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interviewLCP (sur YouTube)· 25 avril 2026 14 min

Guillaume Kasbarian, député EPR d'Eure-et-Loir | La politique et moi !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Elon Musk, Javier Milei et Margaret Thatcher font partie de son panthéon. Mon invité se définit comme un libéral intégral. Nommé à deux reprises au Gouvernement, il siège aujourd'hui au sein du groupe Ensemble pour la République à l'Assemblée.

Générique --- Bonjour, Guillaume Kasbarian. -Bonjour. -Les syndicats ne sont pas près d'oublier votre nomination comme ministre de la Fonction publique parce qu'à peine installé, vous avez lancé un grand plan de lutte contre l'absentéisme des fonctionnaires avec comme principale mesure le passage de un à trois jours de carence en cas d'arrêt maladie.

Et ça a... -Et la baisse de remboursement des arrêts maladie aussi. -Les deux à la fois.

Et ça a suscité une levée de boucliers à gauche. Ca a donné lieu à une séance de questions au Gouvernement assez mouvementée à l'Assemblée. On va revoir ça en images.

C'était au mois d'octobre 2024. *-Ma question s'adresse *au ministre de la Fonction publique, *ou plutôt dirais-je, *de la liquidation de la fonction publique. *-Vous inventez des abus *là où il y a vulnérabilité, souffrance, épuisement. *-Pour vous, les agents malades ne sont pas des gens responsables. *Ce sont des feignants et des tricheurs.

C'est obscène, *monsieur le ministre, obscène. *-Vous détestez *les fonctionnaires, c'est ça la réalité. -Alors on vient de voir les députés LFI, Bérenger Cernon, du groupe écologiste Alexis Corbière, du Parti socialiste, Mélanie Thomin, et alors tous, unanimement, vous ont accusé de considérer que les fonctionnaires abusaient d'arrêts de travail injustifiés.

C'était le fond de votre pensée ? -Là, c'était du théâtre, ce qu'on vient de regarder. La réalité, c'est que quand j'arrive au ministère, je vois qu'il y a une dérive des arrêts maladie avec un coût qui est très important pour les finances publiques, 15 milliards.

Je ne dis pas que toute personne qui est en arrêt maladie fait un abus, pas du tout, je dis qu'il peut y avoir des abus, ça a été travesti et caricaturé par la gauche comme à l'habitude j'allais dire, mais j'assume parfaitement, moi, d'avoir fait des économies et de pas m'être défaussé sur Bercy. Quand vous êtes ministre vous avez tendance à vous défausser sur les uns et les autres en expliquant que vous ne voulez pas faire de mesures difficiles et que c'est à cause de Bercy que vous devez faire des mesures. J'ai pas fait ce choix-là. -Vous assumez totalement vos idées, on va en parler. -J'assume mes idées. -Moi, ce qui m'intéresse, c'est que j'ai regardé votre histoire familiale, et vos deux parents étaient fonctionnaires dans l'Education nationale Ils en ont pensé quoi de vos idées, de vos propositions ? -Ma mère était prof de musique et mon père était inspecteur de l'Education nationale.

Donc, ils sont fonctionnaires issus de l'Education nationale. J'en suis très fier. -Ca a suscité des débats avec eux ? -Pas du tout, parce qu'ils savent très bien qu'il y a des dérives. -Avant d'être ministre, vous avez aussi fait voter en tant que député une loi pour expulser plus facilement les squatteurs. -Oui. -Vous avez aussi été ministre du Logement et là vous avez plaidé pour la fin du logement social à vie.

A chaque fois, votre ligne est claire, c'est celle d'un libéralisme qui est... parfaitement assumé, décomplexé, on peut dire. -La confiance dans l'individu.

La base du libéralisme, c'est de faire confiance à vous, à moi, à tous les Français qui vous regardent, qui nous regardent, et de leur dire : "Vous êtes libre de mener votre vie comme vous l'entendez." -Elles vous viennent d'où, ces convictions libérales ? -Peut-être, je ne sais pas, à travers mon éducation, à travers le fait que j'ai beaucoup voyagé dans ma vie, au fait que j'ai été au contact aussi du monde économique parce que j'ai passé huit ans dans le privé, à gagner ma vie dans le privé.

