Bayrou peut-il éviter la censure après la proposition du budget 2026 ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Aurore Berger. Bonjour. Hier, le premier ministre présentait les grandes orientations de son budget.
Il a frappé fort un plan sur 4 ans avec pour 2026 près de 44 milliards d'euros d'économie à faire. On va entrer dans le détail de ce budget. Mais d'abord comment vous le qualifiez ?
Est-ce que c'est pour vous un budget d'austérité, de rigueur, de sang, de larmes ? Non, je crois que c'est un budget de combat. un budget de combat qui dit la vérité aux Français, la vérité sur l'état des comptes, la vérité sur la dette, la vérité sur des choix qu'on doit faire ici et maintenant parce que si on prend pas cette direction maintenant, alors ce sera de l'endettement supplémentaire pour nos enfants, ce sera de l'impôt supplémentaire et ce sera surtout une crise que la France risque de connaître parce que la France ne sera plus jugée crédible.
Donc on est au combat. Je disais que François Baou a tapé fort. Il y a notamment cette année blanche, c'est-à-dire un gel de toutes les prestations sociales et des pensions, du barême de l'impôt sur le revenu, des salaires des fonctionnaires sans tenir compte de l'inflation.
Ça touche donc tout le monde, y compris les plus modestes. C'est pas ça le problème. Je crois qu'on a démontré, en tout cas le premier ministre a démontré qu'il fallait que l'effort concerne l'ensemble des Français.
Et c'est ça qui est important, ce qui aurait été jugé injuste, c'est que l'État déjà ne prenne pas sa part. L'État prend l'essentiel de la part dans l'effort euh qui est ensuite demandé aux Français. Il y aura le non remplacement d'un fonctionnaire sur tr économies, il y aura une baisse de dépenses, il y aura 3000 fonctionnaires euh dont les emplois ne seront pas pérénisés dès l'an prochain.
Il y aura ensuite l'année d'après euh le non remplacement d'un fonctionnaire sur 3 en fonction des secteurs qui sont jugés comme étant stratégique ou moins stratégique vis-à-vis de l'État. Il y aura le travail demandé de longues dates sur les agences et sur les opérateurs de l'État. Ce qui est très important, c'est d'abord l'État prend sa part avant de demander aux français euh qui ait en effet une logique d'forme et d'effort partagé qui ne cible pas spécifiquement un tel ou un tel.
Est-ce que pour les retraités, c'est pas un petit peu double dose puisque il y aura à la fois la fin de l'abattement euh de 10 % pour les professionnels euh pour les frais professionnels qui va être remplacé effectivement par un forfait, mais aussi effectivement cette année blanche concernant leur pension. L'année blanche, ça veut dire que les Français toucheront exactement la même chose l'année prochaine que cette année. Il y aura pas de baisse, il y aura exactement la même chose dans un moment où en plus l'inflation est très basse, elle est à moins de 1 % moins de 1 % d'inflation.
Donc les Français gagneront exactement la même chose. Les retraités et vous savez que les pensions de retraite, on a été extrêmement précautionneux pour protéger au maximum les retraités. Là, on est dans une logique qui nécessite un effort collectif. quant à l'abattement de 10 %.
Moi, c'était une proposition que j'avais formulé dès le budget précédent quand Michel Barnier était préministre. Donc moi, je pense que c'est une proposition de justice fiscale, de justice sociale qui est de dire quoi ? Qui est de dire on ne supprime pas toute la mesure, on fait un forfait, un forfait de 2000 € par an par retraité pour soi-disant frais professionnel.
Donc en fait, c'est un abattement pour de 2000 € par retraité. Et oui, ça veut dire que ça bénéficiera plus aux retraités modestes et aux classes moyennes qu'à ceux qui ont plus de moyens. C'estàdire au-delà de 20000 € de retraite par an qui correspond à un niveau de retraite important dans notre pays.
