Le variant actuel du Covid "ne présente pas, à ce jour, de signes d'une sévérité plus importante"
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« On l'a vu, d'année en année, il y a nettement moins d'hospitalisations, il y a nettement moins de décès. »
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Il est 6h20, une nouvelle vague de Covid se confirme, un rebond épidémique lié à un nouveau variant du virus alors que la prochaine campagne de vaccination n'a pas encore commencé. Bonjour Anne-Claude Crémieux, vous êtes professeure de maladies infectieuses et présidente de la commission technique de la vaccination au sein de la Haute Autorité de Santé. Une reprise épidémique du Covid, c'est désormais classique à cette période de l'année ?
Alors ça fait plusieurs années qu'on a une reprise à cette période, mais ce qu'il faut garder en vue, c'est que c'est toujours un virus qui est relativement imprévisible dans le moment où il va entraîner des recrudescences. On a des recrudescences aussi en été dans certains pays, on n'en a pas eu trop là en août-septembre, enfin je veux dire au début de l'été. Mais c'est un virus qui est encore non saisonnier, donc avec des recrudescences qui ne sont pas très prévisibles.
Donc on ne peut pas savoir si la vague sera marquée ou pas, on ne peut pas l'anticiper ça ?
Alors si on voit, on voit d'abord, on regarde le variant. Ce variant, qu'est-ce qu'on en sait ? D'abord, il a déjà circulé dans d'autres pays comme l'Asie et les Etats-Unis, entraînant des recrudescences, mais sans impact important sur le système de soins. Donc ça c'est, vous savez, les hospitalisations c'est le critère de sévérité. On regarde si ces critères virologiques, on sait qu'il échappe un petit peu mieux à l'immunité que ses prédécesseurs, mais c'est un facteur qui est relativement mineur, de l'ordre de 2 pour vous donner une idée. Donc qu'est-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire qu'on garde un certain niveau de protection contre ce variant et que le vaccin actuel, c'est-à-dire ce vaccin qu'on appelle LP8.1, qui a été mis au point pour la campagne d'hiver, reste efficace.
Est-ce qu'il y a un risque de sous-diagnostic ? Parce que les gens se testent moins, c'est quand on a le Covid. Maintenant, on ne cherche même plus à savoir, on dit juste j'ai la crève, comme si ça ne faisait plus peur d'avoir le Covid aujourd'hui.
En effet, la population s'adapte, je dirais, au niveau de risque qu'elle perçoit. On l'a vu, d'année en année, il y a nettement moins d'hospitalisations, il y a nettement moins de décès. Aujourd'hui, heureusement, on n'est plus dans la situation qu'on a connue en 2020 et 2021, avec ce qu'on appelait des vagues à la fois extrêmement importantes et évidemment meurtrières. Il n'en reste pas moins qu'on peut dire aux personnes, et en particulier aux personnes qui fréquentent des gens plus fragiles, notamment les personnes âgées, de se faire tester quand même pour ne pas repasser le virus à quelqu'un qui, lui, peut faire des formes sévères.
Et les autotests peuvent le diagnostiquer, ce nouveau variant ?
Très bien. C'est en fait un variant qui donne, d'ailleurs, comme son prédécesseur, surtout des formes, ce qu'on appelle rhinopharyngées, vous savez, un rhume, mal de gorge, et il y a pas mal de virus au niveau du nez. Par conséquent, quand vous faites un test, il est positif, sans problème. Donc, on peut se tester avec des autotests. Il ne faut pas hésiter à le faire. Ce n'est pas seulement pour soi, même quand on est jeune et qu'on n'a aucun risque de faire une forme sévère. C'est pour ne pas le diffuser autour de soi des personnes fragiles.
Par ailleurs, pour les personnes de plus de 65 ans, il y a un intérêt réel à faire le test, parce que si on est positif, on peut discuter un traitement qui s'appelle le Paxovine.
Vous évoquiez les symptômes qui m'ont l'air à peu près classiques, en tout cas qui sont ceux qu'on a connus avec les précédents variants. Est-ce qu'il pourrait y avoir un jour de nouveaux symptômes qui apparaissent avec les variants successifs ?
C'est une bonne question. Je vous ai parlé du caractère un peu imprévisible. Il est vrai que ça fait maintenant plusieurs années, plus le temps passe, et mieux on connaît ce virus. En plus, il ne faut pas oublier que c'est un coronavirus. C'est-à-dire des virus qui donnent essentiellement des symptômes respiratoires. Même s'ils peuvent donner parfois des symptômes digestifs, on reste tout de même avec des symptômes qu'on connaît, soit ce qu'on appelle des symptômes respiratoires, ou rhume, douleur de la gorge, des symptômes qui sont généraux, de la fièvre, une fatigue qui est quand même assez intense. Et puis, assez particulier pour ceux que c'est Covid, main à tête.
La campagne de vaccination, Anne-Claude Crémieux, pour les personnes à risque, doit s'ouvrir le 14 octobre. Est-ce qu'il faut, selon vous, l'avancer ? Est-ce que c'est souhaitable et est-ce que c'est possible ?
Alors, d'après mes informations du ministère de la Santé, puisque c'est eux qui décident la date de vaccination, les commandes dans les pharmacies ont commencé depuis le 22 septembre. Par conséquent, il y a aujourd'hui, ou dans les jours qui viennent, des pharmacies qui seront déjà achalandées. Et évidemment, on peut se faire vacciner à partir du moment où les pharmacies ont les produits.
Est-ce qu'on pourrait imaginer un jour un vaccin commun, grippe, Covid, afin de limiter les injections et favoriser la vaccination ?
Alors, ce n'est pas seulement de l'imagination. Il y en a un qui est déjà... Avec les deux ensemble ? Absolument. Il y en a un qui est déjà, ce qu'on appelle en phase 3, c'est-à-dire très avancé dans son évaluation, qui a l'air de bien marcher, qui serait un vaccin ARN messager qui permettrait de protéger contre la grippe et le Covid. Aujourd'hui, on espère l'avoir l'année prochaine.
Là, il est à la toute fin de la phase de test, donc pas encore sur le marché. Alors, ce vaccin, il a pour nom scientifique XFG. Il y en a beaucoup qui le surnomment Frankenstein. Ça vous agace, ces petits noms qu'on donne à des vaccins ?
Alors, vous, scientifique... Vous parlez du variant. Pardon, au variant, excusez-moi. Le variant s'appelle XFG. Écoutez, je vais vous dire, de l'autre côté de l'Atlantique, qu'on lui a donné un nom de nuage. Je ne sais pas pourquoi aujourd'hui. Oui, oui. De l'autre côté de l'Atlantique, il s'appelait Stratus. Bon, voilà, chacun a choisi. Moi, je vous avoue que Frankenstein ne joue pas le rapport. Je préfère l'appeler XFG. Dans aucune publication scientifique, vous voyez apparaître le mot Frankenstein. Bon, par ailleurs, il faut être clair, ce variant XFG ne présente pas, à ce jour, de signes en faveur d'une sévérité plus importante par rapport au variant que nous connaissons.
Ça reste un variant Omicron. Omicron diffuse bien, si je puis dire, mais il a l'avantage, par rapport à ses prédécesseurs de 2021, d'être moins agressif. Donc, on reste dans cette lignée. Et à ce jour, il n'y a aucun caractère de sévérité dans les pays dans lesquels ce variant a déjà diffusé.
Merci pour vos propos rassurants, Anne-Laure Crémieux. Vous êtes président de la Commission technique des vaccinations au sein de la Haute Autorité de Santé.
Merci à vous.