Voilà. Quelques semaines, je crois, après la séance qu'on a vue à l'Assemblée de questions au Gouvernement, Elon Musk a été nommé par Donald Trump pour démanteler la bureaucratie et sabrer dans les dépenses publiques aux Etats-Unis. Vous lui avez alors envoyé un message sur son réseau social, X, un message en anglais : "J'ai hâte de partager avec vous les meilleures pratiques pour lutter contre l'excès de bureaucratie." C'était sincère ou c'était un peu de la provoque ? -Un peu des deux.

Il y avait un côté clin d'oeil parce que j'étais aussi ministre de la Simplification. Et lui venait d'être nommé ministre, en fait, pas ministre, mais en charge de la simplification administrative. -Mais quand vous avez vu ses méthodes, le licenciement sans préavis de fonctionnaire... -Quand je fais ce tweet-là, il n'a pas encore dérivé à la fois sur sa façon de faire, mais aussi sur les soutiens qu'il a pu avoir après à des régimes totalement illibéraux et des partis totalement illibéraux en Europe. -Vous avez changé d'opinion sur lui ? -Moi, ce que je reconnais, c'est que c'est un homme d'affaires brillant, visionnaire, qui a fait beaucoup de choses dans le privé avec de belles réalisations technologiques et de belles innovations.

Ce que je reconnais, c'est qu'il a eu une volonté de s'attaquer à la bureaucratie et à débureaucratiser à tous les étages. Et donc, il y avait une volonté de simplification sincère au départ. Et ce que je reconnais de façon objective, c'est que les objectifs qu'il s'était fixés n'ont pas été atteints au cours de sa mission dans l'administration Trump.

Et ce que je reconnais aussi, c'est qu'il a dérivé progressivement sur autre chose que de la simplification administrative. Je fais ce tweet-là, sans savoir ce qu'il va faire après. -Est-ce que c'est le cas, au-delà d'Elon Musk, aussi de Javier Milei ? -Très différent. -Ou de Margaret Thatcher ?

Vous les citez tous les trois régulièrement. -C'est différent. Je cite aussi beaucoup de Français, parce que le libéralisme, c'est une valeur, une idéologie française.

Il y a Frédéric Bastiat, qui a d'ailleurs siégé à l'Assemblée, qui était un penseur libéral français. C'est un des pères du libéralisme à la française. Mais Javier Milei, ce n'est pas du tout la même chose qu'Elon Musk ou que d'autres.

Lui, il a une vraie pensée libérale de bout en bout. C'est un libéral intégral. -Même un libertarien ? -Il est plutôt tendance libertarienne.

Il considère que l'individu a tout loisir de choisir ce qu'il veut faire de sa vie sur les questions économiques, mais aussi sur les questions de société. Et là aussi, si je suis objectif, le seul élément sur lequel il a une forme de conservatisme, c'est l'IVG, pour la religion peut-être, je ne sais pas, mais il est conservateur sur la question de l'IVG. Mais en revanche... -Mais tout le reste... -Si vous écoutez même pendant sa campagne, à l'époque, en Argentine, il parle même de la liberté de faire ce que l'on veut de son corps, y compris de commercer certains éléments qui pourraient choquer dans le débat public.

Il va très, très loin dans... -Mais ça vous convient ? -Je trouve qu'en tout cas, il y a une cohérence idéologique à remettre l'individu au coeur.

Et je trouve que c'est intéressant parce que beaucoup en France retiennent du libéralisme que les questions économiques. -Votre cohérence idéologique à vous, vous a amené à créer votre propre parti politique, le Parti de la Liberté. -La prochaine étape, ce sera une candidature à la présidentielle ?

Parce qu'en général, ça commence comme ça et après... -Non, j'ai répondu à cette question quand j'ai créé le parti.

