernement, mais pendant deux semaines, il n'y a surtout pas eu d'avance sur le fond.

Quand on parle du barème d'impôt sur le revenu, quand on dit qu'on travaille dessus, chaque année on travaille dessus, donc on sait très bien ce que le barème coûte. Alors Michel Barnier a tout de même dit qu'il n'augmentera pas. Par exemple, ne pas indexer le barème, on sait, ça rapporte 4 milliards d'euros sur les classes moyennes et les classes populaires, et ça fait rentrer 300 000 personnes qui ne le sont pas dans l'impôt sur le revenu. Il n'y a pas besoin d'études, tous les chiffres sont là, il y a peut-être des petites variations entre 2024 et 2025, mais il n'y a pas besoin d'études, on le sait.

Donc gagner du temps sur le temps et en fait prendre les gens en traite, parce que cette histoire d'indexation du barème c'est quoi ? C'est qu'on n'assume pas une hausse d'impôt frontale, et donc on prend les gens en traite en utilisant des variations techniques qui ne sont pas dites en démocratie.

4:26
Jean-Philippe Tanguy

Michel Barnier a quand même donné deux grands axes. Le premier, qu'il n'augmenterait pas les impôts sur les français les plus modestes, et qu'en revanche il n'excluait pas de faire participer les ménages et les gens les plus riches à l'effort de redressement.

4:43
Présentateur

Oui mais ça c'est le programme de Marine Le Pen, donc sur le papier on est d'accord avec ça, mais est-ce que cet effort qu'on demande aux plus favorisés, et par exemple au sur-profit, permet de soulager la pression fiscale sur les classes populaires ? Pour le moment, non. La justice fiscale, ce n'est pas de taxer encore plus les personnes qui le sont.

4:59
Jean-Philippe Tanguy

Alors le nouveau ministre de l'économie a affirmé hier au moment de la passation, que son rôle était, je cite, d'accompagner les entreprises.

Quelle différence avec votre programme publié la semaine dernière, dans lequel on peut lire que vous ne toucherez pas aux super-profits des grandes entreprises, dans lequel on peut lire que vous supprimerez la cotisation foncière des entreprises, vous supprimerez partiellement la cotisation sociale de solidarité des sociétés, que vous exonérez les cotisations patronales sur les hausses des salaires de plus de 10%, la liste est très longue, que vous allez exonérer d'impôts les sociétés créées par les moins de 30 ans, que vous allez supprimer la fiscalité sur la transmission des entreprises jusqu'à 5000 salariés, et que vous allez maintenir les crédits d'impôts recherche.

Quelle différence entre ce qu'a affirmé le nouveau ministre de l'économie et votre position ?

5:46
Présentateur

Mais la différence principale, c'est que la cohérence de cette liste, si on est un peu plus précis, même si tout ce que vous avez dit est parfaitement vrai, c'est que ça cible avant tout les entreprises moyennes et les entreprises intermédiaires, qui n'ont pas été beaucoup aidées. Si, c'est moi qui ai rédigé en grande partie ce programme économique, contrairement à la Macronie, qui s'est toujours concentré une fois plus sur les multinationales, sur les très grands projets. Il y a une interview très intéressante dans le Cap, si, si, si, c'est le seul élément qui n'est pas vrai dans votre liste. Dixit Marine Le Pen. Je vais revenir dessus, il n'y a pas de difficulté.

Mais la personne en charge de la réindustrialisation a donné une interview très intéressante à Capital, où il dit, M. Macron a fait les mêmes erreurs que ses prédécesseurs pendant 30 ans, c'est se concentrer sur les grandes annonces, se concentrer sur les fameuses gigafactories, et délaisser les PME, les ETI, qui sont le moyen principal de créer des emplois, des richesses et des innovations. Et je suis désolé, je ne sais pas, vous avez vu, qu'on ne veut pas taxer les sur-profits ? Non, les super-profits, j'ai dit. Ah bah, les super-profits, oui, alors c'est quoi la différence pour ceux qui nous écoutent ? Les super-profits, c'est les gros-profits.

Bon, si une entreprise fait des gros-profits parce qu'ils ont innové et gagné un marché, on n'a pas à les taxer. Nous, on veut taxer les sur-profits à 30, à 50%, c'est, 33%, pardon, c'est les profits induits. Ceux qui sont faits parce qu'il y a une crise économique, ceux qui sont faits parce qu'ils profitent d'une situation de tension sur un marché. Bref, ça concerne en fait l'essentiel des profits induits réalisés depuis la guerre en Ukraine.