Là, oui, il y aura une petite mise à contribution. Sur la philosophie générale, est-ce qu'une année blanche pas totalement minimaliste ? En fait, c'est ça fait pas une politique économique, une année blanche, il y a pas de réforme structurelle.
Est-ce que c'est pas une solution paresseuse ? Ben déjà, vous avez vu qu'il y a un éventail de solution et c'est ça qui était aussi très important, c'est-à-dire qu'il y a pas une seule mesure. Quand on parle de 43,8 milliards d'euros euh d'effort et de réduction de la dépense, l'année blanche c'est 7 milliards.
Donc c'est un morceau important mais c'est pas le seul. C'est pas le seul. Il y a notamment des enjeux de réforme structurelle. raison pour laquelle on a annoncé qu'on relançait les négociations sur l'assurance chômage cit une demande très forte de mon groupe politique de de renaissance parce que nous avions engagé ce débat et vous avez vu que la question du travail elle est au cœur au cœur des réflexions évidemment sur la manière avec laquelle on doit à la fois réduire la dépense et augmenter aussi les recettes de l'État. on augmentera les recettes de l'État parce que on travaillera tous, c'est-à-dire ceux qui sont plus éloignés de l'emploi, taux d'emploi des femmes, taux d'emploi des seniors parce qu'on travaillera plus aussi tout au long de l'année.
Ça c'était extrêmement important et parce qu'on travaillera mieux puisqu'il y a aussi cette réflexion sur les conditions de travail. On va travailler plus puisque François Baï a annoncé la suppression de deux jours fériers, le lundi de Pâqu et le 8 mai. Est-ce que vous pensez que les Français ils se sont prêts à ça ?
C'est sûr que si vous demandez aux Français, est-ce que vous êtes prêt oui ou non à renoncer à un jour férier spontanément ? J'entends bien euh que c'est pas forcément la mesure la plus populaire. Par contre, je pense que c'est une mesure qui est nécessaire parce qu'on a besoin de travailler plus.
On a besoin qu'il y ait plus de recettes, qu' a plus de cotisation euh et donc qui a un effort collectif qui soit mené. Après euh sur euh le 8 mai, le lundi de Pâqu, Premier ministre a dit que c'était des options qui étaient sur la table. Donc s'il faut revoir tel ou tel jour, c'est pas tellement la question qui pose.
Il en propose deux. Est-ce que ça veut dire qu'on pourrait tomber d'accord le parlement sur un seul jour férier ? Moi, je pense qu'il faut tenir sur les deux jours fériers parce qu'encore une fois, c'est pas une coquetterie de notre part.
C'est nécessité de comment vous assumez à la fois la réduction de la dépense et surtout l'augmentation des recettes parce que quand on travaille tous, quand on travaille plus, on augmente les recettes, on augmente les cotisations et donc on est un pays qui au lieu de s'appauvrir au contraire s'enrichit et c'est ça dont on a besoin. Et quand vous entendez les les arguments de Jordan Bardella qui dit que c'est une attaque contre notre histoire, nos racines et contre la France du travail, qu'aucun député RN acceptera cette mesure qui pour le RN et pour Jordan Banala relève du de la provocation. Donc brandit déjà la censure.
C'est c'est mal parti le j'entends les attaques nombreuses qui existent soi-disant sur les références historique autour du 8 mai. Je rappelle que sous le général de Gaulle, le 8 mai n'était pas férier. J'ai l'impression pourtant qu'il avait largement pris sa part dans le combat contre le nazisme dans notre pays.
Donc vous voyez, faut être faut raison garder peut-être dans les les attaques qui sont portées. Après sur le risque de la censure, on a toujours su qu'il y avait un risque de censure. Et donc il y avait deux options.