L'objectif du Parti de la Liberté, c'est de défendre la liberté à tous les étages, économique, social, politique, et remettre l'individu au coeur du dispositif. Et l'objectif, c'est, à l'inverse, de s'opposer à des visions très étatistes, dirigistes, socialistes de la politique que l'on voit depuis des décennies dans les débats politiques français. Voilà, moi je veux refaire confiance à l'individu et ça m'amènera à faire des propositions dans le cadre des débats qui viendront, qui seront probablement un peu chocs, un peu polémiques, parce que j'ai pas peur de secouer le cocotier, si vous me permettez l'expression.

Et j'ai envie, sur le modèle social qui est en train de dériver, sur les retraites, sur la fonction publique, sur le logement qui est... -D'avancer des propositions concrètes. -Pour dire qu'il faut renverser la table. -Qui nourrissent le débat. -Et ensuite que les gens se l'approprient, je serai plus heureux. -Pour vous, le libéralisme ne se décline pas que dans le champ politique et économique, mais aussi dans le sociétal.

C'est ça qui fait que vous n'êtes pas engagé à droite ? -Exactement. Vous l'avez bien résumé.

J'ai toujours considéré que le prisme gauche-droite était pas adapté, que je m'y reconnaissais pas. Moi, je suis libéral sur les questions économiques, donc c'est vrai que beaucoup de personnes à droite le sont aussi, mais pas tous. Vous avez aussi des étatistes à droite, il ne faut pas l'oublier, des interventionnistes, gaullistes, très dirigistes.

Et par contre, sur les questions de société, la droite est très conservatrice et a tendance à ne pas faire confiance à l'individu. -C'est pour ça que ministre, vous avez choisi de faire une interview, un entretien dans Paris Match pour révéler que vous vivez votre vie avec un autre homme depuis des années et de l'assumer publiquement comme ça ? -En réalité, je l'ai toujours assumé.

Je n'ai jamais caché qui j'étais. J'ai toujours été sincère. Les gens dans ma circonscription savent.

Paris Match me propose de faire une interview personnelle, un portrait. "Est-ce qu'on peut venir chez vous ?" "Bienvenue".

J'ouvre les portes de ma maison. Il y a mon compagnon, on est dans notre maison, dans notre village. -C'est cette idée que le libéralisme, c'est aussi faire ce qu'on veut de sa vie ? -Mais exactement, bien sûr, je le revendique totalement.

Je n'en fais pas un argument politique particulier, j'assume qui je suis, je ne cache rien. Ceux qui comprennent, tant mieux. Ceux qui n'aiment pas ça et jugent, tant pis pour eux. -Votre engagement politique, pour Emmanuel Macron, il s'est fait le jour même de la création d'En marche, vous n'avez pas perdu de temps, en 2016.

Vous expliquez que ce n'était pas un engagement politique, mais plutôt, je cite, "une aventure entrepreneuriale". Ca veut dire quoi ? -Il y avait un petit côté start-up à l'époque de la création d'En marche, en avril 2016. -Vous vouliez le développer, mais pas aller au-delà ? -Ce que j'appréciais chez Emmanuel Macron, c'est ce qu'il avait fait à Bercy, il avait porté une loi de libération de l'économie où il cassait un certain nombre de choses, sur les taxis, sur les bus, sur plein de secteurs qui étaient très sclérosés, où on empêchait des nouveaux entrants d'arriver, mais je trouvais intéressant d'un point de vue libéral de débloquer certains secteurs avec une loi de modernisation de l'économie. -Une fois élu député, vous avez abandonné votre métier de consultant en stratégie d'entreprise, mais vous expliquez que vous avez appliqué vos méthodes de consultant dans votre pratique du mandat de député.

Il y a des points communs entre les deux ? -Alors à l'époque, j'essaye de tenir des tableaux, du "reporting", de faire les choses de façon organisée. -Les méthodes de l'entreprise dans la politique. -Oui.

Pourquoi la politique serait coupée de ce qui se passe autour ? -Vous avez été rapidement identifié parmi les autres députés avec vos idées libérales, assumées, décomplexées. Mais autre chose permet de vous identifier.

On va le voir en images. J'ai pris une photo de vous en 2017 et une photo de vous aujourd'hui. Il y a un petit changement.

Vous avez radicalement changé de look. Alors, moustache guidon. J'ai découvert le nom.

C'est ça ? Casquette béret. -C'est drôle de voir des anciennes photos.