7:09
Jean-Philippe Tanguy

Mais qu'est-ce que vous faites pour vos électeurs ? Qu'est-ce que vous dites aux ouvriers, aux employés qui ont massivement voté pour vous ? Que c'est leurs intérêts que vous défendez quand vous défendez les entreprises ?

7:20
Présentateur

Mais évidemment, le fait de pouvoir créer de la richesse, il faut la redistribuer. La hausse des salaires des 10%, ça concerne tous les salaires entre 1 et 3 SMIC. Et c'est un accord d'entreprise, c'est-à-dire qu'on donne cette exonération sur les cotisations sociales supplémentaires, pas les passées. Uniquement si ça concerne tous les salaires et pas s'il y a des effets d'opportunité. J'ajoute que c'est une mesure temporaire qui dure 3 ans, ce qui permet d'aider l'entreprise à passer un cap. Mais le but n'est pas de les dispenser pendant des années.

Je rappelle qu'il y a quand même plusieurs dizaines de milliards d'euros aujourd'hui de baisse de cotisation sur les entreprises qui n'ont jamais été conditionnées à rien. Donc ce n'est pas ceux qui ont distribué des dizaines de milliards d'euros qui vont donner des leçons.

7:59
Jean-Philippe Tanguy

Michel Barnier veut faire confiance aux partenaires sociaux pour améliorer la loi sur la réforme des retraites. Est-ce que vous leur faites confiance aussi ou est-ce que dès le 31 octobre vous proposerez quand même d'abroger ?

8:11
Présentateur

Moi je fais confiance aux partenaires sociaux mais pas à Michel Barnier. Donc nous on proposera toujours d'abroger la réforme des retraites cet automne et on verra. Et on remettra à plat parce que la mesure qu'on propose elle est très simple, c'est on revient à 62 et on revient à 42 ans. Donc on efface la mesure de M. Macron mais aussi la mesure touraine des socialistes. Parce que je le rappelle quand même que ceux qui ont privé de plusieurs mois de vie après une vie de travail méritée, c'était les socialistes de François Hollande.

8:38
Jean-Philippe Tanguy

Comment vous allez financer tout ça ? Un dernier mot parce que c'est important. La semaine prochaine, procès des emplois fictifs au Front National, du Front National au Parlement Européen. Ça va démarrer la semaine prochaine.

8:49
Présentateur

Des accusations, ce n'est pas prouvé.

8:51
Jean-Philippe Tanguy

Des accusations. Certes il y a quand même 27 membres du parti qui sont mis en examen, dont Marine Le Pen elle-même. Elle risque 5 ans d'inéligibilité. L'Union Européenne affirme 7 millions d'euros détournés. Après 9 ans d'enquête, quelle sera la ligne de défense du parti ?

9:11
Présentateur

C'est simple, c'est que tout ça est faux, est une machination de nos adversaires socialistes. Martine Schulz au Parlement Européen était affidée. D'ailleurs, cette mascarade cible les trois partis qui contestaient l'organisation de Bruxelles. C'est-à-dire le modem de François Béroud, les insoumis de M. Mélenchon et le Rassemblement National. Donc en fait, dès qu'on s'oppose au fonctionnement pourri de Bruxelles, on devient un adversaire politique.

9:33
Jean-Philippe Tanguy

Alors pourquoi avoir fabriqué de fausses preuves ?

9:35
Présentateur

Vous ne mettez rien au conditionnel, ce n'est pas très prudent madame ce matin. Faites attention quand même. Bon, je pense qu'on n'a pas à rendre la justice sur le plateau de France Inter. En plus, ce n'est pas votre genre.

9:43
Jean-Philippe Tanguy

Non, ce n'est pas mon genre. C'est néanmoins l'enquête de libération, l'enquête de complément d'enquête sur France 2.

9:47
Présentateur

Enfin, libération, permettez-moi de mettre au conditionnel les conclusions de libération. Vous ne m'en voudrez pas, je pense, en tant que représentant du Rassemblement National.

9:53
Jean-Philippe Tanguy

Merci Jean-Philippe Tembou.

9:54
Présentateur

Merci à vous. Et merci Sonia De Villers. 7h58.