Manquer de courage. Moi, je préfère faire partie d'un gouvernement qui ne manque pas de courage, qui assume d'avoir en effet une présentation d'un budget qui est un budget de combat quitte à prendre le risque de la censure parce que moi je veux pouvoir dire la vérité au français qu'on puisse dire la vérité à nos enfants, à nos petits-enfants à nos entreprises. Et aujourd'hui, on a dit la vérité aux français sur la nécessité de la réduction de la dépense publique sur laquelle encore une fois l'État est le premier à prendre sa part.
Qui a fracturé y compris le bloc central notamment républicain ? républicains qui sont pas très chauds concernant l'année blanche et et puis c'est pas ce que j'ai entendu hier dans la réunion Laurent Voquet n'est que le patron effectivement des des républicains à l'Assemblée nationale mais enfin il était pas spécialement chaud sur cette on n pas entendu Bruno Rota et nous nous étions tous autour de la table hier avec le premier ministre ensuite y compris les ministres qui sont membres des républicains notamment je dire le premier d'entre eux c'est-à-dire celui qui est le président du parti n'a entendu aucune critique sur la sur l'année blanche ni sur la taxation des plus hauts revenus avec cette contribution de solidarité les républicains cette contribution de solidarité elle avait été portée par Michel Bernier lui-même et je crois qu'il appartient toujours à la même famille politique c'est-à-dire LR donc on a juste reconduit pour 1 an une mesure qui avait été prise sous Michel Barnier l'ancien premier ministre membre des LR donc la question elle est surtout comment nous on fait bloc on fait bloc derrière un budget auquel on croit un budget qui est courageux et un budget qui est nécessaire donc on parlait des budgets he du budget l'état qui qui va serrer la ceinture concernant votre budget celui de l'égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les discriminations, lui aussi va être au régime sec où vous avez eu un régime de faveur ? C'est pas un régime de faveur, c'est un vrai choix politique qu' a fait le gouvernement.
C'estàdire que le budget sera maintenu, sera même en légère augmentation pour financer l'aide universelle d'urgence qui permet aux femmes victimes de violence d'avoir une aide financière immédiate qui est délivrée entre 1 et 3 jours par les CAF. Donc ça veut dire qu'il y a on ne rogne pas euh sur les dépenses qu'on a jugé comme étant déterminantes et essentielles. De la même manière qu'on se réarme en terme de souveraineté et que c'est la première chose qui guide la construction de ce budget, la volonté du président de la République de doubler l'effort euh vis-à-vis de nos armées entre 2017 et 2027.
Et bien sur des budgets dont on estime qu'ils sont indispensables en terme de solidarité notamment sur la question de l'égalité. Bien, on n'y touche pas. Euh un dernier mot, en en présentant à un tel budget, est-ce que François Boyou joue pas un peu euh les kamicazes ?
Est-ce qu'il peut éviter une censure avec euh cette diète budgétaire ? Ben écoutez, ça la réponse, ce sont euh les partis d'opposition qui l'ont. Moi, ce que j'attends et ce que j'espère, c'est que maintenant, au-delà de commenter notre budget, ils nous proposent des alternatives.
Ils veulent faire où des économies ? Parce que la question, elle est là. On peut pas accepter d'en s'endetter plus dans notre pays et on ne peut pas alourdir la facture fiscale pour les Français.
Ceux qui disent "On va alourdir de 15 20 milliards d'euros la facture fiscale" ment au français et appauvrirait le pays. Donc où font-ils des efforts ? Où demandent-ils des efforts aux Français ?
C'est ça la question des voiles à l'automne, donnez-nous vos propositions. C'est maintenant que vous avez la copie du gouvernement. Elle n'a jamais été présentée aussitôt en amont du débat budgétaire à l'Assemblée nationale et au Sénat.
On continue à être à l'écoute de l'ensemble des groupes politiques qui sont représentés à l'Assemblée au Sénat. Encore faut-il qu'il y ait des propositions, des contre-propositions, des contrebudgets qui soient présentés. Maintenant, c'est aussi le temps pour les oppositions de présenter leur proposition.
Merci beaucoup Berger. Bonne journée à vous hein.
Aurore Bergé