On vieillit en neuf ans. -Et c'est quoi ? Il y a une stratégie de communication ? -Non, je vous explique, il y a deux choses.

La casquette, d'ailleurs, elle est là. J'ai commencé à mettre des casquettes parce qu'il y a eu une reprise de Français qui ont voulu faire revivre la chapellerie. A l'époque je parlais beaucoup de "Made in France".

Et donc, j'en ai acheté plusieurs. Les gens ont commencé à en parler. Je me suis dit : "Je vais les garder et en faire aussi un objet personnel qui m'identifie." -C'est aussi un peu votre signature. -C'est un peu une signature.

Et la moustache, de façon très, très simple, j'ai commencé à laisser pousser un peu la barbe. Ma barbière m'a dit : "Tu devrais laisser pousser la moustache un peu plus long." J'ai commencé à le faire.

C'était sympa et ça marchait bien. Et donc, tous les matins, je cire. -Vous en avez même fait une signature visuelle pendant votre campagne de 2024. -C'est tout à fait vrai. -Kasba 2024, la petite moustache sur le "a", la casquette béret, le look Peaky Blinders, disent certains.

C'est-à-dire qu'en politique, il faut se distinguer, pas que dans les idées, mais aussi par son image. -La base de la politique, c'est les idées et le fond. -Le marketing politique, vous avez appris ça en école de commerce ? -Après, quand on a des éléments qui vous permettent de vous identifier, de vous distinguer, si ça permet à la fin de faire passer des idées, de retenir l'attention et de se dire : "Tiens, il y a quelque chose qui m'intéresse chez ce monsieur ou chez cette dame..." Voilà, c'est important en politique. -Quand j'ai dit à ma femme que j'allais vous recevoir, elle a dit : "C'est celui à la moustache." Je trouve que les hommes et les femmes politiques ont intérêt à utiliser un certain nombre d'éléments différenciants pour que les gens retiennent qui ils sont, mais surtout leurs idées.

Donc si ça permet à la fin de faire progresser les idées des politiques, je trouve que c'est intéressant. -On va conclure avec notre quiz. Je vais vous proposer des phrases que vous allez devoir compléter.

On y va. "Mon dernier barbecue à l'Assemblée..." A l'époque où j'étais président de la commission des affaires économiques. -Vous en faisiez vraiment ? -Il ne faut pas le dire trop fort, je ne suis pas sûr que j'avais le droit, mais dans une cour intérieure cachée, j'avais un Weber et je faisais griller.

Et c'était un très bon moment de négociation parce qu'autour d'un barbecue, même avec l'opposition, ça se passe généralement mieux. -Pas avec Sandrine Rousseau. -On peut faire des barbecues végétaux.

Je n'ai aucun problème à en faire. Il y en a pour tous les goûts. -"Quand je joue du violon..." Ca vous arrive encore souvent ? -Oui, avec ma mère qui fait du piano.

Elle m'accompagne régulièrement, comme elle était prof de musique. On continue à jouer ensemble et tout à fait, on continue à le faire. -On vous voit là. -Alors ça, c'était lors d'un salon des association et il y avait des musiciens.

J'ai dit : "Donne-moi ton violon et on va jouer un peu." Enfin, "De ma vie au Kenya, j'ai gardé..." Parce que vous avez passé quelques années au Kenya quand vous étiez plus jeune ? -Tout à fait.

J'ai gardé de très beaux souvenirs. J'ai gardé quelques potes et camarades de promotion. -On vous voit. -J'ai gardé l'ouverture aux autres.

J'ai gardé l'ouverture à un esprit anglo-saxon qui était assez fort au Kenya. J'ai gardé le goût du voyage. J'ai gardé le goût de l'entreprise.

J'ai gardé aussi l'humanisme, la conscience de la pauvreté. Et puis la conscience qu'on a beaucoup de chances de vivre en France et que dans beaucoup de pays du monde, beaucoup de personnes rêvent de pouvoir venir en France parce qu'ils voient bien la difficulté dans laquelle ils sont. -Merci, Guillaume Kasbarian. -Merci à vous.

Générique de fin